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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 02:16

Sortie : septembre 2012

Label : Hymen Records

Genre : Glitch, IDM, Breakbeat

Note : 7/10

 

La très jolie Rachel Maloney, a l'honneur de poser la quatre-vingtième publication du sérieux et bien assis label Hymen Records, petite soeur de la face plus purement industrielle ant-zen. L'américaine n'est pas une nouvelle venue dans les sphères industrielles, puisqu'elle a déjà publié deux autres albums au sein de la maison bavaroise. Tonikom sait prendre son temps pour concocter ses albums, trois ans nous séparent de la sortie de The Sniper's Veil (chroniqué ici par ce cher B2B, avec toute la mansuétude et l'euphorie qu'on lui connaît vis à vis du style en question). Le dé-crescendo industriel est confirmé à l'annonce de ce Found And Lost. Si le poids des années ne semblent avoir aucune emprise sur les attributs naturels de la dame, en est-il de même pour sa musique ?

 

A la première écoute, on comprend rapidement que l'américaine garde un oeil grand ouvert sur tout ce que le paysage électronique a à offrir. Ratissant large, du hip-hop (ouais ouais, je crois même avoir entendu des scratchs) à la techno, de l'ambient à l'industriel apaisé, elle ponctionne ce dont elle a besoin pour créer son pot pourri. Si on en croit la teinte générale de l'album ainsi que les intitulés des tracks, ça a pas dû être la kermesse tous les jours. Car même si je n'ai pour ma part, pas été franchement séduit par l'album dans son ensemble, j'accorderais bien volontiers que Found & Lost est de loin sa réalisation la plus personnelle et la plus émotionnelle. Y a même à certains endroits un côté vide tripes assez remarquable. On regrettera donc qu'il y ai un tel écart entre des titres juste excellents, et d'autres qui ne méritent clairement pas de figurer au tracklistening (surtout en toute fin d'album).

Pour ce qui est de ciseler les breakbeats, la demoiselle n'a de leçons à recevoir de personne. Y a même là une maîtrise assez bluffante, probablement héritée des années où elle officiait dans le 4/4 bien harsh. Cette pluie acérée en ouverture, sur Across It's Glassy Surface, donne le ton des textures et des préférences rythmiques dominantes. Citons donc forcément Stumble, comme titre le pluis puissant de l'album, avec sa cavalcade de drums, son traitement pneumatique du beat ainsi que sa subtile atmosphère poisseuse et sournoise. Il n'y aura guère que l'abrasif, l'apnée ténébreuse Lost To The Flames pour prétendre à tel niveau. Peut-être également Eternal Internal, si on accepte un instant de lui pardonner ses accents dub rebattus jusqu'à l'excès. Car oui, il faut avouer que l'américaine a un vrai talent pour cisailler franchement la vague et la mélodie, apte à provoquer des crises de headbanging tout à fait spontanées. Les plus beaux titres rappellent à certains moments le style d'un autre pensionnaire de chez Hymen/ant-zen, en la personne du canadien L'Ombre.

Alors pourquoi diable intégrer de sempiternels samples de pianos plaintifs (si c'en est pas, ça ne change rien) à pareille oeuvre ? Je ne sais si c'est parce que je me suis depuis quelques temps plongé dans les vraies compositions classiques modernes, que j'en arrive à déplorer ce qui m'apparaît comme plus qu'une facilité ronflante, un véritable cliché. Point là de suspicion d'excès de grandiloquence américaine, je trouve juste dommage que pour évoquer ambiance mélancolique teintée de résignation ou d'espoir, Tonikom nous propose de sauter à l'élastique avec du fil à coudre. Je n'évoquerais donc que trop peu l'inécoutable Hope, tout comme les deux derniers morceaux qui font quand même remplissage en règle. Pareil pour les remixes, encore une fois tout à fait dispensables. Comme quoi, il ne suffit pas d'ajouter Haujobb aux crédits pour accoucher d'une réussite potentielle.

 

Bien qu'inégale, Found & Lost est une oeuvre qui, je n'en doute pas, trouvera son public. Du côté de ceux qui continuent de trouver intérêt et efficacité à cette scène un peu repliée sur elle-même. Loin de moi l'idée de leur jeter la pierre, j'ai moi même longtemps erré dans ces artères. Et on est quand même là assez loin de ce qui pullule sur pléthore de netlabels. Hymen sert ici un apéritif humble et tout à fait honnête, avant que le Cardiac de Nebulo ne mette à tout ce petit monde une jolie balayette.

 

http://www.hymen-records.com/all/hymen-y800-x3.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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