Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 11:05

Lieu : Bataclan (Paris)

Date : 18 octobre 2010

 

Pour assister au nouveau live de Trentemoller, c’est tout un Paris branchouille et plutôt trentenaire qui s’agglutine devant le Bataclan. Avec son dernier album, Into The Great Wide Yonder (chroniqué ici), le Danois avait surpris ses fans en empruntant de sombres voies rock, et le rendu de ce bijou en concert promettait d’être ébouriffant.

 

On pénètre dans la salle, que l’on devine bientôt retournée, alors que des drones et des volutes acres émanent de la scène. Il s’agit de la première partie du groupe danois Chimes & Bells, réduit ici à un couple, qui livre une sorte de blues glacial, piqué de cold-wave et d’ambient. La voix impressionnante de Caecilie Trier et le mysticisme opiacé qui se dégage des percussions et des lentes mélodies vous noient instantanément dans une brume crépusculaire. Voilà un groupe qui n’aurait pas fait tâche au sein de la compilation Harbour Boat Trips de Trentemoller. Après un final des plus noisy, sur fond de crissements industriels, l’excellent duo se retire, tandis que l’attente commence à se faire sentir.

 

                          New-Picture2.jpg

Lorsque la lumière s’éteint, c’est pour voir s’élever de curieux murs de rubans, entourant la scène à la manière d’une cage de chatterton. Une mise en scène sacrément organique qui tranche avec les visuels numériques qui peuplent habituellement les concerts électro. Acclamé comme un pape, le dandy frangé se montre enfin, et démarre sur des chapeaux de roue par un The Mash And The Fury incandescent. La suite développera des aspects rock, progressif et haletant, des phases brutes de techno racée, et des influences d’électronica et de cold-wave. Au guitariste et au prodigieux batteur initiaux, viennent s’ajouter trois sublimes brunes, une bassiste et les chanteuses Mary Fisker et Josephine Philip. La soudure qui semble émaner du groupe, l’humilité de Trentemoller parmi ses musiciens, et leur plaisir visible d’être là, contribuera beaucoup à transcender le concert. Le public, quant à lui, est dès les premières minutes tout acquis à leur noble cause. Sur le surexcité Silver Surfer Ghost Rider Go !!!, l’auditoire claquera des mains à s’en faire rougir les paumes.

                             gf.jpg

Durant deux heures, l’atmosphère survoltée ne faiblira pas. La dimension noise de Into The Great Wide Yonder prend ici toute sa consistance. Les textures sont écorchées, les crissements de guitare pleuvent, les montées mélodiques tournoient, vous pénétrant par tous les pores, et la vivacité de la batterie tambourine au sein même de la cage thoracique. Chaque titre provoquant une tension violemment réjouissante, je me surpris à lâcher un long soupir à la fin de presque chaque morceau, et il me sembla afficher un visage crispé durant l’intégralité de la prestation. La puissance retenue et la fabuleuse intensité dégagée par les versions live des morceaux du sorcier danois enveloppent la foule dans une euphorie exaltée, teintée d'une certaine noirceur et d’un romantisme fougueux. Quant aux prestations des deux chanteuses, toutes de paillettes et de cuir blanc vêtues, elles apportent leur quotient de sensualité et d’émotion, essentiels aux très beaux Sycamore Feeling et Even Though You’re With Another Girl. Après un rappel prévisible mais apocalyptique sur Moan, Anders et sa troupe saluent bien bas et disparaissent. Bien trop tôt.

 

Même si le constat paraissait prévisible, comment ne pas sortir scié d’un tel live ? Les jambes et le dos fourbus, le boulevard Voltaire semble un trop brusque retour à la réalité. Trentemoller ne manque pas à sa réputation de génie des machines comme de l’instrumentation, et ses représentations sont de celles à valoir d’être vécues.

 

par Manolito

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
commenter cet article

commentaires

HzBen 18/01/2011 17:59


http://soundcloud.com/hzben/hzben-best-of-trentemoller


Neutrix 01/11/2010 21:01


Complètement d'accord avec Scarecrow qui à mon goût a bien résumé ce concert. J'ai bien aimé sa prise de risque sur son dernier album mais le concert était clairement en dessous. Jean Michel
trentemellor avec ses chanteuses pseudo cramberies, cimer...


Scarecrow 22/10/2010 10:43


Alors là, c'est à croire que je n'étais pas au même concert! Je ne comprend pas tous ces superlatifs.
Grand fan dde cette pépite qu'est "The very last resort", je n'aurais raté ce concert pour rien au monde.
Mais là, quel déception! J'ai trouvé que c'était fade et raté. Les rifs de guitare saturaient et Trentemoller faisait peine à voir à rajouter de nombreux artifices qui n'apportaient rien à ses
morceaux.
A aucun moment, je n'ai trouvé que le rendu en live dépassait ses albums. Pire, j'avais parfois l'impression de découvrir Jean Michel Jarre revisitant Ennio Morricone. Et l'ennui a fini par avoir
raison de moi.
Vivement que Trentemoller revienne à ce qu'il maitrise le mieux : cette techno minimale au frontière de l'electronica et de la cold wave.


Chroniques électroniques 22/10/2010 11:44



Je comprends ce que tu veux dire, et Into The Great Wide Yonder a d'ailleurs été largement critiqué pour ces raisons (que je n'approuve pas). The Last Resort est un chef d'oeuvre, mais son
second, même s'il n'a évidemment pas la même perfection, reste brillant, et il fallait un tout petit peu s'attendre à ce qu'il même l'accent sur celui-ci en live. L'album m'a semblé absolument
transcendé, après tu n'es pas le premier à me dire que les riffs de guitare l'on assommé. 


Manolito