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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 18:05

Sortie : 31 mai 2010

Label : Boxer Recordings

Genre : Techno

Note : 3/10

 

On nous reproche parfois de salement critiquer certains disques. A ce petit jeu, on nous préconise de ne parler que de ceux que l’on aime. Mais pourquoi ? Après tout, quand on attend beaucoup d’un disque et qu’au final on se retrouve avec une bouse, autant l’avouer pour éviter que certaines esgourdes ne viennent s’égarer.

Exemple du jour : Duoteque.

Sous ce pseudonyme se cache un duo italien mené par Andrea Ferlin et surtout Paolo Alberto Lodde qui n’est autre que Dusty Kid. Ce dernier ayant livré l’un des meilleurs albums techno de 2009 avec Raver’s Diary, on se dit que Duoteque va permettre de confirmer cette soudaine explosion et que surtout, cela va remettre avec tact l’Italie sur la carte après les immondices lâchés par Bloody Beetroots et Crookers. Et bien non !

Ce double album n’est rien d’autre qu’un énorme formatage techno tristement prévisible. Mais pourquoi sortir une telle compilation de maxis autant datée ? Ca sent le coup marketing foireux. Et histoire d’attirer le touriste, on met en avant le fait que Dusty Kid mixe le premier CD. Mais si c’est pour mixer des trucs pareils, c’était pas la peine mec ! Diantre, que c’est faible, convenu, rentre-dedans et sans intérêt. La plupart des morceaux ont été composéé entre 2005 et 2007, d’où le peu d’intérêt que pourra procurer cette compil’. Entre la tech-house disco vulgaire de Blik, la techno qui ramone de Drug Queen et la techno 80’s vocodée d’Elektronischze, on ne saisit pas le but. Le mix manque totalement de cohérence et se contente de passivement enchaîner les morceaux sans réelle transition. Histoire d’être sympa, disons que l’on peut sauver la techno anxiogène de Logo, bien plus percutante et vicieuse.

Et pour mieux s’enterrer, Duoteque livre une deuxième galette composée… des mêmes morceaux mais non mixés. Douteux. Il y a bien trois remixs qui se battent en duel mais ils s’avèrent eux aussi dispensable.

Duoteque aurait mieux fait de laisser ses vieux maxis dans les placards. Cette double compil’ est une cruelle erreur. Mais pourquoi Dusty Kid a-t-il voulu nous montrer ses dessins d’enfants ? Allez, un peu de rangement. Hop, poubelle !

 

Numeriser0001.jpg

 

par B2B

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 11:54

Sortie : avril 2010

Label : Kompakt

Genre : Post-rock

Note : 6

 

Issu de la rencontre en 2009 de Sam Willis de Allez-Allez et de Alessio Natalizia de Banjo Or Freakout, le groupe Walls n'a pas attendu bien longtemps pour sortir un premier album. Les deux Anglais dans un genre de post-rock totalement psychédélique entrent, comme The Field, dans la volonté de développer la fusion rock et électronique du label allemand Kompakt. Pas si illogique pour des fans de Neu!.

 

Ce disque homonyme est en effet une bonne symbiose entre un rock instrumental planant et de l'ambient tendance électrique. Tout au long des huit plages, la guitare de Natalizia vient doucement se poser au milieu des synthés et des samples de Willis pour former des créations spacieuses et hypnotiques. Sur Hang Four, la basse vient vous bercer, la guitare vous caresser les tympans tandis que quelques sonorités plus agressives tentent sans succès d'apporter une touche d'énergie. Dans le genre extatique, Cyclopean Remains se pose aussi là. Sur un ronronnement lancinant apparaissent des chœurs endormis soigneusement travaillés par Michael Mayer aux manettes. Des voix fantomatiques qui reviennent régulièrement hanter l'album, renforçant les nappes omniprésentes pour créer une douce sensation de flottement.

Mais Walls peut aussi prendre un ton bien plus obscur. C'est le cas sur A Virus Waits, sorte de noise inquiétant qui contamine peu à peu chacun des instruments. Un morceau toutefois un peu isolé. Autre tentative, le titre house minimal Gaberdine dans un esprit 4/4 cher à Kompakt et un chant qui va bien pour ce passage presque dansant... mais un peu facile. Le disque s'achève avec Austerlitz Wide Open habité par des voix pop qui font penser à du Animal Collective.

 

Avec ces 30 minutes de musique, les Anglais nous laissent entr'apercevoir de bonnes choses et quelques unes un peu moins intéressantes. En creusant le mélange rock et électronique exploré dans la première partie du disque, leur rencontre pourrait devenir vraiment intéressante.

 

http://media.kompakt.fm/01/assets/releases/fitted/kompaktcd82-walls.jpg

par Tahiti Raph

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 19:25

Sortie : avril 2010

Label : Tympanik Audio

 

Cela fait trois fois, en une semaine, que nous consacrons une chronique à un disque sorti chez Tympanik Audio. Après ceux de Geomatic (ici) et de SE (ici), l’illustre écurie américaine signe en effet le quatrième album du Belge Fractional. Celui qui se nomme en réalité Pierre Rémy se dérobe derrière un étrange alter ego féminin, du nom d'Eugénie, et se manifeste au travers d’une IDM empoisonnée, martelée de violents breakbeats et secouée de sursauts industriels. Après Come Mierda sorti en 2008 chez Brume Records, il livre Blood, annoncé par la sanguinolente vidéo du titre éponyme brillant, véritable ode à l’infection dont la pochette de l'album est le parfait condensé.

 

Artwork qui contraste de façon spectaculaire avec le contenu. Fractional se serait-il adoucit ? Blood délaisse relativement l’aspect breakcore coutumier chez les productions de l’artiste – aux regrets d’un confrère que vous identifierez certainement – pour proposer un bain dans une électronica aussi obscure que mélodieuse, telle une immersion en apnée dans une cuve remplie de formol. Autant être claire immédiatement, à mon modeste avis, ce disque est éblouissant. Chaque note semble imbibée d’une dimension tragique, qui donne au chant des synthétiseurs des timbres haletants et suffoqués, aux accents irrémédiables de non retour. Sous le travail minutieux de découpage et de ciselure du beat, se propagent des brouillards de nappes, ondoyant comme des spectres autour des mélodies hallucinées, et vérolés de râles métalliques et industriels. L’enchaînement des quatre premiers titres est d’une puissance à vous faire disjoncter les synapses. Le passage de Water à Blood se fait par l’injection d’une seringue mortellement vénéneuse : le beat mute et se fait entraîner dans une course folle, sous une pluie de breaks acides. Difficile cependant de ne pas chavirer lorsque s’écoulent des gouttes de piano, lors des brèves accalmies. Sie achève de vous faire chanceler, distillant ardente mélancolie et fausse innocence, tandis que Wo se ressaisit et entame une montée vers les astres, porté par des arpèges épiques. Néanmoins Blood n’est pas sans défauts. Certains titres flottants entre dark ambient et électronica cristalline n’apportent rien de consistant à l’ensemble (Niv, Hu Wei, Mel), et la fin du disque s’avère assez faible. On appréciera par ailleurs le très bon Elephant’s Dance, Thear, qui effleure l’ambient dubstep ou le naïf Lows.

 

Malgré de légères irrégularités, Blood se révèle être un album ahurissant, déchiré de flammes malsaines, auxquelles on prend un goût coupable. Fractional agit tel un chimiste malade et jette l’auditeur en pâture à ses propres démons. Prenez seulement garde aux boyaux, ils tâchent.

 

                                   Blood_cover_web_s.jpg

par Manolito

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 19:24

Sortie : juin 2010

Label : Wagon Repair

Genre : Techno atypique

Note : 4

 

Etre le fils d'un artiste connu sert à certains pour se faire connaître... il suffit à d'autres d'avoir un frère célèbre pour percer. Il serait toutefois injuste de laisser peser un doute sur la qualité des productions de Nathan Jonson, lié par le sang à Mathew donc, qui officie depuis une dizaine d'années dans un style qui lui est propre, une techno atypique qui bascule souvent dans l'expérimental. Nouvel exemple de sa maturité avec Where Did You Go ? Sous le pseudo HRDVSION, histoire de ne pas trop revendiquer son patronyme qui lui sert tout de même, car l'album sort sur le label du frérot.

 

Sur un magnifique fond orange corail, le monstre de la pochette (qui rappelle celui d'Unreasonable Behaviour de notre Laurent national) annonce l'étrangeté, la stupeur, le décalage. Nathan Johnson va donc nous surprendre et tenter le contre-pied à chaque fois qu'il le peut. Tout d'abord par une IDM dézinguée (Betrayed) qui ne convainc pas totalement, ensuite par une techno dépouillée et efficace (Closed Eyes) et enfin par des morceaux hors format (Summer's Bed), rappelant de loin un abstract hip-hop expérimental. La prise de repère n'est pas facile et c'est un peu déstabilisé que l'on découvre son univers. La sobriété des sons et la propreté des productions laissent un sentiment d'inachevé désagréable. La diversité des titres conduit elle à un manque de cohérence général, exception faite de la bizarrerie persistante. On côtoie le bon, Before Than After et son dédale de sons imbriqués, et le plus léger, Claustraneonia et sa rythmique à deux euros.

Toutefois, le côté bancal des titres et quelques bonnes inspirations poussent à prolonger l'écoute pour voir si le Canadien n'a pas plus de choses à montrer. Il sort alors de ses machines quelques mélodies accrocheuses qui captent directement l'auditeur. Au cœur de l'album se cachent en effet des pistes d'une techno un peu plus classiques mais qui se révèlent être des petites bombes. Closed Eyes ouvre le bal avec ses claviers aériens et ses bruissements synthétiques. Le niveau au-dessus est atteint par Cause I Love You, son intro un peu cheap laissant place à de délicates mélodies mélancoliques. Malgré des montées pas affolantes et une certaine sobriété dans la production, cette série se révèle d'une certaine efficacité, notamment car elle offre un rare moment d'homogénéité. Ce passage moins torturé présente une autre facette de l'auteur qu'il mériterait de creuser même s'il est alors plus proche du style de son frère.

 

Where Did You Just Go ? Est bien la question qui se pose à l'écoute de cet album ambivalent. Nathan Jonson ne sait pas où il était et ne sait pas très bien où il va non plus, mais cela ne l'empêche pas de composer quelques très bons morceaux...

 

http://c2.ac-images.myspacecdn.com/images02/114/l_8152cc3a8d7e4e028ef7c0686fbe7b6d.jpg

par Tahiti Raph

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22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 11:37

Sortie : 31 mai 2010

Label : Crosstown Rebels

Genre : Deep-house

Note : 7/10

 

En voilà un album contextuel ! Alors que nous sommes enfin arrivés dans la période tant attendue des apéros-barbecues, il fallait justement un album pour figer en douceur ces interludes. Rien de mieux qu’un bon disque de house pour tranquillement amener la nuit. Et c’est là que déboule Glimpse, producteur anglais très en vu, avec son album Runner. En sortant son premier LP sur la maison Crosstown Rebels (dirigé par Damian Lazarus et hébergeant Jamie Jones et Seth Troxler), Glimpse confirme son statut actuel et concrétise ainsi ses nombreuses années en tant que producteur et DJ.

 

Runner est fourbe, en choisissant un tel intitulé, on serait en droit d’attendre un disque péchu taillé pour le peak-time. Il n’en est rien, Runner n’est rien d’autre qu’un excellent disque de deep-house qui chaloupe. En optant pour un son analogique et en y insufflant un réel esprit live, Glimpse délivre une house tout en retenue, chaleureuse et ensoleillée. Le genre d’album qui s’écoute en short lorsqu’il fait 30°. Les habitués de Crosstown Rebels ne seront pas dépaysés.

Malgré des tracks peu évolutives, parfois un poil trop linéaires, Runner reste un remarquable album. Il n’est point question de house formatée mais plutôt d’esprit évanescent, de volonté de flirter avec l’esprit originelle de la house américaine. En naviguant entre house tropicale (Walk Tall), deep-house moite (I Know I Show It) et house jazzy (Feel OK), on se laisse tranquillement porter sans véritablement s’en rendre compte. L’esprit de Moodymann hante une bonne partie de l’exercice notamment sur un Things To Do In Denver caressant avec finesse vos oreilles. Runner possède ce charme impénétrable de la house soulful tout en étant en phase avec son époque. Cela passant par un son souvent deep et quelques instrumentations exotiques.

 

Glimpse pêche parfois par son manque d’audace mais au final, on n’attend parfois pas plus d’un disque de house. Runner est le type même d’album réussissant à réveiller les esprits avec nonchalance et classe.

 

http://blogs.miaminewtimes.com/crossfade/GLIMPSE.JPG

 

par B2B

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 18:40

Sortie : 17 mai 2010

Label : Jarring Effects


Fer de lance affuté de la scène électro-dub française, High Tone revient avec un cinquième album, l’attendu Out Back, trois ans après le très bon Underground Wobble et d’autres épisodes sound systémiques (Dub Box, Dub Invaders). La formation lyonnaise, affiliée depuis ses débuts, en 1997, au label Jarring Effects, réunit DJ Twelve, Selekta Dino, Aku Fen, Natural High et Flaba Stone, respectivement chargés des machines, de la batterie, de la guitare, du clavier et de la basse. Ingénieux expérimentateurs et bidouilleurs allumés, ces cinq là ont tissé au fil de leur discographie une conception particulière du dub électronique, à base d’énergie lourde et d’une palette sonore enrichie de sonorités world. Qu’en est-il alors d’Out Back ?

Ce double album développe deux axes : un premier consacré au dub dans sa globalité, Dub Axiom, et un second à visée plus expérimentale, No Border. Malgré la radicalité de son titre, le chapitre n°1 voit large. Dubstep gonflé aux hormones, grime bleepé et crasse urbaine, les Français ont sérieusement lorgné outre-Manche. L’introductif Spank donne le ton, avec un skank incisif fracassé par une moulinette dubstep. C’est plus lourd et imposant qu’une marche d’éléphants déchirés à la skunk. Niveau featurings, la famille est à l’honneur, Jarring est donc bien représenté par les rappeurs Ben Sharpa et Oddatee. Apparaît également le MC de Stand High, Pupa Jim et son débit caractéristique sur le plutôt faiblard Rub-A-Dub. Certains crient à l’hymne face à ce morceau, je n’y vois qu’un reggae bien cheap. Comme une transition des contrées plus torturées, la fin du disque prend une dimension cosmique (l’excellent Fly To The Moon, le dub tout rond de Boogie Dub Production). Néanmoins, bien qu’agréable, Dub Axiom ne marque pas de vrai renouveau chez High Tone, No Border en revanche s’avère bien plus intéressant.

Ben Sharpa commence par vous décaper les conduits auditifs sur l’assassin Space Rodeo, puis vient l’intense, le terrible, l’ébouriffant Bastard, avec sa fatale progression et ses guitares tendues à l’extrême. On retrouve dans ce disque la liberté de ton et la façon de s’affranchir des frontières justement, qui ont souvent marqué les productions d’High Tone. Ils n’hésitent pas à servir un titre qui respirerait presque la folktronica, le très beau Propal, ou à osciller du côté du noise, avec un 7 Assault qui évoque le groupe lyonnais Bästard. Enfin No Border s’achève au gré des cordes hindouisantes du très progressif et génial Altered States.

 

Difficile de ne pas être un brin mitigé face à ce Out Back ambivalent. On y trouve cependant nombres de titres qui s’élèvent au rang de petites bombes. Même si la grande époque de l’électro-dub français, qui vit fleurir des Zenzile et autres Improvisators Dub, est bien révolue, High Tone conserve manifestement son titre de maestro du genre. Nul doute, de plus, qu’Out Back prendra en live une dimension redoutable.

                                      

                                      High-Tone-Out-Back199eccec-90dc-425f-91e6-d7a481b4b476.jpg

par Manolito

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 16:48

Il s'était fait remarquer à la production du premier album de Psykick Lyrikah en 2004 (Des Lumières Sous La Pluie) et puis on l'avait un peu perdu de vue. Mr. teddybear revient avec un album solo, Huis-Clos (chroniqué ici), qui nous a donné envie de parler musique avec lui... A l'heure de la rencontre, il nous parle avec une grande humilité de son parcours et de son activité avec Dezordr Records.

 

Pour commencer, peux-tu nous raconter comment tu es tombé dans la musique ?

Je fais du son depuis que je suis adolescent, je n'avais ni projet, ni vraiment d'ambition au départ. J'ai bougé à Rennes pour mes études en 2000 et j'ai commencé à coanimer une émission de radio sur Radio campus Rennes. Je passais surtout de l'abstract hip-hop, un peu de post-rock ou des musiques de film et mon collègue des musiques plus extrêmes. On se rejoignait sur la drum'n bass. Au milieu de la playlist on balançait nos morceaux... ce qui a amené Arm [MC de Psykick Lyrikah] à me contacter. Nous avons beaucoup discuté musique. Nous avions pas mal d'influences communes.

 

De là débute l'aventure du groupe ?

Nous avons effectivement sorti une première mixtape en 2002, Lyrikal Tecknik, car on avait envie de concrétiser nos projets. Lors d'un concert, nous avons été remarqués par le label Idwet qui voulait sortir notre tape en CD. Ils l'ont finalement distribué sur un CD-R avec des titres en concert en plus. On est ensuite parti sur un album car nous avions plein de matière. Des lumières sous la pluie est sorti en 2004 et il a fait l'objet d'un gros gros buzz un peu étonnant. On fait pas mal de concert dont le festival Panoramas qui était notre première grosse date. On a joué avant Rubin Steiner qui a bien aimé et qui a décidé de nous aider. Puis nous avons fait les Transmusicales et on a eu un très bon article dans Les Inrocks... le truc est parti.

 

Et pourtant tu as choisi une autre voie ?

Je suis parti à Paris pour le boulot, ce qui a un peu cassé le délire. Une fois l'album sorti, j'avais http://i160.photobucket.com/albums/t180/dezordr/Huis_clos.jpgl'impression d'avoir fait le boulot. Je voyais la sortie d'un album comme un acte égoïste. Je n'étais pas prêt à aller sur scène, je ne comprenais pas la substance du live. Je suis beatmaker donc ma présence sur scène était un peu une arnaque. Ca n'a pas été facile. Arm s'en occupait plus et voulait se lancer à fond dans la musique alors que je préfère faire ça artisanalement, à côté d'un travail. Je trouve que ça solidifie ce que je fais et apprend l'humilité. Ca c'est donc un peu effiloché. Mais Psykick était un projet suffisamment solide pour tenir. Arm a donc continué avec le guitariste Olivier Mellano qui était déjà sur le premier disque.

 

Après ces années dans l'ombre, pourquoi revenir avec un album solo ?

Depuis longtemps j'avais envie de faire un album "bullaire", d'ambient. Il y a deux ans, j'ai fait un grand ménage dans mes archives et je me suis aperçu que j'avais cet album. C'est pour cela que l'on retrouve sur Huis-Clos des morceaux qui datent d'il y a plus de dix ans. Ca c'est donc fait un peu tout seul. Il y a peu de morceaux, mais c'est cohérent. Il m'a fallu tout ce temps pour trouver le fil rouge. Toutefois, j'ai rebossé pas mal dessus. J'ai ajouté des sons, modifié des structures, refait des prises avec des musiciens. J'avais une envie un peu floue au départ, je ne savais pas trop ce que ça donnerait. Mon univers est noir et tendu mais il n'y a pas que ça. Je ne voulais pas tomber dans la complaisance du mec torturé.

 

Comment travailles-tu et quelles sont tes influences ?

J'accumule les sons, les samples. Je bosse un peu comme un peintre, touche par touche. J'avais à l'origine une démarche très mentale, maintenant un peu moins. Je travaille avec un clavier midi, une MPC 1.000 et un ordinateur. J'aime l'aspect narratif de la musique. C'est ma manière de dire les choses vu que je ne chante pas. Je guide de cette manière. La musique parle suffisamment. Quand tu es trop personnel, il y a une confusion, un déséquilibre entre ce que tu es et ce que tu fais. Comme les auditeurs ne connaissent pas ta vie, ils se font leur propre voyage.

Le deuxième album de Set Fire To Flames m'a inspiré. C'est un collectif de 13 musiciens [notamment de Godspeed You! Black Emperor, NDLR] qui pour l'enregistrement s'étaient enfermés une semaine dans une ferme et ont laissé tourner la magnéto en permanence. On est dans le narratif complet, avec seulement des bruits de porte à certains moments.

 

Le label sur lequel sort l'album, Dezordr records, est en fait un collectif de musicien (Audioclockers, K2C, Dtracks, etc.) auquel tu participes ?

Le label est né sur les cendres de Kamasoundtracks, j'ai pris le train en route il y a deux-trois ans. Nous sortons pas mal de choses et notamment des compilations en téléchargement gratuit d'artistes que nous repérons sur Internet. Nous mettons aussi quelques-unes de nos productions. Un concept monté pour se faire plaisir. On essaie d'en sortir une ou deux par an, un rythme qui laisse le temps de laisser mûrir les choses, d'avoir de la cohérence. Et puis nous publions aussi des albums payants, ceux des membres du label car chacun a un projet à lui. Nous avons aussi actuellement un projet qui s'appelle pour l'instant "versus" et qui devrait déboucher sur une série de vinyles de collaboration entre les mecs du label.

 

propos recueillis par Tahiti Raph

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 21:59

Sortie : mai 2010

Label : Stones Throw/Now Again Records

Genre : Electronica

Note : 6

 

Un artiste suisse sur Stones Throw ? Quelle surprise nous réserve le label américain ? Une bonne à l'écoute de ce Prismic Tops. Auteur de deux albums chez Sonar Kollektiv, Dimlite a été repéré dès son premier maxi par Gilles Peterson qui l'a playlisté avec les conséquences qui s'imposent. Le producteur a continué sa route paisiblement, sortant des disques à son rythme. Le nouveau est un bel exercice de maîtrise.

 

Dès le Kalimba Deathswamp d'ouverture, on croit avoir tout vu tellement il nous ouvre de pistes. Défricheur de sample à la Madlib pour construire des morceaux électronica à la Ninja Tune de la grande époque, le titre se permet même un détour jazz réussi. Le Suisse aurait pu continuer dans cette veine mais préfère prendre des risques, tout d'abord en invitant la chanteuse Elan Tamara pour un titre évoquant Bonobo période Days To Come, puis en s'enfonçant dans une voie plus abstract hip-hop rappelant tout autant Flying Lotus (et oui encore, que voulez vous...) et son côté liquid, mais aussi Gonjasufi avec quelques voix abondamment traitées, notamment sur Sun-Sized Twinkles, accompagnant des beats finement bricolés. Que de bonnes inspirations ! On comprend mieux pourquoi Stones Throw s'intéresse à ce talentueux bricoleur de samples qui expérimente en gardant à l'esprit l'héritage des grands beatmakers.

L'aspect expérimental prend tout son sens sur Elbow Flood. Dans une intro ambient et laiteuse se dégage peu à peu une rythmique et un chant étouffés. Le morceau se révèle ainsi peu à peu avant d'éclater et de dévoiler un chant lancinant qui laisse place à un solo de guitare erratique et boiteux. Plutôt que de laisser se dérouler simplement le titre, il ajoute des sons, découpe des pistes et les recolle ailleurs, bouscule les percussions et en fait une parfaite anti-chanson. La preuve de son talent est que le résultat est bien plus appétissant pour les amateurs de genre. Vu la richesse de son univers, on regrette qu'il n'y ait que huit titres (dont une version instrumentale d'Elbow Flood aussi réjouissante que son pendant chanté) et que Dimlite soit aussi rare sur disque. Son au revoir sur Can't Get Use To Those a un petit parfum mélancolique totalement agréable, avec cette voix d'un autre temps qui vous berce dans un esprit d'autrefois.

 

Prismic Tops, derrière une certaine discrétion, est un album d'abstract-électronica gorgé de trouvailles et de bonnes idées. Il éveille l'attention, puis la maintien aisément.

 

par Tahiti Raph

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 18:12

Sortie : 2 juin 2010

Label : In My Room

 

Parmi le cercle très fermé des dandys électroniques, le Danois Trentemoller cultive sa part de mystère. Certains se souviennent qu'il faisait de la house au milieu des années 1990 avant sa rencontre avec Steve Bug et son débauchage chez Poker Flat. La suite vous la connaissez, en tous cas vous devriez. En 2006, The Last Resort voyait le jour et se plaçait comme un des plus beaux albums électroniques de la décennie. Véritable écrin techno imbibé d'electronica, d'ambient et de cold wave, il fait partie de ces disques intemporels que toute platine qui se respecte réclame au moins une fois par semaine. Puis vinrent les Chronicles, compilation pas tout à fait aboutie de remixs et d'inédits qui recélait pourtant bon nombre de trésors. Mais c'est l'année dernière que le Danois surprend le plus en lâchant une playlist très rock sur la compilation Harbour Boat Trips (ici). Into The Great Wide Yonder s'annonce donc comme un album événement. Plus qu'une quinzaine de jours avant qu'il ne sorte sur In My Room.

 

Nombreux furent les surpris à l'écoute du lascif et sensuel Sycamore Feeling où la chanteuse Mary Fisker se fait un nom. Ce titre représente pourtant bien l'ensemble de l'album. On savait que le Danois était un fan de Mazzy Star et plus particulièrement de Hope Sandoval. Cette influence résonne ici comme une déclaration d'amour ou d'admiration. La fameuse compilation Harbour Boat Trips avait également témoigné du bon goût rock de Trentemoller. On retrouve cette démarche ici, avec un nombre important de guitares tendues chères à Ennio Morricone ou à Quentin Tarrantino (les sublimes Past The Beginning Of The End et Shades Of Marble). En multi-instrumentiste de talent, Anders a fait lui même tous les arrangements et a joué tous les instruments. Cet album infiniment bien produit, a entièrement été réalisé dans l'appartement de ce dernier. Lui qui voulait donner une dimension plus organique à sa musique, il réussit son pari, bien aidé par un matériel analogique parfois un brin vintage. Le côté électronica n'est pas complètement abandonné mais se cache souvent au second plan, noyé par la dimension noisy omniprésente. Très sombre, presque dramatique, il y a un côté brumeux et insondable dans cet opus. Qui ne serait pas désarmé par la troublante déclaration chantée sur ...Even Though You're With Another Girl, où les steel drums et les synthés rendent le titre un peu plus profond et grave. Trentemoller s'adjoint les services de Solveig Sandness et Josephine Philip, transfuges du groupe danois Darkness Falls. Le nombre de voix est donc important, mais ces dernières siéent parfaitement aux mélodies tristes, sauf sur Neverglade où le pourtant très joli songwriting de Fyfe Dangerfeld n'apporte pas grand chose. La fin du disque (Neverglade et Tide) est d'ailleurs assez décevante, et c'est le seul reproche qu'on peut faire à cet album littéralement envoûtant. Le côté noisy rock est assez intéressant, plus poussé sur le très expérimental, terrifiant et formidable Häxan, ou sur l'étrange et déroutant Silver Surfer, Ghost Rider Go!!!. Après un nombre d'écoutes important, je suis de plus en plus impressionné par la grande qualité des batteries et des cordes. Connu pour ses lives stratosphériques et hypnotiques, nul doute que Trentemoller saura transcender cette approche rock en concert.

 

En livrant un album à contre-pied de ce que tout le monde attendait, le Danois fait ici un pari risqué mais ô combien ambitieux. Celui qui s'était déjà éloigné de la scène house qui l'avait couronné roi au début des années 2000 choisit une fois de plus de sortir des sentiers battus. On ne l'en blâmera pas, car ce diamant noir, rock et romantique est extrêmement séduisant.

http://www.radiodeea.ro/phps/images/stories/2010/april_2010/the_great_wide_yonder_by_trentemoller.jpg

par Ed Loxapac

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 15:52

Sortie : 28 mai 2010

Label : Souvenir

Genre : Deep-house

Note : 7,5/10

 

Les frangins Schwarz ont toujours bénéficié d’une excellente cote de popularité dans le milieu techno. En optant dès leurs débuts, au sein de Tiefschwarz, pour une house profonde mais accessible, ils ont su construire une carrière davantage marquée par des EP, remixs et compil' incontournables que part des albums trop souvent bancals. Mais nos deux Allemands se sont toujours foutus des modes et pour ne pas se figer, ils ont préféré monter leur propre label, Souvenir. Avec leur joujou, plus besoin de se perdre dans des compromis, il ne reste plus qu’à se faire plaisir.

 

Chocolate confirme l’excellence imposée par l’année 2010. Nous voilà une fois de plus face à un album en tout point remarquable. Décidément, on ne sait plus où donner de la tête ces temps-ci tant les sorties millésimées s’enchaînent.

Alexander et Sebastian nous plongent dans une deep-house finement ciselée, jamais redondante malgré son enrobage minimaliste. En 16 titres (seul point noir de l’album, sa relative longueur), le duo arrive pourtant à ne jamais se répéter tout en gardant une homogénéité exemplaire en ne cédant jamais aux tentations d’une tech-house formatée. Chocolate repose avant tout sur son atmosphère "tombée de la nuit", ce moment crucial où l’on se demande ce que l’on va foutre ce soir, où l’hésitation l’emporte. Pour arriver à cet état, Tiefschwarz a opté pour un son très lisse. On aurait pu craindre une certaine aseptisation mais on en est loin. En effet, à l’instar des meilleures maisons house actuelles (Dial Records et Smallville Records), nos deux frangins sont des artisans du son. Il en résulte une ambiance deep propre à l’introspection tout autant qu’à la danse lascive. Il suffit d’écouter le formidable What You Want pour saisir l’ampleur de l’exercice. Cet hommage vibrant à la house soulful de Chicago se révèle d’une beauté cathartique.

Aucune faute de goût dans ce Chocolate de première catégorie. Entre techno-pop chancelante, Home, et deep-house jazzy entraînante, Trust Alternative Version (avec l’aide de Seth Troxler), Chocolate se renouvèle sans cesse. La tech-house labyrinthique de Babel, par la force d’un enchaînement réussi de dizaines de samples d’instruments, prouve que Tiefschwarz est un duo électro perfectionniste.

 

Avec Chocolate, Tiefschwarz signe son album le plus instrospectif, le plus travaillé, le plus maîtrisé depuis ses débuts. S’écoutant inlassablement, cet objet classieux démontre que la tech-house peut réussir à livrer des albums cohérents de bout en bout et flirtant avec précision entre volonté de faire monter la pression tout en maintenant l’auditeur dans son fauteuil.

 

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par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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