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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 10:31

Sortie : 30 août 2010

Label : Ostgut Ton

Genre : Techno expérimental

Note : 8/10

 

L'art minimaliste est un mouvement américain d'art contemporain né dans les années 60. D'emblée, sa posture anti-pop-art s'est imposée.

Ce parallèle avec l'art est peut-être la clé permettant de mieux cerner l'album de l'Allemand Rene Pawlowitz, aka Shed (mais aussi Wax ou Equalized). The Traveller est déroutant par son parti pris résolument minimaliste, non pas au sens musical du terme (on est loin d'une techno minimaliste classique) mais davantage au sens premier. Les 14 pièces proposées peuvent de prime abord ressembler à une ébauche d'album et il est facile de passer complètement à côté. Mais pour peu qu'on s'en donne les moyens, The Traveller se révèle être un album de plus en plus passionnant, si ce n'est prépondérant. On apprend lentement à remplir ses blancs ou à laisser ses silences s'étaler pour mieux moduler sa lente emprise sur notre cerveau.

The Traveller est une base et non une fin. Shed n'est pas dupe en signant sur le label référence Ostgut Ton. Il y a quelque chose de berghainien derrière son travail. On y retrouve cet esprit industriel, ce mélange des genres, ce refus de la mélodie, cette noirceur confortable. Ostgut Ton est le label techno synthétisant au mieux 2010.

Résultat, Shed économise ses moyens pour mieux nous obliger à écouter avec attention. The Bot est un lego en construction, un dub prenant lentement forme. L'exercice est déroutant mais fascinant. Atmo - Action est un vibrant dubstep égaré pendant que My R-Class est un hommage mental à la techno de Detroit. Hello Bleep! est une relecture du mythique Plastique de Plastikman, Shed y garde ce même esprit 90's, ce savant dosage entre rythmiques épileptiques et nappes ambients old-school.

The Traveller est un album court, les pistes excédant rarement les 4 minutes, mais se refermant lentement sur vous. Son austérité première ne doit pas vous rebuter car The Traveller se découvre avec le temps. Shed livre ici un travail fascinant, une approche expérimentale de la techno d'aujourd'hui, mais qui risque malheureusement de passer inaperçu et c'est fort dommage.

 

http://2.bp.blogspot.com/_iY28eFWQM_Q/TEBJg5f4PBI/AAAAAAAAAnc/tmegenu1j3c/s1600/Shed.jpg

par B2B

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 18:03

Sortie : août 2010

Label : Musicforheads

 

Le producteur Simon Williamson, plus connu sous le nom de Ghost, est une figure estimée de la scène hip-hop électronique anglaise. Le bonhomme a commencé à sortir des maxis en 2003, il s’est rapproché de la famille Ninja Tune, et a étoffé peu à peu sa discographie. Sur son premier album, Seldom Seen Often Heard, différents MC’s posaient leur rap sur la plupart des morceaux, tandis que Ghost s’attribuait la construction des beats. En 2009 est sorti Freedom Of Thought, son excellent et plus que recommandé deuxième LP, qui trace une filiation directe avec le grand DJ Shadow. C’est au tour du troisième, Postcards From The Edge, de voir le jour aujourd’hui, un disque qui tranche fortement avec ses prédécesseurs.

 

Williamson a apparemment subi de plein fouet la vague cosmique et "wonky" actuelle - celle qui déclenche des rayons aveuglants de synthés et qui fait boiter les beats. Sur Postcards From The Edge, le bougre apparaît ainsi bien plus proche de Shlohmo que de Shadow. On ressent également de notables influences dubstep, qui contrastent avec le hip-hop instrumental un peu old-school et teinté d’électronica auquel il nous avait habitué. Quelle déception que ce criard Neon City, que le redondant Postcard From The Edge ou le trop grime No more Remix.

L’album évoluant, Ghost se fait un peu plus rassurant, et réaffirme sa maîtrise à ceux qui l’auraient oubliée. Il dérive ainsi vers un abstract hip-hop mousseux et lunaire, dont les beats se frottent à de nombreuses de sonorités électroniques. Vous l’aurez compris, les synthétiseurs occupent une place prépondérante dans ce nouvel essai, et se font tantôt gentiment astraux, tantôts franchement vulgaires. Les trois morceaux qui observent la présence d’un rappeur n’ont rien de très concluants, et si la plupart des titres se ressentent comme plutôt bien foutus et agréables, Postcards From The Edge s’écoute sans surprises et sans attention aiguë.

 

Difficile de ne pas se trouver sincèrement désenchanté face à cet opus bien plus impersonnel que les précédents. Les fans de Guido, Baths ou Shlohmo pourraient cependant y trouver leur compte. Aux autres, on conseillera surtout de se rabattre sur le brillant Freedom Of Thought.

 

par Manolito

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 15:34

Sortie : août 2010

Label : n5md

Genre : Rock éthéré revisité

Note : 6

 

Nous connaissions les albums remixés, voici maintenant les discographies revisitées. Le concept nous vient des Etats-Unis, où Mike Cadoo a accepté de confier à une brochette d'artiste les cinq albums de son projet Bitcrush pour donner vie à de nouvelles versions. Le côté cathartique n'a pas disparu... il fait d'ailleurs le lien entre les époques et les producteurs qui ont surtout, selon l'auteur original, suivi l'esprit du dernier disque en date, Of Embers.

 

De 2004 à 2010, l'Américain a composé des morceaux mélangeant les influences rock, post-rock ou plus planantes utilisant selon les envies instruments et machines. A l'heure de les réinterpréter, les remixeurs ne se sont pas trop éloignés des paysages de départ. Entre post-rock (An Island A Penninsula (Swan(s) Lake mix par Vanessa Van Basten)), ambient (Every Sunday par Winterlight), dub (Bitcrush In Dub par Stripmall Architecture) ou abstract hip-hop (Untilted par Worm Is Green), l'univers froid et adapté aux grands espaces de Mike Cadoo est respecté, malgré ces styles divers qui n'ont jamais semblé aussi proches. Les fans de Sigur Ros ne seront pas déçus, avec cette même absence de frontière entre électronique et organique que chez les Islandais. A la différence tout de même que les titres sont plutôt instrumentaux, seules quelques voix faisant des apparitions fantomatiques par moment, sur Every Sunday ou Waiting For Something par exemple.

Chaque producteur prend tout son temps pour planer au-dessus de contrées sauvages, où la nature est prise au piège par les glaces. Le survol des lacs, à distance des montagnes, laisse un sentiment de liberté absolue. Les nappes caressent les tympans et aucun instrument ne semble vouloir déranger l'auditeur qui peut se laisser bercer, imaginant son propre voyage. Colder, revu par Funkarma, est plus sombre, comme si un danger surgissait dans ce rêve qui semblait solitaire. Là encore, les sonorités synthétiques côtoient sans difficulté des cordes fragiles dans une veine plus électronica. La relecture de Waiting For Something par Jatun annonce quant à elle un regain de puissance avec des guitares saturées enveloppantes. Mais c'est le The Days We Spent Within de Near The Parenthesis, également post-rock, qui apportera la meilleure balance entre l'énergie des lourds accords et la douceur du glockenspiel. Il est aisé de se laisser porter entre ces fines variations qui sont de nouvelles couleurs à un même environnement, comme des saisons qui se succèdent en quelques minutes, changeant notre rapport au temps.

 

Ces remixs offrent une belle occasion en cet été de s'échapper en fermant les yeux pour ceux qui sont restés à la ville et de donner une bande-son tranquille pour ceux qui sont en vacances... C'est également et surtout une bonne manière de prolonger l'expérience Bitcrush.

 

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par Tahiti Raph

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 11:59

Huit ans. Il aura fallu huit ans à Rock En Seine pour enfin s’imposer comme étant LE festival rock français. L’édition 2010 aura été celle de la réussite tant au niveau de l’affluence avec 35.000 personnes par jour pour un festival sold-out, que de la musique avec une quantité de bons concerts.

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Vendredi 27 août

Il est à peine 16h et le site du parc de St Cloud est déjà bien garni. Les Américains de Band Of Horses ouvrent le bal avec leur rock conçu pour faire pleurer les fans de Dawson. La voix du chanteur y joue pour beaucoup et le temps de quelques singles on arrive à y croire. Pour le reste, il faut se rendre à l’évidence : Band Of Horses est un groupe chiant.

Rapide passage à Kele. Le chanteur de Bloc Party s’époumone au son d’une électro tapageuse trop fade pour mériter plus de 5 min de mon attention. De toute façon, la foule se masse devant Foals. Une fois de plus, je ne retrouve pas ce qui faisait la force du groupe en live il y a quelques années, une approche davantage instrumentale et ludique. Les Foals d’aujourd’hui ne sont rien d’autre qu’un énième groupe de pop-rock formaté où chaque titre semble être la redite du précédent. Quelques gouttes de pluie arriveront cependant à égayer ce concert bien trop convenu.

J’évite Skunk Ananzie pour mieux me préparer à recevoir le hip-hop enfumé de Cypress Hill. Les basses surpuissantes n’y feront rien, les angelinos se font vieux et semblent accuser le coup. On est loin du récent concert de La Cigale. Cypress se contente d’enchaîner maladroitement les singles. On sent que le groupe est là pour toucher son cachet. Alors oui, le show est là, une large partie du public reprend les tubes en cœur, mais ça ne suffira pas à combler mes attentes.

De toute façon, la concurrence va être écrasée quelques minutes plus tard par des Black Rebel Motorcycle Club impressionnants de maîtrise. Un rock sombre et crasseux, un lightshow sublime, une heure sans répit pour un concert absolument remarquable. La nuit étant tombé, il est temps de passer à l’électro… pour le grand malheur de mes oreilles. Entre un Deadmau5 affligeant de médiocrité et un Underworld consternant de nullité, on a l’impression que l’électro s’est arrêté en 1992. Triste fin de soirée...

 

Samedi 28 août

Passage devant Stereophonics. Soyons lucide, c’est sympathique le temps de quelques morceaux, ça ravive les souvenirs de jeunesse, mais c’est tellement aseptisé qu’il faut mieux fuir pour ne pas s’endormir. Le temps d’un flipper et Two Door Cinema Club attaque, la voix du chanteur et les compos niaises du groupes me forcent à rester au bar. Ce n’est pas grave, l’enchaînement de bons concerts se prépare. Alors que la foule attend Jonsi, le chanteur de Sigur Ros, on nous annonce que le matériel du groupe n’est pas là et que l’on devra se contenter d’un concert acoustique. Quelle frustration ! Je persiste quelques minutes devant la scène mais préfère m’éclipser tant les morceaux manquent d’envergure.

De toute façon, la bande à Josh Homme débarquent sur la grande scène, tourne le bouton du volume à fond et balance immédiatement un stoner à faire trembler les immeubles d’en face. Queens Of The Stone Age délivre un concert carré et puissant devant une foule complètement acquise à leur cause. Une fois de plus, la lumière est venue d’un bon concert de rock couillu. Mais il est temps de migrer vers LCD Soundsystem. Le père Murphy est toujours aussi bougon et la musique du groupe se prête difficilement aux espaces ouverts, il n’en demeure pas moins que ça groove sec et que les corps se déhanchent allègrement sur les tubes électro-rock du groupe.

Nouvelle migration collective afin de prendre sa dose de messages politiques délivrés par des Massive Attack toujours autant en phase avec leur époque. Malgré un début de concert un poil trop poussif et l’impression de voir le même live depuis 6 ans, la deuxième partie du show va réveiller définitivement mes oreilles. Massive Attack reste un putain de groupe live, une machine imparable te transportant très loin. Après ça, il est inconcevable d’assister au bal populaire donné par les 2manydj’s.

 

Dimanche 29 août

Ce qui est agréable à Rock En Seine, c’est que son public est adulte et sait se gérer. Nous en sommes au troisième jour des festivités et on croise quasiment aucun déchet pré-pubère. La foule est respectueuse, sait apprécier les concerts tout en donnant de la voix. Année après année, le public se bonifie.

Les Black Angels propagent un rock psyché toujours aussi drogué mais à 16h, pas facile de rentrer dedans. Autant se rendre à Eels. E. et sa barbe déboulent nonchalamment sur scène pour délivrer un concert pour le moins surprenant. Ce sera très oldies rock et fichtrement entraînant, le public ne s’y trompe pas et tape du pied pendant 45 minutes. Beirut enchaîne sur la grande scène mais le garçon, toujours aussi timide, semble avoir du mal à faire face à un aussi gros public. De toute façon, Beirut ne peut s’apprécier que dans une petite salle. Les ritournelles mélancoliques ont ici du mal à me toucher, dommage.

Un rapide passage à Wave Machines, je tape faiblement du pied pendant quelques minutes devant ce pop-rock inoffensif mais pas désagréable, avant de me rendre religieusement à Roxy Music. Bien que n’étant pas un grand fan du groupe, j’ai envie de voir à quoi ressemble aujourd’hui Bryan Ferry. Le son est dégueulasse, le concert un peu chiant, les cuivres trop présents, les solos sans intérêts et pourtant, paradoxalement, force est de reconnaître que ça sonne bien. Bryan Ferry joue le jeu devant un public calme qui semble être venu prendre sa dose de légende.

Mais il est temps de se rendre à la grande messe délivrée par Arcade Fire. Les Canadiens déboulent sur un Ready To Start enflammant directement les 30.000 personnes massées devant la grande scène. Les 30 premières minutes du concert sont fabuleuses d’énergie communicative, le public chante à s’en déchirer les cordes vocales. S’en suit un long passage à vide avant que la pluie ne vienne s’immiscer. Alors que la sauce reprend, que le public commence à exulter, ce sont désormais des trombes d’eau qui nous tombent sur la tronche. Le concert s’arrête et le public rejoint la sortie. Le groupe revient finalement pour un Wake Up d’anthologie repris en cœur par un public n’ayant plus rien à perdre. Quelle clôture de festival !

 

L’édition 2010 de Rock En Seine aura été un succès sur toute la ligne : un public présent et dans le coup, aucune annulation, un site parfaitement adapté. Malgré un temps d’automne, ces 3 jours auront bouclé en beauté l’été.

par B2B

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 17:38

Sortie : mai 2010

Label : Neo Sonnix Production

 

Derrière le projet Haxis se tapit le Français Sylvain Bigot, originaire de Tours, et entouré des bassiste et guitariste Alexandre Bernard et Patrick Loiseau. Après un maxi sorti en 2008, Haxis délivre un premier album sur le jeune label Neo Sonnix Production. Après une sortie digitale il y a presque un an, Glimmer émerge physiquement en mai dernier, et il n’est sûrement pas trop tard pour s’y attarder.

 

Au premier abord, le chroniqueur peut se trouver à cour de palabre face à cet objet délibérément inclassable. Réfractaire, Glimmer ne se laissera pas attribuer de vides étiquettes. Toujours est-il qu’il y a beaucoup à en dire. Haxis tisse comme toile de fond un univers tourmenté, où l’angoisse et la fièvre règnent en despotes, et soumet l’auditeur à des impressions de drame imminent. Sensations délivrées notamment par les nappes inquiétantes qui peuplent l’ensemble de l’album. Une dimension ambient s’avère ainsi très présente sur Glimmer, dont la part de noirceur n’est assurément pas pour me déplaire. Mais, chose hallucinante, Haxis se prend parfois à inoculer à ses pistes des seringues de techno acide, qui semblent vous faire remonter à l’époque illusoire où la transe jouissait d’une bonne réputation. Un quart du disque très exactement, soit trois titres sur douze, déploient donc des kicks précipités, bons à vous donner le tournis, et totalement indigestes. Après la première écoute de The City, Bad Girls et Voice (les pistes 3, 4 et 5), on a honnêtement peur de poursuivre l’album. Fort heureusement la suite verse dans de l’électro bien plus calme, dense et feutrée, qui prolonge l’aspect deep et troublant, même si des pointes de techno, plus subtiles, continuent de s’échapper.

 

Inspiré par le cinéma de David Lynch et John Carpenter, Haxis fait référence à ce dernier sur Director, et ces influences se ressentent dans les ambiances dramatiques, dépeintes avec emphase. La présence d’une basse et d’une guitare donne des allures de rock expérimental et futuriste à certains morceaux (From Earth, From Mars), et leur utilisation rappelle parfois le dernier et superbe album de Trentemoller (ici), notamment sur l’excellent Energie. Longue de 8 minutes, cette pièce de techno racée mêle des cordes mélancoliques et des nappes éthérées à de puissants kicks, et se dote d’une progression ébouriffante. A l’exception des trois indésirables (mais peut-on vraiment en faire abstraction ?), Glimmer à tout d’un album profond, mélodique et quelque peu hors du temps.  Des titres comme Prelude, Director, Hymn, From Earth, From Mars s’avèrent eux, plus que convaincants.

 

Le sieur Haxis propose un album à cent lieues de l’électronique actuelle. Difficilement étiquetable, Glimmer décrit un milieu riche et ténébreux, et possède une identité prégnante qui, malgré d'étonnantes fautes de goûts, en font un objet rudement intéressant. Qui souhaite fuir le temps présent et se perdre dans les limbes peut se laisser sombrer.

 

par Manolito

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 12:53

Sortie : 8 août 2010

Label : n5md

Genre : IDM

Note : 8/10

 

Richard Bailey, ou Proem, a su se faire discret depuis le début des années 2000. Il n'en est pas moins un des concepteurs d'IDM les plus talentueux de sa génération. Chacune de ses sorties est attendue avec excitation et appréhension positive. Il a sévi sur des crémeries prestigieuses, Merck et n5md principalement. On retiendra plus particulièrement Socially Inept et A Permanent Solution, même si son très dark ambient Till There's No Breath (ici) de l'an dernier nous glace encore le sang aujourd'hui.

 

Enough Conflict est un album se situant entre ombre et lumière, où des sentiments ambivalents se mêlent et s'entrecroisent pour probablement mettre en exergue les démons et les chimères cérébrales de son auteur. Les trames ambient lugubres et obsédantes n'ont pas été abandonnées, elles sont ici agrémentées de glitchy beats et de rythmiques complexes, d'où se dégagent les superbement sombres Deep Sleeping Birds et guns.knives.lemon. Le paroxysme de la bipolarité est sans doute atteint sur le brillamment vrillé She Never Cries, où après avoir plongé dans des eaux frelatées et radio-actives, le beat s'électrise, syncope et mute pour laisser progressivement la place à des synthétiseurs solaires et salvateurs. Probablement l'oeuvre la plus dense et la plus profonde de l'opus. Il n'y a donc pas que dans l'obscurité que Proem touche au sublime. Le temps d'un Kalimba Jam lumineux et luxuriant , Bailey laisse même la rythmique en jachère pour lâcher des drones et des field recordings de toute beauté. Rien de mieux pour lancer le superbe Enough Conflict, où la texture digitale rencontre des percussions aux sonorités presque naturelles. C'est quand il explore des chemins plus paisibles, tendant vers l'électronica, qu'il convainc un peu moins. Fall Forward et Seafaring Velvet Waltz sont certes très beaux mais parfois un peu trop sirupeux pour être pleinement retenus au grand oral. Avec sa batterie martiale glorieusement mise en avant, ses rythmes cristallins, ses voix susurrées au second plan, Skulls m'apparaît beaucoup plus intéressant. Tout comme des travaux intemporels comme Back To Fail, jiittirrrrriii, A Short Before You Go ou le Untitled de fermeture, qui font de Enough Conflict un album magnifique et varié.

 

Proem prouve une nouvelle fois qu'on ne signe pas chez n5md sans riches émotions à transmettre. Non content de réaliser ici son plus beau disque depuis longtemps, il se place parmi ceux qui figureront à coup sûr, au panthéon 2010 des albums d'IDM les plus réussis.

 

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par Ed Loxapac

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 11:13

Sortie : août 2010

Label : Circle Into Square

Genre : Rap

Note : 5

 

L'année 2010 a été particulière pour Sole. Après deux ans d'exil en Espagne, il est retourné vivre aux Etats-Unis et a quitté le label qu'il avait créé 11 ans plus tôt, Anticon, pour revenir à un travail plus solitaire et "fait à la maison". A la suite de cette surprise pour cet artiste majeur du label, le MC et producteur a sorti un premier album solo, Nuclear Winter Vol. 1, qui ressemblait plus à une mixtape un peu bordélique, qui interloquait aussi par son message anarchiste très critique vis-à-vis des politiques US. Dorénavant posé à Denver "avec sa femme et son chien", comme il l'écrit sur son site, il diffuse gratuitement (via Circle Into Square) des remixs issus de concours sur Internet de ce premier disque. 14 titres étrangement plus cohérents que les originaux.

 

Sole avait dérouté, notamment en posant sur l'instru de Technology de Timbaland sur lequel apparaissait toujours la voix de Justin Timberlake. La relecture d'Edison, en compagnie de Ceschi Ramos (dont le très bon disque est chroniqué ici), apporte une première réponse aux dubitatifs et remet en lumière les textes coup de poing du MC barbu. Les productions sont plus cohérentes, évitant l'impression de gros fouillis que donnait Nuclear Winter Vol. 1. L'ensemble est donc de bon niveau, notamment le riche en basse Push It revu par Bit Tuner ou My President revisité par Fraud Fisk avec sa guitare folk séduisante.

Les remixeurs ont vraiment travaillé leurs sons pour qu'ils correspondent au personnage et à l'atmosphère qui règne dans ses textes. Ainsi Everyday I'm Hustling et Bigger Picture à la tonalité assez sombre qui plantent bien le décor post-nucléaire.

Quelques passages sont plus inégaux avec des titres vraiment réussis, Swagger Like Us d'Ulle Kamelle et son refrain catchy, et d'autres plus faibles, comme cette version de Juicy par White Mountain dont les nappes sont assez insipides. Et pour ceux qui se poseraient encore des questions, le MC y répond sur l'outro dans laquelle il met les choses au clair sur sa vision de la politique...

 

Ce disque n'est pas encore au niveau de ses publications passées, mais il fait déjà espérer des lendemains meilleurs pour l'avenir de Sole.

 

http://s3.amazonaws.com/releases.circleintosquare.com/274/images/cover_market-large.jpg

par Tahiti Raph

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 13:14

Sortie : 24 août 2010

Label : Western Vinyl

Genre : Neo Classical, Piano

Note : 8/10

 

Goldmund n'est autre que Keith Kenniff, que les mélomanes de très bon goût connaissent mieux sous le pseudonyme d'Helios. Son projet Goldmund met en avant son immense talent de pianiste. Ses oeuvres furent publiées chez Type Records et Western Vinyl, deux labels qui ont pour vocation de présenter des artistes avant-gardistes, officiant dans l'électronique ou non. On se souvient plus particulièrement du sublime Two Point Discrimination. The Malady Of Elegance, le plus récent en date, minimaliste et intimiste, avait également réchauffé le coeur et l'âme de ceux qui l'écoutèrent.

 

Sur Famous Places, la passion que voue Kenniff à Erik Satie et à Claude Debussy n'a jamais été aussi palpable. En quinze petites histoires illustrant des lieux visités, Goldmund imbibe ses touches d'émotions subtiles pleines de volupté. Pour pas trop se faire chier quand même, il a jugé bon de les classer par ordre alphabétique. L'utilisation de l'électronique apparaît ici plus que désuète mais commenter un ouvrage de Kenniff étant toujours un plaisir sans failles, je n'ai pas pu m'en empêcher. L'enregistrement est limpide, trahissant un travail de studio colossal. Les effets de pédale et la gymnastique des touches sont si bien retranscrits que les échos prennent parfois l'apparence de drones et offrent des tonalités similaires aux field recordings. Ces "composants" s'élèvent beaucoup plus concrètement en aval, pour toucher leur apogée sur le superbe Saranac de fermeture. Famous Places fait donc office d'album le plus ouvert de sa discographie, de plus aérien, certains diront même qu'il y a quelque chose de très ambient. Même si les titres Alberta, Brown Creek, Cosnetoga, Edale et Pine View semblent avoir ma préférence, l'opus entier prend une fois de plus des allures d'oeuvre majeure.

 

Parce qu'il est plus utile de voir le jour se lever que d'écouter la Symphonie Pastorale et parce que, de tout temps, la beauté a été ressentie par les précieux dégoûtés comme une secrète insulte ; des artistes tels que Keith Kenniff existent pour nous offrir une alternative. Tout comme Sylvain Chauveau, il fait partie de ceux qui hissent les musiques néo-classiques et contemporaines à ce si haut niveau. Famous Places devrait plaire à ceux qui se retrouvent dans ce sillon, et pas seulement.

 

http://www.scdistribution.com/resources/wv77.jpg

par Ed Loxapac

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 15:03

Sortie : septembre 2010

Label : Galapagos4

Genre : Rap

Note : 7

 

Après l'énorme coup de poing dans l'estomac reçu l'an passé avec leur second album So Be It (chroniqué ici), c'est avec plaisir que nous voyons arriver un troisième chapitre à l'aventure menée par le MC Qwel et le producteur Maker, débutée en 2004. Les deux Chicagoans sont à nouveau réunis par Galapagos4 pour ce The Owl dont les textes, le flow et les instrus se marient toujours à merveille.

 

Les productions de Maker, absolument toutes irréprochables, semblent exactement taillées pour la voix, le débit et le récit de Qwel. Leurs esprits semblent fonctionner de la même manière, et le premier savoir parfaitement quel son choisir pour accompagner au mieux le second. Le MC, avec l'impressionnante quantité de textes qu'il a à poser, semble systématiquement lutter contre une certaine nonchalance pour accélérer la cadence. Il se dégage ainsi une urgence dans sa voix qui accroche l'auditeur et ne le relâche que pour les refrains. Pour accompagner ces récits, les atmosphères sont chaleureuses et riches : samples de chant soul sur The Game, guitare funky sur The Down Dumbing, claviers groovy, violons, basses rondelettes, etc. Maker ne se ménage pas, envoie des scratchs bien sentis, joue avec les instruments pour faire varier l'intensité au cours des titres, le tout avec une grande finesse ! Si la tonalité générale est plutôt énergique, le duo se permet un passage plus intime sur El Camino et Gin River avec des textes plus personnels. Les interludes et quelques intro, ainsi que le remix très aéré de Silvermoutain, apportent de courtes respirations à cet album très dense .

La référence est facile, mais leur rap sent le blues urbain, celui qui a bien frotté ses sneakers sur le bitume, loin des confortables moquettes des hôtels new-yorkais. La tension dans la voix de Qwel est comme un cri et l'intensité des titres une réponse à l'envie de prouver tout leur talent. Chaque morceau apparaît comme une évidence, un exemple de leur vécu loin des clichés et du bling-bling qu'offre trop souvent le rap grand public. Avec des titres comme Gambling Man ou Letting Life Pass, les deux Américains offrent ainsi des chroniques réalistes et poignantes dans lesquels leur complicité est encore parfaite.

 

Rarement un duo rappeur-beatmaker aura aussi bien fonctionné. Même s'il s'agit d'une autre époque, l'harmonie entre les deux hommes rappelle celle de Guru et DJ Premier avec Gangstarr. Qwel & Maker signent une nouvelle bombe qui démontre tout le talent que le rap indépendant américain peut receler.

 

http://www.galapagos4.com/images/news/G4CD0050_QwelandMaker_Owl_web.jpg

par Tahiti Raph

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 17:43

Sortie : 20 septembre 2010

Label : Ninja Tune

Genres : multiple

Note : 4

 

Matt Black, le boss de Ninja Tune, nous en avait parlé en juin dernier (interview ici), le label sort pour ses 20 ans une méga compilation de six CD, six 45 tours, un livre, des posters, etc. Et malgré le titre, 20 Years of Beats & Pieces, il s'agit de nouveaux morceaux ou de remixs exclusifs, un effort à saluer. Nous avons pu écouter quatre des six disques, une somme imposante et très variée... trop peut-être.

Plutôt que de se pencher sur son passé, Ninja Tune a voulu avec ce coffret évoquer le présent et le futur. Les morceaux choisis représentent donc quatre grandes tendances chères aujourd'hui au label : l'électronica qui a fait connaître les artistes "historiques" ; un mélange rap-ragga-grime – avec un Roots Manuva omniprésent – qui tire de plus en plus vers le dubstep et qui est généralement défendu par la sous-division Big Dada ; la nouvelle tendance folk-chanson annoncée par Bonobo et qui compte de nouveaux représentants comme Andreya Triana ; enfin ce qui pourrait constituer le futur d'une certaine branche de l'électronique avec de nouvelles signatures et les liens créés avec Brainfeeder et son chef : Flyng Lotus.

 

Première difficulté face à cette compilation, toutes ces tendances sont mélangées et les disques manquent très sérieusement de cohérence. Ceux qui n'ont pas une admiration sans limite pour l'ensemble de ce que propose Ninja Tune verront ainsi leur attention énormément varier au long de l'écoute. Le premier disque part avec le puissant Fools de Two Fingers qui vrombit dans vos oreilles. Le contraste est dur avec les morceaux de Roots Manuva et le Toddla T accompagné de Ms Dynamite qui suivent, le second étant particulièrement poussif. La suite prend un chemin IDM plus intéressant mais inégal, avec notamment un prenant The Forest de Zomby avant l’un peu mou Jen At The Station d'Offshore. Puis apparaît la première chanson avec une comptine électronique signée Emika et le défilé de genres continue en reprenant une voie plus rap (avec DELS et un pénible Big Dada Sound). Et puis, et puis...

Dérouté par tant de changements de directions, il est désormais clair qu'il faudra piocher, zapper dans chaque volume pour trouver satisfaction qui, dans mon cas, se situe tout particulièrement dans la branche "historique" électronica et dans les pistes tournées vers l'avenir. Alors ressortiront quelques merveilles comme ce remix par Flying Lotus de Lost Where I Belong d'Andreya Triana, le Lost & Found poignant d'Amon Tobin (aussi présent avec les excellents Eight Sum et Foley Versions repris par le Kronos Quartet) ou l'épique Endless Galaxy de Jaga Jazzist (dont le Toccata et magnifiquement remixé par Grasscut). Quelques artistes moins connus tirent aussi leur épingle du jeu, Dan Le Sac qui remixe Metropolis de PRDCTV ou l'edit mystique de Tunng du I Hear The Drummer de Quincy & Xen Cuts Allstars par exemple.

Il y a toutefois dans cette veine quelques passages un peu légers, comme le Catch A Fire de The Bug et Pickled Spider de Mr Scruff vs Kirsty Almeida qui sonnent un peu datés, voire désagréables pour le post-rock-electro de Cougar ou la house bien plate de Daedelus sur Trouble With A Capital D.

 

Du côté des titres rap-ragga-grime, tout n'est pas à jeter même si Jammer, King Cannibal ou Poirier revu par Mark Pritchard tapent un peu sur les nerfs et que la présence de Diplo fait tousser (Summer's Gonna Hurt You (Diplo 2010 remix)) ou vomir (Newsflash (Metronomy remix)). Il faudra s'arrêter sur le sombre Dub Styles de Roots Manuva remixé par Micachu (et éviter son Let The Spirit revu par Hot Chip), la relecture des étoiles plein les yeux de Volcano d'Antipop Consortium par Fourtet ou, au rayon dub, le Man In A Garage de Coldcut passé entre les mains de King Jammy avec un mélodica prêt à enflammer les sound systems. A noter la présence de remixs de Joker et de Benga démontrant l'intérêt de Ninja pour la scène dubstep, même si leur relecture de The Heavy et de Toddla T peuvent être assimilées à de la torture, la faute à des voix très irritantes. Avec Diplo, ils tuent ainsi l'entame du CD 2. Plus dans un esprit dubstep, la version d'El-B du This Is The Thing de Fink est nettement plus convaincante.

Reste la partie qui tire vers le folk à laquelle je n'arrive pas à adhérer. Si le premier album d'Andreya Triana qui sort en cette fin août ou le dernier Bonobo sont jolis à l'écoute, je ne trouve ni l'originalité ni la qualité qui ont fait la renommée du label anglais. Ces deux artistes et The Cinematic Orchestra ouvrent le CD 3 qui manque sérieusement de relief tombant dans une sensiblerie facile, malgré la touche de poésie offerte par Grasscut (leur premier et récent album est chroniqué ici). Avec Tomorrow, Jono McCleery propose quant à lui un passage folk plus inspiré, mais dont la présence dans un environnement électronique ne peut qu'interroger.

 

Concernant le contenu des autres CD et 45 tours, vous retrouverez une avalanche de remixs de Coldcut, Roots Manuva, Blockhead, DJ Food, etc. par des artistes aussi différents que Modeselektor, Cut Chemist, EL-P, Scuba ou Prefuse 73. Ils contiennent aussi des inédits de Kid Koala, The Qemists, DJ Vadim, Jaga Jazzist, Blockhead et bien d'autres. De quoi se gaver pendant au moins six mois.

Mais au final les auditeurs risquent de se perdre dans cette somme impressionnante, presque 150 morceaux (pour 115 euros), dont le manque de logique est embarrassant. Ninja Tune dessine un futur multiple où le meilleur côtoiera le pire, ou le profond fera jeu égal avec le plus léger. Nous n'avons pas fini de trier, les nouvelles signatures comme Eskmo, Emika, Shuttle ou Dark Sky brillant surtout par leur discrétion.

 

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Pour ceux qui préfèreront fêter ces 20 ans dans des salles de concert, cinq dates sont prévues à Paris le 10 (Bonobo, DJ Vadim, DJ Food, Scratch Bandits Crew, etc.) et le 17 septembre (Mr Scruff, Roots Manuva, Herbaliser en DJ set) à l'Elysée Montmartre, les 15 (Andreya Triana, Bonobo, Grasscut) et 17 septembre (The Cinematic Orchestra, Andreya Triana, etc.) au Centre Pompidou et surtout la grosse soirée à La Machine du Moulin Rouge le 1er octobre avec notamment Amon Tobin, Coldcut, Kid Koala, DJ Kentaro, Daedelus et bien d'autres dans les trois salles du lieu.

 

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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