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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 19:06

Sortie : juin 2010

Label : Petite Unique Records

 

Udosson, soit le "fils de Udo" est un compositeur allemand, originaire d'un petit village de la Saxe. Ce géant de deux mètres oeuvre dans l'électronica, l'ambient, et dévoile des penchants pour les soundscapes minimalistes. C'est avec de bons mois de retard que l'on se penche sur son premier long format Kurz Unter Land, sorti sur le label de Leipzig Petite Unique.

 

"Juste en dessous de la terre", annonce le titre. Si les pulsations mattes et légères qui peuplent l'album peuvent évoquer les battements d'un pouls, palpitant sous la croûte terrestre, la langueur des nappes, les amples orchestrations et la gracilité de l'ensemble font davantage penser à un monde aérien, dédaignant les lois de l'attraction. L'utilisation presque symphonique des cordes et du piano accordent à la musique d'Udosson une dimension puissamment vivante, organique, et une certaine emphase dans les sentiments évoqués. Les harmonies électroniques n'en sont pas pour autant reléguées au second plan. Les beats, parfois même infimes, semblent ciselés avec une infinie délicatesse, et leurs vaporeuses écorchures guident et maintiennent l'auditeur au travers de cette mer de coton. On semble tant avoir affaire à de petits insectes à la mécanique divinement complexe que l'aspect technique de Kurz Unter Land souffre difficilement de critiques. Cependant, il est dur de le considérer comme irréprochable. Les huit pistes, d'une durée moyenne de sept minutes, s'enchaînent sans remous et sans accrocs, et si la qualité demeure, aucun éclair d'exception ne jaillit. On arguera même quelques longueurs. Dans les réussites s'affirment tout de même le progressif et très beau Airport, aux accents de modern classical, Kurz Unter Land ou l'ambigu et poignant Walwanderer de fermeture.

 

Même s'il n'est pas exempt d'imperfections, Kurz Unter Land est sans conteste un bel objet. Udosson façonne avec beaucoup de classe les contours d'une électronica limpide, baignée d'ambient et de touches de house cotonneuse (Brasïg). Si l'imprégnation totale demande une certaine assiduité, l'album n'a cependant rien d'inaccessible, et les fans du genre devraient s'en trouver ravis.


par Manolito

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 12:22

Sortie : novembre 2010 (en numérique, février en CD)

Label : Token Recluse

Genre : Rap lunaire

Note : 9

 

Il aura fallu trois ans et demi à Brad Hamers pour donner une suite à son premier solo, Ligature, sorti en mars 2007. Plus de trois années pendant lesquelles il a peaufiné ses textes et travaillé pour son groupe Two Ton Sloth. Big Pauper, l'autre moitié de Two Ton Sloth, vient l'épauler musicalement et pour le mixage de ce Post No Dreams. Rappelant Buck 65, les vieux Sage Francis et Psyckick Lyrikah, l'Américain produit un rap profond, intime et puissant.

 

L'homogénéité est rare. L'intensité étonnante. Le flow de Brad Hammers, entre rap et spoken word, est souvent chuchoté, sur le ton de la confidence. Il avoue ses plus sombres secrets, ses réflexions inavouables. Au creux de notre oreille, il déverse ses textes étourdissants de franchise. Ses paroles captivent. Pour les délivrer, il s'appuie sur des claviers cotonneux et enveloppant. Quelques guitares, flûtes ou autres cloches peuvent surgir par moment sans rompre le confort. La batterie vient aussi s'insinuer discrètement.

Difficile de sortir un titre du lot tant l'album est un récit construit et cohérent. Certains passages expriment la mélancolie, d'autres la douleur, la rage ou la folie. La voix se dédouble, s'éloigne, fantomatique dans la mélodie. L'Américain nous entraîne dans les méandres de son cerveau, de ses délires, ses peurs, doutes. La retranscription musicale de la pensée a rarement été aussi parlante.

 

Brad Hamers a bien fait de prendre tout son temps pour produire ce disque qui constitue une très bonne surprise de cette fin d'année. Son voyage introspectif n'a pas fini de hanter mes enceintes.

 

http://bandcamp.com/files/11/92/1192067297-1.jpg

par Tahiti Raph

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 08:55

Sortie : décembre 2010

Label : Now Again

Genre : Electronica large

Note : 6

 

Après le Prismic Tops de mai dernier (chroniqué ici) et un podcast pour Stones Throw (téléchargeable ici), le producteur suisse nous revient avec quatre titres dans une veine toujours assez expérimentale.

 

Même sur un maxi, Dimlite n'est pas facile à saisir, encore moins à cataloguer. Et ceci en devient presque un style. Il y a de l'électronica dans ses titres, des rêveries ambient, des blips, du mystère, voire une espèce de touche rock dans les notes de guitare de Kitty Cradle Fog ou la batterie de Loins. Il arriverait à nous perdre. Son esprit divague et qui croit pouvoir le suivre trouvera plus agréable de lâcher prise.

Tout avait pourtant bien commencé sur les doux claviers de Gone-O-Tron. Ces flûtes envoûtantes, cet esprit estival des débuts de soirée au bord de la Méditerranée. Une véritable sérénade de façade pour nous faire baisser la garde. Est-ce une voix dans le fond ? Ne cédant pas à la facilité, le Suisse procède par touche. Les couleurs voltigent sur Metal Snake Rider. Le tabeau s'anime sur une basse entraînante. Quel est ce cri ? L'entreprise de perte de contrôle de l'auditeur débute.

Rien ne sert donc de suivre, il faut se laisser porter. La mélodie lancinante de Loins vous prend le bras. Tiens, des choeurs ? Vous croyez trouver vos repères, illusion. La batterie elle-même ne sait où elle va. Le son a pris une vieille route de campagne et les cordes d'un Kitty Cradle Fog brinquebalant arrivent pourtant à retomber sur leurs pieds.

 

Les cordes n'ont pas de pieds. Les choeurs reviennent. J'aime être perdu.

 

http://nowagainrecords.com/up/DimliteMHWASRegular.jpg

 

par Tahiti Raph

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 16:46

Sortie : octobre 2010

Label : Hymen Records

Genre : IDM, Early Roots

Note : 7,5/10

 

Pour être tout à fait honnête, je n'avais jamais entendu parler de The Empath avant de découvrir ce nouvel opus. Mike Erkau serait originaire de Leipzig et proche du label bien noisy Hands Productions. Il a depuis plus de dix ans sorti un bon paquet d'albums, pour la plupart publiés sur Subroom Medialab. En voilà un autre qui ne peut que bénéficier de l'exposition que va lui procurer une sortie sur le légendaire label allemand Hymen Records.

 

Nostalgiques de l'âge d'or des idoles warpiennes, ce disque est fait pour vous. En effet, ceux qui ont légitimement adoré les premiers disques (les moins complexes aussi) d'Autechre et de Plaid risquent d'être conquis. Pour également s'hasarder à trouver une filiation plus germanique, citons Beefcake, qui ont eux aussi brillé sur Hymen en leur temps. Résolument downtempo, Meanwhile explore des trajectoires aux reliefs accidentés. Les nappes sont profondes et insondables, nous transportant parfois vers des cimes où des eaux limpides et minérales prennent leur source (les somptueux At The Heart Of It All et Imperfectness). Le traitement pneumatique et la texture métallique et rouilée des beats donnent parfois aux eaux précédemment citées une couleur plus nauséabonde et saumâtre (Future Space Junk et le terrible Ultima Thule).

Bien loin de ces considérations sur l'éventuelle évocation du niveau d'usure des nappes phréatiques, The Empath érige en musique des édifices naturels où règnent des visions de contraste et de reliefs tantôt abrupts, puis plus accueillants. Même si la dimension mélodique prend ici l'ascendant sur la maîtrise technique, l'oreille avertie constatera qu'en matière de polissage de la texture et du grain, l'Allemand n'a pas grand chose à envier à ses contemporains. Par la suite, Erkau explore des contrées plus inattendues, plus progressives et moins industrielles, comme sur les très spatiaux (dédicace aux fans de Blade Runner) Planetarium et Silberstreif. Les sillons plus sinueux et plus riches reviennent sur le magistralement écorché No Need To Be Famous et ses putains de basses absorbantes. On regrette gentiment que le tempo ne se soit pas plus souvent emballé comme sur Zeitblase. Alors que notre nouvel ami allemand nous offre ensuite une vision inattendue et sinistre de la Serenity, la fresque Waldmensch, et ses mouvements lents et bucoliques viennent clore un nouveau splendide chapitre des contes sombres pour adultes torturés, distribués par Hymen Records.

 

Cette saluable entreprise dépourvue de toutes velléités révolutionnaires aurait pu s'avérer linéaire et "déjà entendu". Il n'en est rien. On peut même dire que c'est plus que réussi, même si certains tracks en fin d'album auraient mérité d'être un peu plus aboutis. Meanwhile est un album tout à fait recommandable, en premier lieu à ceux qui doutaient qu'il y avait une suite à la désormais ancienne odyssée warpienne. Bisou.

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:JCHlZZI4wHeSCM:http://img215.imageshack.us/img215/9029/hymeny784.jpg&t=1

par Ed Loxapac

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 10:49

Sortie : 6 décembre 2010

Label : Fabric

Genre : Dubstep

Note : 8/10

 

Mais qu’est-ce que je fous ici ? Me voilà paumé en pleine forêt équatoriale, à m’enfoncer dans un sol spongieux. Plus j’avance, plus les sangsues pompent mon sang. J’essaie de me frayer un chemin en repoussant la végétation étouffante, une phoneutria gravit lentement mon épaule. Je suis en nage et me dit que finalement, la déforestation, ça a du bon. Merde, elle vient de me mordre… mes yeux s’ouvrent. Où suis-je ?

On ressort transpirant de l’écoute du Fabric 55 de Shackleton, mix dubstep convoquant les démons d’une transe primitive. Il faut pourtant bien avouer qu’il a eu un culot monstre le Sam Shackleton. Selon les codes en vigueur, quand on propose un mix, on disparaît derrière les œuvres des autres, on est juste là pour démontrer sa science du mix. Mais le père Sam, il s’en fout des traditions séculaires. A l’instar d’un Omar S, qui avait fait le même pari l’an dernier avec son Fabric, il a préféré mixer uniquement ses productions. Posture prétentieuse peut-être mais démontrant avant tout l’assurance du mec. Il faut dire que l’an dernier, il avait déjà envoyé la concurrence dans les cordes avec la compilation de ses Three EP’s, colosse dubstep insubmersible.

 

On n’avait pas autant trippé sur un Fabric depuis des lustres. Car finalement, il ressemble davantage à un album live de Shackleton. En misant uniquement sur ses propres créations, l’immersion est poussée à son paroxysme, l’homogénéité atteint des sommets et la fluidité n’est plus qu’une routine. Les 80 minutes ne font plus qu’une, l’idée de morceau s’efface, tout s’imbrique pour aboutir à un set autant puissant qu’imparable.

On retrouve le dubstep si particulier de Shackleton, fait de basses élastiques, d’échos permanents, reniant toute mélodie pour uniquement se concentrer sur l’aspect tribal. Le pire dans l’affaire c’est qu’en 22 titres, il arrive à se renouveler sans cesse, à ne jamais se stabiliser. Ce n’était pourtant pas gagné de maintenir la pression par la seule force d’une dynamique percussive. Pour y arriver, Shackleton fabrique en permanence des fils d’Ariane, des balises permettant d’amener l’auditeur d’un titre à un autre sans même s’en rendre compte. La réminiscence sporadique de titres issus de Three EP’s permet de moins nous égarer mais Shackleton n’en abuse pas pour autant. Seulement trois fois (Moon Over Joseph’s Burial, Negative Thoughts et Something Has Got To Give) il convoque ses démons passés mais pour mieux les revisiter tout en gardant cet aspect anxiogène. Citer un autre morceau serait ici inutile, écouter l’album par bribes relèverait de l’hérésie. C’est l’accumulation des strates qui finit par aboutir à ce monstre.

 

Shackleton va nettement plus loin que prévu, il aurait pu se contenter de passivement servir un mix érudit mais il a joué le jeu à fond. Ce Fabric 55 explose tous les schémas du genre et propose un trip fascinant dans un dubstep moite, puissant et enfumé, vous mettant littéralement en transe. Brillant !

 

http://crocnique.files.wordpress.com/2010/11/fabric-55.png

par B2B

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 14:32

Sortie : novembre 2010

Label : Tympanik Audio

Genre : IDM, Industriel, Breakcore

Note : 7/10

 

Après avoir sorti un EP et un album en 2008 sur Bugs Crawling Out Of People, le Canadien Famine a fait sa première apparition chez Tympanik en participant à l'exceptionnelle compilation Emerging Organisms Vol.3. C'est cette fois-ci avec son deuxième long format qu'il s'ouvre les portes de l'exigeante maison de Chicago. Cet artiste est absolument intraçable tant il explore des trajectoires différentes, oscillant entre IDM, breakcore, drum & bass, metal et esthétisme gothique. Va-t-il réussir à nous maintenir attentif tout en s'éparpillant ?

 

Explorer sa propre bipolarité. Voilà le programme proposé par le Canadien. La dague entre les dents, sa fougue déboule avec une énergie débridée dès les premières fractures de Mercury et Powerspender. Bien qu'un brin convenu et scolaire, ces deux premiers morceaux ont malgré tout le don de distinguer les parties visibles et immergées de cet iceberg noir et vénéneux. Sig-Int, déjà croisé sur Emerging Organisms, n'a rien perdu de sa superbe et de son potentiel. Le downtempo et l'IDM classique et infectée de Utarid sert de rampe de lancement idéale aux contours les plus intéressants explorés par Famine. Ceux qui laissent exploser les sentiments de narquoise vengeance, de violences depuis bien trop longtemps enfouies. Tout d'abord avec Remorseless, complément infecté idéal du toxique Blood de Fractional, et ses riffs abrasifs lacérant des boucles drum & bass non moins empoisonnées. C'est assez ludique et ça a le don d'envoyer le bois. Dread Father se montre encore plus heavy, de par ses riffs sévères et ses hurlements gutturaux. Blasphemous Reverence conclut idéalement cette nerveuse trilogie, entre post-metal et post-rock, même si certains synthés un rien vintage ne s'imposaient pas. Le soufflé retombe un peu au niveau du tempo mais pas qualitativement, avec les vrilles et les fausses pistes de Dantalion et de Material Things. Des sensations trop neurasthéniques et trop emo-goth pour être honnêtes planent au dessus des guitares de Woak tandis que l'exceptionnel morceau qui donne ses lettres de noblesse à l'album (Nature's Twin Tendencies) s'élève comme sa pierre angulaire. Véritable chef d'oeuvre glacé de cuts glitchy ciselés et de nappes divinement orchestrées, ce morceau justifie à lui seul de l'achat du disque et atteste que le Ashtray d'Edit n'est désormais plus qu'un lointain souvenir. Sa deuxième partie, plus organique, laisse la place à un solo de guitare dépeignant idéalement toute la mélancolie et la dramaturgie de l'oeuvre. Bouleversant. Après tant de beauté, Everyone Is Happy et son cynisme laconique nous clôt définitivement les yeux.

 

Certains joyaux de cet album effacent aisément ses quelques granuleuses irrégularités. Mais n'est-il pas normal de préférer certaines facettes d'un artiste bipolaire ? Chacun trouvera ses propres réponses au plus profond de lui même. Convenons néanmoins ensemble qu'il n'est pas aisé de succéder à des albums aussi géniaux que ceux de Tapage, Dirk Geiger et Access To Arasaka.

 

http://www.fixtstore.com/img/graphics/IndieStore/Famine_NaturesTwinTendencies%202.jpg

par Ed Loxapac

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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 12:31

Sortie : 25 novembre 2010

Label : Modern Love

Genre : Electronica pour invoquer les esprits

Note : 7/10

 

Faut-il avoir peur de l’angoisse ? Le mysticisme entourant la musique de Demdike Stare possède ce pouvoir permettant d’invoquer les esprits. L’écoute de Voices Of Dust vous place face à vos propres démons, l’anxiété est palpable. Ce n’est d’ailleurs pas anodin d’avoir choisi un tel nom. Demdike étant une célèbre sorcière anglaise du XVIe siècle, connue à travers le procès des sorcières de Pendle.

Mais Demdike Stare, c’est aujourd’hui un duo anglais réunissant Miles Whittaker (de Pendle Coven) et Sean Canty. En 2009, ils avaient déjà frappé fort avec Symbiosis, album noir se faisant télescoper dark-ambient, dub-techno, drone et musique expérimentale. Après une poignée de maxis, sort enfin Voices Of Dust (sur l’excellent label dub-techno Modern Love).

 

Véritable ovni sonore, parcours labyrinthique vous égarant dans les méandres de l’âme humaine, Voices Of Dust est un album mystique qui semble vouloir vous révéler à vous-même. Le trip est immersif et il est impossible de faire marche arrière. Pourtant, le parti pris résolument expérimental ne se laisse pas facilement appréhender. Toute écoute passive relève ici de l’hérésie. La musique de Demdike Stare s’écoute fort, très fort, et dans le noir. N’attendez pas la lumière, elle n’arrivera jamais. L’angoisse est présente mais résolument impalpable. Comme avec Symbiosis, le dark-ambient est ici le fil directeur de cette quête initiatique mais cette fois-ci la dub-techno s’efface et Demdike Stare y ajoute cette part de musique ethnique étrange et nauséeuse.

Prétendre que la musique de Demdike Stare est droguée est un euphémisme. Le titre Hashshashin Chant illustre à lui tout seul cette parabole enfumée. La répétitivité des chants s’accompagnant des percussions lancinantes permet d’atteindre la transe. Viento de Levante vous transporte en pleine cérémonie religieuse, les incantations se font malsaines avant le sacrifice final. Desert Ascetic vous lâche en pleine jungle birmane et vous voilà tel un Bougainville contemporain, en plein trip hostile.

Quand Demdike Stare lorgne ouvertement du côté du drone, on est kidnappé. Les 11 minutes de Repository Of Light sont une brillante réussite, 11 minutes de grésillements hasardeux s’illuminant lentement. On s’imagine dans un couloir sans fin, éclairé par des néons hésitants. On ne veut pas se retourner par peur de l’inconnu.

 

Telle une bande son d’un film d’angoisse, Voices Of Dust vous prend par la gorge pour ne plus vous lâcher. L’expérience est autant puissante qu’elle apparaît salutaire. Les expérimentations de Demdike Stare hanteront longuement vos nuits.

 

http://s3.amazonaws.com/modernlove_site/covers/367/love066_dist_preview_medium.jpg

 

par B2B

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 20:49

Sortie : 6 décembre 2010

Label : Raumklang Music

Genre : IDM, Ambient, Industriel

Note : 8,5/10

 

Artyom Kramarev est un artiste russe, originaire de Saint Pétersbourg. Sous le pseudonyme d'arMuta, il compose depuis la fin des années 1990, et passe par le breakcore, l'IDM, le noise et l'indus. Ses sorties s'effectuent dans la discrétion, m0zq en 1999 et Qx23 en 2004 ne laisseront pas de marques sur Discogs. Cet album, Sebilacotha, risque néanmoins de faire parler du personnage, du moins dans des sphères spécifiques. Le disque, qui sort en digital, est publié par Raumklang Music, label allemand qui voit Dirk Geiger à sa tête (interview ici). Une signature plus que bien sentie, tant Sebilacotha s'impose comme une oeuvre considérable.

 

Les dimensions s'y confondent de façon presque ambivalente. Une part des complexes éléments tissés par le musicien russe respirent la pureté, l'infini et dégagent une mélancolie diaphane. Au sein des nappes et des synth tones volatiles, les vents soufflent un air doux et glacé, du même blanc que d'immenses steppes du nord. arMuta développe ainsi des pièces dont la mélodie s'absente parfois, et dont les sonorités s'étirent et voguent aléatoirement, capturant peu à peu l'esprit dans les fils d'une étrange chrysalide. D'autre part, le bonhomme ne lésine pas sur le caractère foncièrement abrasif de certaines rythmiques. Les breaks biberonnés au breakcore et les mélodies frénétiques et écorchées attestent de la brillante composition technique. Pris d'accès d'épilepsie, les glitchy beats s'abattent en pluie acide, et le décor soudain assombri, se teinte de sentiments menaçants et incertains. La lumière et la pénombre se frôlent, électriques, et c'est à leur farouche ballet que l'on assiste, muet. Dans un rayonnement translucide, la dimension acoustique et onirique se fond au sein d'expérimentations plus abstraites, qui affectent puissamment le cerveau et les sens. 

Les premiers titres de Sebilacotha relèvent d'une IDM à la composition envoûtante bien qu'assez classique. L'ouverture aérienne et finement parasitée de elqa welq est cinglée d'aiguilles sifflantes, tandis que le bullaire lew mnast, certes moins original, assure la transition vers un neqh troublant. Proche de l'ambient et de l'électronica, cette pièce représente à elle seule le versant pur, triste et beau de l'album. Alors que la grâce des notes se fait de plus en plus lointaine, le morceau s'achève sur d'aléatoires fissions du beat. La suite s'avèrera infiniment plus tortueuse, obscure et imprévisible. Le reflux synthétique de merrash ne semble obéir à aucune des règles qui régissent la physique, nhoatls se fait l'expression musicale du chaos d'un monde exclusivement cybernétique, libérant des décharges polyrythmiques épurées de toute trace humaine. Malgré un potentiel hermétisme, cette violente injection introduit somptueusement la puissance retenue de rolak awor. Ode au vide infini, la progression crispante et absolue semble ardemment ne jamais vouloir se suspendre. On s'élève toujours plus haut dans l'espace, faisant fi du vertige, et espérant naïvement apercevoir un jour un sommet. Il y a parfois du Nebulo chez arMuta. L'univers mental et les visions qu'offrent sa musique ont d'indissoluble que l'on s'y accroche avec ferveur et les yeux écarquillés. Le choc final, dekla, baigne dans un ambient flottant et crépusculaire. Des notes cristallines embrassent les ronflements gutturaux du beat, et lorsque les dernières gouttes de lumière s'éteignent, le silence a des airs d'orphelinat. 

 

Sebilacotha est un ouvrage aussi subtil qu'abyssal. Artyom Kramarev, en génie méconnu, sait faire naître des sensations atypiques, profondes, qui tenaillent et soumettent l'auditeur à sa merci. Entre chaleur blanche et sombres déchaînements mécaniques, cet album laisse à coup sûr quelques stigmates. Alors que le disque sort demain, saluons l'instinct de Raumklang Music pour ce voyage qui demande à être soi-même constaté. Grande révélation.

 

9.jpg

par Manolito

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 19:04

Sortie : novembre 2010

Label : Project: Mooncircle

Genre : Rap instrumental électronique

Note : 6

 

2010, année des producteurs russes ? Le netlabel Error Broadcast a tout fait pour, notamment avec la distribution des albums de DZA ou de OL et surtout avec sa compilation Fly Russia (chroniquée ici). Project: Mooncircle semble suivre la même voie avec, après la publication du LP de Pavel Dovgal (chroniqué ici), l'arrivée d'une sélection d'une grosse dizaine de beatmakers russes (après celle dédiée aux Japonais, chroniquée ici). Il est ici question d'un abstract hip-hop souvent bref, dans lequel l'électronique est plus que présente.

 

Il y a d'abord quelques figures connues comme Pavel Dovgal, appliqué sur Is On Fire, DZA, l'excellent Demokracy et son puissant Searchlight et enfin Long Arm, découvert sur la dernière compil' du label (chroniquée ici) et toujours sous perfusion de jazz apaisant.

Du côté des nouveaux, Moa Pillar lâche un Way Of Wind introspectif et posé où une flute japonisante vient troubler les grincements électroniques. Aktor ou encore Myown proposent aussi des plages inspirées, avec une pointe organique s'insinuant au milieu des machines au groove confortable. Sur Vladislav Kovac, le second cité parsème un beat alambiqué d'une nébuleuse de voix pour un moment de rêve éveillé.

L'univers exploré est moderne et synthétique. Les synthés sont omniprésents pour faire vivre les beats crépitants. Une ligne de conduite qui peut provoquer quelques ratés, notamment le Fireball minimaliste de DZA. La rythmique sèche ponctuée de sons de jeux vidéo est un hommage récréatif mais un peu limité. Shawalski a lui passé la frontière du mauvais goût avec une mélodie 8-bit infantilisante ponctuée d'invectives gorgées de reverb jusqu'à l’écœurement.

 

Mis à part ces deux fautes de parcours, cette compilation donne à la fois une bonne image du niveau et de la diversité de style de ces producteurs russes qui émergent actuellement. 2011 permettra sans doute d'en apprécier certains sur leurs propres albums ou maxi, car ils méritent de s'exprimer plus longuement. Pour ne rien gâcher, c'est en téléchargement gratuit (ici).

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc034_cover_front_480px.jpg

par Tahiti Raph

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 12:22

Date : 15 novembre 2010

Label : Turbo Recordings

Genre : Techno

Note : 5/10

 

L'Ecossais Andy Graham, qui se cache derrière Sei A, n'en est pas à son coup d'essai. Il avait déjà frappé en 2008 avec Editing Shadows, album de tech-house musclé. Depuis, le gazier a eu le temps de peaufiner son style pour mieux dynamiter les dancefloors. Ne tergiversons pas, la tech-house de Sei A n'a aucune autre vocation que de vous obliger à vous démener sur une piste de danse. Exit la finesse et la volupté, faites place au rouleau compresseur White Rainbow.

 

Sans non plus tomber dans le cliché du genre, White Rainbow est une machine suffisamment maligne pour éviter l'autoroute de la techno. Même si souvent l'album joue dangereusement avec les schémas préconçus et la linéarité plombante, Sei A sait insuffler à son objet quelques respirations bienvenues.

White Rainbow est frontal, pas très fin mais jouit d'une redoutable efficacité, notamment dans sa première partie. Les mélodies se font rares pour mieux se focaliser sur un groove imparable. Il est clair qu'à 2h du mat', l'ensemble fera des ravages. La construction basique des morceaux permet d'immédiatement adopter l'engin. Les montées se succèdent que ce soit pour un résultat vicieux et trébuchant, Little One Song, ou lors d'une tentative de rapprochement vers l'univers de Modeselektor, Sweet Lives. Les sons restent grésillants et la basse est lourde. Sei A exploite au maximum tous les gimmicks identifiables pour un tazé en pleine montée. On aurait pu craindre que la sur-utilisation de la voix (souvent parlée, parfois chantée) allait être rédhibitoire mais finalement, on accepte cette mise en situation.

Mais White Rainbow s'essouffle rapidement, d'ailleurs, une simple écoute dans son canapé se révèle vite ennuyante. La dernière partie de l'album réussit néanmoins à maintenir l'attention. La sombre ballade de Out Of Reason rappelle Moderat pendant que la house de Body Of Eyes se fait plus atmosphérique.

 

Sei A signe un album de tech-house qui ne cherche rien d'autre que l'efficacité primaire. Il n'est point question de travail d'orfèvre mais juste d'une volonté de faire bouger l’auditeur. Ca a beau manquer cruellement de finesse, le groove réussit quand même son affaire.

 

http://4.bp.blogspot.com/_D3WHkOh6MWA/TO0PXsurGXI/AAAAAAAABaI/UDbDkpZ_SIc/s320/Cover.jpg

 

par B2B

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