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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 21:37

Sortie : septembre 2010

Label : Raubbau

Genre : Dark Ambient où tu te chies dessus

Note : 8/10

 

Kraken est un duo belge constitué de Joris Vermost et Ricardo Gomez. Depuis 1999, ils ont sorti une bonne demi douzaine d'albums, dont on retiendra plus particulièrement Chagrin, paru en 2006. Les sociopathes amateurs de dark ambient vont probablement se jeter sur ce Strop, sorti il y a quelques jours sur  Raubbau, label berlinois connu pour avoir publié des albums de Deaf Machine.

 

Nous ne faisons que trop peu souvent l'éloge du dark ambient dans nos lignes. C'est sans doute parce que nous n'avons pas l'habitude de nous y attarder et, reconnaissons le, parce que c'est rarement notre tasse de thé. Mais il y a parfois des exceptions qui confirment la règle. Strop est de celles-là.

Si vous avez des pulsions claustrophobiques et que vous aimez vous sentir pourchassés par une meute de spectres en quête de rédemption, ce disque est fait pour vous. Oubliez la dimension harmonique de la mélodie. Il y a bien longtemps qu'elle a préféré fuir, embarquant avec elle toute rythmique conventionnelle. Pas de place pour la volupté ici, bienvenue dans les bas fonds d'un univers cauchemardesque et paranoïaque. Samples dignes de scénarios d'épouvante et captures industrielles frelatées sont au service de votre indisposition. Un peu comme si Lynch décidait de trouver la bande originale d'un film d'horreur aux dialogues minimalistes. Après de sculpturales mises en bouche qui auguraient du pire, on préfère enfiler une pampers senior pour se plonger dans la terrifiante fresque Ze Komen Me Halen. Oui oui, on voit bien de quoi parle cette voix masculine bien trop calme. "Y en a un qui arrive vers moi, tu le vois ?" On a envie de lui renvoyer : "Débrouille toi avec tes nouveaux copains, si tu me cherches, je suis aux chiottes en train de changer de futale." Vriend In Een Fles nous entraîne quant à lui dans une crypte qui contourne à peine les sentiers de la perdition. Même chez un Lustmord, on avait croisé des drones plus chaleureux. 

On a beau tourner la situation dans tous les sens, l'échappatoire est impossible. Cette désagréable impression d'être un gibier traqué intervient plus nettement sur Morgen Zal Mijn Reet Roesten. Pour varier les plaisirs, l'impression d'être digéré par une gargouille et de sentir ce fameux vent qui souffle une imposante odeur de mort, déboule lors de Praatjes Van je Sloerie. Les deux derniers titres réservent eux aussi leur lot de joies charnelles, plus particulièrement l'imprononçable morceau de fin.

 

C'est bon parfois d'avoir peur. Et là y a de quoi. Nous sommes heureux de vous faire découvrir ce disque ainsi que la beauté immense de la langue flamande. Blague à part, Strop est un album qui devrait à coup sûr, ravir les coutumiers de ce noble genre.

 

http://www.adnoiseam.net/store/images/kraken-strop.jpg

par Ed Loxapac

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 17:53

Sortie : 23 août 2010

Label : Border Community

Genre : Techno aérienne

Note : 6,5/10

 

Border Community ne nous surprend plus mais on ne cesse pourtant de se laisser envoûter par le son si particulier du label. Nouvelle preuve : Luke Abbott.

L’Anglais sort son premier album, Holkham Drones, assorti d’un artwork autant énigmatique qu’épileptique. Sans surprise, la musique de Luke Abbott doit beaucoup aux envolées d’un certain James Holden. De là à soupçonner que le boss de Border Community ne soit capable de signer que des artistes imitant ses créations, il n’y a qu’un pas. En même temps, ce Holkham Drones réussit à séduire, si ce n’est à émouvoir. La techno mélancolique d’Abbott est un puissant générateur d’images, un compagnon d’errances nocturnes. Abbott sait y mettre les formes, on sent que le mec a longtemps été nourri au krautrock et aux ambiances psychédéliques. Son album dégueule de sonorités aériennes parcourant ses ballades synthétiques. Jamais les sons ne se font nets, ici la moindre sonorité s’étale, se dilate, éclabousse. Ce traitement particulier permet ainsi à Abbott de mieux jouer avec nos émotions. En étirant le temps, il fige nos souvenirs dans un romantisme électronique étonnant comme sur More Room ou Sirens For The Colour. A la frontière du naïf sur ces deux morceaux, Luke Abbott reste cependant du bon côté et évite l’écueil de l’électronica larmoyante sans toutefois réussir à nous transporter totalement.

C’est surtout lorsqu’il se fait plus rentre-dedans qu’Abbott séduit davantage. Whitebox est une techno enveloppante ne laissant aucun espace possible entre les sons. Le voyage est total, tout comme sur Swansong dont on ne cesse de rebondir sur le beat, le tout dans une atmosphère hésitant entre euphorie et désenchantement. On retrouve aussi les trippantes montagnes russes de Soft Attacks, playlisté récemment par… James Holden sur son DJ Kicks. Décidément, l’ombre d’Holden ne peut s’empêcher de poursuivre Abbott et on touche là les limites de l’entreprise.

Holkham Drones n’est pas un album parfait. Moins fin qu’Holden, moins captivant que Nathan Fake, Luke Abbott semble encore se chercher. Il n’en reste pas moins que son premier essai apparaît comme un partenaire évident pour un dimanche matin maussade.

 

http://www.residentadvisor.net/images/reviews/2010/luke-abbott---holkham-drones.jpg

par B2B

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 13:50

Sortie : 27 septembre 2010

Label : Planet Mu

 

Le duo Solar Bears vient de Dublin. Après un élégant EP sorti cet été (chroniqué ici), John Kowalski et Rian Trench  délivrent leur attendu premier album dans quelques jours, chez Planet Mu. Solar Bears a de légèrement agaçant qu’ils filent à vitesse cosmique vers le buzz et un poste tout chaud de coqueluche bobo. Mais She Was Colored In conteste : le succès que rencontreront à coup sûr les Irlandais n’est point usurpé.

 

Les auspices de l'EP Inner Sunshine se trouvent confirmés. Electronica nonchalante à la mélancolie suave, l’album s’entremêle de flots de post-rock, d'ambient et de musique folk. Même si ces comptines délicates s’impriment instantanément dans un cerveau disponible, de sorte qu’il vous semble les connaître depuis toujours, la musique de Solar Bears apparaît bien plus travaillée qu’elle n'en a l’air. Les ombres de la facilité ou de la mièvrerie semblent lui glisser dessus comme de l’eau sur du verre, tandis qu’elle dégage un charme gracile et une subtilité aérienne déconcertants de transparence. Très largement instrumental, et outre l’utilisation prédominante de synthétiseurs et de boîtes à rythmes, She Was Colored In use de multiples sonorité organiques, de semblants de field-recordings, qui paraissent respirer un air scandinave piquant. Quelque peu hors du temps, le son des Irlandais renoue avec la fin des 70’s. Leur synth-pop peut évoquer par ailleurs Mogwai, ou parfois même Moroder (The Quiet Planet).

Long de 15 titres, la nostalgie aiguë dans laquelle baigne ce premier disque évolue de façon de plus en plus sincère. Chose que Inner Sunshine, trop léché, ne laissait entrevoir. L’écoute de Primary Colours Of  The Black Of My Mind, du pastoral Hidden Lake ou de du déchirant Cub pourrait objectivement émouvoir un ours. D’autre part une dimension bien plus expérimentale, avec le post rock oppressant de l’interlude Division, brouille délicieusement tout repères. Il est difficile d’apporter de vraies réserves à cet album remarquable. Même l’ode aux synthés futuristes qu’est Crystalline (Be Again) devient addictive. Seul le vocoder de Children Of The Times fait tâche, malgré le charme de la mélodie.

 

She Was Colored In dispose de propriétés incroyablement bienfaitrices sur une oreille courbaturée par des écoutes plus harassantes. Même si on ne se prononcera pas sur la pochette, la musique Solar Bears vous enveloppe du même le confort oisif et de la protection rassurante qu’un cocon. Une parenthèse ouatée vivement préconisée.

 

par Manolito

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 00:47

Sortie : septembre 2010

Label : Hymen Records

Genre : Abstract, IDM

Note : 8/10

 

Tous les deux ans depuis 2006, Thomas Pujols alias Nebulo, réalise un album sur le sacro-saint label allemand Hymen Records. L'inoubliable Kolia et l'indispensable Avutma siègent dans toute discothèque IDM qui se respecte. Le français a collaboré avec des grosses pointures à sa taille, comme Hecq et Ginormous, et est intervenu sur des compilations références comme Emerging Organisms (Tympanik) ou Miwak Twelve (Hymen). La sortie d'Artefact est donc bien plus qu'un événement. La première écoute s'effectuera avec une appréhension positive mêlée d'excitation.

 

Comme il aurait été aisé de se reposer sur ses acquis. Même si Nebulo nous avait pondu une oeuvre similaire à ses deux illustres prédécesseurs, on aurait une fois de plus crier au génie. Mais le français n'est pas de ceux qui se roulent dans les balisés chemins de la facilité. Bien au contraire. Exit Stress Test entame divinement les hostilités d'une manière complètement inattendue.

Artefact est sans doute son album le plus abstrait et le plus expérimental. En orfèvre des mutations de couches sonores, Nebulo érige une citadelle mouvante et chimérique, où de subtils field recordings viennent se noyer sous des enchevêtrement de polyrythmies et de nappes dark et noisy. Les segments sont tranchés de manière cinglante, traçant une ligne bien plus abrupte, plus sombre et plus urbaine que celle qu'on avait suivi sur les travaux précédents. Les blasts et les différents phénomènes de parasitage évoquent des ambiances électriques et crépusculaires. Les visions sont tout aussi terrifiantes que la désarmante maîtrise de son auteur. Bien plus qu'un squatteur de laptop, le Sieur Pujols est avant tout un joallier de la base acoustique, comme en attesteront les merveilleux Acreee et Aer Vaccum. Comme notre encéphale, les drones sont pris de spasmes, de vertigineuses chutes de tension aptes à dérégler notre oreille interne et notre seuil de gravité. Littéralement terrifiant. Des titres non moins excellents mais plus immédiats dans leur construction (Plasticmare, Batman Dancefloor ou Map Artefact) cohabitent avec des formats plus courts, plus expérimentaux mais tout aussi percutants (Guerilla, Vodoo Machines ou le cauchemardesque Meriadeck). Si le monumental Radiogoo nous filera un air de benêt incrédule ne pouvant maîtriser le filet de bave qui lui glisse au coin des lèvres, l'effervescent Novil de fermeture redéfinie les lois de l'apesanteur.

 

Artefact est une oeuvre dense et sauvage qui se doit d'être apprivoisée avant d'émettre un avis à son propos. Voilà pourquoi il m'a fallu presque un mois pour poser ici mon humble regard. Je sais désormais que cette entreprise (ô combien risquée au départ) risque de hanter mes nuits d'insomnie pendant très longtemps. Énorme baffe plus que recommandée.

 

http://www.inskt.com/wp-content/uploads/2010/11/artefact.jpg

par Ed Loxapac

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 11:21

Sortie : 6 septembre 2010

Label : Raster Noton

Genre : Electronica expérimental

Note : 8/10

 

Senking n’est pas un artiste au rabais, l’Allemand fait parti de ces chercheurs en matière d’électronique. Refusant tout compromis, sa musique n’a jamais eu pour but de caresser l’auditeur dans le sens du poil, il n’en demeure pas moins que ses créations ne sont en rien hermétique. Depuis une dizaine d’années, il officie au sein du label Raster Noton. Cette maison apparaissant comme un eldorado en matière de création sonore (pas étonnant d’y retrouver Sleeparchive ou encore Wolfgang Voigt).

 

Le nouveau projet de Senking tourne autour du mythique jeu vidéo Pong. Ne vous méprenez pas, Pong n’est en rien un album 8-bit triturant vos neurones. Senking offre plutôt un voyage mental dans les méandres d’un dubstep épuré. Finalement, l’aspect vidéo-ludique n’est qu’un prétexte pour proposer une interprétation du jeu par une poignée de créateurs (libre à vous de vous amuser ici).

Ce qui nous intéresse c’est bien entendu la musique de Senking. Pong est à ce titre un album absolument fascinant, une immersion totale dans un univers lorgnant ouvertement du côté d’Angelo Badalamenti. Unlighted et Luma, ouvrant l’album, sont de puissants dubstep ambient. Senking maîtrise son sujet comme personne et il est fascinant de constater à quel point ce mec arrive à occuper l’espace sonore, à travailler la texture de chaque son. Le côté crépusculaire de Pong se marie à merveille avec le minimalisme de l’ensemble. On est littéralement happé par l’atmosphère de chaque piste. En utilisant finement les infrabasses, Senking capture nos songes et s’amuse avec.

Low Flow apparaît ainsi comme la pièce maîtresse de l’album. Ses 9 minutes de dubstep minimaliste semblent ouvertes aux grands espaces désertiques. L’errance y est autant captivante qu’angoissante. Il y a du Shackleton chez Senking.

Même lorsqu’il lorgne du côté de la techno avec Breathing Trouble, l’Allemand tape dans le mille avec une atmosphère organique imparable. Et lorsque l’album se clôture sur deux pistes surgonflées aux infrabasses, V8 et Skidozer 301, on reste sur le cul.

 

Avec Pong, Senking signe un magistral album de dubstep minimaliste, d’une maîtrise affolante.

 

http://static.boomkat.com/images/364304/333.jpg

par B2B

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 23:29

Sortie : août 2010

Label : U-Cover

Genre : IDM, Glitch

Note : 8/10

 

Le brusselois Lionel Raymaekers a tout d'abord commencé par composer de la techno mais s'est rapidement re-concentré sur l'IDM, en se signalant en tant qu'Amorph sur des labels références comme Boltfish et U-Cover. Il a même été convié par Fractional et le label Tympanik à lâcher son remix de Sie sur Blood Remixes. C'est dire si le bonhomme est un client sérieux. Aléas est son deuxième album paru sur U-Cover, après Péripéties sorti en 2008.

 

Ce superbe album aurait aussi pu être baptisé "Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes ". Doué pour l'épuration des surplus, Amorph construit ici une première partie d'album d'IDM plutôt classique dans sa conception mais infiniment personnelle. Éthérée et romantique, sa musique évoque des sentiments nobles. Les rythmiques hypnotiques et répétitives semblent témoigner de la lente gestation de micro-organismes, tandis que les glitchy beats s'abattent telles des gouttes de pluie chaude sur une asphalte gelée. Constat, Drift et Another World sont tous les trois touchés par la grâce. Les trames et les drones ambient nous plongent dans des abysses de mélancolie onctueuse. Dès le superbe Vilnius, le son se fait plus riche, plus complexe et expérimental. Le ténébreux Til Dawn, débute même sous des hospices dark et noisy avant que les notes d'un piano damné répliquent progressivement à une rythmique saccadé. Puis la machine repart, le dodelinement névralgique ne cessera pas. Les ondulations sinusoïdales de Let It Happen ne demeurent pas en reste en compagnie des micros éléments cristallins et d'une gracile mélodie désenchantée. Les qualificatifs se suivent et se ressemblent face à l'onirique et spatio-temporel Toets, le tendre Hopes (qui peut faire penser à du Wisp en plus maîtrisé), le haché au scalpel Only Me et le bien nommé Noir Et Blanc de fermeture.

 

En deux parties bien distinctes, Amorph explore les différents spectres du rayonnement et fournit ici un album passionnant. Limité à 155 copies, je ne peux que vivement vous inviter à commander votre exemplaire physique sur le site de U-Cover, où vous pourrez également contempler les superbes peintures de la tête du label : Koen Lybaert. Un nouvel album de Pleq (et oui, encore) vient de sortir chez le label belge, vous vous doutez bien qu'on va très bientôt vous en parler.

 

http://www.u-cover.com/u-cover/images/ucdr075big.jpg

par Ed Loxapac

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 19:17

Sortie : septembre 2010

Label : autoproduit

 

Non-Native Speakers est formé de deux musiciens belges, Matthieu Michaux et Fabio Sedran. Passionnés de musique électronique, de sampling et de musiques de films, ils regroupent leurs premiers essais en un court premier album, intitulé First Words.

 

La musique de Non-Native Speakers se distingue par des ambiances en demi-teinte, des soundscapes hypnotiques propices à un repos comateux et extatique. A la frontière entre l’ambient, le trip-hop, l’électronica et le hip-hop instrumental, First Word regorge d’influences, mais se montre cohérent dans le sentiment un brin sombre et brumeux qu’il évoque.  Si les sonorités instrumentales sont légions, les harmonies électroniques se montrent subtiles et relèvent avantageusement les mélodies. De légers ronflements dubstep, des pointes de drill’n’bass (El Niño), et divers cliquetis accompagnent les instruments concrets et les atmosphères enveloppantes. Le climat ténébreux et cinématographique de Non-Native Speakers rappelle quelque part le récent Glimmer de Haxis (chroniqué ici), tandis que le morceau Apocrypha développe des petits airs de Massive Attack. L’ouverture se fait sur El Niño, l’introduction douce et inquiétante est ponctuée de notes de guitare aux résonances méditerranéennes. Sa progression retenue vers des territoires électroniques hybrides est plus que réussie. Le sax de Novisad appose sa touche jazzy, alors que le tourmenté et très bon Jenny’s Husband a des goûts de rock tendu. Seul l’hindouisant Topisme, dont l’exotisme sonne creux, s’affiche comme un bémol.

 

Non-Native Speakers signe un premier jet particulièrement prometteur. First Word est disponible pour rien, gratuit, que dalle, sur leur page Bandcamp, et qualifiable de highly recommended.

 

                                 r3655984257-1.jpg

par Manolito

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 23:41

Sortie : septembre 2010

Label : Domino

Genre : private joke

Note : 2/10

 

Ceux qui ont connu l'âge d'or du défunt trip-hop connaissent forcément le caractériel Tricky, de son vrai nom Adrian Thaws. Tout d'abord membre de Massive Attack, puis en compagnie de Martina Topley Bird, il signe des disques indispensables comme Maxinquaye ou Pre-Millenium Tension. Avec Martina, il parviendra à créer une alchimie entre noirceur et sensualité. La belle et la bête ont enfanté de joyaux tels Overcome, Makes Me Wanna Die, Aftermath, Lyrics Of Fury ou Excess (BO de Queen Of The Damned). Après le départ de Martina, Tricky subira une longue période d'errance sentimentale et artistique, réalisant des albums inégaux d'où surgissent parfois des éclairs de génie ( Bury The Evidence sur Blowback). Sur Vulnerable et Knowle West Boy, ses derniers albums en date, se cherchant dans une vague veine rock teintée de blues douteux, il est ardu de trouver une quelconque qualité. On ne parlera même pas de ses tentatives dancehall avec le South Rakkas Crew... Mixed Race arrive donc alors qu'on attend plus grand chose de la part du rudie de Bristol.

 

On attend pas de Tricky qu'il ressuscite le trip-hop. Même les vaches sacrées du genre, Portishead (avec Third) et Massive Attack (depuis Protection) ont sagement définitivement lâché l'affaire. Ceux qui espèrent encore le retour de Martina feraient mieux de se couper une couille. Donc soyons clair, le meilleur de Tricky est bien derrière lui, même si ses prestations live ( allant du meilleur au plus que pire) sont encore parfois capables de transcender les plus sceptiques, Tricky étant en capacité de sublimer en live un morceau bien pourri à la base. On lui souhaite chance avec ceux de Mixed Race.

Enregistré à Paris (où Tricky vie désormais) en compagnie de Bobby Gillepsie (Primal Scream), Rachid Taha ou Terry Lynn, l'album de fainéant qu'est Mixed Race dure tout juste plus de trente minutes. A l'écoute du pas désagréable mais un peu simpliste Every Day d'ouverture, on se dit que le prince noir a peut-être enfin décidé de mieux choisir ses voix féminines. On a à peine le temps de s'en remettre que surgit l'horrible et funky Kingston Logic, carrément pompé sur ce que Daft Punk a enfanté de pire (Technologic), avec des relents jamaïcains qui ont le goût d'une chaude pisse qu'on ne trouve qu'à Tivoli's Garden. Arrivent par la suite les inspirés Early Bird et Ghetto Stars. Le premier cité jouit des atmosphères enfumées que Tricky sait si bien retranscrire. Il y a ce petit côté jazzy et cet art du contre temps qu'on retrouvait un peu à la grande époque. Tout comme sur Ghetto Stars (où on détecte une fois de plus le talent de son claviériste attitré), le flow lézardé et reptilien de Tricky n'a absolument rien perdu de sa superbe. L'espoir est alors permis. Mais déboule ensuite l'improbable Hakim, titre hip-hop arabisant avec Rachid Taha dont on ne sait quoi penser... Puis plus rien jusqu'au tubesque mais réchauffé Murder Weapon, le risible Time To Dance qui sonne presque comme un gimmick mal joké, l'anémique Really Real et le lourd dancehall putassier de Bristol To London.

 

Malgré les apparences, il m'est extrêmement désagréable de descendre un disque de Tricky. Il y a une époque pas si lointaine où je vouais pratiquement un culte à celui qui demeure malgré tout un artiste passionnant et unique. Rarement un artiste n'a su si bien transposer sa folie au coeur de son son (peut-être Lee Perry à l'époque du Black Ark Studio). Parce qu'en moi subsiste encore des maigres vestiges d'optimisme, je rêve que Tricky disparaisse pendant cinq ans, et lâche enfin un album digne de ce nom qui remettra les pendules à l'heure, car son potentiel énorme lui, n'a jamais disparu.

 

http://myrebirth.fr/files/mixed-race.jpg

par Ed Loxapac

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 12:02

Sortie : 23 août 2010

Label : Kompakt

Genre : House, techno

Note : 6,5/10

 

C'est plus qu'une tradition, c'est désormais un rituel. Chaque année Kompakt sort sa compil' d'inédits pour satisfaire ses auditeurs toujours aussi nombreux. Même si la maison de Cologne ne tient plus son rôle de défricheur, il y a toujours pléthores d'artistes important naviguant au sein du label. Finalement, les compil Total ne sont plus vraiment attendu avec impatience et pourtant, à chaque fois, on fait face à une tripotée d'excellents morceaux. Ce Total 11 ne déroge pas à la règle.

 

Deux disques pour mieux souligner les deux versants de Kompakt : l'électro-pop et la tech-house minimale. Et comme avec la précédente fournée (ici), le côté pop l'emporte sur la minimale.

Quand Kompakt verse trop dans la minimale, on frôle la linéarité. Les douze titres du deuxième disques ne sont pas mauvais mais, pour la plupart, ils sont bien trop formatés. Heureusement que Gui Boratto rehausse l'ensemble avec un Plié distillant une tech-house trancey un brin cotonneuse. Pendant ce temps, Walls se révèle désarmant d'efficacité et Coma claustrophobique au possible. Le reste du disque ressemblant à un soporifique autoroute allemand.

C'est surtout du côté de la première galette que Kompakt arrive à séduire. Le versant pop du label a toujours été d'une rare finesse. Ce Total 11 se recentre sur une électro-pop plus cérébrale, n'hésitant pas à lorgner du côté d'une électronica ouatée. Le Der Wallach de DJ Koze est un remarquable exercice d'électronica épurée. Les premiers morceaux n'hésitent pas à expérimenter, à proposer des sonorités indus sans jamais tomber dans l'exercice de style vaniteux. C'est Superpitcher qui lance la transition en réclamant lascivement une Lapdance qu'il obtient avec l'électro-pop désabusé de Justus Köhncke, vous propulsant dans un peep-show de St Pauli, Hamburg. It's A fine Lime signe une électronica étonnante avec un Eins Fine Grind lorgnant clairement du côté de l'univers de Tarantino avant le coup de grâce porté par la tech-house druggy de Sebastien Bouchet.

 

En offrant deux compil' à l'univers distinct, Kompakt ne séduit pas totalement et pourtant, l'écoute de ces deux disques prouve à quel point le label demeure en haut du panier. Ce Total 11 à l'architecture classique évite la répétition tout en imposant son identité, fait encore trop rare dans l'univers des compilations de label.

 

http://seeksicksound.com/wp-content/uploads/2010/08/COVER_Total-11.jpeg

par B2B

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 15:30

Sortie : 9 août 2010

Label : Tempa

 

Pionnier de la scène qui l’a couronné roi, Olivier Jones, dit Skream, a presque attribué au dubstep ses propres codes. Et joué le rôle de véritable messie. Le jeune anglais, aujourd’hui ultra connu, œuvre depuis 2003, date à laquelle sort le mythique EP The Judgement, avec Benga. Le son de Skream se distingue par une certaine sobriété, ses beats et ses boucles ne s’embarrassant pas de fioritures. Mais, nourris à la jungle et aux ambiances dark, l’efficacité de ses tracks n’en est que dédoublée. Ses excellents Skreamizm, 5 EPs sortis entre 2006 et 2008, regorgent de petites bombes, et son premier album Skream! reste une référence – quelque peu affective, certes. Alors oui, dire que Outside The Box, qui sort 4 ans après Skream!, était attendu, relève de l’euphémisme criant. L’angoisse de le voir se rétamer aussi. Mais contrairement au premier essai de (hum) Rusko (ici), on voulait y croire. On n’aurait pas dû.

 

Sur Outside The box, Skream désire réconcilier underground et mainstream, et voir coexister les genres qu’il affectionne dans une belle orgie, hédoniste et désinvolte. Rien que l’objectif avait lieu de faire trembler. Il sert ainsi du dubstep sauce électro cheap, de la jungle synthétique, et même un semblant d’ambient, sur l’introductif Perforated, qui s’avère gâché par des arpèges de synthés bien dégueux. Mais le plus amusant restent les voix autotunés, féminines et masculines, qui accompagnent comme si de rien Where You Should Be, How Real, I Love The Way. Rectification, en fait, le plus drôle c’est quand même le featuring avec La Roux (normal, le petit Skream avait remixé auparavant le In For The Kill de La Rousse, pour le buzz, comprendrez-vous). Cela donne Finally, pseudo pop électronique torturée, que je n’ai jamais réussi à écouter en entier. Bon, on demeure tout de même loin des putasseries à la Rusko, mais même les morceaux qui se veulent mélodiques et calmes tombent soit dans le mièvre (A Song For Lenny), soit dans l’aseptisé chiant (Metamorphosis). Les synthlines bon marché, les sonorités salement rétro et les voix crasseuses sont autant d’éléments qui tirent ce deuxième album vers le fond. Difficile également de faire moins couillu, seul Wibbler révèle une intention de secouer un peu les boîtes crâniennes, un wobble acide, pas désagréable mais qui sonne trop… daté.  A sauver du naufrage restent le jazzy Fields Of Emotions, qui rappelle le sublime Summer Dreams, CPU, à la rigueur, ou pourquoi pas le grimmy et minimaliste 8 Bit Baby, avec le rappeur Murs.

 

Une belle déception, ce Outside The Box. Désillusion un peu amère que de voir tous ces colons du dubstep tomber les uns après les autres. Surtout celui-ci. Dommage Skreamy, on t’aimait bien pourtant. Sa collaboration avec Benga et Artwork en un "supergroupe" du nom de Magnetic Man, donnera lieu d’en reparler, un album étant prévu sous peu. Reste à savoir si l’on espère encore quoique ce soit.

 

par Manolito

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