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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 15:10

Sortie : 15 Octobre 2012

Label : InFiné

Genre : Electronica-IDM, techno

Note : 6/10

 

Ce n’est pas une surprise que de retrouver Rone sur un second album lumineux, tant son premier exercice, Spanish Breakfast, laissait entrevoir un univers gorgé d’une IDM rêveuse. Mais le parisien avait le bon goût, à l’époque, de parsemer son LP d’explosions technos savamment dosées et prompts à émouvoir les plus récalcitrants d’entre nous. Depuis, Erwan Castex, de son vrai nom, s’est exilé à Berlin afin de tester à sa guise ses interminables nuits. Il en est ressorti tellement lessivé qu’il a décidé de botter en touche. S’en est désormais fini de la techno, place uniquement à une IDM-électronica sur un Tohu Bohu aussi inégal et anachronique que fugacement attachant.

Le mec n’a jamais caché son amour pour le Warp des 90’s et l’ossature de Tohu Bohu s’en ressent fortement. Trop fortement ? Sans doute. Car une fois passée l’ignoble pochette à l’esthétique autant douteuse que kitsch, l’album déploie son optimisme étouffe-chrétien avec une candeur à peine dissimulée. Rone s’est fait plaisir et cela se ressent à chaque beat, chaque nappe. Le problème c’est que son Tohu Bohu sonne résolument daté et aseptisé, limite électronica à papa.

Coucou le dowtempo deep de Plaid sur un Bye Bye Macadam ascensionnel et tremblant. Coucou l’impact progressif de Bola sur un Fugu Kiss misant sur son trop plein émotionnel. Coucou encore la grandiloquence de The Flashbulb et les spectres vocaux de Boards Of Canada sur un Beast glitché et progressif. Malheureusement, Rone n’atteint jamais le niveau de ses illustres prédécesseurs et semble se contenir en permanence. C’est regrettable car Tohu Bohu est loin d’être un album raté tant il est capable de propulser l’auditeur dans des songes vaporeux le temps de quelques instants éphémères mais intenses. Pour peu que vous vous mettiez à écouter l’album au casque dans un environnement extérieur, vous serez alors pris dans un tourbillon émotionnel imparable. Alors oui, cette électronica est éculée avec ses gimmicks trop prévisibles, mais son pouvoir d’attraction sait demeurer intact.

C’est quand Rone s’émancipe d’une IDM warpienne qu’il s’en sort le mieux, notamment sur un Icare (où il est accompagné de Gaspar Claus) cinématographique, tout en puissance contenue. Malheureusement, Rone s’échappe trop peu de ses références et son unique morceau techno, Parade, bien que radieusement imparable, n’est rien d’autre qu’un calque de l’univers trancey de Gui Boratto.

Parions que Tohu Bohu rencontrera un franc succès critique auprès de journalistes facilement impressionnables et néophytes en matière d’électronica. Malheureusement Tohu Bohu n’aura nullement réussi à nous transcender. En ne nous lâchant jamais la main, Rone finit par nous balader sur un sentier trop balisé. Il faudra apprendre à se contenter de fugaces apparitions, en se limitant à quelques écoutes sporadiques de tracks pris isolements, car c’est sur le temps court que Tohu Bohu sait révéler ses attraits et uniquement là.

 

http://www.hebdoblog.com/wp-content/2012/09/rone-tohu-bohu.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Rygar 17/10/2012 23:27

Ahhhh c'est vrai que la critique est mitigée
mais quand même, j'aime beaucoup l'univers sonore de ce monsieur. Donc direction Q....z pour un download.

En passant, je profite de ce petit pavé de commentaire pour remercier Chroniqueselectroniques pour tout les artistes magnifiques; que je n'aurais jamais connu autrement, et que j'ai découvert ici
en quelques années.

Vraiment de belles découvertes grâce à vous!

Nico 17/10/2012 22:17

Oups...

Je citais en résumé : Cette année, il y a eu de nombreuses sorties du style en mieux

Nico 17/10/2012 22:16

Je cite :

Mistache 17/10/2012 21:42

Article réaliste et sans compassion comme d'habitude. C'est votre capacité à être objectifs sur la recherche musicale qui fait la force des chroniques électroniques. Étant très sensible à l'univers
de Rone j'ai beaucoup aimé l'album, mais c'est vrai qu'on a une impression de "déjà-vu en mieux" sur pas mal de tracks, mêmes si quelques unes sont franchement joussive (vous parlez de tourbillon
émotionnel, vous avez trouvé le bon terme).

Une petite chose à dire que je pense depuis beaucoup d'articles, car c'est la seul chose qui me chiffonne ici, c'est votre suffisance. Vous avouez vous-mêmes qu'une critique est toujours subjective
et qu'il ne peut en être autrement, ce qui on ne peut plus vrai, mais ayez au moins la décence de gardez vos réflexions du style "Tohu Bohu rencontrera un franc succès critique auprès de
journalistes facilement impressionnables et néophytes en matière d’électronica." vous n'êtes personne pour critiquez les gouts des gens, et si quelqu'un aime un album de musique mainstream bien con
c'est son problème. Appeler néophytes et journalistes facilement impressionnables une personne qui va adorer cet album malgré ses défauts c'est juste vous prendre tellement de haut que vous en
devenez ridicule.. Rien de méchant la dedans, mais quelqu'un a le droit de préférer le dernier album de kaklkbrenner au dernier de Lucy (même si pour vous, et moi même d'ailleurs, c'est
blasphématoire).

Nico 17/10/2012 18:35

Le live à Dour était vraiment excellent. L'un de mes moments préférés du festival.

Je suis en train d'écouter l'album, pour l'instant je suis conquis.

La chronique est sévère mais comme dis plus haut, une chronique, c'est un mec derrière son ordi qui écoute l'album. Complètement personnel.

En tout cas, je trouve que Rone est un des artistes électro en France qui nous sort pas une soupe dégueulasse à la Brodinsky et tout ces glands. Un petit gars qui fait sa sauce qu'on aime ou pas,
des mélodies qui ont de la gueule. Nan vraiment c'est ptet pas l'album de la maturité comme on aime le dire dans le monde de la chronique, mais Rone est totalement respectable.

Chroniques électroniques 17/10/2012 19:25



Certes Rone ne nous sert la soupe à Ed Banger mais de là à en faire l'étentard de la musique électronique intelligente en France, il y a un pas. Cette année, il y a bien eu une dizaine d'albums,
produit par des français, dans le même domaine que Rone (électronica/techno), plus intéressants. Mais c'est toujours l'arbre qui cache la forêt.