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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 11:05

Lieu : Bataclan (Paris)

Date : 18 octobre 2010

 

Pour assister au nouveau live de Trentemoller, c’est tout un Paris branchouille et plutôt trentenaire qui s’agglutine devant le Bataclan. Avec son dernier album, Into The Great Wide Yonder (chroniqué ici), le Danois avait surpris ses fans en empruntant de sombres voies rock, et le rendu de ce bijou en concert promettait d’être ébouriffant.

 

On pénètre dans la salle, que l’on devine bientôt retournée, alors que des drones et des volutes acres émanent de la scène. Il s’agit de la première partie du groupe danois Chimes & Bells, réduit ici à un couple, qui livre une sorte de blues glacial, piqué de cold-wave et d’ambient. La voix impressionnante de Caecilie Trier et le mysticisme opiacé qui se dégage des percussions et des lentes mélodies vous noient instantanément dans une brume crépusculaire. Voilà un groupe qui n’aurait pas fait tâche au sein de la compilation Harbour Boat Trips de Trentemoller. Après un final des plus noisy, sur fond de crissements industriels, l’excellent duo se retire, tandis que l’attente commence à se faire sentir.

 

                          New-Picture2.jpg

Lorsque la lumière s’éteint, c’est pour voir s’élever de curieux murs de rubans, entourant la scène à la manière d’une cage de chatterton. Une mise en scène sacrément organique qui tranche avec les visuels numériques qui peuplent habituellement les concerts électro. Acclamé comme un pape, le dandy frangé se montre enfin, et démarre sur des chapeaux de roue par un The Mash And The Fury incandescent. La suite développera des aspects rock, progressif et haletant, des phases brutes de techno racée, et des influences d’électronica et de cold-wave. Au guitariste et au prodigieux batteur initiaux, viennent s’ajouter trois sublimes brunes, une bassiste et les chanteuses Mary Fisker et Josephine Philip. La soudure qui semble émaner du groupe, l’humilité de Trentemoller parmi ses musiciens, et leur plaisir visible d’être là, contribuera beaucoup à transcender le concert. Le public, quant à lui, est dès les premières minutes tout acquis à leur noble cause. Sur le surexcité Silver Surfer Ghost Rider Go !!!, l’auditoire claquera des mains à s’en faire rougir les paumes.

                             gf.jpg

Durant deux heures, l’atmosphère survoltée ne faiblira pas. La dimension noise de Into The Great Wide Yonder prend ici toute sa consistance. Les textures sont écorchées, les crissements de guitare pleuvent, les montées mélodiques tournoient, vous pénétrant par tous les pores, et la vivacité de la batterie tambourine au sein même de la cage thoracique. Chaque titre provoquant une tension violemment réjouissante, je me surpris à lâcher un long soupir à la fin de presque chaque morceau, et il me sembla afficher un visage crispé durant l’intégralité de la prestation. La puissance retenue et la fabuleuse intensité dégagée par les versions live des morceaux du sorcier danois enveloppent la foule dans une euphorie exaltée, teintée d'une certaine noirceur et d’un romantisme fougueux. Quant aux prestations des deux chanteuses, toutes de paillettes et de cuir blanc vêtues, elles apportent leur quotient de sensualité et d’émotion, essentiels aux très beaux Sycamore Feeling et Even Though You’re With Another Girl. Après un rappel prévisible mais apocalyptique sur Moan, Anders et sa troupe saluent bien bas et disparaissent. Bien trop tôt.

 

Même si le constat paraissait prévisible, comment ne pas sortir scié d’un tel live ? Les jambes et le dos fourbus, le boulevard Voltaire semble un trop brusque retour à la réalité. Trentemoller ne manque pas à sa réputation de génie des machines comme de l’instrumentation, et ses représentations sont de celles à valoir d’être vécues.

 

par Manolito

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 08:24

Sortie : septembre 2010

Label : Gold Dust

Genre : Rap

Note : 6

 

Paris le sait depuis quelques mois et un concert jugé décevant, MF Doom sort parfois de son mystérieux studio pour se produire sur scène, toujours caché derrière son masque. Légende du rap indépendant américain, le MC et producteur a multiplié les projets les plus fous et continué sa carrière sous le nom de Doom, avec notamment le long format Born Like This l'an passé (chroniqué ici). Pour ce nouvel album en concert, il reprend ses initiales MF et pousse à se poser la question : n'est-ce pas un peu commercial de sortir un live en même temps qu'une nouvelle tournée ?

 

Les fans seront vite rassurés, des intros et des interludes conceptuels, un mixage assez particulier et une énergie débordante... ce disque reste à l'image du rappeur, de la matière brute et riche. Découpé en deux actes et un entracte, Expektoration respecte l'esprit underground et conceptuel de son auteur. Accompagné d'un Big Benn Klingon aux interventions limitées à quelques backs, MF Doom débite ses rimes sans repos tandis que les beats s'enchaînent sans vraiment laisser le temps au public de New York de souffler. D'autant que les morceaux qui défilent sont presque tous des classiques du rappeur évitant ainsi tout relâchement. Si la première partie est assez funky et entraînante, le son et le ton se font plus obscurs et rudes dans l'acte 2.

La technique de l'Américain au micro est impressionnante et son flow hypnotisant. Le choix de mixage, la voix très en avant, permet de bien saisir les paroles et de retranscrire une ambiance de concert dans laquelle la balance voix/instru peut paraître déséquilibrée. La foule semble captivée par l'impressionnant MC au masque, même si elle profite des quelques invectives et des rares pauses musicales pour s'exprimer. Il y a en effet peu d'espaces de respiration tant le spectacle est dense ! L'ambiance guerrière du rappel maintien la pression jusqu'au bout.

 

MF Doom avait-il une revanche à prendre ? Quelque chose à prouver ? Malgré une certaine concision, ce disque vient démontrer que le rappeur est aussi fort sur scène qu'inventif en studio.

 

http://www.golddust-media.com/files/imagecache/610blog/files/blog/DOOM_Expektoration_small.jpg

par Tahiti Raph

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 20:17

Sortie : septembre 2010

Label : n5md

Genre : IDM

Note : 7/10

 

Lorsque l'on cite le nom de Mike Cadoo, on pense immédiatement à ses légendaires et intemporels travaux au sein du duo Gridlock, en compagnie de Mike Wells. Ceux qui se sont plongés dans le meilleur de l'IDM mêlée d'Indus de la fin des 90's à la moitié des 2000's, savent que la trace que le duo a laissé demeurera à jamais indélébile. Les albums Further, Formless, Trace et The Synthetic Form se doivent de figurer dans la discothèque de ceux qui aujourd'hui, encensent Tapage, Hecq ou Access To Arasaka. Seulement voilà, le duo s'est mis en sommeil en 2005. Cadoo se consacre à ses projets Bitcrush (dont un album de remix est chroniqué ici) et  Dryft, dont on était orphelin de nouvelles depuis 2000. Signalons tout de même que même si Wells ne compose que très peu depuis la mise en sommeil de Gridlock, il est celui qui fut responsable du mastering du magistral The Sound Of Love Impermanent de Ginormous (ici). Ventricle déboule donc comme le messie pour tous les fans de Gridlock qui apprécient également Bitcrush mais qui regrette l'absence totale de violences industrielles dans ce projet. Après avoir sorti le superbe dernier album de Proem (ici), le label américain n5md tente de relever ce périlleux défi.

 

Inutile de regarder vers le passé, aussi somptueux soit-il. Ventricle est à evisager comme une oeuvre massive, où les nappes chatoyantes et épiques de synthétiseurs entrent en collision avec des beats écorchés au scalpel. On rentre alors dans une expérience spatiale, à la poursuite de comètes enflammées qui cherchent une planète gazeuse et accueillante pour se crasher. Les sublimes Vapours and Waste et Transmission illustrent à merveille cette théorie du cataclysme romantique. Sur le dernier cité, le néolithe en fusion semble en proie à une lutte interne, refusant de s'étioler et de redevenir poussière. Il a le courage du spermatozoïde potentiellement vainqueur, uniquement concentré vers sa cible et la réussite de sa mission. L'image de l'astéroïde comparé au têtard de la vie et d'une planète comparée à un ovule est d'ailleurs des plus évocatrices, mettant en parallèles pas si éloignés, la destruction et la création.

Loin de ces théories plus que subjectives et un rien psychotiques, on saluera le travail de batterie sur le très bon ...And Again. Ce qui confirme que la deuxième partie de l'opus souffre beaucoup moins de ce petit côté surchargé qu'on rencontrait sur Recalcify ou No Bargains, No Pleas. Léger accroc, qui n'enlèvera rien aux superbes Marked Velotin et Knives As Gifts, où l'aigri nostalgique que je suis ne peut que se remémorer... Gridlock.

 

Ventricle est à n'en pas douter un très beau disque, mais il est pourtant impératif de le dissocier de ses illustres contemporains. Les synthétiseurs prennent le pas sur le beat et la rythmique cérébrale, mais le résultat est bien plus qu'honorable. Nostalgie malgré tout, quand tu me tiens entre tes mains...

 

http://n5md.com/releases/181.jpg

par Ed Loxapac

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 10:48

Sortie : 25 octobre 2010

Label : Ostgut Ton

Genre : Techno organique

Note : 8,5/10

 

Au risque de se répéter, Ostgut Ton est le label techno de 2010. Après l’album anxiogène de Marcel Dettmann (ici), les mixs poisseux de Ben Klock (ici) et Scuba (ici), le label a décidé d’enfoncer définitivement la concurrence cette année avec Fünf, compil’ labyrinthique qui va faire bien plus qu’hanter vos nuits.

Pour les non-initiés, Ostgut Ton est le label maison du Berghain, LE club berlinois qui fait figure de référence mondiale. Le Berghain c’est d’abord un lieu, une usine, plantée dans un terrain vague inhospitalier. Lorsque le weekend arrive, les milliers de clubbers déboulent en espérant passer le cap du videur tatoué jusqu’à la gueule. Une fois rentré, inutile de se presser, vous avez 24h devant vous pour crever d'épuisement. Libre à vous de stopper le temps pour vivre pleinement l’épreuve. Les corps se mélangent, les normes s’effacent, les règles s’estompent et vous vous retrouvez au cœur d’une expérience dépassant le cadre de la musique.

Pour montrer l’attachement au lieu, le producteur Emika a enregistré les sons de l’usine à froid, lorsque la foule est partie se consumer au bord de la Spree. Une usine ça respire, ça reprend son souffle, ça comble les espaces. Cette énorme bibliothèque sonore a été jetée en pâture aux ouvriers du club, à ceux qui font le Berghain. Ostgut Ton voit les choses en grand et n’a pu se limiter à un seul disque, c’est donc deux galettes pour 24 titres qui déboulent dans nos conduits auditifs.

 

Le résultat est à l’image du Berghain : nihiliste. Si Ostgut Ton est en train de redéfinir les contours de la techno c’est par le biais d’un son échappant aux carcans. En se recentrant sur la basse, la techno du Berghain devient épurée pour finalement se transformer en diamant noir. Il y a du vice dans chaque beat, de la sueur derrière chaque son. En y ajoutant une forte touche d’indus, Fünf dépasse les frontières de la techno pour aboutir à un monstre. Le refus de la mélodie, l’absence de montées rend cette musique viscérale. La lumière ne peut venir que des machines. Vous pénétrez dans le domaine de la techno organique.

Sans être hermétique, Fünf reste une compil’ autiste, un voyage réclamant une énorme implication personnelle. On ne sort pas indemne de ces 160 minutes flirtant avec le totalitarisme. Le beat est souvent froid et percussif et ne s’accompagne que de quelques sons épars, comme avec Prosumer. Ryan Elliott préfère se concentrer sur une basse surhumaine, Nick Höppner sur un dubstep migrant vers une house frontale pendant que Fiedel lorgne du côté d'Einstürzende Neubeuten avec sa techno vous collant un marteau-piqueur dans le crâne.

Les tauliers du club, quant à eux, s'amusent avec ce joujou sonore. Marcel Dettmann est fidèle à lui-même avec la techno rampante de Scourer, Ben Klock nous l'a joue 100% indus avec un Bear anxiogène, Luke Slater bastonne les derniers clubbers sur un Boom Tang Shwuck imparable et Shed avec Boom Boom n'oublie jamais de regarder du côté de Detroit. Mais c'est Len Faki qui arrive à stopper ce bulldozer grâce à un Kraft Und Licht impressionnant de frustration canalisée, une montée sans fin qui n'arrivera jamais à percer la lumière du jour.

 

Fünf est un monstre hybride, une compil' explosant les poncifs du genre. Le Berghain et ses héros nocturnes l'ont bien compris, dans un club, on se retrouve indubitablement seul. Fünf n'est rien d'autre qu'un combat contre soi. C'est une base sombre, à vous d'en faire surgir les émotions qui se planquent derrière chaque recoin. Le voyage sera long mais au bout du tunnel, soyez en sûr, la lumière percera aussi vos tympans.

 

numerisation0002.jpg

par B2B

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 17:35

Sortie : 4 octobre 2010

Label : Traum Schallplatten

Genre : Techno aérienne

Note : 7/10

 

Fairmont, de son vrain nom Jacob Fairley, avait livré un excellent album de techno aérienne en 2007 avec Coloured In Memory. A l'époque, sa signature sur Border Community était des plus judicieuse. En effet, difficile de ne pas relier le son de Fairmont à la nébuleuse gravitant autour de James Holden : même souci de faire monter la pression et même idée d'une techno trancey (mais ne s'enfermant jamais dans la triste case réductrice du kitsch mouvement trance). Mais Fairmont doit surtout son envol à Traum Schallplatten, maison accueillant entre autres les travaux de Minilogue ou Extrawelt.

 

3 Cities est la nouvelle odyssée proposée par Fairmont. 4 titres dont l'unique but est de vous envoyer dans l'espace. La recette de Fairmont a beau être éculée, ça marche à tous les coups et les frissons sont garantis. Tout est question de montée stratosphérique sur fond d'électro-trancey finement ciselée. Le morceau éponyme vous amène ainsi haut, très haut, pour qu'implacablement vous finissiez les bras levés comme un couillon. C'est l'exemple type de techno orgasmique qu'on crève d'envie d'écouter en festival à 6h du mat'. Le remix de velours proposé par Ricardo Tobar supprime cette obsession de la montée pour figer le morceau dans un dimanche matin ensoleillé.

Fairmont ne se limite pas à un beat répétitif pour danseur extasié, il sait calmer ses ardeurs sur un très beau Supercluster, downtempo dont le cut massif garde tout de même cet esprit ascensionnelle. Son They Live In The Moon se fait plus deep, plus introspectif pour un résultat en demi-teinte. C'est surtout le remix de Max Cooper qui mérite le titre de remix le plus prenant de l'EP. En 8 minutes imparable, Max Cooper démontre qu'il a parfaitement intégré le cahier des charges de Fairmont. A ce niveau, on ne parle plus de montée mais carrément de décollage. A la fin, il ne reste plus qu'à ramasser ses neurones avec une petite cuillère.

 

Ce 3 Cities permet de retrouver avec un plaisir non dissimulé le Fairmont de Coloured In Memory. Même si on est nullement surpris, on reste une fois de plus scotché par autant de puissance retenue. La techno de Fairmont est un puissant sécréteur de sérotonine.

 

par B2B

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 16:46

Sortie : août 2010

Label : Mush records

Genre : Electronica

Note : 6

 

Partageant sa vie entre Bruxelles et les Pays-Bas, Loden n'a semble-t-il pas beaucoup de temps à consacrer à la musique au vu de sa discographie... un premier EP attirant la curiosité, All That’s Left Is Right, et quelques autres en 2003, un premier album, Valeen Hope, en 2007, et enfin Buggy en août dernier. Considéré par Mush records comme un de ses producteurs les plus prometteurs, le garçon aura en tous cas pris son temps pour tenter d'être à la hauteur des attentes.

 

Ce nouveau long format déborde intelligemment de l'électronica pour offrir une ambiance posée qui lorgne avec les minutes de plus en plus vers l'abstract hip-hop. Il débute toutefois sur des rythmiques et un ton emballant par lequel les artistes propres à ce style cachent parfois leur timidité. Avec Rubber Floors Give More Bounce ou Horderloop, il lâche ses sonorités synthétiques pour créer un groove artificiel entraînant dont les évolutions creusent un sillon plus complexe que ne l'avait laissées paraître les premières impressions. Avec ses batteries qui claquent et ses lignes de claviers communicatives, Loden se fait séduisant. Et quand sur Mick's Kills ou Waking Up Radio Problems, il complique encore un peu plus ses constructions pour remuer l'auditeur, nous accrochons encore un peu plus. Débutant dans une électronica un peu convenue, Unpaid Waver part ensuite dans un délire énergique et exaltant.

Il y a toutefois quelques temps plus faibles comme ce Fantast un peu mou. Mais c'est surtout le passage électro-pop, heureusement seulement deux plages, qui fait perdre le fil. Pas étonnant de découvrir Air parmi les influences de Loden à l'écoute de Hot, dont l'esprit rappelle facilement quelques tubes des Versaillais comme Sexy Boy. Nous préférons tout de même quand il la joue instrumental : tendance 8-bit amusé sur Alice Go Go, ou avec une touche rap vrillé sur Friek. Sur ce dernier morceau comme sur Yags, il découpe un sample de voix vocodorisé pour animer ses mélodies toujours aussi numériques, avant de finir dans une veine de plus en plus abstract hip-hop dépouillé.

 

Album sympathique et bien foutu malgré quelques points faibles, Buggy s'écoute agréablement, confirmant que Loden est un producteur de qualité même si Mush doit peut-être placer ses espoirs dans quelqu'un de plus constant...

 

http://bandcamp.com/files/11/56/1156883416-1.jpg

par Tahiti Raph

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 16:05

Sortie : 27 septembre 2010

Label : Tectonic

Genre : Dubstep

Note : 7,5/10

 

On ne peut décemment pas dire que cette rentrée croulait sous les bons albums de dubstep. Doté d’un nom de flibustier fictif, un certain producteur venu de Leeds rééquilibre quelque peu la balance. Depuis 2007, Jack Sparrow a pondu quelques maxis et squatté les podcasts de Resident Advisor et autres Fact Magazine. Puis le temps du premier album est arrivé, et a abouti à Circadian.

 

Sparrow a de grandement appréciable qu’il ne donne pas dans le compromis. Circadian ne s’embarrasse pas de matériaux composites et ne ment pas sur ses origines. On aura droit à du dubstep, du pur, du dur. « Circadien » désigne un cycle biologique de 24 heures, et cette notion de boucle répétitive, d’alternance et de début et de fin sied précisément à la dynamique de ce disque. A l’image de son artwork, sombre et organique, les milieux dépeints se montrent froidement déshumanisés. La pulsation monte du sous-sol, que l’on devine glauque et dénudé, et défie les murs de pierre à coup de vibrations animales. Sparrow semble par ailleurs vouer une certaine affection aux rythmiques tribales. Alors que s’étalent lascivement des nappes et bourdonnements palpables, l’Anglais lâche des roulements de percussions fébriles, qui décrivent des spirales entêtantes, et qui évoqueraient presque de louches et urbains rituels chamaniques.

Mais l’intérêt réside particulièrement dans la progression étudiée et vicieuse de l’ensemble de l’album. La première moitié opte pour un versant syncopé, aux cadences soutenues et doté d’incursions de binaire. On pense souvent au très bon Unbalance de 2562, et à son métissage entre techno et dubstep obscur. Inutile de dire que les rythmes mystiques s’en donnent ici à cœur joie. Mais à partir de Shoal, le dark trip prend une autre tournure, bien plus sérieuse. Le tempo s’amollit, les beats gutturaux s’enfoncent dans des sables mouvants, et les brumes mélodiques vous intoxiquent insidieusement. Le dub tapi et vrombissant du couple Relapse/Regress frise l’excellence, tandis que l’atmosphérique, troublant et sublime Exit clôt le cycle sur une note d’ambient.

 

L’album de dubstep est un exercice plus que casse-gueule. En en soignant la structure et l’évolution, Jack Sparrow s’en tire brillamment. Pas forcément très accessible, Circadian s’apprivoise avec les écoutes, et séduit par sa dimension moite, dark et intimement caverneuse. Fermement suggéré. 

 

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par Manolito

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 19:02

Sortie : juillet 2010

Label : autoproduit

Genre : Rap instrumental

Note : 6

 

Trois albums de dix titres balancés gratuitement sur Internet (ici) en un an et une science habile du maniement du sampleur. Le Floridien Jason Alexander Flores, qui se cache selon sa page Myspace sous le nom de Beatcasso, a de quoi attirer les curiosités avec des morceaux qui, faute d'être révolutionnaires, démontrent un goût pour le bon travail d'artisan. Waiter Music prolonge son délire autour des serveurs de restaurants dans un style rap instrumental confortable.

 

Le délire fait presque penser à Dan The Automator. Des productions hip-hop entrecoupées d'extraits de films, des samples bien choisis et travaillés, des relents de bidouilles, quelques cuts dynamiques et surtout un concept bizarre autour des serveurs... Beatcasso entre dans son trip à fond. Il pose une ambiance cinématographique avec des dialogues en guise d'interludes et quelques passages que l'on verrait bien collés à un bout de pellicule. Avec Rules Of Etiquette, une voix de femme vient se poser sur le beat pour rappeler les règles de la table... une dérision qui ne cherche pas à masquer une quelconque faiblesse musicale, puisque les ambiances sont variées et parfois même entraînantes. Sur A Glance, les cloches mènent la danse alors que le son de grosse caisse martèle sévère en arrière plan.

Tournant généralement autour d'un échantillon et d'une rythmique, les titres ne sont toutefois pas lassant et aiment à durer avec des évolutions en finesse. L'Américain n'hésite pas à bousculer ses instrus les plus modérés par quelques breaks bien sentis. Les violons et le piano de Brunchtime Spill sont ainsi maltraités par de rapides manipulations du sampleur. Le mix d'influences cinématographiques et de maniement des boucles atteint son apogée sur I'm A Waitress, dont la mélodie sérieusement malmenée rappelle le romantisme de la Nouvelle vague. Sans génie non plus et avec tout de même quelques longueurs, Waiter Music arive à nous tenir en haleine par sa diversité et la créativité de son auteur. Le plus méditatif Empty Bus Rides offre par exemple une ouverture apaisante à l'atmosphère volontairement bancale du reste du disque.

 

Même si Beatcasso ne se démarque pas des classiques du genre, ses morceaux sont donc bienvenus dans nos enceintes car ils ne sont pas des milliers d'artistes à officier dans le style. Le plat n'est pas parfait, mais nous nous sentons bien dans ce restaurant aux airs familiers.

 

http://bandcamp.com/files/35/15/3515947580-1.jpg

par Tahiti Raph

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 20:38

Sortie : septembre 2010

Label : Error Broadcast

Genre : Rap instrumental électronique

Note : 6

 

Error Broadcast, le netlabel qui a tout compris à la voie ouverte par Flying Lotus et la scène glitch-hop californienne, s'est associé avec le blog russe Gimme5 pour pondre une compilation des meilleurs beatmakers russes du moment (en téléchargement gratuit sur le site du label ou payant sur Bandcamp en meilleure qualité). Le résultat permet de présenter des artistes méconnus dans un panel de style allant du rap instrumental classique à des dérivés électroniques plus expérimentaux.

 

Cette sélection débute par le décoiffant Water Lily de Moa Pillar qui vous envoie une première avalanche de beats percutants pour nous mettre tout de suite dans le bain. Suit le J-Dat Inc. (Listening MD In Dub) de DZA qui nous avait déjà trituré les neurones en juin dernier avec son long format Five-Finger Discount (chroniqué ici) et en remet une couche énergique. Le tempo baisse ensuite un peu, comme l'intensité, mais les rythmiques continuent de claquer, les sonorités synthétiques tendant elles vers le chaotique. Nocow par exemple mêle sur Dynamicize des textures ébréchées avec des mélodies venues d'un futur mélancolique. Appleyard fait lui pleuvoir les sons qu'il n'hésite pas à maltraiter sur son Stereo Start qui tourne autour d'une base répétitive à l'esprit industriel. Quant à Demokracy, il signe avec Shapeshifter un titre à l'ambiance décadente dans lequel un jeu vidéo du passé combat des machines modernes... Autant d'univers différents et passionnants.

Si une majorité d'artistes tend vers ce fameux style glitch-hop, d'autres s'en démarquent en restant dans un style plus sobrement abstract hip-hop ou en explorant d'autres contrées musicales. C'est le cas de Save Slaves avec Vote qui travaille un peu facilement autour d'un sample ou de Wols qui part dans un sombre essai IDM envoûtant. La palme du bizarre revient à Kntxt qui nous envoie une mixture rythmique abrupte et déconcertante. Un passage un peu dispensable comme le long Orange Flame de Maguett dans une veine presque lounge et le brutal T-Probe de Damscray qui ne prend jamais son envol.

 

Cette sélection assez variée offre une plongée dans les expérimentations de producteurs russes qui mériteraient pour la plupart d'être distribués plus largement. Un coup de projecteur mérité et encore une réussite pour Error Broadcast.

 

http://www.error-broadcast.com/img/releases/300_ebc009_front.jpg

par Tahiti Raph

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 09:29

Sortie : 22 octobre 2010

Label : M_nus Records

Genre : Techno minimale

Note : 6/10

 

M_nus tourne quelque peu en rond ces derniers temps. A croire que la techno mentale mise en avant par le boss du label, Richie Hawtin, a du mal à se renouveler. Dernier exemple en date, l’album de Marc Houle, exercice manquant singulièrement de personnalité (chroniqué ici). Mais M_nus ne s’est jamais laissé abattre et mise désormais sur son joker féminin, Magda.

La Polonaise Magdalena Chojnacka écume les clubs depuis de nombreuses années et je dois bien avouer que j’ai toujours été séduit par ses sets de tech-house minimale flirtant avec une certaine idée de la décadence. Il faut dire que la jolie Magda a fait ses gammes du côté de Detroit et qu’un tel pedigree géographique n’a pu que l’influencer positivement.

 

Après son récent mix, d’excellente facture, pour la série Fabric, Magda sort son premier album, From The Fallen Page. Le résultat est un album de tech-house minimale plutôt réussi malgré une certaine redondance. From The Fallen Page semble se concentrer uniquement sur une bassline collante, bouffant progressivement l’atmosphère pour mieux le moduler. Le groove est moite sans jamais tomber dans le crade. Parler de sensibilité féminine serait ici réducteur.

Une chose est sure, Magda sait comment installer une ambiance chancelante, à la limite du vicieux. Le morceau d’ouverture, Get Down Goblin, impose un son métallique et froid tout en jouant la finesse. A l’instar des artistes de M_nus (JPLS en tête), Magda joue avec les courants d’air. Il en ressort une complexe dualité où les vents glacials se disputent avec la moiteur de la basse. Finalement, c’est le côté druggy de l’ensemble qui l’emporte progressivement. Petit à petit, on se laisse prendre par ce son si particulier, évitant avec justesse le rentre-dedans inutile. Tout est fait pour maintenir la pression avec une précision chirurgicale. La tech-house de Magda est clinique et c’est aussi les limites de l'album. La lancinance est inévitable lorsqu’elle décide de trop étirer certains morceaux comme ce Japan avec son ambiance Megadrive désuète.

C’est lorsqu’elle se concentre sur la texture de chaque son que Magda est la plus captivante. L’aspect liquide d’Entertainment permet de rendre palpable le morceau avant que la moindre sonorité ne finisse par s’étaler dans le temps. Et c’est en allant à l’essentiel qu’elle prouve sa capacité à pouvoir exploser un dancefloor comme avec le purement mental Doom Disco.

 

From The Fallen Page est un étrange album de tech-house mental. Magda livre ici un LP totalement maitrisé, possédant une réelle identité, mais parfois tellement clinique qu’il en devient flippant.

 

http://www.nugen.fm/assets/images/news/2010/09/magda-from-the-fallen-page.jpg

par B2B

 

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