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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 12:44

Sortie : novembre 2010

Label : Tympanik Audio

Genre : IDM

Note : 8/10

 

Tapage est un des membres de la sainte trinité actuelle de l'IDM, en compagnie d'Access To Arasaka et Hecq. Autant inspiré par l'IDM de Gridlock que par le post-rock de Godspeed You! Black Emperor, le Néerlandais Tijs Ham sévit sur Tympanik où il a déjà sorti deux albums. Qui peut oublier son chef d'oeuvre Fallen Clouds sorti l'année dernière (ici). Féru de programmation, on peut même parler de sorcier des softwares face à son niveau de maîtrise (plus particulièrement avec Super Collider). Etched in Salt est en fait un album réalisé à deux esprits et quatre mains puisque Tapage est cette fois-ci accompagné de Meander, aka Ophidian. Leur collaboration devrait légitimement donner naissance à une des oeuvres majeures de cette année.

 

Dès l'ouverture sur l'excellent California Blue, le ton est donné. Même si on s'aperçoit rapidement que ce qui résulte de cette union est assez différent de ce qu'ils produisent quand ils officient en solo. Si les beatmakers les plus talentueux s'efforcent régulièrement d'explorer l'hyper-espace où la matrice mécanique, Tapage & Meander semblent se lancer ici dans une immersion vers les abysses marins. Pour contraster avec ces divines textures et ces pads sub-aquatiques, quoi de mieux que de transformer le beat en sous-munitions rouillées dont les déflagrations libèrent les trésors du monde de Poseidon. Loin de se limiter à une béate contemplation des fonds, les péripéties de nos deux scaphandriers décrivent des contes chimériques parfois presque enfantins. La frénésie rythmique (tout est relatif) témoigne de poursuites et de jeux en compagnie de la faune locale. Malgré l'harmonie apparente, le beat semble travaillé à l'infini, torturé même par tant de mutations. N'est ce pas lui qu'on entend hurler et se recroqueviller comme un foetus face à une mort inéluctable sur le terrible Oceanographic ? Si l'ambiance se fait plus tendue et plus angoissante à l'écoute du non moins exceptionnel Nectocalyx Barrage, que les poissons, les hippocampes et les tortues de mer semblent fuir l'arrivée du mazout déversé par un pétrolier voguant sous l'étendard de Total, rassurons nous, la marée noire n'aura pas lieu cette fois-ci. L'espoir et le maintien de la vie sont évoqués lors de l'onirique Osedax, creusant le sillon d'une harmonieuse et bien sentie issue downtempo (Abyssal Plain et Delicate Hydroid). Ah oui, il y a aussi des robots autonomes dans cet océan là.

Bien évidemment, certains auraient souhaité que les eaux soient un peu plus souillées par une quelconque mixture organique noirâtre, conçue de rouille, d'essence et de merde. Il y a toujours des aigris. Je me contenterais de questionner l'apport de synthés un rien kitsch (Tolopea, Attola Wyvillei), n'étant qu'un aigri à mi-temps. Car soyons clair, cet album est un cru exceptionnel. A l'écoute de monuments comme The Tide, Hydrostatic Skeleton ou Plankton, on connaît un certain Richard D. James qui ferait bien de sortir de son tank et de se remettre au travail.

 

Tapage confirme tout le bien qu'on pensait de lui depuis longtemps. Va falloir maintenant se plonger sur Meander. Etched In Salt est bien un des albums les plus réussis et, plus rare, un des plus cohérent de cette année. La Sainte Trinité a encore de beaux jours devant elle. Merci messieurs.

 

http://3.bp.blogspot.com/_D3WHkOh6MWA/TOUxYovVn8I/AAAAAAAABZY/7W-hOoBLQX8/s320/ta050-tapage_meander-etched_in_salt.jpg

par Ed Loxapac

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 12:03

Sortie : octobre 2010

Label : Out Note Records

Genre : Jazz électro

Note : 5

 

Après Franceco Tristano (chroniqué ici) et Laurent de Wilde (chroniqué ici), l'automne est assez jazz sur Chroniques électroniques, puisque c'est un autre projet dans ce style dont il est question avec After In Paris. Les trois Français qui composent le groupe donne une suite à leur premier disque sorti en 2004 en invitant cette fois ci des pointures : Paolo Fresu à la trompette et Dave Liebman au saxophone. Du jazz oui, mais toujours avec des machines, vous vous en serez doutés...

 

L'électronique n'est là qu'en appui. Dans les détails ou dans l'esprit. Les constructions sentent la programmation. La voix fantomatique de Claire Michael est empreinte d'effets. After In Paris peut alors se laisser porter paisiblement sur Emotions Are So Strange ou envoyer plus fort sur le court Short Cuts. Instrumentaux ou vaguement chantés, les titres sont aussi ponctués de samples de classiques du cinéma américain, tels que Citizen Kane ou Le Faucon Maltais. La rencontre cinématographique est appuyée sur It's Halloween où la citation croise un saxophone errant et une basse slapée énergique. Il y a des accents drum'n bass dans ce morceau, comme à d'autres reprises, sur lequel la batterie et la flûte traversière enrichissent finement la mélodie. Définitivement jazz, dans différentes variantes parfois un peu expérimentales, mais habité d'électro donc. C'est très flagrant sur The Clock où l'ambient est voluptueux ou sur Uptown et son tempo survolté.

Si le chant de Claire Michael est parfois un peu trop présent et si Paolo Fresu est assez discret, Dave Liebman assure en revanche le spectacle tout comme Patrick Chartol à la basse. Le disque décolle vraiment à mi parcours, quand tous les éléments différents semblent avoir trouvé leur place et que les interventions se complètent plus qu'elles ne se succèdent. Les samples de films forment un fil rouge captivant, notamment sur l'énergique et pourtant mesuré Inexplicable. L'extrait de Citizen Kane introduit lui Missing Piece où le piano de Jean-Michel Vallet prend un peu plus de place. La descente s'amorce. Deux titres chantés plus lounge font baisser l'attention sur la fin.

 

After In Paris offre un croisement inspiré entre cinéma, jazz et électronique sans en faire trop sur l'un ou l'autre. L'expérience mérite le détour même si l'originalité et la réussite n'est pas au rendez-vous sur toute la longueur.

 

http://cdn.7static.com/static/img/sleeveart/00/010/363/0001036323_350.jpg

par Tahiti Raph

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 18:10

Sortie : novembre 2010

Label : Ant-Zen

Genre : Ambient

Note : 7,5/10

 

Après avoir fondé Zero Degree en 2004, Matthias Erhard croise la route de Bernahrd Korth avant qu'il ne le rejoigne en 2007. Korth se concentre sur le soundscaping et les synthétiseurs pendant qu'Erhard s'escrime à programmer des rythmiques et à donner de l'envergure aux principales structures. De leur union au sein de Zero Degree naîtront des travaux tous sortis chez Audiophob. En signant Probe chez le légendaire Ant-Zen, le duo s'ouvre de nouvelles perspectives et des voies plus pénétrables.

 

Une citation issue de Blade Runner illustre l'artwork et ce n'est sans doute pas anodin. Probe est un de ces pavés minimalistes capables d'illustrer de nouvelles ou de chimériques conquêtes spatiales. Bercés aux sons des papes de l'ambient, de Brian Eno à Klaus Shulze, les deux compères allemands savent d'où ils viennent et là où ils veullent aller. Là où l'immensité se confond avec l'infini, où l'apesanteur décompose finement le moindre mouvement, là où le voyage ne comporte pas forcément de billet retour. A bord d'un nouveau fleuron de l'aérospatial, l'odyssée est à la fois majestueuse et dangereuse, peignant des territoires insondés, admirés par des regards vierges. Les morceaux avoisinent ou dépassent donc forcément à chaque fois les dix minutes. Chaque geste technique du duo est mesuré, ne voulant à aucun moment rompre le sentiment d'hypnotique immersion créé chez l'auditeur. Ce qui est bien avec ce genre de musique, c'est que chacun peut se créer son propre visuel. Il suffit de fermer les yeux et de laisser travailler de choeur l'imaginaire et l'inconscient. Dans un futur plus ou moins proche, on vendra probablement des virtuels et mentaux voyages à l'autre bout du système solaire. On ne consommera pas ces nouvelles drogues avec parcimonie car l'être humain aura, a ce moment là, plus que jamais besoin d'évasion. Des troubles spatiaux et temporels apparaîtront chez les plus fragiles d'entre nous. Qu'ils soient béatifiés sur le champ, ivres de bonheur face à ces nouveaux horizons, se crashant le sourire aux lèvres sur des météorites aux contours rugueux et abrupts. La musique de Zero Degree sera l'idéale bande originale de ces films narcotiques qui n'existent pas encore. Et celà même si One Million Mile Beyond The Sun et Full Of Stars s'éloignent des rivages de l'ambient pour prendre des contours de techno inétiquetables. Phytron et Drak Slop Streaks seront à jamais disponibles pour ceux qui souhaitent se connecter et retourner... là-bas. Comme souvent avec ce genre d'oeuvre, la clôture amorce un retour douloureux sur la terre ferme. C'est sans doute pourquoi Probe semble décrire des scènes surréalistes où l'équipage préfère sauter en plein vol, pour ne fut-ce qu'un instant fusionner avec cette atmosphère si pure et si enivrante qui les fera passer de vie à trépas. L'espace n'est-il pas le plus calme et le plus harmonieux des cimetières ?

 

Entre sage dimension psychédélique et avérée démarche cinématographique, il est presque surprenant de trouver pareil album chez Ant-Zen. Les fidèles du label lyonnais Ultimae pourraient adhérer au projet, tout comme les fans de l'ambient d'hier et de demain qui seront eux, forcément conquis. Bon voyage à ceux qui céderont légitimement à cette spatiale tentation.

 

http://www.fixtstore.com/img/graphics/IndieStore/ZeroDegree_Probe%202.jpg

par Ed Loxapac

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 13:43

Sortie : 27 novembre 2010

Label : Ruff 

Genre : Dubstep, IDM

Note : 7,5/10

 

Lorsque la chimie et ses obscurs composés organiques se frottent à la rugosité de certaines musiques électroniques, la réaction débouche sur du 2methylBulbe1ol. De son vrai nom Nicolas Druoton, ce bisontin officie à l'origine dans l'IDM, il sort quelques EP, puis s'oriente vers un dubstep mâtiné d'indus. Dès lors, qui de mieux que placé que notre Niveau Zero national pour conclure une collaboration ? Le Parisien Frédéric Garcia, ancien bassiste métal, avait exposé toute la puissance jouissive de son dubstep de brute sur l'excellent In_sect (chroniqué ici), sorti en mai dernier sur Ad Noiseam. Après un maxi avec Matta, voici Ruff 11, en compagnie de 2methylBulbe1ol, qui sort sur Ruff, le sous-label de la maison Peace Off

 

Les chroniques de dubstep hard, vrillé et violent ont tendance à se cumuler ces derniers temps, ce qui n'est pas nécessairement un hasard. Toujours est-il que My Roots de Niveau Zero et Glocken de 2methyl représentent des archétypes du genre. Le premier cité est un remix du Roots Bloody Roots du groupe de métal brésilien Sepultura, auquel Garcia inflige un traitement au hachoir. Les riffs de guitares saturées subsitent, mais se muent en vrombissements électroniques bravaches et volcaniques. Entre le wobble en dents de scie, les trous d'air provoqués par les sursauts du beat, et les bribes de vociférations métal en arrière plan, My Roots diffuse fatalement de vicieux arômes hardcore. Après coup, difficile de ne pas sentir sa boîte crânienne tituber légèrement, et il y a fort à parier que quelques uns de nos neurones auront tragiquement perdu la vie dans l'expérience. C'est sans rancune.

Dès les premières secondes de Glocken, on perçoit la singularité de 2methylBulbe1ol, et la pertinence de l'association des deux titres. Les fragments de voix lyriques, la mélodie perlée de carillons, et l'ambiance en clair-obscur découleraient de ses influences IDM que l'on ne serait pas surpris. Mais il suffit de peu pour que le break fonde tel un rapace sur un lambeau de chair. Les déflagrations viennent de partout en même temps, le glitch est à vif, et le beat, métallique et grimaçant, semble effectuer d'impressionnants exercices de contorsion, à un rythme effréné. Mais derrière les grincements de rouille, d'acier et de poussière, perdure une forme de poésie très pure, contenue dans les accents tragiques de la mélodie et dans les tintements argentins qui s'épanouissent brièvement lors des rares accalmies.  

 

Une belle taloche que ce maxi. Les explosions anarchiques de Niveau Zero se mariant superbement aux déchainements passionnés de 2methyl, Ruff 11 n'est autre que deux petites grenades, préalablement dégoupillées. Cette release donne d'ailleurs envie de se pencher davantage sur le label Ruff, qui sort entre autre du Broken Note ou du Bong-Ra. Sur ce, bonne dérouillée. 

 

w13021_Ruff11_Aside_ithink.jpg

par Manolito

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 13:35

Sortie : 7 décembre 2010

Label : Sub Pop Records

Genre : House tranquille

Note : 7/10

 

Le Californien Dntel est un producteur plus que respecté dans la sphère électro-pop puisqu’il s’agit, ni plus, ni moins, que de James Tamborello, moitié du duo The Postal Service (avec Benjamin Gibbard, chanteur de Death Cab For Cutie). The Postal Service qui en 2003 avait sorti l’album d’électro-pop ultime, Give Up, aujourd’hui encore indétronable. Mais Dntel, c’est aussi un producteur de musique électronique inspirée, un mec qui sort peu de disques pour éviter les déchets. Ainsi Dumb Luck (2007) était une cinglante réussite dans l’exercice périlleux des collaborations (et pas des moindres : Grizzly Bear, Conor Oberst, etc.).

La sortie d’After Parties chez Sub Pop permet de retrouver notre Angelino. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’un album à proprement parlé, mais du rassemblement de 2 EP, After Parties 1 et After Parties 2, le tout pour 8 morceaux en à peine 40 minutes.

Fini l’électronica pur des derniers albums, place à une house cotonneuse. Les fans du dernier Four Tet devraient largement trouver leur compte dans cet exercice. Bien que cet After Parties soit minutieusement travaillé, on ne peut tout de même crier au génie. Contentons-nous d’apprécier simplement ces 8 plages nous plaçant finement en apesanteur.

L’éponyme After Parties, ouvrant les hostilités, permet de directement tomber dans une house mélancolique, tout en nuances. Fatalement, le titre renvoie à ces petits matins blêmes, lorsque l’on se laisse aller à un docile chaloupement des corps. On retrouve l’identité Dntel/The Postal Service, cette délicieuse alchimie entre spleen et euphorie. Il faut dire que Dntel sait y faire, notamment dans un traitement du son permettant d’assouplir l’ensemble. Flares donne ainsi l’impression de marcher sur du coton, pendant que Peepsie verse du côté des sonorités aquatiques et que Aimless donne l’impression de déambuler dans une fête foraine chancelante. Il ne vous reste plus qu’à regarder par la fenêtre la neige tomber lentement, en écoutant la house planante et évanescente de Leed.

After Parties est une fragile parenthèse émotionnelle, le genre de disque qu’on écoute au chaud lors d’une fraîche matinée hivernale. Dntel signe un pacte de non-agression où il fait bon se lover.

 

http://cdn.pitchfork.com/media/dntel.jpg

par B2B

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 17:04

Sortie : novembre 2010

Label : Hymen Records

Genre : IDM

Note : 8/10

 

Que sait-on du Suisse Jérémie Wenger, aka Abs6 ? Tout d'abord qu'il traîne ses guêtres au sein du collectif Piouk! avec Monsieur Connard, qu'il sévit dans la D&B bien sombre et le breakcore sous son avatar Gerbem. Son premier album, Audiomedikation, avait d'abord confidentiellement vu le jour en 2008 avec un contenu un peu différent en Cdr sur le label Audioactivity. Le légendaire label allemand Hymen Records publie cet album sous une forme et un contenu bien plus abouti et moins artisanal. Voilà qui devrait lui procurer une toute autre visibilité. Comme il l'indique lui même dans sa biographie synthétique, Abs6 est le point d'intersection de plusieurs segments et d'horizons, concentré de tableaux mouvants vers des directions toujours surprenantes.

 

Bien que définitivement orienté vers l'IDM et les mécanismes industriels, Audiomedikation jouit d'une inexplicable et indescriptible idéologie hip-hop. Surtout en ce qui concerne les orientations jamais répétitives des rythmiques et de la fracture du beat. Sévèrement inspiré des travaux au synthé et du sentiment permanent de fausse piste des premiers albums d'Autechre, certaines oreilles averties peuvent effectivement songer aux regrettés premiers travaux de Venetian Snares, plus particulièrement dans les constructions rythmiques. Le travail d'Abs6 est néanmoins rafraîchissant et original. Son concept de thérapie sonique n'est pas du tout usurpé, surtout à l'écoute des excellents Diagnostik, Premiers Traitements, Reforme Alimentaire et Douce Trépanation. Encore faut-il admettre qu'une thérapie puisse être menée sereinement à coup de neuroleptiques, de benzodiazépines et entre les quatre murs d'une cellule capitonnée. Car même si cet album n'est pas destiné aux seuls psychotiques en cours de décompensation, la dimension hermétique d'un hôpital aux méthodes plus que rigides est assez palpable. Tout ce qui se cantonne à cette IDM intelligente (mais pas plus complexe que ça) est habilement maîtrisé aussi bien techniquement que dans la conception mélodique. On peut même parler de tour de force ou de démonstration assez impressionnante pour un premier album. Les théories sur les effets de régulation du transit intestinal par les lignes de basse laissent plus dubitatif. Pas sur le plan médical mais plutôt sur le contenu. On trouve sur ce morceau ainsi que sur Dazing Therapy et Dancing Mass Index un côté putassier et salacement technoïde que notre cher Vitalic n'atteindra jamais, mais qui peine à séduire ceux qui demandent à la musique plus que des ronflements vaguement hédonistes. Par contre, la collaboration D&B radioactive de clôture en compagnie de Monsieur Connard, Maybe It's Genetic, est à saluer des deux mains.

 

Audiomedikation est un excellent et prometteur album dont on pardonne les quelques fautes de goût. Si il ne confond pas variété et dispersion, il y a fort à parier qu'Abs6 refasse parler de lui au coeur d'une scène parfois trop autiste pour pleinement emporter l'adhésion.

 

http://images.digital-tunes.net/releases/audiomedikation/full_size.jpg

par Ed Loxapac

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 15:44

Sortie : novembre 2010

Label : DTC Records - Gazebo - DFragment Music

Genre : Jazz expérimental

Note : 7

 

Le piano joue clairement. Les notes sont franches et entières. Nous perdons le contact. Le son se brouille. Les mouches envahissent les enceintes. Grésillements parasites (Intro).

 

Laurent de Wilde joue de son piano, tape dessus, fait résonner chacune de ses parties. Otisto 23 enregistre, modifie et fait ressortir de son ordinateur des rythmiques rauques, des frottements synthétiques. La mécanique est huilée depuis leur album Pieces sortie en 2007. Laurent joue. Otisto retravaille.

La rencontre est industrielle, métallique, dure. Le piano virevolte tandis que les machines cognent (Sorry George). Enregistré au plus près de la nature, ce disque sonne pourtant avec une certaine froideur. Pas celle des touches charmeuses (Lost), celle rugueuse de la transformation des battements sur le reste de l'instrument (Jazz Me I'm Infamoous).

 

Après avoir exploré le jazz à plusieurs, de Wilde a viré dans l'électro le temps de deux disques en groupe (Stories en 2003 et Organics en 2004), puis est revenu sur le piano solo. Un recentrage. Il est toujours sur son piano solo, mais Otisto 23, ingénieur du son et pianiste lui aussi, est désormais là afin que l'instrument donne vie à tout un groupe virtuel.

Les marteaux cognent les cordes. Autour tournoient des hurlements sourds. Une batterie plus classique accompagne un instant l'air de jazz avant que la cadence augmente. L'usine tourne à plein, les ouvriers sont harassés (Hiphex Blues). L'expérimentation évolue, se renouvelle. Cherche et trouve. Les deux hommes s'interrogent et se répondent. Le piano est noyé, il disparaît dans un hangar désert (Good Cop Bad Cop). L'organique est dépassé par le numérique. L'ordinateur prend le dessus. l'industrialisation est en marche, inexorablement. Otisto frappe et la machine écrase l'homme (B Flat Seven).

 

La guerre est finie. La technologie a évolué. Des robots veillent sur une troupe aliénée. Le piano revient peiné et emprisonné derrière des basses dominatrices. La mélancolie plane. L'horizon est terne. Une voix surgit d'un haut parleur : "il sort du compartiment, il est aveugle" (Geek No Geek).

Le combat reprend, le tempo augmente, et personne n'en ressort vainqueur (To Break The Ice). Sauf l'auditeur, tour à tour intrigué, brinquebalé sans ménagement, enthousiasmé, inquiété, caressé ou agité. La perturbation s'éloigne. les grésillements cessent. Le son du clavier redevient normal (Outro).

 

http://bassmatak.free.fr/fly/images/Fly_cover-jpeg.jpg

par Tahiti Raph

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 09:39

Sortie : 6 décembre 2010

Label : Walt Disney Records

Genre : B.O. pompeuse

Note : 2/10

 

Pas étonnant de voir copuler Daft Punk et Disney tant les deux font figure de parcs d’attractions pour grands enfants. Inutile de disserter pendant des heures sur l’apport des Daft dans la musique électronique. Non pas au niveau qualitatif, le duo français se contentant de tracks relativement simplistes, mais essentiellement dans un domaine échappant aux théories : l’émancipation et l’ouverture d’une musique "électronique" à une échelle mondiale ayant permis à un public non averti de tomber dans les méandres des machines. Daft Punk n’est pas uniquement un blockbuster à danser, c’est un passage obligé, un rite d’initiation fréquentable.

 

Depuis les grands messes populaires de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo, on avait peu de nouvelles du duo jusqu’à l’annonce de la création de la B.O. du nouveau Tron Legacy, suite du faux film culte obsolète Tron (à l’époque, Wendy Carlos avait composé la B.O., ce qui est autrement plus classe). Après tout pourquoi ne pas céder aux sirènes de Mickey le temps d’un rouleau-compresseur mondial permettant de s’acheter définitivement une légitimité artistique. Car ne soyons pas dupe, on sent bien que Daft Punk tient fortement à démontrer ses talents de composition. Le plan marketing est en place et rien ne dépasse.

Et finalement, quelle déception ! Tron Legacy n’est rien d’autre qu’une énième B.O. de film à grand spectacle, à caler entre deux pâtés étouffant de James Horner et Hans Zimmer. Car il n’y a pas erreur sur la marchandise, dès l’Overture on est happé par des cuivres aux services d’une orchestration grandiloquente. Le thème est directement bombardé et sera plus que le fil conducteur de cette partition puisqu’on va le bouffer à toutes les sauces, au service d’un plat unique. Là où des compositeurs aguerris savent réinventer un thème pour mieux manipuler l’auditeur, Daft Punk tombe dans le piège de la redondance. La faute ne revient sans doute pas totalement aux Français, il y a fort à parier qu’ils ont dû subir un lourd cahier des charges de la part de Disney. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas s’être limité à un exercice plus concentré plutôt qu’à ces 22 très courts titres se ressemblant maladroitement ? Et l’alternance de morceaux électroniques avec des pistes orchestrales ne suffit pas à couvrir la pauvreté de l’ensemble.

Quand Daft Punk se dirige vers une électro pur, on est aussi désopilé. La compression sonore accompagne toujours le groupe au service d’un rétro-futurisme insignifiant, The Son Of Flynn, d’un trip à la Carpenter un poil plus entraînant, End Of Line, ou d’une unique parenthèse tech-house un brin formaté, Derezzed. Tout cela est bien maigre et ne peut empêcher la machine de tourner en rond.

 

Ecouter ce Tron Legacy d’une traite ne présente absolument aucun intérêt, au contraire, on frise l’ennui dès les premières minutes. On pourra toujours dire qu’il s’agissait d’une B.O. et qu’après tout, Daft Punk était tenu par des exigences inaliénables, on ne peut qu’être déçu. Il n’y a plus qu’à oublier cette parenthèse anecdotique dans la discographie des Daft Punk.

 

http://www.kdbuzz.com/images/news/daft_punk_tron_cover.jpg

 

par B2B

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 20:02

Sortie : novembre 2010

Label : Decon

Genre : Rap

Note : 6

 

Il faut être ambitieux pour travailler sur une collaboration dont l'objectif est d'accoucher d'un disque dans le style de Jaylib. C'est le défi que se sont lancés il y a deux ans, Oh No et The Alchemist sous le nom Gangrene ett qui donne aujourd'hui le disque Gutter Water. Avec le frère de Madlib aux manettes et au micro et un des meilleurs producteurs américains qui a débuté avec Dilated Peoples et Mobb Deep, autant dire que nous n'avons pas affaire à des débutants et que leur ambition est réalisable. Et pour être sûr de ne pas se rater, rien de mieux qu'une brochette d'invités de haut niveau.

 

Pour l'esprit, les deux producteurs sont allés puiser dans leur large banque de samples pour coller voix, instrumentaux courts et titres vocaux plus longs. L'idée est de faire perdre ses repères à l'auditeur en enchaînant interludes, morceaux, extraits de films et autres bidouillages. La mixture prend vite et nous entraîne d'un son à un autre dans un style direct et rugueux. Premier pur joyau d'instru, celui de Not High Enough et sa pluie de piano qui ruisselle sur le refrain murmuré. The Alchemist apporte sa science des références soul sur Gutter Water avec un invité de luxe en la personne de Raekwon.

Ces deux extraits plutôt mélodieux ne présagent pas de la suite avec des passages plus heurtés comme ce Wassup Wassup sur lequel Fashawn et Evidence balancent des rimes acérées. La tension monte d'un cran avec un All Bad bien énervé. La suite est du même tonneau avec des apparitions coup de poing de MED ou Guilty Simpson et un ton rugueux. Avec le violon fou de From Another Orbit, la voix inversement détachée de Roc C et de ses comparses nous conduisent dans un trip brutal dans lequel seul le rap indépendant peut entraîner. Les deux hommes naviguent en bitume trouble et font trembler femmes et orphelins même sur le plus posé Standing In The Shadows avant d'offrir avec Not Leaving un peu de chaleur en guise de conclusion.

 

Si l'album n'atteint pas l'originalité et la qualité de Jaylib, l'ambiance et la diversité en font une bonne tuerie. Oh No et The Alchemist ont en effet assez de ressources pour envoyer un disque dense, riche et varié.

 

http://deconrecords.com/wp-content/uploads/2010/11/GUTTERwater550-490x490.jpg

par Tahiti Raph

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 23:16

Sortie : 14 novembre 2010

Label : Ad Noiseam

Genre : Dubstep, Breakcore

Note : 8/10

 

Broken Note compte en ses rangs Tommy et Eddie Jefferys (la moitié de 16bit). Originaire du sud de Londres, le duo a criblé d'EP des labels comme Ad Noiseam, Ruff, Damage ou Prospct, et acquis une solide réputation de terroristes soniques. Après un premier album, Terminal Static, sorti l'année dernière, Broken Note enchaîne avec cet EP, immanquablement publié chez le berlinois Ad Noiseam.

 

L'appellation darkstep sied impeccablement au son des anglais. Leur dubstep tendancieux, mâtiné de breakcore, de drum'n'bass et d'indus n'est pas de ceux à laisser à la portée des petits enfants. Les breaks mordent directement la colonne vertébrale, et chaque déflagration semble provoquer des nuages de débris, qui s'éparpillent dans des crissements douloureux. Autant dire que dès que ce maelström effleure nos oreilles, on se sens aussi scotché et ridiculement minuscule que devant un impétueux phénomène de dame Nature, de ceux qui déclenchent des montagnes de pluie et des torrents d'éclairs, par exemple. Face à la maitrise lapidaire qui hante ces quatre titres, on ne sera que peu surpris d'apprendre que derrière le mastering se cache un certain DJ Hidden.

L'éponyme Flood s'ouvre sur une veine sombrement rock, introduite par des guitares électriques et un brouillard de cordes. Puis le beat mat explose, et évoque de façon troublante un flash ball dont le calibre aurait viré à la mitraillette. Les détonations sourdes, la puissance exubérante des breaks, et les noirs reflux sonores ont quelque chose d'étourdissant. Avec son beat initial suggérant presque un hip-hop bien hargneux, Mass Of Gas apparait définitivement comme le titre le plus lourd de Flood. La suite s'apparente à une bouillie de basses sauce breakcore, dont les réminiscences de dubstep ont été consciencieusement réduites en charpie. Si cela ne vous suffisait pas, le comble de l'agression s'atteint sur Bad Acid. L'ambient et les nappes délicates des premières secondes se font progressivement saccager, tandis que s'installe un véritable climat de terreur. Une voix narquoise profèrera d'ailleurs "Introduce a little anarchy". Seulement un peu..?

Seul Aporia ne me semble qu'à demi convaincant, un brin convenu peut-être, mais se fond sans aspérité aucune au sein de cette glorieuse insurrection.

 

Que ceux qui désirent oublier toute nature morale et percevoir le sens du chaos soient libres de se perdre sous les coups de butoir de Broken Note. Cet EP fracassant n'est cependant pas à mettre en toutes les mains. Pour ce qui est des fans de Matta, de Niveau Zero, et globalement du dubstep estampillé Ad Noiseam, ils risquent fort de s'en pourlécher les doigts. 

 

BrokenNote_Flood-2.jpg

par Manolito

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