Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 13:59

Sortie : octobre 2012

Label : Warp

Genre : Hip-Hop, Jazz

Note : 7,5/10

 

Steven Ellison est aujourd'hui un beatmaker reconnu à l'échelon international, et s'élève désormais comme la figure de proue du légendaire label Warp. Du moins on l'espère, ceux qui ne se sont jamais vraiment remis de l'ouverture pop du côté de Sheffield se rassurant comme ils peuvent. Flying Lotus peut même prétendre au titre de symbole, lui, neveu d'Alice Coltrane (femme de John), qui donna une toute autre ampleur au "glitch-hop" avec son excellent Los Angeles. 1983 n'en était que l'esquisse, tandis que Cosmogramma (ici, qui l'écoute encore aujourd'hui ?), se révélait avec le temps complètement étouffé par le monumental Do The Astral Plane. Le lotus volant a même créé son propre label : Brainfeeder, qui surfe un peu sur le cadavre de Ninja Tune et de tout ce qui ravit un public blanc fan de geekerie sous la casquette. Dans son sillage, persévèrent sans réellement convaincre sur la longueur des pointures techniques comme Nosaj Thing ou Dorian Concept. Toujours est-il que son nouvel opus dont il est aujourd'hui question, Until The Quiet Comes, jouit d'une campagne de promotion sans précédent. Comme souvent avec les prods Warp, un leak (mal cutté et issu de la version vinyle pour celui qui pullule) déboule près de deux mois avant la sortie officielle. Si les britanniques peuvent déjà trouver l'album dans leurs bacs, il faudra attendre encore quelques jours pour que les français qui le désire puissent en faire de même.

 

Quand est atteint un tel niveau de production et quand sont déployées pareilles textures de cordes, on peut parler de génie, de maîtrise, d'infusion brute entre deux genres (le jazz, le hip-hop) qui ont tellement à mutualiser. Il serait donc complètement inconscient de déclarer cet album foireux. Presque autant que de le déclarer excellent en fait.

Car sa foutue démarche d'amoncellement de formats courts a fait son temps. Placer ça sous couvert de concept et d'identité artistique relève de la convention aseptisée. On ne plonge pas dans un album de Fly'Lo comme dans un disque d'ambient, mais quand même. Empiler les idées sans aller au bout d'une seule, c'était très bien pendant deux ou trois albums, là on peut légitimement parler de redondance. L'auditeur n'a le temps de s'attacher à rien. Ou alors il faut écouter chaque titre trois fois de suite pour se saisir de ce qui le mérite indéniablement. Le concept se voulant telle une immersion dans les saynètes d'un rêve futuristico-psychédélique, le mode shuffle devrait logiquement en être banni. Voilà qu'on doit y revenir pour en saisir les plus belles matières. Dommage, et pêché d'incohérence à mon humble avis.

(Nul ne doit dicté à l'auditeur où, quand et comment écouter un disque. En tous cas sur les médias objectifs, crédibles et honnêtes. Tant mieux car Chroniques Électroniques, ainsi que son jalousé référencement, ne s'est jamais réclamé de ces trois qualificatifs. Vivement donc, qu'on laisse la place aux loups déguisés en agnelets qui se nourrissent allégrement de son cadavre encore chaud. Plus que quinze jours les amis (ici)...)

Le plus regrettable est en fait que des excellents titres soient autant noyés dans cet empirique bordel organisé. Surtout au début du disque. Je parle des sublimes contretemps de Getting There, de l'enfumée jungle tribale de Heave(n), de l'épopée bleepienne de Tiny Tortures et de All The Secrets (qui ressemble quand même énormément par endroits, à du très bon Ametsub). Sans oublier de citer tous les tracks où ruissellent les opulentes et irrésistibles lignes de basse de Thundercat, les effluves d'un Fender Rhodes ou cette géniale variation dans les origines plus ou moins naturelles des drums. Autant d'éléments qui confirment cet incontestable état de fait. Until The Quiet Comes est l'album le plus abouti de Flying Lotus, ce producteur de génie qui ne cesse d'agiter l'échiquier du hip-hop instrumental, sur lequel il tient une place de très haut rang.

Pour revenir à la sacro-sainte nuance et donc, par extension aux points négatifs, regrettons que tous ces excellents titres se voient tronçonnés par des pièces qui s'inscrivent un peu en poncifs dans la plus pure tradition du genre, sans rien y apporter de vraiment substantiel. Ou alors de glorieux noms, qui font joli sur les crédits de la pochette. Car, même avec toute la mauvaise foi du monde, il est impossible de contester le total non apport de l'ancienne égérie nu soul Erykah Badu à See Thru To U (avec également Dorian Concept), ou la famélique contribution de ce rouquin autiste de Thom Yorke sur Electric Candyman (et sur le pourtant excellent sans ça Only If You Wanna ?). N'évoquons alors que de manière très fugace, le déversement de bifidus actif qui s'échappe de la voix de Niki Randa. Attention, risques importants de coulante. Fort heureusement, le timbre obsédant de Laura Darlington n'a absolument rien perdu de sa superbe. Dommage alors qu'il intervienne en fin d'album (Phantasm), là où les quatre derniers titres déversent cette même regrettable substance caressant la flore intestinale.

 

Ces éléments viendraient alors confirmer l'hypothèse, qui insinue que Flying Lotus voudrait installer son son à l'ombre du mainstream. C'est à brève échéance pas forcément une malheureuse affaire, tant le natif de Los Angeles dépasse largement les simples contours d'un hip-hop qui a fait de lui un roi pas si fainéant. Il ne serait donc pas étonnant de voir sa casquette de producteur génial se parer de matières encore plus accessibles. Ca groove sec et ça dodeline déjà tellement bien, que j'en viendrais presque à déguster des fruits jaunes et charnus la fenêtre ouverte, contemplant et versant ma larme sur des petits blacks qui jouent sans chaussure au basket sur un playground jonchés d'immondices. Ne serait-ce que pour ça, je me réjouis que Warp puisse à nouveau remplir ses caisses. Et forcément, parce que l'aigritude est une maladie chronique, regretter le dénuement total qui entoura la sortie du magnifique U & I de Leïla (ici) un peu plus tôt cette année.

 

flylountilthequietcomes.jpeg

par Ed Loxapac

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

faculté des sciences de la technologie 06/11/2014 09:15

bon article

Poulain 03/10/2012 20:51

Un navire mort remplis de trésors !

TechNono 03/10/2012 19:42

Je me permetterais même de reprendre B2B pour dire que ce site dévalera la toile comme un tank en roue libre! Mdr

TechNono 03/10/2012 19:18

J'étais sur que c'était toi! T'es démasqué!

Bref, j'ai hâte de voir votre nouveau projet.

raph 02/10/2012 15:13

Bon il est tant que je me mette à jour sur Flying Lotus, je sais pas comment je fais mais à chaque fois je passe à côté alors que je sais pertinemment bien que je rate un truc.

Et sinon, "Plus que quinze jours les amis (ici)", faites gaffe hein! Vous faites monter la sauce là, j'espère que ça retombera pas comme un soufflé tout ça!
D'ailleurs cette version de Chroniques Electroniques va-t-elle être remplacée ou bien elle sera encore accessible? Non c'est pour savoir si je dois archiver ou pas toutes les anciennes chroniques
pour pas les perdre :)

Raph

Chroniques électroniques 02/10/2012 16:28



Inutile d'archiver, le site voguera tel un navire mort sur la toile.


 


B2B.