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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 15:30

Lieu : Gaïté Lyrique

Date : 30 juin à 20h

 

Les apparitions du génie Ben Frost sont trop sporadiques pour être loupées en France. Encore plus quand il est accompagné de Roly Porter, auteur du génial Aftertime de l'année dernière, et du prometteur quartet français Insiden. Aux confins du drone, de l'ambient, du noise et de la musique contemporaine, le spectacle offert en configuration assise risque d'être littéralement "habitant" et habité. Il faut savoir saluer les rares salles parisiennes qui prennent des risques en proposant de véritables affiches culturelles. Merci donc à la Gaîté Lyrique. Ceux qui furent (ou qui le seront) bouleversés par les oeuvres Theory Of Machines et By The Throat peuvent encore acheter les quelques places encore disponibles. Ils peuvent aussi se rendre dans notre rubrique concours et ainsi tenter de gagner deux invitations pour la soirée. Nous y serons et vous proposerons un live report peu après. Chez Chroniques Electroniques, on sait gâter les oreilles avisées.

 

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Pour plus d'informations sur la soirée, cliquez ici.

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 11:40

Date : 21 Juin 2012

Lieu : Grand Palais (Paris)

 

C’est avec une appréhension certaine que je me dirige vers l’entrée principale de la nef du Grand Palais. Il faut dire qu’à défaut d’être audacieux, le pari est risqué de confronter musique électronique, art contemporain, immensité du lieu et public parisien. Résultat : ce Bal Blanc est la soirée la plus courue de la capitale en ce jour de Fête de la Musique.

La foule, dense, joue le jeu en étant entièrement vêtue de blanc, dress code obligatoire. Un semblant d’explication s’impose. Depuis l’an dernier, We Love s'est entouré de l’agence artistique The Creators Project (et aussi, plus accessoirement de Vice) dans l'optique d'investir l’évènement Monumenta afin d’y organiser la soirée de clôture. Ainsi, en 2011, Richie Hawtin s’était retrouvé face au Leviathan d’Anish Kapoor pour un naufrage imprévisible, la faute revenant à un public tellement con que ça en devenait fascinant (article ici). Cette année, c’est Daniel Buren qui s’est chargé de jouer avec le lieu. Le line-up de la soirée est des plus réjouissant : Four Tet, Caribou et Jamie XX pour un B2B2B de 6h. Le choix de ces artistes est judicieux au regard de l’œuvre de Buren. Ces trois-là aiment à jouer avec les couleurs et misent principalement sur une musique aux formes arrondies. Pour parachever le processus en route, il a été demandé au public de venir vêtu entièrement en blanc. Et là encore, malgré ma récalcitrance primaire, le résultat est astucieux. En uniformisant le public parisien, ce Bal Blanc a réussi à le neutraliser. Les inextricables têtes à claques ont du se noyer dans une masse compact, où chacun n’était que le reflet de son voisin. Difficile à vivre pour un public qui aime tant se démarquer de ses congénères.

Une fois à l’intérieur du monstre ferrugineux, le son se dilate. Les bars annoncent la couleur en affichant la bière à 7 euros, un scandale absolu. Je m’approche du nœud central tenant lieu de refuge totémique pour les danseurs. Les 3 DJ sont postés sur un podium à peine surélevé, encourageant une proximité nécessaire. Le cercle central sera donc le nerf de la guerre, immense piste à danser pouvant accueillir 1000 personnes. On pourra toujours argumenter sur le fait que l’œuvre est ici relégué au second plan, il n’en demeure pas moins qu’en procédant ainsi, The Creators Project a eu l’ouïe fine. En effet, les enceintes jouent la carte du cénacle. Une fois au milieu, vous êtes comme emprisonné par des murs sonores omniscients.

Four Tet, Caribou et Jamie XX s’échauffent sur des morceaux d’électronica planants. Le warm-up n’est pas désagréable et la qualité sonore est au rendez-vous, pour peu que l’on reste scotché dans les limites territoriales du dance-floor. La basse lourde commence à lentement faire son petit effet sur le public avant que de multiples coupures son ne viennent parasiter la montée en puissance. Il faudra faire avec, soit. La nuit commence à tomber, les lumières, tout en sobriété, peuvent se réveiller. Le moment est venu de provoquer le public. Caribou introduit la bombe deep-house So Will Be Now de John Talabot, les bras se lèvent, les corps chaloupent. L’obscurité prend alors le dessus et le Grand Palais revêt de nouvelles couleurs. Four Tet digère la transformation physique du lieu et lâche une techno plus frontale. Observer la verrière s’allumer furtivement sous les coups de butoirs des stroboscopes donne l’impression de danser au cœur d’une usine désaffectée.

Les DJ sont au cœur d’un ping-pong ludique. Les enchaînements sont poussifs, on sent bien que chacun veut passer le meilleur morceau possible, quitte à fragiliser une construction cohérente. Au petit-jeu de la set-list, Four Tet surclasse la concurrence en misant sur une house ronde et remuante pendant que Jamie XX se révèle trop audacieux avec ses tracks de UK-bass répétitives et que Caribou est plus effacé avec ses plages d'électronica-techno aériennes.

A minuit, alors que l'antre se couvre progressivement de fumigènes, je quitte les lieux, avec l’impression que le pari fut fièrement tenu. En évitant une confrontation directe entre la musique et l’art, ce Bal Blanc aura réussi à rendre honneur à tous les partis en place. Franche réussite.

 

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par B2B

Photos : B2B

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 11:00

Date : 10 Mai 2012

Lieu : Olympia (Paris)

 

Isam Live, cette tournée mondiale d’Amon Tobin, n’en finit plus de fasciner les foules venues admirer la prouesse visuelle d’un show dépassant les limites de l’imagination. D’ailleurs, vient-on plus pour en prendre plein les yeux que plein les oreilles ?

L’Olympia affiche complet depuis des lustres, le public sait parfaitement où il met les pieds lorsqu’il pénètre dans la respectée salle parisienne. Bonne surprise, la première partie est assurée par Lorn, valeur montante de l’écurie Ninja Tune. L’américain est seul sur son labtop, dans une mise en scène minimaliste. L’ouverture caverneuse annonce un concert rugueux. Lorn triture son électronica, l’amplifiant par une basse surhumaine, limite malsaine lorsque la mutation vers un hip-hop vicelard s'amorce. Lorn donne de son corps, de sa voix, il vit littéralement son live. Malheureusement, les nouveaux titres annonçant son prochain album ne sont pas des plus rassurants (on y reviendra bientôt car Ask The Dust tourne déjà sur nos platines). Le mec quitte la scène au bout de 30 minutes. S’en suit alors un conditionnement de haute volée se signalant par 20 minutes d’électroacoustique de plus en plus immersive. Le rideau laisse parfois entrevoir quelques lumières, mettant le public dans un état d’attente absolu.

Plongé dans le noir, l’Olympia vrombit lorsque le gigantesque totem en trois dimensions d’Amon Tobin étale ses lumières. C’est parti pour 1h d’un show visuel époustouflant. Impossible de regarder ailleurs, la foule est hypnotisée par le monstre, mélange d’une structure de Sol Lewitt et du trésor pixellisé Marble Madness. L’utilisation magistrale du support vidéo donne vie à la bête, laissant parfois l’impression que la scène est mouvante. L’esthétique résolument cybernétique de l’habillage sied parfaitement aux créations sonores d’Amon Tobin. Mais c’est là aussi que l’on atteint les limites du projet. En effet, le public semble davantage impressionné par la prouesse visuelle que par l’esthétique sonore. Et cela se comprend. A l’époque de la sortie d’Isam, on avait démontré notre scepticisme (chronique ici) face à un album purement technique, affirmant les talents d’Amon Tobin dans le domaine de la spatialisation sonore ou encore dans le traitement du field-recording, au détriment d’une construction cohérente et d’une humanisation pourtant primordiale. Cela se ressent fortement ce soir tant la démonstration prend le pas sur l’émotion. Point d’âme ici, seulement une dimension futuriste imposant la distance. Résultat : on regarde plus qu’on écoute. Mais cela n’empêche pas de prendre une claque folle notamment sur un musclé Surge ou sur le troublant et chancelant Kitty Cat.

Finalement, il faudra attendre le rappel pour voir Amon Tobin revenir à ses premiers amours en proposant 15 minutes d’une IDM/jungle nerveuse. Le public explose alors, se focalisant désormais sur ses jambes. Les rythmiques flirtent avec Cujo, prennent un malin plaisir à tout déstructurer en masse. Un deuxième rappel plus introverti, mais exploitant le module à son point de paroxysme, vient clore le concert. La standing-ovation est longue, très longue. En rejoignant le bitume, j’ai l’impression que tout est terne et plat. Il va falloir réhabituer mon regard à la normalité.

 

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par B2B

(Photos : B2B)

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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 10:30

Date : 25 Avril 2012

Lieu : La Dynamo, Toulouse

 

Ma crainte est immédiatement dissipée en pénétrant dans la Dynamo toulousaine. Il est 20h45 et le public est déjà nombreux. La peur de me retrouver dans une salle au public clairsemé était légitime et ma ramène inlassablement à ces trop nombreux concerts ignorés. Non, Toulouse continue sa mue électronique, le temps n’en finit plus d’accélérer le changement de saison. Il faut dire que la Dynamo est le genre de salle qui donne envie de poser durablement ses espérances. Le lieu ressemble à la salle de concerts idéal : capacité limitée (à vue d’œil, 300 personnes), excellente acoustique, bar adjacent, étage prompt au relâchement des jambes, fumoir respirable.

Le FK Project ouvre les hostilités. Ce live électronica-trip-hop du duo toulousain est une première pour tous, le public comme le groupe. Je resterai donc indulgent devant cette prestation pour le moins anecdotique.

 

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Le Chapelier Fou prend place peu avant 22h. L’attitude détachée de Louis Warynski balaie immédiatement les premières appréhensions. A un nombre impressionnant de machines et de claviers, s’ajoute une guitare électrique et un violon, pièce maîtresse de l’électronica introspective du musicien. Le concert fera la part belle au dernier album du messin, Invisible (chroniquée ici), et tant mieux. La facilité avec laquelle Louis construit son live démontre à quel point il maîtrise son sujet. Ses édifices musicaux prennent en live une dimension insoupçonnée. Le concert prend son envol sur les 10 minutes de Cyclope et Othello dont le final en forme de vortex n’en finit plus de faire plonger le public. Shunde’s Bronx nous ramène aux grandes heures d’une électronica amontobienne pendant que P Magister hypnotise la foule. Mais la force du Chapelier est de rendre sa musique vivante, nous faisant presque oublier l’aspect essentiellement électronique de l’ensemble. Il se paiera même le luxe d’un retournement de situation improbable lorsque, sur Vessel Arches, il convoquera le chanteur Gerald Kurdian via un faux-Skype.

Totalement acquis à une musique introspective portée par un violon lancinant ou espiègle, la concentration est de mise. Cela n’empêche pas à une partie du public d’être volatile et confirme le fait qu’une configuration assise aurait été, peut-être, plus approprié. Mais, entre les morceaux, le cynisme du Chapelier ramène la foule à une écoute attentive. Quelques jambes tentent d’ailleurs de s’abandonner sur un Fritz Lang mutin. Et lorsque Louis fait mine de quitter la scène, ce n’est que pour mieux revenir, deux fois.

Pendant 1h20, le Chapelier Fou aura réussi à dompter le public, l’obligeant à s’évader. Doux catalyseur de songes, cette musique aura eu pour vertu de totalement nous accaparer l’esprit, nous laissant doucement reprendre pied au moment de fouler les pavés toulousains.

 

par B2B

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 16:01

Date : 19/04/12

Lieu : Café de la Danse, Paris

 

Un jour prochain viendra où Matt Elliott sera tête d'affiche. Car une heure est bien trop courte pour un tel concert et que seul le silence peut décemment succéder à sa musique, nous ferons comme tel. Puisque même s'il partage l'affiche avec Mariee Sioux, c'est pour lui seul que l'on est venu. Il avait joué l'année dernière déjà au Café de la Danse, précédant Dark Dark Dark. Et ce pendant 40 petites minutes. Si lui la considère comme une de ses meilleures prestations, elle m'avait semblé passer comme une trainée de poudre. Mais une trainée d'une intensité sans pareil, matérialisant toute la violence magnifique de ses Howling Songs. Après le coup d'éclat ténébreux de The Broken Man (chonique ici), sorti en janvier dernier, l'Anglais originaire de Bristol se livre à une large tournée. A nouveau, direction la Bastille, un an plus tard. 

 

Lorsque Matt s'installe à sa guitare, égrène ses premières notes, le recueillement peut débuter et l'ahurissante capacité absorption de son chant prend toute son ampleur. Libérant sa charge de douleur brute et de splendeur tourmentée, l'ouverture sur Dust, Flesh And Bones ne peut qu'abasourdir. En live, sa méthode est toujours la même, jouer avec douceur le début de ses morceaux, enregistrer les couches une à une, puis jouant de la pédale, superposer et entrelacer ses loops jusqu'à ce que le mille-feuille mélodique obtenu soit d'une puissance à vous engluer sur place. En cela, ses morceaux live rejoignent la démarche et l'évolution folk-noise prégnante à Howling Songs. Mais c'est bien le Broken Man que l'auditoire a en face de lui. Humble et touchant entre deux morceaux, lorsqu'il joue Matt Elliott est possédé, habité par les litanies qu'il vocifère, absorbé par son jeu de guitare et captif des spectres qui semblent vaciller autour de lui lorsque ses cris se mélangent. Sa position recourbée évoquerait presque l'emprisonnement d'un corps, luttant pour se libérer de jougs invisibles. 

 

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Lorsqu'il entame The Sinking Ship Song, de violents frissons me parcourent. Cet extrait de The Mess We Made, véritable complainte de marins qui se biturent seuls au fond de la cale et preuve de son obsession pour les navires qui sombrent (il n'y a qu'à voir) compte parmi mes favoris. En live, chaque accord est une écorchure. Matt interprète également The Pain That's Yet To Come, chanson à sa muse, et surprise, se livre à une incroyable reprise du I Put A Spell On You de Screamin' Jay Hawkins, modulant son timbre et faisant tournoyer la phrase devant des yeux et des oreilles prisonniers de ses moindres variations. Contrairement à son live précédent, il injecte à la structure de ses morceaux des bribes de mélodica et de flute à bec ainsi qu'un imprévisible enregistrement de drums. Certains regretterons l'absence de Oh How We Fell ou de This Is For, d'autres (et ils auront raison) cette partie du public qui, n'étant pas venus pour lui, se permet rires et discussions et se déplace en meute. Ce qui se passe sur scène n'est pourtant pas anodin, c'est même beau à crever. Surplombé par un haut mur de pierre sur lequel des lueurs dansent, le musicien parait garder la porte des enfers. Cette heure passée trop vite touche à sa fin. Matt nous régale d'un Also Ran transformé en redite d'un « I will Haunt You In Your Sleep », puis clôture sa prestation par un ardent bourdon noisy. 

 

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Sa place sur scène est prise par Mariee Sioux. Les instrumentations sont ciselées mais le timbre de la chanteuse de folk semble celui d'une petite fille. Le mielleux et le mièvre n'ont pas leur place après l'électrochoc enténébré qui vient d'être asséné. Nous ne nous attarderons pas.

 

Cet homme dont la chaleur vocale n'a d'égal que la souffrance qui inonde sa musique a secoué ce soir-là un petit bout de Paris. Sa tournée dure jusqu'à juin, on ne saura assez vous recommander d'aller l'applaudir. Quant à la suite, il se pourrait bien que Matt Elliott prépare un nouvel album... pour bientôt. 

 

par Manolito

Crédit photos : Sophie Jarry (voir les autres ici)

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 11:09

Lieu : Morlaix

Dates : Du 5 au 8 avril 2012

 

La 15e édition de Panoramas étonnait par sa programmation. S'invitaient au festival un paquet d'artistes connus dans le milieu Electro-Hip-hop. Il était donc possible de s'informer de l'état de la scène grand public, mais il ne faut pas se cacher que seule la venue de Dj Shadow alléchait réellement. Le festival se déroulait sur un site assez restreint qui comptait un grand hall où jouaient les principales têtes d'affiches, une petite salle pour les concerts plus intimes (salle très souvent vide durant le week-end) et un chapiteau dans lequel enchaînaient sans arrêt des Djs sets. Retour sur notre présence lors des nuits du vendredi et samedi.

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Je part du camping du festival assez tôt, vers 20h30, pour aller voir ce que pouvait donner Chinese Man en live. Je n'attendais rien d'un groupe sans âme au dernier album insipide, et heureusement, car c'était bien le live le plus ringard du week-end. Sur le coup, un petit remix Drum'n Bass d'un de leur morceau mièvre ne me dérangeait pas (même si un maître incontestable aller faire bien mieux dans le genre le lendemain) mais alors le "Mc ragga" était de trop et surchargeait un live qui parlait déjà de lui même, comme si vous rajoutez une voix off à une image assez explicite. Des casquettes, des baskets, de la jovialité, des inspirations africaines teintées de bons sentiments, que nous saupoudrons d'un dispositif vidéo crado et nous obtenons le stéréotype du concert Hip-hop-reggae.

J'attends ensuite 1995, dans l'objectif de peut-être racheter mon avis sur un groupe que mes amis ont essayé de me vendre pas mal de fois. En attendant, on se tape Stuck In The Sound, le seul groupe Pop-Rock de la sélection, qui n'a même pas réussit à remplir la petite salle. Ils étaient où les lecteurs de Tsugi ? Je ne veux pas m'exprimer sur la qualité du concert. J'aime vraiment pas du tout le genre que le groupe arbore et c'est difficile de donner en argument sans dire que c'est de la daube (on le fait généralement assez bien dans les habituelles chroniques négatives du blog, tellement redoutées). 1995 débarque avec une intro et sa basse monstrueuse. Bonne entame, mais par la suite, le niveau de basse trop élevé bousille, selon moi, le concert. Les textes devinrent difficilement compréhensible. Déjà qu'à la base, j'ai du mal à me pencher sur leurs textes dépourvus d'intérêt. Je reste toujours dubitatif sur la véritable place du groupe dans l'histoire du rap français. C'est fun, bourré d'insouciance, mais on aimait cela il y a 10 ans avec le Saïan Supa Crew.

J'enchaîne sous le chapiteau avec Tepr (photos ci-dessous), natif de Morlaix et habitué du festival, qui a été l'homme de la soirée pour ma part. Je n'ai pas su l'origine des morceaux qu'il mixait, si c'était ses propres compositions ou non, mais j'ai aimé ce qu'il dégageait dans son attitude avec sa musique club qui pour une fois ne m'a pas paru chiante pour un sous. Un set résolument dynamique avec de l'éléctro punchy. Le type a d'ailleurs un parcours assez atypique, sur lequel il faut parfois fermer les yeux ou bien éclairer. Il évite l'éléctro pouffiasse qu'a balancé Sound Pellegrino plus tard dans la soirée. J'aurai parié l'inverse

 

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Après ça j'ai zappé tout le reste de la soirée, rincé par l'ambiance et les problèmes qui ont balisé ma soirée. Kap Bambino s'est révélé à mes yeux comme une pâle copie de Crystal Castles. The Shoes a endormi la foule et n'était qu'une entracte à Paul Kalkbrenner. Le berlinois a rempli le grand hall mais m'a profondément laissé de marbre. Pourtant il reste pour beaucoup comme la surprise du festoch'. Le live n'a pas su décoller, et quand on pense que la musique va enfin prendre toute son ampleur, Paul plante son set : plus de son, plus de vidéo pendant 1 minute. Une erreur plutôt drôle pour une star de la techno. Il aura eu cependant le mérite d'avoir balancer le kick le plus violent du festival. Modestep finit la soirée sur du Brostep bien ridicule, entre Evanescence et Rusko. Je n'ai pas eu la moindre envie de hochement de tête. Beurk. 

 

Orelsan entame la soirée de samedi. Les trois premiers morceaux restent corrects et sympathiques, mais la musicalité de ses chansons se dégradent au fur et à mesure qu'approche la fin. J'ai vu un concert de pop pour midinettes. Plus rien ne m'étonne avec Orelsan, il s'est vendu depuis fort longtemps. Orelsan a effectivement ce propos artistique que beaucoup de fans de Hip-hop recherchent mais l'utilise maladroitement. Quand est-ce qu'il chantera pour les Restos du Cœur ?

Ensuite j'attends impatiemment le grand homme du festival. Dj Shadow. On installe la Shadowsphère pendant qu'Anoraak et Fortune mixent modestement du bon son. La moyenne d'âge augmente de 15 années dans le public. Les lumières s'éteignent. L'homme débarque alors sur scène et la foule hurle comme s'il se présentait aux élections. L'homme rentre dans son globe. Il sera invisible pendant les 20 premières minutes du show. Visuellement c'est hypnotisant (photo de la Shadowsphère en action ci-dessous). La sphère finit par se retourner, le Dj apparaît et enchaîne remixses Drum'n bass et Dubstep de ses tubes d'antans. Un morceau d'A$AP Rocky se glisse dans son set, étonnant. La sphère se retourne et laisse place aux dernières mémoires d'Endtroducing...... Le Live finit sur Organ Donor tourné à la sauce hardcore. Mortel, mais tellement prévisible. Dj Shadow est-il l'ombre de lui même 20 ans après ? Assurément non pour ma part malgré la déception de certains festivaliers avec qui j'ai discuté. Sur le coup, on en attendait plus. Mais aujourd'hui, ce live balise certainement mes expériences audio-visuelles. J'ai le souvenir d'avoir était un gosse émerveillé pendant 1h20, me trémoussant les yeux bourrés de fascinations. C'est le seul qui a su proposer plus que de la musique dansante et qui a apporté son propre univers, alternant entre mélancolie et fraîcheur, entre technologie et amour de la nature, cheminant toutes les facettes de la vie. Voilà le concert qui m'a blasé pour tout le reste de la soirée.

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C2C continue dans le délire visuel. Leur concept est intéressant, les scratchs des quatre Djs sont synchronisés avec les animations visuelles s'affichant juste en dessous d'eux. On ne s'ennuie pas une seconde, le concert est chorégraphié, dynamique et parfaitement hypnotisant. Paradoxalement, leur musique est quand même bien pourrie. Ils ont voulu prendre le virage électro mais ils se sont pris un arbre. Avoir exploité tant de talents lors des DMC pour finir sur ce genre de daube une fois la notoriété acquise, c'est vraiment dommage.

Digitalism poursuit le délire. La finesse de leurs productions est remarquable. Les basses sont parfaitement calibrées et pas du tout saturées. Visuellement c'est prenant, hypnotique. La structure est minimaliste et en adéquation avec la propreté plastique qui englobe leur musique. J'ai quand même décidé de faire une pause pour aller bouffer, mais franchement, c'est un des groupes à sauver du week-end. Je me suis arrêté à Erol Alkan qui proposa un live sans intérêt, aux structures épurées, dans la quasi obscurité, comme un autiste tripotant ses machines sans en avoir rien à foutre du public.

 

Vous m'excuserez mais je me suis éclipsé à 4h du matin pour aller dormir en vue de mon repas de famille du Dimanche, sans avoir vraiment eu l'impression d'être rassasié par le festival mais n'étant pas déçu par ce que proposa Dj Shadow, principal intérêt de cette édition 2012. Je ne suis finalement pas très Techno, consterné par le Hip-hop français actuel, aigri comme tous les autres membres du blog, mais ce week-end, un homme à façonner quelque chose d'intriguant qui vit maintenant en moi. Certains lives étaient impressionnant visuellement comme celui de C2C ou Digitalism. La soirée de samedi était un niveau au dessus de sa camarade de vendredi. Il y avait vraiment deux générations qui se croisaient et qui n'allaient pas voir les même artistes. Va falloir que je choisisse mon camp, finit l'éclectisme.

 

Photos et texte par Pneu Rouillé

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 09:26

Date : 31 mars 2012

Lieu : Mannheim (Allemagne)

 

Une semaine que je me conditionnais physiquement et psychologiquement pour le Time Warp 2012. Une semaine à manger des féculents, à me coucher tôt, à préparer le terrain. Tout ça pour quoi ? Pour finir par un « Game Over » à 10h du mat’. Décidément, je n’arriverai jamais à rééditer l’exploit de 2010, où j’avais réussi à tenir jusqu’à 14h de l’après-midi. Mais pourtant, cette édition 2012, fut, sans doute, mon plus beau combat, refusant toute forme de compromis. Pour y arriver, il fallait avant tout ne pas répéter les mêmes erreurs. Et cela préconise d’arriver tard à Mannheim pour éviter ses bars et ses Pils au bon gout de reviens-y. 22h15, sorti de gare, direction illico le tram pour rejoindre l’antre de la bête. Je supprime les préliminaires et fonce dans le tas.

Les règles du jeu sont immuables :

- 18h de techno non-stop

- Line-up le plus gargantuesque possible

- 6 dance-floor

- 15000 personnes

Pourtant, de micros aménagements peuvent entrainer de lourdes conséquences. La décision incongrue et non justifiable de virer le chill-out a modifié en profondeur mon parcours préalablement réfléchi. De 23h à 10h, je ne ferai ainsi aucune pause et resterai ancré sur le dance-floor, la gueule dans les enceintes, les bras en l’air.

 

Description : http://www.iden-mag.com/member/system/cache/pictures/61027301.jpg

 

Mais allons-y dans l’ordre et laissez-moi rétablir ce cheminement. Passé le rituel du casier, où je me décharge de mes affaires pour éviter toute perte prévisible, c’est le cœur léger, l’esprit vif et alerte, que je me dirige vers le Floor 1 pour rencontrer le diable, trois fois. Marcel Dettmann a 1h30 pour poser l’ambiance de la soirée. Je comprends vite que cette année, le Time Warp ne sera pas une partie de plaisir. Ça va bastonner à tout va. Le taulier du Berghain est un vicelard, il enchaîne les contre-pieds et fausses promesses. Sa techno organique me retourne le cerveau. Ne tombant jamais dans la facilité, il se permet des montées extatiques aboutissant au néant. Le public ne comprend pas toujours ce qui se passe, c’est donc bon signe. A 00h45, son pote Ben Klock prend la relève. Le volume grimpe de 30 décibels, la basse se fait gargantuesque. Le puits est sans fond, la chute infinie. A contrario de Dettmann, Klock n’hésite pas à titiller le public, à l’amener vers cette euphorie contagieuse. Les deux invités du Berghain ont démontré toute la puissance contenue dans leur techno anxiogène et rampante, remplie d'aspérités et de craquements hostiles. Aucune mélodie n’a tenté de s’immiscer, tout n’était que nihilisme et lutte contre soi. J’ai déjà l’impression d’avoir vécu le meilleur de la soirée mais la surprise surgit immédiatement. Chris Liebing enchaîne et va rester dans le ton. 2h d’une techno percussive et implacable. La basse me transperce les organes, j’ai l’impression que le sol s’ouvre devant moi. Ca bastonne sec, rien ne dépasse. On est à la frontière d’une techno dictatoriale. Il est 4h du matin, je n’ai toujours pas quitté le Floor 1 depuis le début. Je me fous de ce qu’il se passe à côté tant la gifle est redoutable. Mais voilà, le gros Carl Cox va enchaîner. C’est le moment de l’éviter.

 

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Un rapide passage au Floor 3 pour entrapercevoir Laurent Garnier en formation L.B.S.. L’équipage envoie le public directement dans les étoiles. Ayant déjà vu la tribu de nombreuses fois, je m’éclipse et file faire un tour au Floor 4, un des moins intéressants de la soirée et bénéficiant d’un faible niveau sonore. Steve Lawler ne fait pas dans la dentelle et balance une techno efficace mais linéaire. Je tente alors une percée vers le Floor 6 (l’ancien chill-out) pour aller me distraire avec Jamie Jones mais cette scène est tellement petite qu’il est impossible d’y accéder. Dommage car, comme tous les ans, entre 4h et 6h c’est un peu le ventre mou. Le site est blindé, mais largement praticable (sauf les chiottes qui ont toutes décidées d’exploser), le public déambule dans tous les sens mais surtout en direction de Sven Väth et Carl Cox.

Ok, étant donné que je n’ai rien d’intéressant à me mettre sous la dent, je vais tenter de me frotter à eux. Je commence par Carl Cox. L’expérience durera près de 30 minutes et autant vous dire que c’est un exploit. Non mais quelle merde ! De la hard-house de supermarché avec des gimmicks ridicules et éculées, des samples kitsch et une ambiance de fête foraine intenable. A côté, l’enfant du pays, Sven Väth, ne me convainc pas non plus. Sa techno est une vaste masse sonore ultra compressée et digne d’une autoroute teutonne. C’est plat, sans idées et excessivement chiant. Heureusement que le visuel du Floor 2 dépote tout, ça permet au moins de s’occuper l’esprit.

Les conneries étant finies, je file voir Loco Dice. Lui aussi est converti à la techno qui ramone. Et c’est une agréable surprise tant il maitrise le sujet avec aisance. Le public est totalement conquis et ne lâche par la salle. J’enchaîne sur Adam Beyer qui joue la carte du bourrinage. Et ça passe d’ailleurs plutôt pas mal. 7h du mat’, c’est au tour du surestimé Extrawelt de proposer son live. Ce dernier se révèlera sans intérêt. Le mec fournit une prestation mal construite et reposant sur des montées aboutissant à des escapades pseudo-trancey insipides. Je m’extraie de la scène pour filer dehors et découvrir le soleil qui se lève. Les gens ont des gueules de déterrées comme dans tout festival techno à cette heure-là. La faune est des plus bigarrée et mérite le détour : clubbers teutons, beaufs venus gabber, parisiens friqués en goguettes, italiens bruyants, vieux déchirés, jeunes saoules,…

 

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Mais il est 8h et comme chacun le sait, au Time Warp, à 8h, tu files sur le Floor 2 pour le closing-set de 6h de Richie Hawtin. Le canadien ne va pas faire dans la dentelle. Il décide de passer à l’artillerie lourde dès la première minute. La déflagration est monstrueuse. Je m’avance jusqu’aux barrières pour découvrir un monde en perdition. Noyé dans les fumigènes, la foule devient fantasmagorique. Le son est tellement fort que je danse sans bouger. Je ne tiendrai pas longtemps si près de Dieu. La lumière m’aveugle, je me retire laissant ainsi le gourou contrôler à merci les nombreux membres de sa secte prônant une techno mentale puisant sa force dans la longueur.

A côté, DJ Rush bourrine comme à son habitude. Il est 9h, c’est tout ce que le public demande. Sur le Floor 3, la surprise vient de Kevin Saunderson qui lui aussi a décidé de se transformer en bucheron. Mais papy sait s’y prendre et il gère son set à la perfection, neutralisant un à un les danseurs. Un rapide passage à la coupole du Floor 5 ou Karotte, et Laurent Garnier qui l'a rejoint, détruisent les clubbers à coup de kicks monstrueux, avant une ultime escapade à Visionquest qui me semble bien trop mou avec sa deep-house-disco pantouflarde.

 

Il est 10h, je ramasse sérieusement et je sais que j’ai grillé mes dernières cartouches. Le dilemme se pose alors immanquablement : partir ou mourir sur le champ de bataille ? J’ai à peine le temps de réfléchir que mes pieds m’ont déjà extrait du site. Le soleil est haut et me ramène avec violence à la réalité. KO debout.

 

 

Review du Time Warp 2011 --> ICI

Review du Time Warp 2010 --> ICI

 

par B2B

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 23:01

Date : 23 février 2012

Lieu : Gaité Lyrique

 

Jeune lieu de la culture et de la musique parisien, la Gaité Lyrique est parvenue en moins d'un an à réunir des affiches plus que crédibles. Un travail sérieux de communication a permis d'éviter les erreurs qu'avait commise le 104 à ses débuts.

Mais ce succès a un prix, et à fortiori des conséquences pour celui qui s'appuie avant tout sur les composants de l'affiche plutôt que sur la crédibilité et ou la hype du lieu. Car oui, dès l'approche de l'entrée, on constate avec le plus grand effarement que la grande et majeure partie de l'assistance n'a absolument aucune idée de ce à quoi elle va assister. L'étonnement amène même aux rires à l'écoute attentive de certains échanges :

"J'ai regardé des vidéos sur youtube et j'ai un peu cherché sur deezer avant de venir, mais ce que j'y ai trouvé était bizarre. C'est pas très propre comme techno, et puis y a pas vraiment de montée."

ou

"Tu viens demain au Social ?"

Mais trêve d'aigritude à destination de curieux (de hipsters même pas beaux plus précisément) qui ont malgré tout fait preuve de curiosité. L'hypothèse la plus crédible est pourtant qu'ils sont venus parce qu'on leur a dit qu'il fallait venir. L'assistance manque donc un peu de personnages perchés, de looks plus "arty" que "hype". Mais là n'est pas le plus important. Un monument de la musique électronique d'aujourd'hui et de demain est là quelque part, attendant dans l'ombre de porter l'estocade à ceux qui sont surtout venus pour lui. On parle là bien sûr de Carsten Nicolai, ou Alva Noto pour les moins intimes, co-fondateur avec Byetone (Olaf Bender) et Frank Bretschneider (moins connu sous son avatar Komet) du label qui souffle aujourd'hui sa treizième bougie : Raster-Noton.

Alva Noto a emmené dans ses valises Byetone, mais aussi celui qui a sorti un des diamants techno de l'année dernière : le français Kangding Ray, auteur de OR (ici). C'est lui qui ouvrira les hostilités.

http://www.kangdingray.com/images/kangding_ray_intro.jpg

David Letellier prend place à 20h30 pétantes. L'ouverture de son set ne fera que confirmer la qualité exceptionnelle sonore du lieu. L'architecte de formation malaxe ses graves et ses boucles comme un plasticien façonne la matière brute. Le piège se referme rapidement sur ceux qui ont la bonne idée d'écouter plus que d'entendre. Malgré le minimalisme et l'aspect cubique du visuel et du son, la techno du français fait étal d'aspirations pragmatiques et intuitives, déployant ses oeuvres symboliques de techno ambient intelligente (à l'image de OR). L'auditoire est d'abord interloqué à la vue de ce personnage visiblement aussi timide que humble, qui ne sait pas lui même comment se mouvoir sous les coups de butoir de ses limpides et carrées productions. Loin de moi l'idée de me lancer dans des théories de vulgarisation mathématique, mais quand la tangente vient trouver son point d'impact sur la courbe s'oppose alors des possibilités multiples. La bissectrice vient fendre l'angle puis intervient l'échantillonnage de l'ensemble du prisme, apparition d'une alternative, opposition au réflexe conditionné... C'est pas forcément très parlant comme ça, mais c'est ce qui pourrait ressortir de cette performance visuelle et sonore. Mais pour celà, encore faut-il y avoir assisté. Les odeurs de dancefloor pré-apocalyptique se diffusent avant que le sol ne s'ouvre en deux sous les coups de cette techno qu'on aimerait entendre dans le futur. Conquis mais pas du tout surpris, je guette les directions prises en remuant comme un parkinsonien, jusqu'au moment ou il me semble reconnaître Mondkopf aux côtés de Kangding Ray. L'auteur de l'inégal (à notre humble avis) mais acclamé Rising Doom (ici) va étrangement humaniser le set, jusqu'à un faux final magistral qui accouchera finalement d'une définitive conclusion idyllique quand on est un fan de la première heure de Boards Of Canada. La vraie surprise viendra de là, car la complémentarité des deux bonshommes n'apparaissait pas évidente au départ. Je comprendrais malgré tout que certains jusqu'au-boutistes n'aient pas forcément apprécié que le jeune Paul Régimbau soit venu humaniser les contours plus binaires du début.

Byetone s'installera très rapidement par la suite. N'étant absolument pas fan de ses releases, je me raccroche à une tangente volatile pour aller contempler des cons au bar. Je me sens alors comme un chien jaune, comme un agneau au milieu des loups dans Babylone la Grande. La bière chère est coupée à la flotte et je n'ai pas trouvé d'exemplaires de Tsugi ou Technikart pour me moucher. Un furtif retour dans la fosse aux clubbers aussi surexcités que conquis par un matraquage en règle et un visuel presque moins élégant que son concepteur, achèvera de me convaincre de poursuivre mon errance au milieu des gnous.

http://s.dsimg.com/image/A-34629-1219253975.jpeg

Il est alors temps de se placer de manière stratégique pour assister à la performance du phénomène. Bien centré, à mi-chemin entre la scène et la régie. Celui qui partage plus que des traits communs avec un certain Klaus Kinski déboule sous de discrètes acclamations. Son premier track ne laissera aucune chance aux imprudents. Ce type ne fait pas du glitch, il lui donne un grain unique, l'incarne et le vie à un tel point que ce dernier semble prendre d'assaut les traits et les expressions de son visage. Dans une posture aussi Wagnerienne (dédicace à l'érudit Nathan Fournier) que classe, il laisse les spectres se remplir jusqu'à saturation pour ensuite laisser échapper des blasts aussi dévastateurs qu'une attaque biochimique. Ou comme si le chien de Pavlov avalait les madeleines de Proust jusqu'à chier des truites panées. Sa technique sans faille laisse pantois. L'allemand semble faire corps avec ses potards et les triture comme l'Empereur de la Force Obscure envoie des lasers dans la gueule de cette baltringue de Luke Skywalker. En un peu plus d'une heure, il revisitera trente ans de patrimoine électronique, de la phase pionnière de Kraftwerk à la technoise la plus contemporaine. La performance tourne à la démonstration. On pardonnera donc allégrement ce qui apparut comme un intermède questionnant et plus que dispensable, quand l'étrange Anne James Chaton vint déclamer des sigles sur une phase vaguement click and cuts surpitchée. Les gens applaudissent à tout rompre, et je ne comprends pas... Pareil à l'heure du rappel, ou son improvisation maîtrisée apparaîtra comme trop "branlette" aux aigris lucides. Mais peu importe, l'essentiel était ailleurs, dans des évocations proches de la catharsis, ou dans la terrible et désarmante impression que la matière fragmentée se heurte au mur du son. Rien d'indus là-dedans pied tendre, ça s'appelle l'apologie numérique.

http://www.forma.org.uk/media/item/1044/99/noto_transall01-1.jpg

La Gaité Lyrique a réussi son pari artistique, et n'a pas a se préoccuper de qui emplie ses murs. L'installation était au rendez-vous. Quand le son est au rendez vous on voit moins les blaireaux autour. Dans ma rapide fuite vers les entrailles de Paris, il me semble même que les anomalies digitales chères à Carsten Nicolai ont envahi l'alarme du metro. Ce ne sont pas des acouphènes, juste les légers traumatismes résiduels d'une soirée mémorable.

 

par Ed Loxapac

Crédit Photos :  Fran Holguin (1), je sais pas mais faites vous connaître (2), Kenishi Hagihara (3)

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 20:38

Date : 24 et 25 février

Lieu : Gaîté Lyrique, Paris

 

2 mois pour fêter un bicentenaire qui aura lieu dans 50 ans. C'est le concept du projet 2062, Aller-retour vers le futur mis en place par la Gaîté Lyrique du 1er février au 25 mars. 

Développés autour des idées de futur, de modes sociaux et d'innovation, expos, pièces de théâtre, expériences, performances et concerts auront lieu pour l'occasion. Le dernier point nous intéresse particulièrement dans la mesure où Raster Noton en profite pour fêter son anniversaire. Le label allemand qui fait osciller le minimalisme sonore entre l'art et la science a été fondé en 1996 par Carsten Nicolai (Alva Noto), Olaf Bender (Byetone), Frank Bretschneider (Komet).

Deux soirées sont prévues. La première est celle des fondateurs, durant laquelle joueront Byetone, Alva Noto (live) et l'exceptionnel Kangding Ray. La seconde s'intitule Décade et convie Andy Moor, Anne-James Chaton et Alva Noto.

Chroniques Electroniques ne loupera pas ce qui promet d'être une performance fusionnant arts visuels et musiques électroniques d'un troisième type. Rendez-vous le 24 février. 

 

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Carsten Nicolai, 2009, Taiwan (c)Summer Yen 

 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 10:46

Date : 2 & 3 décembre 2011

Lieu : Rennes

 

C’est la fleur au fusil que nous nous rendons au Parc Expo de Rennes dans un bus sage comme une image. En même temps, les puristes le savent, c’est toujours dans les premières heures d’une longue soirée que les concerts sont les plus intéressants… et qu’ensuite tout se délite. 33ème Rencontres des Transmusicales, nous voilà.

 

http://media.paperblog.fr/i/485/4853183/transmusicales-2011-L-VQietM.jpeg

 

Vendredi 2 décembre

 

A peine le temps de prendre nos marques qu’au détour du Hall 4, des sonorités math-rock nous interpellent. Voici les catalans Za!, jeune duo de poly-instrumentistes. Les deux compères sont survoltés ce soir, malgré un public encore très peu nombreux. Leur math-rock est de bonne qualité, les couleurs mélodiques et rythmiques s’enchaînent à vitesse grand V. Curiosité : un solo du batteur qui tape sur tout sauf sur son instrument, transformant la totalité de l’espace scénique en batterie géante. Une des meilleures découvertes de cette première soirée.

S’ensuit un passage plus que rapide à Kakkmaddafakka dans un hall 3 acquis à la cause pop, un hall qu’on fera en sorte de fuir pendant ces deux jours, tant la prog ne nous intéresse pas. Le Hall 9 voit Souleance partir dans du turntablism pas dégueulasse mais un brin austère avant l’arrivée d’Hollie Cook, sorte de tête d’affiche de la soirée. Si je vous dis que c’est la Lily Allen du reggae, ça vous suffit pour comprendre l’étendue du carnage ? Non parce que sincèrement, des bouses comme ça, on n’a pas l’occasion d’en entendre tous les jours ! On reprend nos esprits sur Robin Foster. L’indie pop-rock du groupe n’est pas désagréable, les morceaux fonctionnent bien avec leurs structures progressives même si dans le genre, c’est du vu et revu. Heureusement que le meilleur est à venir.

Protégé scandinave de Lindström et Prins Thomas, jeune espoir de la scène nu-disco, Todd Terje n’a pas démérité ce soir. Parti sur les chapeaux de roues, son set a déroulé une nu-disco de qualité, aux basses chaleureuses et aux nappes de synthés planantes et futuristes. Refusant de trancher entre le old et le new pour mieux les entrelacer, le norvégien a représenté haut la main les couleurs d’une scène musicale trop représentée.

Mais on commence à avoir envie d’en découdre plus sérieusement avec de la musique d’adulte. Heureusement, pour ça, il y a la Green Room d’Heineken, toute petite scène qui vient à point nommée pour satisfaire nos désirs, avec ce soir un plateau 100% français. Arrivés sur la fin du set des deux minettes de Nekochan, Childrum prend immédiatement le relais en balançant des beats lourds comme du plomb pour un DJ set efficace sans être couillon. Les deux rennais semblent se faire plaisir et le public est réceptif. Passé une demi-heure de défouloir salvateur, s’ensuit un inévitable moment d’errance. Comme tout le monde, parce que paraît-il que « c’est trop bien, tu vois », on file écouter SBTRKT. Et bien entendu, comme on pouvait s’y attendre, c’est très mauvais. Décidément, quand les dubsteppeurs décident de sortir les instruments (batterie électronique), et les voix (chanteur insupportable), leur musique passée à la moulinette electro devient une bouillie indigeste.

On passe donc écouter Alexander Tucker, dont le nom circulait beaucoup, et son ambient-drone-folk aux contours relativement insaisissables. Difficile d’en dire du mal, mais l’horaire tardif n’est pas propice à une écoute lascive. On préfère donc partir à la découverte de Silverio. Le mexicain est déchaîné, il balance des disques comme un bourrin, saute en slip, le cul à l’air, dans tous les sens. C’est rigolo mais rapidement épuisant pour les nerfs, tant les rythmiques sont concassées. On se dit que ce n’est pas grave, qu’il y a Motor City Drum Ensemble qui nous promet un DJ set de qualité. Et bien non, on s’est fourré le doigt dans l’œil, dupé par l’excellent DJ Kicks livré par l’allemand en milieu d’année. Le mec nous livre un set faiblard, un peu chiant, enchaînant sans grande conviction des titres house sans génie.

Il est 4h du mat’, c’est le moment de se finir en beauté sur Niveau Zero et son dubstep de guerrier. Le son de la Green Room est fort, trop fort, mais ça a l’avantage de sérieusement bastonner la foule de teufeurs bretons venue en découdre avec tout le monde, y compris le public. C’est bourrin dans tous les sens du terme. Même si le français assure très correctement son job, on tient une demi-heure et on décide de se barrer, grâce une navette de retour surréaliste, à la faune gentiment bigarrée, et roulant tous phares éteints à travers la nuit rennaise.

 

Agoria - Hall 9 - Samedi 3 décembre

 

Samedi 3 décembre

 

Premier concert, première déception. On attendait de pied ferme le set de Zomby, jeune espoir de la scène dubstep. Mais passées dix petites minutes sympathiques, tout déraille : le gars appuie sur play plus qu’il ne mixe, et enchaîne sans coup férir électro sans intérêt, mauvais hip-hop et Rn‘B hyper vulgaire. Tant pis ! On enchaîne avec Rivoli, sympathique duo de DJ au look vintage, qui distille perles et raretés  tropicales bien groovy. S’ensuit le trio du Mexican Institute of Sound, qui mélange une cumbia énergique et chaleureuse à des sons et rythmiques hip-hop plus traditionnels. L’ensemble passe très bien pour euphoriser ce début de soirée.

Le parc expo se remplit rapidement, le jeune public rennais est présent en masse ce samedi (permission de minuit) et le festival affiche sold-out avec 12500 personnes présentes. Et c’est là que les 33 ans d’expérience des Trans portent leurs fruits puisque malgré la foule, la circulation est toujours fluide, les concerts à l’heure, le site praticable.

On a à peine le temps de retrouver le Hall 9 que débarque l’épiphénomène du festival, les minots de Carbon Airways. A 14 et 15 ans, le frangin et la frangine dynamitent le public avec leur electro-punk à la Atari Teenage Riot. C’est d’une redoutable efficacité, même si on devine l’énorme management derrière le duo. Tout est calibré, la mise en scène millimétrée, et quoiqu’éphémère, difficile de ne pas accrocher face à cette décharge d’énergie primaire.

Une galette-saucisse plus tard, et on file assister au live de Shabazz Palaces. Le duo abstract hip-hop de Seattle est attendu par un public visiblement connaisseur. Débute alors un concert aux basses particulièrement massives. Malgré cela, le flow est noyé dans des effets inutiles, l’ambiance se fait pesante et le groupe semble prendre un malin plaisir à saborder ses propres morceaux. On ne tient pas longtemps pour s’éclipser, déçus. C’est con, car en plein ventre mou du festival, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. On erre donc quelques instants, tentant d’éviter la foule de p’tits jeunes titubants, avant de découvrir une énième scène planquée, investie par l’équipe du Mouv’. On aurait mieux fait de l’éviter puisque le temps d’un mini-battle, Don Rimini et Baadman se sont associés pour nous faire du mal. L’électro typiquement parisienne des 2 DJ est une horreur. A part faire sauter comme des crétins des ados éméchés, ça ne sert à rien, vraiment à rien.

Heureusement, Agoria va sauver notre soirée. Le lyonnais a préparé un set totalement old-school, puisant ses racines dans la tech-house des 90’s. Le résultat est à tomber. Agoria nous claque un best-of retournant tout sur son passage et ponctué par des moments épiques, comme ce remix dément du Spastik de Plastikman. Le public est connaisseur, réagit à quart de tour quand retenti le Crispy Bacon de Laurent Garnier. Agoria ne nous laisse pas respirer, les bras sont levés. Il dépasse d’ailleurs allègrement l’horaire prévu, mais aurait pu encore mixer des heures sans jamais nous lasser.

Que faire après un tel set quand on constate que sur le papier, il ne reste plus rien de transcendant ? Il est près de 3h et désormais, c’est aux jeunes de s’amuser. Pour nous, impossible d’aller voir Huoratron, Don Rimini ou Fukkk Offf, parce que bordel, on a des principes chez Chroniques Electroniques ! On préfère se retirer tranquillement.

 

Agoria - Hall 9 - Samedi 3 décembre

 

Malgré une absence de réelle tête d’affiche, le public rennais est toujours fidèle au rendez-vous, confiant dans la programmation de ce festival qui n’a rien perdu de son esprit défricheur. Même si nous n’avons pas vécu de véritable révélation scénique (notamment en électro où la prog' était finalement plutôt consensuelle), il y a avait largement de quoi s’occuper durant ces deux nuits !

 

par Pingouin Anonyme & B2B

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