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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 16:16

Sortie : avril 2010

Label : Alpha Pup Records

Genre : Electronica ouverte

Note : 7


Dix ans que le producteur de Los Angeles explore la musique électronique de sa grâce et de sa classe sur un certain nombre de labels. Il a choisi le non moins classe Alpha Pup pour son nouvel album qui réalise un magnifique brouillage de pistes entre IDM, électronica et abstract hip-hop. Il arrive à évoquer en même temps la grande époque de Ninja Tune, la maîtrise d'un Amon Tobin et la modernité d'un Flying Lotus que nous ne nous lassons pas de citer en exemple. Finies les comparaisons car Take offre avant tout son propre univers, original et riche en émotions.


Ecouter cet artiste demande d'abandonner certains de ses repères. L'auditeur n'évolue pas en territoire connu, mais dans les méandres des sentiments évoqués par l'Américain au gré des mélodies savamment construites. Il flotte dans un univers liquide où les couches de sons se mêlent entre elles pour former une matière nouvelle. Sur des beats improbables (Horizontal Configuration) ou plus classique (Crystallia), il nous emmène dans un monde imaginaire et futuriste. Rien n'est heurté. Tout glisse. Son avenir semble se dérouler dans une cité sous-marine alors que lui, selon le titre du disque, ne voit que des montagnes. Ces morceaux atteignent en effet des sommets avec leur rondeur à l'extrême, comme sur ce Don't Look Now qui groove tranquillement.

Vous serez rapidement maintenu dans l'espace sonore déployé par Take. Il manie les sons avec une grande habileté pour vous porter vers un apaisement proche de l'hypnose. Il vous entoure d'étoiles pour illuminer votre esprit. Chaque ballade proposée ne s'étire pas au delà des 3'30, provoquant à la fois frustration de la rapidité du voyage et abondance. L'ambiance est toutefois assez uniforme pour ne pas rompre le songe entre les plages. Avec Begin End Begin le ton se durcit toutefois un peu, avec une partie basse-batterie un peu plus nerveuse qui, loin de créer une rupture, offre une évolution du paysage qui se confirme par la suite. Après une certaine légèreté, le producteur se fait plus sombre. Il conserve tout son esprit, chaque ingrédient restant distillé avec parcimonie. De mystérieuses voix continuent de s'insinuer au lointain. Puis surgit un brin de tension sur Paper Garden. Et le récit continue...

 

Le nombre des années réussit très bien à Take qui nous livre un album irréprochable. Un vrai poème sonore, prenant jusqu'à la fin.

 

http://www.alphapuprecords.com/art/669158518326-300x300.jpg

par Tahiti Raph

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 10:49

Sortie : 17 mai 2010

Label : Bpitch Control

Genre : House, techno

Note : 3,5/10

 

Mais qui est vraiment Ellen Allien ? Une DJ ? Une productrice ? Une femme d’affaire ? Une styliste ? Le souci avec l’Allemande, c’est qu’elle est un peu tout ça à la fois et qu’à force de se disperser, elle a fini pas s’éloigner de la base : la création musicale.

Soyons clair, Ellen Allien est sans doute une des artistes techno les plus surestimée de l’époque. Hormis ses deux premiers albums, Stadkind et l’excellent Berlinette, elle n’a jamais vraiment convaincu. Pire, elle semble même régresser depuis. Et que dire de ses DJ set trop souvent convenus et plats ? Quoi qu’il en soit, il y a bien une chose qu’on ne peut lui reprocher, c’est son impact sur les nuits berlinoises. Par le biais de son écurie Bpitch Control, elle a toujours su révéler au public de talentueux bourlingueurs techno tels que Paul Kalkbrenner, Kiki ou encore Modeselektor.

 

On aurait aimé vous dire que Dust, ce nouvel album, signe le renouveau d’Ellen mais il n’en est rien. On reste une fois de plus circonspect à l’écoute de cet exercice bancal, manquant d’audace et de relief. Pourtant, il est indéniable que ce disque est sans doute le plus personnel d’Ellen et on sent bien qu’elle a voulu se faire plaisir en livrant sa vision de la musique électronique.

Quand Ellen Allien choisit la voix de la techno, elle arrive à y insuffler une part de féminité conférant à ses tracks une atmosphère douce-amère plaisante. Que ce soit sur le lancinant Our Outopie ou sur l’hypnotique Should We Go Home, porté par des sonorités de gouttes de mercure tombant sur le dancefloor, on s’imagine aisément déambuler dans les artères froides de Berlin.

Mais lorsqu’Ellen choisit la voix de l’électronica, on est un peu géné. My Tree ou Dream sont d’une faiblesse désarmante. On est à des années lumières de ce que l’on est en droit d’attendre en 2010. Ca sonne cheap, ça manque de profondeur, ça s’oublie directement.

Et il y a cette incursion intrigante de la guitare pour des ouvertures pop plus ou moins bienvenues. Autant Sun The Rain se révèle une ballade naïve plaisante, autant You n’a aucun intérêt. On souligne un problème récurrent chez Ellen Allien. Mais pourquoi se sent-elle obligée de poser sa voix sur autant de morceaux ? Quand on a un timbre de voix aussi ridicule qu’une Charlotte Gainsbourg, il faut mieux s’économiser et se taire.

 

Avec Dust, Ellen Allien signe un album inoffensif et bien trop léger. Quand on possède un tel statut, il faut s’attendre à ce que le public soit un minimum exigeant. Sans être un ratage complet, ce disque n’arrive jamais à prendre son envol et semble seulement passer distraitement entre nos oreilles. C’est tout de même étrange qu’une telle productrice, toujours à l’affut des nouvelles tendances, reste autant bloquée sur ses acquis.

 

http://3.bp.blogspot.com/_mW44167wbtQ/S9YBbopo9oI/AAAAAAAAEHo/xCUllLQDRtA/s320/ellen.jpg

 

par B2B

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 15:30

Sortie : avril 2010

Label : Labelmaison

Genre : Afrobeat remixé

Note : 3

 

Il est généralement difficile de vivre dans l'ombre d'un parent qui a marqué l'histoire de la musique. Femi Kuti, fils du "Black President" Fela, a réussi à tracer sa propre route entre l'héritage afro beat paternel et sa volonté de s'exprimer sur un format plus proche de la chanson. Son dernier album, Day By Day publié fin 2008, faisait la parfaite synthèse de ces deux influences, avec des titres gorgés de funk et de jazz s'appuyant sur des textes accrocheurs. Un an et demi après ce succès qui lui permet encore de se produire régulièrement sur scène, le Nigerian sort une version remixée de l'album, comme il l'avait déjà fait par le passé pour Shoki Shoki. Pour ce dernier, les artistes conviés avaient su avec réussite donner une couleur techno-house homogène aux morceaux originaux. Pour ce premier volume de Day By Day Remixed, un certain éclectisme prévaut.

 

L'album débute par un You Better Ask Yourself passé à la sauce reggae par Bost & Bim, c'est ensuite les très en vogue Chinese Man qui donnent un ton rap à Day By Day avec une rythmique appuyée et quelques scratchs, avant de céder la place à Boombass qui transformera Lets Make History en house rappelant presque les premières heures de la french touch avec cette guitare ensoleillée. La première impression est donc plutôt agréable : de la diversité et une certaine inspiration. L'écoute se prolonge alors avec General Elektriks qui offre lui aussi une relecture, peu éloignée de l'original, de You Better Ask Yourself, puis les Américains de EarthRise SoundSystem s'attaquent à Demo Crazy utilisant des effets dans un esprit dub. Les minutes s'écoulent et le sentiment d'inutilité de ce disque grandit.

Les remixs proposés sont plutôt agréables, mais ils souffrent de deux gros problèmes : ils n'égalent jamais les originaux et ne s'en détachent pas assez pour les faire oublier. Les producteurs ont beau se succéder, avec plus ou moins de réussite, l'intérêt ne remonte pas vraiment. One Two (Garth Trinidad's FiyahDubb!), qui constitue un parfait contre exemple à ces reproches en alliant originalité et un résultat plutôt intrigant, ne suffira pas à redonner de la consistance à l'ensemble. Aussi éloigné de la version de départ, le Eh Oh de Liza Richardson manque lui sérieusement de consistance, tout en restant moins pénible que le You Better Ask Yourself final de Jason Bentley.

 

Une seule idée en tête à la fin de cette série de remixs : réécouter l'original, bien plus puissant et personnel. Reste seulement à espérer que les personnes qui découvriront Femi en club grâce à ces versions auront ce réflexe... ce disque aura ainsi eu ce mérite.

 

http://c4.ac-images.myspacecdn.com/images02/124/l_8f13706473a94dd3aaabfd23a21a2dd7.jpg

par Tahiti Raph

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 09:59

Sortie : 26 avril 2010

Label : Hum+Haw

Genre : Techno, electro-pop, électronica

Note : 8/10

 

Si la schizophrénie s'immisce lentement chez vous, passez votre chemin car Lux n’est pas l’album adéquat pour réconforter vos névroses. L’Ecossais Alex Smoke est un manipulateur de vos angoisses, quelqu’un prenant un malin plaisir à vous enfermer progressivement dans son univers anxiogène. Lux est le troisième long format proposé par Alex Smoke, après deux albums sorti chez Soma. Cette fois-ci, c’est sur son propre label, Hum+Haw, qu’Alex a pu coucher sa vision de la musique électronique.

 

Entre techno et electronica, Lux se révèle une complète réussite malgré son côté hermétique. On ressort fébrile à l’écoute de cet album maîtrisé de bout en bout. Il faut dire que dès l’inaugural Ikos, l’angoisse pointe le bout de son nez. Entre les légers gazouillis d’oiseaux, des nappes sombres viennent parasiter l’atmosphère. A partir de ce moment là, rien n’y fera, la lumière est définitivement éteinte et il ne vous reste plus qu’à combattre vos propres démons. A ce petit jeu malsain, la deep-techno métallique de Blingkered est une réussite totale par la force d’une structure progressive imparable. UnCern donne l’impression d’écouter un 8-bit indus encore jamais vu pendant que la parenthèse Filla se mue en electronica organique cybernétique. Alex Smoke pose même sa voix (vocodée tout de même) sur Platitudes, électro-pop hybride chancelante. En étant jamais totalement techno, ni jamais totalement électronica, Lux parvient à maintenir l’attention. Le renouvellement permanent donnant l’impression d’écouter un album mutant, une sorte d’électro-techno du futur non pas déshumanisée mais à la texture autant métallique qu’organique. L’ensemble est fiévreux, les sonorités sont tremblantes. Le travail d’Alex Smoke est remarquable, chaque son est finement pensé et l’ensemble s’emboîte à merveille.

 

Lux est un album à la violence diffuse, agissant comme un lent poison. Même si l’aspect anxiogène peut se révéler rédhibitoire, jamais l’électro-techno de Smoke n’est offensive et inaccessible. Album profondément personnel et en tout point remarquable, Lux se mérite mais vaut à coup sûr le détour.

 

http://www.4djsonly.com/Resources/Lux-Alex-Smoke-Hahcd001-AC121677-300.jpg

par B2B

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 17:29

Sortie : avril 2010

Label : Ant-Zen


Tous les deux ans, Ginormous présente des albums reflétant ses voyages et ses pensées aventureuses. Hymen Records et son papa Ant-Zen ont toujours été là pour publier ses splendides essais. Les deux premières réalisations de celui qui se nomme en réalité Bryan Konietzko ont laissé des traces indélébiles dans l'esprit de ceux qui s'y sont immergés. La richesse du projet réside dans son originalité et dans sa glorieuse capacité à se renouveler. Ginormous est quelqu'un qui est sans doute incapable de faire dans la redite. A en croire la magnifique photo qui fait office d'artwork, c'est cette fois-ci au coeur du désert du Nouveau Mexique et en hiver que nous emmène l'insatiable voyageur. Partons vite.


L'Américain a depuis ses débuts fait la rencontre de nombreux artistes, et plus particulièrement la chorégraphe de danse contemporaine Maria Gillepsie. Ce nouvel opus était à la base conçu pour accompagner le spectacle de cette dernière. On ne doute à aucun instant du résultat tant on constate que la musique de Ginormous a une dimension picturale indéniable. La mélodie s'érige tel un tableau mouvant, mêlant IDM et compositions classiques modernes. Les cordes sont dotées d'une sensibilité de porcelaine, les synthés sont quant à eux presque effacés comparés aux albums précédents.

Ceux qui ont l'habitude de me lire me reprochent souvent d'annoncer l'album de l'année toutes les semaines. Même si je le pense ici fortement, je ne vais pas m'y risquer et vais juste simplement dire que ce type est capable d'installer une révolution folktronica. North, Part 1 est le morceau qui motive mon propos. C'est sans doute ce que j'ai entendu de plus beau depuis très longtemps. On se croit spectateur du bon vouloir de dame nature et des éléments, un vent électrique labourant une forêt de sapins bleus pour ne plus laisser place qu'à la plénitude, l'immensité, à perte de vue...

En plus d'être un compositeur et un producteur esthète, Konietzko sait aussi s'entourer d'amis capables de sublimer sa musique. Le chanteur Rohner Segnitz transperce les nuages de cette production céleste pour poser son timbre filtrée sur quatre titres. Même si tout est très beau, on retiendra plus particulièrement ses divines interventions sur Lycanized et le bouleversant A Darkness By Day. Même Deru vient mettre la main à la pâte sur North, Part 2, lui qui est d'habitude plus coutumier de productions abstract hip-hop. Un autre diptyque splendide est accompagné d'un collaborateur : Bryan Landers sur Fallen For Nevers.

Tant de romantisme et de sensibilité dans ce disque qu'on en essuierait presque une larme, comme sur le cristallin et tout en tension Hollow Ashes. Certains trouveront ça et là des effluves de post-rock, d'ambient et même de drone.

La violence des éléments reprend ses inaltérables droits sur le titre qui donne son nom à l'oeuvre, le paysage n'est jamais si beau que quand il est vierge de tout passage. Ceux qui écouteront comprendront... ou pas.


Le label Ant-Zen avait pris l'habitude d'abreuver ses fans de bon goût de productions industrielles  ou ambient abruptes et rugueuses. The Sound Of Love Impermanent déboule comme une bouffée d'air pur. Plus que ça, un disque absolument incontournable pour tout mélomane féru de volupté. Permettez moi également de vous inviter à contempler les photos prises par l'artiste sur son site officiel (ici).

 

http://3.bp.blogspot.com/_GSTkcFN7zdo/S9jd1ZaD_wI/AAAAAAAAA3U/lke6n3SExjw/s1600/cover.jpeg

par Ed Loxapac

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 20:34

Sortie : avril 2010

Label : Echodub

Genre : Ambient Dubstep

Note : 8/10

 

Le nébuleux collectif et label Echodub doit sa gérance à l’Ecossais Alex Crowls. Sous son alias DFRNT, il sortait l’année dernière le très bon Metafiction (chroniqué ici), et lance aujourd’hui le deuxième volet des Echodub Loves, compilations qui mettent en lumière des artistes plutôt confidentiels, qui sondent les tréfonds de ce qu'on appelle parfois l’ambient dubstep. Sous différentes formes, la combinaison du dubstep et de l’IDM a déjà dignement fait ses preuves, par le biais d’artistes tels que Ital Tek, Autopilot ou Scuba, ou plus globalement derrière les défrichages de Mike Paradinas chez Planet Mu. Echodub s'immerge encore un peu plus en prolongeant ce mariage d’une dimension ambient, qui enduit les sons d’un calme planant. Voyons donc ce qu’il en est de cette sélection regroupant des producteurs aux noms peu familiers.

Le résultat ne se fait pas attendre. Echodub Loves vol. 2 affiche un éventail de sons et d’artistes habiles et talentueux. Axée sur du dub synthétique ralenti, la sélection d’Alex Crowls tend si bien vers une électronica cristalline que vers de l’ambient ou du dubstep burialisant. Le traitement des textures est proche de celui des productions de dub techno, avec son fini poudreux, ses échos denses. Cette compilation s’apparente à un objet abstrait et captivant, un concentré d’effluves opiacées et de plages brillantes et brumeuses. D’autre part, la proportion de très bons titres sur cette seule compilation accrédite sans conteste les travaux du label.

Box Mouse entame avec le lancinant 5:37 Outside The Station, ouvrant ainsi sur des territoires sombrement déchirés. Des nappes électrisantes et de minimalistes syncopes rythmiques peuplent ces sphères, parfois illuminées de carillons argentins (All Wet de Think). Svpreme Fiend s’illustre pour sa part avec un Prover qui n’est pas sans rappeler le céleste Broken Home de Burial. Les ambiances sont loin d'être figées, Vangera appose des chants arabes sur le dubstep en cavale du génial India Joya, tandis que Dminus opte pour une veine résolument deep-house. Mais les deux réelles tueries viennent d’un certain Jas et du Croate Egoless. Sur In A Heartbeat, le premier dépeint en intro un univers des plus inquiétants, où un rythme cardiaque croise une respiration hallucinée, accélérant peu à peu. Puis c’est l’implosion, des basses cinglantes torpillent le beat, ondulant sur des airs de féria bohémienne. Quant au Back Home d’Egoless, il illumine le disque à lui tout seul. Les basses calmes et sages et le sublime piano en font l’un des plus beaux morceaux qu’il m’ait été donné d’entendre récemment. Un artiste sur lequel il ne faudra pas manquer de se pencher.

Cette compilation d’Echodub se révèle être une excellente galette, mettant à portée de tous un genre profond de musique expérimentale. En effet -  et comme la confidentialité se distribue sous la manche - Echodub livre gracieusement sa sélection sur son site, en téléchargement gratuit. Tremendous.

                              

                                echo003.jpg

 par Manolito

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 09:19

Sortie : avril 2010

Label  : Ad Noiseam

 

Roel Funcken et son frangin Don forment une des associations les plus prolifiques et qualitatives de l'IDM au sein de Funckarma. ils ont signé des disques chez des maisons références comme Symbolic Interaction, U-Cover, Toytronic, n5md et bien sûr Ad Noiseam. C'est également eux qui se cachent derrière le duo Shadow Huntaz où ils officient sur un versant plus hip-hop vrillé au sein du glorieux label Skam. Même si leurs productions IDM exigeantes et sans concessions sont les plus connus, les frères Funcken sont loin de se borner à ce style, en attestent leurs récentes séries Dubstoned plus orientées dubstep. Roel Funcken a également fait preuve de réels talents de producteur individuel en intervenant sur le prometteur album Spanon de Ard Bit l'année dernière. C'est seul qu'il livre cette imposante fournée qu'est Vade sur un de mes labels préférés.

 

L'impressionnante maîtrise de Roel Funcken a presque quelque chose de plombant. Que ce soit pour le choix des synthés, les improbables lignes de basse où sa capacité à faire exploser le beat comme un anévrisme. Voici un album de bidouillage électronique, au sens noble du terme, impossible à étiqueter. Le producteur concocte une IDM complètement perchée, digne de celle que l'on trouve sur des labels comme Rephlex. Moins abrupte et moins autiste que lorsqu'il officie au sein de Funckarma, sa musique brise les chaînes de tout emprisonnement conventionnel. On doute presque que ce soit un album à proprement parler. On parlera plus ici d'implacable démonstration. Quand il n'érige pas des mélodies évolutives complexes contre-balancées par des breaks cinglants, il livre sa propre vision du dubstep. Ce dernier n'a d'ailleurs pas besoin de s'adjoindre les services d'un MC au timbre rocailleux pour convaincre. Il préfère simplement le rendre intelligent. Même si on ne peut pas le qualifier de spécialiste du genre, il donne là une sévère leçon à tous ces jeunes Britanniques dont les galettes pullulent et polluent les bacs du monde entier. De quoi faire pâlir le pourtant très bon Milanese et renvoyer l'inaudible Major Lazer à ses pérégrinations grasses et fluos. Le titre qui conclut le disque, Lajor Mazer, se révèle alors comme une dédicace assassine. Nous ne somme pas ici au royaume du tunning.

On croira ce type fou et incontrôlable lors des premières écoutes mais les suivantes ne pourront qu'attester du glaçant génie de son auteur. Même si on a parfois du mal à suivre les expérimentations presque noise sur Vade ou Skarm Sfias, c'est avec la plus grande délectation qu'on le laisse vriller notre encéphale. Certains diront probablement qu'il faut être musicien, ingénieur du son ou grand théoricien de la mécanique quantique et de l'analyse spectrale pour en saisir toutes les subtilités, ce disque n'en est pas moins accessible à tous. Les oniriques Martyrz, Lyra Stellum en attesteront allégrement. L'enchaînement du sautillant Orc Darce et du presque tribal et aphexien Halfkriel est lui aussi des plus jubilatoires.

 

Face à tant de maîtrise, on sort groggy à la suite de l'écoute de ce véritable pavé sonore. Ad Noiseam frappe ici un grand coup même si celui qui suit depuis longtemps les deux membres de Funckarma n'aura pas eu besoin de cet opus magistral pour parler de révélation. Même si séparer les fratries n'est pas la vocation première du label allemand, il faut avouer que la scission leur va plutôt bien.

http://www.fixtstore.com/img/graphics/IndieStore/RoelFuncken_Vade%202.jpg

par Ed Loxapac

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 17:45

Sortie : avril 2010

Label : Error Broadcast

Genre : Glitch-hop

Note : 7


Le hasard a voulu que cette chronique tombe le même jour que celle du nouveau Flying Lotus, un hasard qui rapproche deux artistes évoluant dans la même sphère, un cousin électronique et instrumental un peu barré du rap. KenLo Craqnuques n'a pas la chance d'être distribué par Warp, mais par Error Broadcast. Et quelle bonne nouvelle de tomber sur un netlabel qui fait dans l'abstract hip-hop (comme on dit) ! Vous pourrez donc découvrir la première sortie de ce producteur inspiré gratos sur leur site ou pour la malheureuse somme de trois euros sur sa page Bandcamp. Autant vous dire que c'est bien peu cher payé pour ces sept titres aussi originaux que délicieusement allambiqués.

 

Le Montréalais venu d'Afrique nous propose en effet dans son univers des beats bancals comme nous les aimons, assortis de bleeps à tout va et d'étranges samples de voix qui habitent les titres. Ces collages qui rappellent de loin des instrus rap à la Madlib prennent une épaisseur électronique avec la multitude de sons qui vient s'y glisser afin de construire des mélodies décalées. Les claviers y croisent des rythmiques boîteuses savamment élaborées. KenLo ajoute quelques échantillons de voix pour apporter une touche de second degré contrant ceux qui taxeraient sa musique d'intello.

Cailloux Germés forme un tout qu'il est difficile de décortiquer. Le disque est homogène, tient la route du début à la fin avec un style bien déterminé, assorti parfois d'une touche de mélancolie. Jamais le producteur ne fait preuve de facilité, continuant sans relâche à enrichir ses pistes avec des éléments supplémentaires. Chaque mesure est un subtil assemblage créant un ensemble à l'équilibre fragile, mais qui ne cède à aucun moment. Il y a de la patience et de l'inspiration. Un esprit de cohésion admirable.

 

Quand Ed parle de musique du futur à propos de Flying Lotus, nous y sommes également avec KenLo Craqnuques et son univers novateur et expérimental qui mérite le succès.

 

http://error-broadcast.com/cache/600_ebc005_front.jpg


par Tahiti Raph

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 13:08

Sortie : 5 mai 2010

Label : Warp

 

Y a-t-il encore quelqu'un qui ne connaisse pas Flying Lotus ? De son vrai nom Steven Ellison, l'Américain est le fer de lance de la scène abstract hip-hop californienne (baptisée beat & bass par certains). Ses magistraux premiers essais, 1983 et Los Angeles, ont hissé ce jeune homme au panthéon des artistes majeurs du début du 21e siècle. Ceux qui doutaient que Warp puisse encore faire émerger des génies peuvent se foutre un compas dans l'oeil. Cosmogramma est donc plus que jamais attendu au tournant, par un éventail d'aficionados plus que large, allant du mélomane jazz, aux headbangers dubstep en passant par les puristes hip-hop de la première heure.

 

Autant le dire tout de suite, Cosmogramma est au hip-hop ce que Ben Hur est au peplum. Précisons que la production est néanmoins minorée de la mégalomanie d'un Robert Hossein sous béta-bloquants.

Ellison a ici repoussé les clivages de la scène qui l'avait couronné roi, et cela même si son style si inimitable demeure intact.

Celui que tous reconnaissent comme un technicien hors pair a choisi de s'entourer de musiciens plus que confirmés. Le résultat est pharaonique, même si cet album ne peut absolument pas être affublé de la mention "& friends" tant chaque collaboration intervient humblement, au service du chef d'orchestre pour qu'il ait les mains libres afin de communiquer sa vision psychédélique du hip-hop de demain. Futuriste, surréaliste, psychédélique... autant de qualificatifs qui sied parfaitement à cet opus. Il doit y en avoir tellement d'autres.

Le bassiste Thundercat (Young Jazz Giants) est présent tout au long du disque, ce qui évidemment renforce encore un peu plus l'ouverture jazz déjà entamée depuis longtemps par le lotus volant.

Celui qui a du sang Coltrane invite également son cousin saxophoniste Ravi, le trompettiste Todd Simon et la harpiste Rebekah Raff pour rendre hommage à ses illustres aïeuls et re-baptire des ponts (depuis trop longtemps effondrés) entre jazz des sources et hip-hop avant-gardiste.

On croise aussi des chanteuses, comme Niki Randa ou l'hypnotisante Laura Darlington.

Ceux qui se souviennent du Rabbit in the Headlights du désormais errant projet Unkle, savent que Thom Yorke ne posent pas son timbre plaintif sur n'importe quelle production. Même si son l'intervention est assez succincte sur ...And The WorldLaughs With You, Ellison a su poser un terrain plus que propice pour que le chanteur de Radiohead se sente dans son jardin.

Pour se faciliter la tâche face à ce projet dantesque, Ellison a choisi de demander à un de ces illustres concurrents de la scène underground de lui concocter des sonorités 8-bit. C'est sur Satellllliiiiiiteee que l'intervention de l'Autrichien génial Dorian Concept se fait le plus sentir.

Même si cet album est quasi-uniquement constitué de formats courts, on ne peut pas parler ici d'interludes tant la production est fourmillante et la dimension expérimentale omniprésente. Du côté des morceaux plus longs, on remarque plus particulièrement le titre Mmmhmm, qui s'élève comme un murmure d'ouverture pop futuriste du meilleur cru. Mais le meilleur intervient sur Do The Astral Plane, véritable invitation house moodymanienne imprégnée d'une dimension soul blaxploitation où la trompette de Simon intervient comme une piqûre de rappel.

 

Flying Lotus réalise ici l'album qui permet de confirmer sa probable influence dans la musique électronique des années à venir. Il fait péter toutes les frontières avec ce projet ambitieux, qui n'a pour seul garde fou que de transmettre un témoignage musical dont les racines naissent bien avant les premiers balbutiement du hip-hop de la côte ouest. Reste à savoir si ce joyeux bordel saura résister au temps. Pas si sûr...

http://www.melophobe.com/images/fifty/flying-lotus-300x300.jpg

par Ed Loxapac

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 18:07

Sortie : avril 2010

Label : Module

Genre : Electro-rock

Note : 3


La frontière entre le bon et le mauvais goût est parfois fine. Sur son dernier album, dDamage joue avec. Entre electro-rock pompier et électronica discrète en passant par un rap futuriste, le groupe démontre toute sa palette de sons avec des réussites diverses. En multipliant les invités, les deux Parisiens ne facilitent pas non plus l'émergence d'un liant fédérateur. Au gré des titres, les réactions vont donc se multiplier avec parfois de l'intérêt et d'autres fois du rejet.


L'attaque avec Bomb The Bass et Jon Spencer est ainsi presque vulgaire en raison de sonorités criardes qui vous agressent à peine entré dans le disque. Profitant de la présence de Sin, le rap qui suit est plus malin, mêlant la voix et un air de vieux jeu vidéo créant un univers original et intrigant. Arrive ensuite la troisième piste, l'électronica paisible d'Aeroplanes qui vient avec force séduction faire totalement retomber la pression. Une bien étrange entrée en matière avec des ambiances forts différentes qui vont continuer de se succéder sur le reste de l'album. Les amateurs de synthés années 1980, de rap innovant et de comptines électroniques y trouveront donc leur compte chacun leur tour. Le problème est d'écouter le disque d'un bloc en étant dérouté par chaque enchaînement.

Et pourquoi pas faire son marché ? Commençons tout d'abord par l'IDM aérien de Ray Break Out qui bénéficie du renfort de Christ, ancien de Boards of Canada. Une belle manière d'utiliser des sons stridents pour créer un morceau entêtant qui monte en puissance au fil des minutes. Prenez ensuite Poulet Free avec l'excellent Tes au micro pour une dose de rap synthétique et énergique, genre plutôt bien exploité par le duo. Mention assez bien aussi pour l'étrange ambient de Maeban (Shinseï remix) et son apaisante voix japonaise.

En revanche, évitez les titres électro-rock un peu putassier comme One To Hate avec Stuntman5 ou le Pariscore final. L'IDM kitsch de Ev Panic, qui bénéficie pourtant de la présence de Raoul Sinier, n'est pas plus heureux. L'utilisation des synthés montre ses limites en prenant un tournant assez indigeste... Ink 808 avec Krazy Baldhead reste en revanche du bon côté de la frontière pour les fans de 8-bit.

 

Ce Aeroplanes est un gâteau un peu lourd qui aurait mérité plus de finesse ou à tout le moins des choix de production plus clairs... et pourquoi pas trois maxis d'ailleurs ? Il y a toutefois du bon, à piocher.

 

http://myrebirth.fr/files/ddamageaeroplanescover.jpg

par Tahiti Raph

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