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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 22:14

Sortie : 6 avril 2010

Label : TheAgriculture

 

Il y a plus d’une vingtaine d’années, fourré dans les poches des expat’ jamaïcains, le dub a traversé l’atlantique et gagné le Vieux Continent. Happé par Mark Ernestus et Moritz Von Oswald en Allemagne, dans les années 1990, il renaît sous forme d’une fusion synthétique avec la techno berlinoise : la dub-techno, instituée par les deux de Basic Channel.

1998, à Kitchener, Ontario, Scott Monteith alias Deadbeat s’essaye à la musique électronique. Sept albums – dont le très bon Roots & Wire en 2008 – et un exil à Berlin plus tard, il est, avec Quantec, Pole ou Fluxion, l’un des plus dignes représentants de cette soudure entre électronique, dub et ambient. Il apporte aujourd’hui une pierre de plus à l’édifice avec ce mix, Radio Rothko, une fresque allant de Rhythm & Sound à 2562, en passant par Deepchord, Monolake ou Intrusion.

Deadbeat nous plonge alors dans ce qu’on devine être les sous-sols gris de Berlin. Dans la poussière des infrabasses, les sons pulsent et prennent des résonnances mouvantes. Les mélodies baignent dans des nuages de filtres, et la rondeur des kicks procure des sensations enfumées. La progression du mix évoque elle-même une longue descente en apnée. Les premiers morceaux sont des plus calmes. No. 3 (Debit), de Deadbeat, déploie une douce robe de cendre sur des kicks encore infimes. Pendle Coven durcit légèrement le ton, imposant un souffle plus haletant. A ce niveau là, le tourbillonnement des échos vous a déjà anesthésié l’esprit, on voit des ombres partout, mieux vaut encore fermer les yeux.

Mais lorsque Quantec prend la main, ca y est, on touche au but, là tout en bas, où les baffles mugissent et où la danse est moite. Son féroce Electromagnetic Pulse est lacéré de revebs lumineuses et introduit à merveille le titre le plus vrillé du mix, Site 312 de Marko Fürstenberg. La techno prend momentanément le dessus, tandis que les beats se répercutent dans l’air bruissant. S’amorce alors le troisième mouvement, déjà Monolake, avec son superbe Static, commence à ralentir le tempo. Et quand 2562 (Redux) étend de larges overdubs, on saisit que l’heure est maintenant au dub ample et pénétrant. Impression confirmée par le fantastique Mango Drive de Rhythm & Sound. Les beats flottent, la tête dodeline, bercée et hypnotisée. Après une apparition de Maurizio (Basic Channel, décidément très présent) Deadbeat clôture le mix avec classe de son rythmé Deep Structure.

Radio Rothko apparaît comme un disque susceptible d’introduire les néophytes comme de combler les aficionados de dub-techno. Depuis ses débuts jusqu’à la fraîche relève, il décrit les méandres de ce son deep et poisseux. Prenez seulement garde à la lumière du jour, après, elle brûle. 

 

http://www.playlistsociety.fr/wp-content/uploads/2010/06/deadbeat-radio-rothko99322.jpg

par Manolito

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 12:11

Sortie : mai 2010

Label : Ninja Tune

Genre : Abstract hip hop

Note : 3


C'est un disque qui tourne depuis un moment sur ma platine et qui pourtant ne me laisse aucun souvenir à chaque passage. Je le relance une nouvelle fois pour faire cette chronique et voir si cette fois-ci Funki Porcini, fidèle de Ninja Tune qui n'a plus sorti d'album chez eux depuis 2002, capte un peu plus mon attention. L'Anglais qui répond au nom de James Bradell a délaissé les samples qui l'avait fait connaître pour muter dans un jazz électronique sans génie mêlant sonorités synthétiques et quelques sonorités plus organiques. Il se laisse aussi parfois glisser dans un ambient simpliste.

 

Début en douceur avec un premier hommage à Robert Moog sur Moog River, d'autres suivront à Lionel Hampton et Robert Crumb sans vraiment que les liens entre les morceaux et ces personnes paraissent évidents. Batterie jazz, mélodie répétitive, évolution limitée, la palette de Funki Porcini est paresseuse. Les titres se succèdent sans se démarquer, dévoilant un cruel manque d'inventivité. Les mélodies sont agréables, les sonorités apaisantes, mais l'ensemble est transparent. L'ouïe passe à travers.

C'est un univers très lisse qui s'offre à l'auditeur. Belisha Beacon fait dans le jazz à la Saint Germain, parfait en toile de fond d'un apéro ensoleillé, tandis que d'autres passages sont plus sombres, comme ce Undermud qui s'éloigne du jazz pour rappeler de très loin Amon Tobin. Chaque référence est datée car cet album n'apporte rien de neuf... Les titres manquent de diversité, de travail sur l'espace ou sur les sons. Il est fini le temps ou trois bleeps et deux clicks suffisaient pour faire un morceau. Sur The 3rd Man, les nappes et le piano sont jolis mais offrent un menu un peu léger pour les amateurs d'ambient travaillée. Le reste est à l'avenant, à se demander comment James Bradell a mis huit ans pour pondre cet album ! Et lorsqu'il s'achève, j'ai déjà oublié ce que je viens d'entendre.

 

Ce On n'offre donc pas grand chose de consistant même si aucun morceau n'est réellement dérangeant. Il ressemble à un premier jet qui aurait encore demandé bien du travail...

 

par Tahiti Raph

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 17:15

Sortie : février 2010

Label : Anticon

Genre : Curiosité

Note : 6


Encore un drôle d'ovni venu de chez Anticon. Avant même la musique, le concept est particulier. Fin 2008, Son Lux sort l'album At War With Walls & Mazes qui contient le titre Weapons. Le New Yorkais décide de prolonger l'esprit de ce morceau sur maxi et convie dans ce but quelques amis artistes. Plus qu'un EP de remixs, Weapons est un concept à lui seul qui va bien plus loin que la simple relecture.

 

L'ensemble s'écoute d'une traite comme si les différents titres étaient liés pour n'en former qu'un seul. Le disque débute par la reprise du son de violon issu de l'original, débarrassé de sa batterie. Son Lux pose cette boucle comme l'itération qui servira de base aux créations, comme terrain de jeu pour lui et ses compagnons. Le court Weapons II donne ainsi le ton.

C'est au tour de Polyphonic de se lancer. Il propose un Weapons III bien plus numérique, entre ambient et électronica, avec des voix fantomatiques en arrière plan. Alors que tout semble fondre dans l'infini, Nico Muhly arrive avec la boucle de violon originelle qui sert de fondement à un abstract hip hop noir. La voix ressurgit de l'ombre, claire et séduisante, tandis que le beat se fait de plus en plus dégradé.

Son Lux reprend la main pour un Weapons V guerrier. Plus question de cordes enjouées, l'heure est à la mélodie synthétique abrupte où le chant sourd n'est qu'un cri de détresse d'un soldat touché au milieu du chant de bataille. La seconde partie du titre, instrumentale, vient filer la métaphore guerrière avant de s'achever sur une douce ligne de piano solo. Alias offre ensuite une version moins inspirée où il vogue en eau connu jusqu'à ce rap venu de nulle part qui apporte une touche d'originalité. Enfin, Weapons VII est une conclusion grandiloquente à cet EP des mains mêmes de l'auteur du morceau original.

 

Son Lux réinvente le concept de maxi de remixs avec ce Weapons dont les sept extraits s'écoutent sans lassitude et même avec un certain intérêt !

 

http://nicomuhly.com/wp-content/uploads/2010/03/SonLux_Weapons.jpg

par Tahiti Raph

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 00:48

Sortie : avril 2009

Label : Hessle Audio

 

Voilà plusieurs fois en peu de temps que des disques sortis  de la maison Hessle Audio trouvent leur place dans nos lignes – celui notamment de Pangaea (ici) et le très bon James Blake (ici). Ramadanman en est le co-fondateur, ainsi qu’une figure hautement estimable en dubstep.  Auteur d’un bon nombre de maxis depuis 2006, et de plusieurs tueries - au hasard Sous Le Sable avec Applebim -, il livre enfin un EP solide.

Et Rama ne fait pas dans la facilité, on pourrait en effet difficilement qualifier ces cinq titres d’accessibles, tant au niveau des rythmiques que des sonorités, tout semble être fait pour brouiller les sens et embrumer le cerveau. Il y a constamment un contretemps  pour vous cueillir là où vous ne l’attendiez pas. La qualité de la production et du travail sur les strates et les textures est manifeste. Des nappes salutaires caressent par moment les syncopes de percussions, qui prennent souvent des accents tribaux.

Certains titres cependant (Trumble, A Couple More Years) peinent à convaincre, la faute, entre autre, à quelques désagréables bleeps. Et bizarrement, sans pouvoir formuler de reproche précis, il m’est difficile d’adhérer complètement à cet EP déroutant. Malgré tout un espoir, le premier morceau, I Beg You, qui frise l’excellence. Des phrases du Petit Prince de Saint Exupéry accueillent des premières pulsations d’un 2-step moite en guise d’introduction, avant que d’exquises notes de synthétiseur viennent lécher les roulements de percussions chamaniques.

Un peu comme celui de Pangaea d'ailleurs, cet EP de Ramadanman ne manque pas d’intérêt, mais ça n'est pas suffisant. Le pari est fait que certains resteront de marbre.

 

par Manolito

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 18:29

Sortie : 23 avril 2010

Label : Hymen Records

 

Sur son album (f)light, Jérôme Chassagnard s'était déjà adjoint les services de son pote Guillaume Eluerd. De cette collaboration naît aujourd'hui une union beaucoup plus pérenne avec le projet The Prayer Tree. Chassagnard est membre du duo Ab Ovo avec Régis Baillet. Ce dernier est l'auteur, en tant que Diaphane, de l'excellent Samdhya récemment paru chez Ant-Zen (chroniqué ici). Nous allons voir si les infidélités réciproques des membres d'Ab Ovo sont toute du même calibre en matière de qualité. Plus qu'une dizaine de jours avant que la galette ne sorte du four sur l'excellent label allemand Hymen Recods.

 

En Asie, les hommes déposent leurs souhaits sur les branches de l'arbre de prière. Quand on sait qu'un arbre centenaire situé non loin d'un temple à Tokyo a été sauvé de la destruction, on comprend pourquoi le titre d'ouverture porte le nom de la mégalopole nippone.

Constitué comme des comptines électro-acoustiques "tranches de vie", chaque morceau détient sa propre histoire. Le phrasé poétique d'Eluerd a parfois quelque chose de lancinant mais jamais ennuyeux. Sur un ton malgré tout assez énigmatique, les thèmes abordés tournent autour de la rédemption, des choix, des directions prises et des croyances. L'opus est empli d'une mélancolie quasi-permanente. La complémentarité entre les vocaux et la mélodie est particulièrement désarmante. The Prayer Tree est un album étrange et conceptuel. On est pourtant noyé dès les premières écoutes dans cet univers si particulier et poétique. Jamais statique ou répétitif, chaque morceau évolue en ouvrant des fenêtres vers des perspectives inattendues. On pense parfois en une rencontre réussie entre Tarwater et The Notwist. Le magistral Ubik s'inscrit immédiatement dans la mémoire sans qu'on comprenne réellement pourquoi. Les mélodies presque indolentes ont l'air tellement simples... mais si subtiles, comme sur la déclaration New York ou la sublime clôture The Golden Hour. Le joli Gone n'est pas en reste même si la voix d'Eluerd est absente, avec ce chassé croisé entre claviers et pianos sautillants. All Those Who Just Couldn't Make It est sans doute le morceau le plus travaillé, là où la triste et introspective poésie d'Eluerd fait place à une brume synthétique voilée.

 

The Prayer Tree est un album qu'on n'attendait pas, encore moins sur une écurie référence comme Hymen. La surprise est d'autant plus grande quand la qualité est là. Même si Chassagnard et Baillet ont de beaux jours devant eux individuellement et au sein de projets différents, on aimerait bien qu'un label tel qu'Hymen accompagne la reformation d'Ab Ovo.

http://www.hymen-records.com/all/hymen-y782-x3.jpg

par Ed Loxapac

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 13:18

Date : 12 avril 2010

Lieu : le 104 (Paris)

 

En pénétrant dans le superbe complexe culturel du 104 rue d'Aubervilliers, on est aisément stupéfait par la beauté du lieu. Un tel site en plein coeur du populaire XIXe arrondissement relève du pari risqué. Malgré l'indéniable esthétisme de l'architecture, on ne peut s'empêcher de constater une grande froideur et une criante sous-exploitation. Le récent remaniement au sein de la direction n'a pas encore ramené la populace arty tant prisée par la Mairie de Paris. Les problèmes d'organisation ne sont pas résolus non plus. L'idée de proposer une soirée gratuite dotée d'un tel plateau est à saluer, mais pourquoi donc n'allouer à celle-ci qu'une salle pouvant accueillir un peu plus de 200 personnes assises. Virer les strapontins ne fut qu'une peau de chagrin. Beaucoup de gens ne pourront pénétrer dans la salle que pour la prestation du dispensable Kode 9.

 

Fermons la parenthèse et revenons à ce pourquoi nous sommes là. Assister aux prestations de deux jeunes et beaux garçons dans le vent : le vrillé, génial et communicatif Tim Exile et le bellâtre Jon Hopkins, nouveau chantre d'une electronica accessible mais de qualité.

Ancien comparse de Mike Paradinas au sein du label Planet Mu, Tim Exile (Shaw de son vrai nom) a récemment rejoint Warp, écurie pointue mais ouverte de Sheffield qui a révélé en une époque bénie des dieux Chris Clark, Aphex Twin, Boards Of Canada ou encore Autechre.

Il déboule sur la scène tout de rouge vêtu avec visiblement une réelle joie d'être là. Les interactions avec le public sont nombreuses, Shaw ne se privant jamais d'une private joke en réglant ses machines. Le public apportera, à plusieurs reprises et avec une justesse relative, sa contribution vocale à la banque de sons déjà pléthorique de Sir Exile.

Passé maître en matière de sampling, le Britannique est aussi un des artistes qui utilisent le mieux les machines Native instruments. Bidouilleur hors pair, il ouvre les hostilités en triturant un track IDM, à la limite de la drum'n bass et du breakcore. Par bonheur, il s'abstiendra d'étaler son mauvais goût assumé pour un immonde gabber. Venu accompagné d'un saxophoniste hirsute, il se lancera dans des expérimentations presque improvisées aux résultats relatifs mais dont l'indéniable spontanéité efface tous les maigres accrocs. Tim démontre aussi tout au long du set qu'il est un beatmaker hip-hop talentueux et dans l'air du temps (il signe ses productions affublé du simple pseudonyme Exile). Une seule question demeure. pourquoi s'évertue-t-il encore à chanter tel un crooner potache ? Comme sur Family Galaxy, épicentre pour certains de son récent Listening Tree, l'Anglais pousse la chansonnette et efface ainsi tout son implacable sens du rythme. Dommage, mais le bougre se fait plaisir et c'est tout ce qui compte. Capable du meilleur et parfois du douteux, Tim Exile aura ce soir là réalisé une prestation de bonne facture et quittera la scène sous les acclamations d'un public pas forcément venu pour lui.

http://www.musicfromthepit.com/wp-content/gallery/027TimExile/Tim%20Exile%20Live%2003.jpg

Seulement quelques minutes plus tard, Jon Hopkins pénètre dans la place. La gent féminine (et masculine) salue rapidement la beauté froide et torturée de celui qui signa l'année dernière le magnifique Insides. J'avais personnellement trouvé sa courte prestation au Pukkelpop intéressante mais un brin scolaire. Son set va révéler un jeune homme au sommet de son art. Les textures sont polaires, les mélodies imprégnées d'une mélancolie et d'un romantisme rare. Le beat, scindé par le glitch et des oscillations analogiques maîtrisées, agit comme un véritable élément de contraste. Le caméraman chargé du visuel l'a bien compris, on est presque en pleine éclipse solaire.

Drapé dans la pénombre, l'Anglais enveloppe tout l'auditoire avec lui, bien aidé par l'excellente acoustique de la salle. Il déploie ses hymnes, Vessel et Insides en avant, et fait évoluer leurs mélodies à la manière d'un pur sang incontrôlable et cabré dès qu'il s'agit de maintenir les rennes.

Les mélodies sont en tension permanente, dotées d'une colère toujours contenue. On notera quelques réminiscences cold wave bien senties, à la Joy Division ou New Order. Certains titres évoluent même vers une techno racée, habités d'une énergie rock trempée de sueur.

Que dire d'autre si ce n'est que ce live fut exceptionnel. Ce qu'il y a de bien avec Jon Hopkins, c'est qu'il fait aimer l'electronica aux gens qui n'aiment pas ça à la base et peut ainsi, ouvrir des portes aux néophytes avides de compositions plus complexes et plus techniques.

Le seul reproche qu'on pourra faire à l'éphèbe est d'avoir aider Coldplay à réaliser certains morceaux. Et encore, c'est de la méchanceté facile. Massive Attack, Brian Eno ou encore Thom Yorke avaient il y a un bon moment déjà, salué l'immense potentiel du jeune Britannique.

http://farm3.static.flickr.com/2449/3993826037_a3f497080e.jpg

Ivres de bonheur, nous quitterons les lieux face à une file impressionnante de visiteurs légitimement frustrés de n'avoir pu assister à cette somptueuse soirée au demeurant. Le 104 est un lieu magique et mérite bien mieux que ce qu'il démontre encore aujourd'hui.

Ceux qui ont assisté à la soirée constateront que nous avons inséré des photos qui n'ont pas été prises hier. Celle de Tim Exile fut prise à Bruxelles en avril 2009 et celle de Jon Hopkins au Pluto Festival. Nous tenons à remercier avec vigueur Kmeron de nous avoir laisser les utiliser. Big up l'ami.

 

par Ed Loxapac

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 11:22

Sortie : 26 avril 2010

Label : Ware Records

Genre : House

Note : 7,5/10

 

Les remixs de Mathias Schaffhäuser sont des entités sonores indépendantes qui aiment jouer avec nos jambes. En effet, Mathias possède ce talent inné pour transformer n’importe quel morceau tech-house en bombe à fragmentation neuronale, et derrière la relative simplicité de chaque piste, se cache un univers prompt à l’égarement mental. Inutile de résister, le pouvoir hypnotique fait seul son travail et finit insidieusement par vous égarer dans une after désincarnée.

Il faut dire que Mathias Schaffhäuser n’est pas un arriviste, cet Allemand de Cologne est enraciné dans la culture techno depuis plus de 10 ans avec la direction du label Ware. Re:3 est son troisième album de remixs et si on prend la peine d’en parler c’est pour la simple et bonne raison que cette troisième fournée est excellente. Les amateurs de house à tendance minimaliste vont trouver ici de quoi abreuver avec classe leurs oreilles.

 

Le talent de remixeur de Mathias s’observe dans sa volonté farouche de transformer en finesse le morceau original afin de proposer des plages dépassant facilement les 8 minutes. Son travail consiste surtout à empiler progressivement les samples afin de capturer l’auditeur dans son univers. Ainsi, il se contente d'ajouter une fine pluie de sonorités acides au Pluracell de Henneberg & Stiller, et hop ! le morceau se transforme en labyrinthe mental.

Rien n’est à jeter dans ce brillant ensemble de 9 remixs même si certains morceaux sortent leur épingle du jeu comme The Awakening de Gunne dont l’énorme bassline transforme l’exercice en house druggy à souhait. Et pendant que le Deine Therapie de Breger se mue progressivement en tuerie tech-house vicieuse par le biais d’une simple nappe, le Yoji de Nooncat vous garanti de planer à 10.000 m grâce à son atmosphère à la Music For Airports de Brian Eno passée à la moulinette binaire.

La tech-house de Mathias n’est pas là pour ravager un dancefloor par la violence. Il faut dire que le bonhomme semble cultiver un respect pour la house de puriste tant les morceaux sonnent comme un hommage. Ici, tout est question de sérénité, d’esprit cristallin et d’envie de maintenir la pression par la douceur. Il en résulte une musique pouvant autant s’écouter chez soi qu’en club.

 

Ce Re:3 risque fort de truster durablement mes platines. Le travail de Mathias Schaffhäuser est exemplaire et démontre qu’un simple album de remixs peut prendre l’apparence d’une odyssée tech-house catapultant l’auditeur dans les méandres d’une after dont il risque de ne jamais vouloir sortir.

 

http://www.laut.de/bilder/lautstark/artikel/cdreview/24594/cover.jpg

par B2B

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 11:21

Sortie : avril 2010

Label : Petite&jolie

 

Amateurs d'électronica enjouée et mélodieuse, bienvenue dans l'univers de Kaneel ! Un Rouennais qui produit depuis 2001 et distribue via différents labels et surtout netlabels une musique douce pour les oreilles et réconfortante pour le coeur. Son nouveau long format (téléchargeable chez Petite&jolie) ne déroge pas à la règle malgré un titre pas forcément engageant.

 

En une petite heure et dix titres, le Français développe ses comptines électroniques où les nombreux carillons donnent un air de rêverie légère. Un univers de l'ordre du merveilleux avec des sons qui se superposent sans se bousculer. Sur Douce Tendre Haine, les nappes et la discrète batterie se marient pour créer une enveloppe confortable dans laquelle l'esprit peut vaquer paisiblement. Le tempo se complexifie sur la fin sans dénaturer le ton du morceau. Les constructions sont patientes et, malgré la simplicité d'apparence, les pistes laissent transparaître au fil des minutes une certaine richesse. Il faut guetter dans les recoins, se laisser porter et surprendre par les évolutions. Ainsi avec Et Si Demain, la montée est progressive et les éléments viennent prendre place chacun leur tour afin d'offrir une véritable histoire au long des dix minutes.

Au milieu de ces douces envolées il y a toutefois ce Avant de te Perdre qui part dans une IDM presque violente. Les rythmiques attaquent la mélodie par des soubresauts nerveux, démontrant une autre facette intéressante de l'artiste. Une émotion de plus qui vient s'ajouter à toutes celles déjà ressenties. Kaneel tente en effet de faire vibrer l'auditeur en évitant habilement la mélancolie pour proposer une atmosphère de bonheur contenu, où les larmes sont de joie et les sourires teintés de beaux souvenirs.

 

Le Rouennais démontre toute son habileté de producteur avec ce disque homogène d'électronica non dénuée d'une langueur romantique.

 

http://www.petitejolie.com/splashes/knlalb/covers/pj009_-_kaneel_-_Here_is_a_heart_so_you_can_remember_how_much_I_hate_you_-_frontCover500px.jpg

par Tahiti Raph

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 11:03

Sortie : 6 avril 2010

Label : Kill The DJ

Genre : Electro-pop déviante, house

Note : 7/10

 

Chloé mène une carrière irréprochable depuis ses débuts au Pulp à l’aune des années 2000. Elle aura fait partie de cet équipage (aux côtés de Jennifer Cardini entre autres) incontournable ayant su insuffler à la nuit parisienne cet esprit déviant qui lui manquait (et qui lui manque à nouveau aujourd’hui). En empruntant la voix de Kill The DJ, Chloé Thévenin s’est doucettement dirigé vers un univers sombre. Son premier album, The Waiting Room, avait permis de souligner l’ambition mesurée de Chloé par le biais d’une noirceur électronique maîtrisée. Mais ce qui reste dans l’esprit des danseurs, c’est cette propension que possède la DJ lors de ses sets à les amener aux confins d’une techno minimal trébuchante.

 

Finalement, qu’attendre de One In Other, si ce n’est une nouvelle parenthèse crépusculaire ? A l’écoute de ce second opus, on est saisit par l’obscurité de l’ensemble. Un pas est franchi dans le rétrécissement des couleurs. Désormais, seul le noir a droit de citer. Chloé semble nous questionner : une fois les excès passés, que reste-t-il à part danser, yeux dans les yeux, pour sonder l’âme du voisin ? One In Other n’est pourtant pas un album de techno et fait davantage figure de proposition électronique personnelle. Oubliez le beat répétitif, il va falloir faire face à vos démons, seul. Tout n’est qu’une question d’approche lancinante de la musique. Mais attention, One In Other n’est en rien un album dépressif. La noirceur proposée par Chloé apparaît davantage comme un constat d’époque que comme une volonté de se mettre à nue.

Dès l’ouverture, Word Of Word imprime une lente montée caverneuse, portée par des sonorités liquides, huileuses, qui vous collent aux doigts. Une fois la capture auditive effectuée, Diva s’occupe, en 9 minutes tremblantes, de vous égarer dans un labyrinthe fantomatique avant de vous lâcher la main pour une descente abyssale. Pourtant, jamais Chloé ne se fait offensive et quand elle pose sa voix sur One In Other ou You, c’est pour mieux chuchoter. On est donc presque surpris d’entendre quelques notes de guitares paisibles sur Ways Ahead qui clôture l’album. Et pourtant les influences de madame ne sont pas à chercher du côté de l’électro actuelle mais plutôt du côté du Velvet Underground ou de Joy Division. Indéniablement, la patte de l’école Kill The DJ transparaît. On devine l’ombre d’un Krikor malin derrière tout ça, le bruit sourd d’une batterie de Battant, l’empreinte diffuse d’un Ivan Smagghe.

 

One In Other est un album qui se dévoile lentement, méritant une escale sur la longueur. Sans être hermétique, on peut cependant rester de marbre face à cette proposition pouvant paraître trop personnelle et donc difficilement appropriable. En livrant un album d’une rare noirceur, Chloé délivre une sorte d’illustration sonore des errances littéraire de La Famille Royale de William T. Vollmann. On n’en ressort pas indemne mais on sent que ce voyage était nécessaire.

 

http://www.killthedj.com/images/chloe/cover-chloe-web-big.jpg

par B2B

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 16:22

Sortie : avril 2010

Label : Breathe compilations

Genre : Jazz - ambient

Note : 7

 

Breathe compilations nous a habitué à des albums d'ambient éthéré à la qualité irréprochable. La qualité est encore au rendez-vous avec leur dernière livraison (disponible comme d'habitude en libre téléchargement), le netlabel mexicain ayant le bon goût de faire varier, légèrement, le style. Le Polonais K. Polaczenco nous entraîne sous son pseudo Horiso dans des contrées crépusculaires ou les teintes électroniques croisent le jazz au sein d'un univers expérimental inspiré. De quoi rappeler fortement l'esprit de la rencontre Erik Truffaz-Murcof...

 

Ce disque est une histoire de paysages sonores. Il y a ces nappes et ces rythmiques qui plantent le décor. Elles créent des déserts, des collines ou des ruisseaux. Des espaces souvent immenses et peu traversés. Le mouvement est en effet rare avec ces sonorités planantes qui déambulent étourdies. L'expérimentation atteint son paroxysme sur Serpents où les bruissements électroniques semblent reposer sur un fonctionnement chaotique. Un des rares passages purement synthétique.

La plupart du temps, le sens de la marche est donné par les instruments conviés dans ces écrins minimalistes. Piano, guitare et surtout la trompette viennent orienter le randonneur dans ces pistes alambiquées. Les touches organiques apportent aussi un esprit jazz, bien que la délicatesse de ces interventions ne bouscule pas le reste. Sur Winter Walk par exemple, les notes de piano sont retenues, la trompette souvent fantomatique. Les textures sont extrêmement soignées pour ne pas rompre le minutieux équilibre. Un sens de la mesure qui rappelle la musique feutrée d'Arve Henriksen.

Horiso fait rarement s'emballer la machine. Toutefois, sur le début de Catherine, une batterie prise un temps de convulsion vient interpeller l'oreille avant de redonner la main aux autres instruments. La guitare électrique prend alors une dimension plus grande avec sa saturation qui vous envahit par vague. Une énergie aussi de passage sur Wandere, titre venu secouer l'ouverture plus classiquement jazz que constitue Morning.

 

Walks est un album à la magnificence fragile. Il ne vous atteindra que lorsque vous serez prêt à le recevoir. Quand, apaisé, votre esprit s'ouvrira au voyage qu'il vous offre. Vous ne pourrez alors que succomber...

 

http://breathe-comp.com/wp-content/uploads/2009/02/a_cover_horiso_600.jpg

par Tahiti Raph

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