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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 14:07

Sortie : 7 juin 2010

Label : Kompakt Records

Genre : Mix house

Note : 7,5/10

 

Immer 3 est Le mix pop-house-trancey de l’été, comme ça, c’est dit !

C’est quand même dingue qu’un type comme Michael Mayer arrive encore à clouer le bec aux petits jeunes avec ses Immer volontairement intemporels. Déjà qu’en 2002 il nous avait fait le coup avec sa première monture, élu meilleur mix de la décennie par Resident Advisor, et qu’en 2006 il avait remis le couvert avec panache, le teuton vient une nouvelle fois caresser nos oreilles avec son troisième exercice.

 

Le but des Immer de Mayer n’est pas de faire étalage des nouveautés dans le vent, ni de montrer l’étendue de sa technicité aux platines mais plutôt d’offrir une parenthèse électro impossible à figer dans le temps. La structure formaté du mix contraint Mayer à enfermer ses plages house entre deux morceaux d’électro-pop ambient et son mix ressemble davantage à une sélection classieuse et pourtant, une fois démarrée, rien n’y fait, vous êtes sous le charme.

L’intro dominée par la classe anglaise d’un Ewan Pearson remixant avec légèreté Cortney Tidwell a pour unique but de vous emmener progressivement vers un terrain bien plus dansant. Immer 3 est intelligemment progressif et possède ce côté extasié des mixs parfaits qu’on rêverait d’entendre à 6h du mat’ sur une plage. Pour cela, Michael Mayer évite l’esbroufe de la surenchère. Résultat : 11 morceaux prenant leurs temps pour 6 minutes minimum par piste. Entre un remix house feutrée et chancelant du Guinea Pig de Ben Watt d’un DJ Koze toujours inspiré et la bombe house Edges Of Corrosion de Tim Paris avec son cut brûlant vous transformant en éponge, on ne peut que danser lascivement. Même l’insipide Charlotte Gainsbourg en ressort transformée par un Superpitcher fidèle à lui-même dans sa construction pop-house qui chaloupe progressivement jusqu’au 7e ciel. La pop-ambient follement romantique du New Day de Kinky Justice se charge de sceller brillamment le mix.

 

Parfait de bout en bout, sans aucune faute de goût, résolument pop dans son approche, en parfait adéquation avec son époque tout en se moquant des modes, Immer 3 démontre l’approche tout en finesse de Michael Mayer. Le boss de l’écurie Kompakt reste décidément une référence depuis plus de 10 ans. Respect.

 

http://1.bp.blogspot.com/_rmyNiUuA0_Q/TFmGK75qUhI/AAAAAAAAEPk/Z_G95ZwZrTM/s400/kompaktcd83-immer_3.jpg

 

par B2B

 

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 22:37

Sortie : avril 2010

Label : Jahtari

 

Jahtari ou la team des spécialistes ès digi-dub. Ce label de Liepzig s’adonne corps et platines au dub électronique et décrit la musique de ses artistes comme du "digital laptop reggae". Nous avions déjà eu l’occasion de citer le collectif lors de la sortie des EP de Tapes (chroniqués ici et ici). Cette compilation rassemblant les Jahtarian Dubbers - une espèce à part définitivement – permet d’appréhender davantage un label dont l’intégrité envers le dub classique et le reggae est étonnante.

 

La preuve que l’on n’a pas fait affaire à des bidouilleurs de dancehall de superette ne se fait pas attendre. Black Chow, qui ouvre les festivités, n’est autre que le duo de Kevin Martin (The Bug) et Kiki Hitomi, sa comparse de King Middas Sound. La paire avait auparavant titré sur la superbe compilation des 5 ans d’Hyperdub (ici), et livre un Wonderland inédit, léché de la voix sucrée d’Hitomi. Apparaissent également sur ce deuxième volet Clause Four, Discrupt, notre ami Tapes, Soom T ou le MC des Brestois de Stand High, Pupajim. Autre particularité chez Jahtari : la musique ne se fait qu’à l’aide d’un ordinateur, et un seul (d’où le « laptop » reggae). Les membres s’attèlent donc à leurs softwares pour nous faire naviguer entre des décors de jeux d’arcade des 80’s et des paysages extraterrestres où ça fume sec sous le casque d’astronaute. Un grain caractéristique se dégage du disque, quelque chose d’invariable dans les textures filtrées et les skanks numériques. A 300 mille lieux du dubstep ou de l’électro dub à la française, le dub estampillé Jahtari est bel et bien inimitable. La présence de nombreux morceaux chantés (l’addictif El Fata In The Dancehall d'El Fata, Coulda Never de Solo Banton) accentue la dimension reggae, et peux donner de furieuses envies de dubber. Il n’est pas impossible cela dit que certains bleeps sonnent un peu creux, et des flows tels que celui de Soom T finissent par être crispants. On retiendra comme titres phares le Mars de Clause Four, avec sa bassine houleuse, ou l’ultime LTD de Illyah & Ltd Candy, dont on aimerait bien détester le chant sirupeux, mais dont le beat est le puisant de toute l'album.

 

Avec cette fumeuse et addictive compilation, Jahtari tient son pari et justifie, goguenard, sa curieuse démarche. Le dub est authentique, le skank enfumé, une chose est sûre : il sont tous bien perchés.  

 

par Manolito

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 19:38

Sortie : 8 juin 2010

Label : Alphabasic

 

Ceux et celles qui suivent de près le paysage électronica n'ont plus besoin qu'on leur présente Benn Lee Jordan, qui officie la plupart du temps affublé de son avatar The Flashbulb. Ce trentenaire américain a depuis l'enfance été contraint de jouer de la guitare de la main droite alors qu'il est gaucher. Il a donc fait preuve d'une abnégation sans faille et a acquis une maîtrise technique impressionnante. Depuis 1999, il développe des albums frayant dans tous les sous-genres de l'électronique. Dans un souci de liberté, il fonde son propre label Alphabasic, où sortiront la plupart de ses réalisations. On se rappelle plus particulièrement du sublime Soundtrack To A Vacant Life paru en 2008.

 

La particularité de The Flashbulb tient dans sa divine capacité à rendre orchestrale et organique son électronica en y insérant bon nombre d'instruments naturels. On se réjouit donc de retrouver une fois de plus les violons qui lui ont toujours été chers, mais aussi un hautbois, une harpe, un violoncelle, une flûte ou un piano régulièrement plaisants. Pour ce qui est des machines, son goût immuable pour le synthé TB-303 et la boite à rythme TR-808 ne semble toujours pas altéré. Arboreal est un album fin, subtil et mélancolique, illustrant des fables aux univers chatoyant. Une sorte de Jon Hopkins en somme, en moins torturé. L'approche rythmique et plus particulièrement le jeu de batterie trahissent une formation jazz solide (le forcément trop court Springtime In Distance ou Dreaming Renewal). Que ce soit quand il utilise le glitch, le cut'n voice, où des harmonies synthétiques, le découpage est toujours fluide et cohérent. Aérien, romantique et lumineux, Arboreal semble être conçu pour des écoutes en extérieur, les pieds bien ancrés dans la terre mais la tête dans les étoiles. On regrettera simplement la présence de turbines ronflantes, tentant d'aventureuses percées rock sur les gras et dispensables The Trees In Russia et A Raw Understanding. Néanmoins, l'inattendu, très vocal et pop Skeletons s'avère délicieuse avec sa conclusion sur fond de guitare saturée. Avec 17 titres au compteur, Arboreal ne se fout pas de notre gueule. Undiscovered Colors, Meadow Crush, Dread Etched In Snow, Once Weekly, Lines Between Us ou Telescopic Memorial sont autant de joyaux que les fans du sieur et les autres, se doivent absolument de découvrir.

 

Faisant preuve d'une maturité incontestable, Arboreal ravira les habitués du genre mais permettra aussi aux novices de par sa lumineuse dimension organique, de poser un premier pas dans l'electronica. Il est donc plus que recommandé à tous les habitués de nos pages.

flashbulb.jpeg

par Ed Loxapac

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 17:40

Sortie : juillet 2010

Label : Ninja Tune

Genre : Rêverie électronique

Note : 8

 

Il est enfin l'heure de prendre la route que Grasscut nous promet depuis maintenant un an. Le duo, qui s'est rencontré en août 2008, a pris le temps de tourner avec une partie de la famille Ninja Tune et même au delà, puis de nous appâter avec trois maxis dont nous chroniquions le premier en juillet 2009. Nous aurions pu nous lasser, mais finalement le long format arrive, et le voyage qu'il propose nous intéresse toujours autant. Andrew Phillips, compositeur pour le cinéma et la télé, et Marcus O'Dair, bassiste et claviériste, ont fixé l'échelle (1 inch / 1/2 Mile) de la carte qu'ils nous proposent d'arpenter. Une ballade dans l'espace, l'ouest de l'Angleterre, et dans le temps, des années 1920 à aujourd'hui.

 

Un vent de fraîcheur expérimentale bat la campagne britannique. Pop électronique bizarroïde (The Door In The Wall), électronica soignée (Old Machines) ou bidouillage surprenant (Passing), Grasscut a décidé de nous plonger dans un univers où les repères n'ont plus d'importance. Le continuum espace-temps est rompu : personnages et sonorités de tout le XXe siècle se donnent rendez-vous dans un pub où le gramophone déraille, où la guerre a marqué le power trio qui joue à la cave. Ainsi Muppet démarre sur un collage intriguant, puis part en rock survolté avant de finir dans la sérénité d'une église baignée de prières apaisantes.

Les Anglais de Brighton font beaucoup appel aux voix. Certaines chantées donnent une forte tonalité pop à une poignée de titres, d'autres sont plus parlées et font apparaître les fantômes du passé et du présent. Un homme au téléphone, une femme au timbre étouffé raconte le rationnement sur 1946, un poète victorien se croisent alors dans ce grenier où traîne un vieux gramophone, des souvenirs heureux (Meltawater) et de veilles bandes magnétiques qui relie l'hier à l'aujourd'hui. Grasscut fouille dans cet ensemble et le met en son avec les techniques actuelles, construit des chansons avec des mélodies de claviers mélancoliques ou redonne vie à leurs ancêtres en leur recréant un univers imaginaire.

Les deux hommes se complètent à merveille. L'un bricole des atmosphères entraînant l'auditeur d'une époque à une autre et donnant un aspect expérimental qui tranche avec les passages un peu trop pop. L'autre s'occupe de donner une dimension musicale à leur voyage documentaire par quelques lignes mélodiques doucereuses. L'homme du parc de Brighton qu'ils nous donnent à entendre sur The Tin Man est une bonne synthèse de la rencontre de ces deux esprits. Une voix lointaine et des vagues de poussières recouvrent de leur filet les sons plus actuels. Parmi tous ces mystères se glissent de grandes envolées et de calmes confidences formant un ensemble unique et captivant.

 

Nous reprochons parfois à Ninja Tune de se reposer un peu trop sur ses membres historiques aujoud'hui plus toujours à la hauteur (voir l'interview de Matt Black sur les 20 ans de Ninja), le label nous offre un magnifique contre exemple avec cet album de deux nouveaux venus qui viennent réconcilier les sons du passé avec ceux d'aujourd'hui... tiens donc ? Une volonté d'expérimentation à saluer, surtout quand elle est de cette qualité.

 

http://i50.tinypic.com/dmfr0k.jpg

par Tahiti Raph

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 20:36

Sortie : 6 juin 2010

Label : Ant-Zen

 

En fidèle de la maison allemande Ant-Zen, Mika Goedrijk revient seulement un an après son très bon Pellicules, déjà sorti sur le label à la fourmi. Certains le connaissent aussi suite à son projet This Morn'Omina, réalisé en compagnie d'un autre Belge : Empusae (Nicolas Van Meirhaeghe). Le titre de ce nouvel opus ne souligne pas de référence à l'univers de Lewis Caroll, mais pourtant, Goedrijk tire bien les ficelles derrière le rideau. Le Belge n'a sûrement pas pu résister plus longtemps à ce que son reflet lui renvoyait dans le miroir. Cet album ne ressemblera donc à rien, à part à lui même.

 

On attendait depuis plus de six mois un album d'IDM touché par la grâce qui allait mettre tout le monde d'accord en cette année déjà bien fournie en bons disques du genre. Le Flamand nous entraîne dans un univers aussi inquiétant que magique, où les synthés et les textures amples contrastent avec l'infection rythmique. Les lignes de basses s'enfoncent quant à elles jusqu'aux tréfonds de l'âme. En parallèle aux sursauts rythmiques plein de glitch, apparaissent parfois des instruments bien naturels. Comme l'agonie de cette guitare désarticulée sur le magistral Dead Air, ou une trompette qui fit probablement en son temps chuter les murs de Jericho sur l'exceptionnel Lost Decade. Tout comme les Britanniques d'Autechre, Goedrijk a probablement été inspiré par Cabaret Voltaire. C'est pourtant, il me semble, des synthés chers à Aphex Twin qu'il utilise sur At The 11th Hour et White Sand Semantics. Malgré ces nobles références plus que probables, il semble que Mika Goedrijk ne s'embarrasse pas de ce genre de comparaisons en se creusant une voie propre. L'extrême qualité de chaque morceau efface allégrement le manque de liant qui les entoure. Tout cela a même l'air pensé. C'est ce qui frappe le plus à l'écoute de Looking Glass World, le fait que rien ne soit placé au hasard. Loin d'une IDM d'autiste ou de l'indus trop martial et frénétique, le Belge fournit ici un album déconcertant de subtilité sur lequel il est difficile d'écrire. Citons le plus ambient Quiet Plan, les mi-inquiétants mi-majestueux Draussen Im Grünen et Broken Toys On A Hill ou le divinement parasité et terrifiant Le Grand Mal de clôture au rayon des réussites absolues.

 

Cette année, il y aura un avant et un après Looking Glass World en matière de compositions IDM et industrielles avant-gardistes. Celui qu'on ne pouvait pas non plus jusqu'alors qualifier d'apprenti devient avec cet opus magistral une référence absolue du genre. Plus que jamais, on regrette que des vétérans comme les anciennes vaches sacrées ayant officié chez Warp soient autant d'arbres qui cachent une forêt luxuriante et ténébreuse où Mika Goedrijk tient toute sa place.

http://www.ant-zen.com/graph/ant-zen-act251-x3.jpg

par Ed Loxapac

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13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 11:29

Sortie : avril 2010

Label : Data Obscura

 

Les lecteurs assidus de Chroniques électroniques savent tout le bien que nous pensons de Bartosz Dziadosz alias Pleq. Nous avions l'année dernière publié les chroniques de ces superbes albums The Metamorphosis (ici), The Fallen Love (ici) et Lucid Dream (ici). On a rarement vu un artiste alliant quantité et qualité avec autant de brio. Celui pour qui le glitch et la mélancolie sont les éléments primordiaux de la composition a récemment signé un autre projet avec Segue chez U-Cover. Avant que le Polonais ne vienne un jour jouer en France, penchons nous sur son nouvel essai paru dernièrement chez Dataobscura, Our Words Are Frozen.

 

Si la musique de Pleq était jusqu'ici déjà très triste (pour ne pas dire dramatique), il revient cette fois ci avec un album qui déconcertera peut-être au premier abord ses fans de la première heure. Our Words Are Frozen est un pur album d'ambient où l'épuration rythmique est aussi palpable que l'omniprésence des drones et des field recordings. Minimaliste et glacé, cet album s'adresse principalement aux coutumiers du genre. Le glitch n'est cette fois-ci utilisé que comme élément crépitant, semblant peindre des tableaux d'icebergs en pleine fonte. Sur la fresque d'ouverture Last Month, on pourrait même se croire embarqué sur un brise glace naviguant non loin du pôle nord. L'esprit de l'auditeur se sentira enseveli sous des tonnes de poudreuse en attente de l'arrivée des sauveteurs sur l'excellent Walk Through Your Mind. De petites rythmiqes industrielles et des micro-samples interviennent sur les superbes et introspectifs We Try To Abjure Material Things et Back To The Moon. Ces deux titres organiques revigorent nos oreilles plongées jusqu'alors dans une hibernation flottante et congelée. Perdu sur des eaux statiques mais hostiles, le moussaillon prie pour entendre un sonar ou apercevoir un sémaphore. Le magnifique mais terrifiant I Know, It's Not Human de fermeture confirme ce sentiment d'inexorable perdition.

 

Avec cet album d'ambient pur à ne pas mettre entre toutes les mains, Pleq confirme l'aspect anti-commercial de son sillon strictement artistique. Même si, avouons le, nous avions préféré ses réalisations plus orientées IDM, il y a fort à parier que les puristes du genre crieront au génie. Si on se calque sur le nombre habituel de disques que publie Pleq depuis ses débuts, on est libre de croire en la sortie d'au moins un autre album cette année. Wait and see.

http://www.dataobscura.com/prodimages/do046_300.jpg

par Ed Loxapac

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 10:45

Sortie : 1er juin 2010

Label : Eigen Beheer

 

Sotu The Traveller est Hollandais, d’origine Turque, et se prénomme Baris Akardere. Il enchaîne depuis quelques années les collaborations et remixs, et détient à son actif un EP, Daydreams, sorti en 2007 sur le label, maintenant éteint, Appletree Records. Il réalise aujourd’hui son premier album, à l’artwork de plutôt bon augure.

 

Et Left en effet ne déçoit pas. Très courts (25 minutes en tout), ces huit morceaux versent dans un abstract hip-hop songeur et contemplatif. Sotu dépeint des ambiances lunaires, percées de réminiscences électronica, et les beats semblent avoir la même légèreté débonnaire qu’un cosmonaute rebondissant. Des timbres de carillons, des craquements de vinyle, des chuintements mécaniques et un panel varié d’instruments complètent les bidouillages de ce jeune faiseur de beats. Serait-il un brin cafardeux d’ailleurs ? Left dégage effectivement une mélancolie palpable, la faute peut-être à ce clavier candide sur Verbs ou aux cordes graves et profondes qui marquent la fin de Goldfish. Mais le disque en général évoque une certaine nostalgie que le producteur transcende délicatement en une musique claire et intimiste, comme si les volutes qui parent la pochette représentaient l’évaporation d’un souvenir beau mais douloureux – voyez un peu le titre. Sotu sait par ailleurs se montrer plus ferme et faire claquer ses beats, comme sur le cosmique et très bon Asteria dont le break communicatif fait promptement dodeliner du chef. Certains titres prennent des airs de comptines électroniques, tantôt portées par des basses pêchues (Remember), tantôt feutrées et rêveuses (HourGlass). Ce dernier morceau fait d’ailleurs l’objet d’une très belle vidéo, réalisée par Judith Veenendaal, qui étend un peu plus l’univers singulier de notre voyageur.

 

Sotu The Traveller tire du hip-hop abstrait une musique presque tendre. Ce Left, à la production soignée, séduit l’oreille à force de beats justes et harmonieux. Le producteur met en vente son disque sur sa page bandcamp, pour la somme plus que modique de 3€50. Très franchement ça vaut bien plus.

 

                               3515713350-1.jpg

par Manolito

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 10:17

Sortie : 28 juin 2010

Label : Infiné

Genre : Techno, electronica

Note : 8,5/10

 

En s’imposant comme contrainte l’absence de sampleur et de sons de synthèse, en ayant recours uniquement à de vrais instruments, l’énigmatique Arandel tient à proposer un objet sonore singulier naviguant entre techno et électronica. Retrouver ce In D sur Infiné, le label d’Agoria, n’est pas une surprise, le boss de l’écurie lyonnaise étant réputé pour son ouverture musicale. Le risque est énorme de se planter dans les grandes largeurs quand on nomme avec autant d’assurance un album In D, référence immédiatement perceptible au In C de l'inestimable Terry Riley. Pourtant, l’œuvre proposée par Arandel est en tout point magistrale et maîtrisée.

 

On aurait pu craindre un exercice vaniteux et pompeux et on se retrouve avec une partition mélancolique d’une profondeur insondable. C’est simple, In D est une perfection de bout en bout, un album rare comme il en sort malheureusement trop peu. Il y a du Etienne Jaumet chez Arandel, notamment dans cette volonté de proposer une vision humaine de la techno, une vision dominée par l’âme et non les machines. Ceux qui pensent encore que la techno est seulement affaire de formatage peuvent se ruer sur In D, ils vont prendre une leçon d’échantillonnage savant sachant télescoper élitisme, intelligibilité et accessibilité.

Ce n’était pourtant pas gagné car In D supprime l’idée même de mélodie. C’est avec ce souci de purification qu’Arandel peut à sa guise laisser ses morceaux vivre et évoluer librement pour aboutir à des pièces puisant leurs forces dans la vibration. Le mariage amère sur In D#10 d’un sitar et d’un piano dysharmonique sur fond d’expérimentations électroniques contemporaines est une cinglante réussite pendant que le métronome impose la cadence à une basse lourde lentement couverte par des sonorités d’insectes rampants sur la techno minimal d’In D#5. Arandel n’en oublie pas pour autant ses aînés. On retrouve ainsi l’approche répétitive d’un Steve Reich avec ce xylophone insidieux accompagnant la lente progression d’In D#8. Et si jamais vous avez peur de manquer d’oxygène dans cet univers deep, la techno d’In D#3 se fera distillatrice d’images cinématographiques avec ses cordes et son violoncelle vibrant.

 

Brillant dans ses moindres recoins, In D est un album précieux, se jouant des courants actuels tout en en prenant la mesure. Le voyage proposé est d’une rare homogénéité et semble pouvoir se répéter à l’infini pour le plaisir de nos oreilles. Arandel délivre avec maestria un des meilleurs albums électro-techno de 2010.

 

http://www.goodkarma.fr/wp-content/uploads/2010/06/arandel-in-d.jpg

 

par B2B

 

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 16:35

Sortie : juillet 2010

Label : Project: Mooncircle

Genre : Rap 

Note : 6

 

Evitons la revue de CV des deux protagonistes de ce disque qui ont chacun une bio dans le rap longue comme le bras. Ce sont donc deux vieux routiers qui se rencontrent sur ce International Summers. D'un côté l'Anglais Lewis Parker a produit l'ensemble de l'album et avait en début d'année sorti un maxi de bonne facture (chroniqué ici). Il vit désormais à New-York où réside aussi John Robinson, ancien membre du groupe ScienZ of Life sous le pseudo Lil Sci. Le duo avait déjà croisé les rimes sur un titre publié par Project: Mooncircle en mars 2009... et leur nouvelle collaboration semble une évidence tellement leurs styles se complètent parfaitement.

 

Après son maxi très soul-Blaxploitation, Parker Lewis a parfaitement digéré son déménagement à New-York en nous servant des instrus qui rappellent les ambiances caractéristiques des groupes du Queen's ou de Brooklyn. Il est loin du mainstream et des tentatives électro actuelles, restant très classique dans ses choix, et très pertinent. Son style sent la rue et le rude quotidien des petits truands (Dues Paid). Mais l'esprit assez cool du producteur ressurgit souvent, comme sur ce Harlem River Drive aux violons émerveillés qui laissent toute la place à un long solo de trompette. D'autres passages estivaux rappellent la chaleur qui règne dans le Do The Right Thing de Spike Lee. Sur Godz ILLA, la tension est au contraire bien plus vive avec de nombreux bruitages pour illustrer le récit.

Du côté des voix, les deux flows sont assez posés et se répondent avec une grande justesse. Nous avons affaire à deux techniciens qui savent jouer avec les beats et captiver l'auditeur par la régularité de leurs rimes. Pour apporter un peu de fraîcheur dans leur duo, un certain nombre d'invités sont conviés, dont pas mal de MC méconnus mais talentueux, tels que StaHHr, Cymarshall Law, 4RCE ou East Koast. La chanteuse Renee Neufville apporte elle son timbre agréable et plus léger sur Holiday Songs. 

La dualité de la pochette entre les deux MC n'est pas celle constatée sur disque. Les deux hommes participent en effet tous les deux à alterner les atmosphères inamicales avec les moments où le stress est moins présent. Deux facettes qui sont accentués par, d'une part, des scratchs nerveux et, d'autres part, des cuivres jazzy omniprésents qui calment le jeu. Un afrontement des styles qui devient très direct sur Ebony Godfathers. Le disque est dense jusqu'au bout avec les très bons Enter The Cosmos et Dangerous Love Affair qui maintiennent la pression jusqu'au bout...

 

Lewis Parker et John Robinson nous offre une confrontation de haut niveau, les instrus ambivalents du premier leur fournissant un parfait terrain de jeu pour envoyer leurs rimes inspirées. Une rencontre qui, on l'espère, ne s'arrêtera pas là !

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc065cover.jpg

par Tahiti Raph

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 09:41

Sortie : 29 avril 2010

Label : Hadra

 

Phillip Contamin, ou Sysyphe, fut d'abord membre de plusieurs groupes de rock (bassiste et chanteur) avant d'être un des fers de lance de la scène trance psychédélique dans la région de Grenoble. C'est au début des années 1990 qu'il rencontre la musique électronique, plus particulièrement par l'intermédiaire de The Orb. En 97, il co-fonde l'association Le Manège Enchanté, à la base de soirées orientées trance et ambient en Isère. C'est dans l'antre lyonnaise du studio Ultimae que fut conçu Running Up That Hill, ce qui nous pousse à y jeter bien plus qu'une oreille distraite.

 

Tout laisse à penser que le pseudonyme de l'artiste et le titre de l'album ne sont pas choisis par hasard. Personnage controversé de la mythologie grecque, Sysyphe est mentionné dans L'Iliade et L'Odyssée. Même Albert Camus et Robert Merle ont écrit au sujet de ce destin atypique. Fis d'Eole, il défia les dieux et revint d'entre les morts de par un subterfuge machiavélique infligé à Hadès. Pour cette ignominie, il fut condamné à errer dans le Tartare et à gravir une colline en traînant un immense rocher. La légende dit qu'il ne parvint jamais au sommet. Vous comprendrez maintenant mieux pourquoi, l'album se nomme Running Up That Hill. Vu que les bases de données en matière de sons issus de la mythologie grecque sont un peu pauvres (ahahaha), le sieur Contamin préfère puiser dans le dub, les sonorités orientales et la trance psychédélique pour retranscrire l'errance de Sysyphe. Mystique et aérienne, sa musique est extrêmement bien produite. Le choix des lignes de basses et l'insertion des guitares rappellent que Sysyphe fut musicien avant d'être assisté par les ordinateurs. On ne saurait dire si la colline qu'il tente de gravir est enchantée ou maléfique. Il semble qu'on y rencontre d'autres âmes damnées, des fées bipolaires et des trolls pas si méchants. Les sentiers venteux qui mènent au sommet ont l'air semés d'embûches et de rencontres chimériques. Les morceaux sont longs, variés et organiques. La première partie de l'album est enivrante, grâce aux fresques Hade et Missing Time, l'inquiétant Spellbound ou l'onirique Legend Of Winter. C'est à partir de l'intéressant Handfasing que les sentiments s'inversent. Ce qui se trouvait être très séduisant commence à se montrer peu à peu rébarbatif. Le dub prend l'ascendant sur le côté psyché et on peine à faire les liens avec les trames dépeintes dans la première partie. Il y a même presque un sentiment de surcharge quasi inexplicable. On perd le fil d'Arianne malgré les intéressants Ashes, Sinking ou le très bon Pandora. Dommage.

 

On ne peut néanmoins pas parler d'album en demi-teinte tant la démarche est singulière, indépendante et rafraîchissante. L'aspect mystique et la filiation mythologique contribuent à rendre cet opus très séduisant. On passera donc aisément l'éponge sur les passages un peu moins réussis. Distribué dans sa version physique par Ultimae, Running Up That Hill est également disponible en digital et à un prix attractif sur le site de Hadra Records.

 

par Ed Loxapac

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