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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 21:15

Sortie : juin 2010

Label : Brainfeeder

Genre : Bonne synthèse électronique

Note : 8

 

Label fondé par Flying Lotus, Brainfeeder tente une incursion hors de Los Angeles avec un jeune homme de 23 ans venu de l'Illinois. Lorn fait à la fois une musique proche et loin de l'auteur du récent Cosmogramma (chroniqué ici). Loin car il il évolue dans une sphère plus rock et très sombre. Les premières mesures sonnent assez post-rock dans un univers aussi torturé que les visages affichés sur sa page Myspace. Proche en raison de sa démarche expérimentale et de ses influences rap instrumental. Ses titres hors format lorgnent finalement surtout vers une drôle d'IDM qui piochent des influences de toutes parts.

 

Deuxième album de Lorn, Nothing Else est un manifeste du mal être. Il sent le malaise et la peur, le manque d'assurance et la solitude. Si les premières minutes trompent l'auditeur par une énergie positive et entraînante, c'est pour mieux le pousser vers le fond. None An Island offre cette plongée dans le noir. La férocité du monde s'abat et vous vous retrouvez désemparés face à ces sonorités rugueuses qui vous font glisser sur le mauvais versant. Bien accroché à la rythmique, les autres sons viennent tester votre volonté. Vous espériez du répit et ce sont les macabres violons d'Army Of Fear qui vous saisissent à la gorge, sur fond de roulement de caisse claire. Cet univers obscur se révèle séduisant, voire addictif. La mélancolie et le dépit de son auteur ont quelque chose de confortable. Le titre du disque, nihiliste, deviendrait presque votre slogan. L'Américain a l'intelligence de ne pas faire dans la surenchère et préfère dispenser ses sons au fil des morceaux plutôt que de jouer l'empilement. L'aspect narratif en est renforcé.

L'heure de la violence a sonné avec Automaton, le producteur bouscule l'auditeur et lui envoie quelques décharges synthétiques vrombissantes. La rythmique s'emballe et seules des petites touches d'espoir scintillent par moment avec un clavier plus léger qui passe au loin. Ce n'est qu'un rayon de soleil au milieu de nuages bien noirs. Les titres suivants continuent de cogner, puis prennent un tournant plus mélancolique avec Glass & Silver et son esprit numérique minimaliste. La guerre semble perdue et le souvenir de temps meilleurs semble miner Lorn. La gorge serrée il lâche ses derniers titres plus aériens, mais toujours sans espoir. La rythmique industriel du What's The Use de conclusion voit toutefois surgir une voix qui ramène, subrepticement, à l'humain...

 

Cet album plutôt court (33 min) brille par sa densité et la cohérence de son univers. Un monde urbain décati, d'une modernité grise et au quotidien dur. Un monde complexe que l'on apprécie pourtant fortement de parcourir.

 

http://www.ninjatune.net/brainfeeder/lorn/nothingelse_350.jpg

par Tahiti Raph

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 14:57

Sortie : avril 2010

Label : Tympanik

 

L'Allemand SE, ou Sebastian Ehmke, nous avait déjà ravi l'an passé avec son somptueux Epiphora (ici). Il compte désormais, au même titre qu'Access To Arasaka, Lucidstatic, Tapage ou Subheim, parmi les membres les plus passionnants de la sphère Tympanik Audio. Après avoir introduit la glorieuse compilation Emerging Organisms Vol.3 (ici), il revient cette année avec le plus que prometteur L36.

 

Comme lors de la compilation précédemment citée, le venteux et ténébreux Chrono vient ouvrir cette sculpturale odyssée downtempo. Si on avait déjà constaté des effluves post-rock sur Epiphora, cette approche est cette fois-ci encore plus poussée. Même s'il ne rechigne pas à agresser les beats en les électrisant à l'aide d'un glitch écorcheur, SE met le paquet sur la dimension mélodique. Les synthétiseurs sont omniprésents et prennent parfois une dimension symphonique et orchestrale, aussi bien lorsqu'ils déploient des nappes célestes que lorsqu'ils retaillent les cordes comme on polit une pierre précieuse. La beauté de l'ensemble contraste énormément (un peu trop peut-être) avec la morosité de l'artwork. Même le grave et brouillé Beton, avec son piano triste, recèle pourtant quelques gouttes d'espoir. En aquarelliste de la tristesse ambiante, Ehmke enjolive une grisaille urbaine que connait bien l'Allemagne. Le sommet de cette jolie mélancolie apparaît sûrement sur Strom, où les guitares se payent le luxe de na pas sonner artificielles. Le résultat est à la limite du noise, annonçant des lendemains de foudre et de tonnerre. On aurait bien aimé que le côté post-rock soit un peu plus poussé, mais l'Allemand tient probablement à garder la maîtrise des différents éléments. On a le sentiment qu'à chaque morceau, l'aurore renaît de manière différente. La sensation est assez troublante. Même si on y pressentait un peu plus de violence, F-Sand-036 vient clore ce deuxième opus brillant avant que le génial grec Subheim n'apporte se re-lecture plus sombre du déjà très bon Mimiktry.

 

Qui a dit que les productions Tympanik n'étaient qu'industrielles et apocalyptiques ? L36 lâche ici quelques grammes de finesse dans un monde de brutes. Si le virage du deuxième album est souvent casse gueule, SE transforme ici l'essai de bien belle manière.

http://www.adnoiseam.net/store/images/se-l36.jpg

par Ed Loxapac

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 13:30

Sortie : 3 mai 2010

Label : Circus Company

Genre : House

Note : 6,5/10

 

Mégalomanie ou simple volonté de tout contrôler ? Guillaume & The Coutu Dumonts n’est rien d’autre que le projet solo de Guillaume Coutu Dumont. A l’écoute de son nouvel album, après Face A l’Est sorti discrètement en 2007, on saisit que le père Guillaume n’est rien d’autre qu’un amoureux de la house et des métissages sonores que l’on peut provoquer avec un simple schéma 4/4. Breaking The Fourth Wall, qui sort sur le label parisien Circus Company, permet de confirmer les influences world-jazz du Montréalais installé à Berlin depuis quelques années.

Sans être une totale réussite, ce Breaking The Fourth Wall n’en reste pas moins un album house fortement respectable, un objet finement travaillé dont l’aspect live en est le principal atout. En apparaissant sous le nom de Guillaume & The Coutu Dumonts, notre homme affiche ses intentions instrumentales. Sous fortes influences afrobeat et latine, les 11 plages s’enchaînent avec finesse. Il faut dire que Guillaume prend son temps et n’hésite pas à dépasser les 10 minutes pour mieux capturer l’auditeur dans son monde. Parfois, la sauce prend comme sur l’hypnotique On The Lips (avec Dave Aju) ou sur le vaporeux Discothèque avec son finish floydien. Parfois, on frôle l’ennui à cause d’une trop grande linéarité comme sur Mindtrap.

Mais c’est en utilisant avec une judicieuse parcimonie des saxos, congas, orgues Hammond ou pianos que Breaking The Fourth Wall gagne en profondeur comme sur l’électro downtempo de Radio Novela portée par la voix de Dynamike. En étant davantage un album se destinant à une écoute domestique qu’un album taillé pour la piste, on finit lentement mais sûrement par se laisser hypnotiser par ce groove. Guillaume possède ce talent pour transformer un simple morceau house en odyssée chaleureuse.

Difficile de critiquer ouvertement ce LP tant le travail de Guillaume Coutu Dumont est pointilleux et cohérent. L’album coule tout seul et rien ne semble pouvoir arrêter ce léger état comateux. Mais en jouant trop souvent la carte des morceaux élastiques, on frôle parfois une certaine lassitude. Malgré cela, ce Breaking The Fourth Wall reste un album house fortement recommandable.

 

http://static-2.socialgo.com/cache/116370/image/604.jpg

 

par B2B

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 20:11

Sortie : avril 2010

Label : Mad Decent

 

Si le dubstep était une grande fête, le gars Rusko serait forcément tête d’affiche. Depuis 2006 Christophert Mercer abreuve les clubs de ses turbines, avec un quasi statut de "super star". On lui doit une bonne part de la diffusion et de la vulgarisation du genre, et il impose dès le début un point de vue "wobble" et vrombissant du dubstep, gorgé de références roots. Il sort notamment les Babylon vol. 1 & 2 ainsi que la fracassante compil’ Frabriclive 37 avec Caspa, et marque les esprits à coups de Action Dread, Mr Chips, Love Is Real ou l’anthémique Cockney Thug. L’appréhension est donc de taille face au premier album de celui qu’on adorait… il y a trois ans.

 

Après écoute, dans un soupir, une seule question s’impose : grands dieux, pourquoi sont-ils tous obligés de se prostituer ? Comme Starkey, qui s’était allègrement ramassé avec son Ear Drums And Black Holes (ici), Rusko a fait le choix de lustrer ses basslines avec du plaqué or bien west coast. Face aux quelques previews et à sa signature sur Mad Decent, le label de Diplo, le constat était pourtant prévisible. O.M.G.! multiplie les featurings, donnant ainsi la parole à Amber Coffman, Rod Azlan, Redlight, Ben Westbeech, Gucci Mane et Crookers (!). Participations qui semblent n'avoir pour but que de dissimuler une production édulcorée. Difficile en effet pour Rusko de masquer sa volonté de toucher le grand public. Les beats, qui n’ont plus rien de sauvage, sont dilués dans une soupe mêlant chants r’n’bisants, sirènes, synthés criards, vocoders et autres références du meilleur goût. La dimension FM de O.M.G.! paraît, quant à elle, évidente. Rusko pourrait bien être le premier à avoir tenté d’injecter de la pop au dubstep, avec entre autres l’intolérable Feels So Right avec Ben Westbeech, qui flirte en terme de qualité avec un tube de David Guetta. Lorsqu’il ne copule pas avec une chanteuse de r’n’b, Rusko s’essaye au dancehall digital (Rubadub Shakedown), nous sert du ronflement de basses au kilomètre (I Love You), ou s’entoure de grands méchants gangsters (Scareware avec Redlight). Il n’y a que le dernier titre pour nous rappeler le bon vieux temps, ce génial District Line, qui apparaît comme le digne descendant d’Action Dread, me ferait presque verser une petite larme.

 

Rusko lâche ainsi un disque gras comme un Big Mac de trois jours. Avec sa production racoleuse et ses effets ignominieux, cet album s’affiche comme le meilleur exemple d’un dubstep de pacotille, corrompu par les diam’s, les chaînes dorées et les billets verts.


                                                                                                                                  par Manolito

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 17:04

Sortie : 17 mai 2010

label : Warp

 

Depuis la sortie de son album Jim, Jamie Lidell est devenu la coqueluche d'un public vaguement arty et réellement bobo. Son récent passage à Ce soir ou jamais ne devrait rien améliorer. Ce petit nerd blanc possède pourtant un des plus beaux timbres d'Europe, digne d'un crooner black sur-vitaminé. Ce que peu de gens savent, c'est qu'il est un bidouilleur électronique assez génial. En 2000 sortait l'ovni musical Muddlin Gear, projet bruitiste et bleepien qui ne trouvât pas son public malgré quelques réactions inspirées et encourageantes des observateurs de l'industrie. C'est en 2005 que Warp lui accorde confiance et moyens pour réaliser Multiply, petit chef d'oeuvre nu-soul que beaucoup crurent naïvement conçu avec deux bouts de ficelles électroniques. Le titre Multiply fut d'ailleurs utilisé pour le générique de Grey's Anatomy. C'est le début du rêve mainstream et la fin d'un anonymat dans lequel on l'appréciait beaucoup plus. Mais c'est bien avec Jim, personnage qu'il s'est créé, que Jamie s'ouvre définitivement la porte des charts et des ondes radiophoniques. Ce bourreau de travail qui a collaboré avec Gonzales, Grizzly Bear ou Ark déclare son amour invétéré à la funk et à la soul de la Motown. La mayonnaise prend plus que bien. Compass est donc un album infiniment attendu par un public qui fréquentent plus les lignes indie de Rock & Folk que de Chroniques électroniques. En même temps ils sont bien majoritaires...

 

A l'écoute de Compass, on peut se demander jusqu'où va le désir de reconnaissance de Jamie Lidell. Ce dernier est probablement le mieux produit de sa discographie, mais aussi le plus ennuyeux. C'est avec une incompréhensible détermination qu'il persiste dans l'ouverture pop, à grands renforts d'orchestrations et de techniques vocales qui résonnent presque gimmick. Il serait stupide de reprocher quoi que ce soit au chanteur, son timbre n'a rien perdu de sa superbe. C'est plus une question de choix artistique car, soyons clair, on ne peut pas dire que ce disque soit mauvais. Il est juste dramatiquement scolaire et conçu pour plaire au plus grand nombre. Même s'il ressort ses machines, c'est pour concocter une pop hybride et bancale certes originale mais dénuée d'ambition. Le succès commercial est inéluctable, et encore une fois ce n'est pas ce qu'on lui reproche. Celui qui emmenait la funk vers des sphères bioniques en 2006 enferme cette fois-ci le rock (celui que les disquaires baptisent pop-rock) dans les déprimants cartons du NME. Même si Completely Exposed est assez séduisant en rappelant les grandes heures de Multiply, on est rapidement noyé sous cette surcharge bordelique qui atteint les sommets de l'ennui atteints sur l'infâme et plein de guimauve Compass. Celui qui surprenait aussi bien les fans de Prince que de Grizzly Bear apparaît ici bien conventionnel. Cette cruelle déception recèle bien quand même quelques éclaircies, comme sur Gypsy Blood, She Needs Me, Coma Chameleon ou l'enfièvré Big Drift.

 

Avec le recul on se dit que Jim avait déjà semé les graines de notre future déception. En fin d'album Jamie affirme que nous apercevons sa lumière. A lui de veiller à ce qu'elle ne s'éteigne pas, car nombreux sont ceux qui se sont brûlés les ailes en bronzant trop près du mainstream. Espérons que son prochain album se nomme Phoenix.

http://www.lesitedelevenementiel.com/wp-content/uploads/jamie-lidell-compass.jpg

par Ed Loxapac

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 03:53

Sortie : avril 2010

Label : Tympanik

 

C'est au milieu des années 1990 que Serge et Andrei forment Geomatic à Amsterdam. Tous les deux passionnés par les synthétiseurs, leur union est un modèle de longévité mais ne s'est pas traduit par une discographie pléthorique. Après avoir sorti l'album Blue Beam sur le label français M-Tronic, le duo battave remet le couvert chez la maison référence en matière de compositions électroniques avant-gardistes n'ayant peur d'aucune fusion : Tympanik Audio.

 

A la manière d'une combustion entre post-EBM industriel et IDM tribale, Geomatic nous plonge ici dans un puits sans fond. Véritable dark trip, on est entraîné vers des ruelles propres aux vielles villes du Maghreb et d'Arabie, là où les charmeurs de serpents côtoient des muezzins enfièvrés et des houris aux visages mi-ange mi-démon. Mais ne vous y trompez pas, nous ne sommes pas ici au vilain royaume de la world music. Même si on se croit parfois entouré de gnawas en pleine cérémonie rituelle, les performances électroniques ont bien le dernier mot. Le beat est véloce, tranchant les chairs de la mélodie avec la précision d'un médecin légiste. Les textures sont aussi grasses qu'un hasch qu'on ne trouve que dans la vallée de Ketama. Les atmosphères sont psychédéliques et mystiques, enfumées par une charge sonique où la combustion des différents éléments règnent en maître. On se pense parfois poursuivi par une secte troglodyte dans le dédale d'une casbah, où chaque recoin échappatoire recèle sa propre terrifiante vision hallucinogène. Seul les non moins terrifiants Above Horizon et Dead Forever abandonnent ces territoires chamarrés et tribaux pour nous plonger dans des abîmes hard electronics hachées. Là où les mandolines, ouds, darboukas et autres laissent la technologie prendre le siège, ne subsistent que cendres et poussières. Vous l'aurez compris, les fibres ici sont lacérées, dépourvues de la moindre pitié. Ceux qui cherchaient un scénario "fleur bleue" sont mal tombés. Mais qu'il est bon de se oindre de l'acre fumée émanée par des morceaux tels que Attab E Siyah, White Hole, Dark Soul ou Serpent's Tooth. Une simple écoute ne pourra que vous convaincre, si mon propos plus qu'imagé ne vous a pas encore fait succomber.

 

Avec cet album ô combien surprenant, le duo Geomatic frappe un énorme coup. Si "Hollandais" et "tribal" ont parfois révélé des surprises de très mauvais goût, il est question ici de véritable tour de force. Les inspirés amateurs de Zeintriert ins Antlitz, Marching Dynamics ou Aphorism pourraient eux aussi, trouver plus que leur compte. Avec les signatures des exceptionnels albums de Candle Nine (ici) et de SE, on devra compter évidemment avec Tympanik en 2010.

http://www.adnoiseam.net/store/images/Geomatic-64_Light_Years_Away.jpg

par Ed Loxapac

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 16:14

Sortie : mai 2010

Label : Anticon

Genre : Enervement électronique

Note : 3

 

Laissant de côté son groupe Black Moth Super Rainbow, Tobacco a choisi en cette année 2010 de donner une suite à sa carrière solo après le réussi Fucked Up Friends de 2006. Le garçon qui mélange influences électronica et rap pour faire un genre de rock-électronique agressif prolonge dans cette voie en invitant Beck au micro. La force du producteur est de toujours frôler le mauvais goût sans l'atteindre... sauf sur la pochette et l'ensemble des visuels qui accompagnent sa carrière. Il abuse pourtant allègrement des basses vrombissantes et de claviers virulents qui n'ont pas réussi à d'autres.

 

Et voilà ce Maniac Meat, de plus en plus rock, avec de plus en plus de chant maltraité par la distorsion. Agressé un premier temps par les sons saturés qui violentent l'ouïe (Six Royal Vipers, 2e version), l'auditeur distinguera de plus en plus au fil du temps la batterie et les paroles qui forment de véritables chansons. Tobacco ne prend pas beaucoup le temps de s'interroger sur la forme ou la structure, il enchaîne des pistes autour des 2'30 avec une certaine vitalité. Après une première partie dans cette veine, il s'accorde une courte pause avec Unholy Demon Rhythms. Sur fond de beatbox, il prend un virage plus électro et apaisé. Mais le fuzz et la voix font rapidement leur retour, toujours passés dans une moulinette de saturation. 

Si sa formule est efficace, elle manque un peu sur cet album de diversité. Malgré l'évolution par rapport à Fucked Up Friends, on a l'impression qu'il nous ressert la même recette. La présence de Beck ne révolutionne pas les titres, même si le psychédélisme d'un Grape Aerosmith, par exemple, passe plutôt bien. Quelques passages plus pop ne sont pas non plus désagréables comme ce Six Royal Vipers (premier du nom) au chant aérien. On sent toutefois la formule un peu épuisée sur Stretch You Face, laissant une désagréable impression de déjà entendu plus tôt. La dernière partie plus instrumentale relève un peu l'intérêt, avec quelques titres électronica toujours aussi bidouillés qui confirment que tout n'est pas perdu pour Tobacco. Ce dernier ne cesse en effet de prendre plaisir à passer à la machine à laver ses sons de claviers pour les personnaliser.


Maniac Meat est à conseiller à ceux qui ne connaissent pas le producteur, car ceux qui ont son premier disque en stock n'y trouveront rien de vraiment convaincant. Il devra donc prendre une direction nouvelle pour retrouver notre attention, même si tout n'est pas à jeter.

 

http://betterpropaganda.com/images/artwork/Maniac_Meat-Tobacco_480.jpg

par Tahiti Raph

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 13:35

Date : 13 mai 2010

Lieu : Rex Club (Paris)

 

« Ce soir, papa est à la maison », c’est sous cette affirmation pleine d’affection que nous nous rendons au Rex. 1h du mat’, il n’y a pas foule à l’entrée sur le boulevard Poissonnière. Etrange. Ce n’est qu’une fois les marches avalées que l’on comprend. Quand Laurent Garnier est là, le public ne veut rien louper et exige d’être présent du début à la fin. En effet, un mix de Garnier, c’est plus qu’une histoire, c’est un voyage de 5 h où il suffit de jouer au passager.

 

Le Rex est plein comme un œuf et résonne sur une tech-house tribale. L’ouverture est calme et permet de lentement capter l’attention. Mais c’est surtout l’exercice mi-improvisée, mi-préparée du « Live Booth Session » que le public attend. Dès 2h, le club va commencer à bouillir lorsque Scan X et Benjamin Rippert se joignent à Laurent pour une session de techno puissante et fédératrice. Les montées sans fin plaquent violemment la foule et nous ramènent aux grandes heures des raves 90’s. Pendant 30 min, les bras se lèvent pour ne jamais se baisser. Mais ce n’est qu’un début car dès 3h, l’explosion promise déboule dans nos oreilles. Gnamankoudji sonne la charge à un public connaisseur qui décharge sa sueur. Laurent sait qu’il nous a dans sa poche et enchaîne sur un Man With The Red Face imparable. Il laisse monter la sève en se permettant seulement deux morceaux en 30 minutes.

Mais c’est en sachant varier que Garnier maintient la pression et en se permettant une excellente incursion dubstep, il ne déboussole pas la foule. Alors que résonne l’Everything Is In The Right Place de Radiohead remixé par Andi Muller, on sait que la fin est proche. A 5h, en achevant son live/DJ set par une ultime salve de techno énergique, il terrasse définitivement le dancefloor.

 

Sans surprise, Laurent Garnier aura retourné un Rex totalement acquis à sa cause. En étant en permanence à l’écoute du public, il arrive à le transporter où il veut. Garnier reste indubitablement le DJ référence en ce qui concerne le respect des danseurs. Tout en proposant un set de qualité, il envoie toujours le morceau qu’il faut au moment adéquat. Il en résulte un échange permanent permettant de mieux saisir son statut depuis plus de 20 ans.

 Sans-titre2.jpg

par B2B

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 15:47

Sortie : 24 mai 2010

Label : Dial

 

Depuis les débuts du label Dial, l'Allemand Phillip Sollmann officie dans l'ombre en tant qu'Efdemin. Une ombre relative pour l'oreille de bon goût car, en 2007, sortait son fabuleux disque éponyme et premier long format. De quoi l'élever au rang de figure de proue de la maison, à l'instar de ses amis : les illustres Sten (aka Lawrence) et Pantha du Prince. Même si la récente sortie de Pawel avait quelque chose d'un peu trop ensoleillé pour nos exigeantes esgourdes, Dial est bien une des références absolues en matière de techno d'esthètes, agissant aussi bien sur l'esprit que sur les guiboles. Ceux qui souhaitent s'introduire dans leur univers si particulier n'ont qu'à se jeter littéralement sur la compilation 2010 (ici)  sortie il y a quelques semaines.

 

Revenons à nos moutons, c'est d'Efdemin dont il s'agit. En voilà un qu'on ne peut qualifier de mouton de Panurge tant ce type n'a que faire des courants et des modes. En baptisant cet album Chicago, l'Allemand rappelle que tout comme sa grande soeur Detroit, la ville de l'Illinois est le berceau de la sacro-sainte house music. Et cela bien avant que la première pierre du Berghain ne soit taillée.

Loin d'être un hommage convenu à ses glorieux contemporains, Efdemin redore le blason de la house en lui ré-injectant l'âme de ses débuts. A l'époque où elle se nourrissait aussi bien de la soul que du jazz.

Avec la minutie et le sens du du détail qu'on lui connaît, Sollmann déploie ses mélodies progressives où l'ostentatoire dimension répétitive fait émerger des thèmes toujours inattendus. Dès le sublime Cowbell d'ouverture, on est déjà sûr d'avoir à faire à un grand disque. Clavinets, percussions tribales, flûte, cithare et micro-éléments sont les fibres du canevas que tissent l'Allemand. Sans jamais perdre le fil d'Ariane, sa techno se montre hypnotique et scintillante. Rappelant que la house est aussi une musique hédoniste, il allie mécanisme sensuel aux amples basslines qui ont fait le renom de Dial sur l'irrésistible Shoeshine. Avec l'art du crescendo qui est le sien, Efdemin signe avec Night Train un morceau fleuve calibré pour les dancefloor d'érudits. Là où la texture des trames principales évolue au gré des ondulations et du tempo. Inutile d'attendre de messianique montée frénétique, tout n'est ici que subtilité et transe mentale. Les cliquetis propres à la micro-house s'imbriquent et introduisent une nappe gorgée de soul sur le murmuré Oh my God, où les ambiances bucoliques cachent un génie rythmique déconcertant. Les sublimes There Will Be Singing et Nothing is Everything se digèrent comme un miel onctueux, capables de faire pâlir respectivement des pointures comme Carl Craig et Ricardo Villalobos.

La dimension tribale prend de plus en plus d'ampleur en amont de l'opus, sans jamais que cela ne devienne rébarbatif comme sur la bombe pleine de reflux Round Here, où des régurgitations analogiques font presque penser à des scratchs. Wonderland agit alors comme un voyage vers des sonorités aux courbes amples et au son cristallin, à peine perturbé par un croassement métronomique. Oh, my fucking Godness peuvent se dire les yankees à l'écho d'un album pourtant bien germanique. Un seul morceau laissera sans doute quelques regrets. On attendait forcément bien plus d'un track nommé Le Grand Voyage. Un peu lisse et linéaire.

 

Le deuxième album est toujours un exercice difficile. Pendant que Pantha du Prince fait de vénielles et sublimes infidélités à Dial avec son Black Noise (ici), Efdemin signe avec Chicago un petit bijou. Soulful et jazzy, il confirme l'ascendante influence des rythmiques afro-américaines sur la techno allemande de qualité. On n'attend plus que d'aussi bons efforts venant de Pigon, Carsten Jost ou Isolée pour faire de 2010 un millésime où le cépage dominant se nomme Dial.

http://www.raveline.de/wp-content/uploads/2010/03/Efdemin_Chicago_Cover-400x397.jpg

par Ed Loxapac

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 21:30

Sortie : mai 2010

Label : Lo Dubs

Genre : Ambient Dubstep

Note : 8/10


L’année dernière, un bonhomme du nom de Dan Richmond, surgi de nulle part, sort le très bon Clubroot, un premier album qui lui vaut un flot de comparaisons avec l’éminent Burial. Et il est vrai que Clubroot partage avec le maître un goût certain pour la confidentialité, les pages Myspace impénétrables, et forcément, le dubstep très organique et abreuvé d’ambient. Sans jamais passer par la case maxi, il poursuit avec II-MMX, un LP qui sonde la même sombre veine et qui parvient à nouveau à nous mettre dans sa poche.

Différence majeure avec Burial, Clubroot n’hésite pas à appuyer ses beats, à éclairer de pleins phares les basslines, faisant prévaloir l’électronique sur l’atmosphérique. Mais tandis que les syncopes ondulent, le champ sonore se charge avec douceur de plages mélodiques en forme de lambeaux de vapeur, bruissantes de crépitements et de modulations organiques. L’album entier baigne dans une vraie purée de pois, faites de méandres de nappes, où surnagent les lentes notes de synthétiseur. Les textures peuvent être étoffées de percussions tribales (Dust Storm), de violons languides, comme d’un parlé féminin aux accents murmurés (Sjambok). Enfin, comme le veut l’usage, la plupart des titres sont auréolés d’échos de voix, entre la plainte et le soupir, qui se fondent sans mal dans les fluides électroniques. I-MMX se parcourt en revanche sans surprise, les pistes répondant à un schéma analogue, sans que rien n’ose choquer l’oreille. Mais cette linéarité ne dessert pas véritablement l’écoute, l’homogénéité des morceaux donnant l’impression de flotter entre deux eaux troubles, pulsant au gré des basses et caressé de souffles tièdes. On divaguera donc au fil du nostalgique Running On Empty, pour ensuite apprécier le dub ferme de l’excellent Closure ou se laisser submerger par les boucles toxiques de Cherubs Cry.


Clubroot signe avec cet imprononçable album un jet d’une finesse indéniable, mêlant la langueur d’un dubstep bien deep à la subtilité des travaux d’ambient. Un soupçon d’originalité en plus, et on s’incline, subjugué.

clubroot2.jpg                           

                                                                                                                                    par Manolito

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