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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 09:43

Sortie : 10 mai 2010

Label : Soma

Genre : Ambient

Note : 8,5/10

 

En 1979, Brian Eno questionne la musique ambient et se lance dans une profonde recherche de l’éther qui aboutira à la création de Music For Airports, album culte se voulant être une bande sonore illustrant le rôle transitif d’un aéroport. Chez Eno, l’aéroport est humain, palpable, réconfortant. Cet espace ouvert n’est rien d’autre qu’une promesse et l’on se prend à errer paisiblement en attendant l’embarquement.

The Black Dog ne se reconnaît pas dans cette vision désormais faussée de ce lieu de passage et a donc cherché à livrer sa relecture personnelle du chef d’œuvre d’Eno. Le 11 septembre est passé par là, la folie sécuritaire a considérablement changé la donne. Le leader Ken Downie conforte ici sa posture politique engagée depuis quelques albums en sortant ce brillant Music For Real Airports. Il était temps de remettre les choses à leur place et de stopper l’anachronisme d’Eno. Les aéroports d’aujourd’hui ne sont rien d’autre que les lieux stigmatisant le mieux la déshumanisation du monde contemporain.

 

Là où Brian Eno se faisait réconfortant, The Black Dog devient psychotique. Là où Brian Eno imposait la langueur et la contemplation, The Black Dog impose la crainte et l’étouffement. S’en est fini de l’apaisement, place à l’angoisse.

On se retrouve enfermé dans une musique ambient impalpable et froide. Tout est fait pour vous faire comprendre que vous n’êtes plus un simple voyageur mais un coupable potentiel. Jusque dans le choix des titres, DISinformation Desk ou Passport Control, la démarche de The Black Dog se révèle explicite. La pulsation cardiaque de Wait Behind This Line vous plonge dans une appréhension insondable.

Music For Real Airports ne se contente pas d’enchaîner des plages d’ambient purs, souvent un beat se fait entendre et l’ambient se mue en electronica comme sur le métallique Empty Seat Calculations ou en techno sur le profond Future Delay Thinking. La seule lumière perceptible survient à la fin sur Business Car Park 9, sublime electronica permettant enfin de s’échapper de cet espace schizophrène.

 

Ce Music For Real Airports est moins immédiat que l’album de Brian Eno mais il se révèle d’une profondeur nécessaire. En affirmant sa démarche contestataire avec ce brillant essai, The Black Dog confirme sa position primordiale dans le milieu électronique. Même si cet album n’appelle pas à la prise de conscience, il démontre avec finesse les dérives sécuritaires d’un monde qui n’en finit plus de se perdre. A l’écoute de cette sombre odyssée, on à l’impression d’être scruté, sondé. Nous sommes devenus coupable. Mais coupable de quoi ?

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51ovb2a09yL.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Theo Imberty 14/06/2011 22:48


Qui a osé dire que la musique n'était pas art?!
Certainement pas vous...
Further Vexations du même artiste est aussi une vrai petite bombe!
Merci pour ces excellentes analyses, toujours très passionées.


johnnyjohn 26/04/2010 13:41


le 21e siècle : siècle qui enterrera le concept de présomption d'innocence. Coupables de rien donc de tout. Coupables d'exister, d'être un danger potentiel pour la société.
J'irai jetter une oreille sur cet albmu.


Benjamin F 20/04/2010 12:10


Le concept a l'air intéressant. J'y jetterai une oreille.


Chroniques électroniques 20/04/2010 12:19



Tu peux, tu peux...


Je l'écoute énormément en ce moment. Je ne pensais pas me faire agripper autant par ce projet.


 


B2B.