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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 22:30

Sortie : 27 septembre 2010

Label : Soul Jazz Records

Genre : Dubstep, House, UK Funky

Note : 6,5/10

 

L’annonce d’une nouvelle compil’ Soul Jazz aura toujours un effet émoustillant. Outre ses rééditions dans des genres exceptionnellement variés, le label anglais s’attache à diffuser sous forme de compilations, ce style protéiforme, bordélique et débattu qu’est le dubstep. Il y eu les excellentes Box of Dub vol. 1 et 2, puis les Steppas' Delight, dont la plus jeune brassait large et voyait loin (chroniquée ici).

 

Future Bass, la petite dernière, a été lancée cet été par un maxi composé d’un titre de Mala et un de Four Tet, présents également dans la version complète. Toujours est-il  qu’on peut légitimement se demander ce que fout exactement Four Tet au sommet d’une compil’ dédiée au dubstep. Mais, malgré un dernier album qui s’orientait davantage vers la house, le Londonien a depuis toujours évolué de case en case. Soul Jazz qualifie d’ailleurs sa nouvelle fournée de "Future Bass ! Post-dubstep, post-house, post everything !" Tachons donc d’y voir plus clair. Cette sauterie du futur convie des ouailles de l’ordre de Ramadanman, Untold, LD, Black Chow (soit The Bug), Coki, Ginz ou V.I.V.E.K. Ce pan du dubstep que Soul Jazz identifie comme l’avenir de la bass music défend un point de vue plutôt solaire, rythmé, et fortement influencé de ce que certains dénomment le UK funky. Tempos souples et appuyés, averses de bleeps, voilà qui pourrait s’apparenter à du 2-step 2.0, cybernétique et décadent. En terme de cohérence, cette sélection ne s’embarrasse pas de fil directeur. On passe du garage incisif à des semblants d’électronica, de l’excellent au trop sucré. Mais la variété paraît malgré tout salvatrice, dans la mesure où la compilation ne s’étend que sur 13 morceaux (et non le double comme celle qui l’a précédée).

Les titres d’ouverture de Mala et Four Tet sont porteurs d’augures encourageants. Le co-fondateur de Digital Mystikz livre un track éraillé, tendu et particulièrement enfumé (Don't Let Me Go), tandis que le deuxième donne dans l’électronica psyché et progressive, 9 minutes carillonnantes et étoilées (Nothing To See). Si l'on était mesquins, on soufflerait qu’au final, sortir le maxi aurait suffit. Tant Mastermind de LD, Fly Girls de Untold et même le Bass Drum de Ramadanman sont des horreurs. La fin se rattrape cependant en qualité, le très bon Gone d’Harry Craze, le joyeux et percussif Grape Donut de Distal, ou Talking Shadows de V.I.V.E.K, apparaissent d’une efficacité bien plus fine.

 

Même si l’on prie à genoux le ciel pour que l’avenir du dubstep ne soit pas fait que de réjouissances de cet ordre, Future Bass concentre de belles pépites, et observer ce genre de compte rendu de la part d’une maison comme Soul Jazz, n’est jamais inintéressant. Libre à chacun d’en retenir ce qu’il veut.

                                      future_bass_coverlowres.jpg

par Manolito

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 16:18

Sortie : septembre 2010

Label : Acustronica

Genre : Jazz-ambient

Note : 7

 

Contrairement à ce que pourrait laisser penser son pseudo et le titre de son dernier maxi, Horiso est Polonais. Après deux publications chez nos amis de Breathe compilation (dont Walks chroniqué ici) et une chez Chill-Label, c'est un autre netlabel, Acustronica, qui héberge ses dernière rêveries ambient-jazz (toujours en téléchargement gratuit). Il n'a pas abandonné son piano, sa trompette et ses nappes qui rappellent l'association Murcof-Truffaz et quelques expérimentations abritées par le label ECM.

 

Horiso a voulu être plus électronique, plus ambient. Il reste toutefois jazz. En cinq titres souvent longue durée, le musicien prend le temps de poser ses ambiances, de les soigner. Les titres sont épurés à l'extrême, ne bouscule jamais. Il y a tout d'abord ces feulements synthétiques, puis ces discrètes touches électroniques. Il y ce clavier et cette trompette évanescente. Comme dans un western de Sergio Leone, les éléments se mettent en place peu à peu. Les acteurs se jaugent de loin, dans un vent de poussière. Dark est ainsi, sans fil rouge pour guider l'auditeur. Chaque son se promène et se croise. Les textures fluctuent paisiblement, caressantes. Tout est là, mais rien n'a encore vraiment commencé.

Avec Red, les nappes prennent le dessus. Vous vous retrouvez en plein minimalisme planant. Sur Yellow, un piano bien rond vient tout de suite vous redonner des repères. Le jazz reprend la main et la trompette ne tarde pas à percer. Orange garde la même veine, dans laquelle les instruments se placent timidement, laissant de l'air à son voisin, même si le clavier prend du volume. Vient enfin Park, divisé en deux parties, la seconde plus expérimentale qui vous emporte finement vers la fin. Le vent souffle dans les arbres et emporte quelques feuilles dans un mouvement fugace avant un dernier bruissement.

 

Les amateurs du genre trouveront dans ce disque de quoi se régaler, Horiso maniant parfaitement le jeu en retenu. Sa musique sera encore meilleure dans la chaleur du salon quand le froid de janvier mordra les rues.

 

http://www.acustronica.com/images/albums/ishaashi.jpg

par Tahiti Raph

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 10:41

Sortie : 5 octobre 2010

Label : Macro Germany

Genre : Deep-techno

Note : 5/10

 

L’Anglais Oliver Ho traîne ses guêtres dans le milieu techno depuis une quinzaine d’années. On connaît surtout le bonhomme pour sa techno puissante, beaucoup moins pour ses travaux sous le pseudo de Raudive.

Un pseudo qui à lui seul résume l’état d’esprit du bonhomme. Raudive était un intellectuel lituanien s’intéressant de près au phénomène de voix électronique. L’EVP consistant à rechercher dans un enregistrement audio toute trace d’un message linguistique. La frontière avec le paranormal est tenace et laisse ces chercheurs dans un domaine s’approchant davantage du rêve que du réel.

Raudive, l’avatar a de quoi provoquer l’imagination, d’autant que Chamber Music est son premier album. Et pourtant, le résultat est trop bancal pour se révéler totalement captivant. Il y a bien cette idée de jouer avec nos sens en saupoudrant sa deep-techno d’une bonne pincée d’instrumentations acoustiques. D’autant plus que ces instrumentations font la part belle à une expérimentation contemporaine des plus intrigantes. Parfois, la sauce prend comme sur Paper, deep-house lancinante transpercée par des cordes déchirées, créant une étrange ambiance orientale. Le spectral morceau d’ouverture, Is It Dark In Here, réussit à provoquer l’hypnose par le biais d’une basse molletonnée et de chœurs dissonants pendant que Brittle l’a joue bien plus efficace en proposant sur 12 minutes une lente montée progressive, portée par une fine tabla, faisant durer les préliminaires avant de lâcher un beat percussif provoquant la transe. Malheureusement, la fin de l’album s’égare et flirte de trop près avec l’ennui. A croire que les rêveries de Raudive ne sont pas faites pour s’étaler dans le temps.

Chamber Music demeure une proposition intrigante, un album de deep-techno se révélant séduisant dans son ouverture contemporaine mais souvent trop lancinant pour laisser une impression durable.

 

http://cdn.images.juno.co.uk/full/CS1629222-02A-BIG.jpg

par B2B

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 14:35

Sortie : 14 septembre 2010

Label : Echocord

Genre : Dub-techno

Note : 8/10

 

L’Allemand Arne Weinberg baigne dans la techno depuis perpette. Il sort plusieurs albums et quantité d’EP sur des labels comme Styrax Records, Starbaby ou AW-Recordings (le sien). En 2006, il crée Onmutu Mechanicks avec Niko Tzoukmanis, qui le quittera un an plus tard. Immigré en Ecosse en 2008, Onmutu lui sert d’avatar pour se livrer à des expérimentions plus deep. Alors qu’avril dernier a vu éclore Unfolding the Giant Void, sur diametric., il sort cet automne Nocture, hébergé par Echocord, maison plus que pointue en matière de dub-techno.

 

Nocturne est un essai des plus classes. Weinberg a su capter le rôle décisif du groove dans ce genre de son, dans lequel les atmosphères et le grain de la musique prennent toute la place. En cela, le bougre s’affranchit avec insolence des codes qui balisent la dub-techno, et tranche singulièrement avec un Quantec ou un Echospace (dernier et excellent album chroniqué ici). Les rythmiques progressent avec des cadences pulsées, lourdes et voluptueuses, dont l’aspect poisseux paraît délicieusement évocateur. Autour, l’air semble épais, les échos s’étendent grassement, et l’esprit est aux mélodies lunatiques, tantôt sombres et maussades, tantôt espiègles et charnelles. L’éloquente maîtrise et le scrupuleux travail sonore qui transpirent de Nocturne méritent plus que le respect. D’autant plus qu’Onmutu Mechanicks écarte d’une pichenette tous les traquenards que peux contenir cet exercice. En se plaçant du côté du rythme et du groove, il évite toute longueur ou digression minimaliste, et se réclame de la sensation immédiate.

Si l’ensemble se montre d’une brute cohérence, certaines pistes se détachent et envoûtent plus particulièrement l’esgourde. L’évolutif et majestueux Neutrino démultiplie littéralement l’espace, Catatonic joue sur les kicks trébuchants d’un dub des sous-sols, et Your Touch Is So Electric ne demande pas de plus amples descriptions que son titre.

 

Dans un genre où l’innovation n’est plus tant d’actualité, Onmutu Mechanicks signe un pamphlet adroit et pénétrant, dont la profondeur n’a d’égale que la sensualité.

 

                                 onmutu-mechanicks-nocturne-1.jpg

par Manolito

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 21:37

Lieu : Rex Club (Paris)

Date : 6 octobre 2010

 

Après un article sur le DJing en France et nos fiers représentants aux championnats du monde DMC (à lire ici), je me devais de passer le 6 octobre au Rex club pour apercevoir les meilleurs Français aux platines, qui sont souvent ensuite les meilleurs mondiaux. J'arrive tout juste pour la routine des Traumateam, double vice-champion du monde 2008-2009, et qui remettaient leur titre en jeu en misant encore sur une démonstration axée sur la musicalité. R-Ash, Viktor, Hertz et Deska ont encore une fois tirés leur épingle du jeu devant les deux autres équipes présentes et iront défendre la France les 17 et 18 octobre à Londres au championnat du monde dans la catégorie World team battle.

L'ambiance est chaude dans le club plus habitué aux beats techno qu'aux scratchs furieux et les VIP défilent derrière les concurrents. Outre le jury de grande classe avec Dee Nasty, Naughty J, Crazy B et Pfel notamment, Cut Killer et Joey Starr rendent une petite visite pour faire monter la pression sur les DJ participants. Après 15 minutes plutôt bien menées de beatbox assurées par Eklips, qui fera aussi un show pour la finale mondiale, il est temps d'attaquer les quarts de finale de la Battle for world supremacy. Après quelques réglages techniques et les prises de paroles intempestives de Little Mike des Birdy Nam Nam, les duels débutent dans une ambiance chaude dans le public et appliquée sur scène. C'est la grande fête du scratch et du beat juggling ! C'est finalement Getback qui l'emporte devant les cinq autres concurrents de niveau inégal.

La fête continue au Rex club, tandis que Traumateam et Getback, qui seront accompagnés de Lagone dans la catégorie reine, ont déjà sûrement la tête à Londres...

 

http://www.dmcdjchamps.com/images/WF2010-Flyer.jpg

par Tahiti Raph

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 10:01

Grande nouveauté pour cette rentrée, Chroniques électroniques va faire son apparition dans la grille des programmes de Radio Campus Paris. Un samedi sur deux, de 20h30 à 22h, notre équipe investira le studio pour présenter les dernières tueries sorties en matière de musiques électroniques. Une manière de prolonger le travail écrit ici par plus d'écoute que notre simple radio en streaming.

 

Rendez-vous le 16 octobre à 20h30 sur 93.9 FM à Paris ou en streaming sur le site Internet de la radio. Et pour ceux qui ne seraient pas au rendez-vous, l'émission sera disponible ensuite en podcast sur la page de l'émission du site de Radio Campus Paris.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 22:17

Sortie : septembre 2010

Label : Tympanik

Genre : IDM, Cyberpunk

Note : 9/10

 

Dans sa tour de Rochester, Robert Lioy aka Access To Arasaka, s'élève comme un illuminati de l'IDM, érigeant un apostolat cyberpunk révolutionnaire. Oppidan (ici) n'avait laissé que cendres et poussières sur son passage l'année dernière, et avait gravi aisément le sommet de notre Top IDM 2009 (ici). Après le sculptural ==null (ici), lâché gratuitement en début d'année sur son exceptionnel site officiel, il relance les hostilités avec void();, toujours sur le meilleur label de tous les temps : Tympanik Audio.

 

Plutôt que de renouveler son sillon, Access To Arasaka décide d'approfondir la démarche amorcée lors d'Oppidan. Bien que déjà monumental, ce dernier se révèle telle une esquisse face à la première écoute de void();.

Les lignes de programmes défilent, laissant apparaître des données manquantes dans les équations. Les failles de la matrice sont béantes. A l'heure où des virus pourraient bien dévaster le programme nucléaire iranien, ATA délivre les machines de leurs chaînes névralgiques pour qu'elles se lancent à la poursuite des imprudents qui jadis, ont commis l'affront de tenter de les dompter. Il est inutile de résister, le combat est perdu d'avance. Nul n'échappera aux gargouilles cybernétiques, leur créateur ayant eu la bonne idée de ne pas les doter de pitié et de miséricorde. Dieu nous a abandonné. Il fut un des premiers à déserter, se planquant avec ses compagnons prophètes derrière un firewall. En spectateur de la chute de ces tours de fer et de verre, on se demande de quelle charrue pourra bien renaître la terre. L'idée consiste peut-être à reformater le système pour gommer les défaillances internes propres aux limites de la conception humaine. Car tout ce qui a commencé doit un jour se terminer, on guette l'apocalypse avec la crainte du croyant sceptique. Et si le paradis post-mortem n'était en fait qu'un éternel néant décharné ? Une chose est sûre, nous ne sommes que des poussières organiques impuissantes, comparables à ces foutus pandas incapables de baiser pour sauver leur espèce. Les bourrasques électriques et les néolithes synthétiques n'ont que faire de nos vaines contre-mesures. Notre recyclage en hydrocarbures et en amas de tôle est imminent. Courage, ne fuyons pas.

Combien d'heures a bien pu passer ATA à programmer un tel édifice ? Combien de gigas de données patientent dans son disque dur en vue d'une hypothétique renaissance ? La technique inhumaine dont il fait preuve ainsi que l'arsenal technologique qu'il utilise ont de quoi déprimer n'importe quel designer sonore en sommeil. Même si les titres kill_recorder=Sc1, term/echo, syslog_ident (putain de piano apocalyptique) ou le dévastateur switch(pcap_datalink) ont ma préférence, il est impossible de dissocier des extraits du produit brut. Le mode shuffle représente ici, le mal absolu.

 

Que dire ? Access To Arasaka laisse cette année encore toute la concurrence potentielle à des années lumière de son système d'exploitation. Cet objet sonore non identifié est un must have absolu. Même si son auteur semble glorifier le hacking et la libre distribution du son, le format mp3 se révèle ici telle une hérésie. Le format physique est donc forcément des plus recommandables, même si son enveloppe charnelle et organique est amenée comme nous tous, à disparaître.

 

http://tympanikaudio.com/wp/wp-content/uploads/ta045-access_to_arasaka-voi.jpg

par Ed Loxapac

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 19:08

Sortie : 11 octobre 2010

Label : Anticipate

Genre : Electronica

Note : 6,5/10

 

Le New-yorkais Morgan Packard n’aime pas les cases, sa musique ne pouvant se limiter à une appellation réductrice. L’unique fil conducteur de ses productions restant l’électronique. Dans ce cas, comment résumer sa nouvelle production, Moment Again Elsewhere ? Impossible de figer ses compositions dans un verni d’apparat.

Moment Again Elsewhere convoque autant l’électro-acoustique que le field recording, l’électronica épurée que le dub-techno. La moindre texture est mouvante, semble prendre la tangente pour échapper à la domestication. Comme pour mieux brouiller les pistes, Morgan Packard a crée son propre logiciel de composition, Ripple, rendant impossible tout tentative de poursuite balisée.

 

Moment Again Elsewhere est un album atypique, une proposition réclamant de nombreuses écoutes afin de pouvoir être apprivoisée. Quand vous pensez saisir l’objet, il vous file aussitôt entre les doigts. Les pistes s’enchaînent sans jamais vouloir se répondre et pourtant l’ensemble forme un tout indéboulonnable. Afin de créer ce socle, Morgan Packard s’appuie sur deux éléments : la prédominance d’une basse réconfortante et l’utilisation quasi systématique du piano. Mais il ajoute à ce cahier des charges une quantité d’autres instruments comme le saxophone sur un Moment hésitant.

Le secret de Moment Again Elsewhere se trouve là, dans l’hésitation et la fragilité. En imposant avec finesse une atmosphère apaisante, Morgan Packard joue avec nos songes. Unveil vous prend ainsi avec douceur par la main pendant que le magnifique Although vous réconforte avec sa basse enveloppante et sa pluie tombant lentement le long des multiples sonorités du morceau. La nature est souvent présente, comme sur le dub-techno tremblant d’Insist avec son final champêtre, tout en clochettes balbutiantes. En misant sur des morceaux courts, portés le plus souvent pas un léger beat downtempo, Morgan Packard évite la redondance et capte ainsi plus facilement nos pensées errantes.

 

Moment Again Elsewhere séduit par sa fragilité et son tâtonnement permanent. Morgan Packard signe un album insidieux qui s’installe indirectement mais durablement dans l’esprit.

 

http://www.anticipaterecordings.com/files/images/ANT011_web.jpg

 

par B2B

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 19:17

Sortie : septembre 2010

Label : EN:PEG Digital

Genre : IDM obscure et sensuelle

Note : 8/10

 

Odori est une mystérieuse et charmante dready canadienne. Bien connue de  EN:PEG, subdivision digitale de l'excellent label américain n5md, elle a également posé un titre ou deux sur le netlabel Xynthetic. Après For Roslyn Heights en 2007 et Winter Of Artifice en 2008, Gathering Lines est son troisième essai.

 

Gathering Lines est à l'image de son artwork. Ambigu, obscur et profond. Tel un rêve étrange et pénétrant que l'on ne fait que trop peu souvent, il diffuse des ambiances à la fois sombres et rassurantes. Comme un hologramme visible seulement la nuit, le son tourne autour de l'auditeur, l'effleure puis le fuit, pour mieux l'envelopper une fois définitivement à sa merci. Un peu comme ferait une vestale faussement ingénue pour mieux rendre fou sa cible. Les synth tones flottantes et les nappes de cordes témoignent de cet enfantin mais jamais naïf ballet amoureux. Le beat et la rythmique se courbent et se plient, formant une union langoureuse et profonde. Entre mélancolie chaotique noire et lumière salvatrice blanche, les spectres se confondent aussi bien que l'amour et la violence. Et quand les drones de crins gémissent sur Floxes, on est terrassé par tant de beauté immaculée. Entre ambient et electronica, Odori dessine des contours d'espaces insondables dans lesquels il est dangereux de se jeter à corps perdu. Le risque consiste à écouter cette oeuvre des nuits entières les yeux fermés, priant pour le retour chimérique de cette beauté narquoise et romantique qui n'a fait qu'un trop furtif passage dans mes insomnies mélancoliques. La première injection est forcément la meilleure comme chacun le sait, on serait cette fois-ci heureux que l'addiction demeure. Le réveil est donc forcément atroce. On en ressort haletant, transi, humide mais éperdument épris.

 

Gathering Lines est vous l'aurez compris une oeuvre émotionnelle rare. Nul besoin de réfléchir sur son absence de velléités révolutionnaires, la beauté est là toute proche, un claquement d'ailes enflammées suffit. Surveiller les sorties de EN:PEG est plus que recommandé, il est bien plus qu'un laboratoire à sorties physiques pour n5md. Faites de beaux rêves et n'en revenez pas, car bien trop dure sera la chute.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/517Ve4c7FKL._SL500_AA280_.jpg

par Ed Loxapac

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 00:39

Sortie : Prout

Label : Auto-vomi

Genre : Rap de potaches

Note : Euh... nan rien

 

Avant d'incarner le trio  Hopital & Charité, MC Circoncis (Charité) et MC Thirsty (Hôpital) faisaient déjà dans le rap conscient et intello au sein de Los Churros. Puis ils ont rencontré le Barman du CSCG, bassiste aux allures de moustachu sado-maso qui traîne sa syphilis dans les back rooms de Provence et de Navarre. C'est avec plaisir que nous chroniquons le premier essai de cette glorieuse association, qui va devenir dans très peu de temps la nouvelle coqueluche de Ni Putes Ni Soumises. Rien que pour ça, ça vaut la peine.

 

Bienvenue dans un monde où la Valstar coule à flot, où les infirmières sont lubriques et disposées à effectuer des golden shower en échange d'un spliff de tcherno, où les lendemains de fêtes les cacas fouettent, et où on dessine des bites sur les corps sourds de nos anciens meilleurs amis, trop bourrés pour esquisser un semblant de désappointement. Les titres parlent d'eux même : Je m'en branle, Mamie Nympho, On sait pas raper, Boire de la bière... tout est dit ou presque. Du côté du son, on est dans la plus pure putasserie sucrée et grasse qui filerait même des caries au sourire de Laurent Delahousse. Cette démarche punk et nihiliste est à situer entre Fatal Bazooka et Svinkels, mais bien plus drôle et mois hype que ces trimards de TTC. Vous saisissez ou vous avez besoin que je précise que les flow des MC sont criards et comment dire... brouillons ? Les amateurs de poésie lyriques apprécieront les lyrics, comme sur Mamie Nympho : "Ta gueule est ravagée par le poids des années, mais moins que ton cul par le poids des routiers. Ce soir c'est soirée pertes blanches, vas y remue bouge tes hanches". Ou encore sur On sait pas raper : "On sait pas raper mais t'as payé ton entrée, tu t'es fait escroqué par Hopital & Charité". On atteint l'apothéose sur L'Hôpital de la Charité : "Moi quand j'opère ça se voit, j'ai ton sang sur les doigts. J'ampute des putes". Suivront des hommages aux hardos des années 1980, à ce jour saint qu'est le dimanche (pas à Bamako) et aux lendemains de cuites.

 

Cet album est dédicacé à tous les branleurs magnifiques qui confondent la scatologie et la coelioscopie, à ceux qui niquent la hype et son père. Ces losers assumés et somptueusement stupides seraient capables de remplir le stade... anal. A voir en live donc. L'album est téléchargeable gratuitement ici (heureusement faut pas déconner).

Parce que Chroniques électroniques est un site pointu et spécialiste, à la pointe de l'actualité et de l'avant-gardisme, je me devais de publier cette missive. Bien à vous.

 

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par Ed Loxapac

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