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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 18:09

Sortie : novembre 2011

Label : Ultimae

Genre : IDM, psychill, ambient

Note : 8/10

 

Nous ne vanterons jamais assez les mérites du label lyonnais Ultimae. Naviguant dans des eaux claires mais tumultueuses, la maison dirigée par Vincent Villuis (Aes Dana) et sa femme est parvenue à trouver une couleur de son unique, qui traverse aussi bien les rivages de l'IDM, de l'ambient ou de la psytrance. La dernière compilation livrée date de 2009 et se nommait Imaginary Friends (ici). L'italien Nova avait pris les commandes de cette "audio poetry". Nos sens s'en souviennent encore. Même si la première plongée fut sans nul doute la plus belle, il n'est pas rare que mon esprit réclame sa dose de ce sublime voyage. C'est cette fois-ci Fishimself, ou Harris Papadimitriou, l'homme derrière Freeze Magazine, qui est chargé de livrer la dernière fournée. Vu son titre et les artistes présents (majoritairement grecs), on est en droit de s'attendre à quelque chose de divin.

 

Dès l'entame de Sub Strata (par Max Million et Gusk), on s'aperçoit qu'il y a quelque chose de plus incisif qu'à l'accoutumée dans le traitement du beat et dans le caractère pulsatif des basses. Ce constat s'avèrera authentique pour tout l'ensemble de l'oeuvre. De par leur histoire et de par ce qu'ils traversent aujourd'hui, les artistes de la péninsule grecque ont de parfaites aptitudes à retranscrire le voyage et l'envie d'ailleurs. Voilà qui s'accorde parfaitement avec la volonté de toujours des gens d'Ultimae. 

Le beat respire, semble bien vivant, et soutenu par des nappes profondes et stellaires, révèle un soupçon de danger dans les contrées ici traversées. Telles celles qu'a connu Télémaque lors de son voyage à la recherche de son père. Telles celles qu'on connu les dieux pour préserver le saint nectar (putain, j'ai failli écrire saint nectaire). Il y a aussi ici le lot de mystères et de chuchotements d'alcôves, comme ceux qui viennent avant la révélation de la traîtrise, de la manipulation ou de la révélation d'une mystique prophétie. Car oui, une fois encore, le label Ultimae dévoile son attrait pour les musiques sacrées. Des voix, masculines pour la plupart, semblent provenir d'un lieu païen englouti. Les voies des seigneurs sont impénétrables, n'ayons pas la prétention de les effleurer. Raccrochons nous plutôt aux ailes des anges qui viennent nous cueillir et nous faire planer au dessus de myriades d'îles méconnues. Celles de l'Odyssée et de l'Illiade.

Outre ce caractère plus incisif que par le passé, on peut également noter que les textures bénéficient d'une très belle amplitude et d'un potentiel immersif certain. Le mastering trahit une maîtrise plus que certaine, pareil pour le mix très pointu et intelligent. Et peu importe si l'oreille avertie s'apercevra aisément de l'influence certaine sur plusieurs tracks d'un petit compositeur grec inconnu : Vangelis. Homo Imperciptibilis de Sygnals, Principles of Gravity d'Aes Dana, les deux titres de Miktek (que nous suivons depuis un petit moment) et le Why de Memphidos (purs glitchy beats "à l'étuvée") ont ma préférence.. Mon seul maigre regret tiendra dans les quelques longueurs du morceau de l'autre français : Asura.

 

Il n'empêche qu'on a bien à faire ici à un met divin. Ne faisons pas comme Tantale et rendons la divinité à qui elle appartient. Les artistes de la galaxie Ultimae ne connaissent pas de frontières. Hautement recommandé.

 

http://img.over-blog.com/300x300/0/02/06/80/new-mongo-2/inre049-AMBROSIA-Ultimae-artwork.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Harry Belafonte 16/12/2011 20:24

En tant que chroniqueur musical tu ferais mieux de te demander pourquoi ton lectorat quand ils parlent de "classic field recordings" parlent d'albums/labels/musiciens qui ne sont ni des classics ni
des albums/labels/musiciens de field recordings, exception faite du Moreigne. (Sauf à considérer que le dernier Monolake aussi - pr prendre celui que j'ai sous les yeux, est un album de field
recording bien sûr...)

Sinon pour te répondre :

17h04 --> Qu'est ce que la poésie? (tu seras durement sanctionné si tu ne traites pas cette question avec le sérieux quelle mérite (au moins je saurais si tu es juste à la recherche de
sensations fortes (défier le maitre) ou si tu cherches une vrai réponse pour ta culture personnelle.)
17h05 --> :) (sur un trip Harry Belafonte c dur de rester sérieux! mais c vrai que j'ai salement dérapé :)

+

Chroniques électroniques 16/12/2011 20:42



Nan mais c'est pas moi qui ai écrit cette chronique ! Moi je ne réponds que pour Mallarmé.


"Quest-ce que la poésie ?" est une question mal posée, d'abord parce qu'elle inclue le "ti esti" grec, qui questionne et demande une identité close introuvable par principe, et surtout pas du
point de vue mallarméen. Plus prosaïquement, la poésie ne supporte pas l'identité, ni donc l'identification et la définition. Ta question, mal posée, demeurera donc sans réponse.


P.A.



Harry Belafonte 15/12/2011 20:46

Erratum !

José Corti pas Philippe lol

Chroniques électroniques 16/12/2011 17:05



Tu m'étonnes ! Ce vieil et magnifique éditeur, dont la maison se trouve toujours devant le jardin du Luxembourg, se retournerait dans sa tombe.


P.A.



Harry Belafonte 15/12/2011 20:39

Je pense que Luc faisait référence non pas au merveilleux poèmes de Mallarmé (bien que je pense qu'il préférerais Villon, De Nerval ou Bloy (je pense qu'il conseillerais l'intégral de Bloy
tellement c PHENOMENALE dans la forme et le fond, tout le temps ! (et les cahiers de Cioran (collection Blanche) qui vous plairez, Inspecteur, je le crois:)) (évidement il le dirait mieux que moi
mais le Wolfgang Voigt de la poésie c Emily Dickinson (chez Philippe Corti) : loin devant les Yeats et autre Keats. Emily D c limite traumatisant...))) ; je pense plutôt qu'il faisait référence à
ce que Mallarmé appelait Le Livre.


Pour plus d'explication (bien qu'incomplète, pire, biaisais) : http://larevuemoutarde.free.fr/numeros/06/06-04.htm

Cordialement.

Chroniques électroniques 16/12/2011 17:04



Je ne comprends pas ce que tu dis. Tu sais que Le Livre, c'est de la poésie, tout de même ?


P.A



Luc Sonor 15/12/2011 20:05

Bon au niveau de la qualité intrinsèque du son, c à ma connaissance les meilleurs (et de plusieurs longueurs (Raster tient la comparaison mais c tout (et m_ ds une certaine mesure (c moins
compliqué d'être propre quand tu fais de la mnl)).
Après cette "compile" , je l'a trouve très très en deçà de ce qu'ils ont sortie. (Pas au même titre que les dernières releases qui pr moi bien qu'objectivement en deçà, s'inscrivent néanmoins
suffisamment dans la continuité de ce qu'ils ont pu faire (les 2 derniers CBL, Perimeters, Origine # 1) pour ne pas être négligées, comme c le cas, malheureusement, à raison aussi, il faut
l'avouer...
Cette compile sonne très bien, mais est très moyenne : on dirait du sous Tympanik... Très faible donc pr du Ultimae qui n'as pas pour habitude de typaniser (dico) l'auditeur... (Code Eternity, Blue
Moon Station qui te satellite bien comme il faut, l'enchainement Back to light/Galaxies Part 1 qui littéralement te donne l'impression de te désintégrer dans du coton, en slowmotion, et en 4k ! (et
un petit Right Where Its Ends pour atterrir! (jusqu'a de 2.22, c mythique ; après : quelle gâchis !...) J'en passe... Non non franchement cette compile c trèèèèès léger ! (dsl)

C simple pourtant ! pour se renouveler, il faut sortir une Psy-Trance/DubTechno (Das Album (sens mallarméen du terme) et absolument se départir des relents de jungle et autres anglophoneries
tribalisantes viole de gambées !

Voilà !

+

Chroniques électroniques 15/12/2011 20:16



+1 pour Mallarmé.