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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 21:11

Sortie : 29 mars 2010

Label : Kompakt

Genre : B.O. ambient, dub

Note : 8/10

 

Gute Luft n’est pas à proprement parler un nouvel album de Thomas Fehlmann. En effet, le but ici est de proposer une illustration sonore du documentaire 24h Berlin, gigantesque projet ayant pour finalité de dévoiler la vie de Berlinois 24h durant, diffusé sur Arte il y a déjà quelques mois.

La BO de ce remarquable travail fut confiée à l’inestimable Thomas Felhmann (The Ord, 3MB et j’en passe) passé maître dans les recherches électroniques, auteur de remixs inspirés et créateur d’une ambient toujours renouvelée. Étrangement, Gute Luft ne sort qu'aujourd'hui, comme si finalement, Thomas Fehlmann et la maison Kompakt avaient pris conscience d’une identité propre à cet album.

 

Gute Luft est un remarquable essai ambient et dub-techno permettant de mettre en lumière le fantastique travail opéré par Thomas Fehlmann. Il ne s’est pas contenté d’aligner des plages atmosphériques sans âme mais a préféré prendre le pouls de la capitale allemande. Il en ressort un traitement du son très particulier, donnant l’impression qu’un courant d’air permanent s’infiltre entre la musique et vos oreilles. On s’imagine facilement en train de déambuler l’hiver dans les couloirs du métro de Friedrichstr. ou alors dans les ruelles de Prenzlauer. Thomas retranscrit à la perfection l’immensité berlinoise, une immensité faite d’architectures audacieuses et de grands vides. L’ambient de Gute Luft est donc profondément urbaine et la dub-techno caresse vos oreilles. Il est moins question de mélodie que d’atmosphère, ce qui n’en fait pas un album facile d’accès. Aucun titre ne s'en dégage, l’ensemble forme un tout solidement soudé et ancré dans le béton local.

Il y a quelque chose du domaine de l’impalpable dans la musique de Thomas Fehlmann, comme si ce dernier voulait nous faire prendre conscience que Berlin est une ville échappant à la stigmatisation, une ville se renouvelant sans cesse. Berliner Luftikus se révèle être représentatif de cette idée avec son beat lointain s’apparentant à une pulsation cardiaque et ses sonorités fantomatiques qui vous glissent entre les mains.

 

Avec Gute Luft, Thomas Felhmann signe une remarquable BO prenant davantage l’apparence d’un album solo. Gute Luft se révèle en douceur après plusieurs écoutes car Thomas nous livre une vision de Berlin éminemment personnelle mais d’une profonde justesse. Comment cerner une ville en permanente mutation si ce n’est pas le biais d’une musique éthérée au pouvoir imperceptiblement attractif ?

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/61kfAiXJatL._SL500_AA300_.jpg

par B2B

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 14:08

Sortie : 15 mars 2010
Label : Jarring Effects

Depuis maintenant plus de dix ans, le bassiste Raphaël Talis et l'ingénieur du son Martin Nathan sont à la tête de Brain Damage. Membres du collectif stéphanois Bangarang, ils ont probablement comblé leurs frustrations de supporters verts en produisant un dub sombre et personnel, aux confins de l'ambient et de la cold wave. On peut ne pas être féru de leur musique, mais force est de constater que le duo a su se renouveler depuis leurs balbutiements. Cette fois-ci accompagnés de l'étrange poète Black Sifichi, déjà aperçu sur le bon album Metalik d'Elastik (chroniqué ici), sur l'album Spoken Dub manifesto des Stéphanois et sur une collaboration menée par The Black Dog, le duo publie ces jours-ci son cinquième album, sur le label Jarring Effects.

Je dois reconnaître que j'avais bien plus qu'un à priori face à cet album. Ma surprise fut donc d'autant plus grande, car Burning Before Sunset est un très bon album.
Je pourrais jouer mon aigri et écrire que cette réussite est en grande partie due à l'iconoclaste et métaphorique poésie de Black Sifichi. Loin de là. Les lignes de basses profondes et rugueuses alliées à ces textures froides et sombres ouvrent un boulevard au poète illuminé anglophone.
Rares sont les formations qui produisent un dub personnel en respectant autant les fondamentaux et la genèse de cette musique. Les connaisseurs des réalisations les plus opaques de King Tubby et du feu Black Ark Studio de Lee Perry ne crieront pas au génie mais reconnaîtront le talent et les gros efforts de production.
Bien que nonchalant et hypnotique, le dub ambient des Stéphanois a quelque chose de captivant. Les basses peuvent être qualifiées de létales. Derrière ce côté sombre et ces aspects bas fonds cradingues, on entrevoit à plusieurs reprises des rayons de lumière salvatrice. Cordes graciles, harpe cristalline, nappes solaires viennent revigorer cet ensemble acre et caverneux.
Des cuivres plombants (au sens positif du terme) sont également injectés de temps à autre pour contribuer à l'ambiance enfumée de l'ensemble.
Même si l'album fait bloc, des titres comme Smoke In Our Minds, There Is A Wind, Possibility Of Love, mais surtout les excellents Only Lost In The Sound ou My Legs, My Arms, My Mind And My Brain se distinguent plus particulièrement. Que dire également du majestueux Plain White Butterfly (débutant sur un vibrant hommage à Erik Satie) si ce n'est qu'il est beaucoup trop court.

Brain Damage signe donc ici leur meilleur album à ce jour. Les deux Stéphanois seraient bien inspirés de faire de Black Sifichi le troisième larron permanent de la formation. Les titres de cet album devraient prendre une ampleur supplémentaire en concert. Je trouve effectivement que cet opus est parfaitement calibré pour le live. Vous laisserez vous tenter ? Telle est la question.
                                 

 par Ed Loxapac

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 12:03

Sortie : mars 2010

Label : Rec72

Genre : Electronica puissant

Note : 7


A voir le nombre croissant d'albums chroniqués dans nos pages et disponibles gratuitement sur Internet, via des netlabels ou les artistes eux-mêmes, il est devenu évident que le mode de distribution n'est plus un critère permettant d'anticiper de la qualité d'une oeuvre. Un nouveau modèle est né, auquel il ne manque qu'un volet financier... Une rapide analyse pour en arriver à parler de la nouvelle production d'un artiste français publié par un netlabel allemand. Old Bear produit depuis 2000 de l'IDM et sa dernière livraison, If You Canf Find Me, est en accès libre sur le site de Rec72. Avec bien d'autres artistes cités sur Chroniques électroniques, notamment Autopilot, aAirial ou Thallus pour les plus récents, il vient prouver, si c'était encore nécessaire, que l'on peut trouver de très bonnes choses dans le téléchargement gratuit et légal.

Avec cet album, le Parisien offre dix titres tout d'abord énergiques et denses dans une veine électronica un peu sombre. Ainsi les samples de voix, la rythmique et la
mélodie hypnotisante du premier titre, My School. Quelques morceaux IDM, comme le plus introspectif Situation.Escape.Pressure, apparaissent par la suite. Au milieu de cela plane un esprit rock, comme un moteur au déchaînement de certains sons. C'est notamment le cas sur A Cold Subway où la batterie tire le reste des instruments dans un défouloir explosif. Dans un autre genre, ce sont des claviers radioheadiens - influence avouée d'Old Bear - qui amorcent Another Evening, Like The Others. Les voix intervenant régulièrement donnent un côté cinématique mystérieux et attirant.
Puis vient l'apaisement avec l'ambient de Not Sure... et d'autres passages ensoleillés où l'humeur plus légère n'est pas synonyme de baisse de niveau. Le veil ours, après avoir démontré toute sa puissance, montre alors un côté plus posé, parfois proche du rap instrumental, sur On The Wing par exemple où la fièvre monte peu à peu. Son sens de la construction est irréprochable avec des récits qui nous tiennent en haleine à chaque fois jusqu'au bout, seul le titre Stapes étant un peu en dessous du reste.

Le producteur propose une belle diversité d'ambiances avec des variations de tempo importantes, tout en tenant son fil conducteur grâce à une bonne occupation de l'espace et un travail minutieux de remplissage des paysages suggérés.

http://rec72.net/media/releases/oldbear/old_bear_if_you_can_find_me_cover.jpg

par Tahiti Raph
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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 12:15

Date : 27 mars 2010

Lieu : Mannheim (Allemagne)


Le Time Warp traîne derrière lui un double fantasme : une programmation techno toujours irréprochable pour un marathon physique sans commune mesure. Cela est vrai mais se révèle n'être que la face visible de l’iceberg tant cette édition 2010 va exploser les barrières pour propulser le public dans une déformation du temps sans retour, piloté par les maîtres d’une techno aussi puissante que racée.

Pourtant sur le papier, Mannheim ne fait pas rêver. Ville industrielle, austère et grise, il n’y a pas lieu de s’y attarder. Il est 22h, je suis prêt à en découdre. Un rapide tour d’horizon s’impose pour mieux prendre la mesure du site qui sera bientôt gonflé de 20.000 clubbers (une fois de plus, le festival affiche complet). L’allée centrale permet aux festivaliers de s’éparpiller dans les 5 floors du lieu. L’organisation est sans faille, on fait très rarement la queue aux divers stands, un système de casiers permet de ranger ses affaires et on circule facilement d’une salle à une autre.

http://img509.imageshack.us/img509/6908/timewarp2010.jpg

Il est désormais temps de concrétiser mes errances en me figeant devant les DJ. 22h30, les Turntablerocker jouent l’efficacité avec une techno rentre-dedans plutôt efficace. Je ne m’éternise pas car pour un warm-up c’est trop violent. 23h30, Dixon a pris possession du floor 5, un mini club de 1.000 personnes tout en podiums et ouvert sur le ciel. Fidèle à lui-même, il construit un mix deep-house inspiré. Mais ce coup-ci, c’est trop mou par rapport à mes attentes. Autant se rendre dans l’antre du Time Warp, l’énorme hangar accueillant les deux premières salles. Malgré la promiscuité des 2 floors, jamais les acoustiques parfaites ne se télescoperont. Nous choisissons de fendre la foule pour se positionner aux pieds de Monika Kruse. Il est minuit, le festival commence enfin. Monika balance un set techno imparable malgré son côté lancinant. Les semelles commencent à chauffer, on sent que la nuit ne fait que commencer.

3h30, Ricardo Villalobos est attendu comme le messie. Un simple geste de la main et le public exulte. C’est dingue comme le Chilien peut soulever autant les foules alors qu’il n’a même pas commencé. Ricardo ne va pas déroger à son talent d’hypnotiseur house avec un set flirtant la perfection. Sa façon de mixer, toujours de profil, allier à son irréprochable fluidité technique emportent l’adhésion. Je m’éclipse cependant de temps en temps pour écouter ce que proposent les autres salles. Sur le floor 1, Chris Liebing ne fait pas dans la dentelle avec une techno qui ramone les cerveaux, pendant que sur le floor 2 le local de l’étape, Sven Väth, dynamite le public avec une techno plus trancey mais un poil trop linéaire.

P280310 13.16

Il est 6h quand un premier coup de fatigue se fait sentir. Et c’est là que le festival fait fort, en proposant un grand espace chill-out où l’on peut s’allonger sur la moquette bien au chaud. Cerise sur le gâteau, Matthew Hawtin est aux platines de 19h à 13h. Pendant 1h, ma tête prendra congé aux sons de Jon Hopkins, Ametsub ou Asura. Quel pied ! Après cet interlude, je comprends définitivement le principe du festival. Il est 7h, nous n’en sommes qu’à la moitié. La déformation du temps peut vraiment commencer alors que le jour s’est imposé et que les esprits se liquéfient.

La salle 2 est blindée, il est difficile de s’y faire une place mais il est pourtant hors de question de manquer la tête d’affiche de la soirée : Plastikman. De retour au live après de trop longues années d’absences, Richie Hawtin ne va pas nous décevoir. De 8h à 10h, il va construire un live d’une technicité impressionnante. Aux confins de la techno mentale et de l’IDM, Plastikman joue avec nos neurones sur des thèmes raves 90’s et sur des rythmiques abstract à faire pâlir de jalousie un DJ Krush. Hawtin est planqué derrière un écran de LED semi-circulaire imposant un visuel captivant. Ces 2h seront tout simplement magistrale.

10h, direction le floor 5 pour la fin du set de Laurent Garnier. Sous la coupole, il fait grand jour et le public reste totalement réceptif. Laurent Garnier est toujours aussi communicatif avec ses fans. L’échange est réel et le boss nous gratifie d’un Crispy Bacon renversant et collant le sourire à tout le monde. Je file ensuite écouter le roi d’Ibiza, Loco Dice. Plus on avance vers les platines, plus les corps se dénudent. Loco Dice tape dans une tech-house imparable à cette heure-ci et réussi à faire surgir le soleil dans le floor 3. Mais le physique commence à en pâtir, une petite pause au chill-out s’impose. Sur un son de plus en plus deep, mes jambes se prélassent avant le coup de grâce. On soulève ici un des points importants du Time Warp : l’implication physique. Ce festival est un marathon d’une rare violence demandant une vraie préparation mais la récompense est là et c’est quand on amène son corps dans ses derniers retranchements qu’on commence à saisir définitivement le principe du festival.

Il est midi sur le floor 3 et Magda ramasse les clubbers à la petite cuillère avec sa techno mentale tout en douceur. Au Time Warp, l’apothéose est toujours pour le finish. Sur le floor 2, Ricardo Villalobos, Loco Dice et Marco Carola se partagent les platines. Sur le papier ça fait rêver, non ? Et bien dites-vous qu’en vrai, ce fut bien plus que ça. Tout simplement la perfection absolue au son d’une tech-house souvent deep et minimal, complètement hypnotique pour un set d’une limpidité exemplaire. Et quand Richie Hawtin, Laurent Garnier, Sven Väth et Dubfire rejoignent le groupe, on se dit qu’on ne pourra plus jamais voir un tel parterre de maîtres devant soit. Il a beau être 14h, le public est toujours présent et les corps chaloupent. C’est le moment choisi pour définitivement m’éclipser et quitter le festival avec un sourire figé.

  P280310_10.00.jpg

Le Time Warp est bien plus qu’un simple festival techno : c’est tout simplement le nirvana pour tout amateur du genre ! Si c’était seulement la prog qui faisait la différence, ce festival serait déjà dans le peloton mais c’est surtout sa parfaite ambiance et cette communion avec les DJ qui permet de prendre conscience qu’on vit un moment à part, définitivement hors du temps. Les DJ qui jouent au Time Warp ne sont pas des mercenaires, ici les sets dépassent facilement les 4h et ils n’hésitent pas à rester pour jouer ensuite avec les autres. Il en ressort une sorte de respect mutuel impalpable qui finit par faire du Time Warp, le festival techno incontournable chaque année.

par B2B
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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 12:37

Sortie : mars 2010
Label : Dead Broke Records


A ne pas confondre avec divers groupes de pop psyché du même nom, ce Uhoh verse dans le hip-hop, et plus précisément du côté instrumental de la force. Jimmy Halton, de Canton Ohio, travaille ainsi le beat depuis quelques années et... difficile d’en savoir beaucoup plus. En mars, le bougre a tout de même produit pas moins de quatre disques, tous disponibles gratuitement sur sa page Bandcamp. Rain est le premier de ces opus, qui suit la réalisation de plusieurs mixtapes.

Sans être brillants d’originalité, les beats de Uhoh possèdent une redoutable efficacité, et trahissent une solide maîtrise. Les influences du jazz sont très fortes, allant de la présence quasi constante du piano et des cuivres, aux phases mélodiques un brin désuètes qui fleurent bon le vieux cuir des piano-bars. S’il n’est jamais rappé, le hip-hop de Uhoh se mêle souvent de samples de chant soul, qui accentuent encore une atmosphère doucement surannée. Constitué de 17 morceaux, Rain ne souffre pourtant pas de linéarité. Les titres se suivent de façon agréablement variée et c’est surtout la force des beats, la fermeté des boucles de batterie qui captivent l’oreille, déjà conquise par la musicalité des instrus. On alterne entre mélancolie au goût de soul des 7O’s (Heaven Is Only), beats secs et engagés à la Cunninlynguists (Avenged) ou ballade downtempo désanchantée (Chilled Out). Ce disque où la pluie est à l’évidence à l’honneur (Drizzlin Rain, Acid Rain) pose donc une ambiance généralement calme et souvent un peu chagrine. Si l’ensemble est de qualité honnête, Nerver In This World, Learned Lesson, Avenged et Drizzlin Rain s'imposent comme d’excellents tracks. 

Rain est en somme un très bon disque, qui se bonifie de façon étonnante avec les écoutes, la première ne laissant présager qu’un son gentiment plaisant. Et comme le plaisir n’a parfois pas de prix, il suffit de cliquer ici pour regarder passer l’ondée, les oreilles grandes ouvertes.  

par Manolito
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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 12:07

Sortie : avril 2010

Label : Amp Bit<if//go Recordings

Genre : IDM

Note : 7



Dooq est un inconnu. Le site de son label (qui propose trois titres de l'album en téléchargement), pas plus que sa page Myspace ne nous apprennent quoi que ce soit sur lui, mis à part sa nationalité, Anglaise. Une bonne manière de ne pas avoir d'a priori avant de commencer une chronique... Avec son premier album, Fingertip Springs, peut-être accédera-t-il à un poil plus de notoriété.

Dooq fait de l'IDM fragile. Chacune de ses pistes est un habile assemblage de sonorités discrètes qui forment des comptines électroniques plus ou moins torturées. De la pochette déjà se dégage un univers industriel et synthétique dont les ressorts semblent articuler les sons entre eux. Le producteur alterne les moments de tendresse musicale, Around The Giant Seeds et ses cordes cristallines, avec des passages plus sombres et complexes, Wollydoodle notamment. Les éléments rythmiques renforcent cette diversité d'ambiances entre le calme de Chocula Slide et la surexcitation qui règne sur Whimmydiddle.
Outre cette variété de ton, l'auditeur appréciera aussi la qualité des sons de l'Anglais. Les nombreuses cordes, dont celle de Ekaarian, sont d'une grande pureté organique dans un monde très électronique où chaque intervention trouve sa juste place sans déranger le voisin. DooQ évite d'abuser des nappes pour ne pas diluer son propos et remplir facilement l'espace. Comme souvent avec l'IDM, la qualité d'écoute est fondamentale pour apprécier toutes les nuances.
Fingertip Springs perd toutefois un peu en densité sur la fin avec des morceaux plus abstract, Junk Jibe, ou ambient, Wasnt What It Was, un peu faciles, avant de s'achever sur l'excellent Syfon, dans l'esprit de la première partie.

Avec ce premier album tout de même assez réussi, l'artiste s'offre une bonne carte de visite.

http://c1.ac-images.myspacecdn.com/images02/114/l_109e1db22f964cfb8a58ec3470cd04c8.jpg

par Tahiti Raph
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 18:51

Sortie : mars 2010
Label : Brownswood
Genre : Soul d'hier et d'aujourd'hui
Note : 5 


Si l'on devait définir le DJ qui représente le mieux la sono mondiale, la globalisation du son dans sa diversité, toujours à la recherche de titres pointus qui peuvent être appréciés partout sur la planète, on trouverait Gilles Peterson. L'Anglais aux multiples émissions, compilations et DJ set a développé son concept "Worldwide" en mixant tout ce qui peut attirer sa curiosité, se foutant des époques, avec toujours un petit faible pour le jazz et le funk. Une idée qui ne donne pas toujours des résultats très heureux. Ses sets peuvent ainsi tout à la fois être passionnants et riches, tout autant que fade et longuet...

Son label Brownswood est à son image, comme cette compilation Bubblers Five, mélange de soul venue des 70's et de production sorties de machines d'aujourd'hui. Ainsi les voix nombreuses et variées sur ce disque sont un brin datée alors que les instrumentaux sur lesquelles elles se posent sonnent plus électronique, parfois drum'n'bass voire dubstep. Ce mélange des genres fait tout l'intérêt de ce disque qui alterne toutefois le bon et le moins bon. Car comme dans les bacs de Peterson, on y trouve des titres étranges et séduisants et d'autres qui passent sans même que l'on s'en rende compte. Parmi les premiers, à noter Happy de Daru, sorte d'électronica bancal sur lequel pose la voix R'n'B de Rena, qui subit quelques maltraitances bienvenues. Elle évite ainsi l'étiquette de Norah Jones en herbe qui se colle sur pas mal de participantes à cette galette. Il faut d'ailleurs parfois être patient pour comprendre l'intérêt de certains titres, dont le Nxt Msg (Deletion mix) d'Analogue Monsta qui gagne en profondeur et perd en clinquant douteux au fil des minutes. Ses basses et sa rythmique se rapprochent de l'IDM tandis que le chant sans relief passe au second plan.
Toute la compil' est dans cet esprit là. Pour un Dam Funk un peu ronflant, vous avez le droit à un Ron Basejam bien jazz avec une mélodie hypnotique qui ne vous lâche pas. Pour un Calypso Blues de Calypso Rose qui apporte une touche reggae sympathique mais pas vraiment utile, vous avez un morceau de The Raah Project dans lequel Sinatra semble avoir pris de l'exta. Il vous faudra donc piocher, éviter les niaiseries type Nailah, et rester attentif pour ne pas louper les passages plus recherchées, comme ce Rising Up (Slow mix) signé Samuel & The Dragon.

Une chance, cette compilation ne sort qu'en numérique... merci iTunes de permettre de n'acheter que les titres qui interpellent l'auditeur. Et merci à Gilles Peterson qui nous permet de découvrir quelques artistes à suivre, et ceux à éviter !

http://brownswoodrecordings.s3.amazonaws.com/wp-content/uploads/bubblers-sleeves-e1265308073383.jpg

par Tahiti Raph
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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:56

Sortie : 11 mars 2010
Label : Monaberry

Genre : House

Note : 5/10


C'est le printemps, un peu de légereté ne vous fera pas de mal, d'autant plus si vous êtes à la recherche d'un album de house taillé pour transformer votre appart' en club surchauffé. Heureusement, Super Flu va vous aider dans votre quête. Le duo Allemand formé par Felix Thielemann et Mathias Schwarz sort son premier disque, Heimatmelodien, après avoir gonflé de maxis les bacs des disquaires pendant près de 5 ans.

Super Flu signe un album directement taillé pour les clubs, une parenthèse house évitant la prise de tête. C'est sûr que si vous ne jurez que par la deep-house racée de labels pointus comme Dial ou Smallville ou alors que vous vénérez les sets limpides et groovy d'un Villalobos, vous allez être déçus. Mais parfois, une absence d'intellectualisation peut se révéler d'une efficacité contagieuse. Heimatmelodien ne brille pas par sa complexité et sa profondeur, on sent que le duo a ici effectué un boulot de branleur. C'est le moins qu'on puisse dire, tant les morceaux se révèlent rapidement assimilable à l'image du techno-pop Poppycock d'une affolante simplicité. La house de Super Flu se consomme d'une traite mais pour être aussitôt digérée et oubliée.
Les morceaux dépassent allègrement les 7 minutes et deviennent, par la force du beat, hypnotiques. Que ce soit avec la tech-house de Didschn se transformant en marche bourrée ou avec la house de Bukkake Beyonce porté un sample vocal entêtant, on se retrouve fondamentalement à danser. Alors oui, c'est fichtrement linéaire et prévisible, mais ça procure pourtant son petit effet. Même quand Super Flu se fait plus rèche, avec
Poelsewoggn, on ne peut s'empécher de garder le sourire.

Heimatmelodien est l'exemple type de la production house au kilomètre, le genre d'album qui ne franchira pas le printemps, mais dans le style, il se révèlera un parfait outil pour dynamiter vos soirées.


http://2.bp.blogspot.com/_mW44167wbtQ/S6JhSMbNohI/AAAAAAAAD-Q/ZnnvuzXrynM/s320/superflu.jpg

par B2B
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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 22:27

Sortie : mars 2010

Label : Ici D'ailleurs

Genre : Abstract hip hop

Note : 7



Est-ce une coïncidence ? A une semaine d'écart sort le Alice aux Pays des merveilles de Tim Burton et le nouvel album du Chapelier Fou, 613. Si le producteur français (que nous avions interviewé ici) fait référence avec son pseudo à l'univers de Lewis Carroll, sa musique rappelle quant à elle l'atmosphère du réalisateur. Après une poignée de maxis, voilà donc l'album, qui a tout de la confirmation.

Il y a quelque chose de l'ordre du fantastique chez le Chapelier Fou. Il nous propose un conte, une histoire merveilleuse dans laquelle des lapins s'échappent de son chapeau. Il y a une Alice qui court pour échapper à la reine de coeur, des décors improbables et des personnages farfelus. Et ce violon omniprésent que le musicien manie aussi habilement en studio que sur scène. Ces cordes qui donnent tant d'émotions différentes. Tantôt joyeuses et énergiques, tantôt mélancoliques et douces. Alice s'y raccroche pour ne pas perdre le fil de la mélodie et se réonrienter quand son imaginaire le perd dans les méandres du pays des merveilles. Elle semble heureuse notre héroïne au milieu des notes de glockenspiel, de clavecin ou d'orgue... l'auteur de 613 maîtrisant aussi les touches de son clavier avec habileté.

Mais comme chez Burton et Carroll, il y a un autre côté au miroir. S'il se dégage de cet album une joie enfantine et une certaine candeur dans les sonorités, il offre également une facette plus sombre, plus mature. Le Chapelier Fou change ainsi de visage et bouscule ses schémas, fait appel à des rythmiques plus dures et démontre que même dans les contes pour les petits peut se cacher une part obscure. Son électronica peut alors frôler une IDM plus dense. Des passages qui permettent de montrer qu'en plus du piano et du violon, le Français fait ce qu'il veut de ses machines. Et c'est un étrange Noël que ce Monsieur Jack nous concocte alors. Une fête d'Halloween un 24 décembre bien sûr.

Entre tierseneries habiles, électronica organique inspiré et quelques virages subtils et plus noirs, ce disque ne manque pas de parfums pour appâter les enfants, mais surtout pour attendrir les adultes avec cette note plus réaliste qui fait de ce disque une réussite.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/4/1/3700426912143.jpg

par Tahiti Raph
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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 18:11

Sortie : mars 2010
Label : Hessle Audio / Brainmath



Il n’y a pas si longtemps James Blake était parfaitement inconnu au bataillon. Après un simple maxi de deux titres en 2009 et quelques remixs pour Untold ou Mount Kimbie, le voilà playlisté par Soul Jazz dans sa compil’ Steppa’s Delight (ici) et par Scuba sur Sub:stance (ici), et rapidement estimé comme un poulain très prometteur de la sphère dubstep.

L’individu se distingue de ses confrères dans sa manière d’imprégner sa musique de sonorités électro-acoustiques, ainsi que de pointes de jazz ou de soul. Gorgé de crépitements et de légers échos métalliques, son dubstep semble être constamment mouvant et habité d’une torpeur tranquille. Blake sort ce mois-ci deux maxis, The Bells Sketch et Pembroke avec Airhead.
Bien éloigné de toute forme de noirceur, le son de Blake se révèle idéal pour apprécier le retour des beaux jours. Languide et paisible, The Bells Sketch apparaît comme une jolie réussite. Le titre introductif du même nom est tout à fait propice à la flânerie, à une promenade mentale, appuyée de basses fermes qui renforcent l’allure dubby et chaloupée du morceau. Aux lueurs des synthétiseurs et d’une batterie psyché, des cordes fines se font entendre en arrière plan, donnant des accents de jazz malicieux au très bon Buzzard & Kestrel. Quant au dernier et excellent titre Give A Man A Rod, il déploie sur un beat cadencé de légères notes candides et des souffles venteux, pour une ballade aux couleurs chaudes et lascives.

Accompagné de Airhead, Blake a sorti dans la foulée Pembroke, un maxi de deux pistes qui creusent cette veine de dubstep aérien sans être ambient, mélodique et sablonneux, parfois proche de l’IDM. Auréolé de quelques voix et de rythmiques calmes mais puissantes, le disque est étreint de nappes suaves et froissées, qui gonflent puis refluent à la manière du ressac. L’exquis Lock In The Lion commence et s’achève sur un air cinématographique, lorsque des dialogues se posent sur un beat qui a tout du hip-hop instrumental, puis c’est un souffle sec et à contretemps qui s’empare du cœur du morceau.

Les travaux de James Blake sont ainsi dignes d’un solide intérêt. Et sous un ciel qui semble à nouveau content d’être bleu, un peu de dubstep printanier est encore le meilleur des cocktails. 
 

   jyf.jpg 
par Manolito 
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