Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 13:59

Sortie : 7 février 2010

Label : Section 27

 

Les dingues d'IDM et les habitués de Chroniques électroniques ont, peut-être sans le savoir, déjà entendu parler d' Altered:Carbon. En effet, les deux Ecossais ont créé un buzz monumental en faisant passer leur premier album éponyme pour un leak précoce du dernier album d'Autechre, Oversteps (chroniqué ici). Communication habile ? Manipulation ? Tentative de dénoncer les abus d'internet ? On ne le saura sans doute jamais. Quoi qu'il en soit, cette amusante supercherie aura au moins eu le mérite de mettre en lumière les trésors que recèle le netlabel britannique Section 27.

 

L'album s'ouvre sur le titre Imposter. Doit-on y voir enfin une revendication ? Bon, allez, on arrête avec ça, cet album vaut bien plus que cette pseudo polémique.

Ceux qui ont lu le roman sci-fi Altered Carbon de Richard K. Morgan comprendront très facilement la filiation avec la musique du duo Ecossais. On a effectivement ici droit à un brillant album d'IDM de science fiction. Il y a un point commun substantiel avec les mythiques Autechre : l'inspiration et la passion commune pour les précurseurs Cabaret Voltaire.

Aidés par des softwares comme Ableton ou Reaktor et des machines Korg, les Ecossais parviennent à réaliser une fresque splendide et cohérente, aux confins de l'IDM, de l'ambient et de l'industriel. Il y a même plus que des effluves de hip-hop au début de l'opus, les excellents Dimi The Twin et Tinted Corvettes. Le duo déploie ensuite des ambiances poisseuses et humides d'usine désaffectée, comme sur le très ambient et bien baptisé H2O. Pratiquement jusqu'à la fin, les Britanniques vont étaler tout leur talent d'oscillateurs rythmiques en lâchant de véritables perles du genre. Glitch, électricité, broken beat, nappes abyssales. Autant de termes qui font frémir les fonds de culotte des amateurs de ce genre de productions. ADSS, le sublime et profond titre éponyme, le frénétique Kovax et le très noise-ambient Hexyl devraient vous permettre d'attester de la véracité du propos.

En fin d'oeuvre, Retina, Sleav et surtout Poly-Nemex raviront ceux qui ne jurent que par les synthétiseurs émanant des volutes menant vers des galaxies lointaines. Très jolis, mais parfois un peu longuets. Geigarr s'annonce comme l'arrêt de cette intermède spatial et onirique, en scindant le beat et en polarisant la mélodie sur un lit de cristal piquant.

 

Vitrine forcée de l'excellent netlabel Section 27, cet album est surprenant de par sa qualité et sa variation. Même si l'année est loin d'être finie, il y a de bonnes raisons de penser que cet album figurera en bonne place au panthéon annuel du genre. Pour ajouter à l'allégresse, l'oeuvre est chopable ici. Bon voyage à ceux qui grimperont dans la navette.

 

http://www.freakenergy.ru/uploads/posts/2010-03/1269396516_s27-035-front.jpg

 

par Ed Loxapac

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 00:00

Sortie : avril 2010

Label : Project: Mooncircle / Spoken View

Genre : Rap

Note : 6

 

Deux labels, une douzaine d'artistes et quatre titres... voilà le concept de ce Zeitgeist EP qui vise à rapporter "l'esprit de notre époque" en organisant la rencontre des rappeurs allemands de Spoken View avec ceux internationaux et anglophones de Project: Mooncircle.

 

Le disque débute sur l'instru soul de Real MC's avec son sample de cuivres fatigués et sa guitare lancinante. Le Néerlandais Joe Kickass confirme les bonnes impressions ressenties avant la sortie de son premier album avec un flow posé et détaché. Côté Allemand, c'est Morlockk Dilemma, aussi à la production du morceau, qui mitraille le beat de ses paroles avec une voix nasillarde à la B-Real de Cypress Hill.

Roots & Foundation est ensuite plus ensoleillé, avec un penchant R'n'B un peu facile. Heureusement, les deux MC présents bétonnent la plage, en particulier Damion Davis qui démontre à nouveau qu'outre-Rhin on rappe à l'énergie.

On retrouve cette même ambiance tranquille sur Somthings Wrong avec Lewis Parker à la prod' et au micro. Dans une ambiance moins Blaxploitation que son solide récent maxi (chroinqué ici), l'Anglais est toujours aussi propre, se faisant accompagner impeccablement d'un Hiob à la hauteur.

Enfin, Titans conclue la rencontre avec un Shibteton très à l'aise au milieu de ces choeurs épiques. Le duo Anglais Obba Supa démontre ensuite toute sa technique. Une conclusion dans le ton de cet EP qui ne manque pas d'énergie malgré des sons plutôt calmes. Un maxi complété en face b par les versions instrumentales qui permettent de mieux en apprécier les subtilités.

 

Les MC allemands démontrent avec ce EP qu'ils sont injustement méconnus. Une bonne manière de les découvrir avec ce concept original qui devrait inciter à d'autres collaborations de ce type au vu du résultat.

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc058_cover_480px.jpg

par Tahiti Raph

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 12:13

Sortie : 29 mars 2010

Label : Desolat

 

Compère de Loco Dice au sein de Desolat, l'Allemand Martin Buttrich est un membre mystérieux de la planète techno. A son compteur figurent quelques maxis chez Cocoon, Poker Flat ou Planet E. Il est avant tout connu pour son travail de studio. Son premier album fut présenté lors de la grand messe du Time Warp à Mannheim, où il s'est lui même produit en compagnie de la crème de la crème. Ceux qui ont assisté à sa prestation parlent de live anthologique. Voyons si il en est de même pour son Crash Test.

 

Aux antipodes des DJ mercenaires activistes de la "composition" kilométrique sans âme et responsables de la paupérisation de la techno, se révèlent des mecs comme Martin Buttrich.

Rarement il m'a été donné d'entendre un album de house doté d'une telle identité artistique. Beaucoup se serait contenté de servir un empilage de maxis ayant déjà eu leur quart d'heure de gloire. L'Allemand replace la dénomination album à l'essence de sa signification.

Crash Test jouit d'un groove implacable et s'inspire de ce que la house a fait de mieux depuis 15 ans. On est donc bien loin de l'étiquetage basique "techno allemande". C'est juste un album d'une classe et d'une maturité incroyable. Pas un vulgaire recueil de DJ, un opus d'ingénieur du son de grand talent.

Même quand le son se fait plus typiquement binaire (Back It Up), Buttrich garde son imparable sens du groove. Il se permet même d'insérer des cuivres dans ses perles dancefloor pleine de subtilité, un basson (Tripping in the 16th), une trompette déchaînée (I'm Going There One Day).

On comprend rapidement que rien ne peut longtemps rester statique chez Buttrich, tant et tellement que qualifier sa musique de répétitive ou de minimale relève du bûcher hérétique.

Qui peut s'empêcher d'écarter les bras et de lever des yeux extatiques au ciel sous l'impact de bombes telles que Song Six ou Everyone Else Is Already Taken.

Buttrich aime prendre son temps et envelopper l'auditeur dans les méandres de ses boucles subtiles, et cela même quand le kick tarde à venir. On se noie dans ces arrières plans conversationnels, junglesques ou de cour de récréation.

Le vrillé et ascensionnel Blackouts Non-Stop serait capable de faire sursauter n'importe quel dancefloor en pleine descente, tout comme l'aérien et mélancolique Enough Love To Hate It, évoluant par la suite vers des rythmiques presque africaines agrémentées de piano et de carillons.

Comme un symbole, le très sensuel et très soul You Got That Vibe vient clore cette divine galette.

 

On aimerait presque croire que Crash Test s'élèvera comme un message envers l'industrie mercantile. Bien loin des albums conçus pour surnager le temps d'une saison, celui-ci squattera et se révélera dans la platine sur le long terme. Voici donc un album de classe absolue, qui franchira aisément le test de sécurité pour oreilles sensibles et mélomanes.

http://locodice.com/newsletter/desolat/butti.jpg

par Ed Loxapac

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 10:37

Date : 1er au 4 avril 2010

Lieu : Genève

 

Depuis sept ans, au retour du printemps, Genève accueille son festival des cultures électroniques, le réputé Electron festival. Originaire de Genève, pas question pour moi de louper cette nouvelle édition. Les concerts étant répartis dans différentes salles de la ville, ces quatre jours donnent habituellement lieu à des rues pleines de festivaliers, des allers-retours joyeux entre l’Usine et le Palladium, qui donnent l’impression que le cœur de Genève pulse frénétiquement au rythme des bpm.  Mais cette année plus question d’errer librement : l’enceinte du festival est délimitée par des couloirs de bâches noires. Une mesure certainement nécessaire pour la tranquillité des citadins, mais forcément moins drôle lorsqu’on se retrouve à devoir en faire le tour complet pour se rendre compte qu’il n’y a qu'une entrée.

                 DSC 0136

Jeudi 1er avril

Tout débute au Kab, au rez-de-chaussée de l’Usine, qui se dédie ce soir largement au dubstep. C’est Subsound qui prend la main, dans une salle encore très clairsemée. Les beats denses et pénétrants de cet habitué des soirées Dubstep Upfront de l’Usine constituent une excellente mise en bouche. On poursuit avec un rapide tour au Palladium, où l’emplumée Solange La Frange se prête à un live d’électro rock criarde et plus qu’insupportable. Bizarrement cette grande salle est toujours le point de repère d’un public plus "hipsters", peut-être rebuté par l’underground crade de l’Usine ou par le son moins évident. Grand bien leur fasse, pour nous c’est retour au Kab, pour l’une des prestations les plus saisissante de la soirée : celle de la jeune ghanéenne Oy. Entourée d’un clavier, d’un sampleur et de quatre poupées vaudou, Oy livra une prestation littéralement habitée. Malgré son sweat à capuche, elle avait tout d’une sorcière cabalistique, et psalmodiait des chants empreints de mystique et d’évocations de l’enfance, sur des beats oscillant entre électronica et hip-hop abstrait. Puis c’est Bulldogs qui prend le relais. Le dubstep live de ces deux Allemands fut l’une des meilleures surprises du festival. Tous deux encagoulés et surexcités, ils se partageaient des platines, un synthé et une batterie (une batterie !! Du dubstep avec une vraie batterie !). Ah cela faisait plaisir à voir, et le rendu en était transformé. Leur son, dark et puissant, était d’un excellent niveau, et la présence de l’instrument électrifiait les beats comme l’auditoire. 

                   DSC_0152.JPG

 

Un détour fut fait par le Zoo - à l’étage - où l’électro putassière était à l’honneur (The Toxic Avenger, Partyharders)… pour en redescendre illico. En bas King Cannibal balançait du dubstep marqué de sonorités fortement industrielles et de traces dancehall. Plaisant, mais je n’en ai pas assez vu pour émettre un réel avis. Au Palladium c’était au tour de Sebastian, qui fût accueilli par un public hystérique. Son set, et on ne peut s’en étonner, fut d’une médiocrité désolante. Il jetait en pâture des turbines mugissantes ou des vieux Daft Punk à des fans qui pogotaient à qui mieux mieux. Difficile de tenir plus de 10 minutes. Mieux vaut se rentrer.

 

Vendredi 2 avril

Un sentiment un peu amer flotte sur ce début de soirée du vendredi. A cette heure-ci aurait dû se produire Stendeck, suisse d’origine qui œuvre sur Tympanik. Mais à la veille de l’ouverture des festivités, on apprit que tous les concerts du Moloko (un bar de l’Usine) seront annulés, les artistes déprogrammés. Des explications du département de la culture de la ville de Genève devaient être fournies... on les attend toujours. Pas de Stendeck donc, et ni les autres. Mais il y a ce soir de quoi se consoler : au Kab c’est Reverse Engineering qui ouvrent la marche. Les écrans sont multiples et le VJing du Mapping festival impressionnant, avec un matraquage d’images industrielles en noir et blanc. Les trois compères débarquent en combinaison blanche et masque à oxygène, et chauffent la salle d’une introduction vicieuse. Ils joueront beaucoup leur dernier album, le superbe Highly Complex Machinery (choniqué ici), démarrant notamment sur le génial Instant Art, suivi de Romeo Echo. Puis soudain, sur les beats de World In Reverse, une petite chose furieuse déboule sur la scène, la danseuse de ballet Yu Otagaki, qui se cambre, tournoie et virevolte au son des breaks apocalyptiques de RE. La jeune asiatique refit une ou deux apparitions durant le live, dont une où, vêtue d’une simple robe de papier blanc et les cheveux détachés, elle dansa telle une possédée, son corps s’arquant brutalement sous la morsure des beats. La performance de Reverse Engineering fut donc ébouriffante, le genre de spectacle où tous les sens sont stimulés, et les yeux comme les oreilles, n’en reviennent pas.

                     P1000673.JPG

 La suite, en revanche, alla en déclinant. RE laisse la main à Hudson Mohawke, qui me surprit d’abord agréablement. Auréolé de fusées et de flashs en tous genres, il était accompagné d’un MC aussi ridicule qu’inutile. Mais son hip-hop électronique épais et frénétique se révéla plutôt efficace. Certaines tracks me laissèrent même assez abasourdie. Son set fut tout de même entaché de notables fautes de goût, et peu résistant sur la longueur. Mais bon, on se dit que ce gars là n’est pas non plus sur Warp pour rien. Le temps d’une transition et Apparat fait son entrée, accompagné de Skate. Très rapidement je sens monter la grosse déception. Ce qu’Apparat nous fait là avec son pote, ça n’est pas du tout du Apparat. Les deux diffusent une techno salement bouncy, qui pourrait s’apparenter à du Mad Decent. C’était très mauvais. A un instant cependant ils récoltèrent ma plus complète adhésion (et un bondissement), lorsqu’ils lâchèrent comme une bombe le monumental Seamonkey de Moderat, qui fit crier la foule, aux anges. Mais passée celle-ci, c’était reparti dans le « do Brasil », soit une invitation à regagner ses pénates.

 

Samedi 3 avril

Après deux jours de beau temps, Genève et l’Electron se retrouvent sous une pluie battante en ce samedi soir - ce qui ne découragea pas votre valeureuse chroniqueuse. Le Kab s’adonnant à de l’électro rock (Flairs, Jamaica), je n’y mettrai prudemment pas les pieds. C’est donc au Palladium qu’une moitié de Chroniques électroniques se réunit pour assister à la première du nouveau live de The Hacker, en vue de son prochain album. Après que These New Puritans - à peine aperçus - ont cédé la place, Michel Amato s’installe aux platines. Sa prestation est puissante, résolument techno, The Hacker ne laisse jamais retomber la sauce. On pourra cependant lui reprocher un aspect assez linéaire, et peut-être un manque d’originalité. Mais il aura malgré tout très bien rempli sa mission, c’est-à-dire nous chauffer à point pour le live tant attendu de Pantha Du Prince.

                 P1000654.JPG

Il est donc temps de réintégrer l’Usine et de grimper au Zoo, où les nombreux écrans se marient à la véranda qui sert de plafond. Entouré de magnifiques visuels qui alternent entre des paysages en sépia et d’inquiétants ossements d’animaux, Pantha Du Prince offre un set de très haute volée. Les basses se font largement (trop ?) entendre, tandis que les strates et les délicates modulations se déploient et imprègnent la salle entière. Il y eu plusieurs points d’orgue : lorsqu’il nous gratifia d’un incomparable enchaînement de Bohemian Forest et Saturn Strobe, ou à l’instant de l’irrésistible Satellite Sniper. Les images se brouillent presque, on voit la scène pleine de fumée, des branches d’arbres qui scintillent un peu partout, et l’air saturé de carillons. Classe, très classe, on n’a plus qu’à s’incliner, et à aller se coucher.

                P1000666

Dimanche 4 avril

Dernier jour du festival, en début de soirée, le site est à moitié vide. Nombreux sont ceux qui en ont déjà assez pris dans les pattes. Alors lorsque je gagne la place des Volontaires, c’est surtout pour voir à quoi ressemble un live de Daedelus. Après un verre au Zoo en patientant sur la house enthousiaste de Born Bjorg, je rejoins le Kab pour l’arrivée du dandy américain de l’électronica. Et en effet l’image vaut le détour. Avec redingote blanche, cravate et rouflaquettes, Daedelus s’escrime sur son sampleur comme un savant fou furieux. Il déstructure ses beats avec une espèce de malin plaisir, et tend aussi bien vers le dubstep que vers une techno azimutée. On retrouve dans son univers des clins d’œil aux sons tapageurs de la côte ouest, les breaks claquent joyeusement, Los Angeles n’est pas loin. Le public, restreint au début, gonfle peu à peu ses rangs, et semble rapidement tout acquis à sa cause. De mon côté, je frémis de ravissement. La fin du set arrive trop vite, et tout le monde parut d’accord, car Daedelus reçut une spectaculaire ovation. J’avais, pour ma part, rarement vu le public genevois aussi expressif.

                P1000682.JPG

Je quitte Genève finalement plutôt comblée, malgré le regret de l’annulation des concerts du Moloko - et le manque de justifications -, L’Electron a bien tenu ses promesses. Dans des festivals comme celui-ci, dédiés exclusivement à l’électronique, le vrai problème est presque de faire des choix, il y a souvent plus de choses à voir que de temps pour le faire. L’ambiance, et le bon esprit aidant, cela suffit à être convaincu d’y retourner l’année prochaine. 

 

par Manolito

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
commenter cet article
5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 18:50

Sortie : 26 avril 2010

Label : Boxer Recordings

 

Matzak est un pharmacien implanté à Clermont-Ferrand. On a déjà fait plus funky sur le papier mais pourtant, Nicolas Matuszczak se révèle être un personnage attachant. De formation classique, biberonné au piano, il a toujours privilégié une approche mélodique de sa musique électronique, davantage centré sur la techno. Oeuvrant seul dans l’ombre de son studio, il a patiemment attendu son heure jusqu’à ce que Boxer Recordings le remarque en 2006. S’en suit un premier album agréable et prometteur, Life Beginnings. Quelques maxis plus tard, revoilà le Clermontois avec son nouvel opus : Bring Me The Moon.

 

Matzak semble avoir voulu étaler sur cet album son large spectre d’influence. On se retrouve avec une galette hybride, tantôt plaisante, tantôt convenue. Ne tergiversons pas plus longtemps, ce Bring Me The Moon est un album agréable mais prévisible et étrangement daté. Sans remettre en cause le travail de Matzak, force est de constater qu’il semblerait que ce dernier soit resté bloqué en 2002, lorsque Ninja Tune régnait sur la planète électro et qu’Agoria commençait à nous abreuver de tracks techno fédératrices. On est donc surpris par le relatif anachronisme de l’ensemble sans pour autant être déçu. Finalement, pour peu qu’on veuille bien prendre ce Bring Me The Moon comme un hommage au début des années 2000, il n’y a plus qu’à se laisser bercer.

Matzak nous promène donc en terrain connu. On The Sofa et l’éponyme Bring Me To The Moon versent allègrement dans une électronica à la Ninja Tune, une sorte d’abstract hip-hop-soul qui n’oublie pas le groove. Avec Unpredictable Sunday, ce sont les démons d’une techno toute en apesanteur et extasiée qui sont convoqués, avant qu’un final crève cœur avec son avalanche de cordes ne viennent nous porter le coup de grâce. Malheureusement, sur Not Safe For Work (feat. Forensic) Matzak s’égare dans un hip-hop-house bancal pendant que In The Jazz Garden paraît bien insipide.

 

Difficile de faire l’éloge de ce Bring Me The Moon tant les contours sont ici balisés. Il n’en reste pas moins que cet album de Matzak demeure un objet agréable, jamais offensif, toujours contrôlé. Malgré l’hétérogénéité de l’ensemble, on ne sent jamais pris au piège. C’est là tout le paradoxe de ce Bring Me The Moon : ça s’écoute avec plaisir mais le manque d’audaces en fait un album rapidement périssable.

 

http://i1.soundcloud.com/artworks-000000846359-z6afbd-crop.jpg

par B2B

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 12:19

Sortie : 26 avril 2010

Label : Module

Genre : Mix techno, house

Note : 7/10

 

On a tous une histoire avec le Rex. Ceux qui nous suivent régulièrement l’auront compris, chez Chroniques électroniques, le club de la capitale tient une place particulière. Depuis plus de 20 ans, le Rex n’a jamais était délogé de sa place de « meilleur club techno français ». La faute à quoi ? Un sound-system frisant la perfection, une ambiance jamais démentie et surtout des DJ sets légendaires.

A l’heure où de nombreux clubs se mettent à sortir leurs mixs (Fabric, Berghain, Robert Johnson), le Rex se décide enfin à franchir le pas afin que les habitués puissent retrouver chez eux cette ambiance nocturne tant recherchée pendant que les néophytes pourront goûter à ce sous-sol.

 

Ce n’est pas une surprise de retrouver le Parisien D’Julz aux commandes de cette Rexperience 01, lui qui depuis 1997 officie régulièrement aux platines du club par le biais de sa résidence Bassculture. Ces soirées, très connues des clubbers parisiens, ayant vu passer le gratin mondial en matière de tech-house avec Loco Dice, Luciano ou encore Steve Bug. Vous l’aurez compris, la classe est de mise, il n’est pas question ici de ramoner vos oreilles avec une techno vorace.

D’Julz n’a jamais cherché à être un tueur des platines, sa seule vocation étant de lentement transporter le public vers un état second par le biais d’une sélection chaloupée. Cette Rexperience puise sa force dans un groove permanent en offrant un set d’une parfaite fluidité. La problématique n’est pas d’isoler un morceau mais plutôt de proposer un tout limpide, de maintenir la cadence par le biais d’une basse profonde. Ce Rexperience 01 est l’antithèse du mix bourrin et rentre-dedans.

L’introduction opiacée du dub d’Un Dimanche Sans Fin d’I:Cube donne immédiatement le ton : la danse sera langoureuse. Les 30 premières minutes vont se révéler parfaite pour caresser vos oreilles. Il n’est point question d’agression puisque l’acidité n’a pas sa place ici. Et quand retentit le mythique Inside Out de Phuture, on se prend à fermer les yeux et à s’imaginer en 1993 dans le même espace.

A partir de l’intrusion du Working Night de John Thomas, remixé ici par Octave One, le mix bascule résolument vers la house. Et plus les minutes s’égrènent plus le retour en arrière s’opère vers un esprit de plus en plus soul. D’Julz laisse de plus en plus les morceaux s’étirer pour maintenir une douce pression.

 

Les réfractaires au minimalisme et à la house passeront leurs chemins, ici les envolées puissantes n’ont pas leur place. Mais cette Rexperience de D’Julz apparaît cependant comme le mix idéal permettant de s’imaginer à quoi ressemble une soirée au Rex. D’Julz n’a pas cherché à faire dans l’esbroufe inutile, il semble avoir préféré donner sa vision de la tech-house de club en 2010. Une chose est sûre, les habitués du Rex seront trouvé ici de quoi agrémenter leur semaine, en attendant la prochaine soirée dans leur club fétiche.

 

http://3.bp.blogspot.com/_5HeGeE_QhSs/S59rupLLYLI/AAAAAAAAAPE/zJCa7B5oVdY/s400/COVER_Rexperience+1.jpg

par B2B

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 18:16

Sortie : 29 mars 2010

Label : Critical Music

 

Né aux Seychelles, Gove Kidao débarque en Angleterre alors qu'il n'est encore qu'un enfant. Ses rencontres avec le hip-hop conscient et le jazz agissent sur lui comme une révélation. Il fera de la musique et s'appellera Sabre. Il est aujourd'hui un des producteurs de drum'n bass les plus courus de la planète, au même titre que son compère Alix Perez. Après avoir sorti un bon paquet de maxis et deux EP, son premier album, A Wandering Journal, est annoncé comme un des disques les plus passionnants de l'année. Il paraît dans un packaging de luxe sur le label anglais spécialisé Critical Music, sous la forme d'un double album avec une deuxième partie contenant des versions plus club (bien nommées Club Mix).

 

Comme nous le faisait remarquer un de nos visiteurs réguliers, nous n'écrivons que trop peu au sujet de la drum'n bass. Serions nous entravés par les clichés ? Il est vrai que cette musique est souvent associée aux nuques longues à la Tony Vairelles et aux mulets gélifiés amateurs de mélodies bourrines sans subtilité. L'album 1984 d'Alix Perez (chroniqué ici) avait envoyé valsé tous ces hérétiques lieux communs. Mais ne nous y trompons pas, la chronique du jour n'a nullement une vocation de mea culpa.

A Wandering Journal est tout simplement un album génial et bouleversant, aux confins de la drum'n bass et de l'électronica. Empli d'atmosphères et d'ambiances subtilement sensibles et vénéneuses à la fois, cet opus liquéfie autant les jambes que les synapses. Derrière ce minimalisme abstrait se cache un onguent mental littéralement addictif.

Enveloppé par des infrabasses vrombissantes et des rythmiques cinglantes, l'auditeur est en permanence maintenu captif dans ce sillon artistique sans concession et avant-gardiste. J'ajouterais même que Sabre, participe a ce que Photek avait entamé avec son Modus Operandi.

Même si les BPM dépassent la plupart du temps les 160, le tempo et la rythmique n'effacent jamais les trames ambiantes. Tout ici n'est qu'alchimie et complémentarité.

Curious, Marvel, Péril, The Intrepid, Escapade, Ash, le diptyque Levelling Out ou le sublime Have It Your Way sont des perles absolues.

Alix Perez, Nosia, Icicle et Maxwell Golden ne se sont pas trompés en venant apporter leur touche, collant parfaitement au climat qu'a voulu révélé Sabre.

Tout est ici tellement exceptionnel qu'il est extrêmement compliqué d'émettre des critiques. En cherchant bien, peut-être que certains morceaux un peu trop courts du premier disque auraient mérité de muter encore un peu plus.

 

Voici donc un joyau brut et noir qui résonne en moi, novice dans la drum'n bass, comme une révélation. Même si cet album est composé de deux faces, la filiation et la complémentarité entre elles m'apparaissent comme évidente. En plus du contenu exceptionnel, force est de reconnaître que l'objet est absolument somptueux. Au delà des vaines étiquettes, A Wandering Journal se doit d'être un must have pour tout amateur de musiques électroniques intelligentes. Énorme baffe.

http://www.criticalmusic.com/awanderingjournal/images/awj-lp.jpg

par Ed Loxapac

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 16:29

Sortie : mars 2010

Label : Love The Chaos

 

David Jornet, artiste d'origine barcelonaise et chanteur du groupe Anorak, se cache parfois derrière le pseudo de Strange2 pour ses travaux personnels dont ce nouvel album baptisé Ciclos. Sa musique est ambient avec des velléités à tirer vers l'IDM par moments. Il y a aussi une touche indéfinissable qui indique l'origine hispanique du producteur. Une manière de faire sonner ses machines qui fait apparaître clairement sa nationalité.

N'arrivant pas à choisir entre ambient et IDM, Strange2 fait donc se côtoyer les deux. Des rythmiques complexes se posent donc sur des nappes aux larges contours et des éléments plus énergiques interviennent dans un univers apaisé. Un équilibre subtil que l'artiste arrive à maintenir sur la longueur. Ces compositions sans génie sont généralement bien menées et captiveront l'auditeur en quête d'un repos un tant soit peu animé. Il se laissera prendre par ces mélodies parfois un peu faciles, mais supplées par des constructions qui évitent la lassitude. Avec Nada par exemple, l'atmosphère proposée est assez minimale, mais confortable et rêveuse. L'espagnole mène donc bien sa barque, même s'il est parfois handicapé par des sons un peu cheap, quelques claviers manquant de finesse.

Rien de révolutionnaire sur ce disque. Les pistes se succèdent avec souvent peu de relief, mais l'ensemble est tout de même agréable. Certaines pistes, dont Arte Y Espectado et son discours subliminal ou le presque abstract Postales, offrent un oasis hypnotique prenant. D'autres morceaux, comme La Primera Impression ou le lancinant L'Hôtel De Ses Rêves, passeront un peu plus inaperçus.

Vous pourrez donc laisser vaquer votre esprit sur ce Ciclos, tant que vous n'en attendrez pas monts et merveilles.

http://www.lovethechaos.net/imgs/ltc007/strange2-ciclos.jpg

par Tahiti Raph

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 19:50

Sortie : 6 avril 2010

Label : Eim & Oak

 

Beatmaker et rat de studio, l'Américain Alex B a une culture musicale qui dépasse largement les clivages du hip-hop. Proche de la nouvelle scène californienne, il a signé des maxis sur bon nombre de labels et a lâché gratuitement quelque morceaux sur son site internet. Dans un souci de liberté et d'empreinte artistique claire, il crée récemment son propre label : Eim & Oak.

Mis en avant par l'excellent label et distributeur Alpha Pup (à qui on doit l'excellent album de Free The Robots chroniqué ici), nul doute qu'Alex B pourrait ainsi obtenir une visibilité plus large au coeur d'une scène underground actuellement en pleine effervescence.

 

Issu d'une génération spectatrice et connaisseuse, Alex B sait bien qu'il doit passer par l'électronique s'il veut apporter sa pierre à l'édifice du hip-hop. Le gars possède une collection de vinyles pléthorique et donc une usine à samples importante. Utilisant aussi bien du matériel analogique que la technologie digitale, il conçoit ses morceaux comme des formats courts. Inspiré par le jazz et les musique black au sens plus large, sa musique est pourtant bien ancrée dans son époque. Son hip-hop bionique peut ravir aussi bien les B-boys avides de tunes dancefloor que les amateurs de productions plus cérébrales. Au delà de sa technique et de sa maîtrise de la technologie, Alex B aimerait bien être plus qu'un producteur beatmaker lambda.

Même s'il est proche du sillon creusé par Nosaj Thing, l'Américain ne rechigne pas à faire intervenir des MC (les très bons Sunk1 et Count Bass D) ou des voix (la chanteuse Lilla D'Mone).

C'est pourtant lorsqu'il intervient seul qu'il est le plus convaincant, comme sur les excellents Waste, You And I Both Know, At Channel One, Hot Chop ou Nothing Is Always Something.

Comme on l'avait déjà observé sur l'album de Nosaj Thing, la technique et le talent sont incontestables mais on peine parfois, malheureusement, à chavirer dans la nébuleuse.

 

La démarche d'Alex B est néanmoins plus que louable. Son album, même s'il ne révolutionne rien, est de très bonne facture et ravira les inconditionnels d'abstract hip-hop futuriste. Longue vie à lui ainsi qu'à son label.

http://www.alphapuprecords.com/art/669158519521-300x300.jpg

par Ed Loxapac

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 21:42

Date : 30 mars 2010

Lieu : Magic mirrors (La Défense)

 

L'an passé, la série Inspiration Information nous avait offert une magnifique collaboration entre le jazzman éthiopien Mulatu Astatke et les Anglais électro-jazz de The Heliocentrics (chroniqué ici). Le festival Chorus a eu la bonne idée de les programmer pour permettre de prolonger cette rencontre sur scène. Le chapiteau de bois à l'ancienne du Magic Mirrors, antre chaleureuse au milieu de cette bien inamicale esplanade de La Défense, offre un décor parfait à ce concert.

Le groupe fait son entrée et chauffe tranquillement la salle avant que le maître arrive. La formation est large avec un clavier, un batteur, un bassiste sosie d'Alain Chamfort, un guitariste inspiré, un multi-instrumentiste discret et surtout deux "cuivres" (en fait saxophone ténor, flûte traversière, clarinette basse et trompette) qui impulseront de l'énergie dans un ensemble parfois un peu ronflant. Tout le monde prend place et la lente mélopée de leur jazz s'élève peu à peu. Mulatu Astatke arrive rapidement et prend place au devant de la scène aux commandes de son vibraphone dont il joue toujours avec mesure. Pas vraiment chef d'orchestre ni soliste, l'Ethiopien s'insère à l'ensemble pour faire monter l'atmosphère fiévreuse diffusée par l'ensemble. Se dégage  alors un sentiment partagé : les spectateurs retrouvent à la fois le son et les airs qui les avaient séduits sur disque, mais sans le petit plus attendu en concert... pas vraiment de nouveauté, mis à part l'extension en longueur des titres, ni de supplément d'émotion.

M-Astatke_Heliocentrics_01.jpg

La star dans sa tunique bleue et moutarde est particulièrement en retrait malgré quelques passages agréables au vibraphone. Astatke est particulièrement effacé quand il passe aux congas où ses frappes se perdent au milieu du reste. Et quand il se retrouve à jouer seul de ses percussions, nous avons la drôle d'impression qu'il était mieux loti perdu dans la masse... Le Jazzman a pour lui d'avoir composé ces morceaux qui se retrouvent tout de même avec plaisir.

Heureusement pour le public, il est bien entouré. Ce sont surtout les deux cuivres précédemment évoqués qui vont faire le spectacle avec un jeu qui donne de la puissance et tranche dans l'ensemble hypnotique concocté par les Heliocentrics. Leurs solos permettent aussi d'apprécier leur habileté et de donner un coup de fouet à la salle. Plus rares, les interventions du guitariste et du joueur de mini Moog sont tout aussi appréciables. Quand le premier donne une pointe de rock bienvenue, le second apporte lui une touche électro expérimentale toute aussi relevée. Ces interventions offrent des relances salvatrices.

Le départ du Magic mirrors se fait donc avec un goût mitigé, entre satisfaction d'avoir assisté à une prestation de qualité d'un groupe qui n'assure qu'un peu plus du service minimum sur scène. En s'attendant à quelque chose de grand, c'est un peu décevant... et pourtant le niveau était là.

M-Astatke_Heliocentrics_02.jpg

par Tahiti Raph

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
commenter cet article