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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 19:37

Sortie : juin 2011

Label : Miasmah

Genre : Dark Ambient, Neo-classical, jazz

Note : 9/10

 

Il y a deux ans, m'était tombé dans les mains l'album l'Autopsie Phénoménale de Dieu. Dire qu'à cette époque pas si lointaine, mes oreilles n'étaient pas encore tout à fait avisées à ce genre de sons est un fait. J'écoutais du dark ambient à petite dose, Lustmord ou Svarte Greiner bien sûr, Kraken et Xela aussi, mais jamais plus d'une fois par mois. Aujourd'hui ce genre se révèle pour moi passionnant. Mais revenons donc à l'artiste dont il est aujourd'hui question.

Pepijn Caudron, ou Kreng, est belge et bosse régulièrement avec la compagnie de théatre alternative Abattoir Fermé. Ses albums sont signés sur le label Miasmah, propriété d'un certain Svarte Greiner (qui gravite aussi autour de Xela et de Type Records). Sa musique est dotée d'une impressionnante dimension picturale. En l'absence se support visuel, chacun y peut faire sa propre représentation. La vie est un théâtre, la musique aussi.

 

Pour saisir toute les substances et toutes les noires et magiques incantations de Grimoire, il faut accepter tout d'abord de renoncer à une certaine appréhension de la réalité. Accepter de se laisser guider par une femme sans âge, grimée telle une représentation asexuée du Dracula de Coppola, vers un manoir perdu en rase campagne et dont l'accueil est aussi chaleureux que celui d'une prison turque. La demeure est visiblement déserte. Inutile de questionner la raison de notre présence ici auprès de cette houri gothique, elle a déjà disparu dans un cri de soie noire.

L'étage est aisément accessible. Le bois est fragile, grince, mais peu importe. Les rêves et les cauchemars ne connaissent pas de couardise. Un long couloir obscur révèle une dizaine de portes closes. Il est désormais temps de franchir le premier seuil. La scène est incongrue, dévoilant des tranches de vie quotidienne d'une période de l'histoire faste mais surannée. Les âmes qui s'y trouvent, damnées ou non, chuchotent, bien qu'elles ne semblent avoir relever la moindre présence. Les dentelles sont reines, les toupets sont rois, les corsets savent relever les plus beaux attraits. Pourtant, il y a comme une ambiance inquisitrice qui se dégagent de ces murs. Mieux vaut ne pas traîner... jusqu'à la prochaine porte.

Pour ne pas faire dans le spoiler, je recommande à nos chers lecteurs de se procurer l'album, et ainsi vivre leur propre aventure terrifiante. Finalement tout le monde s'en fout que je me sois personnellement retrouvé au milieu de décors jadis illustrés par Le Caravage, où je fus invité à participer à des rites pas toujours très agréables (Wrak, Balkop). Les auditeurs avertis doivent ouvrir et parcourir Grimoire, et cela jusqu'à son frustrant mais terrifiant cliffhanger (Konker).

Ce diamant noir se situe bien au delà d'une classification dark ambient. Même si les ambiances fantomatiques et les sample susurrés s'y prêtent particulièrement. Il y a dans cet opus un nombre impressionnant d'instruments classiques, de fiels recordings retranscrivant des atmosphères de ballets baroques, de musique classique et même de jazz (surtout dans l'utilisation des batteries). Kreng réalise ici un tour de magie noire, plus proche de l'alchimiste que de l'apprenti sorcier. On évitera de tomber dans l'écueil de la comparaison avec une bande originale de film d'épouvante. Grimoire est un album qui se vie bien plus qu'il ne s'écoute.

 

Bien que réservé à un auditoire plus qu'averti, Grimoire est pour moi (avec Aftertime de Roly Porter) l'oeuvre expérimentale de l'année. Il redonne même à ce terme toute l'essence de sa signification. La beauté est parfois sombre et maculée de noirs desseins. Doit on pour autant renoncer à ses charmes ? Grimoire est plus qu'un disque, c'est une expérience indispensable.

 

http://www.miasmah.com/covers/miacd016.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Rabbit 14/12/2011 10:32

Du jazz bien noisy et déconstruit alors... c'est clair c'est pas mal ça aussi (un faible pour les apparitions de Shara Worden) mais dans l'esprit (enfin, vaguement...) j'ai préféré le Matana
Roberts ('Coin Coin - Chapter One : Gens de couleur libres'), sur le même label d'ailleurs.

Marc 13/12/2011 18:47

Pour ma part l’œuvre expérimentale de l'année est le "Colin Stetson - New History Warfare, Volume 2: Judges" c'est plutôt du jazz fusion, mais c'est super accessible, en plus d'être une œuvre
majeure.

Philippe 13/12/2011 02:43

Pour ma part, n'étant pas très familier avec le genre, j'ai tenté l'écoute de cet album. Quelle intensité! Les atmosphères créées sont terrifiantes. À écouter, mais à dose raisonnable. Merci aux
autres commentateurs pour les suggestions. Continuez votre bon boulot.

Rabbit 12/12/2011 22:22

Ah oui le Simon Scott est superbe également (et surprenant de la part d'un ex Slowdive batteur de surcroît, même si croisé entretemps chez The Sight Below), mais bon Miasmah a encore fait une
grosse année entre Deaf Center, le récent SGAR signé Svarte Greiner et Alexander Rishaug (bien que court) et le Juv (quel album, pour les fans de Deaf Center c'est d'ailleurs un must). Il n'y a
guère que le Pete Swanson qu m'ait laissé dubitatif, l'électro c'est pas forcément son fort à l'ex Yellow Swans.

Et puis sinon au risque de passer pour un name-droppeur sauvage il me fallait ajouter ça à la liste : http://blacklightvacuum.bandcamp.com/album/improvisation-one ... duo "dark drone" mené par
Imaginary Forces qui sortait justement son nouvel album aujourd'hui.

marc 12/12/2011 21:06

je suis beaucoup plus impressionné par le "simon scott" qui est sorti récemment sur ce label

Chroniques électroniques 12/12/2011 22:36



On ne peut pas écrire des chroniques à propos de de tout ce qui sort. Même si c'est parfois au détriment d'oeuvres remarquables.