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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 22:06

Sortie : octobre 2011

Label : Force Inc. Music Works / Mille Plateaux

Genre : Glitch, Ambient, Minimal, Dub Techno

Note : 7,5/10

 

Après un long silence, le label Force Inc. Music Works refait parler de lui, après avoir été placé sous l'aile du label allemand sous-estimé : Mille Plateaux. Et pour cette relative renaissance, c'est à un certain Marow qu'est confiée cette nouvelle sortie. On ne sait pratiquement rien de lui, si ce n'est qu'il est le fondateur avec Olaf Tonstein du netlabel berlinois Klitorik, où les deux compères distribuent seulement leurs propres réalisations.

 

Même si la teneur du son est ici résolument minimale, reconnaissons que le travail et le traitement de la texture est l'oeuvre d'un orfèvre. Les beats, semblent tailler dans un liquide fluide et limpide qui viendrait faire imploser la roche ou la glace. Ces derniers jaillissent comme les anévrismes claquent. Les glitchs ont quelque chose de Pleqien dans leur pureté. Il y a en plus de ça des phénomènes de réverbération et d'écho du son qui agissent sur les synapses comme un onguent hypnotique. Irideszenz en est le plus digne exemple, avec ce chassé croisé de pianos qui tentent de se faire un chemin au coeur d'un palais de glace. Ou comme sur Schweif, petite fable célébrant l'errance en territoire gelé, greffée de petites électrodes aspirantes. Citons également E.coli, Efeu, Ast ou Eis, comme comptines cristallines et carillonnantes plus que bien inspirées. La première large partie de l'album peut même être qualifiée d'envoûtante. Tout cela est très très beau. C'est après que ça se gâte un peu.

On avait bien senti jusqu'alors ces tentatives d'orientations tech-house, qui sans forcément inviter à la danse, essayaient de renverser la rythmique morcelée. Il y a malheureusement dans des titres comme Substrativ et Und des réflexes et un conditionnement 4/4 trop pavloviens pour être complètement honnêtes. Nul doute que ceci trouvera preneur chez les férus de dodelinement house, observateurs des braises qui éclatent au coin du feu. Tout ceci est tellement en dessous du reste, en plus d'être dans une rupture difficilement compréhensible. Les remixes de clôture relèveront certes le niveau, mais laisseront un léger goût d'inachevé et de frustrant pour les adhérents des trajectoires initiales.

 

Petite déception donc en cette fin d'album, mais qui n'éffacera heureusement pas les bien jolies perles qu'on ramasse sur ce chemin enneigé. A écouter tout de même à haut volume et avec un matériel de qualité pour éviter de se sentir face à une musique d'ascenseur. Nous allons suivre de très près les futurs travaux de ce mystérieux Marow, et le reste des sorties de Mille Plateaux par la même occasion.

 

http://www.qobuz.com/images/jaquettes/4047/4047253999534_600.jpg

par Ed Loxapac

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 10:51

Sortie : Juin 2011

Label : Mojuba

Genre : Deep-house

Note : 8/10

 

Stereociti est un artiste japonais qui officie dans le milieu deep-house depuis peu. Kem Sumitani, de son vrai nom, a sorti quelques maxis etKawasaki est son premier long format. Le fait de sortir sur l’excellent label allemand Mojuba aurait du pourtant me mettre la puce à l’oreille. Comment ai-je pu passer à côté de ce disque ? Il aura donc fallu qu’un de nos lecteurs me conseille le disque pour qu’enfin je daigne y poser une oreille.

 

Un LP qui débute par le ronronnement métronomique d’un train ne peut que provoquer ma sympathie de toute façon. Stereociti développe en 10 titres sa science deep-house car il s’agit bel et bien de science. En effet, le Japon est un énorme vivier de talents que ne pourra jamais suffisamment louer. Les artistes nippons savent s’accaparer tous les codes d’une scène pour mieux la sublimer. Ils engrangent une somme astronomique de disques occidentaux, les dissèquent, les digèrent et enfin, redéfinissent les frontières perméables d’un genre.

Kawasaki impose le respect dans sa façon de proposer une house feutrée caressant les oreilles. La plupart des morceaux sont évolutifs et s’impose lentement à vous. Les éléments s’ajoutent progressivement, évitant le piège de la surenchère. Ici, rien ne dépasse. Le moindre beat, claquement, petit son, lorsqu’il arrive, semble être une évidence. C’est d’une exquise finesse.

De Awakening qui développe sa house comateuse en imposant avec douceur une atmosphère lancinante à A Day qui sent bon l’été et étale sa classe en misant sur la sobriété. Autant l’avouer, rien n’est à jeter. 3steps se révèle moite et fortement sexué pendant que Downstream se fait hypnotique et enveloppant. Stereociti nous propose même un trip dub-house avec un Day By Day au final jazz d’un cool absolu.

Comme souvent avec les très bons, et trop rare, albums de deep-house, tout est question d’ambiance et d’atmosphère. Le but restant de lentement entraîner l’auditeur dans un monde propice à la danse lascive. Et ça fonctionne à 100% sur ce skeud.

 

Décidément, la fin d’année nous permet de remettre les pendules à l’heure en se focalisant sur tous les excellents albums que l'on a pu oublier en 2011. Kawasaki de Stereociti est typique du trésor que l'on aimerait garder pour soi et de toute façon, il ne faut pas se leurrer, cet album restera sans doute confidentiel (ce qui est une honte, on en convient). Il ne vous reste plus qu’à vous laisser happer par cette sublime deep-house.

 

http://minimalistica.org/wp-content/uploads/2011/07/Stereociti-%E2%80%93-Kawasaki.png

 

par B2B

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 07:43

Sortie : décembre 2011

Label : Self-released

Genre : Dark-ambient, drone, field recordings, experimental

Note : 8/10

 

Un des maîtres de l'électronique expérimentale n'est plus. Après avoir officié plus de dix ans sur le vénérable Type Records et plus récemment sur le jeune et prolifique Digitalis Limited, John Twells, l'homme qui se cache derrière Xela, a décidé de cesser ses explorations musicales. R.I.P. On ne sait pas grand chose de Xela, pas même vraiment où il réside, sinon dans un hypothétique manoir perdu dans le nord brumeux de l'Angleterre. D'abord pourvoyeur d'une belle IDM, c'est ensuite vers l'ambient/drone expérimental, avec fied-recordings, modern-classical et dark-folk en options, qu'il orienta son inspiration. Pour couronner ces dix années musicales en beauté, l'anglais nous livre sa dernière offrande : il s'agit d'un Exorcism terminal.

 

Avez-vous déjà entendu le bruit de la respiration du diable, sifflante, arythmique, soufflant au creux de votre nuque ? Allongé sur une pierre tombale, avez-vous déjà senti la main du démon, plus froide que la pierre, vous serrer jambes et bras, avant de signer sur votre front d'un ongle effilé le seing d'un pacte infernal ? Non ? Il n'est jamais trop tard, puisque Charm met en musique la lente possession d'une âme. Au clair, la lune dévisage une église délabrée dont le clocher sonne sans cesse, monocorde, cadençant cahin-caha cette longue procession de moines blafards aux carillons maléfiques. La fièvre monte, la vision se déforme avec les sons... ça y est, vous êtes possédé.

Heureusement, dans cet Exorcism comme dans n'importe quel nanar de série B, un prêtre est évidemment de passage dans le village afin de tout mettre en œuvre pour chasser Lucifer, souverain parmi les impies. Ainsi débute la Recitation, complainte lancinante réverbérée dans la tête de l'hanté, montant lentement en intensité comme la voix du Tout-Puissant portée dans le cœur du maudit. Les moines aux carillons s'éloignent en laissant derrière eux des effluves de vapeur noire, pendant que votre âme se met à bouillir de la colère satanique devant son glorieux inquisiteur, vous laissant presque inerte, inconscient.

Il est alors temps pour le guérisseur d'administrer la Potion, fruit de traditions ésotériques de la lutte contre les forces nocturnes. Votre cœur se remet à battre, tandis qu'une étrange mélodie vous enveloppe, puis s'accélère, s'accélère encore, se met à bourdonner et à se réverbérer sur toutes les parois de votre être. Une ultime série de spasmes plus tard, et puis vient la déflagration. Vous êtes seul, abandonné par votre hôte. Seul ? Non. Quelque part, au fond de votre psyché, vous l'entendez encore sourdement grésiller, Lui. On ne réchappe jamais totalement de l'empire du diable.

 

En signant cette dernière pièce, Xela couronne une œuvre majeure des dix dernières années. Le malin faisant parfois bien les choses, cet exorcisme est gratuit (ici). Avec un peu de chance, la bonne sœur sans sous-vêtement ne se trouve pas bien loin. Ce serait alors quelque chose comme le paradis.

 

http://diveintosun.files.wordpress.com/2011/12/exorcism_cover.jpg

par Pingouin Anonyme

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 18:09

Sortie : novembre 2011

Label : Ultimae

Genre : IDM, psychill, ambient

Note : 8/10

 

Nous ne vanterons jamais assez les mérites du label lyonnais Ultimae. Naviguant dans des eaux claires mais tumultueuses, la maison dirigée par Vincent Villuis (Aes Dana) et sa femme est parvenue à trouver une couleur de son unique, qui traverse aussi bien les rivages de l'IDM, de l'ambient ou de la psytrance. La dernière compilation livrée date de 2009 et se nommait Imaginary Friends (ici). L'italien Nova avait pris les commandes de cette "audio poetry". Nos sens s'en souviennent encore. Même si la première plongée fut sans nul doute la plus belle, il n'est pas rare que mon esprit réclame sa dose de ce sublime voyage. C'est cette fois-ci Fishimself, ou Harris Papadimitriou, l'homme derrière Freeze Magazine, qui est chargé de livrer la dernière fournée. Vu son titre et les artistes présents (majoritairement grecs), on est en droit de s'attendre à quelque chose de divin.

 

Dès l'entame de Sub Strata (par Max Million et Gusk), on s'aperçoit qu'il y a quelque chose de plus incisif qu'à l'accoutumée dans le traitement du beat et dans le caractère pulsatif des basses. Ce constat s'avèrera authentique pour tout l'ensemble de l'oeuvre. De par leur histoire et de par ce qu'ils traversent aujourd'hui, les artistes de la péninsule grecque ont de parfaites aptitudes à retranscrire le voyage et l'envie d'ailleurs. Voilà qui s'accorde parfaitement avec la volonté de toujours des gens d'Ultimae. 

Le beat respire, semble bien vivant, et soutenu par des nappes profondes et stellaires, révèle un soupçon de danger dans les contrées ici traversées. Telles celles qu'a connu Télémaque lors de son voyage à la recherche de son père. Telles celles qu'on connu les dieux pour préserver le saint nectar (putain, j'ai failli écrire saint nectaire). Il y a aussi ici le lot de mystères et de chuchotements d'alcôves, comme ceux qui viennent avant la révélation de la traîtrise, de la manipulation ou de la révélation d'une mystique prophétie. Car oui, une fois encore, le label Ultimae dévoile son attrait pour les musiques sacrées. Des voix, masculines pour la plupart, semblent provenir d'un lieu païen englouti. Les voies des seigneurs sont impénétrables, n'ayons pas la prétention de les effleurer. Raccrochons nous plutôt aux ailes des anges qui viennent nous cueillir et nous faire planer au dessus de myriades d'îles méconnues. Celles de l'Odyssée et de l'Illiade.

Outre ce caractère plus incisif que par le passé, on peut également noter que les textures bénéficient d'une très belle amplitude et d'un potentiel immersif certain. Le mastering trahit une maîtrise plus que certaine, pareil pour le mix très pointu et intelligent. Et peu importe si l'oreille avertie s'apercevra aisément de l'influence certaine sur plusieurs tracks d'un petit compositeur grec inconnu : Vangelis. Homo Imperciptibilis de Sygnals, Principles of Gravity d'Aes Dana, les deux titres de Miktek (que nous suivons depuis un petit moment) et le Why de Memphidos (purs glitchy beats "à l'étuvée") ont ma préférence.. Mon seul maigre regret tiendra dans les quelques longueurs du morceau de l'autre français : Asura.

 

Il n'empêche qu'on a bien à faire ici à un met divin. Ne faisons pas comme Tantale et rendons la divinité à qui elle appartient. Les artistes de la galaxie Ultimae ne connaissent pas de frontières. Hautement recommandé.

 

http://img.over-blog.com/300x300/0/02/06/80/new-mongo-2/inre049-AMBROSIA-Ultimae-artwork.jpg

par Ed Loxapac

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 17:04

Sortie : novembre 2011

Label : Ideologic Organ

Genre : Drone, dark-ambient, experimental

Note : 8/10

 

Sunn o))) et Nurse with Wound s'allient donc aujourd'hui pour nous donner à entendre The Iron Soul of Nothing. Nous voilà prévenus. Faut-il encore présenter Sunn o))), emmené par Greg Anderson et l'hyper-activiste Stephen O'Malley ? Après avoir terrorisé la scène metal 90' avec les immenses projets doom/death Burning Witch et Teeth of Lion rules the Divine ou la formation sludge Goatsnake, par ailleurs pilier de l'immense label Southern Lord, et participant au surplus à des formations cauchemardesques telles que Khanate ou KTL, le duo de Sunn o))) peut s'enorgueillir d'avoir placé le drone, électrique aussi bien qu'électronique, au centre de toutes les attentions durant les années 2000, et d'avoir généré un nombre record de suiveurs aveugles. Steve Stapleton, aka Nurse with Wound, est moins connu du grand public. Longtemps écouté presque exclusivement par les scènes goth indus, dark-ambient et dark-folk, Stapleton affiche au compteur 82 LP (sic) depuis 1980, dont 76 sont totalement introuvables en support physique, multipliant les collaborations avec des géants tels que Current 93, Sol Invictus, et même Jim O'Rourke. Présentation laborieuse mais nécessaire : chacun des groupes cités gagne à être découvert si vous aimez ce disque et ne les connaissez pas !

 

Parmi tous les projets de ces trois hommes, tous ces disques accumulés, certains s'avèrent fatalement moins intéressants que d'autres. Pour ma part, Sunn o))) n'a pas sorti un vrai bon disque depuis White 2 et Altar, chef-d'œuvre illuminé par leur collaboration avec les japonais telluriques de Boris, tandis que la qualité des productions de NwW est totalement aléatoire (à l'image de Coil ou de Merzbow entre autres). Mais là, qu'on se rassure, The Iron Soul of Nothing figure au sommet de cet acharnement créatif. Peut-être fallait-il attendre la réédition d'un événement musical comme ØØ Void, premier coup de tonnerre drone metal en 2000, pour retrouver enfin nos frissons d'antan - puisque ce disque est d'abord paru en bonus d'une réédition américaine, avant d'être édité séparément.

Dysnystaxis, premier morceau du disque, sonne comme une gueule de bois vertigineuse, un après-midi passé sur son lit à écouter ses propres acouphènes et à leur trouver la forme d'une mélancolie, matérialisée par les lignes de violons monocordes, répétitives et poignantes, qui concluent ce voyage intérieur crépusculaire. Après une entrée en cuivre plutôt majestueuse et un break réussi mais inoffensif, Ra at dawn pt. 1 aurait pu être agréable. Grave erreur : il nous plonge en réalité dans une lente montée de plus de 10mn, où nous sommes immergés dans un torrent de fréquences interminable entremêlant guitares et matériel analogique non identifié, travaillées avec un soin qui confine au sadisme musical. Sur Ash on the Trees, c'est pire, Stapleton chante, incante devrait-on dire, sur des drones poisseux, avant un long finish particulièrement violent à base de verre brisé et de pistolet-mitrailleur, sans que cela sonne trop cliché ou déjà-vu. Ra at dawn pt. 2 est un retour au calme ordinaire de ses acouphènes migraineux, qui s'apaise lentement, difficilement, jusqu'à l'endormissement salvateur.

 

Particulièrement réussi, le drone de cette "âme d'acier du rien" quitte les inutiles apparats metal/doom un temps revêtus par Sunn o))) sur Black one par exemple : déserté par toute forme de percussion, place est entièrement rendue à l'emprise vibratoire des fréquences. Ne reste alors que la noirceur immersive de l'âme et sa solitude visqueuse. Hautement conseillé, mais vraiment pas recommandable.

 

http://www.goutemesdisques.com/uploads/pics/SOMA005_cvr101011-350x350.jpg

par Pingouin Anonyme

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 10:55

Sortie : Octobre 2011

Label : Macro

Genre : Techno instrumentale

Note : 7,5/10

 

Elektro Guzzi est une entité techno insolite. Exit les machines, places aux instruments. Le trio autrichien préfère les aspérités des sonorités instrumentales que les perfections des recherches analogiques. Tout réside dans cette non-linéarité imposée, dans cette impossibilité de pouvoir réellement dompter les instruments. Ainsi, la techno d’Elektro Guzzi s’impose grâce à ses imperfections attendues. Mais en réalité, ces imperfections n’arriveront jamais car Bernhard Hammer (guitare), Jakob Schneidewind (basse) et Bernhard Breuer (batterie) sont des métronomes tellement minutieux que le résultat en devient étourdissant.

Ce qui vaut une telle aura actuelle à ce groupe, c’est avant tout ses prestations live. Le récent Live P.A. est, à ce titre, renversant de maitrise. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est le nouvel opus d’Elektro Guzzi, Parquet.

Ce qui frappe de prime abord, c’est la qualité sonore de l’ensemble. Aucune compression possible ici et c’est ce qui fait la force de la techno du groupe. La basse vous claque entre les oreilles comme aucune autre (une écoute au casque se révèle préférable). Les kicks sont tellement imposants que leurs souffles vous font reculer d’un mètre.

Mais Parquet ne s’appuie pas uniquement sur un son parfait, il y a aussi un réel talent de composition derrière chacun des 9 morceaux. Il aurait été facile de tomber dans l’exercice de style chiant alors que justement, les morceaux savent se déployer avec pudeur et le beat martial se fait langoureusement attendre. Une fois la machine en route, place à une techno hautement percussive et souvent puissante. Affumicato se fait angoissant avec ses sonorités rampantes (parfait pour le Berghain où le groupe y a déjà excellé), Vertical Axis se fait percussif et planant avec sa rythmique concassée et sa nappe fuyante, Absorber se fait joueur avec son début dubstep avant de muter en deep-techno caverneuse. Elektro Guzzi tente même une incursion réussie vers la house avec un sémillant Réserva.

Il n’y a pas grand-chose à redire concernant cet album. Certains seront peut être rebuté par la répétitivité de certains titres comme Mosquito alors que les autres auront compris qu’un tel acharnement est nécessaire pour provoquer l’hypnose. Un fait demeure : le refus de stagner. La plupart des morceaux varient sans cesse. Ainsi, en supprimant le schéma classique des montées extatiques, Elektro Guzzi se concentrent sur les virages. Les morceaux naviguent à vue, supprimant toute visibilité longue distance. Le résultat s’en révèle fascinant.

Elektro Guzzi est un trio de techno instrumentale captivant. Derrière une démarche refusant tout compromis, se trouve une musique passionnante car à rebours de toutes les productions techno actuelles.

 

http://www.residentadvisor.net/images/reviews/2011/excl2lpa.jpg

 

par B2B

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 19:37

Sortie : juin 2011

Label : Miasmah

Genre : Dark Ambient, Neo-classical, jazz

Note : 9/10

 

Il y a deux ans, m'était tombé dans les mains l'album l'Autopsie Phénoménale de Dieu. Dire qu'à cette époque pas si lointaine, mes oreilles n'étaient pas encore tout à fait avisées à ce genre de sons est un fait. J'écoutais du dark ambient à petite dose, Lustmord ou Svarte Greiner bien sûr, Kraken et Xela aussi, mais jamais plus d'une fois par mois. Aujourd'hui ce genre se révèle pour moi passionnant. Mais revenons donc à l'artiste dont il est aujourd'hui question.

Pepijn Caudron, ou Kreng, est belge et bosse régulièrement avec la compagnie de théatre alternative Abattoir Fermé. Ses albums sont signés sur le label Miasmah, propriété d'un certain Svarte Greiner (qui gravite aussi autour de Xela et de Type Records). Sa musique est dotée d'une impressionnante dimension picturale. En l'absence se support visuel, chacun y peut faire sa propre représentation. La vie est un théâtre, la musique aussi.

 

Pour saisir toute les substances et toutes les noires et magiques incantations de Grimoire, il faut accepter tout d'abord de renoncer à une certaine appréhension de la réalité. Accepter de se laisser guider par une femme sans âge, grimée telle une représentation asexuée du Dracula de Coppola, vers un manoir perdu en rase campagne et dont l'accueil est aussi chaleureux que celui d'une prison turque. La demeure est visiblement déserte. Inutile de questionner la raison de notre présence ici auprès de cette houri gothique, elle a déjà disparu dans un cri de soie noire.

L'étage est aisément accessible. Le bois est fragile, grince, mais peu importe. Les rêves et les cauchemars ne connaissent pas de couardise. Un long couloir obscur révèle une dizaine de portes closes. Il est désormais temps de franchir le premier seuil. La scène est incongrue, dévoilant des tranches de vie quotidienne d'une période de l'histoire faste mais surannée. Les âmes qui s'y trouvent, damnées ou non, chuchotent, bien qu'elles ne semblent avoir relever la moindre présence. Les dentelles sont reines, les toupets sont rois, les corsets savent relever les plus beaux attraits. Pourtant, il y a comme une ambiance inquisitrice qui se dégagent de ces murs. Mieux vaut ne pas traîner... jusqu'à la prochaine porte.

Pour ne pas faire dans le spoiler, je recommande à nos chers lecteurs de se procurer l'album, et ainsi vivre leur propre aventure terrifiante. Finalement tout le monde s'en fout que je me sois personnellement retrouvé au milieu de décors jadis illustrés par Le Caravage, où je fus invité à participer à des rites pas toujours très agréables (Wrak, Balkop). Les auditeurs avertis doivent ouvrir et parcourir Grimoire, et cela jusqu'à son frustrant mais terrifiant cliffhanger (Konker).

Ce diamant noir se situe bien au delà d'une classification dark ambient. Même si les ambiances fantomatiques et les sample susurrés s'y prêtent particulièrement. Il y a dans cet opus un nombre impressionnant d'instruments classiques, de fiels recordings retranscrivant des atmosphères de ballets baroques, de musique classique et même de jazz (surtout dans l'utilisation des batteries). Kreng réalise ici un tour de magie noire, plus proche de l'alchimiste que de l'apprenti sorcier. On évitera de tomber dans l'écueil de la comparaison avec une bande originale de film d'épouvante. Grimoire est un album qui se vie bien plus qu'il ne s'écoute.

 

Bien que réservé à un auditoire plus qu'averti, Grimoire est pour moi (avec Aftertime de Roly Porter) l'oeuvre expérimentale de l'année. Il redonne même à ce terme toute l'essence de sa signification. La beauté est parfois sombre et maculée de noirs desseins. Doit on pour autant renoncer à ses charmes ? Grimoire est plus qu'un disque, c'est une expérience indispensable.

 

http://www.miasmah.com/covers/miacd016.jpg

par Ed Loxapac

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 18:34

Sortie : novembre 2011

Label : Ghostly International

Genre : Electronica laxative

Note : 4/10

 

L'américain Tycho, Scott Hansen, fit parler de lui en 2006 quand son premier disque Sunrise Projector fut ré-édité par Merck sous le nom de Past Is Prologue. Rien ne volait bien haut dans ses vagues ascensions electronica, mais l'émulation autour de cet album fut bien réelle. Plus de cinq ans plus tard, les sphères indépendantes et les fans de la première heure s'affolent autour de cette sortie. C'est probablement parce que Tycho a quelque chose de résolument pop dans la manière d'envisager sa musique définitivement électronique. Seul le très talentueux Jon Hopkins a su rassembler les puristes électroniques et les scouts de l'indé. Voyons donc si Tycho transforme ce difficile essai. Sans armes, ni haine, ni violence.

 

Quand on sort un album chez Ghostly International, on profite la plupart du temps d'une production limpide. C'est ici le cas, même si le mastering est trahi par une linéarité qui pose question. Derrière des ambitions sonores plus régressives que rétro-futuristes, Tycho distille un ersatz d'electronica aérienne et éthérée, explorant des schémas ascensionnels aussi convenus que mes chroniques des productions Ed Banger. Avec ses semblants d'invitations deep-house trop infusées et ses lits de cordes sirupeuses, son Dive ne parvient jamais à décoller du plancher des gnous. Accordons nous certes sur le fait qu'il parvient à donner à ses basses des angles très intéressants. Mais tout ici a une saveur de bifidus actif et d'aspartame. De là à penser qu'il use de vaseline pour mieux faire passer le supo, il n'y a qu'un pas, que ma mauvaise fois légendaire m'autorise à franchir. En clair, quel est l'intérêt de faire durer un track comme Dive plus de huit minutes si ce n'est pour lui faire subir une si faible évolution et nous démontrer qu'il joue du synthé aussi bien que Jean Michel Jarre ? Sa volonté absolue de résonner nostalgique rend l'ensemble terriblement chiant sur le plan rythmique. Alors oui, ça peut servir de B.O idéale pour un film porno gay dévoilant des robots partousant dans la ouate. Si c'est votre truc, y a moyen de kiffer. Il y a quelque chose de bien trop enfantin (ou adolescent pour être un peu dans la nuance) dans des titres comme Daydream, Epigram ou Melanine pour qu'ils retiennent réellement un quelconque intérêt. En s'infligeant des écoutes répétées de cet album, l'auditeur exigeant pourra connaître lui aussi les sentiments ressentis par Pugsley et Mercredi Addams quand les résidents du camp Chippewa les enfermèrent dans la chaumière Disney.

 

Pourtant, outre sa prod et ses basses enveloppantes comme des bras d'obèses, Dive a une utilité évidente. Permettre à ceux qui l'aime de s'intéresser à des choses bien plus abouties en matière de musique électronique de ce type. Ceux qui aiment ce disque chériront forcément les deux albums de Melorman. Alors pourquoi s'en privent-ils ? Probablement parce la génération émergente préfère souvent les sandwichs au salami aux mets délicats et subtils. L'espoir est permis. Consolons nous donc, face à probablement l'album le plus sur-côté de cette année.

 

http://www.israbox.com/uploads/posts/2011-09/1317361359_tycho-dive-2011.jpg

par Ed Loxapac

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 16:42

Sortie : septembre 2011

Label : Ugly Edits

Genre : House originelle

Note : 9/10

 

Depuis 2002 que Theo Parrish sort ses  fameux Ugly Edits en vinyle 12’ des plus confidentiels, ceux-ci ont eu le temps de devenir collector et relativement inaccessibles. Ce Uget en compile un certain nombre en deux volumes irrésistiblement old-school plongeant ses racines dans le disco, le funk et la soul, qui fait honneur à la véritable house music.

 

La house est peut-être le seul courant des musiques électroniques à ne pas avoir ostensiblement mis de côté l’influence fondamentale de la black music américaine des années 50-70, et l’origine historique du deejaying dans les warehouses de New-York, Chicago ou Detroit, prolongements sauvages de clubs de jazz devenus déjà trop sages. Mieux que personne, Theo Parrish incarne cet esprit soulful, moite et sexy, qui fait le charme des rares disques de véritable house, celle des origines, avant la dance des années 90 et la récupération du son house par les radios de masse et les opportunistes de tous poils. Point donc de dépaysement, d’expérimentation ou de renouveau ici, mais plutôt un retour en arrière, un regard jeté sur un âge d’or musical à la mythologie inépuisable.

Tout dans son Uget invite à la danse, à l’envie de frottement de corps soudain trop seuls, aux paillettes des nuits blanches  et aux bulles du champagne. Le style d’ensemble ressemble à un mix de Larry Levan au Paradise Garage, aux meilleures compositions de Sylvester, Inner Life,  George Clinton, Funkadelic ou Marshall Jefferson. Vus de plus près, chacun de ces edits, instrumentaux pour la plupart, sont de petits bijoux de groove total et instantané. Dès le premier titre, on est invité à plonger sa tête dans les étoiles, fermer les yeux, et danser encore et toujours. Never let U go nous plonge directement dans une disco latino ultra-festive et cuivrée de trompettes, quand The Love I lost s’appuie sur une disco de très belle facture. Première tuerie du disque, Yeah yeah yeah vaut à lui seul tous les superlatifs du monde : sa disco-soul lascive et enfumée, fortement érotisée, est une merveille de groove (nan mais écoutez-moi ce kick bon Dieu !), sur laquelle Theo Parrish s’amuse à jouer avec les craquements du vinyle pour les rendre partie intégrante du morceau. C’est ce son qui a hissé Theo Parrish au rang des meilleurs beatmakers house (avec, au pif, un Moodymann), cette couleur vinyle profonde et pleine de chaleur, au grain palpable, tangible, qui rappelle qu’il y a finalement de l’humain derrière les platines.

Le morceau Pretty Flower est un magnifique edit soul, transcendé par un solo de saxo évocateur, quand Got a Match s’appuie sur un funk extrêmement robotique, qui ne va pas sans rappeler certains aspects des travaux de Giorgio Moroder. Get on down est un énorme edit disco-funk ultra-classique, mais à l’efficacité totalement imparable, à vous en coller une banane pour la journée. Et ainsi de suite, la tracklist n’étant qu’une suite continue de perfection. Pas un morceau n’ennuie, ou ne donne envie d’être sauté (hormis peut-être Shave Mister, un tantinet discutable), et malgré sa longueur, ces deux disques s’écoulent parfaitement sans jamais lasser. Le résultat sera toujours et encore le même : le sourire retrouvé.

 

Personne mieux que Theo Parrish n’aurait su faire revivre toutes ces perles de la black music, et les magnifier ainsi au travers d’une house grandiose, pleine de joie et éprise de liberté : liberté de vivre, de ne pas travailler, de danser et danser encore en cette nuit de fête que l’on espère infinie. Si vous n’aimez pas ce disque, ne cherchez pas : vous n’aimez pas la house ! Yes, Uget.

 

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par Pingouin Anonyme

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 19:13

Sortie : octobre 2011

Label : Proximal Records

Genre : Glitch-hop, Broken beat, IDM

Note : 8/10

 

Carl Madison Burgin dit Sahy Uhns est le co-fondateur du label de LA, Proximal Records. La première sortie dont ce label nous avait gratifié, Proximity One: Narrative Of  A City (chroniqué ici) était une compilation d'une rare qualité, visant à transcrire le panorama sonore de la cité des anges. Après une poignée de mixtapes, le label sort enfin un album, le premier dudit Sahy Uhns. Le terrain de jeu n'est plus la ville, mais la Californie tout entière, et son désert en particulier. 

 

Inspiré par la culture hip-hop, Sahy Uhns ne pourrait être qu'un nouveau beatmaker issu du terreau si fertile qu'est la côte Ouest. Mais son glitch-hop échappe aux schémas wonky et colorés pour tendre vers une matière concassée, souvent plus proche de l'IDM que d'un abstract hip-hop liquide. C'est en sillonnant le Nord de la Californie, à la recherche de ruines, de battisses tombées en désuétudes, que Sahy Uhns a nourri son futur album. Les superbes photographies de son amie Yael Shina, qui retracent ces périples, accompagnent la version physique de An Intolerant Disdain Of Underlings et projettent des reflets de murs craquelés, de tôle poussiéreuse nimbés d'un soleil incandescent. Ce sont des bouillonnements qui jaillissent des beats de Sahy Uhns, sous forme d'une matière mousseuse, délicate et anarchique qui s'enrichit de field-recordings et d'échos opalescents. Son travail de sound-design accorde aux sons une multiplicité de spectres. Entre les nuages crépitants, les pépiements analogiques et le – relatif - chaos rythmique, les édifices sonores de An Intolerant Disdain... prennent une consistance et une profondeur étonnante.

A situer entre Shlohmo pour la perspective trans-genre, Dorian Concept pour l'aspect fourmillant et Clark dans les contrastes entre violence et finesse, le travail du beat est certainement ce qu'il y a de plus marquant dans cet album. La toute puissance de l'enchainement 13.73 ± 0.12 Billion et I'mage attestera de mes propos. Le premier libère comme un fluide une ligne de basses que le beat vient froisser, ondulant sur lui-même. Alors que les nuées d'un xylophone se livrent à leur jeu de lucioles, les basses se creusent jusqu'à esquisser la courbe en cisailles d'un rythme dubstep. Le sublissime I'mage quant à lui, pièce maîtresse de l'album, verse dans un broken beat aux arômes aphexiens de prime abord, puis conjugue ces vrilles à des envolées acides de guitare acoustique. L'effervescence des beats ne serait rien sans les filtres mélodiques aux nuances orangés qui baignent le disque entier, ces synth-tones moirées diffusant des sentiments de mélancolies diffuse et d'euphorie désillusionnée. Sahy Uhns voulait capturer la divergence entre la beauté des arides espaces désertiques et le désenchantement des dépouilles d'une urbanisation désossée. On peut oser dire qu'il y parvient. Il ne faut pas se laisser duper par la légèreté bullaire de l'introductif - et très bon - Montebello Postpartum, la suite réserve des émanations darkoïdes, des shoots d'ambient parasités, des interludes pluvieux et des trucs géniaux comme ce Earnings Bridge qui, en plein pétrissage du beat, délivre sur la fin un adorable fond mélodique digne d'un thème de Joe Hisaishi.

 

An Intolerant Disdain Of Underlings n'est pas forcément évident à appréhender au début, les enchevêtrements et le manque en apparence de logique pouvant désorienter un poil. C'est pourtant une bombe en puissance qui se cache derrière des allures vrillées mais délicates, solaires mais irradiées. Chaudement conseillé. 

 

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par Manolito

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