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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 10:55

Sortie : 26 avril 2010

Label : Tigersushi

Genre : Techno, house, garage, électronica, electro-pop

Note : 7,5/10

 

Tigersushi c’est un peu le label hype anti-hype. En se positionnant involontairement sur cet entre-deux, Joakim, le charismatique et érudit boss du label, n’a pas volé sa place actuelle de tête chercheuse de nouvelles sonorités électroniques. Pour mieux fêter les 10 ans d’activisme de Tigersushi, une double compil’ sort dans les bacs : 10 Years More G.D.M. X.

Sans revenir en détails sur les 10 années passées, force est de constater l’évolution du label depuis la naissance de tigersushi.com. Après avoir copulé avec Kill The DJ mais aussi le Dirty Sound System, Tigersushi a lentement pris les devants afin de dévoiler au public des talents prometteurs tels que Poni Hoax et Principles Of Geometry. Point de frontières sonores infranchissables, l’identité de Tigersushi se trouve davantage dans un esprit D.I.Y. que dans la volonté de truster les hits parades. Le public y a donc trouvé son compte dans cet univers le plus souvent sombre et déviant, surfant entre élitisme et accessibilité.

 

Même si habituellement, on attend peu d’une compil' anniversaire, il s’avère que cette fois-ci, l’exercice est assez jouissif. On trouve un premier disque rassemblant 10 morceaux inédits et des remixs de morceaux clés et un second disque mixé par Joakim.

La première galette est exempte de reproche. On y trouve quantité de morceaux aux sonorités électro-pop enjouées dont un excellent remix du Kiss You On The Cheek, tube ensoleillé du groupe sud-africain Desmond & The Tutus. Le jeune DyE nous gratifie avec Nike d’une sémillante électro fédératrice dont les labels pour teenagers feraient bien de s’inspirer. Les incontournables Poni Hoax revisitent leur Antibodies pour une version plus dansante pendant que les Principles Of Geometry rendent hommage à Michael Jackson sur un Americhael à l’électro-funk inspiré. Cette première compil' est une réussite totale.

Mais c’est quand Tigersushi verse du côté d’une électro introspective et flippante que l’on prend toute la mesure du label français. Joakim dresse un portrait tout en noirceur de son écurie et cette deuxième galette prend l’allure d’un trip chamanique. Dès Nakion, on sent que le voyage sera sans retour. C’est avec l’électro de K.I.M. et Crackboy qu’on se met à vraiment flipper. Ces derniers prennent un malin plaisir à sonder nos sombres pensées. Et quand Jackson remix l’Illumination de Panico dans une version bruitiste, on se dit qu’on ferait mieux d’éteindre les lumières pour danser dans le noir complet. Le mix est court, sans concession mais fichtrement prenant.

 

En évitant l’écueil de la compil' best of inutile, Tigersushi confirme une fois de plus sa position primordiale dans le paysage électronique français. Se moquant des modes tout en surfant avec finesse dessus, Joakim et son équipe signent avec 10 Years More G.D.M. X une double compilation fascinante où se mélange accessibilité et prise de risque.

 

http://www.qobuz.com/images/jaquettes/3700/3700604700012_600.jpg

 

par B2B

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 18:36

Label : auto-produit

Sortie : avril 2010

 

Ceux qui ont l'habitude de me lire savent tout le bien que je pense du New yorkais Robert Lioy, véritable nom d' Access To Arasaka. Son dantesque et éreintant Oppidan (ici) s'était élevé au sommet de notre Top IDM 2009 (ici). Ses apparitions régulières sur des réalisations estampillées Tympanik Audio n'ont jamais déçu. Peu de doute subsistent quant à la qualité de ce court format digital, sobrement baptisé ==null.

 

ATA revient avec ce style inimitable et immédiatement reconnaissable qui a fait son succès. On navigue toujours dans ce cyber-univers apocalyptique, paranoïaque et ambigu, entre électronica ténébreuse, textures spatiales et rythmiques post-industrielles. Au coeur de ce monde qu'on pourrait presque qualifier de déshumanisé subsistent pourtant des lueurs d'espoir et une vision romantique du chaos assez subtile. Lioy a toujours cet admirable don de hacher la mélodie ou de lui injecter un droïde mutant dans le bide. Ce son révèle aussi des pulsions primaires qui sommeillent secrètement (ou pas) en chacun de nous. On se surprend à contempler les terrifiants territoires évoqués avec un sourire coupable. Ceux qui avaient adoré Oppidan ne seront pas déçus mais pas surpris non plus. Peut-on reprocher cette absence de renouveau et de surprise ? Certainement pas face à cette désarmante révolution technologique que Robert Lioy inflige à la musique électronique expérimentale, en étant bien plus qu'un simple disciple de Hecq.

Chaque titre est doté d'une syntaxe imprononçable, je vous épargnerais donc l'énumération en me contentant d'écrire que ces cinq titres sont à envisager comme un bloc indivisible, courte mais véritable épopée à la merci d'une guérilla digitale.

 

Puisqu'un bonheur n'arrive jamais seul, des oreilles averties annoncent la très prochaine parution d'un album au sein d'Hymen Records. On bave déjà. Je conseille une nouvelle fois aux esprits aventureux avides de zones graphiques et sonores hostiles de se ruer sur le site officiel de cet artiste génial. Les âmes pressées qui souhaitent simplement se procurer ce court format digital n'auront qu'à cliquer ici. C'est légal et c'est gratuit. Elle a du bon la cyber-apocalypse.

http://www.synthema.ru/uploads/posts/2010-04/thumbs/1271603464_access-to-arasaka-null-300x268.jpg

par Ed Loxapac 

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 09:54

Considéré comme le messie par tous les fans de techno mental, Richie Hawtin revient enfin au live sous son pseudo Plastikman. Que les amateurs ne s’y trompent pas, un live de Plastikman représente bien plus qu’une simple parenthèse électronique, c’est un voyage sans retour aux confins d’une musique hypnotique parlant autant aux jambes qu’au cerveau. M’étant moi-même rendu récemment au Time Warp (ici) en Allemagne afin de pouvoir vivre cette nouvelle expérience, j’en suis ressorti hagard notamment grâce à l’installation visuelle proposée par Derivative (s’accompagnant d’une application iPhone gonflant l'expérience). Trop en dévoiler serait vous gâcher le plaisir de la découverte.

Quoi de plus logique que de retrouver We Love Art derrière la venue du maître à Paris, le 8 mai prochain, à la Grande Halle de la Villette pour une We Love Sonique (Part. I : Plastikman) qui s’annonce anthologique. Une partie de l’écurie M_nus sera présente avec la techno racée de Magda, un live hypnotique de Marc Houle et un set exigeant de Troy Pierce.

Bien entendu, Chroniques électroniques sera de la partie et on vous racontera tout en détails dès le lendemain.

inconnu.jpg

 

par B2B

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 17:28

Sortie : avril 2010

Label : Sokifo Records

Genre : Rap frais

Note : 7


Depuis 2006 nous attendions une suite au deuxième album de Tumi & The Volume et la voici, à peine annoncée, qui surgit dans les bacs quelques jours après un concert remuant et enthousiasmant au Café de la danse à Paris. Le groupe Sud-africain a développé un rap énergique et musical rappelant The Roots à la fois sur disque par la grande variété d'ambiances et l'utillisation d'instruments plutôt que des machines et sur scène grâce à leur intense formation basse-guitare-batterie-MC qui donne vie talentueusement à leur univers.

 

Enregistré à Paris, la nouvelle livraison de Tumi et sa bande est compacte et percutante. Quand leur précédent disque offrait tout le temps nécessaire pour les découvrir au long de 17 titres et plus d'une heure de son, Pick A Dream a la force de la concision. 11 morceaux en 45 minutes qui montrent que le quator peut faire le choix d'aller au but sans perdre de sa pertinence. L'album part bille en tête avec La Tête Savante qui vou accroche l'attention avec sa guitare entêtante, instrument omniprésent mais jamais lassant grâce à une grande diversité d'intervention. Difficile de décrocher par la suite car le groupe varie les instrus, avec notamment quelques clins d'oeil à différents styles africains sur Limpopo ou le dansant Volume Trials (ainsi qu'en morceau caché). Le reste ne sonne pas spécialement comme originaire du Sud... The Volume propose en effet des sons rap entraînant (Reality Check avec l'accordéon de Fixi de Java) mais peut aussi lorgner heureusement du côté de la pop comme sur Moving Picure Frames. Tumi penche alors vers un chant sobre et charmeur. Cet esprit chanson prend toute son ampleur sur Light In Your Head, pendant de l'excellent titre Sign sur leur précédent disque, où la guitare et la voix s'accordent parfaitement pour un duo prenant. Lorsqu'il rappe, leur leader petit format garde une voix chantante, même quand son débit se fait plus dense, presque hypnotique, comme sur l'étonnant Through My Sunroof. Car, à l'image de The Roots dont la comparaison atteint son sommet sur Enter The Dojo, les Sud-africains n'hésitent pas à délaisser les règles que le rap s'impose à lui-même pour voguer vers d'autres horizons. Cette liberté rend leurs concerts vivants et riches, permettant au public de s'enflammer facilement, bien aidé par le charisme de Tumi.

 

L'attente en valait la peine, ce nouveau Tumi est réjouissant et vient vous interpeller de bout en bout à chaque nouvelle écoute. Excellent !

http://www.thevolume.co.za/images/Main-Image-(Over).jpg


par Tahiti Raph

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 12:52

Sortie : avril 2010

Label : Ad Noiseam

 

Bien connu de labels pointus tels que Hymen Records ou Ohm Resistance, Enduser est également un fidèle de l'excellente maison Ad Noiseam. C'est depuis 2002 que Lynn StandaferThe Kill et Form Without Fonction. Après une année 2009 entièrement consacrée au live, il revient avec cet ébouriffant 1/3. creuse son sillon dans les musiques électroniques, variant les genres au gré de ses envies. Connu pour ses capacités destructrices de remixeur, l'américain est aussi plus que crédible sur format plus long et personnel, en témoignent les récents

 

Enduser inflige à la mélodie ce que Picasso faisait aux femmes. Même si la comparaison a ses limites, on peut légitimement faire ce constat à l'écoute de cette galette.

Peut-on détruire quelque chose de beau sans en faire de la bouillie et conserver la dimension artistique ? Assurément oui. Le Yankee le fait très bien. Passer des mélodies soul à la moulinette breakcore et drum'n bass sans partir dans le décor relève de la performance. L'alliage entre violence et douceur est ici bien maîtrisé. Les voix ainsi que les onctueuses nappes de synthé contrastent parfaitement avec la frénésie rythmique. Même si la conservation de la voix (un peu sirupeuse) sur 2/3 apparaît légèrement dispensable, ce titre tout en sursaut et tension devrait secouer bien des têtes. Cette dimension sagement schizophrène est aussi représentée sur l'excellent Death Vest 09, débutant sur des contours pastoraux intrigants pour ensuite lâcher une violence électrique foudroyante. L'assommant 1/3 s'élève ensuite comme le morceau le plus technique et le moins balisé, cousu de guitares digitales liquéfiées, de breaks dignes de bombes à fragmentation et d'un savant glitch morcelant tout sur son passage. Tout cela est arrosé de samples apocalyptiques dignes de films d'angoisse. Cette messe frénétique se conclut par un remix vrillé et très industriel du très demandé et dreadeux Cardopusher. On en redemande.

Qui d'autre que le génial DJ Hidden pouvait apporter sa touche à la réalisation de ce format court qui comblera les férus du genre, mais qui ne peut en aucun cas être recommandé aux épileptiques. Les 4/4 de 1/3 sont en tous cas tout à fait digestes.

http://www.adnoiseam.net/images/stories/discography/125/adn125-500px.jpg

par Ed Loxapac  

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 09:43

Sortie : 10 mai 2010

Label : Soma

Genre : Ambient

Note : 8,5/10

 

En 1979, Brian Eno questionne la musique ambient et se lance dans une profonde recherche de l’éther qui aboutira à la création de Music For Airports, album culte se voulant être une bande sonore illustrant le rôle transitif d’un aéroport. Chez Eno, l’aéroport est humain, palpable, réconfortant. Cet espace ouvert n’est rien d’autre qu’une promesse et l’on se prend à errer paisiblement en attendant l’embarquement.

The Black Dog ne se reconnaît pas dans cette vision désormais faussée de ce lieu de passage et a donc cherché à livrer sa relecture personnelle du chef d’œuvre d’Eno. Le 11 septembre est passé par là, la folie sécuritaire a considérablement changé la donne. Le leader Ken Downie conforte ici sa posture politique engagée depuis quelques albums en sortant ce brillant Music For Real Airports. Il était temps de remettre les choses à leur place et de stopper l’anachronisme d’Eno. Les aéroports d’aujourd’hui ne sont rien d’autre que les lieux stigmatisant le mieux la déshumanisation du monde contemporain.

 

Là où Brian Eno se faisait réconfortant, The Black Dog devient psychotique. Là où Brian Eno imposait la langueur et la contemplation, The Black Dog impose la crainte et l’étouffement. S’en est fini de l’apaisement, place à l’angoisse.

On se retrouve enfermé dans une musique ambient impalpable et froide. Tout est fait pour vous faire comprendre que vous n’êtes plus un simple voyageur mais un coupable potentiel. Jusque dans le choix des titres, DISinformation Desk ou Passport Control, la démarche de The Black Dog se révèle explicite. La pulsation cardiaque de Wait Behind This Line vous plonge dans une appréhension insondable.

Music For Real Airports ne se contente pas d’enchaîner des plages d’ambient purs, souvent un beat se fait entendre et l’ambient se mue en electronica comme sur le métallique Empty Seat Calculations ou en techno sur le profond Future Delay Thinking. La seule lumière perceptible survient à la fin sur Business Car Park 9, sublime electronica permettant enfin de s’échapper de cet espace schizophrène.

 

Ce Music For Real Airports est moins immédiat que l’album de Brian Eno mais il se révèle d’une profondeur nécessaire. En affirmant sa démarche contestataire avec ce brillant essai, The Black Dog confirme sa position primordiale dans le milieu électronique. Même si cet album n’appelle pas à la prise de conscience, il démontre avec finesse les dérives sécuritaires d’un monde qui n’en finit plus de se perdre. A l’écoute de cette sombre odyssée, on à l’impression d’être scruté, sondé. Nous sommes devenus coupable. Mais coupable de quoi ?

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51ovb2a09yL.jpg

 

par B2B

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 18:03

Sortie : mars 2010

Label : Budabeats / Bankrupt Recordings

 

Le premier album de Crookram est de ceux sur lesquels on est plus que ravi de tomber. Ce Néerlandais a réalisé par le passé deux EP parus sur le netlabel hongrois Budabeats, et Through Windows, quant à lui, est sorti simultanément sur ce dernier et sur le propre netlabel de Crookram, Bankrupt Recordings. Il lui a fallu cinq ans pour le concevoir, des années qu’il a manifestement su mettre à profit. Pour ne rien gâcher, cette petite merveille est disponible en téléchargement gratuit (ici).

En effet Through Windows est une grande réussite, un vrai bonbon au miel dont l’écoute vous colle un sourire d’allégresse. Il est question ici d’hip-hop instrumental croustillant, de downtempo expérimental et poétique, et de mélodies irrésistibles. L’utilisation des instruments et les ambiances répondent souvent du funk et de la soul, particulièrement au niveau des chœurs, et accordent des couleurs joliment surannées à la production de Crookram. De même les multiples samples de films – et les extraits de vielles chansons françaises sur Eugène Et Le Cerceau – enveloppent sa musique d’atmosphères délicates et pleines de spleen. Un titre uniquement, Breakadawn, est rappé, et le hip-hop de Crookram vit très bien de ses seules mélodies. Les beats, les samples et les plages instrumentales forment un tout, et meublent admirablement l’espace.

Jusqu’ici on pourrait croire à une création plutôt ordinaire, fort agréable quoique un peu classique. Seulement, Crookram semble faire partie de ces sorciers qui travaillent la musique jusqu’à lui faire cracher son âme. Le ressenti et les sensations qu’offrent successivement les morceaux sont toujours différents. Through Windows est baigné d’une torpeur radieuse, qui transcende chaque émotion, et fait de chaque titre une fable tantôt nostalgique, tantôt enchantée. La mélancolie y occupe une place importante, mais ne tourne jamais au maussade. C’est une nostalgie lumineuse et presque gaie qui éclabousse les sons, comme la perpétuelle évocation d’un beau souvenir (The ConfrontationYour Eyes Are Full Of Hate, le magnifique I Saw You).

Le décor est parfois d’époque, à la manière d’un film de cape et d’épée (Makedonija) ou plus oriental, comme l’évoquent les cordes du très beau Badalamenti, remémorant vivement la grande époque de Ninja Tune. Il serait presque redondant de préciser que tous les titres – il y en a 19 – sont remarquables, j’hisserai tout de même Through Windows, Badalamenti et I Saw You bien haut dans mon panthéon personnel.

Il semble parfois inespéré de découvrir des œuvres telles que celles-ci, accouchées d’artistes odieusement méconnus. Mais avec un disque si magique, à la production impeccable, Crookram ne peut décemment pas rester longtemps dans l’anonymat. Il est dès lors un devoir de se rendre ici, pour se procurer gratuitement ce petit chef-d’œuvre.

 

                                throughwin_front.jpg

par Manolito

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 11:05

Sortie : 17 mai 2010

Label : DFA/EMI

Genre : Electro-disco-rock

Note : 7/10

 

Lorsqu’en 2005 sort le premier album de LCD Soundsystem, le monde est armé pour en découdre avec les furieuses bacchanales entre disco, punk et électro de la bande à James Murphy. Ce génie roublard avait à l’époque une longueur d’avance sur la concurrence par la force d’une digestion assumée de plus de 30 ans d’évolutions musicales n’ayant pour autre but que de vous foutre un coup de pied au cul pour mieux vous remuer. New York était la mecque et DFA régnait la tête haute.

Lorsqu’en 2007 sort Sound Of Silver, le monde en redemande. Après tout, pourquoi refuser une parenthèse d’extase primaire ? LCD Soundsystem prend alors de l’ampleur. Cette fois-ci, aucune résistance n’est possible, rien n’y fait, on se met à transpirer à l’écoute de ce 2nd disque, aussi brillant que le premier, et où l’électro se fait plus futée. La critique bave, le public exulte.

Lorsqu’en 2010 sort This Is Happening, on se dit que même si les temps ont changé, on se sent prêt à nouveau à pogoter comme un couillon sur ce disco-punk jouissif. Et voilà qu’on écoute ce nouvel album non sans une certaine appréhension. Et si James Murphy avait changé ? Non, pas d’un poil et c’est sans doute là la limite du projet. Le postulat est foncièrement bivalent, il y a comme un plaisir coupable à se faire une nouvelle fois du bien. Le père Murphy ne s’est pas remis en question et a respecté l’adage "c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures".

 

Fidèle calquage du précédent album, This Is Happening démarre en trombe. Dance Yrself Clean est vicieux, passé les 3 premières minutes en sourdine, ça se décomplexe d’un coup sur un vrombissant synthé directement taillé pour la piste. James Murphy aurait pu tomber dans le cliché synthétique pour teenagers tapageurs mais le bonhomme sait qu’efficacité ne rime pas toujours avec acidité. Alors même si One Touch verse du côté d’un Daft Punk 2.0 maîtrisé, on ne peut s’empêcher de penser qu’il se l’a joue trop intelligible.

Tellement facile qu’il se permet même de plagier frontalement le Velvet Underground du White Light/White Heat sur un Drunk Girls rock à l’architecture ressassé mais finissant quand même par tout emporter par la force d’un refrain contagieux. Et quid du Nightclubbing d’Iggy Pop sur le désabusé et lancinant Somebody’s Calling Me ? Mais ce serait faire offense à James que de penser qu’il ne contrôle pas entièrement la situation. L’homme est bien trop connaisseur et calculateur pour tomber dans ce piège réducteur.

C’est en alternant énergie rock primaire et électro-disco-punk frontale que LCD maintient constamment la pression. Ce n’est donc pas anodin de retrouver une ballade pop à mi-parcours, histoire de reposer les semelles. L’évidence d’All I Want s’impose en trois notes de guitares se diluant dans l’espace pour mieux tatouer vos souvenirs. En marquant ainsi votre mémoire, LCD achève sa traversée. C’est sans doute la raison pour laquelle ce 3e opus est annoncé comme le dernier, histoire de s’éclipser avant une redite de trop.

 

L’entreprise LCD aurait-elle atteint ses propres limites, peinerait-elle à se renouveler ? On en revient fatalement à ce paradoxe : ok, c’est prévisible mais diantre, que c’est bon ! La méthode Murphy marche à nouveau à plein régime, les recettes n’ont pas changé. Finalement, quand This Is Happening se clôture sur la montée sans fin du génial What You Need, on a juste envie de gueuler "encore !".

 

http://www.mowno.com/wp-content/uploads/2010/03/lcd-soundsystem-this-is-happening1.jpg

par B2B

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 17:34

Sortie : avril 2010

Label : Priority Records

Genre : Rap

Note : 6

 

Pour fêter ses 20 ans d'existence, le groupe de la côte ouest sort un huitième album studio qui offre un résumé plutôt réussi de leur carrière. Issus de la culture des gangs de Los Angeles, les deux MC et le producteur ont d'abord tracé leur sillon dans un rap enfumé et inspiré, culminant avec Temples Of Boom, avant de prendre un virage rock en 2000 sur Skull And Bones. Depuis ce disque, le trio avait un peu levé le pied avec des albums moins percutants, un best-of et des projets solos plus ou moins réussis. A l'heure du bilan, signalé par de nombreux samples issus de leurs livraisons précédentes, Cypress appelle à la rébellion et retrouve une certaine verve sans renier ses origines.

 

Rise Up se veut tout d'abord un appel à chacun à se battre pour ses convictions. Comme toujours, le groupe s'adresse au peuple et notamment celui des ghettos pour qu'il se lève pour ce en quoi il croit. Pour faire passer le message, il s'appuie notamment, sur le morceau qui donne son titre au disque, sur la guitare de Tom Morello (Rage Against The Machine) afin d'ajouter une certaine puissance au texte. Les passages rock donnent des coups de fouets bienvenus et s'intègrent désormais au reste de l'album sans détonner, alors que leur présence était parfois un peu incongrue par le passé.

Thème phare des Américains, la marijuana. Le sujet est remis sur le tapis une nouvelle fois, notamment sur Pass The Dutch avec Evidence, produit par l'inusable The Alchemist. A noter aussi le très bon K.U.S.H. dans lequel B-Real, toujours bien plus en avant que son comparse Sen Dog, fait un big up à tous les fumeurs du rap ricain. Comme lorsqu'il aborde les gangs, Cypress choisit alors plutôt des instrumentaux rap qui, sans révolutionner leur univers, gagnent en variété. DJ Muggs a en effet laissé la place derrière les machines à d'autres pointures comme Pete RockMike Shinoda. Leur musique y gagne en couleur sans perdre en homogénéité. Les productions rap sont souvent les plus accrocheuses, notamment sur le It Ain't Nothin' d'ouverture ou sur Get It Anyway. ou

Afin d'être complet, Cypress ajoute la touche latino qui leur est chère. Le disque se conclut ainsi sur le très estival Armada Latina qui voit la participation de Pitbull et de Marc Anthony. Un peu de légèreté pour finir...

 

Le trio propose un album d'une rare densité, si l'on excepte le plus pop-R'n'B Carry Me Away, qui vient les relancer à un moment où ils auraient pu disparaître sans que personne ne s'en émeuve. Un Rise Up qui comme leurs précédents disques pourrait convaincre au delà du public rap sans frustrer celui-ci.

 

par Tahiti Raph

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 15:14

Sortie : 3 mai 2010

Label : Get Physical

Genre : Techno, house

Note : 6/10

 

Le statut de Booka Shade m’a toujours paru incongru, son adoubement par la critique internationale, Pitchfork et Resident Advisor en tête, me paraissant exagéré. Le premier voit en Get Physical (le label de notre duo fondé avec M.A.N.D.Y. et DJ T.) une tête chercheuse électro incontournable et en Booka Shade un groupe prépondérant de la scène techno pendant que le second ne jure que part les lives du groupe et bave devant chaque nouvel album. Que la techno de Booka Shade soit sympathique, je veux bien, mais de là à leur donner autant d’importance, tout ça me laisse circonspect. Depuis le très estimable Movements en 2005, catapulté par la bombe Mandarine Girl, les deux Allemands se sont enlisés dans une spirale bien trop convenue pour que l’on puisse apprécier dignement leurs travaux.

 

Booka Shade apparaît davantage comme le pont fréquentable permettant à un public néophyte d’entrer dans la tech-house. A ce titre, More!, le nouvel album de Walter Merziger et Arno Kammermeier, réussi cette traversée. Avec Booka Shade, le plaisir est immédiat, sans culpabilité aucune. Mais attention au mirage, More! n’en reste pas moins éphémère et la jubilation se révèle fugace. La basse est ronde, les gimmicks sont savamment pensés, l’air du temps est finement capté… mais tout ça n’est qu’un enrobage.

More! se place davantage comme une tentative de vulgarisation de la tech-house évitant l’écueil de la prostitution. Il est indéniable que nos deux Allemands savent mener la danse et maîtrisent grandement leur sujet. Et pour mieux convaincre la masse, rien de mieux qu’un album court de 11 titres, dépassant rarement les 4 minutes.

More! se révèle souvent plaisant comme avec Havanna Sex Dwarf, ludique tentative de monter Daft Punk sur ressort pour un résultat inoffensif et pourtant efficace. Regenerate tape dans une tech-house classique, vaguement désabusée, qui réussit pourtant à faire monter la pression pendant que la house de Divine se montre moite et lourde.

Mais à se vouloir trop accessible, More! finit par s’avérer fade. Rien ne nous surprend, tout est trop lisse, trop calculé. Teenage Spacemen, en voulant lorgner du côté de Border Community, frôle de trop près les cimes et, tel un avion polonais, finit par s’écraser. Fatalement, Booka Shade en arrive à se pervertir tristement sur Bad Love, pourtant prometteur, en y ajoutant un featuring vocal indigeste.

 

Cette tentative d’ouverture techno au plus grand nombre reste néanmoins salutaire. A ce titre, il est difficile de critiquer ouvertement Booka Shade. Le groupe arrive encore à convaincre les auditeurs exigeants tout en grossissant encore son public. Derrière les erreurs, More! reste un album finement pensé et diablement bien produit mais le groupe doit pourtant se méfier de la lumière aveuglante des spotlights du mainstream s’il veut éviter de tomber définitivement dans la facilité.


http://www.actualites-electroniques.com/Track/Booka%20Shade-Regenerate%20(More%20Album).jpg

par B2B

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