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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 12:45

Sortie : avril 2010

Label : Dezordr Records

Genre : Abstract hip hop

Note : 8

 

Préparez-vous. Le "concepteur sonore" du premier album de Psykick Lyrikah (Des lumières sous la pluie) arrive en solo. Il nous a fait découvrir son univers chaotique et prenant. Il va maintenant construire un monde à lui, extrêmement cinématique. Mr.teddybear a pris son temps pour amasser les instrumentaux, les samples et les influences. Il nous livre son Huis-Clos, pièce en neuf actes dont il est seul acteur. Il se dévoile et garde en même temps tout son mystère.

 

Composé au fil des années, cet album est pourtant d'une impressionnante homogénéité. Le récit vous capte dès le début et vous ne pouvez plus relâcher votre attention jusqu'à son terme. Dès le départ, le Français pose un cadre. L'ambiance est posée. Noire. Ce Huis-Clos est sombre et épais. Intrigant et tenace. Les scènes se succèdent avec leur propre tonalité, échos de la variété des instruments conviés. Les violents violons d'Adrénaline irritent avec plaisir. L'intrigue marque un tournant avec L'Oeil Du Cyclone, détour plus rap... instrumental bien entendu. L'attention s'accroît et l'imagination se fait plus fertile avec ce piano mélancolique. La Nuit La Plus Longue et sa terrible guitare électrique plonge un peu plus dans l'effroi, avant d'être rassuré par le saxophone réconfortant sur Les Autres. Sample de voix : "Who am I ?". La musique souvent hors format, parfois proche de l'électronica, interpelle.

"Cet album est une expérience de la solitude et de ses limites", considère son auteur. Il offre pourtant un grand voyage. Peut-être la solitude d'un esprit très fertile ? Seul dans une pièce, les yeux fermés. Cet esprit dessine des villes de bord de mer du Sud de l'Europe, des trains aux destinations lointaines. Aussi des rencontres nocturnes dans des rues désertes à la lumière blafarde d'un lampadaire. Capable de jouer la tension, mr.teddybear excelle aussi dans la sérénité née de l'insouciance. Le producteur semble voir un repli sur soi là où l'auditeur pourrait ressentir finalement une magnifique ouverture sur le monde. En 35 minutes, le disque vous transporte. Passe de l'obscurité à la lumière avec ses guitares chaleureuses glissées en fin de programme.

 

Le Parisien nous propose la bande de sa propre histoire intérieure. Un film riche en émotion, pour les amateurs de mystère et d'aventure. Une illustration grandiose, dans laquelle vous vous laisserez happer. Huis-Clos nous comble d'originalité... un bien trop rare.

 

par Tahiti Raph

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 12:12

Sortie : avril 2010

Label : Hassle Records

Genre : Math-rock

Note : 6

 

Les Anglais de 65daysofstatic naviguent depuis plusieurs années dans un style alliant post-rock, voire plus certainement math-rock, et électronique musclé rappelant Aphex Twin, versant vrillé de sa personnalité, ou même Fuck Buttons pour ce nouvel album. Ayant culminé avec The Fall Of Math, le groupe continue de creuser son sillon sans arriver à frapper aussi fort.

 

65dos ne relâche pourtant pas la pression avec We Were Exploding Anyway et continue à coup de guitares saturées et de rythmiques couillues de produire des titres instrumentaux à l'énergie communicative. La batterie synthétique de Moutainhead qui ouvre le disque vient rappeler que l'on n'a pas affaire à des chevelus énervés qui cherchent à faire cracher au plus fort leur ampli Marshall. Vous aurez de la guitare qui envoie du bois bien sûr, mais aussi, comme le montre ce titre, des kicks rondouillards et des sonorités électroniques pour varier le ton et vous tabasser sous des angles différents. La force des Anglais est toutefois de ne pas laisser le sentiment de labourer le cerveau malgré un esprit métal hardcore qui ne fait pas dans la déco d'intérieure. Ça fait tomber des dents, mais avec élégance. Le groupe opère un savant travail de construction pour que tous les instruments cohabitent gentiment sans se marcher dessus. Les interventions sont calculées pour tomber juste, et cela fonctionne. Un ouragan dans un magazin de porcelaine... qui fait tout vibrer mais ne pête rien.

Le groupe alterne les murs de son efficaces qui servent aussi à décoller le papier peint, des breaks à la tronçonneuse et des passages pavés de claviers numériques qui oeuvrent à l'aspect hypnotique de l'ensemble. Dance Dance Dance offre un beau panel de ses ambiances dont le mariage n'est pas des plus aisés. Tout n'est pas parfait, à l'image de ce Piano Fights un peu trop léché ou le moyen Debutante, mais l'ensemble met un bon coup de pied dans les cotes. Notamment ce Weak4 au riff bien vicieux qui ne plaira pas à grand mère. Et comme un tsunami n'arrive jamais seul, 65dosofstatic vous a mis un peu de chant pour soigner les bordures. Voilà t'y pas que c'est Robert Smith qui déboule sur un Come To Me arrangé comme le dernier Bloc Party en plus saignant. Peu importe qui sait d'ailleurs vu comment sa voix est maltraitée, un peu d'air frais qui aurait pu être bienvenu si le morceau ne faisait pas un peu gentillet à côté du reste. Ainsi Go Complex nous rappellera un vieux Prodigy avant de prendre des voies plus aériennes prolongées sur le Tiger Girl final, dix minutes complètement planantes qui rappellent avec bonheur le dernier Fuck Buttons. Une conclusion qui emporte tout et s'avère être le sommet de ce disque !

 

Sans génie le groupe prolonge donc sa route avec une certaine réussite. Si après avoir écouté We Were Exploding Anyway, vous avez les cheveux qui collent, c'est normal. Remettez le disque et continuer à secouer, ça ne peut pas faire de mal...

 

http://c2.ac-images.myspacecdn.com/images02/131/l_266f7d4464574bb7a52f8f7ea5e9da25.jpg

par Tahiti Raph

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 21:57

Sortie : mars 2010

Label : Planet Mu

Genre : Dubstep, Industriel

Note : 9/10

 

Dans la vraie vie, Roly Porter et Jamie Teasdale sont certainement de charmants garçons. Mais une fois dissimulés sous le pseudonyme de Vex’d – devenant l’un Jamie Vex’d, l’autre Roly Vex’d – on peut se poser quelques légitimes questions sur leur bien-être mental. Hébergés sur Planet Mu depuis leur premier et bien nommé album Degenerate en 2005, ils se séparent peu après afin de poursuivre des carrières solos, et reviennent avec ce deuxième album, qui émerge d’une gestation de presque quatre ans.

Et cela se sent. L’auditeur, sur ses gardes, arpente Cloud Seed avec la même prudence que s’il s’aventurait, plus vulnérable qu’un nourrisson, sur des terres déchiquetées et menaçantes. Rien ne laisse jamais présager ce qui va suivre, vous pouvez tant trébucher sur un break rauque que vous laisser envelopper dans de perfides échos, qui vous éjectent ensuite à coup de violentes décharges synthétiques. La maturité et la maîtrise qui transpire de Cloud Seed sont tout bonnement édifiantes. Jamie et Roly ont tout balayé, tout dégagé, pour dresser leur scène de fin des temps, au milieu des câbles, de la poussière et du béton. Les sonorités industrielles prédominent et s’épanouissent vicieusement dans la musique de Vex’d, tandis qu’ils font du dubstep une matière collante et fiévreuse, qu’ils étirent et malaxent d’une poigne d’airain. Souvent lourds et alanguis, jamais similaires, les rythmes se chargent de multiples résonnances, qui leurs donnent presque vie. On est face à d’invisibles androïdes, qui vous encerclent et vous frôlent de leurs feulements électroniques.

Un semblant de chaleur vient malgré tout des voix, plutôt nombreuses sur le disque. Warrior Queen, Jest ou Anneka éclaboussent ainsi les beats de leurs débits singuliers. Le chant d‘Anneka - décidemment prisé des dubsteppers - irradie littéralement sur Heart Space, évoquant un dernier lambeau d’innocence qui perdurerait au sein de la dévastation la plus déshumanisée. Un chaos qui pourrait toucher à son comble sur Remains Of The Day, lorsqu’il ne reste que les salves d’une mitraillette poisseuse pour se noyer dans de sublimes nappes de brume. Mais c’est sur la fin que Jamie et Roly assènent leur ultime coup. Le calme et inquiétant Oceans prépare sadiquement l’oreille au dernier assaut : Nails, pièce d'indus presque breakcore, qui inflige une suprême déflagration.

 

Sur Cloud Seed, les frères Vex’d se font particulièrement exigeants, l’album, retors, ne se laisse pas aisément apprivoisé, et chaque écoute dévoile un peu plus les dessous de leur expérimentation malade. A l’image de sa superbe pochette, Cloud Seed dresse vers le ciel un noir conglomérat sonore. Entre dark ambient, indus et dubstep, ce grain de nuage a plus de propriétés létales qu’un violent psychotrope. A vous de tenter.

 

                               cover.jpg

par Manolito

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 17:20

Sortie : février 2010

Label : Omelette

 

Le Français Frank Riggio nous avait déjà régalé avec son Anamorphose (ici), paru en fin d'année dernière. Celui que beaucoup accusent d'être un vil copycat d'Amon Tobin a fait ses premières armes dans le domaine de la hardtek. Bénissons le d'avoir changé de cap. Il a ensuite illustré musicalement des reportages sur la chaîne Canal+. Notre français est un pote de l'Australien Jim Moynihan, plus connu sous le pseudonyme de Spoonbill et accessoirement fer de lance du label Omelette. Cet artiste et producteur atypique avait lâché l'année dernière un Zoomorphic (ici) loufoque mais foutrement génial. Au delà du copinage qui l'amène a signer son nouvel album sur la crémerie australienne, Riggio s'est également fait remarqué par un certain DJ Shadow, qui lui a récemment demandé de lui concocter des remixs pour son site internet. Peut-on décemment croire qu'un mec comme DJ Shadow se laisserait abuser par un plagiaire ? Nous, on n'y croit pas une seconde.

 

Les trop rares artistes tels que Frank Riggio peuvent être qualifiés de sound designer. En effet, le natif d'Epinal excelle dans le maniement du sampler et dans sa capacité à retranscrire des ambiances et des atmosphères cinématographiques. Autant dire tout de suite que le son est plus proche d'une BO des premiers Fincher que des Choristes. Profonde et spectrale, sa musique se diffuse comme un venin. Assez futuriste, elle témoigne d'angoisses enfouies et est imprégnée d'une dimension presque dramatique. Le Français utilise aussi bien des sonorités acoustiques que digitales, noyant ainsi l'auditeur équipé d'un casque dernier cri, dans les bas fonds d'un esprit torturé par le breakbeat et l'electronica ténébreuse. On peut même trouver ici des relents d'un trip-hop depuis trop longtemps galvaudé. Les amateurs des plus sombres travaux de Massive Attack ou du Grec Blackfilm y trouveront plus que leur compte. Comme on l'avait déjà constaté sur Anamorphose, Riggio a une géniale capacité à sublimer les fins d'albums, l'enchaînement de Libellule Ensorcelée et Vanataeda étant un modèle du genre. On cite trop rarement DJ Krush au tableau des nombreuses influences de Riggio, des sonorités orientales parsèment pourtant régulièrement ses travaux. L'oreille inattentive passera sûrement à côté tant l'univers est chargé, se contentant de dodeliner de la tête comme un pauvre diable. Cet album contient pourtant de véritables chef d'oeuvres, comme Facom Focam, Melody & Sorcery ou Crappy Biscuit.

 

Un site bien connu pour aimer le trip-hop mou de la bite vient de publier une interview du français. On vous laisse la chercher. Mais puisqu'on est aussi gentil que Frank Riggio, on vous laisse télécharger intégralement et légalement le présent album en cliquant ici. Les sorties de Riggio sont toujours d'excellentes surprises. Il ne nous reste plus qu'à attendre la parution d'un nouvel album qui, à ce qu'il paraît serait déjà à moitié prêt. On verrait bien ça sortir chez Hymen ou Spectraliquid.

http://i636.photobucket.com/albums/uu85/knarfosss/front.jpg

par Ed Loxapac

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 19:53

Sortie : 26 avril 2010

Label : Ostgut Ton

Genre : Techno

Note : 8,5/10

 

1999, Berlin, naissance du Berghain. Depuis plus de 10 ans, s’il est un lieu qui impose au reste du monde le futur du clubbing c’est bien cet antre berlinoise, gigantesque usine désaffectée où chaque weekend des milliers de clubbeurs viennent gonfler leurs pupilles sur le son d’une techno minimal autant rigoureuse que moite. Depuis son ouverture, un DJ n’en est jamais sorti. Marcel Dettmann est un peu cette mère nourrice venant procurer régulièrement sa dose à sa ruche. Quand il daigne sortir, c’est uniquement pour propager son venin dans les autres clubs mythiques du monde. Pas le temps de sortir un album le Marcel, il est bien trop occupé. Pourtant, sous l’impulsion du label local, Ostgut Ton, notre homme sort enfin de sa cave.

 

A l’image du Berghain, Dettmann est un album dessinant les contours de ce que sera la techno du futur : froide et organique. De prime abord, album techno totalement hermétique et sans âme, une fois l’immersion acceptée, on fait face à une bombe mouvante d’une rare puissance. La volonté de Marcel est explicite, il est venu bouffer vos calories tout autant que vos neurones et le trip sera fondamentalement solo et amphétaminé.

Pas une once de lumière et de groove dans cet exercice à la limite de la radicalité. Dettmann n’est pourtant pas un album de techno sombre mais juste un gigantesque trou noir. Tout est fait pour vous maintenir sous pression par la force d’une basse le plus souvent sourde et vous collant au mur par la force d’échos caverneux. La mélodie n’existe plus, il faut désormais se contenter d’une atmosphère post-indus limitant votre perception. Impossible de s’évader, la rythmique est implacable.

On est pourtant loin d’une techno minimale formatée, à chaque nouvelle écoute, les morceaux se complexifient et laissent apparaître une nouvelle image. Dettmann prend un malin plaisir à distiller des sonorités d’insectes rampant pour que vous puissiez mentaliser l’ensemble comme sur Screen et Argon. Ce parti pris organique transforme la moindre piste en techno mouvante, ainsi Irritant se révèle excessivement vicieux avec ses sonorités malsaines semblant grignoter votre peau tel un eczéma coriace. Bien entendu, le parallèle avec les productions M_nus est irrévocable mais il y a chez Marcel Dettmann un sens de l’occupation de l’espace impressionnant comme en témoigne Motive, parcouru par un vent glacial.

 

Marcel Dettmann signe un album absolument fascinant, un objet redéfinissant les contours de la techno. Cependant, ce voyage risque fort de se révéler totalement hermétique à bon nombre d’auditeurs tant l’immersion est ici sourde et contrôlée. Dettmann est un album se révélant avec le temps, nécessitant plusieurs approches. Une fois la carapace en métal percée, il ne vous restera plus qu’à plonger dans ce sable mouvant sans fond.

 

http://factmag-images.s3.amazonaws.com/wp-content/uploads/2010/02/ostgut-cd83733.jpg

par B2B

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 19:07

Sortie : avril 2010

Label : !K7 / ECM

 

Chroniques électroniques aime le jazz et le jazz aime de plus en plus la musique électronique. Deux exemples récents viennent confirmer cette tendance. Dans la série des jazzmen qui reprennent des classiques de la techno, Christian Prommer s'était fait remarquer en 2008 parmi d'autres artistes qui avaient tenté l'aventure avec plus ou moins de réussite. Il nous revient avec un deuxième volet dans lequel il continue de privilégier la réinterprétation à la conversion de ces titres au jazz.

Une démarche différente est opérée par les musiciens du Nord de l'Europe qui font tendre de plus en plus leurs son vers l'électronique tout en conservant une approche jazz. C'est par exemple le cas pour Food dont le duo d'origine est renforcé pour leur nouvelle livraison par deux recrues de choix : Nils Petter Molvær et Christian Fennesz. Pas vraiment des inconnus de la maison.

 

Les résultats sont bien entendu très différents. Dans le Drumlesson Zwei de l'Allemand, chacun va chercher à retrouver la trace des originaux, va guetter comment le beat de départ a été converti à la musique improvisée. Une démarche vite abandonnée car Prommer ne s'éloigne pas vraiment de la musique électronique par ses instrumentations léchées, rythmées, sans accent sur l'aspect acoustique attendu. La présence de différents instruments électriques, basse, guitare, clavier, renforce rapidement cette idée. Il est parfois proche des producteurs house qui cherchent à tendre vers le jazz, et à d'autres moments dans une mouvance plus rock instrumental. Le batteur conçoit en fait plus des remixs que des reprises. En effet, il n'est par exemple pas aisé de reconnaître le Acid Eiffel de Laurent Garnier. Le Jaguar de DJ Rolando est plus flagrant. Mais peu importe.

Ce disque est un hommage par l'appropriation. Il s'agit sans doute surtout de démontrer que Carl Craig (Sandstorms), Kruder & Dorfmeister (High Noon, clin d'oeil à Peter Kruder, coproducteur du disque) ou d'autres peuvent inspirer une musique organique complexe, jouée par des musiciens. Prommer prend son temps ou se dépêche, passe rapidement sur un Oxygène (part IV) de Jean-Michel Jarre un peu futile ou prend tout son temps sur une relecture hypnotique du Sandcastles de Dennis Ferrer et Jerome Sydenham. Une impressionnante puissance se dégage de ce dernier morceau avec une tension qui grandit au fil des mesures. Une magnifique conclusion qui rappelle les regrettés EST.

 

Oubliez donc le concept de ce Drumlesson et laissez vous porter par ces compositions qui démontrent une manière intéressante de produire de la musique électronique. Le résultat est un disque dense et bien pensé. C'est l'essentiel.

 

http://4.bp.blogspot.com/_zCvPofYid9M/S46crueR-OI/AAAAAAAAAQ0/VFt-rCalU4s/s400/K7257CD_cover.jpg

 

Excepté le rapport au jazz, Food n'offre finalement pas beaucoup de similitudes avec l'Allemand. Agissant depuis 12 ans dans l'électro-acoustique, le groupe composé de Thomas Strønen à la batterie et la programmation et de Iain Ballamy aux saxophones voit un trompettiste norvégien, Nils Petter Molvær, en remplacer un autre, Arve Henriksen parti en 2004, et arriver le guitariste autrichien Christian Fennesz dans ses rangs. De quoi se mettre en appétit. Les paysages sont bien plus minimalistes, chaque musicien venant poser humblement sa pierre à l'édifice totalement jazz. Difficile toutefois de ne pas penser ambient à l'écoute de ce Quiet Inlet. Sur Chimaera par exemple, le sax et la trompette se croisent sur fond de percussions dispensées au compte-goutte, le tout dans une atmosphère crépusculaire. Paisiblement, Nils Petter Molvær fait hurler sa trompette dans le désert de Becalmed et au long des sept pièces souvent dépouillées à l'extrême.

Ce disque au style typiquement nordique tourne malheureusement à la performance solo manquant un peu de consistance. L'espace est exploité avec bien trop de mesure. La sauce ne prend pas vraiment et la rencontre semble avoir mis ensemble des personnalités qui se regardent au lieu de fusionner. L'excès de sobriété de ce disque est gênant. On aimerait y trouver de la profondeur et ce n'est que de la simplicité qui en ressort. Les duos Molvær-Ballamy sont subtils sans être convaincants, tandis que Thomas Strønen brille surtout pas sa discrétion. Quant à Fennesz, il ne se fait entendre que de manière très lointaine. Ses nappes se détachent notamment sur Mictyris et Fathom, lors des rares moments où les percussions sont aussi en avant.

 

Food ne nous apporte pas la qualité à laquelle nous habitue le label ECM, avec ce disque d'une nudité un peu commune. Une déception.

http://player.ecmrecords.com/uploads/food/cover.jpg

par Tahiti Raph

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 13:47

Sortie : avril 2010

Label : Ad Noiseam

 

C'est en 2004 que Simon Smerdon a entamé sa trilogie sur l'excellent label Ad Noiseam. Les deux premiers volets, The Fears et Deviance, avaient déjà témoigné de tout le talent de Mothboy. Ce dernier est doté d'une habile capacité de variation des genres, allant du jazz au hip-hop, sans jamais s'éparpiller dans quelque chose d'indigeste. Bunny est logiquement et malheureusement le dernier volet de la trilogie. Constitué d'archives sortis des placards et d'inédits, voyons si Bunny jouit du même potentiel d'empathie que ses illustres prédécesseurs.

 

Résolument à dominance hip-hop, Bunny est un album typiquement Britannique. Avec ces breaks ciselés et ses infra-basses empruntées à un dubstep dans l'air du temps, Mothboy re-visite l'héritage anglais de ces dix dernières années en trempant son hip-hop vicieux dans le dub, le rock, le jazz et une pop qu'on pourrait presque qualifiée de "bristolienne".

C'est pourquoi il y a de nombreux invités vocaux, chanteurs et MC. On croise l'incisif et virevoltant Equivalant sur le très bon et lugubre Move, et le complice de toujours Akira The Don avec son débit loufoque et déglingué sur Johnny Nemo. Du côté des chanteurs, on remarquera plus particulièrement l'intervention de Robert Conroy sur Subway Song, où son timbre très inspiré par David Bowie vient se poser sur une belle mélodie hachée.

Si Simon Smerdon est un ingénieur du son et un musicien doué, il fait néanmoins intervenir des batteurs sur certains morceaux, probablement pour que les batteries résonnent moins artificielles. le résultat est plutôt réussi. L'influence du jazz est encore là et pas seulement dans l'approche rythmique, comme en témoigne l'intégration de la trompette de Martin Carr sur Version 2 ou le saxophone du Drive Home Safety de clôture.

En digne Anglais vivant au pays du rock, Smerdon sort des guitares abrasives sur les très réussis et énergiques My Love et Cala Martina.

Ceux qui ont connu et regrettent le label Grand Central Records y verront peut-être des réminiscences, plus particulièrement sur les excellents You / Me, Glow et Won't.

 

Cet album est à l'image de son artwork, vicieux. Même si ce lapin a l'air inoffensif au premier abord, la myxomatose lui a fait perdre les pédales et il a désormais du sang sur les mains. Le sweat capuche qu'arbore Bunny annonce la mort de Mothboy. On ne peut y croire et l'attendons sur d'autres projets. Avant la sortie des albums de Niveau Zero et du pape Hecq, le label Ad Noiseam referme la trilogie la larme à l'oeil.

http://www.adnoiseam.net/images/stories/discography/123/adn123-500px.jpg

par Ed Loxapac

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 18:48

Sortie : 27 mai 2010

Label : Echodub

 

Qui se cache dernière le mystérieux Asa ? Il y a peu de moyens de le savoir. On apprend seulement que ce personnage inspiré se niche à Bristol, et qu’il a auparavant sorti quelques tracks sur Screwloose Records ou Audio Banquet. C’est au tour du sémillant label Echodub (dont la dernière compilation a été chroniquée ici) de signer le poulain, avec cet Intimate EP de six titres.

Il développe ici un univers où la suavité règne en maîtresse. Le paysage sonore, à la fois paisible et très sombre, est chargé de volutes narcotiques, qui se dressent en vagues de son, portées par des beats lourds et mesurés. Le dubstep très downtempo d’Asa s’inspire de la langueur de l’ambient comme de la ciselure de l’électronica, pour leur administrer un sage traitement au breakbeat. Des voix floues et impalpables s’infiltrent au sein des nappes mélodiques comme de fielleux alizés, tandis que les basses font pulser l’air, bruissant de modulations métalliques. Comme les chaudes soirées d’un printemps urbain, le climat de cet EP paraît éminemment caressant, diffusant des songes en clair-obscur, mêlant les prémices troubles de la nuit à de tièdes ambiances solaires.

Une batterie au rythme ferme fracture l’errance des couches sonores sur l’hypnotisant Live. De temps à autres des nuages synthétiques grondants s’amassent, sort funeste déjà prédit par de lointains violons aux accents dramatiques. Intimate, titre élevé par Rob Booth au rang de "most amazing piece of work" de 2009, dépeint une lente élévation au delà de la stratosphère, étreinte d’un ensorcelant chant féminin, aux inflexions plus que suggestives. Kahn en livre un remix dispensable, à l’instrumental un peu plus appuyé.

Echodub apporte une nouvelle preuve de la qualité de leurs sorties avec ce Intimate intense et tamisé, dans lequel il fait très doux se lover.

 

par Manolito

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 18:23

Sortie : avril 2010

Label : Kompakt

Genre : Ambient

Note : 6

 

Un album de Kaito n'arrive jamais seul. Hiroshi Watanabe, qui se cache derrière ce pseudo, ne renâcle jamais à la tâche et publie donc pour chacune de ses livraisons, et en plus de ses travaux sous d'autres noms et sa vie de photographe, une version sans rythmique. Trust, sortie en octobre dernier (et chroniqué ici), subit donc le même traitement et voit aujourd'hui le jour "beatless" sur Trustless. Si l'original avait semblé linéaire et manquant de personnalité à mon collègue B2B, son nouveau jour prend une dimension inattendue. En effet, si la recette peut paraître un peu incongrue, le résultat justifie la démarche.

 

La facette trancey de départ se révèle autre sans les kicks passifs. Le Japonais explore l'espace ambient avec des nappes envahissantes et apaisantes. La volonté est différente et semble-t-il que le zen soit plus son fort que la danse. Ce disque est propice à la méditation, il fait appel à l'imagination pour stimuler les esprits les plus fertiles. Les pistes allant de 6'40 à 10'40 s'étirent au maximum en longueur pour vous envelopper et vous transporter sur un nuage de douceur. La fenêtre apparaissant sur la pochette de Trust s'est ouverte pour laisser toute la place à la clarté qui prédomine sur son successeur.

Tout cela peut sembler facile, manquer de rupture ou de travail dans les textures, mais c'est aussi cette simplicité, ce dépouillement qui fait l'intérêt de ces morceaux. Certains s'ennuieront fermement tandis que d'autres se laisseront flotter en apesanteur. Le piano, les rares cordes et surtout ces larges nappes décrivent sur Nothing Could Be More Peaceful un monde onirique dans lequel un soleil éblouissant baigne de sa lumière blanche l'espoir d'une vie nouvelle. Trust relève lui d'une esthétique plus trance qui, dépourvue de rythme, développe un aspect mental profond et extatique. La palette assez limitée de sons utilisés fait passer les clochettes de It Happens Suddenly pour une agréable évolution.

Aux neuf titres revisités s'ajoutent des remixs réalisés par le duo de Chicago et Detroit Echospace qui proposent deux nouvelles lectures du And That Was The Way qui ouvre le disque. Deux morceaux longs formats où les premiers beats font une apparition discrète sans bousculer l'esprit présent jusque-là. Les Américains explorent une techno minimal paisible sans grand relief.

 

Trustless, sortie uniquement en numérique, est à réserver aux amoureux de l'ambient léger, qui aiment se laisser bercer par des sonorités gracieuses à l'heure de la sieste. Les autres peuvent passer leur chemin.

 

par Tahiti Raph

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 17:39

Sortie : avril 2010

Label : Perlon

 

KEUARRRRRRRR !!!! PORCHERIE !!!! Ce cri primal n'est pas étranger à ceux qui ont déjà assisté à un live enfiévré de Guillaume Berroyer, plus connu sous le pseudonyme de Ark. Véritable électron libre de la scène techno, il n'a jamais délaissé l'inaltérable amour qu'il voue à la funk music. Encore aujourd'hui il n'est pas rare de le voir utiliser sa guitare lors de ses sets. Beaucoup ont découvert Ark à l'occasion de la sortie de son album Caliente, où il s'était adjoint les services d'un autre bourreau de travail en la personne de Jamie Lidell. Beaucoup ignorent qu'il a également travaillé avec des artistes tels que Krikor, Cabanne ou encore DJ Shalom. Avec ce dernier, il a concocté un des albums les plus réussis qu'ait connu la France avec le projet Shalark, réunissant le flûtiste Magic Malik et un certain Mathieu Chedid à la guitare. Inutile donc de dire que la sortie d'un album de celui qui est également un prince du calembour syntaxique est pour moi, toujours un événement.

 

Au delà des gimmicks loufoques qui égrainent ses tracks, Ark puise dans un héritage dont nombre de DJ feraient bien de s'inspirer. Certes la funk de Georges Clinton et le côté parfois salace des booty Detroit Grand Pubahs est présent (Rising, Biscouit, Old Chariot) mais Ark n'est jamais aussi savoureux que lorsqu'il s'inspire de l'approche répétitive d'un Theo Parrish ou du côté soulful d'un Moodymann. Si les deux derniers cités sont natifs de Detroit, ce n'est sans doute pas un hasard. Berroyer sait lui aussi saisir et retranscrire des petites histoires urbaines issues de la culture black américaine. On ne s'étonnera donc que trop peu de la présence de deux hommages plus que réussis, l'un à Obamark et l'autre à New-York.

Le timbre suave et sensuel de la chanteuse Lippie n'a sans doute rien de comparable à celui de Norma Jean Bell mais ses mélopées sucrées aident Ark à s'ouvrir vers des contours plus pop, comme sur Puince et Sugar of Brain (où la flûte de Thomasito fait un malheur). Le fleuve Deep At All s'annonce comme la perle dancefloor de l'opus, capable d'envelopper l'after du club le plus hostile dans ses douces ombres. On se délectera également de Gaz, où entre jazz, soul et house, Ark démontre qu'il est bien plus qu'un disciple de l'école de Detroit.

 

Artiste atypique au coeur d'une scène minimale sclérosée, Ark continue de surprendre et on comprend mieux pourquoi Télérama en a fait sa nouvelle coqueluche. Nous conseillons bien entendu à nos avisés lecteurs de le voir en live, l'expérience étant toujours plus que jubilatoire. De notre côté, ce disque devrait très longtemps traîner du côté de la platine et on se prend à rêver, en une fantasmatique reformation du projet Shalark.

http://c3.ac-images.myspacecdn.com/images02/121/l_4bd047b7d2aa4d78b1207d42390631d2.jpg

par Ed Loxapac

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