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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 12:06

Sortie : 3 mai 2010

Label : Edelweiss

Genre : Techno aérienne

Note : 7/10

 

Décidément, cette année 2010 se révèle être un bon cru pour la techno française. Après l'album de Sarah Goldfarb & JHK et celui de Kevin Scherschel, c'est au tour de Panda Valium de sortir son premier exercice. On le retrouve au sein du label Edelweiss, nouvelle maison française officiant du côté de la techno. Le jeune Panda Valium n'est d'ailleurs pas si Français que ça, car il y a fort à parier que si on questionne le bonhomme, il se revendiquera avant tout Basque. Et oui, même les spécialistes de la chanson paillarde du sud-ouest sont capables de nous sortir un disque de techno. D'ailleurs, en intitulant son album Bubo, le Panda affirme son appartenance géographique puisque le terme désigne un rapace en basque.

 

Mais Panda se moque de la couleur locale et préfère lorgner du côté des Anglais de Border Community avec sa techno aérienne prenant un malin plaisir à dépasser régulièrement la stratosphère. En planant entre un Nathan Fake moins psyché et un James Holden moins cérébrale, Panda Valium semble avoir choisi la voix de l'efficacité. Bubo est un album qu'on pourrait qualifier de "facile" tant on a l'impression de tout pouvoir digérer dès la première écoute. Pourtant, on y revient avec un plaisir non coupable, histoire une nouvelle fois de pouvoir tripper sur cette techno fédératrice.

Tout est question d'ascension sans fin, sur un fond de shoegaze et une ambiance trancey. Baguette est une totale réussite à ce petit jeu tandis que Ternontiene se révèle moins captivant. Panda Valium a tendance a se répéter mais il est difficile de lui en vouloir tant il impose son identité. Même lorsqu'il regarde du côté de Fuck Buttons sur un Coconutt en saturation permanente et imposant sa frustration, même lorsqu'il s'aventure sur les terres de M83 lors du diptyque Bird à l'inspiration cosmique, on est obligé de garder le sourire. La clé de la musique de Panda Valium semble se situer ici : dans le volonté de maintenir la pression par l'euphorie. On s'imagine aisément garder les mains en l'air lors des 6 minutes de Nervères.

 

En signant un premier album attachant, Panda Valium fait une entrée remarquée dans le paysage techno français. On lui pardonnera l'impression de déjà-vu pour mieux se focaliser sur l'énergie primaire qui en résulte. Bubo est un album qui se danse avec les tripes, pas avec la tête.

 

http://3.bp.blogspot.com/_rmyNiUuA0_Q/S-En5Mz70fI/AAAAAAAAEAg/qnFoK4yZSsE/s1600/COVER_Panda+Valium+-+Bubo.jpg

par B2B

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 23:27

Un soir d'avril 2003, le Batofar laisse sa porte ouverte à un projet de Laurent de Wilde. Le pianiste de jazz, qui invite Laurent Garnier à faire le warm-up (puis à jouer avec lui bien plus tard), s'entoure de jeunes musiciens qui ne voient pas de frontières entre les styles. Ils offrent donc aux spectateurs une nuit d'ivresse musicale indéfinissable. Au saxophone et aux machines opère Gaël Horellou. Le Normand d'origine a alors déjà derrière lui un certain nombre d'expériences, et déjà trois ans auprès de de Wilde. Et comme il ne tient pas en place, il est toujours extrêmement actif, que ce soit avec son quartet dans une veine très jazz, en solo sous pseudo Dual Snake avec ses machines et un son beaucoup plus électronique, ou un peu au milieu de tout ça. Avant de jouer le 14 mai au festival Jazz sous les Pommiers à Coutances et le 31 mai au Batofar, il fait le point avec nous sur tous ses travaux.

 

Peux-tu tout d'abord nous présenter tes différents projets et leur actualité ?

Je viens de réaliser deux disques de jazz. Le premier avec le trio Segment qui sort sur Petit label ces jours ci et sur lequel je suis accompagné de Philippe Soirat à la batterie et de Geraud Portal à la contrebasse. Nous jouons des standards et des compos enregistrés live en Espagne. Le second disque est en sextet avec encore Philippe Soirat et Geraud Portal, mais aussi Etienne Desconfins, David Sauzee et Michael Joussain. Il n'y a pas de sortie prévue pour l'instant, mais la musique - des compos arrangées par mes soins - est super.

Je prépare également un nouvel album de Cosmik Connection (projet électro drum’n jazz lancé en 1997), intitulé Atomik, qui sera distribué en ligne. Je travaille à finaliser le disque de mon concept solo, du saxophone et des machines, qui sortira également sur Petit label. Enfin, à venir de la musique électronique "pure" avec des nouveaux morceaux de Dual Snake.


Peux-tu présenter sous quelle forme tu joueras le 14 mai à Jazz sous les pommiers et ce qui est prévu le 31 mai au Batofar ?

A Coutances, je jouerai en trio sax- contrebasse-batterie avec Philippe Soirat et Yoni Zelnick à la contrebasse. Au Batofar, ce sera une soirée du label DTC et je jouerai, le même soir que Laurent de Wilde et Pushy!, des morceaux de mon projet solo dans un style électro planant psyché-ambient.

 

GHorellou

Selon les projets, tu passes du jazz à la musique électronique. Quel a été ton parcours, tes influences dans les deux styles ?

Pour le jazz, mes premiers gros kiffs quand j'avais 10/12 ans ont été Sidney Bechet, Charlie Parker, Coleman Hawkins, etc. le jazz classique ! J'ai aussi reçu une éducation musicale de fils de hippie à base de rock progressif, de reggae, de rythm'n'blues, de soul, de musique répétitive, etc. Je n'ai vraiment rencontré la musique electronique que vers 22 ans avec la vague free party et la déferlante jungle/drum'n'bass à partir de 1997.


Comment as-tu commencé à mélanger machine et saxophone ?

En jouant du sax dans des soirées drum ou des afters. Puis, avec le groupe Cosmik Connection, l'idée était de pouvoir passer après un DJ avec un groupe live, un défi au niveau du son et de l'intensité. Ce projet a eu plusieurs moutures avant de se stabiliser avec Jérémie Picard en trio batterie-sax-chant et machines. Nous avons fait de grosses tournées de 1998 à 2002 environ.

 

Le plaisir de jouer du saxophone et de programmer des machines, en studio et en concert, est-il différent ?

Programmer de la musique est un plaisir de compositeur. Jouer du saxophone en live a une dimension physique et interactive, ce n'est pas du tout le même travail.

 

De même, quel plaisir à être seul en scène avec des machines ou en groupe ?

Le plaisir de jouer en groupe est la magie de l'interactivité. Etre seul relève plus d'un voyage introspectif.

 

 

Propos recueillis par Tahiti Raph

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 21:57

Sortie : avril 2010

Label : Project: Mooncircle

 

En 2006, Sense, producteur de The Q4, croise la route de B L S, MC new yorkais, à Amsterdam. La rencontre donne une première collaboration dans l'après-midi même. La suite de l'histoire prend du temps à se mettre en place entre rendez-vous manqués et plannings surchargés. Chacune de leur session est toutefois toujours très productive. Les deux hommes, réunis sous le nom Shahmen, offrent un premier maxi sept titres en téléchargement gratuit sur le site de leur label, annonçant un album à la rentrée.

 

Enter The Circle est une plongée dans leur univers sombre et profondément mental. Sense revendique l'influence de Muggs et RZA pour ses instrus minimalistes et ses samples discrets se frayant un chemin au milieu des lourdes batteries. Les mélodies répétitives entraînent dans une sorte de transe renforcée par la grosse voix de B L S. L'Américain combine un timbre de basse à un flow nonchalant, légèrement chantant, qui rappelle par moment Buck 65. Il a d'ailleurs aussi un ton de raconteur d'histoire aussi propre au Canadien. Le maxi ressemble ainsi à une longue litanie, les deux acteurs essayant d'endoctriner un peu plus un public de fanatique, yeux fixes et tête oscillant paisiblement. Cet embrigadement de l'esprit atteint son sommet sur Abacus, votre esprit s'embrume et vous êtes prêt à assister à n'importe quelle cérémonie funèbre. Le violon de Mark vient alors vous étourdir l'esprit et vous voilà reparti à délirer au son des paroles de L B S. Les titres, courts, ne laissent pas de place à l'ennui. Les productions sont variées et ne lassent pas malgré les évolutions assez limitées au fil des mesures. Sur deux morceaux apparaît Unorthadox, MC au flow plutôt classique qui vient donner habilement la réplique.

 

Le duo propose donc un disque prometteur qui laisse espérer un album à l'atmosphère aussi dense,  prolongeent la conversion à ce mystérieux courant prophétique.

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc061_480px.jpg

par Tahiti Raph

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 17:22

Sortie : rentrée 2009

Label : Impulsive Art

 

Au sein de Chroniques électroniques, il est rare que nous parlions d'un disque paru il y a plus de six mois. Sauf quand le cru est exceptionnel. Certains se souviennent peut-être de ma chronique rédigée à propos du premier album d'Atmogat (ici), troisième production du jeune label grec Impulsive Art. Ledit label est dirigé par Panagiotis Pagonis, connu par certains sous le pseudonyme d'Abstractive Noise. La première sortie d'Impulsive Art avait vu le jour dans une relative confidentialité. Cousu d'electronica crépusculaire et de cordes langoureuses, Symbiosis of Contradictions du Russe IP Neva fut pourtant un des plus beaux albums du genre parus en 2008. C'est alors que les sorties du prometteur double LP d'Igorr et de l'attendu nouvel album de Frank Riggio sont annoncés prochainement que nous choisissons de revenir sur Thesis, première compilation de la maison grecque où figurent des références électroniques expérimentales.

 

Voilà un disque littéralement terrifiant, tout d'abord par sa capacité à brouiller les contrastes entre noirceur âcre et lumière salvatrice. Thesis se joue des spectres pour investir l'espace sonore sans surcharge à l'aide de soundscapes captivants. Quelle joie de découvrir un nouveau label capable de peindre de tels tableaux sombres et évanescents. On retrouve de vieilles connaissances, avec tout d'abord IP Neva et sa glorieuse capacité d'introduction (Artificial Crisis), Atmogat avec son style rugueux et son approche rythmique abrupte (Distorg) ou le phénoménal Hollandais Tapage et ses découpages oniriques fendant la brume (Last Inhale). D'autres moins connus des masses apportent aussi leur contribution à cet irrésistible casting. Mobthrow, qui sur Xsozheim nous plonge vers des abysses aquatiques insondés. La texture rythmique presque pneumatique alliée aux bourrasques électriques et lugubres d'Abstractive Noise sur le vrillé Charnel's Insects résonne comme le point d'orgue de l'opus. Les styles si particuliers de Larvae, de Keef Baker et de Mad EP sont également à saluer de très haut. Une question subsiste pendant les écoutes répétées. Comment avons nous pu passer à côté d'un tel chef d'oeuvre ? Tant d'implacable maîtrise me donne froid dans le dos. Désarmante fermeture, The Oldest Door par Spyweirdos laisse apercevoir un piano et des crins frottant les cordes comme une plainte romantique et pleine d'espoir.

 

Il va falloir désormais compter avec Impulsive Art. Ceux qui ne juraient que par des maisons comme Tympanik, Spectraliquid, Ad Noiseam ou Hymen sont plus qu'heureux d'ajouter un membre à l'illustre fratrie. Peu avant les sorties précédemment annoncées, l'immersion dans une des plus belles compilations du genre est plus que jamais indispensable. Énorme claque.

thesis.jpeg

par Ed Loxapac

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 17:47

Sortie : mars 2010

Label : Lagunamuch

 

Ce pharaonique projet a vu le jour il y a plus de deux ans au coeur du label russe Lagunamuch. Moitié d'Alexandroid, Alexander Matrosov motive ses potes à se mettre au boulot. Malheureusement, ce dernier décédera tragiquement en février 2009, avant la concrétisation de cette imposante compilation. Main Control Board lui est donc dédié. Il laisse derrière lui quelques disques et pose, avec son compère Andrei Antonets, sa pierre au monolithe.

 

Dès la vision du sublime artwork réalisé par Arthur Berent, on envisage le contenu avec une excitante appréhension. Fleuron technologique, Main Control Board est une odyssée spatiale apocalyptique contemplant les sinistres restes d'un monde dévasté. Bienvenue dans une galaxie hostile, entre cyber IDM d'anticipation, ambient cataclysmique et textures post-industrielles. Au menu, pluie d'insectes transgéniques, astéroïdes vaporisés, gestation de rythmique incisive et guerre intersidérale. Chaque morceau est complémentaire, introduisant le suivant pour mieux servir l'obscure toile de fond. Même si le tout est absolument exceptionnel, on retiendra particulièrement la techno claustrophobique et déshumanisée de Speyer et l'IDM hypnotique et convulsive d'Abstract Avenue. Parmi les autres participants, signalons Autopilots, Riverz End, Nightech, Egofriend, Indu Mezu, Flagra et bien sûr Alexandroid. L'apparition de L.F. sur le court Delta-Foxtrot fait penser à un message lâché comme une balise de détresse, à la recherche d'une vaine rencontre du troisième type. L'ensemble témoigne d'une vision peu réjouissante, telle celle que vît Neo lorsqu'il contemplât la matrice d'un regard neuf. Inutile donc de préciser que ce qui ne fait que porter la vulgaire appellation "compilation", illustrerait parfaitement n'importe quel film du même genre. Le tragique décès de Matrosov n'a pas dû aider les autres membres à vouloir jouer des mélodies mélancoliques pleines d'espoir.

 

Les inspirés lecteurs qui souhaiteraient se procurer ce joyau sombre dans sa version physique devront chercher un peu sur la toile. Impossible qu'ils le regrettent. Oeuvre abrupte et sans concessions, Main Control Board est un chef d'oeuvre underground absolu.

http://www.databloem.com/components/com_virtuemart/shop_image/product/Various___main_c_4bb5fd24b0e28.jpg

par Ed Loxapac

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 09:02

Sortie : avril 2010

Label : Murder Channel


Himuro Yoshiteru est inscrit dans l’histoire tortueuse de l’IDM depuis maintenant 12 ans, date à laquelle il sortait son premier album sur Worm Interface, label qui hébergea Tom Jenkinson (Squarepusher) ou Freeform. Ce Japonais et beatmaker de génie pose en ce cinquième album l’existentielle question de l’origine du son, et y apporte une réponse pour le moins argumentée.

Where Does Sound Come From ? opère ainsi une fouille minutieuse dans des eaux où baignent IDM vrillée et abstract hip-hop teigneux. Yoshiteru bâtit des mélodies sinueuses et mutantes, et donne aux basses l’épaisseur qu’il faut pour bien les sentir au creux du ventre. Le traitement du beat a parfois des goûts – savoureux - de drill’n bass (I Wanna Show You What I’m Seeing), quand il n’est pas âprement écorché au glitch. Il ne serait pas exagéré de qualifier cet album de splendide. Complexe, il demande assiduité et attention dans l’écoute, et vous infecte l’esprit chaque fois davantage. Les titres ne se ressemblent jamais et se répondent intelligemment, formant un bloc compact dont l’ingestion n’est pas sans conséquence. Le début du disque établit immédiatement que l’heure n’est pas aux rigolades. L’ultra violent Is Resistance Futile ? mais surtout l’incroyable et très progressif We, Mess-age commencent simplement par vous casser en deux morceaux. Mais sur la fin, les choses se calment, la tempête est passée. Les cordes presque enfantines de If I Could Play Guitar donnent des couleurs touchantes à ce périple sonore, qui s’achève alors sur le lumineux Me VS Me. Un seul bémol malgré tout : Start It, qui débute plutôt bien jusqu'à qu’un rap grime-ragga incompréhensible se colle au beat, - pas cool du tout.


Himuro Yoshiteru signe là un album captivant, qu’on a l’impression de ne jamais avoir complètement assimilé. Et à la question de la source de la musique, l’introductif The Adventure On My Desktop semble fournir une réponse. Aujourd’hui ce sont les machines qui font du bruit, et si on ne sait pas précisément d’où il vient, on sait très bien où il va : très haut et très loin.

                                             

                                     jacket omote

par Manolito

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 16:35

Sortie : avril 2010

Label : Boltfish

 

Le Roumain Yvat officie déjà depuis un bon moment dans le petit monde fermé de l'IDM underground. Avec pas moins de 20 albums à son actif, il fait partie de ces nobles sound designers aussi discrets que prolifiques. Bien connu de labels tels que Experimental Seafood ou Cactus Island, il publiait chez le trop rare Boltfish l'inoubliable Kunzite (ici) l'année dernière, figurant en bonne place dans notre Top 2009 du genre (ici). Ceux qui ont assisté à son set lors du Sonar Festival de 2004 sont rares, mais s'en souviennent forcément. Il a récemment aussi publié un pavé de 1 GB baptisé The Art Of Sounds sur une obscure crémerie allemande. C'est en vinyle de luxe ou en version digitale que sortait il y a quelque jours ces six titres classés en catégorie Unfolded.

 

Celui qui se nomme en réalité Octavian Justinian ne se désolidarise pas de son style si inimitable d'orfèvre de la texture sombre et électrisante. Les mélodies sont cérébrales, cahotantes dans leurs méandres, en proie à des contorsions analogiques permanentes. Le schizophrène potentiel que je suis (comme beaucoup de nos lecteurs) peut observer les sinusoïdes étirées et déployées par ce prince des Carpates. Cérébrale et difficile d'accès, la musique d'Yvat peut, parfois, déconcerter les novices par un excès de froideur dans la maîtrise. Les fans et collectionneurs de tout ce que sort le roumain vont quant à eux s'en délecter, électrisés par les ronflements de Blue Tusk, le bionique Alkyd ou le corrosif Contrail. Et cela même si on ne fait qu'effleurer le génie rencontré sur Concert For Violin And Analog Orchestra et Kunzite.

 

Avoir des nouvelles d'Yvat fait toujours plaisir, surtout quand ces dernières viennent de chez Boltfish. Voilà encore un artiste beaucoup trop ignoré qui requiert la plus grande attention. Rares seront les déçus.


par Ed Loxapac

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 14:00

Date : 8 mai 2010

Lieu : Grande Halle de la Villette (Paris)

 

Après avoir perdu 10 kg au concert de LCD Soundsystem en début de soirée (ici), il est temps de se diriger vers la Grande Halle de la Villette. Sous l’impulsion de l’indispensable organisateur We Love Art, la nuit parisienne va pouvoir faire vibrer ce soir plus de 4.000 clubbeurs au son d’une techno racée. En marge du festival de la Villette Sonique, la We Love de ce soir offre un plateau M_nus d’une perfection sans appel : Magda, Troy Pierce, Marc Houle et en tête d’affiche, notre maître à tous, Plastikman (aka Richie Hawtin) pour un live qui s’annonce hypnotique.

 

Une pluie battante martèle Paris alors même que le public, à la sortie du métro, se précipite pour atteindre l’entrée. Nous sommes harcelés par les vendeurs/revendeurs, une fois n’est pas coutume, la We Love affiche complet. C’est totalement trempé que nous pénétrons dans l’antre de la Grande Halle. Pour les habitués du lieu, la configuration a changé, il y a désormais plus d’espace pour déambuler librement. Une We Love, c’est toujours une organisation parfaite pour mieux laisser place au plaisir de la danse. Bien entendu, on retrouve un public parisien ultra friqué, dégoulinant d’une hype formatée, mais une fois fait abstraction de cette attitude de poseur-branleur, on peut se concentrer sur l’essentiel : la musique.

Troy Pierce entame les hostilités par un set minimal à la technicité parfois contestable mais évitant la redondance. Sous une techno qui chaloupe autant qu’elle accapare les esprits, les corps se déhanchent. Malgré la foule, on danse sans oppression. Le public extasié lève les bras au moindre son vicieux et lorsque Marc Houle prend les machines pour son live et envoie dès l’intro une basse surpuissante, la foule exulte. Il débute par 15 minutes d’une techno droguée imparable mais malheureusement, il va vite s’embourber dans une techno mentale bien trop prévisible et linéaire et tristement desservie par des pseudo nappes trancey d’une faiblesse désarmante. Alors qu’il aurait pu terrasser la dancefloor avec son Bay Of Figs, il préfère botter en touche.

3h du matin, le rideau tombe et dévoile l’impressionante installation de Plastikman. Planqué derrière un écran semi-circulaire, le voyage proposé par Richie Hawtin sera autant hypnotique que puissant. Il entame par un Ask Yourself tout en faux départ, permettant de faire monter la sauce en provoquant la frustration. L’enchaînement sur Marbles envoie directement le public en rave. La machine est partie, on ne l’arrétera plus. Le son est absolument parfait dans la Grande Halle, c’est impressionnant. Lorsque déboule Plastique, tous les cerveaux sont en ébullition pendant que la techno fracassante de Spastik nous envoie un violent uppercut. Résonne alors le monumental Ping Pong malheureusement rapidement balayé. On touche là le défaut du live de ce soir qui ressemble plus à un zapping express d’une heure de la fantastique discographie de Plastikman (alors qu’au Time Warp dernier -ici-, le maître avait pris plus de deux heures pour capturer l’auditeur). En achevant son live à nouveau par Ask Yourself, Plastikman boucle la boucle. Il n’y a pas à tergiverser, la techno de Plastikman reste d’une perfection absolue et n'a pas pris une ride.

 

C’est le moment de quitter la salle à regret. Trop crevé pour suivre le set de la géniale Magda, je préfère stopper ici ce voyage mental. Une fois de plus, We Love a démontré son rôle prépondérant dans les nuits parisiennes. Il ne reste plus qu’à attendre la prochaine soirée, avec impatience.

 

http://img.over-blog.com/350x466/2/47/16/19/inconnu.jpg

 

par B2B

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 12:04

Date : 8 mai 2010

Lieu : Bataclan (Paris)


La file s'étend à n'en plus finir le long du boulevard Voltaire. A peine le temps d'entendre la fin du concert de YACHT que les lumières se rallument. L'heure de la dernière tournée a sonné pour LCD Soudsystem qui avait annoncé dès sa création un terme après le troisième album. Ils nous auront fait danser avec leur rock-électro qui doit autant au punk, qu'à la disco, à Daft Punk qu'à Kraftwerk. Ce beau diable de James Murphy s'est dépensé sans compter pour faire vivre ce groupe atypique et familier, qui parle intelligemment à la tête et aux jambes. L'heure du troisième album a sonné (chroniqué ici), l'heure de la dernière tournée aussi ?

 

Et quand le boss de DFA paie sa tournée, elle est générale. Le public est déjà bouillant dès le Us vs Them inaugural. King James, MVP dans nos coeurs, va nous entraîner dans un concert brûlant. Tout le monde sent que ce soir le Bataclan va suer jusque dans ses fondations. Les New yorkais expédient tout de suite le dernier single, Drunk Girls, pour offrir un best of efficace de leurs titres. Les morceaux du dernier album, tout comme Yr City's A Sucker, passeront toutefois un poil moins bien que le reste. Car avec des bombes comme Daft Punk Is Playing At My House, Get Innocuous ou Tribulations, la salle s'enflamme directement. L'efficacité de LCD est toujours aussi impressionnante alors même que leurs titres ont une forme assez répétitive. Cette répétition est une force, et les montées qu'ils produisent parlent au corps et le font danser encore et encore. La foule remue, se défoule de plus en plus, la température dépasse les 50°, le public est en nage.

C'est en concert que l'on s'aperçoit du côté imparable de l'album Sound Of Silver. Extraits de ce dernier, Someone Great ou All My Friends offrent par exemple de beaux moments de communion et de déchaînement. Tout le monde est en transe, même James Murphy qui met toujours autant d'énergie et de foi en serrant son micro entre ses mains. A chaque fois qu'il chante, cela semble être la dernière. Il porte ce groupe aux personnalités multiples : La petite Nancy Wang tout en sobriété aux machines, l'impressionnant batteur Pat Mahoney intelligemment situé à l'avant de la scène et l'éclectique reste de la bande. Ensemble, il font monter la pression de plus en plus haut avec une énergie débordante. L'envie d'exploser monte peu à peu et c'est en touchant le punk avec Movement que chacun peut enfin tout lâcher, sauter, gueuler et pousser son voisin. Libératoire ! Le groupe sait qu'il nous a dans sa poche. Il se lance alors dans 10 minutes d'un Yeah jouissif qui finit par figer notre sourire. Fin du premier acte.

Il est temps de nous achever... en trois titres. Losing My Edge sera un exutoire. Un dernier coup d'éclat avant de se tourner vers un peu de douceur. New York déprime toujours autant James Murphy. Mais pourtant il aime cette ville et le chante. Il termine en reprenant le refrain d'Empire State Of Mind de Jay-Z en choeur avec le groupe pour achever cette heure quarante de bonheur musical jubilatoire.

 

Ce soir la Bataclan a failli s'écrouler. On aura tous perdu 10 kg dans ce concert imparable. La déflagration jouissive offerte par LCD Soundsystem aura en toute humilité confirmé le fait que sur scène, ce groupe reste sans aucun doute un des plus fédérateurs et dansants au monde.

LCD.JPG

par Tahiti Raph et B2B

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 15:24

Sortie : avril 2010

Label : 10heures10

 

Steve, Guillaume et Remi sont les trois jeunes Français qui forment As The Stars Fall. Ils étaient jusqu'alors plus connus sous le formation Medeline. En effet, on leur doit (ou pas) certains travaux dans le milieu du rap français en compagnie de Rohff, Booba ou la Fonky Family. Ma main tremble lorsque j'écris des noms pareils... mais passons. Ils reviennent aujourd'hui pour jeter sur la partition leur vision désenchantée et les dérives du monde actuel. Tout un programme.

 

La musique du trio parisien est à situer entre le post-rock lyophilisé et l'électronica soluble dans l'eau. N'est pas Efrim Menuck qui veut. Vilain que je suis, là n'est probablement pas leur but. Bien loin de mes incomparables comparaisons, le son d'As The Stars Fall est pourtant tout à fait audible. Entre gris clair et gris foncé, leur musique est mélancolique, pour ne pas dire désespérée. Là où le trio parisien réussit son pari, c'est qu'ils témoignent de la même vision apocalyptique du monde que le gémiard Damien Saez sans pour autant s'évertuer à coller des plaintes démagogiques vocales sur leur musique plutôt jolie. Ceux qui aiment The American Dollar ou Arms & Sleepers apprécieront à coup sûr. Sans pour autant esquiver les poncifs du genre, on se heurte à de très beaux moments, comme sur Some Tears Can Never Dry et son glitch intelligent, ou Revolt et ses distorsions de graves et ses claviers dignes des meilleurs travaux de M83. On est plus dubitatif lorsque la formation essaie vraiment de résonner post-rock, à grands renforts d'orchestrations bien produites mais trop convenues et de pianos jolis mais larmoyants. En étant objectif, tout cela ne peut être qualifié de mauvais. La blogosphère s'enflamme d'ailleurs pas mal pour ce projet. Les amateurs d'expérimentations et de productions plus cérébrales que nous sommes au sein de Chroniques électroniques, trouvons ça juste un peu gentillet.

 

Tempus Fugit est un joli album instrumental à écouter la nuit ou lors de dimanches pluvieux. A Deaf Leaf Dance ou Frozen River jouissent alors d'un tout autre écho. Saluons également l'évolution plus que positive de cette formation qui officiait jusqu'alors dans un milieu où le bling-bling règne en maître. Il y a du y avoir des lendemains qui déchantent pour que le trio réussisse si bien ce grand écart qu'on peut aisément qualifier de contre emploi. Précisons que le trio est aussi à la base d'une exposition photo à l'Hôtel Kube de Paris, au cas où le gris clair et gris foncé se révélerait aussi bien sur papier glacé.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51Nc6CrtfuL._SS500_.jpg

par Ed Loxapac

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