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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 12:55

Sortie : septembre 2011

Label : Subtext

Genre : Drone, Industrial, Noise, Modern Classical

Note : 8,5/10

 

Les inconditionnels du dubstep costaud et du dancefloor connaissent mieux Roly Porter pour son appartenance au duo Vex'd. Fidéles à Planet Mu, Teasdale et Porter ont sorti l'année dernière un Cloud Seed (chronique ici) unanimement salué. De retour à Bristol pour sa maison Subtext, Roly Porter sort son premier album solo quelque temps après celui de Teasdale. Le sublime, hermétique et agoraphobe Demiurge de Emptyset (ici) avait déjà tracé le chemin, espérons que cet Aftertime concrétise tous les espoirs que nous plaçons dans ce label qui se cantonnait jusqu'ici à de sporadiques sorties de maxis.

 

Aftertime est la chronique d'une époque révolue. Celle des raves parties insouciantes et des espoirs placés dans une certaine scène industrielle. Ce chef d'oeuvre abstrait et lacéré semble d'ailleurs illustrer un lendemain de fête, où régnerait un sentiment décharné et de descente. Les cadavres alcooliques et les corps sourds jonchent un sol humide et souillé. Certes, il y a toujours dans ce genre de doom drone une impression consciente d'hibernation contemplative. Mais rares sont les non spécialistes à ne pas tomber dans l'écueil de la branlette. L'exercice est forcément difficile, car ce genre de musiques électroniques ne connaît pas de codes ou de conventions dans sa conception.

Roy Porter aime l'odeur du napalm au petit matin, surtout quand c'est pour en verser sur des plaines obsolètes. Qui ne se croira pas transféré en pleine jungle vietnamienne pendant Tleilax, où un ballet d'hélicoptères agressifs ordonnent à des troupes au sol de défourailler à la kalachdrum. Du feu renaissent les cendre et l'apaisement, comme sur le suivant Kaitain.

Aftertime est également la chronique d'une impression plus sournoise, plus terrifiante. Bienvenue en transit au purgatoire. Chacun attend la lourde sentence divine. L'heure n'est plus aux vaines justifications. L'ambivalence n'est pas ici utilisée comme un gimmick. Si les portes de l'enfer s'ouvrent et se ferment en oscillation, c'est surtout pour illustrer la bipolarité des spectres mais aussi la double issue de nos fins personnelles. Les crins, les compositions classiques modernes et les synthtones se jouent des atmosphères plombantes pour transmettre un soupçon d'humanité, de volupté et de ré-assurance au pénitent qui patiente (Corrin ou Caladan).

 

Intellectualiser ou expliquer l'art sonore abstrait relève de l'inutile, comme en témoigne Ix ou Rossak. Mais pour s'en saisir pleinement, le format mp3 n'est encore une fois pas le plus adapté. Cet album n'est pas fait pour somnoler au fond d'un disque dur. Il se doit d'être placé en évidence dans une disco physique. Le subwoofer le surveillera ainsi du coin de l'oeil, réclamant la lecture d'un Giedi Prime pour se rassasier et gémir enfin. Il y a incontestablement du Ben Frost dans la démarche de Roly Porter. Excusez du peu. Les aficionados de Tim Hecker, Xela ou Fennesz pourraient également trouver leur compte. En attendant ce qui viendra demain...

 

http://2.bp.blogspot.com/-2EhOrtvMgoM/Tn4nRK-59wI/AAAAAAAAFRc/04boUjykDw8/s1600/0001374793_350.jpg

par Ed Loxapac

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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:31

Sortie : 26 septembre 2011

Label : Kompakt

Genre : Electro-shoegaze atmosphérique

Note : 7/10

 

L’an dernier, le duo anglais Walls avait réussi à procurer son petit effet avec son premier album éponyme (chronique ici). On ne pensait cependant pas revoir Alessio Natalizia et Sam Willis si vite. On s’imaginait plutôt le groupe capitaliser sur ce succès d’estime (pas démérité au demeurant) en se contentant d'enchaîner les concerts. Mais nous sommes bien trop mauvaise langue chez Chroniques Electroniques et voilà que déboule, incognito, le deuxième album de Walls, Coracle.

 

Walls continue de creuser son sillon avec ce savant mélange d’électro, de shoegaze, de krautrock et d’ambient. Les boucles sont résolument hypnotiques et le ton deep. Dès les premières mesures, l’effet est immédiat, vous plongez, bras ouverts, dans un trip psychédélique bien ficelé. On imagine d’ailleurs aisément à quel point un live du groupe doit être immersif.

Le mélange fichtrement bien foutu entre musique électronique (Sam Willis gère les machines) et musique instrumentale (Alessio Natalizia est à la guitare) ne souffre d’aucun écueil. La musique de Walls se révèle touchante dans son tâtonnement, dans son aspect planant. Vous vous prenez à fermer les yeux et à vous laisser envahir par cette atmosphère faussement enfantine, semblant convoquer un monde inoffensif. Les notes de guitares sont semblables à des apparitions (Il Tedesco), le trip s’aventure même du côté d’Hawaii (Ecstatic Truth) quand l’appel du pied vers d’autres groupes ne se révèle pas trop flagrant. On croit reconnaître le post-rock d’Explosion In The Sky sur un Drunken Galleon tout droit sorti de la B.O. de Friday Night Lights, on croît aussi apercevoir le fantôme d’Animal Collective sur le pseudo-expérimentale Sunporch avec cette impression que le groupe de Brooklyn vient enfin de découvrir la magie des petites pilules extatiques.

Walls arrive indubitablement à installer une ambiance unique durant 40 minutes mais quelque part, 40 minutes ça suffit. Comme si le groupe connaissait ses propres limites, il a préféré se cantonner à seulement 8 morceaux pour un format plutôt court. C’est d’ailleurs plutôt malin de leur part car cela laisse ainsi à l’auditeur le champ libre pour retenter à nouveau l’expérience.

 

Walls confirme son potentiel avec ce Coracle élégiaque. Le groupe semble avoir trouvé le point d’équilibre entre électronique et rock. Le défi n’était pourtant pas aisé. Coracle doit s’appréhender comme un trip psychédélique inoffensif et parfois, un peu de légèreté ne fait pas de mal.

 

http://www.thelineofbestfit.com/wp-content/media/2011/09/walls-coracle-500x500.jpg

 

par B2B

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 15:36

Date : 24 septembre 2011

Lieu : La Dynamo – Banlieues bleues (Pantin)

 

Drôle d’ambiance hier soir à la Dynamo de Pantin, qui accueillait Biosphere et le trompetiste Jon Hassell dans le cadre du Festival d’Île de France - Factory (que nous continuerons à suivre dans ces pages). Sold-out à la dernière minute, c’est sous le regard courroucé d’une vingtaine de personnes refoulées que nous retirons notre place, afin de pénétrer dans la salle de concert. Première surprise : la Dynamo ressemble beaucoup plus à une salle de théâtre qu’à autre chose. Le staff a l’air au taquet : pas de bière, pas de bruit, pas de gens debout, bref c’est un parterre de 200 blogueurs et quinquas branchouilles qui attend sagement assis le début du set de Biosphere.

Geir Jenssen déboule sur scène sans chichi, s’assoit devant ses machines, envoie une première boucle, une seconde… puis arrête tout pour demander aux ingés-son d’envoyer la vidéo qui doit accompagner le set. Au bout d’une minute, un type parvient à trouver le bouton play sur sa télécommande, et le norvégien relance son set, qui consistera en une version live de son dernier LP N-Plants. Premier problème : le volume sonore est effroyablement faible. On entend jusqu’aux double-clics de Jenssen sur son laptop, et je ne vous parle pas des soupirs dans le public, qu’on peut percevoir de l’autre bout de la salle. De plus, le son est mauvais, aucune profondeur dans les basses, qui grésillent à l’agonie. Troisième problème : le son comme la vidéo sautent régulièrement. Et pour arranger le tout, le set de Biosphere ne parvient pas à décoller. Ni les vidéos conceptuelles sur la liquidité spatio-temporelle, ni les boucles de N-Plants ne semblent pouvoir tirer la salle de la léthargie. Le set s’arrête sur une pirouette, et même si l’accueil du public a l’air bon, Jenssen n’en mène visiblement pas large.

Après l’entracte et un tour au bar, dont les tarifs sont plus que raisonnables, Jon Hassell s’assoit lentement sur scène, accompagné pour l’occasion de Werner Hasler au laptop. Les problèmes de son demeurent, tandis que Hasler envoie ses premières boucles d’un jazz désespérant, loungy jusqu’aux tréfonds de l’ennui. Jon Hassell est pourtant un très grand trompettiste, et lorsqu’il daigne porter son instrument à ses lèvres, le résultat fonctionne immédiatement, et on entrevoie le « quatrième monde » promis. Malheureusement, visiblement agacé par les problèmes techniques à répétition, il passera plus de temps à pianoter sur son synthé des mélodies sans génie. Les spectateurs s’en vont d’ailleurs un par un, jusqu’à ce que tous soient invités à quitter les lieux, le concert s’étant finalement terminé sous les applaudissements désabusés d’un public lassé. Vivement les prochains rendez-vous !

 

http://www.festival-idf.fr/2011/medias/ronds%20artistes%20bulle%20def_27_thb.jpg

 

par Pingouin Anonyme

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 14:14

Sortie : 12 septembre 2011

Label : Glacial Movements Records

Genre : Ambient

Note : 7,5/10

 

Il est impossible de suivre convenablement la carrière de l’américain Bvdub. Rien qu’en 2011, le mec a déjà publié quatre albums ! I Remember (Translations Of Mørketid) est le cinquième avant une sixième fournée prévue fin octobre. De plus, le gazier ne remplit pas ses albums avec du vide puisqu’à chaque fois ses galettes sont blindées jusqu’à la gueule de 80 minutes d’ambient. En même temps, la recette est rudement connue, il n’a plus qu’à dérouler ses morceaux. De toute façon, l’auditeur, qu’il soit coutumier ou non du bonhomme, sera pris au piège.

 

I Remember ne déroge donc pas à la règle (petite mise au point avec The Art Of Dying Alone, chroniqué ici). On retombe avec bonheur dans ces morceaux ambients infinis. Chaque titre n’hésite pas à dépasser allègrement les 10 minutes afin de mieux capturer nos songes. Car tout l’art de Brock Van Wey est de réussir à modeler votre vision des choses afin de vous transporter dans un lieu à la mélancolie contagieuse.

Les structures des morceaux ne changent pas : lente installation, volume ascendant, nappes arrivant par vagues, cœurs éthérées emplissant l’espace, lente redescente. Au moins, on sait où l’on fout les pieds et on a toujours cette impression d’observer l’écume des vagues, à intervalles régulières. Le travail du son de Bvdub reste en cela très particulier, il applique une sorte de mouvement rotatif à ses nappes donnant l’impression d’un va-et-vient permanent comme si les sons devaient prendre du recul avant de lentement nous revenir dans les oreilles.

Mais Bvdub fait évoluer son art tel un peintre. Il agit par petites touches afin de ne pas heurter ses auditeurs. Ainsi, This Place Has Only Known Sadness laisse entrevoir un léger beat final pendant que We Said Forever impose des nappes plus denses avant d’évoluer en dub-techno léthargique. La plus belle évolution s’observant du côté de Would It Be The Same avec cette ouverture vers une humble IDM. Tous ces fins arrangements semblent être une tentative d’approcher la perfection.

 

I Remember est une pierre de plus dans l’œuvre de Bvdub. Le problème étant qu’il a tendance à sortir uniquement des albums splendide. Alors même si chaque nouvel album n’est en rien une révolution mais seulement une évolution, dans la cours des artistes ambients, Bvdub continue de faire cavalier seul, à raison.

 

http://static.boomkat.com/images/464337/333.jpg

 

par B2B

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 10:39

Sortie : septembre 2011

Label : Ninja Tune

Genre : comptine illustrée

Note : 6

 

Kid Koala, le jovial DJ de Ninja Tune, avait l'habitude de fournir de courtes bandes dessinées avec ses albums. En 2011, il décide de changer et de sortir une bande dessinée accompagnée d'une bande son. Le quatrième album du Canadien n'en est donc pas vraiment un. Surtout que l'écoute de ce disque sans les 132 pages grattées de Canson noir n'offre que peu d'intérêt. Les morceaux prenent tout leur sens accompagné de la comptine intitulée Space Cadet, dans laquelle une petite fille sillonant l'espace dans son vaisseau se rappelle des moments passés avec un robot installé sur Terre.

 

Au dessin naïf répond une musique sobre, animée quasiment que par un piano souffreteux. A la nostalgie des deux personnages fait écho la mélancolie des notes. La BD sans dialogue laisse place à l'imaginaire, tout comme sa bande son. Kid Koala a toujours su se montrer touchant, délicat, voire presque timide malgré son imparable sourire. Il décide de se livrer totalement dans cette oeuvre. L'histoire simple raconte le tristesse de deux êtres séparés, qui mènent dans un environnement qui ne les accueille qu'imparfaitement des activités qui ne leur conviennent qu'à moitié. Chacun ne peut s'empêcher de penser à l'autre. Le piano rapporte cette humeur, cette monotonie du quotidien, ce manque récurrent.

KidKoala2.jpg

 

Mais la douleur est plus profonde. Elle est marquée aussi par un discret râle, un sentiment doux amer qui frotte le sillon. Quand le temps est vraiment à la déprime, un fonds sombre se glisse en arrière plan. Il y a aussi quelques temps de joies. Alors des sons de violons modifiés avec tact sur la platine qui donnent un ton plus gai. Chaque touche est fine.

Les morceaux se complexifient au fil des pages. Une basse ou des cordes font ainsi leur apparition, avec cet esprit de bricolage qui peut rappeler Yann Tiersen. Les quelques souvenirs heureux de ce monde grisonnant sont toutefois voués à rester prisonnier de l'esprit car, quand nos deux héros se retrouvent, il est déjà trop tard. La mélancolie reprend le dessus, le piano aussi... avec toujours ce bruit de poussière sur le vinyle, qui appartient lui aussi au passé.

 

KidKoala1.jpg

 

Avec cet objet sonore et papier original, le DJ surprend sans toutefois renier les amours qu'on lui connaît : le dessin et le bidouillage à base de scratchs. Une respiration agréable, même si la lecture en musique de Space Cadet ne se répétera sans doute pas bien souvent.

 

par Tahiti Raph

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 19:25

Sortie : septembre 2011

Label : Mute

Genre : électro-pop déprimante

Note : 4/10

 

Certains oublient trop souvent qu'avant de faire la connaissance de Ellen Allien ou de Modeselektor, et avant d'être érigé en enfant béni de la hype, Apparat faisait de la bonne musique. En effet, même si ces premiers albums sont souvent oubliés, ils peuvent se réclamer d'une place digne au rayon des très bonnes productions electronica de l'époque. Quelques excès et séances de babysitting en club (aux frais de Bpitch Control) plus tard, Sascha Ring allait participer à un projet annoncé comme une dream team électronique : Moderat, en compagnie des Modeselektor (qui eux aussi sortent très prochainement leur nouvel album). Il en accoucha un album de vaste esbroufe, où des artifices usés ne parvinrent à duper que ceux qui croyaient Modeselektor capables d'être plus qu'un simple one shot project. Puis vint une vulgaire participation à l'institution Dj Kicks (encensée ici par notre cher B2B). Délaissant pour quelques temps le dancefloor (et son label Shitkatapult) qui l'avait nommé roi instable, on annonçait Apparat attiré par les carillons de la pop depuis Walls. L'éssai devait se transformer avec The Devil's Walk, dont il est aujourd'hui question.

 

Pour apprécier ce nouvel opus à sa juste valeur, il faut être complètement passé à côté du minimalisme pop allemand d'hier, de Neon Golden de The Notwist et de l'excellent The Prayer Tree. Il faut aussi apprécier l'anémie et l'ennui qui précèdent l'inéluctable dépression. Et oui, derrière ses velléités profondes et féeriques, Apparat ne parvient qu'à transmettre ennui profond et indifférence.  Même si il chante plutôt pal mal et juste, il use parfois d'instrumentaux acoustiques folktronica mal branlés, et d'épaisses nappes aussi grises qu'un dimanche après midi à l'ombre de villes aussi bucoliques que Manchester ou Charleroi. Alors oui, je dis que ça sent bon le sevrage. Du dancefloor, des excès. The Devil's Walk est un album à écouter seul sous la couette et dans le noir, enfermé depuis un mois dans une studette avec kitchenette non équipée, armé de benzos (l'euphytose marche aussi pour les plus méfiants envers les laboratoires Servier) et de sodas discount. Car même si l'ensemble est indéniablement pauvre, certains trouveront du réconfort dans cette production propre aux textures brutes et froides. Le problème est avant tout que l'allemand accumule les poncifs. On touche ici presque le point Godwin de la pop triste. Même au niveau des lyrics, dont Song Of Los est l'exemple le plus parlant, on ne parvient pas à dégager quoi que ce soit d'original, d'ambitieux ou même de touchant. Enfin si, sur Goodbye tout d'abord. Le seul titre ou Apparat laisse la place aux voix à Anja Plaschg de Soap & Skin, susurrant sa mélopée sur une production plus subtile et plus riche, où le piano et les grattes semblent entamer un chassé-croisé amoureux de bel effet. Il y a aussi le vaporeux Candil De La Calle, où la voix est troublée de plus d'effets (avec un côté un peu poseur excessif dans la voix quand même...) et où l'ambiance profonde arrive enfin à conférer un spleen appréciable. Mais c'est tout bordel. Le reste n'est qu'ennui et pauvreté.

 

Rassurez-vous, puisque la philosophie Let's Dance connaît actuellement un certain retour de flamme en cette époque de crise, nul doute que la hype va aimer et que vous pourrez trouver cet album bien placé dans les tops de fin d'année. On souhaite par ailleurs avec la discrétion et la mansuétude qui nous caractérise un prompt rétablissement à Apparat. Le Zyprexa est ton ami Sascha, et sinon l'album de Mohini Geisweiller est lui vachement bien.

 

http://www.danstesoreilles.tv/wp-content/uploads/2011/09/forward-apparat.jpg

par Ed Loxapac

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 18:31

Sortie : septembre 2011

Label : Jive Epic

Genre : Electro-turntablism, French touch 2.0

Note : 4/10

 

Le premier album éponyme de Birdy Nam Nam (BNN) en 2005 était une tuerie : jusqu’ici, tout le monde est à peu près d’accord. Que celui qui n’a jamais dansé sur Abbesses me jette la première pierre. Issus d’une sphère turntablism encore largement méconnue du public, les quatre DJ de BNN acquirent immédiatement un large succès, qui les conduisit d’ailleurs trop vite à un deuxième album déroutant, abandonnant le son turntablism en direction de morceaux testostéronés à l’electro, et dont la production calibrée par Yuksek, ultra-compressée, devait propulser BNN en héros de la French Touch 2.0. Des lives efficaces et spectaculaires à la pelle, une Victoire de la musique suspecte en 2010, et nous en arrivons à ce troisième album, Defiant Order.

 

Qu’attendions-nous de ce nouveau BNN ? Qu’il revienne à la finesse subtile de leur premier LP, à ces atmosphères chaudes et enfumées, à cette odeur de vieux vinyle, à ce charme suranné d’instrus aux influences rétro. Mais non, BNN n’y revient pas – et n’y reviendra probablement jamais. Le regard braqué droit sur leur propre avenir musico-commercial,  BNN a décidé d’être joué dans les clubs, et pour cela, aucune forme de prostitution sonore n’est à négliger. Résultat : on les retrouve toutes alignées en rang d’oignons sur ce Defiant Order.

On peut d’ailleurs légitimement se demander quel ordre BNN veut défier, sinon peut-être celui qu’il a lui-même abandonné : l’intégrité. Il n’y a qu’à appuyer sur play et lancer le premier morceau de ce disque, Jaded Future, pour comprendre qu’on va y être pris pour un con.  Balade lyrique oscillant entre electro et synth-pop, appuyée par une rythmique hip-hop efficace parce que déjà très éprouvée, cette introduction dit l’essentiel du programme : des morceaux taillés pour faire danser des kids en soirée et ramasser de la thune. Le single de lancement Defiant Order, sorte de copier-coller en moins bien du Trans Boulogne Express, parvient à faire faire remuer la tête, mais c’est au prix d’une electro grasse, ou à coups de chant vocodés. Les morceaux s’enchaînent et se ressemblent, electro superficielle, boucles de claviers synth-pop, rythmique basiques (sauf peut-être sur le finish de Parache). On imagine les kids briquets ou IPhone en l’air en concert sur Written in the Sand, quand Tekila Tex ne se rend pas insupportable sur l’effroyable mais bien nommé Cadillac Dreams. Big City Knights envoie carrément de la techno minimale, avec un kick disproportionné par rapport au reste de l’album. Passons sur Goin’in, qui ressemble exactemenent à ce que peut produire Modeselektor lorsqu’il est mal inspiré. The Golden Age of Era nous fait frôler dangereusement le son Ed BAnger, et si The Plan, avec ses rythmiques supersoniques lorgnant sur le son Warp, parvient à émerger du lot, c’est bien que la concurrence n’est pas à la hauteur. Melancholia at the sports bar, petite balade electro-pop bluesy, remonte le niveau en fin de disque, qui se clôture sur un Black Bird Clound en forme de cavalcade synthétique et un brin mélodramatique.

Alors oui, c’est sûr : la prod’ de Para One est meilleure que celle de Yuksek sur le deuxième LP, compressée avec plus de subtilité ; et oui ce BNN fera bel et bien danser dans les clubs, en quoi le but visé est atteint (contrairement au même Yuksek, qui ratait sur les deux tableaux son dernier disque). Mais bordel les mecs, pourquoi vous abaisser à cela, vous y complaire et vous y enfermer ? Il est où, « l’esprit turntablism » pour lequel on a tant aimé votre premier disque ? J’ai personnellement très peur de la réponse.

 

Qui voudra un disque pour remuer son cul sur des compos de 3mn30 pour ses fêtes de salon pourra bien acheter ce Defiant Order plutôt qu’un autre disque de French Touch 2.0. C’est pourtant à ce niveau d’intelligence qu’est tombé BNN, et c’est d’autant plus moche qu’ils avaient tout pour être très grands. Un suicide musical pour un avenir commercial.

 

http://electr0.com/wp-content/uploads/2011/06/Birdy-Nam-Nam-Defiant-Order.jpg

par Pingouin Anonyme

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 19:52

Sortie : août 2011

Label : Someone Records

Genre : Glitch, Dark Ambient, Neo-classical

Note : 8/10

 

r.roo, dit Ruga Roo, en réalité Andriy Symonovych est un compositeur ukrainien. La sortie de son deuxième album sur le netlabel argentin Abstrakt Reflections avait légitimement retenu l'attention. Into A Cloud (chroniqué ici) est un bijou d'IDM, entre puissance rugueuse et orchestration voilée. En août dernier, notre homme et deux compères, dénommés Gomzikow et Sitreus, ont monté leur label, Someone Records. Ils en célèbrent la création à coup de trois sorties consécutives (toutes livrées gratuitement), les albums d'Absurdum Essentia, de Item Caligo et ce Ache, qui révèle un pan différent de l'univers de r.roo.

 

Ache est particulier, en premier lieu de par sa structure. Sans compromettre d'un poil la cohérence des sept titres, ce court album est scindé en deux. Une première partie semble rendre hommage aux compositeurs classiques du XVIII et XIXe siècle, la seconde évoque douleur et cauchemars. Le lien entre les deux ? Une dramaturgie évidente. r.roo fait planer des ambiances crépusculaires de même qu'il déploie des chants d'opéra. Into A Cloud avait démontré son goût pour le piano et les cordes tragiques. Sur Ache leur union est omniprésente. Les nappes de violons tissent tantôt des rideaux de tulles, tantôt des brouillards terribles, et les pièces de r.roo prennent des accents néo-classiques suffocants. Outre ce choix de vous mener dans les couloirs glauques de gentilhommières tendues de rouge poussiéreux – les visions hystériques de Wendy Torrance piégée dans l'hôtel Overlook ne sont pas loin – Ruga Roo a modulé son travail rythmique. Les beats se font collants, poisseux, souvent downtempo. Le glitch y est acerbe et des textures indus corrodent le rythme jusqu'à la moelle. r.roo entrelace les couches avec une dextérité de joaillier. Ache brasse le dark ambient, l'IDM, le modern classical et une forme de noisy trip-hop. Il rejoind quelque part le dernier Klaus Kinski (ici), sur l'emphase presque théâtrale qui hante les deux albums, du moins. La singularité de l'objet provient également de ces permanentes bribes de voix, de radio ou de film, cryptées, flippantes, en ukrainien ou en russe... Quoique le dialogue sur Man Eats Girl sonne asiatique. Et qu'il ajoute un peu plus à l'atmosphère lourde et rugueuse de ce titre malade, le meilleur du disque. Alors qu'un samouraï cramé éructe, le beat se froisse et se convulse, pour finalement exploser dans de grasses saturations de guitare. Tout au long, le piano voletait, désabusé et délicat. Haven't You Seen My Brahms ? et Chaos In My Thoughts and Aria By Bach sautent de rythmiques frénétiques en phases d'ambient calmes et malsaines. L'heure est à la mélancolie trouble. Si Ache laisse toute la place à un violoncelle déchirant, A Walking Nightmare déroule une pulsation moelleuse, relevée d'une voix féminine parlée et parcourue des caresses d'une harpe. L'album s'achève sur une unique perle lumineuse, The Sun Rises Over The Ruins, qui rappelle un peu Tapage

 

Dérangeant et magnifique, Ache est une petite bombe. Il doit y avoir un truc avec la musique de r.roo, car personellement quoique qu'il fasse, ce mec me captive. Il prouve en tout cas, avec ce format court, des capacités à se renouveler sans baisser en qualité. Gardons en tête ce tout jeune label, et pour Ache, gratuit, c'est ici.

 

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par Manolito

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 09:38

Sortie : Juin 2011

Label : Smallville Records

Genre : Deep-house

Note : 8/10

 

Smallville, unique label deep-house arrivant à la cheville de Dial, reste encore bien trop méconnu. En même temps, il fait tout pour maintenir sa confidentialité en espaçant ses sorties. Ainsi, depuis la création du label en 2006, ce sont seulement trois longs format pour 26 maxis qui ont vu le jour. Et c’est toujours le même constat : on frôle la perle auditive. Mais comment font ces gars là pour taper dans le mille à tous les coups ? Serait ce l’influence d’Hambourg, ville house n’en finissant plus d’étirer son emprise sur ce milieu ? Inutile de perdre son temps à chercher des réponses, contentons nous d’apprécier modestement Twentyfour Ways, superbe EP de 4 titres sorti au début de l’été.

 

Tout débute par ce grain si particulier et propre à Smallville. La basse ne claque pas mais vous caresse les oreilles, vous emmène avec finesse vers la piste, vous fait chalouper comme jamais. C-Beams  (akaBreak SL et Sandrow Mitzschke) ouvre le bal avec un One d’une exquise finesse, tout en nappes ambient et légères envolées synthétiques. Cette musique, c’est du velouté de luxe. Ca vous nettoie les conduits auditifs avec un chiffon de soie.

Le nonchalant Christopher Rau, déjà auteur l’an dernier d’un petit bijou avec son album Asper Clouds (chroniquée ici), nous revient avec Like Yesterday, track deep-house un poil plus péchu mais n’en oubliant pas non plus son amour premier : la sieste crapuleuse. Benjamin Brunn nous la joue plus efficace (bien entendu, tout est question de relativité avec Smallville) avec un Queen Mary finement ascensionnelle. Cette légère escapade estivale s’achève avec l’entité variable de Smallpeople (faites votre marché dans ces artistes : Abdeslam Hammouda, Jacques Bon, Julius Steinhoff, Dionne) sur un Unke transpirant la coolitude. Car tout réside dans cette idée que la deep-house est avant tout une musique de paresseux, excluant toute offensive pour se concentrer uniquement sur le bien-être de l’auditeur.

 

C’est presque rageant une telle deep-house. Sous un enrobage simpliste, transparaît une musique d’une élégance folle, puant la classe. Twentyfour Ways arrive à prolonger l’été avec un rien. Superbe.

 

http://cache1.bigcartel.com/product_images/40185327/Smallville_24_Cover_web.jpg

 

par B2B

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 18:34

Sortie : septembre 2011

Label : Fabric (London)

Genre : House, electro-house

Note : 4/10

 

Ancien fleuron d’une belle electronica organique, Four Tet a surpris son monde en effectuant sur son dernier album There is love in you (chroniqué ici) un virage house prononcé mais réussi. Ce nouveau et cinquante-neuvième mix FabricLive confirme ce virage de Kieran Hebden, à ceci près qu’on assiste cette fois à une tragique sortie de piste.

 

Est-ce pour Fabric que Four Tet a délibérément choisi la facilité clubby ? Peut-être bien. Ce n’est pourtant pas moins de vingt-sept tracks qui sont réunies ici, ce qui a normalement le mérite de diversifier les ambiances proposées. Or après deux tracks introductifs en forme de field recordings urbain, c’est une house calme et sans génie, faussement soulful et vagument vulgaire, qui s’installe le long des douze premiers morceaux, durant lesquels on se croirait dans un mauvais warm-up parisien. L’inédit Fabric de Four Tet qui suit n’est en réalité qu’un nouveau field-recordings, peut-être capté dans le fameux club londonien (ça nous fait une belle jambe !).

C’est donc seulement à partir du quinzième morceau que nos oreilles ont commencé à se dresser, grâce à la Dark Energy de STL, tout en montée electro-house à la tonalité plus sombre que les tracks précédents. Les morceaux de Percussions et C++ prennent le même genre de voie, avec option glitch permanent pour ce dernier. Burial suit avec son dernier et excellent inédit Street Halo, qui marque, n’est-ce pas malheureux, le sommet de ce mix ! Les deux morceaux suivants replongent dans une house 90’ linéaire et sans intérêt. Le magnifique Sieso de Villalobos passe inaperçu tant il est noyé dans le substrat des morceaux qui l’encadrent. Le reste du mix suivra ce chemin house inintéressant au possible. Seul l’ultime et excellent morceau Locked signé par Four Tet parviendra à nous tirer de l’ennui et la somnolence, mais trop tard : le mal est fait.

J’aimerai bien pouvoir sauver quelque chose de l’ensemble de ce mix, mais même sa technicité est franchement discutable : les enchaînements sont plats, sinon ratés, aucune montée ne vient inciter à la danse, et la production elle-même sonne un peu datée. On a tout simplement devant nous un mauvais mix house, une simple opération marketing calibrée pour les dancefloors les moins exigeants.

 

Curieuse pente donc que celle suivie par Four Tet, depuis désormais plus de dix ans. Puisqu’il passe dans quelques jours au Rex et au Pitchfork Festival à Paris, on espère qu’il aura l’occasion de se rattraper dans l’exercice du djaying. Sinon tant pis, on se contentera de ses albums précédents, qui eux sont d’une qualité cent fois supérieure.

 

http://www.clashmusic.com/files/imagecache/node_article_image/files/four-tet-fabriclive-59.jpg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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