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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 11:21

Sortie : mai 2011

Label : Ember Music

Genre : Downtempo IDM, spatial Ambient

Note : 8/10

 

Originaires tous deux d'Ibiza, Jaime Irles et German Escandell forment Known Rebel en 2009, alors qu'ils sont désormais établis à Barcelone. Le duo sort un EP, puis vient cet album, immense. Hollow voit le jour sur le label de Caroline du Nord, Ember Music. Les deux Espagnols invoquent des périples spatiaux, organiques et sombres, et le font avec une sacrée maestria.

 

Il n'est pas aisé de retranscrire l'originalité de Hollow. Il y est question d'IDM indolente, de soundscaping ciselé et de spleen je-m'en-foutiste. Le grain qu'a su donner le duo à sa musique est remarquable. Entre transparence et relief, le travail de texturisation accorde aux sonorités un aspect palpable. Qu'elles soient épurées ou très denses, les strates sonores s'imbriquent à la perfection, les éléments tournoient, engourdissant vos capacités de réflexion, et les volutes downtempo forment alors le plus moelleux des appuis. Hollow voit large dans la mesure où ses influences mêlent l'ambient, le dubstep et les compositions néo-classiques. La cohésion entre un piano obscur et un wobble minimaliste et pertinent font de Mechanical Sunset (feat. Andrey G) un joyau mélancolique. Parfois les illusions désertent pour de bon, l'espace est balayé de vents magnétiques et funestes aux travers desquels seuls les claquements du beat parviennent à guider nos esprits aveugles. Gathering of the Argonauts rappelle Deaf Center dans son introduction.

Mais occasionnellement, des cieux plus doux colorent les trames que nous content les deux Rebels. L'électronica diaphane de Neigh décrirait des pérégrinations presque bucoliques si la dimension sidérale n'était encore une fois si présente. L'ambient peut aussi prendre l'avantage, déployer de long filins vaporeux et se couvrir d'une patine organique et végétale (Smart). Sans la moindre minute de relâchement, Hollow brille de bout en bout. Ses trois derniers titres sont des remixs, l'un de Jaime Irles, l'autre d'Andrey G et le dernier de Mothboy. Et bon sang ce que la relecture de la moitié du groupe tue tout et n'importe quoi. Lorsque Jaime Irles revisite Helium-3, le résultat témoigne de sévères inspirations dubstep dans les basses et la rythmique. Le mouvement est haletant, des synth-tones faussement éthérées tourbillonnent sans répit, et des bourrasques noisy viennent soudainement encrasser le mécanisme. Repeat, pas le choix.

 

S'il n'est pas aussi noir que ce que sa (jolie) cover pourrait laisser présager, Hollow reste une création subtile et pénétrante. Known Rebel livre un album adulte, à la production impeccable sans être lisse, et dont les dimensions visuelles et émotionnelles semblent difficiles à limiter. Une version physique devrait sortir à la rentrée sur Tympanik. Une bombe, pis que recommandée.

 

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par Manolito

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 11:56

Sortie : juin 2011

Label : Brainfeeder

Genre : instru rap électro / wonkey-future beats

Note : 4

 

Moins connu que Flying Lotus, Sam Baker a pourtant participé à créer la scène californienne actuelle avec le neveu d'Alice Coltrane, après avoir débarqué à Los Angeles en 2006. Ils ont sorti ensemble sous le nom Flyamsam un album qui a posé les bases du mouvement et Rap Beats Vol. 1 de Samiyam a été la première sortie de Brainfeeder. Son retour était donc attendu pour un long format sur lequel les titres gagnent en longueur, au risque d'en perdre en intérêt.

 

Cette collection de 17 beats est fortement marquée par la ville où l'Américain a posé ses bagages. Il y a cette nonchalance caractéristique, ce groove langoureux, ces beats décalés et ces influences rap transcrites dans un monde synthétique. Le problème est que cet album ne décolle jamais. On dirait presque que Sam Baker n'a pas vu la scène qui l'entoure évoluer ces dernières années. Il en est un peu resté au 1983 de Flying Lotus sorti en 2006 et n'a pas vu passer les deux disques suivants... Chaque extrait manque terriblement de surprise et d'originalité. C'est presque paresseux. Quand son compagnon de route semble toujours chercher à se renouveler quitte à abreuver les bacs un peu trop généreusement de nouvelles productions, lui a pris tout son temps pour ne pas prendre de risque.

Quelques mélodies un peu plus accrocheuses sortent parfois du demi sommeil dans lequel plonge ces morceaux linéaires et mornes. Certains apprécieront sans doute la basse structurante bien présente et quelques efforts sur les rythmiques, mais les sons de claviers cheaps qui se répandent mollement dans les enceintes n'ont rien de plaisant. Comme la pochette, qui en fera flipper certains, il y a un petit côté vieillot dans ce disque. La scène californienne est passée à d'autres choses que ces expérimentations un peu primitives. 

 

Je n'attendais pas grand chose de ce Sam Baker's Album, je n'ai ainsi pas été déçu. Brainfeeder continue à alterner les hauts et les bas... Sans être mauvais, cet album est quelconque.

 

http://www.alphapuprecords.com/art/669158522897-300x300.jpg

par Tahiti Raph

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 21:03

Sortie : avril 2011

Label : Audiotrauma

Genre : Industriel, Screaming Noise

Note : 7,5/10

 

Je pense que si je n'avais pas assisté l'automne dernier à la prestation furieuse de Chrysalide au Maschinenfest, je n'aurais sans doute jamais posé mes esgourdes innocentes sur cet objet sombre et rageux. Les frères Coeffic et Yoann Amnesy sont de Strasbourg, ce qui me rend heureux vu que c'est ma nouvelle ville d'adoption. Mais on s'en fout de ma vie de merde. Revenons plutôt à cette formation qui enflamme l'Europe de l'Est et la scène industrielle dans son ensemble lors de lives où les trois membres ressemblent à des nettoyeurs cyberpunks de plages mazoutées. Ils comptent parmi leurs potes les vétérans Punish Yourself, Ambassador 21 et Ex_Tension (eux aussi Strasbourgeois). Je n'aborderais pas leurs noirs desseins précédents (au nombre de 3), ne les ayant pas écoutés. Distribué par ant-zen et la plateforme équitable cd1d, cet album est paraît-il bien mieux produit que les précédents. Plongeons dans ces eaux frelatées, juste pour voir si on y respire bien.

 

Y a des gens qui n'adhèrent pas à notre joli monde, qui s'offusquent du conglomérat meurtrier et capitaliste, asservissant chaque jour un peu plus les cloportes que nous sommes. Protester gentiment comporte un risque : n'être entendu par personne. Alors autant beugler comme un porc qu'on égorge, puis ériger une intifada industrielle et hardcore. Pas complètement dénué de romantisme et d'esthétisme goth-post-Skinny Puppy, le trio avance le poing levé (le majeur aussi). Le beatwork est violent et infecté, les nappes profondes et lugubres, le rythme martial et çinglant. Les voix bien que trafiquées salement, sont extrêmement bien positionnées et se dressent en parallèle à ce vacarme (très bien arrangé au demeurant) prophétisant l'apocalypse. Les importants efforts de production sont donc confirmées, assurant aux titres de l'album un potentiel live dévastateur. Chrysalide distille en effet une rage noire et une énergie furieuse que je n'avais jusqu'ici que croisé dans le metal. Si Traders Must Die, I Do Not Divert Eyes (et son côté baroquecore moins potache que celui d' Igorrr) et le terriblement froissé riffé Anger Is A Show avaient déjà achevé de me convertir à cette grand messe bruitiste et païenne, l'enchaînement entre Not My Word et le vicieux, hardcore et technoïde Give Me Something Stronger m'a fait l'effet d'une confrontation avec un moteur d'avion bombardier. Si They Won't Get Us et 2010 valent aussi leur pesant d'hydrocarbures, je dois avouer qu'étrangement, j'adhère moins lorsqu'ils se montrent plus mesurés et contenus. A force de se sentir extrait du monde aseptisé des Bisounours de TF1 et de Martin Bouygues, on a plus vraiment envie d'y revenir. Rest In Silence My Friend, ceci est un avertissement.

 

Don't Be Scared, It's About Life est une tornade réservée à un auditoire averti. Mais pas que en fait, la preuve. C'est en tous cas ce que j'ai entendu de mieux dans le genre, physique, éreintant et brillant d'une totale absence de concessions. Hautement recommandé à haut volume aux courageux et aux soldats de l'indus déjà bien chevronnés.

 

http://i52.photobucket.com/albums/g18/ben_suicyco/a%20l%20arrache/dd2d6079.jpg

par Ed Loxapac

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 20:02

Sortie : 1er juin 2011

Label : Echomania Netlabel

Genre : IDM, Glitch

Note : 7,5/10

 

On ne s'était pas fourvoyé en espérant pour Echomania un futur prometteur. Le netlabel du Biélorusse Eugene Mitskevich avait jusqu'ici réalisé une compilation et sorti le mois dernier un brillant EP, celui de Klaus Kinski (chroniqué ici). Viens l'heure de la première sortie consistante. J'avais découvert Medkit avec son deuxième album, le très bon et si prononçable Vолокна, paru en 2009 sur Liminal Recs. Même si, à tort, il restera probablement dans l'ombre, le troisième opus du Russe Denis Borisovich est encore meilleur.

 

Artwork type médiéval douteux et titre relatif aux obsessions anxieuses. Bien sûr que si, c'est engageant. Medkit croise le glitch et l'IDM old-school, façonne les flux, les vrille, de façon à retranscrire sa vision des désordres mentaux. L'univers psychique que décrit Obsessive Compulsive Disorder n'a rien d'une morne et noire neurasthénie. C'est l'angoisse nerveuse, l'instabilité psycho-motrice (ainsi que les démons peuplant les mythes moyenâgeux) qui inspirent Medkit. Les beats sont concassés, leur nature évolue du liquide à l'organique, ne reniant pas quelques crissements post-industriels. Les rythmiques ne se réclament pas d'ambitions ultra-violentes, mais se gondolent avec ardeur, se plient et s'arquent sous l'emprise d'impulsions inconnues. Sans paraître noirâtre, le climat de Obsessive Compulsive Disorder se voit traversé de troubles présages. Il n'est pas évident de décrypter les sentiments dont sont porteuses les nappes persistantes. Appréhension, euphorie et folie douce forment un magma étrange et évocateur. L'espace est chargé d'une tension électrique, les mélodies ont beau tituber, une certaine déraison les empêche de faiblir. Malgré, parfois, un surplus d'arpèges synthétiques, Obsessive Compulsive Disorder forme une ensemble saisissant. La trilogie des premiers morceaux plonge dans une bain troublant. Si Disorder ouvre avec délicatesse, l'excellent Hyperkinesis trace des voies houleuses vers des milieux jouxtant la démence, les convulsions du beat évoquant des orbites révulsés. Anorexia Nervosa démarre sur les à-coups d'un disque rayé. Astrale, sa progression est celle de coquilles de noix prises dans un infini vortex. Citons par ailleurs l'instable New Millenium Strigoi, Amalas, Morbus et surtout l'éthéré, lascif et tourmenté Chlordiazepoxide.

 

Medkit est un sacré malade. Il n'empêche que ses qualités créatrices et techniques ont accouché d'un objet jubilatoire, prenant et dérangé, dont les quelques irrégularités s'effacent au vu du niveau général. Disponible ici gratuitement, on déplore déjà le peu de visibilité dont il risque de profiter. Plus d'un oeil devra à l'avenir être porté sur les sorties d'Echomania.

 

cover400

par Manolito

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 14:27

Sortie : avril 2011

Label : DeepVast

Genre : Abstract Hip-Hop, Cinematic Electronica

Note : 8/10

 

Seuls les défricheurs de netlabels où les nostalgiques de l'acid hardtek de Sagaloops au début des années 2000 connaissent Frank Riggio. Ce Français, aujourd'hui basé aux environs de Toulouse, s'est intéressé au sound design et au hardware il y a quelques années. Il a enfanté de deux albums, Anamorphose (chez Spectraliquid) et Symmetric Human Door (chez son pote Spoonbill de Omelette), encore aujourd'hui disponibles en libre téléchargement (Pour ceux qui aiment la lecture, les chroniques sont ici et ici). Certaines mauvaises langues disent qu'il copie vulgairement Amon Tobin. D'autres plus inspirées, disent qu'il s'est surtout inspiré de sa manière d'envisager le sampling et les breakbeats. Riggio nous a récemment confié, lors d'une interview à venir, qu'il abandonnait le "tout sampling" et qu'il souhaitait construire une trilogie ambitieuse d'albums. Texturtion/Distosolista, double EP formant un album, s'élève donc comme le plaidoyer ou la thèse, d'un artiste qui souhaite amener sa musique à un niveau de qualité et de diffusion supérieure. La récente annonce de sa participation au quatrième épisode des Emerging Organisms de Tympanik semble confirmer la tendance.

 

Avant toute chose, oui, Frank Riggio est un enfant du hip-hop qui s'est pris les cadors de Ninja Tune en pleine gueule. Oui, il est sévèrement influencé par des pointures comme Amon Tobin, Blockhead ou Flying Lotus et Prefuse 73 (de chez Warp). Mais Riggio est surtout un bidouilleur insatiable, passionné par les techniques d'affinage et de mutation des textures. Renoncer au sampling c'est avant tout désapprendre sa manière d'envisager la musique, mais c'est aussi gagner en souplesse et en créativité. Et à ce petit jeu là, Riggio peut légitimement se targuer d'un titre d'orfèvre. Si Texturtion apparaît comme plus abstract hip-hop et donc plus proche de ses travaux antérieurs, les titres Soul Immersion, Visual Aura (délicieusement Blockheadien dans les cuivres) ou le lumineux Eclipsed By Its Star s'élèvent comme des oeuvres inspirées par les anciens, mais utilisant une technologie moderne que Ninja Tune ne s'est jamais donnée la peine d'exploiter (ou alors, à de rares exceptions).

La vraie surprise vient du fait que sur Distosolista, le Français a su sublimer la dimension psychédélique qui éclaboussait ses anciens travaux. Sa dark side quelque peu expérimentale ne nous avait pas encore été aussi bien révélée. Mutation, distorsion, échantillonage et parasitage sont les maîtres mots de cette électronica évocatrice, digne d'un film d'angoisse en eaux troubles. Se distinguent particulièrement le positivement cradingue DongDongDong, Derozen, Ten Aura, Morphing Bass et Beat Wing. Parvenir a rendre complémentaire ses deux EP très différents n'était pas chose aisée. Avec son inaltérable goût pour les breakbeats et les basses trépanées, Riggio y est parvenu en transformant son style influencé en approche originale.

 

Cette réalisation semble néanmoins être un cri d'amour propre, venant d'un artiste qui souhaite maintenant sortir du bois de la confidentialité parfois imbibée d'amateurisme, et être reconnu à sa juste valeur. Le voilà plus que bien parti tant cet album est un bel objet. Mais cette troublante réussite ne pourrait malgré tout être qu'un teaser de la trilogie à venir, tant la créativité et le potentiel du Français semble s'être décuplés. Laissons un certain Shift. finir l'artwork du premier volet et plongeons nous dans une attente qu'on espère assez courte. Aux labels de jouer. Frank Riggio fait en tous cas une entrée avec fracas dans le monde des musiques payantes. Précisons que la somme est modique et que l'objet vaut largement son acquisition. Le téléchargement tue les artistes. Téléchargez Sebastian.

 

http://f.bandcamp.com/z/20/50/2050148662-1.jpg

par Ed Loxapac

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 19:29

Date : 21 juin 2011

Lieu : Grand Palais (Paris)

 

Les accointances entre l’art contemporain et la techno relèvent d’une logique implacable tant les deux mondes se chevauchent s’en jamais se télescoper, tant chaque domaine se complait à redéfinir les normes pour mieux jongler avec nos sens. Quand l’un invite l’autre, c’est uniquement dans l’optique de créer une synergie parfaite. C’est ainsi que deux figures incontournables se retrouvent dans l’imposante nef du Grand Palais afin de confronter leurs créations.

Anish Kapoor a investi le cadre de la verrière, dans le cadre de l’exposition Monumenta, via une installation aux dimensions étourdissantes. L’Indien, comme à son habitude, mise uniquement sur une réception sensorielle et les réactions et critiques sont pour le moins dithyrambiques (à tort ou à raison, la question n’est pas là). Mais que vient donc faire le minimaliste Richie Hawtin face à une telle démesure ? Il avoue s’être inspiré de l’œuvre de Kapoor lors de la conception de Consumed (sous l’entité Plastikman) en 1998 et on le sait adepte des nouveaux courants artistiques. Tout cela n’est donc pas une surprise.

Kapoor a donc invité le Canadien afin que ce dernier puisse proposer un set-live de 3h en s’inspirant des formes arrondies de ce Leviathan. Sous l’impulsion de The Creators Project et We Love, c’est un moment particulièrement fascinant qui était attendu (et vu le bordel pour se procurer une place, je vous laisse imaginer l’impact d’une telle soirée).

 

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Lorsque je pénètre dans l’ossature du Grand Palais, ma première crainte se confirme : le trop plein d’espace dilue le son. Le frangin Matthew Hawtin impose un mix ambient aussi abscons pour le lieu que pour le public. L’impression de se retrouver face à une masse sonore indéchiffrable est rapidement désagréable mais le public prend son mal en patience.

Petit à petit, la foule se presse au pied du Leviathan pour attendre le messie. A 22h, Richie Hawtin apparaît enfin et prend place en haut de l’imposant escalier pour s’installer face aux milliers de danseurs potentiels. La mise en (s)cène est quasi christique, d’autant que la nuit tombe et que les jeux de lumières, sobrement inspirés, déforment les volumes de l’installation d’Anish Kapoor.

 

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Comme toujours avec Richie, l’intro est du petit lait. Il maintient le public sous pression pendant 20 minutes avec de lâcher une première rythmique électronica imparable. J’y crois comme jamais mais l’improbable se produit, un problème technique/une erreur du DJ vient couper le son. Richie doit réitérer sa mise en préparation. Le public, soutenu par de belles têtes à claques, semble ne pas être habitué à ce conditionnement nécessaire et commet alors l’irréparable en sifflant Hawtin. Il n’en faut pas plus pour que ce dernier balance immédiatement un beat techno afin de contenter les crevards. Lorsque le premier kick massif résonne, je ressens une légère euphorie… qui sera de courte durée. Richie s’adapte. Le public veut du vulgaire, il aura du vulgaire. Commence alors un DJ set indigne du niveau du Canadien. Lui qui construit habituellement ses sets avec une rare cohérence (cf Time Warp 2011 ici), il est ici tombé dans l’écueil de l’enchaînement banal de tracks percussives en se permettant d’impardonnables erreurs rythmiques. Ajoutons à cela un son de plus en plus inaudible, couvert par des basses trop présentes.

Je décide de reculer, file au bar (toujours ce racket désolant avec la bière à 7 euros) et constate dépité que rien, plus rien, ne pourra sauver ce naufrage. Je préfère m’éclipser à minuit en me persuadant que cela était bien tenté mais malheureusement inévitable. Comment voulez-vous concilier un lieu imposant, un DJ exigeant et un public épuisant ? Les intentions étaient louables, le résultat est oubliable.

 

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par B2B

Crédit photos : Lana D.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 19:14

Sortie : juin 2011

Label : Jumble

Genre : Electronica éthérée

Note : 6

 

L'histoire de ce jeune producteur basé à Glasgow est étonnante. Né en Iran, il atterrit en Ecosse alors que sa famille fuit le pays. Devenu dentiste, Soosh trouve l'inspiration pour achever ce premier maxi lors d'un voyage au Canada. Sa musique, électronica éthérée qui tire sur l'ambient, fait penser aux récents EP de Tokimonsta (chroniqué ici) ou de Slow (chroniqué ici).

 

L'ambiance générale est liquide, apaisante. Rien ne presse dans la musique de Soosh. Les nappes s'étendent largement dans l'espace, ondulant vaguement sur les rythmiques qui tintinnabulent benoîtement. C'est en flottant que l'on évolue dans ces titres qui bruissent de diverses sonorités, guidé par des percussions improvisées et brinquebalantes. Des samples de voix lointaines enrichissent cette mécanique qui ne manque pourtant pas d'huile. Il y a parfois un vague air d'abstract hip-hop qui vient se glisser, notamment sur Friday Feelings. Les constructions simples, voire simplistes, sont en fait un jeu d'allers-retours entre les éléments qui se mettent plus ou moins en avant. Avec Missed You Tonight, le producteur fait ainsi fluctuer le niveau du chant enfantin, des carillons ou d'un vrombissement inquiétant, alors que seuls les nombreux cliquetis tiennent sur la longueur.

Les six morceaux sont complétés par un remix de l'extrait d'ouverture. Alors que Rainbow Hiccups avait parfaitement donné le ton sobre et nuageux du maxi avec un magma de bleeps bien sages, sa relecture par l'Anglais Lapalux offre un peu plus de relief dans une voie plus clairement orientée glitch-hop californien, même si une certaine béatitude, malmenée par des achoppements rythmiques, demeure. 

 

La découverte du travail de Soosh est plutôt agréable, bien qu'il faudra qu'il élargisse son horizon pour retenir l'attention sur un plus long format. Une école de producteurs détendus, avec toujours une pointe de psychédélisme, semble en tous cas se développer en matière de rap abstrait électronique.

 

http://fslab.net/wp-content/uploads/2011/06/Cover500.jpg

par Tahiti Raph

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 17:29

Sortie : 21 juin 2011

Label : InFiné

Genre : Techno

Note : 6/10

 

Il y a un an, Arandel sortait In D (ici), sublime album de techno évitant l’utilisation de sampler, se basant uniquement sur de vrais instruments. Il s’en est fallu de peu pour que l’album truste la première place du classement techno 2010 de Chroniques électroniques (ici). Un an plus tard, j’écoute encore l’album avec plaisir, sans jamais me lasser, découvrant inlassablement de nouvelles pistes de lecture.

 

InFiné semble chercher à capitaliser le succès critique de l’album en sortant une version remixée sobrement intitulée In D Remixed. Cet exercice se révèle trop souvent sans intérêt et ne sert qu’à remettre au goût du jour un album pour mieux l’imprimer dans les mémoires. Rares sont les remixeurs de talents, la plupart se contentant de simplement resservir un morceau, changeant uniquement quelques éléments, sans en modifier la moelle épinière. L’exercice se révèle ici d’autant plus ardu que la matière première approche déjà la perfection.

Un triste constat s’impose puisque les remixs se focalisent uniquement sur les morceaux techno de l’album. C’est regrettable étant donné les qualités des morceaux plus "expérimentaux" de l’original. On se retrouve ainsi face à 9 pièces reprenant uniquement trois morceaux originaux (plus un n’étant pas issu d’In D).

On retiendra seulement trois morceaux intéressants avec notamment la superbe relecture de In D # 3 par un Rone décidément incontournable et se permettant un trip électronica-IDM, lorgnant parfois vers une drum’n’bass ralentie, pour un résultat aérien. Fraction démonte aussi In D # 5 en supprimant la rythmique répétitive pour mieux se focaliser sur des sonorités organiques pendant que Manvoy de Saint Sadrill impose une techno sombre avec In D # 4.

Le reste est loin d’être aussi captivant. La plupart des artistes présents se contentent de prolonger le plaisir sans en changer les fondamentaux. Mr Raoul K a beau rendre In D # 7 plus offensif et Bruno Pronsato étaler sur la longueur In D # 3, on ne peut s’empêcher de penser que le travail est ici bâclé.

 

Tout cela manque sérieusement de prises de risques et, au final, In D Remixed n’est rien de plus qu’un album de remixs paresseux. On peut seulement espérer qu’il permettra aux ignorants de découvrir l'ineffable matériau d’origine.

 

http://www.qobuz.com/images/jaquettes/3700/3700551717750_600.jpg

par B2B

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 18:10

Sortie : mai 2011

Label : n5md

Genre : Ambient, Shoegaze, dreamlike Electronica

Note : 7/10

 

Tim Ingham est Winterlight. Cet avatar romantique cache un album qui ne l'est pas moins. Hope Dies Last, premier disque de l'Anglais, est une ode à la mélancolie et aux promesses. L'éminente maison américaine n5md lui offre une entrée par la grande porte. Nul besoin de tergiverser plus longtemps, et pénétrons plutôt sa musique.

 

Hope Dies Last est lumineux, éblouissant même. Les envolées oniriques, les halos de mélodies moirées et les nuées de vapeur cotonneuse décrivent des états de songes sans cesse illuminés. La musique de Winterlight se situe au confluent de l'ambient, du shoegaze et de l'électronica. Ingham nous mène dans l'endroit où l'espoir s'éteint en dernier. Lyrisme et nostalgie se mêlent à une béatitude planante, les brumes mélodiques se superposent à l'infini, et les rythmiques ont le moelleux de la ouate. Certains percevront peut-être cette dimension poétique comme un trop plein de bons sentiments. Le risque existerait si une patine de tristesse ne recouvrait l'ensemble. J'admettrais toutefois qu'il faut choisir son moment pour plonger (ou se re-plonger) dans Hope Dies Last. Agacement ou amertume peuvent s'en trouver exacerber. Mais là n'est pas le propos, et si cela n'a toujours pas été dit, l'album de Winterlight est d'une beauté éloquente, bouleversante et infiniment délicate. Bloc compact (pourtant foncièrement gazeux) d'émotions ambivalentes et dotées de cette nature brutale des âges encore tendres. L'album s'inspire ainsi de la nostalgie qu'éprouvait Tim Ingham de sa jeunesse, et du temps qu'il a passé à écouter avec passion Radio Moscow et d'anciennes radios du bloc de l'Est. Chose dont atteste l'artwork et les voix radiophoniques de la fin de Zvenya. Les chorus de Becca Riedtmann embrasent l'introductif A Sky Full Of Clouds. Quelle gifle que ce morceau, ancienne réalisation de Winterlight dont les basses et structures rythmiques furent retravaillées par Mike Cadoo. Propulsion d'une force insoupçonnée vers de lointaines novas, les vents balayent la réalité et creusent la distance avec le sol. Plus question de redescendre. Il y a une certaine innocence boc-ienne dans Hopes Dies Last, oscillant le long des nappes ou flirtant avec les doux rebonds du beat. Your Wings Make You Fly, Awake and Sleeping, Natvardsgasterna, Suddenly Something Good et le final ambient et presque sombre I Still Hope sont parmi les plus belles pièces.

 

Hope Dies Last est une divine oeuvre d'électronica, mêlée de shoegaze brumeux - forcément assez peu doggystyle. Les amoureux de Bitcrush et de Port-royal n'ont pas à hésiter. Les autres, en mal d'élans romantiques, non plus.

 

186

par Manolito

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 12:43

Sortie : 20 juin 2011

Label : Kompakt

Genre : House, tech-house

Note : 5,5/10

 

Sommité du milieu électronique depuis plus de 15 ans, l’Autrichien, installé à Los Angeles depuis son enfance, John Tejada sort un nouvel album chez Kompakt. Le mec jouit d’une carrière pour le moins irréprochable avec un bon paquet d’albums à son actif et la création d’un label, Palette Recordings. La sortie de Parabolas est donc des plus attendues.

 

Parabolas n’a pourtant rien du chef d’œuvre annoncé. Sans être indigent, l’album est des plus pantouflards, ne parvenant jamais à réellement capter l’attention de l’auditeur. Pourtant John Tejada y a mis les formes. On devine bien le talent qui se cache derrière ces 12 tracks finement produites et possédant une réelle identité. Pourtant, jamais Parabolas n’arrive à surmonter ses écueils. Cette tech-house mélodique manque cruellement de relief. Chaque morceau, passé sa mise en place, se révèle bien trop linéaire. On finit pas écouter l’ensemble distraitement, attendant sans conviction que quelque chose se passe. Mais non, rien, absolument rien n’arrive.

Ajoutons à cela que John Tejada s’enferme dans des sonorités vaguement futuristes qui sont pour le moins insipide. Le pire dans cette affaire, c’est que le morceau le plus captivant se révèle être The Dream, une interlude ambient. Un comble pour un album de tech-house !

Malgré cela, on ne peut s’empêcher de percevoir le potentiel gâché de Parabolas derrière ces morceaux trop convenus. Parfois, le temps d’une sonorité un poil plus déviante, on se dit que John Tejada aurait dû davantage exploiter ces interstices. Mais notre bonhomme a préféré rester dans les clous, ne pas prendre de risques.

 

On attendait tellement du Parabolas de John Tejada qu’on ne pouvait qu’être déçu ? Sans doute, mais cela ne suffit pas à justifier un album aussi monotone. En attendant le prochain essai.

 

http://www.bangonpr.com/sites/default/files/Parabolas_packshot.jpg

par B2B

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