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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 15:44

Sortie : novembre 2010

Label : DTC Records - Gazebo - DFragment Music

Genre : Jazz expérimental

Note : 7

 

Le piano joue clairement. Les notes sont franches et entières. Nous perdons le contact. Le son se brouille. Les mouches envahissent les enceintes. Grésillements parasites (Intro).

 

Laurent de Wilde joue de son piano, tape dessus, fait résonner chacune de ses parties. Otisto 23 enregistre, modifie et fait ressortir de son ordinateur des rythmiques rauques, des frottements synthétiques. La mécanique est huilée depuis leur album Pieces sortie en 2007. Laurent joue. Otisto retravaille.

La rencontre est industrielle, métallique, dure. Le piano virevolte tandis que les machines cognent (Sorry George). Enregistré au plus près de la nature, ce disque sonne pourtant avec une certaine froideur. Pas celle des touches charmeuses (Lost), celle rugueuse de la transformation des battements sur le reste de l'instrument (Jazz Me I'm Infamoous).

 

Après avoir exploré le jazz à plusieurs, de Wilde a viré dans l'électro le temps de deux disques en groupe (Stories en 2003 et Organics en 2004), puis est revenu sur le piano solo. Un recentrage. Il est toujours sur son piano solo, mais Otisto 23, ingénieur du son et pianiste lui aussi, est désormais là afin que l'instrument donne vie à tout un groupe virtuel.

Les marteaux cognent les cordes. Autour tournoient des hurlements sourds. Une batterie plus classique accompagne un instant l'air de jazz avant que la cadence augmente. L'usine tourne à plein, les ouvriers sont harassés (Hiphex Blues). L'expérimentation évolue, se renouvelle. Cherche et trouve. Les deux hommes s'interrogent et se répondent. Le piano est noyé, il disparaît dans un hangar désert (Good Cop Bad Cop). L'organique est dépassé par le numérique. L'ordinateur prend le dessus. l'industrialisation est en marche, inexorablement. Otisto frappe et la machine écrase l'homme (B Flat Seven).

 

La guerre est finie. La technologie a évolué. Des robots veillent sur une troupe aliénée. Le piano revient peiné et emprisonné derrière des basses dominatrices. La mélancolie plane. L'horizon est terne. Une voix surgit d'un haut parleur : "il sort du compartiment, il est aveugle" (Geek No Geek).

Le combat reprend, le tempo augmente, et personne n'en ressort vainqueur (To Break The Ice). Sauf l'auditeur, tour à tour intrigué, brinquebalé sans ménagement, enthousiasmé, inquiété, caressé ou agité. La perturbation s'éloigne. les grésillements cessent. Le son du clavier redevient normal (Outro).

 

http://bassmatak.free.fr/fly/images/Fly_cover-jpeg.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Fix 02/12/2010 19:38


Merci Tahiti Raph pour cet article, on sent qu'il y a eu beaucoup de recherche et c'est très intéressant.

Cependant je ne trouve pas que Otisto 23 crée des
"des rythmiques rauques" dans cet album..,enfin je trouve ça totalement dépourvu de rythme ?!

éclaire moi ? :)


Chroniques électroniques 03/12/2010 19:41



Il y a quelques kicks étoufés, des rythmiques plus abstraites, mais aussi des choses plus construites. Pas tout le temps, mais souvent si je me souviens bien...


Raph



Benjamin F 29/11/2010 13:49


Pas encore écouté le disque mais la critique est vraiment stylée :)