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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 18:43

Sortie : avril 2011

Label : Warp

Genre : trip électronique éthéré

Note : 5

 

Son dernier album, Everything She Touched Turned Ampexian (chroniqué ici), qui jouait sur des sonorités très organiques, nous avait laissé circonspect. Le maxi sorti presque au même moment, The Forest Of Oversensitivity (chroniqué ici), présentait lui un visage bien plus rap instrumental. Prefuse 73 revient deux ans et une multitude de projets et de collaborations plus tard, avec un nouveau long format pour lequel il met au placard ses habitudes et se tourne vers la femme. Un septième album qui rompt avec le passé et qui est considéré comme une étrangeté par son auteur même. Il surprendra aussi les auditeurs par les rythmiques extrêmement discrètes et la forte présence de voix féminines sur les 18 plages dont les titres commencent tous, comme l'album, par "The Only".

 

Fans de Prefuse oubliez ce que vous savez, un nouveau chapitre commence. Finis les bidouillages abstraits, les samples foisonnants et les trips bancals surprenants. La pureté des muses a redonné une cohérence à l'esprit de l'Américain qui avait tendance à se perdre dans des expérimentations sans fin. Il oublie donc ses lointaines influences rap, pour se plonger dans un univers plus électronica, presque ambient. Terminé la psychose et les beats alambiqués, place à la douceur et au chant des sirènes. La première tentative d'envoûtement vient de Faidherbe, invité sur The Only Contact She's Willing To Give. Il n'est toutefois pas question de prononcer un texte, mais simplement de produire un choeur fantomatique au milieu de sonorités indiennes. L'envoûtement est direct. Sorte de cérémonial d'entrée au temple des fleurs, une poignée de vierges vous lave le corps dans un grand bain savonneux. L'entreprise de séduction fonctionne à plein. Chaque extrait devient alors une nouvelle étape dans votre visite initiatique dans ce monde de tendresse et d'apaisement. Les morceaux instrumentaux vous font flotter vers la tentatrice suivante. Si Shara Worden arrive à vous faire parvenir un message plus clair, Trish Keenan ne parvient qu'à vous susurrer à l'oreille des messages flous mais toujours aussi sensuels. Les nappes suaves vous effleurent les tympans tandis que vous passez les niveaux de maîtrise de vos sens, que vous vous approchez du bodhisattva. Vos chakras sont ouverts, des pétales voltigent autour de vous. Puis vous passez soudain de la méditation au psychédélisme avec The Only Direction In Concrete, votre subconscient est alors délivré de l'oppression et peut enfin se livrer entier à une nouvelle quête spirituelle. Zola Jesus plane sur ce titre, vous entraînant à un autre niveau de compréhension de l'univers. Seuls ceux qui auront laissé la musique pénétrer par tous les pores de leur peau ne noteront pas une certaine répétitivité, le vol mental les empêchant de se lasser. Et pourtant le producteur continue inlassablement dans cette ligne pleine d'onirisme.

 

Prefuse explore et surprend. Vous ressortirez complètement séduit ou péniblement ennuyé de cet album quasi concept qui plaira aux Californiens convaincus du revival hippie. 

 

http://media.warp.net/images/WARPCD208Packshot480.jpg

par Tahiti Raph

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 22:16

Sortie : avril 2011

Label : En:peg Digital

Genre : IDM, Abstract Hip-hop

Note : 7,5/10

 

Jimmy Batista, 26 ans, est établi à New York. Singulièrement prolifique, il réalise ses sons sous de nombreux avatars, dont Iameb 57, Artificial Dreamer et Enabl.ed. Il est par ailleurs fondateur d'un label de progressive trance du nom de Danger Box. En:peg, la division digitale du grand n5md, à qui l'on doit entre autres les délicats travaux d'Odori (ici), accueille Modules Fail, son deuxième album.

 

Enabl.ed représente l'incarnation derrière laquelle il se voue à l'IDM expérimentale, et Modules Fail en est un exemple pour le moins brillant. Le New-yorkais assemble et conjugue les éléments à la manière d'un chimiste virtuose. Des restes d'innocence planent sur le parterre de ses beats déconstruits, le spleen et l'ambient semblent des substances récurrentes, et l'harmonie avec laquelle son electronica combine un aspect old-school et une dimension futuriste est assez hallucinante. Profondément synthétiques, les textures de Modules Fails sonnent d'une manière suave et travaillée, parfois grêlées et rugueuses, tantôt brumeuses ou très concrètes. Si l'album présente sans aucun doute une facette douce et mélodieuse, il n'en demeure pas moins cousu de rythmiques tordues et rougeoyantes, se consumant lentement sous le ciel intraitable des nappes. Il y a du Plaid chez Enabl.ed, même si la puissance parfois hip-hop de ses beats évoque manifestement la scène électronique japonaise, Ametsub en tête. Ne pourra qu'en attester le génial odeq2 d'ouverture, électronica distorse, ludique et toute en montées. Cohérent de bout en bout, Modules Fail ne comporte pas un seul titre regrettable. Ce cycle plutôt court (11 titres pour 33 minutes) se vit comme une succession de visions kaléidoscopiques, riches, ambigües et hautement propices au rêve. J'émettrais seulement un soupçon de préférence pour les sublimes Drowning Errors 2.0 et Vinc Drea5, dont les feulements retenus des beats du dernier, la gracilité des notes et la progression bouleversante en font une pièce somptueuse.

 

Modules Fail est un superbe disque. Entre perception futuriste et émotions concrètes, et aussi inspiré que son artwork, l'album du jeune Jimmy Batista s'avère plus que réjouissant. Encore une fois, En:peg cogne dans le mille. 

 

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par Manolito

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 10:25

Sortie : mai 2011

Label : G5 / Jumble

Genre : rap instrumental à tendance électroniques

Note : 6 / 4

 

Après quelques sorties sur différents labels internationaux, les producteurs/beatmakers russes ont désormais leurs propres structures de diffusion qui commencent à bien se roder. Deux exemples avec deux labels tous jeunes que l'on suit depuis ce début d'année et qui sortent presque en même temps deux maxis : G5 avec le local Nocow et Jumble avec Powell, Français qui a trouvé son pays d'adoption avec la montée de cette scène. Les expérimentations de ces deux artistes montrent deux facettes du son qui s'exporte le mieux du pays de Poutine.

 

Pulkovo Heights est une chaîne de montagne au sud de Saint-Petersbourg, ville d'où est originaire Nocow. Ce titre ne doit rien au hasard. Les broken beats du Russe respirent le grand air. Il a un sens de la nappe légère, un respect des volumes qui colle au paysage. Ses rythmiques font plus penser à des morceaux de bois qui s'entrechoquent qu'à des boîtes à rythme. Les huit titres débutent toutefois par le morceau éponyme au ronflement assez puissant, et dont seuls les bruissements nébuleux en arrière plan annoncent la suite. Les sept extraits suivants sont moins denses, offrent plus d'espace. Les beats sont feutrés, calfeutrés par le souffle qui déferle. Quelques foisonnements électroniques transparaissent toutefois, notamment au milieu de Black Mass à l'ambiance plus menaçante. C'est presque une surprise quand surgit un sample de voix sur Struggle. Il y a une certaine classe dans sa musique tant il évite la facilité pour façonner une mousse à la texture raffinée. Seuls les claquements emprunts viennent remuer cette mixture. Le retour à la ville se fait brusquement sur Orion et son kick plus dancefloor qui surprend avant de séduire, offrant une évolution bien menée. Le EP s'achève sur le bien plus naturaliste Sevah qui apaise les esprits avec toujours ce côté enchanteur. 

 

http://gimme5.info/wp-content/uploads/2011/05/Cover_500x500.jpg

 

Auteur de plusieurs mixtapes, remixs et maxis depuis 2006, Powell donne lui dans une branche plus synthétique et dynamique du beat. Il attaque d'ailleurs son maxi avec le funky et très glitché Wonky Pixel qui rappelle rapidement la scène californienne. Impression qui va se confirmer par la suite avec les six autres titres courts qui foisonnent de bleeps (Rythm & Wax) ou prennent des accents plus langoureux (Densui). Claviers nerveux, rythmiques qui fusent, le Français fait voltiger ses sons de toutes parts pour assiéger l'auditeur. Il nous fait penser à Flying Lotus bien entendu mais aussi à ses compatriotes de Turnsteak. Powell montre pour finir qu'il sait aussi calmer le jeu avec ce Premium plus tranquille, même s'il regorge de samples trafiqués qui malmènent la nappe planante dominant cet extrait.

 

http://i1.sndcdn.com/artworks-000006094456-hw7ahm-crop.jpg?6af6e0e

par Tahiti Raph

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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 22:05

Sortie : avril 2011

Label : Echocord

Genre : Dub-techno

Note : 8/10

 

9 ans que Echocord abreuve une masse avertie de dub-techno charnelle et savante. Alors que sa discographie atteint 49 vinyles et 9 CD, le label danois de Kenneth Christiansen célèbre sa quasi-décénie en sortant pour l'occasion une compilation regroupant la crème des artistes qui ont fait son histoire : Deadbeat, Luke Hess, Onmutu Mechanicks, Resoe, Fluxion, Quantec, Brendon Moeller, Stephen Hitchell, Mikkel Metal et Fenin. Lorsque l'on contemple une telle sélection, difficile de ne pas songer que Echocord a su marquer le coup.

 

La Jubilee Compilation est un objet d'une élégance remarquable. Harmonieuse, exigeante, nébuleuse, elle se dote d'une progression captivante et dégage d'une sorte d'aura, indolente et mélancolique, qui vous plonge dans des atmosphères de petit matin, flottantes et pas tout à fait réelles. Dub-techno moelleuse, deep-house moite et vrillée, et ambiances chancelantes sont le tissu de ces dix titres. Si l'Echocord Jubilee Compilation pose le décor en douceur, graduellement et par petites touches, elle adopte peu à peu une optique plus ferme et cadencée, toujours guidée par le fil rouge d'un groove implacable.

L'introductif Tides de Fluxion est fait de bourrasques au ralenti, de brumes languides et nostalgiques, dont le caractère cotonneux apaise immédiatement. L'une des irrésistibles réussites de la sélection réside dans l'intervention de Deadbeat. Dubby et fiévreusement répétitif, son House Of Vampires prend irrémédiablement au corps. A partir de là, la tension ne se relâchera pas. Onmutu Mechanicks, auteur du très bon Nocturne (chroniqué ici), délivre l'excellent Calyx, aux textures divinement organiques et traversé de brefs brouillards menaçants. Mais le réel sommet de Jubilee est atteint par Luke Hess, originaire de Detroit et détenant Light In The Dark (chroniqué ici) à son actif. La techno froide de Kratos est ponctuée de bruits parasites, insectes numériques qui vous courent sur la peau. Mais en parallèle, des nappes cristallines et aériennes frôlent le zenith, tandis que les reverbs font pulser l'atmosphère. C'est une tuerie absolue. Chose qui n'est pas loin d'être le cas du For Convextion de Stephen Hitchell, moitié d'Echospace, qui rappelle l'époque première de la house et atteint des combles de spirales hypnotiques.

 

Cette compilation aussi mentale que dansante et profonde est à placer dans les références du genre. Composée par les maîtres actuels de la dub-techno, l'Echocord Jubilee Comp. atteste de la qualité de la maison danoise, véritable tête chercheuse en la matière. Et comme cet anniversaire se doit décidément d'être fêté dignement, une tournée européenne est prévue pour le courant de l'année.

 

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par Manolito

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 15:42

Sortie : avril 2011

Label : Disques Erektik

Genre : Post-rock

Note : 6

 

Ils sont trois en studio et cinq en concerts. Ils ont sorti un maxi de démo fin 2007 et un premier album, X, en 2009. Music For Money revient pour un second album avec en tête des groupes comme 65daysofstatic ou Ratatat. Les Montréalais jouent en effet un rock instrumental qui n'est pas sans rappeler quelque musiques électroniques de par les sonorités utilisées et une volonté de tendre parfois vers l'hypnotisme.

 

Au Canada, les groupes qui jouent pour le fric et regardent passer les oiseaux (rapport au nom du groupe et au titre du disque, n'allez pas chercher plus loin) font une musique élaborée et patiente. Les instruments trouvent leur place au fil des minutes, et quand tout est en place, il est temps de faire évoluer le mouvement pour ne pas faire du sur-place. Les morceaux de Music For Money sont ainsi. Ils sont construits avec méthode, guitares, claviers et rythmiques venant se positionner dans les espaces libres pour concocter un ensemble riche. L'appel lance le mouvement avec une mélodie prenante et une basse structurante, puis Rouge vient donner un premier coup de fouet pour ceux que le charme aurait affaibli. La batterie loin des standards rock vient conforter ce sentiment électronique plus ou moins prégnant selon les passages. Dérive, avec ses carillons, ses nappes sombres et son développement dans la longueur fait pencher le disque dans l'électronica, tout autant que le magnifique Liebem à la mélancolie suave et réconfortante. 

Tout n'est pas toujours parfait, les morceaux sont parfois un peu trop propres et peuvent paraître un peu contenu, l'explosion attendue n'arrivant pas, la saturation étant semble-t-il un pêché. Sur Mat par exemple, un peu plus de production n'aurait pas fait de mal et la montée paisible aurait mérité un climax libérateur. Il est toutefois assez facile de passer sur ces petits défauts et se laisser prendre par les extraits les plus accrocheurs comme ce City Landscape dont le grésillement de fond contrecarre parfaitement cette critique de propreté. Nous préférerons aussi retenir la réussite dans le mélange pas toujours évident entre les sonorités numériques (claviers ou batteries) et plus organiques (basse ou choeurs).

 

Une bonne manière de concilier les goûts des amateurs de rock et de musique électronique qui pourront se retrouver dans cet album à la frontière des styles. Pour info, ce disque rafraîchissant est disponible au prix que vous souhaitez sur Bandcamp.

 

http://bandcamp.com/files/17/29/1729248510-1.jpg

par Tahiti Raph

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 10:10

Sortie : 29 avril 2011

Label : Pampa Records

Genre : Techno mélancolique

Note : 8,5/10

 

Thora Vukk révèle la poésie du concret, du quotidien.

Thora Vukk est la rencontre improbable entre Lamartine et Ponge.

En s’émancipant d’une techno réductrice, Robag Wruhme tente, tâtonne, observe, cherche. En choisissant de n’attraper ni les jambes, ni la tête, il vise directement le cœur. Fait trop rare dans la nébuleuse répétitive techno, il arrive à nous faire apercevoir une lumière douce-amère, à nous faire croire que cette musique de club peut sporadiquement devenir de la musique de chambre. En s’aventurant vers des contrées surprenantes, Robag rejette, d’un plat de la main, la facilité des constructions prédéfinies. La musique concrète de Luc Ferrari devient un partenaire évident. Le moindre bruit pré-enregistré, une fois agencé dans un édifice brinquebalant, convoque nos souvenirs, nous plonge dans une nostalgie en polaroïd.

La techno éthérée de Prognosen Bomm met en lumière la photo de la pochette. On s’imagine, tel ce gosse, en train de saluer naïvement les voitures filant sur une autoroute est-allemande, se demandant où elles vont, en s’inventant des histoires. La musique de Robag est triste, nous prend à la gorge mais avec un gant de velours. Quand arrive la nappe cinématographique de Pnom Global, on est saisi par une bouffée mélancolique. Cette douce prise d’otage par des cordes déchirées donne envie de suivre Gena Rowlands dans un film de Cassavetes.

En rendant le quotidien romantique, Robag nous fait entrevoir sa notion du bonheur. Le piano ne sert pas uniquement à rehausser les émotions, il devient alors un repère. C’est la répétitivité de la rythmique qui sert de métaphore du quotidien. Répétitivité à l’allure presque nonchalante, insufflant une certaine résignation. Seules les interludes tentent de se poser en énigmes et ressemblent à d’obscurs resets visant à rattraper nos songes. La contemplation surannée prend alors des allures de spleen et on est saisi par un flot d’émotions lorsque s’achève l’album.

Thora Vukk est un objet musical fragile, précieux.

Thora Vukk est une petite merveille.

 

http://www.actualites-electroniques.com/Album/Robag%20Wruhme-Thora%20Vukk.jpg

par B2B

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 10:23

Sortie : 22 février 2011

Label : Planet E

Genre : Techno

Note : 8/10

 

Personnalité clé de l’échiquier techno, compositeur talentueux ouvert à toutes les expériences musicales, Carl Craig traverse les décennies sans regarder derrière lui. Présent depuis la naissance du mouvement techno à Detroit, dont il est originaire, il continue de construire une carrière irréprochable. En 1991, Carl décide de créer son label, Planet E. Comme le monsieur connaît tout le gratin du milieu, il est facile pour lui d’attirer la crème de la crème dans son sillage et ainsi de proposer aux oreilles aguerries des maxis et des albums d’une qualité rarement démentie.

 

20 ans plus tard, Carl Craig décide de sortir une compilation anniversaire dans l’unique but est de satisfaire les fans. Uniquement disponible en format digital, les 25 morceaux présents sont un polaroid de l’esprit Planet E : une techno se moquant des cases et des modes pour un résultat intemporel. Ne tergiversons pas plus longtemps, TWPENTY (Twenty F@%&ing Years of Planet E) est une tuerie. En même temps c’était couru d’avance avec une telle équipe derrière tout cela.

Le morceau d’ouverture suffit déjà à mettre tout le monde d’accord puisqu’il s’agit du Dem Young Scories du lubrique Moodymann, bombe deep-house issue du plus grand album du genre qui soit,  Silentintroduction (sorti en 1997 sur… Planet E). A partir de là, vous n’avez plus qu’à vous laisser remuer par une tracklist irréprochable.

Misant tout sur une techno ou une house à la répétitivité hypnotique, vous êtes partis pour plus de 3 h de délices. Je ne vais pas m’évertuer à tout vous citer, d’autant plus que chaque morceau mériterai son paragraphe dithyrambique. Mais comment résister à la techno ascensionnelle du Full Clip de Martin Buttrich dont les 12 minutes n’en finissent plus de jouer avec nos nerfs ? Comment ne pas s’imaginer en pleine after ensoleillée, à 10h du mat’, lorsque résonne la house sud-américaine d’Altiplano de Jona ? Comment ne pas succomber à l’introduction superbe du Chune de Niko Marks avant une montée deep-house jazzy imparable ? Quand je vous dis que c’est du tout bon à 100 %, vous pouvez me faire confiance !

Monsieur Carl Craig est bien entendu de la partie via son mythique Dominas, techno lancinante et voluptueuse issue de son emblématique More Songs About Food And Revolutionnary Art. Mais on le retrouve aussi sous l’entité 69, d’Innerzone Orchestra et enfin via Paperclip People.

 

TWPENTY (Twenty F@%&ing Years of Planet E) est une compil’ techno sans faille. Une odyssée qui comblera les purs fans du genre et qui permettra aux néophytes de plonger avec justesse dans une musique dont la répétitivité n’est qu’un apparat permettant de mieux diffuser son poison insidieux. Carl Craig prouve que la techno de Planet E a toujours su se jouer des tendances pour flirter avec l’intemporalité. Cette compil' fait d’or et déjà figure d’incontournable.

 

http://newsflash.bigshotmag.com/wp-content/uploads/2011/01/carl-craig-we-aint-dead-yet.jpg

par B2B

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 20:29

Sortie : mars 2011

Label : Fake Four Inc

Genre : Rap

Note : 8

 

Après quatre albums depuis 2002, Kay The Aquanaut a choisi de rejoindre l'écurie Fake Four pour son cinquième long format. Le rappeur canadien au flow chaloupé est accompagné de Zoen pour la production des instrus. Rapide présentation pour vite entrer dans le vif du sujet de cette excellente galette !

 

Le rap indépendant anglophone devient de moins en moins productif, ou à tout le moins visible, et c'est donc un bonheur de tomber en ce début 2011 sur ce très bon Waterloo. Une défaite historique pour la France mais une grande réussite pour le rap canadien ! Kay The Aquanaut est de ces MC dont la diction est claire et les syllabes détachées. Il privilégie la compréhension à la puissance, même si sa voix accroche l'auditeur par une certaine urgence dans le ton. Dès le premier titre, l'auditeur est happé et ne sera pas relâché jusqu'au bout. Cet album vous choppe dès les premières mesures et vous captive jusqu'au dernier beat. L'intensité et la qualité sont au rendez-vous à chaque morceau et ne vous lâchent pas un seul instant car il n'y a pas une seule faute de goût. Du mixage qui laisse intelligemment la voix en avant, des samples toujours impeccables - soulignant à la fois les textes et offrant des mélodies variées avec piano, guitare, violon, etc. - et un goût de vécu et de franchise prenant.

Sur A Different World, Kay est capable de prendre des accents plus intimes tout en restant toujours aussi pertinent, et il peut aussi élever le niveau en compagnie de Sole sur Kill You. Côté invités d'ailleurs, il choisit deux des meilleurs représentants de Fake Four (Sole a rejoint le label pour son prochain disque), demandant également au patron Ceschi de poser sur le très bon Nemo. Et quand ce sont ses proches, Nolto, Gescha, Cam The Wizzard ou Def3, qui rappent avec lui, la qualité est toujours là en plus d'un peu de variété dans les flows. Les refrains chantés ou rappés maintiennent la tension et appuient le propos sans détonner. Si la tonalité générale est plutôt dynamique, le Canadien peut aussi passer aisément dans un mode plus mélancolique à quelques reprises, notamment avec un Window Seat plus chargé en sentiment.

 

Rien à reprocher à ce disque comme il en faudrait plus. Cet album de Kay The Aquanaut est du très très bon ! 

 

http://s3.amazonaws.com/releases.circleintosquare.com/320/images/cis1037-waterloo-artwork_market-large.jpg

par Tahiti Raph

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29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 09:24

Sortie : 2 mai 2011

Label : Young Turks

Genre : Bordel électronique

Note : 6/10

 

Le Londonien Nathan Jenkins, aka Bullion, a dû être élevé au grain Ninja Tune. Attention, on ne parle pas du Ninja Tune actuel qui n’en finit plus de s’embourber, mais bel et bien du grand Ninja Tune du début des années 2000, de cette époque où le label enchaînait les galettes se jouant des normes. Bullion a sans doute écouté exclusivement ces productions et s’est dit « Et si, à mon tour, j’en profitais pour singer les productions du label ». Parce qu’il est évident que You Drive Me To Plastic regarde de très près les traces laissées par Coldcut, Pest ou DJ Food.

En même temps, on aurait dû se douter que Bullion allait prendre cette direction. Déjà en 2007, le gazier sortait un étrange album cuisinant le mythique Pet Sounds des Beach Boys avec les samples hip-hop de Jay Dee. Le résultat n’était pas fameux mais avait le mérite d’être amusant. D’ailleurs, ces hypeux de Young Turks (El Guincho, Wavves, Jamie XX, etc.) ont su flairer en Bullion, le mec parfait pour parfaire leur image.

You Drive Me To Plastic débarque enfin en France après une sortie en janvier chez les Britons. Neuf morceaux pour 21 minutes. Qui a dit que ce mec était un branleur ? Non, parce que sincèrement, l’album est plutôt réussi. Complètement bordélique, cet EP-mixtape-album est un exercice fun. Tout en respectant une certaine doctrine hip-hop, You Drive Me To Plastic prend un malin plaisir à exploser les barrières et à lorgner de manière décomplexée dans tous les recoins musicaux possibles.

Certains parleront de post-hop, de prog-hop, on dira plus simplement que c’est une fusion de tous les styles musicaux connus. Ne se figeant jamais, enchaînant les instrumentations improbables (ah tiens, un peu d’exotisme par là ! oh mais c’est un violon que l'on entend ici ?), ces 21 minutes sont une partouze décousue hésitant entre le jouissif et l’anecdotique. Parce que l’exercice part sur les chapeaux de roues (ce Magic Was Ruler bondissant), on était en droit de miser sur une exigence continue. Mais malheureusement, dès mi-parcours, c'est-à-dire à peine 10 minutes, la bécane ralentit le tempo sans prévenir. Les derniers morceaux s’écoutent alors sans conviction et on finit par s’en foutre des élucubrations 80’s, funky, nu-wave, (mettez ici ce que vous voulez), de Bullion.

On a beau être pour l’éclatement des formes, il faut aussi savoir rester cohérent et maintenir la cadence pour pouvoir marquer les esprits. You Drive Me To Plastic ne passe pourtant pas loin de l’exercice de style complètement abouti. On espère quand même que Bullion en garde encore sous le coude afin de livrer, le plus rapidement possible, un album bordélique digne de ce nom.

 

http://bandcamp.com/files/59/58/595840721-1.jpg

par B2B

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 21:54

Sortie : mai 2011

Label : EMI

Genre : Rap

Note : 7

 

Nous ne vous ferons pas l'outrage de vous faire la bio des Beastie Boys. En revanche, l'histoire de ce nouvel album vaut peut-être la peine d'être rappelé. Flashback il y a deux ans. Les trois MC sont en pleine euphorie en promo de leur prochaine livraison, Hot Sauce Committee Part One, annoncé comme plus potache que jamais. Mais un cancer de la gorge est détecté chez MCA et tout s'arrête. Adam Yauch vainc la maladie et plus question de sortir le disque prévu... le trio s'attaque à un deuxième volume que le groupe vient de mettre en ligne en écoute sur son site en réaction aux premières fuites via Internet. Cette sortie avait au préalable été annoncée par un clip de 20 minutes qui permettait de découvrir un premier extrait, Make Some Noise, au milieu d'un délire à leur sauce interprété par une brochette d'habitués d'Hollywood. A noter que la photo en médaillon sur leur site à côté de l'album est un cliché d'eux jouant à la pétanque au Palais Royal à Paris... jusqu'ici tout est normal dans le monde des Beastie. 

 

Nous les avions laissé en 2004 avec un hommage à New York baptisé To The 5 Boroughs, ils reviennent en 2011 avec leur style égotrippé second degré servi par des flows explosifs et des instrus mêlant leurs influences rock, quelques touches électroniques à la Intergalactic et leur grosse énergie traditionnelle. Make Some Noise fait figure de dynamite d'ouverture, rappelant à la fois Fight For Your Right et leur talent derrière leurs instruments. Les guitares sont très présentes tout au long du disque avec un côté moins punk que par le passé même si la saturation hurle toujours autant. Le mélange de riffs ravageurs et de scratchs sur Say It démontre toute leur maîtrise du mélange rock-rap sur lequel leurs beuglements collent parfaitement. Les références à leurs passés vont se succéder, notamment avec les titres Funkey Donkey clin d'oeil à Brass Monkey ou Lee Majors Come Again, diffusé de manière confidentielle en 2009, qui rappelle leur amour pour l'acteur qui a incarné L'Homme qui valait trois milliards et L'Homme qui tombe à pic.

Si les trois MC évoluent ainsi dans leur univers habituel, ils apportent quelques touches d'originalité avec leurs invités. Le MC sans doute le plus loin de leur délire, Nas, fait une apparition sur Too Many Rappers (New Reactionaries Version) dans lequel son flow est presque méconnaissable. Santigold est l'autre invitée de l'album pour un titre reggae, Don't Play No Game That I Can't Win, qui fait un peu figure d'ovni même si le coup de la surprise jamaïcaine nous avait déjà été fait avec le dub de Lee Perry sur Hello Nasty !. Si le groupe s'adapte sans problème à ce nouvel environnement, ce skank enfumé nuit toutefois à l'homogénéité du disque.

Même si rien ne semble jamais très sérieux dans leurs titres, les Beastie arrivent toujours à faire pointer ici ou là une pointe d'engagement, quand ce n'est pas en organisant des concerts de soutien au Tibet, c'est en intitulant le seul extrait instrumental Multilateral Nuclear Disarment. Une étrange respiration funky. Avant cela, ils avaient démontré leur capacité à la jouer plus sombre dans un Long Burn The Fire tendu. Ils perdent toutefois leur sérieux dès l'extrait suivant... Souvent brefs, les morceaux déferlent laissant peu de répit à l'auditeur heureux de retrouver le trio le moins sérieux du rap américain.

 

Sans vraiment changer, les Beastie se renouvellent avec des instrumentaux toujours aussi prenants, variés tout en restant cohérents (sauf le passage reggae), complétés par une énergie au micro qui ne souffre pas du nombre des années. Le plaisir de les retrouver est intact !

 

http://beastieboys.com/preorder/img/beastieboys-hotsaucecommitteeparttwo.jpg

par Tahiti Raph

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