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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 13:25

Sortie : 15 novembre 2010

Label : Kompakt

Genre : Techno, electronica

Note : 6/10

 

Le mystère entourant le groupe Jatoma tend à se dissoudre. Depuis quelques mois, des indices sur la toile laissent planer le doute concernant l’identité du trio qui joue masqué lors de ses lives. On sait seulement que Michael Mayer a découvert le groupe début 2010 et qu’il a de suite été conquis.

Histoire de neutraliser les rumeurs, Jatoma se compose en fait de Tomboy, du groupe WhoMadeWho, et d’un duo de jeunes Danois, Electrojuice. On a pu découvrir le groupe le temps d’un morceau d’électronica bourré, Helix, sur la dernière compil’ de Kompakt, Total 11 (chroniqué ici).

 

Jatoma sort donc son premier exercice, un étrange album de tech-house flirtant de près avec l’électronica et possédant une singulière identité. Drôle d’album, qui prend en permanence des directions opposées tout en étant profondément homogène. Nos trois gaziers possèdent un solide bagage musicale, ils semblent avoir parfaitement digéré l’essentiel d’une culture musicale électronique éclatée. Jatoma évite ainsi tous les clichés, ne tombant jamais dans la facilité, pour proposer un album captivant.

On reconnaît cependant nettement les influences prédominantes de DJ Koze et Four Tet dans cette approche pointilleuse de la musique. Chaque sonorité est mûrement réfléchie, rien n’est laissé au hasard. On se retrouve avec un album labyrinthique mêlant des centaines de sonorités étranges (avec une bonne louche d'électro-acoustique). L’aquatique ouverture de Little Houseboat est magnifique, emplie d’une naïveté pop attachante. Mais ce départ en trompe l’œil nous plonge ensuite dans une jungle hostile sous les traits de Wood Face, une techno à la puissante rythmique martiale. Parfois, Jatoma prend la voix d’une électronica crépusculaire, Permafrost, lorgnant du côté de Fever Ray.

Mais tout cela ne suffit pas à faire de Jatoma un album exempt de défauts. Souffrant parfois d’un trop grand éclatement, certains morceaux se révèlent bien plus anecdotiques comme avec la house de Durian à la mélodie un brin trop simplette. Mais c’est aussi ce manque d’assurance, cette fébrilité générale qui rend l’album attachant. On sent que derrière, il y a une volonté de ne pas prendre l’auditeur pour un con, une volonté de l’amener vers des terrains vierges, quitte à parfois se révéler hésitant.

 

Ce premier album de Jatoma est une étrange surprise venant de la part de Kompakt. Projet fortement identifiable, on est rapidement happé par l’ambiance bancale de cet essai tech-house parfois expérimentale. Jatoma demande du temps pour être apprivoisé et ne laissera personne indifférent. En espérant que ce ne soit pas seulement un one-shot sans réponse car le trio possède un sacré potentiel.

 

http://1.bp.blogspot.com/_5HeGeE_QhSs/TJna11WajYI/AAAAAAAAAYE/4WXUYRXLAAs/s1600/COVER_Jatoma.jpg

par B2B

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 12:22

Sortie : Novembre 2010

Label : I'm A Cliché

Genre : Electro-rock

Note : 7

 

D'un côté, Cosmo Vitelli. De l'autre, Julien Briffaz de [T]ekël. Pas des artistes dont nous parlons beaucoup par ici. Ensemble, ils forment Bot'Ox et tentent une sorte de fusion rock et électro sur laquelle un certain nombre de groupes se sont cassés les dents. Après quelques maxis (notamment sur DFA et DC Recordings), les deux Parisiens s'en sortent eux plutôt bien sur un long format inspiré de l'univers automobile... pour lequel ils n'ont aucune attirance particulière !

 

Quand des artistes tentent de mélanger rock et techno, le résultat est souvent vulgaire ou pompiers, voire les deux, en raison notamment d'une volonté de vouloir transposer un peu trop rapidement l'énergie du premier des deux styles dans le second. Il est alors facile de sonner efficacement puéril comme Justice ou d'un autre âge comme les Chemical Brothers. La voie empruntée par des gens comme Soulwax sur leur Nite Versions ou LCD soundsystem, alliant patience et sens de la retenue, semble beaucoup plus pertinente. Et, merci, Bot'Ox choisit cette route. Les deux producteurs passent les vitesses quand il faut, garde la maîtrise dans les virages et respecte les distances de freinage. Leur conduite n'en est toutefois pas ennuyeuse car ils savent mettre quelques coups d'accélérateur quand il faut (le nerveux Overdrive).

Leur trip est axé sur un groove hypnotique, parfois lent (Car Jacked), parfois plus entraînant, avec Crashed Cadillac par exemple. Sur ce dernier titre, le duo démontre une maîtrise de la montée assez jouissive tout au long des minutes qui s'étirent langoureusement. Il évite toute explosion sonore de mauvais goût pour séduire sur la longueur et créer une patine uniforme. Le mélange des batteries plus rock de Julien Briffaz avec les différentes sonorités synthétiques et quelques guitares (Bearded Lady Motorcycle Show) s'opère avec réussite. Même quand Bot'Ox prend le risque d'ajouter des voix, cela fonctionne assez bien. Sur Blue Steel, Anna Jean pousse agréablement la chansonnette sur un air plus pop, tandis que Mark Bogus Kerr créé une forte tension sexuelle sur Tragedy Symphony. En liant certains titres, les deux hommes donne une continuité à leur virée qui s'achève malheureusement par une sortie de route avec Slow Burn avec, à nouveau, la voix de Mark Bogus Kerr qui nous endort à trop vouloir nous caliner.

 

Les Parisiens évitent la vulgarité sur un album qui en a sous le capot mais qui n'en abuse pas. On referait bien un tour tiens !

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51l%2B2qcpX-L._SL500_AA280_.jpg

par Tahiti Raph

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 11:00

Sortie : 1 novembre 2010

Label : Smallville

Genre : Deep-house

Note : 8/10

 

La petite maison hambourgeoise de deep-house sort enfin un nouvel album après l’excellente compilation de l’an dernier (ici). Il aura donc fallu attendre novembre pour pouvoir se mettre sous la dent une nouvelle session de house sublimée estampillée Smallville Records (et possédant d’ailleurs un pied à terre à Paris, dans les sous-sols de Ground Zéro, magasin bien connu des indie-rockeurs). Et autant le dire, ça valait le coup d’attendre parce que cet Asper Clouds de Christopher Rau est remarquable.

 

Christopher Rau est un régional de l’étape vivotant du côté de St Pauli, Hamburg. Sa deep-house semble être la définition parfaite du "endless summer", cette idée qu’un été sans fin est plus un état d’esprit qu’une promesse non tenue. Tout semble fait pour nous maintenir dans un esprit cool, dénué de toute velléité offensive. L’écoute d’Asper Clouds plonge l’auditeur dans un état confortable, à l’abri d’un extérieur parasite. Il fait bon se prélasser, se laisser aller. On devine d’ailleurs les accointances de Christopher Rau avec le sud de la France sur le titre Ne Travaillez Jamais qui semble mettre en exergue l’art de la sieste. On se sent bien dans cette basse profonde qu’on voudrait infinie. Mais justement, il évite d’étirer inutilement ses morceaux pour mieux se concentrer sur cette ambiance intemporelle.

On sent clairement l’influence de Moodymann et Theo Parrish, tout comme celle de l’immense Terre Thaemlitz. La deep-house de A Line, finement soul, étale lentement ses nappes pour un résultat cotonneux. Il y a de la nonchalance chez Christopher, notamment dans l’aspect lancinant émanant de la plupart de ses tracks, comme s’il nous invitait à prendre notre temps, à regarder derrière pour mieux moduler le présent. On n’a plus qu’à fermer les yeux et à se laisser aller à une danse lascive dont l’unique optique semble être l’ignorance du lendemain. The Cool World résume parfaitement le monde d’Asper Clouds où le jazz se marrie à merveille à la house, le tout porté par quelques dialogues de films.

 

Asper Clouds est l’album de deep-house le plus "cool" de l’année, l’objet sonore le plus détendu qui soit, une invitation à la paresse et à la contemplation. Christopher Rau signe un album magnifique, se jouant des modes et du temps qui passe et dont l’épicurisme semble être la clé. Brillant !

 

http://static.boomkat.com/images/372210/333.jpg

par B2B

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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 13:28

Sortie : novembre 2010

Label : Project: Mooncircle

Genre : Electronica

Note : 4

 

Originaire de Vladivostok en Russie, Pavel Dovgal a bougé en Ukraine avant de se lancer sérieusement dans la musique électronique en 2008 par des mélanges de rap avec d'autres instruments et différents sons. Il sort son premier album, Cassiopeia, avec la tête dans les étoiles et une idée assez large des routes stylistiques qu'il veut emprunter.

 

Le dub vaporeux d'intro est trompeur, car Pavel Dovgal fait plutôt dans l'électronica puisant tantôt dans l'influence de Flying Lotus (Girango), prenant une direction plus paisible presque ambient (Parade Planet) ou vaquant à quelques errances électroniques (Sacred Chants Of Shiva). Si la première voie est souvent celle qui lui réussit le mieux (les crépitements vibrants de Quant Magic), les autres sont un peu décevantes sur la longueur (Lyla Bird un peu mou). Avec des titres courts à l'évolution réduite, le Russe doit être percutant, ce qu'il n'est pas toujours. Ses mélodies et ses rythmiques, ajoutées à des samples de chants fantomatiques, créés un univers uniforme et séduisant, mais qui manque parfois un peu de folie. Il démontre pourtant sur Blue Phoenix qu'il est capable de sortir des sentiers battus pour un titre un peu à part, assemblage d'une harpe, d'une voix parlée en russe et d'une musique traditionnelle semblant émaner d'une tribu reculée. A d'autre moment, il donne l'impression de ne pas exploiter à fond son potentiel et tourne un peu en rond après avoir montré de bonnes intentions (Salzburg). Nous préférerons l'énergique LA sur lequel il fait méchamment vrombir ses basses.

 

Pavel Dovgal nous laisse donc un peu le cul entre deux chaises : séduit par son univers et sa qualité de production, mais un peu décroché par la linéarité de certains morceaux.

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pd_cassiopeia_cover_preview_480x480px75dpi.jpg

par Tahiti Raph

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 18:38

Sortie : novembre 2010

Label : Ninja Tune

Genre : Exercice de DJing

Note : 6

 

King Cannibal a grandi en écoutant Ninja Tune. King Cannibal s'est fait connaître sur Ninja Tune. Logique qu'il se retrouve aux manettes d'un mix qui boucle les célébrations du 20e anniversaire du label. La maison anglaise a débuté avec plusieurs compilations mixées assez audacieuses en termes de mélange des genres, telles que 70 Minutes Of Madness de Coldcut ou les sorties estampillées Solid Steel. Après avoir tenté de se tourner vers le futur avec un coffret trop fourni pour être complètement digeste (chroniqué ici), c'est vers le passé que se tournent les Ninja avec une sélection regroupant plus de 250 titres (listés ici) publiés lors de leurs deux décennies d'existence.

 

Inspiré de l'esprit des origines, King Cannibal a passé trois mois à choisir, découper et assembler cet ensemble impressionnant. Et malgré le côté exercice de style et la variété des composants, l'Anglais réussi à créer une sauce relevé et cohérente. Entre classiques du label, références quasi invisibles, empilages habiles, son mix donne à la fois une image fidèle de Ninja Tune et 73 minutes originales qui s'écoutent agréablement. Bien aidé des logiciels Ableton et Logic, il a pu insérer ses nombreuses sources venues notamment de sa collection perso et d'acapella et instrumentaux inédits.

Le DJ n'a pas vraiment le choix : il entre tout de suite dans le vif de sujet avec une sélection énergique. Déjà 20 morceaux ont défilé quand résonne le I'm The Terrorist de DJ Vadim avec Motion Man. Impossible d'avoir repéré jusque-là tous les titres de The Herbaliser, Prefuse 73, DJ Food, The Bug, Funki Porcini ou Kid Koala. A l'image du 70 Minutes Of Madness, chaque extrait s'imbrique aisément et les multiples références forment un ensemble nouveau homogène. Poirier, The Qemists ou Spank Rock réussissent même à ne pas gâcher la fête.

La première pause arrive sur la neuvième plage, autour de 25 min, où King Cannibal laisse longuement tourner le Walk A Mile In My Shoes de Coldcut avec Robert Owens. La respiration dure dans une brume inquiétante, avant que les rythmes entraînants reprennent, sortis de quelques samples de voix. L'Anglais aux manettes saupoudre sa sélection de chant et de rap sans en faire trop, juste de quoi représenter ce versant du label et les signatures Big Dada. Il le fait notamment par le biais de quelques coups de boutoirs, et d'un durcissement de ton avec des détours ragga, dubstep et autres inspirations plus sombres. A la 14e plage, le virage rock est aussi habilement négocié avec le projet The Slew de Kid Koala ainsi que des morceaux de Cougar et The Heavy représentant la sous-division Counter.

L'apparition furtive de TTC est le signal pour un nouveau changement de direction accompagné de Get Crazy de Poirier avec la voix entêtante de Mr Slaughter. Le mix part ensuite en drum'n'bass, une avalanche des beats toutefois ponctuée de pauses poétiques. Le Snack de Mr Scruff semble être là pour seulement rappeler que King Cannibal a évité la compilation best of trop facile, raison pour laquelle un certain nombre des piliers maisons n'apparaissent que de manière anecdotique sur le disque. Ce qui n'empêche pas quelques fautes de goûts sur les deux dernières plages dont ces guitares électriques en conclusion !

 

En se penchant sur son passé, Ninja Tune rappelle toutes les bonnes choses produites par ses soins, mais met aussi en exergue la baisse de niveau évidente depuis quelques années. Cette compilation est en effet aussi réussie que cruelle...

 

http://www.djfood.org/djfood/wp-content/uploads/2010/09/ZENCD162P-cover-web--636x636.jpg par Tahiti Raph

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 10:23

Sortie : juillet 2010

Label : Glacial Movements

Genre : Ambient

Note : 8/10

 

Dans Ocean Of Sound, David Toop synthétise finement la musique ambient en ajoutant quelques mots au titre "Ambient music, mondes imaginaires et voix de l’éther". Après lecture d’un tel ouvrage (que je ne peux que vous conseiller), on comprend mieux l’impact de la musique de Brian Eno sur nos songes. Trop peu d’artistes ambient arrivent à jouer subtilement avec le temps, dans l’optique de le stopper pour mieux saisir nos émotions. Bvdub fait partie de ces quelques artistes ayant compris que la musique peut aller bien plus loin que son optique initiale. Depuis quelques années, l’Américain, originaire de San Francisco, sort tranquillement ses productions rencontrant avant tout un succès d’estime (intéressante interview ici). L’an dernier, le maxi To Live avait atteint des sommets, flirtant de très près avec le sublime.

 

La sortie de The Art Of Dying Alone permet de retrouver Brock Van Wey sur la longueur d’un album. Et quand on dit longueur, on pèse nos mots. En effet, Bvdub n’hésite pas à dépasser les 20 minutes par morceau pour mieux étaler sa science de l’étirement sonore. The Art Of Dying Alone se compose de seulement six titres pour 70 minutes de rêveries ouatées et fantasmées.

Bvdub travaille le son de manière très personnelle, donnant l’impression que chaque nappe arrive telle une lente vague avant de disparaître sans même que l’on s’en rende compte. Le résultat est assez déroutant et pourra paraître chiant pour les oreilles non initiées. En effet, les rêves de Bvdub n’ont pas pour but de faire étalage d’une technique hors pair, ici tout est question de lenteur. Les vagues de To Finally Forget It All font ainsi lentement place à une écume persistante et emplissant progressivement la plage. Le coucher de soleil devient éternel à mesure que les nappes se superposent dans un déluge fascinant de volupté.

On sent une tristesse permanente dans les travaux de l’Américain, une tristesse échappant à l’emprise du temps, comme si chaque morceau n’était qu’un prétexte à la contemplation mélancolique. Lorsqu’un piano distribue quelques fines notes sur Nothing From No One, on pense irrémédiablement au romantisme de Debussy (que Toop cite d’ailleurs souvent en tant que précurseur de l’ambient) et la façon d’étirer indéfiniment le temps fait penser aux travaux de l’immense Keith Fullerton Whitman. Cependant, The Art Of Dying Alone pâtit indirectement de ses qualités. Les six titres ont tendances à trop se ressembler et parfois, le disque se fait redondant par manque de remise à plat.

 

The Art Of Dying Alone demeure un album d’ambient capable de provoquer des rêves insondables. Rien que pour cela, on ne peut que s’incliner. Bvdub demeure un artiste rare et précieux dont la musique est bien plus qu’une simple échappatoire.

"Les auditeurs flottent dans cet océan ; les musiciens sont devenus des voyageurs virtuels, les créateurs du théâtre sonique, les émetteurs de tous les signaux reçus de l’autre côté de l’éther." (D. Toop)

 

http://www.tokafi.com/static/2010/07/Bvdub%20Art%20of%20Dying%20Alone.JPG

par B2B

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 09:25

Sortie : 25 octobre 2010

Label : !K7

Genre : mix electronica foutraque

Note : 7,5/10

 

L’exercice du mix reste un art mineur dans la musique. Seule la musique électronique arrive à transcender sporadiquement cette tentative d’éclatement sonore. Une des rares séries à s’en sortir avec les honneurs reste celle menée par le label !K7 par le biais des compilations DJ Kicks. L’idée est de laisser l’artiste contrôler totalement son mix, sans aucune contrainte si ce n’est celle d’y ajouter un morceau inédit. Récemment, James Holden s’en est sorti avec les honneurs avec un mix psyché hallucinant. Apparat semble avoir compris la leçon et son DJ Kicks prend la voie tracée par le boss de Border Community.

 

Trop souvent, le mix électro se limite à une parabole : lente montée suivit d’une descente progressive. Apparat préfère jouer les montagnes russes dans un tracé évitant toute linéarité. Ce DJ Kicks est un joyeux bordel euphorisant où les fines respirations se disputent avec de grandes envolées planantes. Il n’est aucunement question de techno mais plutôt d’une gigantesque partouze mêlant avant tout l’électronica et le dubstep. Le résultat est un mix foutraque indomptable mais follement captivant.

Dès les quatre premiers morceaux la messe est dite et la parabole consommée, on se mange une énorme montée et la cavalerie est lâchée avec le Rushed de 69 avant une redescente aérienne marquée par l’Interlude d’Apparat. On saisit d’emblée la volonté de l’Allemand de ne jamais prendre le chemin que l’on soupçonnait. Même s’il n’évite pas les clichés comme le fait de mixer le Miniluv de Martyn, sans doute un des artistes les plus playlistés depuis 2 ans. Même si parfois les enchaînements sont trop violents comme lorsque déboule sans prévenir Pantha Du Prince, on ne peut que s’incliner devant tant d’aisance et d’ouverture musicale. Il réussit ainsi le pari fou d’enchaîner avec maîtrise deux titres improbables, le Failing de Scorn (remixé ici par les inmixables Autechre) avec le I Need A Life de Born Ruffians (remixé par Four Tet). Et quand Apparat joue avec nos émotions, on frôle l’extase comme lorsque le sémillant dubstep du Tempest de Ramadanman se mêle au sublime crève-cœur d’Harrodown Hill de Thom Yorke.

 

Ce DJ Kicks d’Apparat est un mix parfait, ne souffrant d’aucune faute de goût. Et quitte à enfoncer définitivement le clou, Sayulita, le morceau inédit proposé par l'Allemand réussit à synthétiser à lui seul l’ampleur de ce mix qui risque de hanter longtemps vos oreilles.

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/3/2/0/0730003727023.jpg

par B2B

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 16:13

Sortie : juillet 2010

Label : DMZ

 

Derrière Digital Mystikz, se cachent Mala et Coki. Co-fondateurs du label DMZ, qu’ils gèrent avec Loefah, le légendaire duo s’est implanté comme pionniers et fervents représentants de la scène dubstep londonienne, et ce depuis les balbutiements du genre. Les soirées DMZ notamment, attestent très vite de leur crédibilité. A deux, Mark Lawrence et Dean Harris sortent une quantité de maxis depuis 2004, sur DMZ comme sur Soul Jazz ou Tectonic. Return II Space est leur premier album, enfin plutôt celui de Mala, car lui seul se dissimule derrière la production.

 

Attaché à ne pas en démordre au syndrome maxi, intrinsèque au dubstep, Mala réalise Return II Space en six pistes, divisées en trois vinyles inédits. Si l’on peut rapprocher Digital Mystikz de producteurs comme Benga ou Skream, il est infiniment agréable de voir que Mala lui, ne s’est pas vendu, et que la qualité de ses releases perdure. Return II Space apparaît comme un disque de très bonne facture, et qui démontre une solide filiation avec des productions qui sortaient il y a 4 ou 5 ans. Avant la débauche, en gros. On retrouve cette façon de concentrer assez peu d’éléments, comme pour accentuer l’essentiel : la sub-bass, un beat puissant et une mélodie souvent fractionnée et entêtante. L’aspect répétitif et hypnotique s’avère capital, et parfaitement maîtrisé. Pour ce qui est de l’effet enivrant que provoque la répétition, lorsqu’elle est subtile, Return II Space n’a rien à envier à des productions de techno ou de house. Tandis que le claquement indolent des beats frappe juste et fait hocher du crâne, les synt-tones, les delays et autres échos dressent un décor incroyablement vaste, et plus je me dis que cet album défonce. Le rendu en live doit être cataclysmique.

Unexpected a des air faussement naïfs, Pop Pop Epic, au contraire, sonne comme une marche belliqueuse, répétant inlassablement "souljah". Avec son évolution oppressante et sa fin jouissive, le monstrueux Mountain Dread March risque d’en heurter plus d’un, malgré un certain hermétisme. Enfin la dernière séquence de deux cumule calme planant et stress sur-vrillé avec le très beau Livin’ Different et le Return II Space de clôture. Seul Eyez m’aura paru un brin agaçant.

 

Si l’intégrité avait un sens en musique électronique – et elle en a forcément un - Mala ferait figure de sage incorruptible. Le son estampillé Digital Mystikz a toujours eu un grain unique en son genre, et de réelles influences jamaïcaines, auquel Return II Space fait honneur. Le format court (à peine plus de 30 minutes) est même profitable, à la vue de la densité des morceaux. Alors de grâce, fuyez Magnetic Man et jetez vous là-dessus.

 

mala.sleeve.art_.2222.jpg

par Manolito

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 01:01

Sortie : septembre 2010

Label : Warp

Genre : Liquid hip hop

Note : 6

 

2010, année du Lotus. Avant même son troisième album, Cosmogramma (chroniqué ici) , le producteur californien avait déjà marqué cette année de son empreinte. Les sorties influencées par la scène dont il est la tête de pont se sont multipliées au fil des mois et son label Brainfeeder s'est imposé (notamment avec l'album de Lorn chroniqué ici) au point d'en faire un acteur incontournable de la musique électronique de ce début de XXIe siècle. Il se démarque par une patte particulière et grâce à une productivité impressionnante. A peine quelque mois après un long format déjà bien bavard, il revient avec sept nouveaux titres.

 

Pas question de changer une formule qui gagne. Ce nouveau maxi reste dans l'esprit de ses travaux précédents : de l'électronique lointainement inspiré des instrumentaux rap, mais s'en éloignant de plus en plus pour donner vie à son univers extensible. Par des titres courts et percutants, il continue d'explorer les contours de ce monde de numérique qu'il agrandit sans cesse. A l'image des robots du clip de Kill Your Co-Workers qui exécutent violemment des humains (voir le clip ici), Flying Lotus repousse les limites de son champ d'exploration en supprimant les règles posées par ses prédécesseurs. Avec cette rythmique drum'n bass et ces sons 8-bit, il ouvre de nouvelles possibilités à sa musique. Les autres titres de cet EP nous avait pourtant fait croire qu'il allait se contenter d'en rester aux frontières qu'il s'était posé par le passé. Mais le producteur n'a pas fini de vouloir décrire le futur de sa propre musique.

S'il reste toujours bref, c'est pour mieux nous laisser sur notre faim. Pour mieux nous lancer aussi, même s'il nous laisse tomber assez vite, redonnant l'instant d'après un nouveau coup de fouet. Les morceaux se succèdent dans un même esprit avec de simples variations qui font mouche à chaque fois. Clay nous fait décoller, Time Vampires nous envoûte puis l'on se demande quel va être son prochain tour. Flying Lotus est comme un magicien qui nous ensorcelle à chaque fois même si l'on a l'impression de connaître le truc. Pourtant, il arrive à nous faire perdre nos repères comme sur Jurassic Notion/M Theory où l'on ne sait plus très bien où l'on se trouve. Il s'est joué de nous et on a encore envi de jouer, de se laisser enivrer par ses sonorités simples qu'il manipule avec une grande habileté. Si certains se sont perdus dans sa technicité, ils se retrouveront dans la mélodie plus enchanteuse de Camera Day.

 

Difficile de savoir combien de temps l'Américain tiendra dans son style, mais il est une nouvelle fois convainquant avec ce maxi qui prolonge brillamment ses expérimentations électroniques. Chroniques électroniques le citera donc encore un moment en référence...

 

http://media.warp.net/images/WAP308Packshot_480.jpg

par Tahiti Raph

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 18:45

Sortie : novembre 2010

Label : Project: Mooncircle

Genre : Abstract hip hop

Note : 6

 

Régulièrement, le label Project: Mooncircle sort des compilations afin de faire une revue d'effectifs et de montrer la diversité des sons qui cohabitent dans son giron. Pour cette nouvelle livraison, la vision de la Russe Jinna Morocha, qui rêvait d'aller sur la lune, a servi de fil conducteur aux 27 artistes conviés, dont huit figurent en "bonus" dans la version numérique.

 

Le voyage sera long, mais confortable. Il commence sur des airs de jazz avec l'excellent After 4 AM de Long Arm, ce sillon est creusé un temps avant de s'ouvrir vers d'autres horizons, gardant toujours une influence rap à l'esprit, mais puisant surtout dans un groove électronique apaisé. Dela sort une guitare jazzy et une batterie entraînante, Dexter fait dans l'électronica envoûtée, tandis que Robot Koch et Flako cherchent l'inspiration du côté du glitch-hop.

Ce début confortable, même si parfois un peu tendre, est propre à l'esthétique du label : des productions léchées qui s'imposent avec une certaine évidence. C'est le cas pour les deux représentants japonais déjà évoqués sur Chroniques électroniques, Himuro Yoshiteru et Daisuke Tanabe (présents sur Finest Ego - Japanese Beatmaker Compilation, chroniqué ici), qui sans sortir du lot proposent des instrumentaux rêveurs bien menés. Trop facile ? Juj et Myown viennent contredire cette idée avec des morceaux inventifs et ludiques. Ces deux artistes élargissent le spectre des possibles, tout comme le glitch-hop de Killing Skills ou celui de Gards From Kc. Celle qui a initié ce disque est invitée à partager une piste avec Comfort Fit (un producteur russe repéré sur le label Error Broadcast avec son maxi Private Primate chroniqué ici) pour un obscur trip downtempo.

Pour ceux qui seraient lassés des instrumentaux, John Robinson et Andy Kayes se lancent dans deux rap aux productions électroniques sombres qui collent bien au reste du disque. En revanche, Underwater, chanté par Graciela Maria, passe un peu moins bien... la seule fausse note !

 

Le futur s'annonce donc radieux pour Project: Mooncircle qui nous offre une compilation d'une rare richesse et d'une cohérence dans la diversité maîtrisée.

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc069_cover_480px.jpg

par Tahiti Raph

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