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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 09:42

Date : 21 mars 2010
Lieu : La Machine (Paris)


L'appréhension est forte avant un concert d'Autechre, on a toujours peur d'être déçu par nos références. Ce postulat est d'autant plus valable avec les Anglais dont les expérimentations sonores sont à elles seules des partitions insondables. Une interrogation domine : le groupe va-t-il se concentrer sur le génial dernier album, Oversteps (chroniqué ici), ou bien va-t-il laisser parler ses machines ?
La Machine affiche complet ce soir et pourtant, le public se disperse et se perd dans les dédales de l'antre nocturne parisienne. Les habitués de la Loco ne pourront qu'être ravis, même si le Moulin Rouge a récemment racheté le lieu, celui-ci n'a pas bougé d'un iota et reste toujours aussi labyrinthique. Mieux, le prix des consos est désormais abordable, fait suffisamment rare dans la capitale pour être souligné. Nous arrivons à 1h30 du mat', heure annoncée pour le live d'Autechre.

On se faufile avec une facilité déconcertante au premier rang. Les lumières s'éteignent et ne se rallumeront pas durant 1h15. Autechre a donc choisi de persévérer dans cette veine anti-ludique où les lumières ne sont qu'un prétexte divertissant. Les premiers beats se font sentir, la basse est lourde, la rythmique impose une cadence lente. Les têtes hochent concenscieusement pendant que Rob Brown et Sean Booth s'attardent avec sérieux sur leurs machines. Le duo va adopter un double principe relativement simple : ne jamais rester bloqué sur un "morceau" plus de 4 minutes et lentement accélérer la cadence. Le live commence à prendre lentement forme et les jambes se délient. En moins de 30 minutes, le public semble acquis à la cause d'une IDM industriel dont le mot d'ordre sera la déconstruction. Autechre prend un malin plaisir à faire trébucher les danseurs des premiers rangs en jouant avec la rythmique comme on détruit un Lego. Ça break, ça se fige, ça redémarre, ça s'accélère, ça se perd, ça se retrouve... Aucun morceau n'est reconnaissable, les yeux préfèrent se fermer pour mieux visualiser les sons mais c'est peine perdue. Et quand la violence prend définitivement le pas en imposant une rythmique hard-tech, le public pousse les murs et se rentre dedans. C'est éreintant mais l'exutoire se révèle salvateur. Le groupe achève son live par une track IDM imparable et les lumières se rallument, il ne reste plus qu'à se frotter les yeux.

Autechre fut à la hauteur de nos espérances malgré un son vraiment contestable. Les basses prenaient tellement de place qu'il était difficile de profiter des multiples sonorités que pouvait offrir le duo. Cela laisse cependant présager du meilleur si, à l'avenir, le groupe décide de passer dans une salle à l'acoustique plus approprié. Il n'en reste pas moins que ce fut 1h15 d'une violence imparable mais jamais gratuite, une déconstruction en règle de nos certitudes électroniques.



par B2B
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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 15:20
Sortie : mars 2010 (en DVD)
Label : Square productions


Un bien étrange documentaire va sortir à la fin du mois en DVD. Présenté comme une plongée intime dans la vie de personnes perdues dans le monde la techno, Speaking in Code va, de manière très féminine et très américaine (c'est-à-dire intime et sans tabou), présenter la vie de la réalisatrice Amy Grill et celles de différents acteurs des musiques électroniques, tels que Monolake ou Wolfgang Voigt. Sous prétexte de vouloir faire "un documentaire différent sur la musique électronique" porté "plus sur les personnes que sur la musique", le spectateur est plongé dans les problèmes de couples de la narratrice, les doutes existentiels de Gabor des Wighnomy Brothers ou un week-end familial des Modeselektor. Une manière de parler de la passion de ces interlocuteurs pour un style musical très peu présent outre-Atlantique.

Tout débute à Boston avec David Day, DJ, producteur, distributeur, organisateur de soirée et... mari de la réalisatrice. Il raconte son quotidien dans un pays bien peu amateur de techno. Puis direction San Fransisco pour suivre un journaliste, Phillip Serburne, qui part habiter à Barcelone pour vivre complètement sa passion. Amy Grill raconte son parcours à la première personne en voix off, montre les aspects personnels de son voyage qui la mène à Berlin pour rencontrer plusieurs des personnages principaux de ce documentaire atypique. Monolake bidouille ses claviers tandis que les membres de Modesektor parlent de Berlin et jouent avec leurs machines.
Sans logique claire, la route passe ensuite par Cologne pour discuter avec les membres de l'écurie Kompakt, de nouveau par Boston pour découvrir la structure de distribution de David Day, avant d'aller dans la campagne allemande à Jena pour vivre au coeur de la vie des Wighnomy Brothers. Ces derniers, avec Modeselektor, sont les artistes fils rouges du film puisque la réalisatrice croisera leurs routes à de multiples reprises lors de différents concerts et de festivals.
Le décor est dressé, il ne reste plus qu'à errer dedans, faire une virée au Sonar à Barcelone ou à l'Awakenings près d'Amsterdam pour voir chacun des acteurs dans son élément. Ceci permet d'évoquer la techno avec Ellen Allien, de retrouver Phillip Serburne devenu DJ ou de raconter le divorce des deux principaux protagonistes...

Une manière surprenante de dépeindre la musique électronique par une sélection très restreinte de ses acteurs. Les fans des artistes présents seront sans doute intéressés ainsi que les Américains qui s'interrogent sur ce style très confidentiel dans leurs contrées... les autres resteront sans doute assez dubitatifs.

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 19:01

Sortie : 8 mars 2010

Label : Southern Fried Records

Genre : Turbine italienne

Note : 1/10

 

Le duo Italien Crookers, formé par Phra et Bot, n’a jamais été reconnu pour la finesse de ses mélodies et sa maîtrise du beat. Crookers est surtout une machine à faire sauter les teenagers dans tous les sens et principalement contre les murs. Pourtant, les Italiens ont parfois su parler directement à nos jambes avec des tracks rentre-dedans efficaces (le remix du Bad Runner de Brodinski). Depuis deux ans, tout le monde s’arrache leurs "talents" de producteurs ce qui fait qu’ils ont sorti peu de morceaux persos hormis un Day’N’Nite potache avec Kid Cudi.

 

Ce serait mentir que d’affirmer que la sortie de Tons Of Friends était attendue chez Chroniques électroniques et pourtant, nous lui avons octroyé une chance de se défendre.

Tons Of Friends débarque avec une liste de featurings impressionnante et c’est au final déstabilisant car aucun morceau ne permet de prendre vraiment le pouls du duo. Il aurait été de bon ton que les Italiens puissent nous offrir quelques titres sans voix, histoire de voir ce qu’ils ont vraiment dans le bide. Tous ces featurings semblent seulement là pour cacher la faiblesse de l’ensemble car soyons clair, Tons Of Friends est un cataclysme pour les oreilles. S’écouter les 20 titres d’une traite relève de la torture.

Crookers se complait dans une électro vulgaire et épuisante suintant le tuning du pauvre. Ca se veut ghetto mais ça s’enlise dans un bling-bling en plastique. Hormis l’efficace We Love Animals avec Soulwax, l’anxiogène Park The Truck avec Spank Rock et la folk-électro minimaliste de Lone White Wolf avec Tim Burgess le reste est affligeant de médiocrité. Crookers se perd trop souvent dans des gimmicks 90’s (sirène,…) déjà insupportable à l’époque. Nous avons ainsi les aventures de Crookers découvrant le dubstep sur Hip Hop Changed et le souk sur Birthday Bash. On pensait avoir connu le pire avec le hip-hop TF1 des Black Eyed Peas mais Put Your Hands On Me dépasse allègrement les bornes. Ok, c’est décomplexé, mais à ce niveau là, c’est tout simplement flippant. La palme du néant revenant au Cooler Couleur avec Yelle faisant passer les génériques du Club Dorothée pour de la musique de chambre.

 

Crookers livre un album détestable, une sorte de "musique" de fête foraine. Qu’on puisse s’éclater dessus à 15 ans lors d’une boum, soit. Passé cet âge, il va être difficile de tenir tant la turbine fait mal aux oreilles. C’est sans doute une question de fréquences, passé l’âge adulte, on ne peut plus entendre certains sons et Crookers semblent prendre un malin plaisir à nous faire du mal.

 

http://1.bp.blogspot.com/_PuGbRHOIW2E/Sp8LXbCaLOI/AAAAAAAAB38/OjBKYDn07B4/s400/crookers__-_put_your_hands_me.jpg

par B2B
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 20:21

Sortie : mars 2010
Label : Static Caravan



Stefan Panczak est un Australien exilé à Londres. Sous le nom d’Inch-Time, entre 2005 et 2006, il sort deux albums d’électronica aux douces couleurs d’ambient. Fidèle au label Static Caravan, il y publie quelques maxis et participe à diverses compilations (dont une inspirée de la culture du thé…). Aurora, ce nouvel EP, est doté d’un charme indubitable, aux contours obscurs et entêtants.

Au confins des musiques électro-acoustiques et de la dub-techno la plus caressante, le son d’Inch-Time ouvre à un espace tapissé de nappes douillettes où fleurissent de divines mélodies, rythmées par des kicks invisibles. Si le style est assez minimaliste, le grain des textures est perpétuellement changeant, tantôt poussiéreux et faiblement parasité, tantôt sillonné de craquements et de cliquetis. Des beats duveteux et des airs délicats se dissolvent dans des volutes de musique ambient, avec parfois des échos organiques de dub et de jazz. La grâce des pistes est ravageuse, et le ressenti immédiat.

Mais Aurora dépasse la sphère gentiment aérienne. Chaque morceau est teinté d’ombres troubles, d’une tristesse grise, qui transcendent les mélodies et qui retournent l’âme trop sensible qui se perdrait dans son écoute. Le très beau A Handful Of Dust est ainsi marqué par des cordes ténues, déchirantes de mélancolie, qui courent au milieu de froissements électroniques mouvants. L’éponyme Aurora dépeint un climat nocturne et tourmenté, celui de quelqu’un seul au volant à une heure avancée de la nuit, et dont le tempo régulier du morceau rythme la succession de la lumière orange des lampadaires, bordant une autoroute déserte. Il ne s'agit toutefois que de ma propre interprétation. La version dub du même morceau, Aurora In Dust, voit ses nappes étendues d’échos infinis, qui tourbillonnent dans un souffle de poussière. Le splendide Crystal Vision lorgne davantage vers la deep-house, claire et lumineuse, au-dessus de laquelle résonnent d’étranges instruments à vent.

Les cinq titres qui composent cet EP brillent chacun d’une réconfortante lumière. Entre douce tiédeur et pénombre glacée, Aurora est le genre de disque dans lequel on souhaiterait à jamais rester calfeutré.
                                                  
                                                

par Manolito 

 

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 11:10
6 mars 2010, les Birdy Nam Nam remportent la Victoire de la musique de « l'enregistrement de musiques électroniques ou dance de l'année ». Une anecdote de cette cérémonie sans intérêt pour certains, un symbole pour d'autres. Le symbole que les groupes composés de DJ ne sont plus simplement une curiosité, mais sont entrés dans le paysage musical grand public. Leur exemple fait d'ailleurs des émules puisque d'autres équipes de DJ sortent en ce début 2010 leur premier disque.

Pour les Birdy, tout commence en 2002, Need, Little Mike et Crazy B (Pone se concentre sur la compétition individuelle) gagnent la compétition phare : le DMC. Dans cet univers très technique et très confidentiel, les Français apportent une touche nouvelle, la « musicalité ». Fini les démonstrations de scratchs ou de beat juggling, leur routine se veut musicale !



Le titre remporté, le groupe décide de se lancer dans la composition d'un album. Le disque éponyme voit le jour en 2005 (voir aussi la vidéo très didactique du génial titre Abesses), démontrant tout le travail effectué par les DJ pour passer d'une démonstration dans une compétition à de véritables morceaux accessibles à des auditeurs pour qui le passe-passe est un extrait de chanson de NTM, et le crabe, un crustacé (alors que ce sont des termes techniques de DJing !). Ils présentent aussi à cette occasion leur large palette d'influences qui va du rap au jazz en passant par bien d'autres styles... un éclectisme qu'ils oublieront malheureusement par la suite.

C2C quatre fois champion

Mais si les BNN ont lancé le mouvement, d'autres groupes de DJ sont là pour assurer la relève, et de quelle manière ! Les Nantais de C2C vont être champions du monde DMC par équipe pendant quatre ans, de 2003 à 2006. Mais surtout, ils vont pousser le concept de « musicalité » dans l'univers des DJ techniques à un niveau bien plus élevé. Leurs routines contiennent de véritables nouveaux morceaux ou des remixs plus que convaincants.




Quand il s'agira de prolonger l'expérience sur disque, le groupe divisera ses forces avec Atom et Pfel qui fonderont de leur côté Beat Torrent et 20Syl et Greem, le groupe de rap Hocus Pocus (qui vient d'ailleurs de sortir un nouveau disque). Seuls les deux premiers continuent uniquement en tant que DJ dans un style plus électronique qui convaincra nombreux programmateurs de festivals. Ils sont aussi les auteurs d'un album sorti l'an passé sous le titre Live Set 2008.

De nouveaux challengers sur disque

Mais à l'écart de ces précurseurs, d'autres équipes de DJ travaillent dans l'ombre et préparent eux aussi leurs titres confectionnés aux platines. « Scratch Bandits Crew s'est formé en 2002. Nous étions plusieurs DJ sur Lyon à se retrouver autour du scratch, nous avons formé un collectif qui est devenu un vrai groupe après les premiers concerts », raconte un des membres, DJ Supa-Jay. « Nous avons très tôt voulu faire de la musique, mais c'était compliqué de piocher dans les disques existants, nous devions nous contenter de titres courts ou de remixs. Mais avec la possibilité de presser des vinyles à l'unité ou avec les systèmes numériques permettant de scratcher des fichiers numériques, nous pouvons désormais aller plus loin », explique-t-il. Les Lyonnais publient donc en avril leur premier maxi (chroniqué ici) qui démontre à la fois leur technique et leurs diverses influences musicales. Ce groupe est aussi passé par les compétitions, notamment en remportant le championnat de France DMC par équipe en 2004 ou le championnat du monde 2008 en solo pour DJ Fly.
Une étape qui semble inévitable, puisqu'elle a également été suivie par Pulpalicious, vice-champion de France en 2007 et 6e au championnat du monde suivant. Les quatre Dijonnais composaient déjà à la fin des années 1990. « Nous voulions déjà faire ce que nous faisons aujourd'hui avec le groupe, se rappelle Mr Style, il y a en effet un moment où la technique devient un peu rébarbative et nous avons cherché quelque chose de plus musical ». Après différents projets perso et quelques changements dans le collectif, Pulpalicious se lance pour quelques dates en 2007 et se fait repérer par un des programmateurs des Eurockéennes qui les invite au festival en 2008. « Il y a eu aux Eurocks un effet auquel nous ne nous attendions pas, ça a buzzé, on a trouvé un bookeur qui nous a calé plein de dates. »



Le groupe a ensuite attendu janvier 2010 pour sortir un premier maxi, Dirty. « Il aurait fallu le sortir en 2008, mais nous avons enchaîné les concerts et nous n'avions pas le temps d'enregistrer », observe Mr Style. S'ils viennent du rap, ils reconnaissent que leur musique sonne plus électro-rock. « Cela reste technique car pour faire de la musique à quatre, il faut une véritable coordination, mais le public ne veut pas non plus du scratch pur et dur », continue-t-il.

Le futur des groupes de DJ
Quant au futur, il pourrait se dessiner bien vite. En effet, ce sont encore des Français, toujours très axés sur la musicalité, qui ont trusté les premières places du DMC par équipe ces dernières années. Venu de la région parisienne, Traumateam a ainsi fait 3e en 2007 puis deux fois deuxième en 2008 et 2009 (coincés derrière les Japonais de Kireek). Un résultat 2009 qui leur reste un peu au travers de la gorge, avec seulement un point de retard sur les premiers. « Nous avons été surpris par l'appréciation de certains jurys qui nous ont vraiment pénalisés. Nous ne partageons pas du tout notre vision de la musicalité avec les Japonais, car ils sont très techniques, mais tu te fais chier pendant six minutes, commente DJ R-Ash, dans nos shows nous essayons d'être musicaux avant tout. Il faut que ça parle à tous les gens, même ceux qui ne connaissent pas le turntablism. Nous essayons qu'il y ait un début, un milieu, une fin et de raconter quelque chose. »


Traumateam - DMC World vice-champions 2009


Si l'idée d'enregistrer un maxi ou un album n'est pas encore tout à fait à l'ordre du jour, elle pourrait arriver rapidement. « Nous aimerions essayer de donner un sens à l'aventure Traumateam avec peut-être un breakbeat de nos compositions ou nos routines. Il faut laisser les choses fermenter. Nous voulons en tout cas continuer dans le sens d'un groupe », espère R-Ash. Certains membres du groupe, sous l'étiquette Scratch Science, ont déjà sorti plusieurs vinyles à destination des DJ.
Ils sont conscients qu'ils font partie d'un mouvement en mutation. « Le fait d'être un groupe de DJ est de plus en plus naturel. Le public est de moins en moins surpris d'entendre quelque chose de musical et d'accessible joué par des DJ. Les Birdy Nam Nam ont réussi à faire intégrer ça », concède-t-il. « Les groupes de DJ restent encore une curiosité, même elle est moins forte qu'avant », considère pour sa part Mr Style de Pulpalicious. Supa-Jay rappelle toutefois que « les groupes de DJ existent depuis longtemps [les premiers sont les Invibl' Scratch PiklzQ-Bert, Mixmaster Mike et Apollo – champions DMC en 1992], les BNN n'ont fait que démocratiser la chose », ce qui permet notamment aux Scratch Bandits Crew de n'avoir « plus besoin d'expliquer [leur] manière de faire de la musique ».
par Tahiti Raph
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 10:29

Sortie : 29 mars 2010

Label : Dial Records

Genre : Deep-house

Note : 8,5/10

 

Dial Records est le parfait exemple de label ayant réussi la difficile conciliation sonore entre exigence et danse. Depuis 2000, cette maison hambourgeoise nourrit les oreilles des amateurs avertis de deep-house et de tech-minimal. La réussite tient au management sans faille de David Lieske (aka Carsten Jost), Peter Kersten (aka Lawrence et Sten) et Paul Kominek (aka Pawel et Turner). Les trois gaziers ont toujours eu une ouïe supérieurement développée à la notre et ont ainsi pu signer des artistes hautement respectés sur ce blog comme Efdemin, Pantha Du Prince ou encore Pigon. Et quoi de mieux pour fêter les 10 ans du label qu’une compilation d’inédits avec toute la fine fleure de la maison mère ?

 

Ce n’est donc pas une surprise d’affirmer que cette compil’ est un divin objet sonore, un condensé judicieux qui permettra aux néophytes de découvrir le label pendant que les spécialistes se délecteront d’une deep-house racée.

Les têtes de files du label sont au rendez-vous avec un Efdemin très minimaliste et lancinant sur Time, il est totalement concentré sur l’occupation de l’espace par la basse pour se révéler au final captivant. Lawrence préfère nous servir avec Treacle Time une étrange mais enivrante deep-house portée par un piano ivre. Seul Pantha Du Prince déçoit légèrement avec une faible face B de son récent chef d’œuvre.

A côté de ce trio, on peut souligner Lines, remarquable morceau house jazzy de John Roberts, nous emportant dans une ambiance désincarnée. Isolée tire aussi son épingle du jeu avec Black Lodge, house feutrée trébuchante pendant que Carsten Jost irradie l’ensemble avec Days Gone By, deep-house prompt à provoquer l’errance nocturne.

 

Dial 2010 est une compilation en tout point remarquable. Ce qui reste le plus frappant, à l’écoute de ces 12 titres, c’est cette ambiance d’after trébuchante ou l’alcool triste et la mélancolie se disputent avec des restes épars d’espérance. Cette vision qu’offre Dial de la deep-house est un polaroïd saisissant de lucidité.

 

cd_20.jpg

par B2B

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 18:17

Sortie : avril 2010

Label : Infrasons

Genre : DJing

Note : 6


Avant un article sur les groupes de DJ (lisible ici), voici la chronique du disque qui en a été le déclencheur. Scratch Bandits Crew, collectif de DJ lyonnais, qui a déjà fait pas mal de dates en France, notamment aux Nuits Sonores 2009, a décidé de prolonger son expérience, de plus de huit ans ensemble, sur un maxi qui devrait leur fournir une bonne carte de visite.

Le groupe "s'est contenté pendant longtemps des compétitions et du live, tout en enregistrant des morceaux", explique DJ Supa-Jay, "chef d'orchestre" de la bande. "Nous avons estimé que c'était pertinent de sortir un disque aujourd'hui", ajoute-t-il. Outre les six DJ de Scratch Bandits Crew, cet enregistrement a nécessité la participation virtuelle d'une vingtaine de musiciens pour enrichir (sur plusieurs années) la banque de sons dans laquelle ils ont puisé leurs compositions. Venu du rap, dont ils gardent l'esprit, les auteurs d'En Petites Coupures explorent la musique électronique (Scratch Lunaire), le jazz (It's About Show Time! et les nombreuses interventions de cuivres) avec souvent un esprit rock (In My Head) pour présenter toutes les influences du groupe. "Il y a tout un travail de recherche, de construction-déconstruction des morceaux. Nous prenons la matière, nous la bousculons, nous faisons cohabiter analogique et électronique pour donner un résultat un peu mutant", précise Supa-Jay.
A l'inverse des Birdy Nam Nam, auxquels ils sont inévitablement comparés, le collectif a choisi de laisser apparents leurs scratchs, notamment sur les voix, démontrant ainsi toute leur technique derrière les platines. Leurs morceaux sont toutefois plus que de la musique scratchée avec de véritables constructions et souvent des bonnes montées en puissance. Ils sont bien loin de la "routine" de championnat, ce qui leur permet de s'adresser à un cercle bien plus large que celui des spécialistes.

Si les Birdy Nam Nam sont tombés dans une techno efficace et loin du style qui les a fait connaître, d'autres groupes, comme Scratch Bandits Crew avec ce disque, devraient combler les amateurs de musique jouée avec des platines dans des styles rappelant l'éclectisme qui devrait être cher à tout DJ.

 

http://www.tcbmedia.eu/images/review/20100510-Scratch_Bandits_Crew_En_Petites_Coupures_EP-1273443300.jpg


par Tahiti Raph
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 23:25

Sortie : 20 avril 2010
Label : Planet Mu


Basé à Philadelphie, le prolifique DJ et producteur Starkey, délivre son deuxième album, Ear Drums And Black Holes. Il avait sorti son premier disque en 2008, Ephemeral Exibit - attachant quoique un peu irrégulier - qui recelait quelques véritables pépites.

Le son de Starkey mérite bien son appellation de "street bass". Le bonhomme jongle entre dubstep, grime, électro hip-hop, flirtant même avec la ghetto-house ou la Miami bass. Et c’est bien là que ça devient douteux. Tandis qu’Ephemeral Exibit se limitait à de l’instrumental, puissant et crasseux, Ear Drums.. multiplie les featurings, avec le MC texan Cerebral Vortex, le grimeur P-Money, Anneka ou encore notre copine Kiki Hitomi (de King Middas Sound).
Si les collaborations féminines aboutissent à des titres assez agréables, on dégringole dans le bien vulgos dès que l’on passe au rap. Starkey se borne à couronner les flows d’éclairs outranciers de synthétiseurs, et lâche du mauvais blast à la pelle. Plus effarant encore, l’apparition de voix salement vocodées sur Club Games et Alienstyles, qui, couplées au rap, font encore plus mal à l'estomac. On croirait presque entendre du Kid Cudi. En ce qui concerne les titres instrumentaux, on est trop souvent confronté à d'aveuglantes lignes de synthés futuristes ou à des gros breaks putassiers qui rivalisent d’indigestion. Dans les quelques meubles à sauver, le single OK Luv qui adopte une démarche plus propre, où une mélodie attrayante se dégage, portée par un beat net et éclairée de larmes de synthétiseurs. On retiendra également Neck Snap pour son atmosphère sereine, mais qui malgré tout respire le bling clinquant.

Dommage pour Starkey, ce nouveau jet ne s’avère que très peu concluant. En mettant le "gangsta" à l’honneur, il se perd dans des tréfonds de mauvais goût. Tant pis on repassera. Ou pas.


  par Manolito
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 19:43

Sortie : 19 avril 2010

Label : City Slang

Genre : Electro-pop

Note : 8/10

 

Depuis ses débuts sous le nom de Manitoba, le canadien Dan Snaith n’en finit plus de sonder en profondeur l’électro-pop. Passé l’expérience Manitoba, Dan s’est accaparé les commandes du groupe Caribou, déjà auteur de deux albums remarquables et dont le dernier exercice, Andorra, avait permis au groupe de véritablement exploser par la force d’un single trompeur, Melody Day. En effet, Caribou n’a jamais cherché à écrire la pop-song parfaite, celle que l’on se prend à fredonner dans la rue, le groupe préférant questionner en permanence la structure lacunaire couplet/refrain d’une chanson pop et montée/descente d’une piste électro.


Dan, descendant d’une famille de mathématiciens et lui-même titulaire d’un doctorat en maths, se complaît dans l’intellectualisation de la musique. Mais attention, cela ne se fait jamais au détriment de la satisfaction primaire de l'auditeur : bouger le bassin de gauche à droite dans un mouvement répétitif. A ce petit jeu, Swim est clairement un niveau au-dessus de ses prédécesseurs avec 9 titres totalement acquis à une dance-music des plus inventives. Dès les premières secondes, Odessa impose un beat lancinant sur une ambiance lourde où la voix de Dan se fait aussi douce que celle d’Erlend Oye. Une voix qui ne sera jamais trop mise en avant tout au long de l'album pour mieux laisser place aux multiples strates et sonorités.

Chaque morceau est une composition géométrique complexe, évitant la redondance et semblant muer en permanence (Sun ou Bowls). La démarche pop et la dimension psychédélique se font moins évidente que sur Andorra pour davantage se concentrer sur la structure chirurgicale des morceaux. Il y a cette impression tenace de tenir ici l’album ayant réussi l’alchimie parfaite entre les expérimentations audacieuses d’Animal Collective et les comptines électronica de Four Tet.

Jusqu’à maintenant, une certaine naïveté se dégageait des compositions de Dan Snaith, s’en est désormais finit. Caribou atteint avec Swim un niveau insoupçonné d’homogénéité et semble parvenir à une sorte de plénitude. Swim se révèle plus sombre, mais jamais plombant, que ses prédécesseurs notamment sur l’électro 80’s d'un Leave House chancelant et sur le fantastique Found Out dont les trois minutes d’électro-pop risquent fortement de parasiter durablement vos pensées par la force d'un thème d'une simplicité désarmante.


Avec Swim, Caribou signe un brillant album de pop électronique ingénieuse et démontre une fois de plus tout le génie de Dan Snaith. Il n’en reste pas moins que Caribou est un groupe prenant toute sa mesure en live où ses prestations psychédéliques révèlent tout leur pouvoir hypnotique et il y a fort à parier qu'avec ce nouvel album, les prochains concerts vont être sublimés. Soyons en sûr, Swim mérite de s'imposer comme un des meilleurs album d'électro-pop de 2010.

 

http://www.seizurechicken.com/wp-content/uploads/2010/01/caribou-swim-aa.jpg

par B2B

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 17:53

Sortie : mars 2010

Label : Third Culture/Lab'oratoire

Genre : Rap

Note : 4


Le bon Wax Tailor choisit toujours bien les invités, souvent parmi les artistes indépendants prêts à dévoiler tout leur talent. C'est le cas des rappeurs d'ASM, présents sur les deux derniers disques du producteur français (sur les morceaux Positively Inclined et Say Yes). Ce groupe qui sonnait comme des MC underground américains sort son premier album sur le label de celui qui les a fait connaître. Ceci permet de découvrir qu'ils ont déjà sorti un premier EP en 2007 et, surtout, qu'A State Of Mind réunit en fait un Canadien (Green T) et un Allemand (FP) au micro ainsi qu'un Anglais (Fade) derrière les platines et les machines.

Devant un début d'année un peu morne en termes de sorties rap indépendant anglo-saxon, cet album fait figure de bonne surprise. Les bonnes sensations ressenties avec Wax Tailor se confirment en effet avec ce disque aux multiples facettes musicales, une bonne dose de textes bien calibrés et une brochette d'invités bien choisis. Fade sait varier les ambiances en pondant des instrus dynamiques tout à fait adaptés au flow de ses MC. Il peut aussi bien puiser dans le funk (Certified Organic et ses cuivres pêchus) ou dans le reggae (Turnaround et Root To The Fruit) pour offrir un accueil de qualité à Warrior Queen et surtout aux rappeurs Wildchild et à Sadat X qui se posent ici aisément. Le DJ peut aussi laisser la place à d'autres producteurs, à Kidkanevil par exemple pour une piste plus rock (Momentum) ou à Wax Tailor lui même pour un morceau très évolutif (Guaranteed) introduit par quelques samples de voix comme il sait les trouver. Ma préférence ira toutefois à l'instru de DJ Vadim qui a l'audace de réduire le rythme sur Move Like This (avec Mattic au micro), offrant ainsi une respiration bien sentie.

Malgré les nombreux invités au micro, on distingue tout à fait Green T et EP et leurs flows dynamiques qui démontrent leur goût pour les anciens comme De La Soul ou A Tribe Called Quest, même si la ressemblance est plus forte avec la bande de Jurassic 5 (notamment sur Transatlantic). Ils sont toujours très à l'aise au micro et leur expérience de la scène leur a apporté une énergie qui accroche sans cesse l'auditeur. Les deux MC allient en effet une technique impeccable avec un côté chantant qui empêche toute monotonie. Avec le son cubain concocté par Fredo sur 9-fiddy Number, on mesure tout le potentiel festif du groupe. Quant à la soul de Worldwide, il apporte une touche plus intime et chaleureuse qui marque les dernières minutes de ce Platypus Funk.

Mis à part le titre Vanilla Philie qui semble un peu facile et une fin de disque un peu plus classique, pas grand chose à redire sur ce premier album de très bon niveau.

par Tahiti Raph
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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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