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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 09:39

Sortie : 6 décembre 2010

Label : Walt Disney Records

Genre : B.O. pompeuse

Note : 2/10

 

Pas étonnant de voir copuler Daft Punk et Disney tant les deux font figure de parcs d’attractions pour grands enfants. Inutile de disserter pendant des heures sur l’apport des Daft dans la musique électronique. Non pas au niveau qualitatif, le duo français se contentant de tracks relativement simplistes, mais essentiellement dans un domaine échappant aux théories : l’émancipation et l’ouverture d’une musique "électronique" à une échelle mondiale ayant permis à un public non averti de tomber dans les méandres des machines. Daft Punk n’est pas uniquement un blockbuster à danser, c’est un passage obligé, un rite d’initiation fréquentable.

 

Depuis les grands messes populaires de Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem Christo, on avait peu de nouvelles du duo jusqu’à l’annonce de la création de la B.O. du nouveau Tron Legacy, suite du faux film culte obsolète Tron (à l’époque, Wendy Carlos avait composé la B.O., ce qui est autrement plus classe). Après tout pourquoi ne pas céder aux sirènes de Mickey le temps d’un rouleau-compresseur mondial permettant de s’acheter définitivement une légitimité artistique. Car ne soyons pas dupe, on sent bien que Daft Punk tient fortement à démontrer ses talents de composition. Le plan marketing est en place et rien ne dépasse.

Et finalement, quelle déception ! Tron Legacy n’est rien d’autre qu’une énième B.O. de film à grand spectacle, à caler entre deux pâtés étouffant de James Horner et Hans Zimmer. Car il n’y a pas erreur sur la marchandise, dès l’Overture on est happé par des cuivres aux services d’une orchestration grandiloquente. Le thème est directement bombardé et sera plus que le fil conducteur de cette partition puisqu’on va le bouffer à toutes les sauces, au service d’un plat unique. Là où des compositeurs aguerris savent réinventer un thème pour mieux manipuler l’auditeur, Daft Punk tombe dans le piège de la redondance. La faute ne revient sans doute pas totalement aux Français, il y a fort à parier qu’ils ont dû subir un lourd cahier des charges de la part de Disney. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas s’être limité à un exercice plus concentré plutôt qu’à ces 22 très courts titres se ressemblant maladroitement ? Et l’alternance de morceaux électroniques avec des pistes orchestrales ne suffit pas à couvrir la pauvreté de l’ensemble.

Quand Daft Punk se dirige vers une électro pur, on est aussi désopilé. La compression sonore accompagne toujours le groupe au service d’un rétro-futurisme insignifiant, The Son Of Flynn, d’un trip à la Carpenter un poil plus entraînant, End Of Line, ou d’une unique parenthèse tech-house un brin formaté, Derezzed. Tout cela est bien maigre et ne peut empêcher la machine de tourner en rond.

 

Ecouter ce Tron Legacy d’une traite ne présente absolument aucun intérêt, au contraire, on frise l’ennui dès les premières minutes. On pourra toujours dire qu’il s’agissait d’une B.O. et qu’après tout, Daft Punk était tenu par des exigences inaliénables, on ne peut qu’être déçu. Il n’y a plus qu’à oublier cette parenthèse anecdotique dans la discographie des Daft Punk.

 

http://www.kdbuzz.com/images/news/daft_punk_tron_cover.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Paranoiak 16/03/2012 03:25

J'ai pas non plus aimé cette B.O. Aucune âme, rien de bien fantastique et d'un mou du genou pitoyable. => poubelle !

N.B : IMHO, Daft Punk n'est plus depuis "Homework".

rob 15/05/2011 01:27


Justement, je considère bien cet album comme une B.O. et non pas comme un album studio. Les références se limitent à des compositeurs de B.O., je m'attache au thème,... mais force est de constaté
que les Daft Punk n'ont pas la grâce d'un François de Roubaix ou d'une Wendy Carlos.


Quand je vois comment "constaté" a été écrit dans une de vos réponses monsieur le critique professionel je comprends pourquoi votre article à propos de cette bo génialissime est si pitoyable .


Chroniques électroniques 15/05/2011 09:54



J'aime beaucoup l'"attaque" finale. Sinon, nous ne sommes pas critiques professionnels, juste de simples amateurs.


B2B.


 



Barnabé 02/05/2011 01:19


Salut, j'ai découvert la BO en même temps que le film, et l'ensemble m'a particulièrement marqué, la musique collant bien à l'esthétique du film, sobre, light et surtout moderne.
J'ai repassé les différents passages du film juste pour la musique, et maintenant que je possède la BO, je revois les images dans ma tête...
Pour moi le film et la BO sont à découvrir de pair.
Et quant à la musique répétitive, elle me fait penser au fil conducteur de l'album 'the wall" de Pink Floyd, un thème général est conservé et on ne "décroche" pas de l'ambiance du film.


Angie 26/04/2011 02:07


pas du tout d'accord avec ce qui est dit. Les daft ont relevé brillamment le défi!
et je trouve génial qu'ils aient osé s'aventurer un peu dans les sentiers battus...une nouvelle facette! et quelle facette!
ils donnent une dimension superbe au film de disney, qui sans la B.O aurait paru bien morne!


Chroniques électroniques 26/04/2011 18:32



Justement, j'insiste bien dans la chronique sur le fait que les Daft ne sont en rien sorti des sentiers battus. Cette BO n'a aucune âme (alors que le film est, par rare moment, intéressant).


Daft ou pas, c'est de la merde.


 


B2B.



Shyning 30/01/2011 18:17


Excellente B.O. ! Un beau mariage entre musique orchestrale et musique électronique.

Je n'ai jamais été fan de Daft Punk, et pourtant j'écoute cette B.O. régulièrement.

Certes à la première écoute, elle peut sembler un peu décevante, car seuls quelques morceaux se détachent spontanément, les plus rythmés évidemment ("End Of Line", "Derezzed", "Tron Legacy (End
Titles)").

Mais l'erreur à ne pas commettre est d'écouter cette B.O. comme si c'était un album. Ce n'est pas un album, c'est une B.O. de film. Et comme telle, le travail est admirable. Car rarement une
musique de film aura autant collé aux images et à l'atmosphère particulière que dégage le film lui-même. Il faut avoir vu le film, quelles que soient des qualités et ses défauts, pour apprécier
cette B.O. à sa juste valeur et pour voir à quel point images et musique fusionnent à la perfection.

"Overture" nous présente le thème principal de Tron Legacy, de façon assez classique et pompeuse il est vrai, à la manière d'un grand peplum.

A lui seul, le thème "The Grid", bien que très court, nous propulse instantanément dans l'univers de Tron. A l'instar du thème de Blade Runner ou de celui de Terminator, tout y est : l'atmosphère
mélancolique de l'univers de Tron, le son électronique rétro, l'émotion du thème principal de Tron Legacy... L'ajout de la voix off de Jeff Bridges m'a dérangé au début, tant j'aurais voulu écouter
ce thème sans voix off, et pourtant au final je trouve que cela ajoute à l'émotivité et l'intensité du thème.

"The Son of Flynn", passé totalement inaperçu lors de la première écoute, accompagne à merveille le "ride" en moto de Sam Flynn, le fils de Kevin.

"Recognizer", le thème des fameux "reconnaisseurs", est une sorte de version d'accompagnement du thème principal, sans la mélodie donc. L'utilisation des cordes, certes peu originale, est pourtant
d'une redoutable efficacité émotionnelle.

"Armory" nous présente un thème calme, qui peut faire penser à celui qu'on pourrait trouver pour une salle de sauvegarde ou d'équipement dans un jeu vidéo. Le thème colle donc parfaitement à la
scène du film.

Les percussions de style tribal d'"Arena" et "Rinzler" soulignent bien l'aspect "combat de gladiateurs dans une arène".

"The Game Has Changed", thème intelligemment utilisé pour une bande annonce, accompagne avec efficacité dans le film la course de "lightcycles", avec de nouveau l'emploi des cordes, mais aussi ici
de sons et percussions électroniques aux accents rétro.

Viennent ensuite "Outlands", "Adagio for Tron" et "Nocturne", des compositions orchestrales beaucoup plus classiques, dans la tradition des musiques de films habituelles.

Arrive enfin un "beat" avec "End of Line", le thème du club du même nom, qui n'est pas d'une grande originalité et est un brin répétitif. Il est néanmoins efficace, avec l'utilisation sympa de sons
"chip" bien rétro style Commodore 64.

Vient ensuite le fameux "Derezzed", mis en lumière par un clip, qui devrait emporter la faveur des aficionados de Daft Punk mais qui, pour ma part, ne m'emballe pas particulièrment, sans doute
parce que justement, à la base, je ne suis pas fan de leur style de musique. Un morceau néanmoins particulièrement efficace et qui se justifie pleinement dans le film.

"The Fall" souligne très bien l'une des scènes du film, tout comme le thème planant "Solar Sailer", qui accompagne idéalement le voyage avec le véhicule du même nom.

"Rectifier", sorte de thème dramatique aux accents de marche impériale, utilise avec grandiloquence cordes et cuivres dans un grand crescendo.

"Disc Wars" mélange à nouveau sons électroniques et percussions tribales pour accompagner au mieux l'action.

"C.L.U.", thème de l'avatar informatique de Kevin Flynn du même nom, est un thème dramatique de facture orchestrale plus classique.

"Arrival" nous propose un thème apaisant, avant "Flynn Lives", un thème qui accompagne une scène chargée en émotion, grâce à l'utilisation crescendo de cordes et instruments à vent sur le thème
principal.

Vient enfin l'excellent thème du générique de fin, "Tron Legacy (End Titles)", qui reprend cette fois le thème principal, non plus dans un emballage orchestral, mais bien dans un ensemble complet
du style de Daft Punk, en faisant du coup un morceau à part entière.

"Finale", comme son nom l'indique, clôture cette belle B.O. de manière orchestrale.

Je recommande donc cette B.O., qui ne donne sa véritable dimension qu'après avoir vu le film.