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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 18:58

Sortie : août 2010

Label : n5md

Genre : Post-Rock, Space Electro

Note : 7,5/10

 

Lights Out Asia voit le jour en 2003 alors que Chris Shafer et Mike Ystad, tous deux membres de Aurore Rien, décident de se consacrer à un projet moins balisé et plus électronique. Plus tard, ils rencontrent le guitariste Mike Rush. Le groupe a déjà signé deux albums chez n5md. In The Days Of Jupiter arrive à point nommé pour les fans du groupe, qui attendaient la sortie d'un nouveau long format depuis 2007.

 

Ceux qui connaissent déjà le groupe constateront aisément qu'ils ont cette fois-ci mis le paquet sur l'aspect mélodique. En plus du choix des synthétiseurs utilisés qui donnent une vraie dimension interstellaire à leur belle musique, Lights Out Asia navigue ici entre dream pop tout sauf naïve (All These Worlds Are Yours, All Is Quiet In The Valley), shoegaze venteux et space post-rock. Ceux qui savent écouter constateront la présence d'instruments bien réels (piano, violoncelle), en plus de la guitare de Rush. La présence des voix aurait pu refroidir mais il faut reconnaître qu'elles sont subtilement insérées et donnent un résultat que l'on pourrait qualifier de pastoral. Sauf peut-être sur l'enchaînement Currents Meet The Tide / Then I Hope You Like Desert, où on note quand même un excès de candeur et de mièvrerie. Micro-ébauche de critique qui n'engage que moi, et peut-être ceux qui n'ont pas non plus un coeur qui bat. Au niveau de la musique on ne peut pas reprocher grand chose, la beauté retenue étant une copie difficile à rendre. On aurait peut-être apprécié que les guitares se montrent plus abrasives, comme sur le superbe 13AM, véritable épicentre de l'opus. Le non moins excellent Great Men From Unhealty Ground, plus progressif et plus ambient, nous transporte littéralement vers cette planète où les vents et le gaz sont les seuls compagnons d'infinis déserts de poussière.

 

Même si les textures sont en majeure partie digitales, Lights Out Asia surpassent plus que facilement la pléthore de sorties post-rock tendant vers l'électronique sucrée et bidonnée qui pullulent actuellement dans les bacs des disquaires faussement indés. Un beau disque qui fait voyager très loin pour pas très cher. Après les sorties de Proem et Bitcrush et avant celles de Dryft et Dalot, n5md ouvre le deuxième semestre de bien belle manière.

 

http://1.bp.blogspot.com/_RHGf2jEaWsE/THAH_0fH8gI/AAAAAAAACLU/FP2ZgL2oXxs/s320/In+the+Days+of+Jupiter.jpeg

par Ed Loxapac

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 19:00

Sortie : juillet 2010

Label : Ad Noiseam

 

Le légendaire Bong-Ra est de ceux qui mettent les pieds partout, sans se préoccuper des plates-bandes. Jason Köhnen, originaire de Hollande, opère dans l’électronique depuis 1996. Il touche à la jungle, la drum’n’bass, le métal, la rave, et devient l’un des fers de lance de la scène breakcore. Notre homme multiplie les collaborations, et sort des EPs avec Venetian Snares, Enduser ou Sickboy. Son dernier album, Full Metal Racket paru également chez Ad Noiseam, renouaient avec les guitares et les batteries chères à sa jeunesse de métalleux. Après deux ans de relative absence, il revient avec Monster, un EP qui sonne un nouveau bouleversement dans sa tumultueuse discographie.

 

Là où Bong-Ra surprend, c’est dans l’ambivalence profondément schizophrène qui hante Monster. Le producteur fait coexister des rythmiques hargneuses et violentes avec une instrumentation acoustique proche du modern classical. Les beats suivent des parcours des plus accidentés, chaque nid-de-poule étant susceptible de faire exploser la machine. Ces rythmes vengeurs répondent tantôt du dubtsep (le wobble rugueux de Behemoth), tantôt de la drum’n’bass (Yeti), ou du breakbeat (Kraken). Parallèlement, de très beaux arrangements, tissés par des instruments à cordes et par un piano troublant, se mêlent insidieusement aux tonnerres synthétiques. Inutile de dire que cette union relève de l’enchantement.

Sur Behemoth, lorsque les déflagrations syncopées se calment, c’est pour laisser entrevoir de légères notes inquiétantes, qui laissent présager la secousse à venir. Après une introduction en dents de scie, le magnifique Cyclops déploie comme un voile le souffle tragique des arpèges. Le piano pleure, les violons crient et le beat cogne. Nul n’en sortira indemne. Dans la même veine, Kraken joue sur l’angoisse que peut faire naître la course rapide de notes de pianos, ruse qui rappelle l’aube des premiers films d’horreur. La divine mélodie et le breakbeat haletant en font un titre indescriptible, une pièce bouleversante qui coupe le souffle et sert le cœur. Enfin Yeti clôt l’EP dans un dernier grondement, mais passe plus inaperçu, au regard de l’autorité imposée par les morceaux précédents.

 

Après les brillants EP de Matta (ici) et de Hecq (ici), Ad Noiseam poursuit sa mission de destruction par l’excellence. Monster marque un renouveau singulier chez ce vétéran de Bong-Ra, un ramage qui lui sied à ravir. C’est en piétinant que l’on espère un futur album. 

 

                                   ADN131.jpg

par Manolito

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 17:16

Sortie : août 2010

Label : Warp

Genre : Hype is Evil

Note : 3/10

 

PVT c'est Pivot en fait. Le trio a changé de nom pour des raisons plus ou moins obscures de copyright. Ce groupe australien est féru du moins pire des années 80, de post-rock et d'electronica. On leur doit le très bon Make Me Love You et le très joli mais un peu inégal O Soundtarck My Heart, déjà sorti chez Warp. C'est à Londres qu'ils enregistrèrent ce nouvel essai : Church With No Magic.

 

Le consensus mou autour de ce disque est assez écoeurant. D'autant plus quand cela vient d'une presse et de blogs tout à fait crédibles. Je me suis un peu amusé à imaginer les dialogues de Richard Pike et ses deux acolytes avant de composer ce nouveau disque.

"Bon les gars, font qu'on fasse un album de pop hybride novateur qui parlerait un peu de l'isolement tout en demeurant fédérateur !

_ Ah ouais géniale comme idée. Et puis on pourrait y mettre des grosses basses ronflantes un peu putassières pour que ce soit un peu dansant. Et puis t'as une pure voix Richard, maintenant faut que t'assumes le fait d'écrire des chansons.

_ Ok, ok. Mais dans ce cas là je veux qu'on réussisse à glisser quelque part le synthé de Blade Runner. Et puis un côté glam-goth aussi ça pourrait être bien.

_ Putain ça va déchirer, personne n'a jamais sorti un truc qui cultive en même temps des influences comme Talking Heads, Vampire Weekend et Vangelis. Ils vont être sur le cul chez Warp.

A la vue de ces dialogues, aussi fictifs soient-ils, on ne peut que se demander ce qui pouvait bien accoucher de cette partouse en cathédrale païenne. Le néant, le mauvais goût. Seul le jeu de batterie est à sauver. On ne parvient pas à réaliser un grand disque avec des découpages enfantins et des softwares utilisés poussivement, aussi technologiques soient-ils. Si Church With No Magic et Circle Of Friends (très Animal Collective aussi bien dans la forme que vis à vis du chant) ont malgré tout quelque chose de frais, de spontanément dansant, presque joliment naïf, l'enchaînement Crimson Swan, Window et The Quick Mile est quant à lui juste inaudible. C'est pas parce qu'on utilise du matos vintage qu'on sonne rétro-futuriste, ce serait un rien trop simple. Et puis à quoi ça sert d'utiliser (d'essayer du moins) un Yamaha CS80 si c'est pour offrir un résultat aussi convenu que linéaire (Waves And Radiation). On est content d'apprendre qu'ils savent remplacer une basse par une boucle de synthé super cheap sur Timeless. C'est à se demander si c'est parce que c'est le titre de fin qu'on a presque adoré le très sombre et enveloppant Only The Wind Can Hear You.

 

Si PVT ne peut pas être devenu un mauvais groupe du jour au lendemain, cette tentative synth-pop a néanmoins tout du pétard mouillé. Je rajouterais même que si il n'était pas sorti chez Warp, il se serait diffusé comme un pet dans le vent. C'est pourtant tout ce qu'il aurait mérité.

 

http://myrebirth.fr/files/church-with-no-magic-pvt-300x300.jpg

par Ed Loxapac

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 12:55

Sortie : 9 septembre 2010

Label : Kompakt

Genre : House, electro-pop

Note : 3,5/10

 

Superpitcher c'est un peu le héros électronique des "popeux". Le mec a toujours proposé une tech-house suave aux forts accents pop, un son résolument réconfortant tout en étant mélancolique. Son empreinte sur le label Kompakt est indéniable, il a su bâtir une entité unique avec son comparse Michael Mayer. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que les deux compères officient parfois ensemble sous l'appellation de Supermayer.

Jusqu'à maintenant, il était difficile de véritablement remettre en cause les travaux de l'allemand Aksel Schaufler. Here Comes Love (2004) vieillit bien pendant que son mix Today (2005) demeure d'une rare pertinence. Et que dire de ses DJ set langoureux ? Le bonhomme réussissant même à cultiver une certaine nonchalance dandy.

Ce n'est donc pas un euphémisme que d'affirmer que Kilimanjaro est un album fichtrement attendu. Et sans surprise, la presse pop bave. Facile à comprendre, Kilimanjaro c'est un peu la tech-house pour les néophytes. Ce n'est pas avec ce genre de galettes qu'ils vont s'abîmer les oreilles. Parce que soyons clair, cet album est profondément chiant et sans saveur.

5 ans pour pondre un LP aussi plat, on frise le foutage de gueule. Ok, Superpitcher n'a jamais tapé dans la tech-house bondissante mais il y avait pourtant chez l'allemand cette idée de maintenir l'attention sur le dancefloor. Ces plaisirs se font trop rare sur ce nouvel opus. Seul le tortueux (tout est relatif) Rabbits In A Hurry et la dance-pop de Friday Night arrivent à nous entraîner pendant que le reste de l'album se perd dans un trip aseptisé indolore.

Le principal souci de Kilimanjaro est sa longueur. Les morceaux s'étirent vainement, évoluant trop peu comme avec les interminables Voodoo et Country Boy. On finit par rapidement s'ennuyer et l'écoute devient fatalement distraite. Kilimanjaro est bien trop inoffensif pour se révéler attachant. Rien n'y fait, ça file droit, trop droit. Et ce n'est pas les voix anodines qui arriveront à réveiller tout ça. On flirte même avec le ringard sur le downtempo de Who Stole The Sun. A trop vouloir jouer la carte de l'électro-pop apaisante, Superpitcher a fini par se mordre la queue.

Superpitcher n'arrive pas à convaincre avec un Kilimanjaro manquant cruellement d'envergure et finissant par frôler la neurasthénie. Une grande déception.

 

http://media.kompakt.fm/01/assets/releases/fitted/kompakt222-kilimanjaro.jpg

par B2B

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 16:55

Sortie : septembre 2010

Label : Ant-Zen

Genre : Tribal, Ambient

Note : 7,5/10

 

Le projet Tzolk'in naquit en 2004 sur le label marseillais Divine Comedy. Unis par leur goût pour le dark-ambient, l'industriel et l'IDM, le belge Empusae (Nicolas Van Meirhaeghe) et le français Flint Glass (Gwenn Trémorin) décident de tenter de retranscrire en musique leur intérêt mutuel pour les cultures mésoaméricaines et tous les fantasmes qui les entourent. Le premier album éponyme et Haab' (paru chez Ant-Zen en 2008) s'intéressaient plus particulièrement à la civilisation maya et à son mystérieux calendrier. Les deux acolytes remettent le couvert ces jours-ci, toujours sur  Ant-Zen, avec ce Tonatiuh, nous immergeant cette fois-ci en plein coeur de la civilisation aztèque.

 

Le modus operandi reste le même, Empusae se concentrant toujours sur la démarche de "soundscaping" tandis que Flint Glass s'affaire à composer les rythmiques. Avec deux pareilles pointures, on a pas de mal à se laisser envelopper pleinement par le projet. Les visions chimériques sont légions : temple en pleine jungle, cérémonial de solstice, sacrifice en l'honneur du dieu soleil... Même si certains historiens contestent le goût de Quetzacoatl pour les sacrifices humains et l'anthropophagie, on a sévèrement tendance à y croire à l'écoute des sublimes et terrifiants Mictlantecuhtli et Tezcatlipoca. On est presque tentés d'oublier tout ce que l'on pensait savoir à propos des musiques électroniques tribales et industrielles tant les deux compères parviennent à donner une vision terriblement réaliste à l'ensemble de l'oeuvre. L'union entre les rythmes compressés et des percussions martiales aux sonorités bien plus naturelles est plus que bluffant. On a presque envie de refaire l'histoire, imaginant Hernan Cortès se faire rôtir le cul par Moctezuma et ses troupes tandis que le dieu Quetzacoatl se fend la poire sur son radeau de serpents en pensant à comment se venger de Tezcatlipoca, qui est censé l'avoir contraint à l'exil. Bref, je vais tenter d'éviter de me prendre pour le Eric Zemmour de la civilisation aztèque en revenant à la musique... magnifique et terrifiante. Malgré la puissance et la charge monolithique de l'album, le duo ne perd jamais la maîtrise du sujet. On est donc jamais laissé sur le bord de la route par quelques sursauts inégaux. Leur complémentarité est aussi désarmante que le contenu, comme en atteste le merveilleux, subtilement dérangeant et onirique Nanahuatzin de fin. Seul bémol néanmoins, une immersion trop volontaire dans cette oeuvre peut vous amener à sacrifier de petits animaux innocents sur l'autel voué aux dieux des musiques électroniques underground.

 

Projet passionnant, ambitieux mais terriblement dangereux, Tzolk'in est une oeuvre dense et mystique dans sa globalité. Au delà de la démarche noble et alternative, le résultat musical est une réussite absolue dont nul ne ressortira indemne. Une vraie tuerie.

 

http://c3.ac-images.myspacecdn.com/images02/119/l_5b82f8c96ae94f998ca53729833c442a.jpg

par Ed Loxapac

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 19:12

Sortie : 6 septembre 2010

Label : Big Dada

 

Figure de proue de l’écurie Big Dada, la division hip-hop de Ninja Tune, Roots Manuva lâche un nouvel album, deux ans après Slime & Reason. Alors que l’aura du pape anglo-jamaïcain du rap british semble peu à peu s’essouffler, Rodney Smith signe avec Duppy Writer une collaboration avec le DJ et producteur reggae Wrong Tom. Ce dernier, notamment remixeur et tour DJ pour le goupe d’indie rock Hard-Fi, avait auparavant livré une version dub du single Buff Nuff, et fourni le CD bonus qui accompagnait Slime & Reason.

 

Wong Tom se voit aujourd’hui confier un album entier. Le Londonien s’approprie une poignée de titres issus de la discographie entière du sieur Manuva, qu’il réarrange pour en offrir des versions reggae dub. Certaines variantes développent l’aspect roots (The World Is Mine et Motion 5000 deviennent Worl’ A Mine et Moition 82), tandis que d’autres virent au digi-dub, rappelant souvent les sons vintages du collectif Jahtari (Proper Tings Juggled, Chin Up, Rebuff, relecture – fatiguante – de Buff Nuff). L’objectif du projet était de faire oublier que certains des morceaux dataient de plus de 10 ans, et de fondre l’ensemble avec cohérence sous une patine d’origine jamaïcaine. Pari qui ne réussit qu’à moitié. On trouve dans Duppy Writer quelques très bonnes choses. L’introductif Butterfly Crab Walk, au skank engageant, diffuse de bonnes vagues ensoleillées, Worl’ A Mine renoue efficacement avec des ascendances caribéennes, et Jah Warriors, l’inédit du disque, s’affiche comme la meilleure réussite. Mais par la suite, les divagations du dub digital de Wrong Tom perdent en originalité, le flow de Roots Manuva ne suffisant pas à capter l’intérêt. La deuxième partie du disque décroît cruellement en qualité, le beats s’empêtrent dans des boucles trop répétitives, et on se voit zapper avec agacement certaines pistes.

 

Si la collaboration de Roots Manuva avec Wrong Tom demeure crédible et débouche sur quelques succès, Duppy Writer peine à convaincre dans sa globalité. Il est probable que les fans de la première heure sortent déçus de cette nouvelle fournée. D'autant plus qu'elle n’en est pas vraiment une.

                                  Roots_Manuva_vs_Wrongtom-Duppy_Writer_b.jpg

par Manolito

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 16:12

Sortie : août 2010

Label : Hibernate Recordings

Genre : Electro-acoustique, Neo Classical

Note : 9/10

 

Nous avions déjà parlé de Field Rotation l'année dernière. Je fus tout d'abord admiratif face à son Regenzeit II, où ses talents indéniables de pianiste et de violoniste éclaboussaient avec une immense classe la compilation Imaginary Friends (ici) réalisé par Nova chez Ultimae. La révélation eut lieu lors de l'écoute de son sublime chef d'oeuvre électro-acoustique Licht Und Schatten (ici), paru également l'année dernière chez Fluid Audio. C'est donc avec une excitation et un plaisir non dissimulé que je contactais récemment Christoph Berg, originaire de Kiel en Allemagne, pour qu'il me fasse parvenir sa nouvelle réalisation : Why Things Are Different, parue sur Hibernate Recordings, essentiellement axée sur l'ambient, le drone et le noise.

 

Certes, la musique change mais le constat demeure le même. Christoph Berg est un compositeur virtuose de musiques modernes. Si le drone n'est assurément pas la sphère la plus accessible de la musique, Field Rotation parvient à lui donner une dimension poétique désarmante. Les conditions idéales d'écoutes se trouvent en pleine nature, étendu et contemplant les mouvements du ciel, avec pour seule compagnie le vent caressant les oreilles, le reflux d'une eau de mer fraîche qui effleure les orteils et un matériel d'écoute digne de ce nom. Les yeux fermés, s'immergeant dans les échos et les field recordings, ce sentiment de divine plénitude est à peine bouleversé par les quelques trames inquiétantes contenues sur Never Build A Bridge Into Nothingness. Sur le magnifique et troublant When The Clouds Clear, on est envahi par une vision céleste où des nuages dont la couleur oscille entre le pourpre et le lait, libèrent tout à coup les hélices d'une nouvelle création aéronautique. Les lentes ondulations de Sleepless nous transportent vers une béatification immédiate, vers des contrées magnétiques et in-sondées, où tensions délicates et volutes luxuriantes sont seules souveraines.

 

En seulement trois titres, Field Rotation dresse un décor idéal pour ceux qui voudrait placer un premier pied vers les compositions électro-acoustiques tendant vers le drone. Si une version digitale est probablement disponible quelque part, je ne peux que vous conseiller d'acquérir cette oeuvre dans sa version physique en 3'', limitée à 100 exemplaires. En plus d'être un musicien de haute volée, Christoph Berg se montre charmant et accessible, ce qui ne gâche rien et est plutôt rare. Les Chroniques électroniques resteront à l'affût de ses prochaines sorties et tenteront de vous faire partager plus souvent nos commentaires envers les productions du passionnant label Hibernate Recordings.

 

hb18.png

par Ed Loxapac

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 18:51

Sortie : juillet 2010

Label : Tympanik Audio

 

Originaire d’Alaska et connu également sous l’alias Pandora’s Black Book, Lucidstatic est l’un des artistes les plus prolifiques de chez Tympanik Audio. Après son premier album, Gravedigger, en 2008, il a participé à nombre de remixs et de collaborations, sur des labels tels que CRL Studios ou Crazy Language. Cet été, il a présenté son deuxième (très) long format, un double album qui met à l’honneur la contribution de différents producteurs, aussi nombreux que disparates.

 

Des personnages comme Mothboy, ESA, Angel of Violence, Shullduggery, Pig Fat, Receiver, Mangadrive, Manufactura, Nereus et bien d’autres, interviennent sur Symbiont Underground, soit en apportant un remix, soit en en contribuant directement à l’écriture du morceau. On a ainsi affaire à une monstrueuse collection de titres, soigneusement travaillés et compilés, dans un esprit profondément industriel, proche du breakcore. L’IDM indus que concoctent Lucidstatic et ses petits copains, dévoile des aspects assez old-school, résidant notamment dans les cavalcades électriques des synthétiseurs. Les genres se succèdent, offrant des touches d'ambient, d'électro ou de techno. Tout au long de ces 23 pistes, le beat traverse de douloureuses mutations, pulvérisé de toute part par des breaks tranchants, tandis qu’un glitch rauque ronge la mélodie au sang. Il est clair que l’écoute successive des deux CD (presque 2 heures), représente une expérience aussi éreintante qu’ébouriffante, qui, dans mon cas, me colla des insomnies.

 

Par ailleurs, la quantité de featurings donne lieu à quelques titres chantés (même si « crachés » serait le mot juste). N’étant que très peu friande des voix accolées à des productions électroniques, les pistes qui s’accompagnent de chants trafiqués et effrayants sont loin d’emporter ma préférence. Mais si l’ingestion de Symbiont Underground requiert un estomac à toute épreuve, un certain nombre de morceaux s’élève au rang de tuerie sans nom. Après une introduction à vous briser les cervicales (le foudroyant et difficilement écoutable Noiz3Rush (vs. Nereus)), le disque 1 connaît une très relative accalmie. La turbine futuriste de Dissection (vs. Mono Pinguen) laisse la place au sublissime Untitled (feat Jerry B), IDM gracile qui effleure l’ambient. L’usage salvateur de cordes et d’un piano accorde à la musique de Lucidstatic une dimension onirique profonde, qui montre qu’elle est bien plus qu’un déluge de breakbeat. Symbiont Underground s’avère particulièrement retors à apprivoiser, mais les écoutes consciencieuses dévoilent des trésors d’échantillonnage érudit et de mélodies perverses. The Awakening (Mothmoy remix), N.E.P. (vs. Human Error), Invocation (vs. Pig Fat), A New Low (vs. Human Error) et A.L. (vs. Mono Pinguen) sont autant de bombes à fragmentation auxquelles il est délectable de s’exposer.

 

 Le sérieux et la froide constance que déploie Lucidstatic dans sa façon de créer et de sortir en quantité peuvent ébahir. Même s’il s’apparente à un album "de groupe", Symbiont Underground s’affirme comme une œuvre dense et cohérente, proche du recueil. A destiner tout de même à des auditeurs endurcis.

 

par Manolito

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 16:34

Sortie : août 2010

Label : Proximal Records

Genre : Glitch-hop, Electronica, Soul

Note : 8/10

 

Retranscrire en une compilation le panorama musical de Los Angeles et les palpitations  de sa nouvelle scène électronique. Tel est le pari ambitieux du label indépendant Proximal Records. Les cinq co-fondateurs sont allés à la recherche de ces beatmakers qui constituent cette jeune et fourmillante scène abstract hip-hop californienne, brassant sans scrupules hip-hop, IDM, soul et funk. Le recrutement se fit chez Brainfeeder, Stones Throw ou Alpha Pulp, mais aussi vers des producteurs bien moins connus, qui accordent sans conteste à cette compilation, un supplément d’âme.

 

A la fois évanescente et idéalement homogène, Proximity One: Narrative of a City s’apparente à un pur délice sonore. Il s’agit moins de la volonté de capturer une image figée de LA, qui semble animer les types de Proximal, que du souhait de livrer une série d’instantanés éphémères et un peu flous, rendant compte de la musique qui peut émerger d’une telle ville, de nature fondamentalement versatile. Proximity.. mobilise des artistes tels que Take, Dr. Strangeloop, Tokimonsta, Daedelus, Suzuki 8-Ball, Shlohmo, Dâm-Funk ou Teebs, et contient des titres de chacun des fondateurs du label. Le premier représentant du courant, Flying Lotus, est cependant absent.

A l’approche de ce disque, on aurait pu craindre, pendant une seconde, une surenchère d’effets futuristes, bariolés ou un peu bling. Il n’en est rien. L’esprit de cette sélection réside dans un son au groove intense, piqueté de visibles influences de jazz, de soul et de funk. En ces ambiances solaires, les beats s’épanouissent et développent des allures bancales, boiteuses et langoureusement instables. Ce savant mélange donne lieu à phases très électronica, des effluves de pop (Chasms de [Post-fœtus]), d’ambient dubstep (Nine-Wing de Suzuki 8-Ball) ou de hip-hop caressant. 18 producteurs pour 20 titres, et quasiment aucun n’est à regretter – ah si le A Day at the Carnival de Dâm-Funk -, autant dire qu’en faire l’inventaire est impossible.

Mais la gifle infligée par la succession des morceaux de Daedelus et de Dr. Strangeloop demande à être décrite. Le premier conjugue dubstep à la dynamite et soul brûlante, sur l’irrésistible Off Angeles Edge. Un coup à se mettre à crier tout seul, sans déconner. De son côté, Strangeloop, le génial designer visuel de Brainfeeder, délivre simplement le joyau absolu de cette compilation (en écoute). IDM vicieuse et douce, Strange Utopia progresse vers la suprême désintégration, et confirme que ce mec peut concourir au titre du plus grand des malades. On recensera tout de même dans les  très belles réussites, Cigarette Lust de Tokimonsta, Trunk de Owen Wallis, Creep de Juj, Conversation with Yesterday de Take ou See Water de Denny Denny Breakfast.

 

Proximity One: Narrative of a City est un objet d’exception, qui se doit d’être justement apprécié. Rare sont les disques qui vous plongent dans une telle léthargie bienheureuse. Certain y trouveront peut-être quelques imperfections, pour ma part, j’en sors totalement acquise à la cause de Proximal. Pour n’y avoir jamais mis un orteil, Los Angeles ne m’a jamais paru si rayonnante. 

 

                             ProximityOne-e1278585056946.jpg

par Manolito

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 13:24

Sortie : 25 septembre 2010

Label : M_nus Records

Genre : Techno mental

Note : 6/10

 

Marc Houle est bien connu des consommateurs de techno mentale. Depuis la déflagration neuronale imposée par le maxi Bay Of Figs, on suit de près chaque sortie du canadien. Dernièrement, on a pu assister à son live lors de la We Love Sonique. Ce fut une relative déception de faire face à autant de linéarité mais il y a toujours cette envie d'y croire. Fidèle à l’écurie M_nus, sort ces jours-ci le troisième album du bonhomme : Drift.

 

Marc Houle insiste particulièrement sur l’influence du dernier hiver berlinois sur cet album. M’étant moi-même rendu en pèlerinage à Berlin l’hiver dernier, je garde un souvenir douloureux d’un -17° paralysant les muscles en moins de 5 minutes. Cet hiver fut d’une rudesse extrême, imposant le repli sur soi-même pendant quelques mois.

Le résultat ne se fait pas attendre : Drift est un album de tech-house sombre et anxiogène, parcouru de courants d’airs glacials, de basses lointaines et de légers sons indus. On reconnaît le travail du son cher à M_nus Records, ici tout est limpide. Et tout le problème est là. Drift est bien trop symptomatique de la techno mentale du label de Richie Hawtin. On est en terrain connu et balisé. Malgré des efforts louables, Marc Houle n’échappe pas à la prévisibilité. Drift est de la bonne came mais malheureusement c’est toujours la même came. Conséquence direct, l’effet est de moins en moins fort. Pour peu que l’on confronte l'album aux récentes productions d’Ostgut Ton, on finit par mieux saisir le problème. Là où Ostgut Ton sait être vicieux jusque dans les interstices, jusque dans ses silences impalpables, M_nus se fait trop intelligible.

Pourtant Marc Houle évite l’écueil de l’album fleuve et en recentrant son voyage polaire sur seulement 8 titres, il arrive à ne pas égarer l’auditeur. La mélodie chancelante de Sweet rappelle la douce mélancolie du dimanche matin pendant que Drift est un fantastique puits sans fond parcouru de gigantesques courants d’airs. Mais ce n’est pas suffisant pour définitivement capturer nos songes.

 

Loin d’être un mauvais album, Drift a cependant du mal à s’inscrire durablement dans nos esprits. C’est quand même con pour un album de tech-house mental. Il n’en reste pas moins que tout amateur de M_nus Records saura y trouver son compte le temps de quelques morceaux.

 

http://img705.imageshack.us/img705/3800/minus98cover600.jpg

 

par B2B

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