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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 23:47
Sortie : novembre 2009
Label : Workshop



Un soir de 1994, Autechre se produit à San Francisco. C’est dans ces conditions, sûrement très inspirantes, que Move D et Jonah Sharp se rencontrent pour la première fois. En découle quelques maxis sous le nom de Reagenz puis un premier album au titre éponyme. 13 ans plus tard, à Tokyo, le destin leur offre une nouvelle occasion : les deux se croisent à nouveau, par hasard... à un concert d’Autechre. Nouvelle rencontre, nouvel album pour l’Américain J. Sharp aka Spacetime Continuum, patron du label Reflective, et le surproductif Allemand David Moufang, ponte en matière de deep house atmosphérique et adjoint à de multiples projets (avec Benjamin Brunn, ou Deep Space Network avec Jonas Grossmann).

Une partie de Playtime a été réalisée dans le studio d’un collectionneur japonais de synthétiseurs analogiques, puis chacun des deux drilles a achevé l’enregistrement dans son fief respectif, Frisco pour l’un et Heidelberg pour l’autre. Avec un goût certain pour l’ambient et l’électronica, le duo réalise un disque de deep house élégante et agréablement progressive. Articulées autour de kicks discrets, les pistes s’aggrémentent d’une multitude de petits bruits analogiques, tandis que des nappes impénétrables s’attachent à démultiplier l’atmosphère.
Le premier titre Dinner With Q pose d'emblée le décor : un groove léger, l'incursion discrète d'une guitare acoustique sur des boucles un brin funky. Avec son pied plus incisif, DJ Friendly Rmx ouvre sur une house plus rythmée, mais toujours lascive. Le timbre de Fred P. de Black Jazz Consortium se coule avec finesse sur les boucles épurées et lunaires de Keep Building, pour un résultat prodigieusement planant. La fermeture Du Bist Hier! s'étend sur 24 min et nous plonge dans une matière plus abstraite et expérimentale où les plus infimes modulations électroniques semblent se répercuter dans un nombre infini de dimensions.

Move D et Jonah Sharp nous livrent un disque brillant, où l'épure ne rime jamais avec l'ennui. On n'a plus qu'à remercier Autechre.


                                          http://www.workshopsound.com/resize.php?file=upload/fotos/reagenz_cd_resize.jpg&width=385

par Manolito
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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 15:43
Sortie : 8 février 2010
Label : Jarring Effects


Quatre ans après son premier album Duck & Cover, la formation suisse Reverse Engineering revient pour publier un Highly Complex Machinery - chez les Français de Jarring Effects - qui s'annonce de toute beauté. Alain Decrevel et David Pieffet se partagent le boulot au laptop tandis que G-Bart triturent ses platines. Accueillant cette fois-ci des collaborateurs de renom, leur nouvel album fait déjà figure d'évènement en ce début d'année 2010.

Résolument hip-hop et électronique, la musique des trois Suisses est littéralement mutante. Évoquant des atmosphères cryogéniques et radioactives, le laboratoire sonore suisse s'est adjoint les services de Blu Rum 13 (compère de DJ Vadim sur le projet One Self), de M-Sayyid (transfuge d'Antipop Consortium), de la chanteuse Jasmine et de l'impressionnante MC croate Diyala.
Dès le Highly Complex Machinery introductif, des samples de science-fiction, des scratch froissés et des textures post-industrielles plantent un décor de veille d'apocalypse, célébrant la victoire des machines sur les pauvres humains.
Outre l'originalité certaine et l'excellence des mélodies infectées, du traitement sci-fi du beat, l'extrême qualité des différents intervenants vocaux apporte une plus-value plus que conséquente. M-Sayyid n'était pas apparu aussi en forme depuis longtemps. L'immense surprise vient de la MC croate Diyala, qui sur l'exceptionnel World in Reverse, vient lâcher un flow qui oscille entre irrésistible sensualité et rage fougueuse. Pourtant habituellement pas très friand de flow féminin, je dois bien avouer que cette charmante slave m'a réellement subjugué. Une artiste dont il faudra régulièrement surveiller la page Myspace...
Même si l'album est absolument excellent dans son ensemble, d'autres morceaux que les pré-cités se singularisent encore un peu plus par leur grande qualité. Les électrisants Socially Acceptable et Harmosaurus sont de ceux là, tout comme Six Clicks et Miracle That Glows.
L'étrange Fly (avec M-Sayyid), contient des "harmonies" qui rappellent Detroit Grand Pubahs, à la grande époque de Galactic Ass From Uranus.

D'une durée parfaite, ce superbe album prend des allures d'injection mortelle pour l'oreille trop tendre qui s'y risquerait. Les programmateurs de concerts et de festivals devraient se jeter sur l'agenda de cette formation suisse qui en live, diffuse des visuels à la hauteur de leur excellent son. Voilà en tous cas un disque qui devrait logiquement faire grand bruit. Logiquement...
     http://www.rdmshopping.com/imgsArticles/CD/234748.jpg
par Ed Loxapac
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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 12:29
Date : 1er janvier 2010
Lieu : Fabric (Londres)


Après une nuit du nouvel an blindée - toutes les places (à 40 £) étant parties en prévente selon la rumeur -, le plus célèbre club londonien prolongeait la fête
le 1er janvier avec une Wet Yourself (bien moins onéreuse) de 16h à 4h du matin, avec pour tête d'affiche Stephan Bodzin et Marc Romboy.
A 22h, le quartier de Farringdon est vide, seuls un ou deux pubs accueillent ceux que la Saint-Sylvestre n'a pas totalement abattu. De faibles lumières éclairent les rues froides. Charterhouse Street ne fait pas exception. Ce n'est qu'en approchant de Fabric que l'on aperçoit quelques personnes, les cordons à l'entrée et les videurs un peu figés. Le bâtiment de brique se dresse impressionnant dans le calme de la capitale anglaise.

L'entrée est rapide et les errements dans le labyrinthe peuvent commencer. Il faut d'abord monter pour passer aux caisses et au vestiaire, puis redescendre juste devant l'entrée pour accéder à l'intérieur de la boîte. Seul un lointain beat assourdi nous parvient alors. Les escaliers gris clair dont l'allure moderne avec leurs rampes métalliques détourne l'attention des murs sombres. Ce n'est qu'en découvrant le premier sous-sol qu'on est frappé par ces larges fondations de petites briques rouges et ces arcades cotoyant les impressionnants conduits de ventilation. Les confortables fauteuils noirs sont pour l'instant vides et les bars brillants attendent encore les clients. Le kick parvient maintenant plus nettement : une techno minimale attire les premiers visiteurs vers le balcon qui donne sur la room 1 où quelques danseurs clairsemés s'agitent paisiblement. Les éclairages sont sobres dans cet espace brumeux.
La visite continue à l'étage inférieur. A droite, de nouveau cette room 1 et son DJ à hauteur d'homme, protégé par un rectangle de briques et une grille marron qui ne s'élève pas plus haut que le visage. Au fond, un podium encore peu occupé.
http://3.bp.blogspot.com/_3Nq_j4B_I6Y/SYuKLKmtS1I/AAAAAAAAAc0/2ovlXB9Ig4U/s400/WETLOGO1_1209051627.gif
Direction la room 3 (la 2 est fermée ce soir là), de l'autre côté. Après un autre bar et un nouveau coin confort avec de longues banquettes noires et même deux larges couches pour clubbeurs épuisés, un escalier de métal permet de monter vers ce qui est pour le moment le coeur de la soirée... il faut alors jouer des coudes pour entrer dans cette double salle où une techno plus uptempo et progressive fait mouvoir les corps. Quelques montées font même hurler les plus en forme. Le DJ est là encore au plus près du public.
Si les Anglaises sont fidèles à elles-mêmes avec leur mini-jupes et des looks excentriques très années 1980, les garçons sont plus sobres avec leurs T-shirt-jean-basket. La qualité du son n'a rien d'exceptionnelle, mais toutes les pièces sont équitablement desservies. Même le passage d'un dancefloor à l'autre n'est pas l'occasion d'une vilaine bataille de beats. Des tablettes de bois viennent compléter le décor de métal et de brique.

A minuit, le club est déjà bien plus rempli et la room 1 semble satisfaire les danseurs avec une techno pure et dure qui ne laisse de respiration qu'avec un titre d'early house. Un type en chemise-cravate qui semble tout droit sorti de la City se déchaîne dans son coin. Il sera bientôt sérieusement encadré par la foule qui se presse à l'entrée... sortir un premier janvier n'a semble-t-il rebuté personne. La musique n'a rien de sensationnelle, mais contente la majorité.

Malgré sa taille et son organisation des plus soignées, le charme de Fabric a opéré. La soirée passée, sans se soucier des DJ aux platines, a répondu au cahier des charges : danser dans un cadre festif. Les grandeurs différentes des deux espaces permettent à chacun de trouver son bonheur. Pour des ambiances plus intimes, on comprend cependant que certains Anglais préfèrent d'autres adresses...
par Tahiti Raph
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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 16:03
Sortie : 5 décembre 2009
Label : Tympanik Audio

Le Néerlandais Eelco Jellema avait mis son projet Opposite Exhale en jachère jusqu'à cet été. Il a envoyé une démo qui a rapidement convaincu Tympanik Audio de sortir son premier album. Nous nous devions de jeter une oreillle attentive à cette oeuvre annoncée
comme visionnaire et mémorable par un des labels les plus crédibles au monde.

Nothing Lasts est un disque dense, âpre, complexe et sans concession.
Telle une rencontre éclairée entre les compositions classiques, le "noise" et l'électronique, cet album dépeint une oeuvre ô combien personnelle.
Le piano intervient comme un métronome fil rouge. Visiblement féru de musiques classiques et orchestrales, Opposite Exhale insère des ornements de cordes et de cuivres oniriques, au milieu de bourrasques soniques où le beat explose comme une bombe à fragmentation.
On pourrait presque parler de musique de ballet contemporain. Dotée également d'un potentiel cinématique important, cette musique parvient facilement à nous faire passer d'une émotion à une autre. Comme sur Born with Bruises et ses pleurs d'enfant inquiétants, l'épique A Subtle Truth ou The Feeling's Vile, débutant sur un lit douillet de cordes pour aboutir finalement en mélodie martiale et brumisée.
Des sensations ambivalentes aussi sur les très bons Clear Green et Deceitful Snares, ou des nappes subtilement bruitistes viennent déchirer la virtuosité instrumentale comme s'il ne s'agissait que d'un vulgaire papier journal.
Tympanik n'a une fois de plus pas menti, et cela même s'il est fort possible que cet album surprenne les habitués du label.

Avec cette première oeuvre avant-gardiste, Opposite Exhale vient de jeter un joli premier jet. Même si l'écoute de cet album peut s'avérer éreintante par tant de fausses pistes et de contre pieds, le grand écart s'avère plutôt réussi et prendra tout son sens lors d'écoutes domestiques à haut volume.

                                  http://tympanikaudio.com/wp/wp-content/plugins/wp-shopping-cart/product_images/OE-nothing_lasts-300x300.jpg
par Ed Loxapac
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31 décembre 2009 4 31 /12 /décembre /2009 15:33

2009 fut un grand cru en matières d'IDM, d'électronica, d'ambient ou d'Indus. Ce top aurait pu comporter plus de 50 albums dignes du plus grand intérêt. Il a donc été compliqué de faire une synthèse objective et impartiale. Évidemment, il y a forcément un paquet de galettes que je n'ai pas écouté (ou trop peu) qui auraient pu tenir leur place dans ce top. N'hésitez pas à lâcher vos commentaires enflammés ou condescendants...

 1 http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:sfxMwJiclh7yvM:http://img70.imageshack.us/img70/9103/arasaka.jpg Access To Arasaka - Oppidan (Tympanik Audio) chronique ici

 2 http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:CYq4ab-dZx1oYM:http://www.psymbolic.com/shop/music/covers/leylines.jpg Aes Dana - Leylines (Ultimae) chronique ici

 3 Defrag - Lament Element (Hymen Records) chronique ici

 4 L'Ombre - Letting Go At The Steering Wheel (Ant-Zen) chronique ici

 5 Detritus - Things Gone Wrong (Ad Noiseam) chronique ici

6 http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:OghDtgmIQYkwvM:http://a1.phobos.apple.com/us/r1000/020/Music/8b/74/06/mzi.nennbtxb.170x170-75.jpg Ametsub - The Nothings Of The North (Progressive Form) chronique ici

7 Raoul Sinier - Tremens Industry (Ad Noiseam) chronique ici

8 http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:jzmP7cm-oFtoMM:http://www.spatze.com/graphics/ochre_like.jpg Ochre - Like Dust Of Balance (Benbecula) chronique ici

9 Stendeck - Somnambula (Tympanik Audio) chronique ici

10 http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:kbvTb9DwJ-y0yM:http://i132.photobucket.com/albums/q4/melorman/SIC024.jpg Melorman - Out In A Field (Symbolic Interaction) chronique ici

11 Tapage - Fallen Clouds (Tympanik Audio) chronique ici

12 Pleq - The Metamorphosis (U-Cover) chronique ici

13http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:bh9Gu6LTw8xIuM:http://www.dmute.net/musique/pochette200/23434.gif Cheju - Broken Waves (Boltfish) chronique ici

14 Pleq - The Fallen Love (Vu-Us) chronique ici

15http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:kkdL2Ixp-Qut_M:http://beautifulnoise.files.wordpress.com/2009/05/r-1769821-1242233438.jpeg Jon Hopkins - Insides (Domino Records) chronique ici

16 Infinite Scale - Ad Infinitum (Rednetic) chronique ici

17 Imminent - Cask Strength (Ant-Zen) chronique ici

18 Yvat - Kunzite (Boltfish) chronique ici

19 Millipede - All My Best Intentions (Hymen) chronique ici

20 Ahnst Anders - Many Ways (Ant-Zen) chronique ici

 
Retrouvez les tops 2009 de B2B et Tahiti Raph sur leurs pages respectives.

 

par Ed Loxapac
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 15:10
Sortie : novembre 2009
Label : IHipHop


Histoire de finir les rattrapages 2009 en beauté, il est temps d'écouter le deuxième volet de la série Wu-Tang Meets The Indie Culture. Le crew de Staten Island n'y rencontre pas les stars du Punjab, mais celles de la musique indépendante. Après un premier volume explosif en 2005 où les hommes du Wu croisaient les rimes avec une brochette de rappeurs américains dont Del The Funky Homosapien, Aesop Rock, Tragedy Khadafi ou MF Doom, la bande de RZA part cette fois-ci à l'assaut de l'Angleterre. Non pour y trouver des rimes, mais des beats électroniques ! La 36e chambre de Shoalin ne consistait-elle pas justement à porter la bonne parole (et les bonnes techniques de combat) au delà des limites du temple ? Les rappeurs entrent cette fois dans le dubstep...

La première déception à l'écoute de ce disque est de constater que les titres sont en fait des remixs de précédentes livraisons et pas des originaux. On retrouve donc les lyrics issus de différents albums de membres du Wu Tang, dont Polluted Water de Icewater - le groupe de Raekwon -, Wisemen Approaching de Wisemen - le groupe de l'excellent Bronze Nazareth - ou le récent Protools de GZA, ainsi que du premier volume de la série.
Les 19 titres passés à la moulinette anglaise prennent des directions assez différentes. Une partie des producteurs a choisi de rester dans le dubstep pur et dur comme Parson sur Now or Never où la voix de Son One ne fait que de brèves apparitions. La difficulté consistant alors a adapter les beats aux flow des MC. Jay Da Flex et Yoof laissent par exemple totalement libre court à leur créativité pour accompagner Lord Jamar et RZA sur Deep Space. Les amateurs de grosse basse s'y retrouveront aussi sur le très dense Iconoclasts revu par Syndaesia et Aks et avec Let's Get It de Evol Intent.
D'autres sortent des instrus dans un esprit plus rap, même si les sons restent hautement électronique. Un choix fait par Datsik et Excision qui habillent sobrement le Biochemical Equation de MF Doom.
En revanche, Scuba Scythe s'éloigne franchement du dubstep sur sa relecture de Street Corners qui est complètement rap avec son sample de guitare. C'est Chimpo qui réussit le mieux dans le genre avec son remix de Cinema de GZA.

Malgré ces divergences, ce double album garde une certaine homogénéité dans ses productions, bien que la qualité ne soit pas toujours au rendez-vous. Certains morceaux semblent un peu facile et la structure rap fait parfois oublier aux remixeurs de construire des structures évolutives. Vous pouvez ainsi éviter la version poussive de Do It Big par Baobinga et I'D ou le Lyrical Swords de Pawn, malgré une dernière partie plus prenante.
Dans un autre genre, Stenchman prend un peu trop de liberté sur Handle The Heights pour un résultat également assez moyen.

L'exercice est toutefois plutôt réussi dans l'ensemble et le mélange des genres fonctionne bien sur ce disque original et varié. Avis aux curieux.
http://9.media.tumblr.com/tumblr_kud001ro2e1qz5euzo1_500.jpg
par Tahiti Raph
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 13:01
Sortie : 8 décembre 2009
Label : Ultimae

Le label lyonnais Ultimae a cette année encore démontré sa brillante incapacité à sortir de mauvais disques. Après avoir lâché un Out of Breath de toute beauté sur la récente compilation Imaginary Friends (chroniqué ici), le Parisien Alexandre Scheffer, ou Cell, publie enfin son nouvel album Hanging Masses. Fils de musiciens, il démontre un intérêt certain pour le piano et les claviers dès son plus jeune âge. Ses influences, allant de Peter Gabriel à Tangerine Dream, de LFO à Kraftwerk, lui permettent d'un peu plus affiner ses envies. Outre ses apparitions sur Ultimae, il a réalisé un autre album, deux lives et compose également des bandes originales.

Hanging Masses est un véritable hymne à la haute définition. Celui qui l'écoute se doit de posséder un matériel digne de ce nom pour en saisir toute sa splendide substance.
Votre vieux discman ou l'auto-radio de votre Fuego n'apparaissent pas comme les plus adaptés.
Cette electronica ambient est subtilement progressive et littéralement stratosphérique.
Résolument downtempo, cette musique envoie des messages satellitaires à des cieux réceptifs. L'ouverture sur Calling, semble évoquer le départ d'une odyssée vers des galaxies inconnues et rassurantes. Switch Off est co-signé par Aes Dana, chaleureuse tête pensante du label. Les volutes diffusées par ce morceau pourrait rappeler à n'importe quel amnésique ses propres errements foetales dans un liquide amniotique réconfortant.
On ne détaillera pas toutes les émotions constatées pour conserver un minimum de surprise à celui qui voudra acquérir ce magnifique objet.
Le diptyque Second Shape, Hanging Masses, mais surtout les superbes Vapor et Risky Nap Under Blue Tree, réservent eux ausssi leur lot de délectables frissons.
Comme souvent chez Ultimae, on navigue entre conscience et coma chamanique, prêt à hiberner une éternité auprès de tant de textures enveloppantes.

Cet album témoigne une fois de plus que les claviers et les machines repoussent toujours un peu plus les limites de la composition musicale. Ce disque est accompagné d'un splendide artwork signé par Sub88. Ceci devrait un peu plus affirmer votre volonté d'obtenir cet album dans sa version physique. Quant à moi, il ne me reste plus qu'à me replonger en hibernation et ré-appuyer sur play, en attendant la prochaine sortie du label.

                               http://3.bp.blogspot.com/_JkhjwI7_bKs/SxGDq4IwekI/AAAAAAAAA3M/HuqYlH4J830/s320/cell-hanging-masses.jpg
par Ed Loxapac
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 12:48

Sortie : 21 décembre 2009

Label : Supplement Facts

Genre : House

Note : 7/10

 

Continuons sur la lancée tech-house aux sonorités world. Après Marshall et son rugueux LP la semaine dernière (ici), voici le nouvel album de l’Israëlien Guy Gerber. Tout spécialiste de tech-house se doit de connaître le bonhomme et ses sets hypnotiques. Guy Gerber trace sa route depuis quelques années déjà. Son premier maxi, Stoppage Times, explose aux oreilles des clubbers d’Ibiza en 2004. Cocoon le remarque rapidement et Sven Väth le signe pour un premier album en 2007. Mais ce sont principalement ses maxis, sortant aussi sur Cadenza ou Bedrock Records, qui vont propulser Guy Gerber sur le devant de la scène. Il monte finalement son propre label, Supplement Facts, et c’est sur ce dernier que l’on retrouve son nouvel exercice : My Invisible Romance.

 

A mi-chemin des productions de chez Cocoon et Cadenza, My Invisible Romance est un impeccable album de before. Chaque piste s’installe dans la durée pour mieux capter l’attention de l’auditeur et l’emporter lentement dans une danse lascive. Les néophytes seront sans doute rebutés par l’aspect répétitif de l’ensemble mais Guy Gerber ne descend pas de l’école minimale pour rien. Ici, tout se joue sur l’impact lancinant des boucles répétitives. Chaque titre impose sa structure circulaire, sa bassline profonde avant de claquer des petits sons sachant parler directement aux connexions neuronales.

On retrouve de nombreuses sonorités africaines discrètement agencées ainsi que pléthore de voix fantomatiques donnant un aspect cotonneux à l’ensemble. Livia Bang The Drums est un parfait exemple de tech-house minimale racée pendant que Jango Records se fait plus ensoleillé avec ses notes de guitares évanescentes. Guy Gerber offre même un petit coup de pression salvateur sur la fin avec The Hollywood In You, morceau progressif plus musclé.

 

My Invisible Romance est une délicieuse galette de tech-house pour puriste. Guy Gerber démontrant une fois de plus son talent en gorgeant son album de soleil pour en sortir un groove réconfortant.

http://www.wordandsound.de/media/pic/62429.jpg

par B2B

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 16:37
Sortie : septembre 2009
Label : Discograph


Après de nombreuses performances scéniques et un premier album en 1999, Iswhat?! s'est fait remarquer en 2003 avec l'excellent You Figure It Out. Un troisième disque plus tard, l'effectif du groupe de Cincinnati a encore changé
(Brent Olds arrivé à la basse) autour du rappeur Napoleon Maddox et du saxophoniste Jack Walker qui multiplient les collaborations, notamment avec le saxophoniste Archie Shepp. S'il est principalement question de rap dans leur musique, les instrumentaux laissent toute place à un jazz décomplexé.

Iswhat?! n'a pas changé de style pour ce Big Appetite salué par la critique... à juste titre. Entouré de quelques bons amis musiciens et MC, le duo confirme le bien que l'on pensait d'eux avec un album guidé par la voix de Maddox et le sax de Walker. Les deux Américains ont la bonne idée de varier les ambiances pour ne pas s'enfermer dans un son intello intéressant mais qui peut lasser sur la longueur. Ils haussent donc par exemple le tempo sur Hungry, avec un riff accrocheur et un final fulgurant. Cincitite propose en revanche une structure et une rythmique plus complexe. L'équilibre est opéré avec Cats et son jazz-funk festif.
Rien ne les empêche non plus de délaisser leur univers jazz le temps de Cake et sa production sombre, voire d'être plus expérimentaux comme sur Cafetaria. Une évolution tout à fait bienvenue.

L'autre empreinte du groupe est la respiration laissée à leur musique. Les plages instrumentales sont plus courtes que par le passé, mais quelques interludes ou des espaces au sein des morceaux permettent de laisser libre le flow du saxophone.

Les noms des morceaux tournent tous autour de la bouffe, reste à espérer que vous ne finirez pas comme l'album par Cramps et Trouble. Une fin tragique pour un album qui mérite mieux.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/0/4/0/3700426910040.jpg
par Tahiti Raph
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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 16:38
Sortie : octobre 2009
Label : Yotanka


Après une heure de certaine gloire, Zenzile est repassé peu à peu à plus de discrétion, notamment, pensais-je, en laissant passer cinq ans entre leur dernier album, Modus Vivendi et ce nouveau disque. Erreur, ai-je pu constater, en découvrant l'existence d'un Living In Monochrome daté de 2007. Ceci n'infirmant pas, au contraire presque, l'idée que le groupe originaire d'Angers était passé de la lumière à l'ombre. Et de mieux comprendre pourquoi la sortie de Pawn Shop est passée relativement inaperçue... cette chronique arrive presque trois mois après sa sortie.

Le groupe semble tout d'abord prendre ses distances face au dub, une évolution qui semble de plus en plus naturelle vu le chemin emprunté par la plupart des groupes français qui se sont fait connaître dans ce domaine avant d'évoluer vers plus d'électro (High Tone) ou vers le rock (Ez3kiel). Zenzile a choisi le second chemin, depuis Living In Monochrome semblerait-il. Il y a donc pas mal de chant et surtout de guitare dans cette nouvelle livraison. Il s'agit parfois de morceaux pop-rock manquant de relief (The Crooked Man), parfois de post-rock (Motorbremsen pour un des meilleurs passage du disque) voire de pop légère avec Mind Over Matter.

Mais qu'entend-on sur ce dernier titre ?? des échos sur la guitare ! Ils annoncent, même s'il y avait déjà eu de nombreux signes avant, le plongeon vers le dub opéré par White Spirit dans un esprit bien connu des angevins. Une basse lourde, des effets à foison et un mélodica - cher à Augustus Pablo - qui flâne au gré d'un tempo ralenti. Le titre suivant sera dans la même veine avec un petit bonus chanté. La guitare électrique se libère de temps en temps du skank sec pour laisser crier la disto.
Une longue et sombre ballade clot le disque, démontrant d'autres qualités intéressantes à exploiter.

Un disque à deux facettes donc. La première n'apportant pas grand chose au genre et la seconde, plus réussie, dans laquelle le groupe est plus à l'aise tout en s'y étant déjà largement illustré. Le retour à la lumière ne semble pas prévu.
http://c4.ac-images.myspacecdn.com/images02/69/l_fdce87834c854cb88fe25fca906c6a2f.jpg
par Tahiti Raph
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