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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 18:34

Sortie : novembre 2011

Label : Ghostly International

Genre : Electronica laxative

Note : 4/10

 

L'américain Tycho, Scott Hansen, fit parler de lui en 2006 quand son premier disque Sunrise Projector fut ré-édité par Merck sous le nom de Past Is Prologue. Rien ne volait bien haut dans ses vagues ascensions electronica, mais l'émulation autour de cet album fut bien réelle. Plus de cinq ans plus tard, les sphères indépendantes et les fans de la première heure s'affolent autour de cette sortie. C'est probablement parce que Tycho a quelque chose de résolument pop dans la manière d'envisager sa musique définitivement électronique. Seul le très talentueux Jon Hopkins a su rassembler les puristes électroniques et les scouts de l'indé. Voyons donc si Tycho transforme ce difficile essai. Sans armes, ni haine, ni violence.

 

Quand on sort un album chez Ghostly International, on profite la plupart du temps d'une production limpide. C'est ici le cas, même si le mastering est trahi par une linéarité qui pose question. Derrière des ambitions sonores plus régressives que rétro-futuristes, Tycho distille un ersatz d'electronica aérienne et éthérée, explorant des schémas ascensionnels aussi convenus que mes chroniques des productions Ed Banger. Avec ses semblants d'invitations deep-house trop infusées et ses lits de cordes sirupeuses, son Dive ne parvient jamais à décoller du plancher des gnous. Accordons nous certes sur le fait qu'il parvient à donner à ses basses des angles très intéressants. Mais tout ici a une saveur de bifidus actif et d'aspartame. De là à penser qu'il use de vaseline pour mieux faire passer le supo, il n'y a qu'un pas, que ma mauvaise fois légendaire m'autorise à franchir. En clair, quel est l'intérêt de faire durer un track comme Dive plus de huit minutes si ce n'est pour lui faire subir une si faible évolution et nous démontrer qu'il joue du synthé aussi bien que Jean Michel Jarre ? Sa volonté absolue de résonner nostalgique rend l'ensemble terriblement chiant sur le plan rythmique. Alors oui, ça peut servir de B.O idéale pour un film porno gay dévoilant des robots partousant dans la ouate. Si c'est votre truc, y a moyen de kiffer. Il y a quelque chose de bien trop enfantin (ou adolescent pour être un peu dans la nuance) dans des titres comme Daydream, Epigram ou Melanine pour qu'ils retiennent réellement un quelconque intérêt. En s'infligeant des écoutes répétées de cet album, l'auditeur exigeant pourra connaître lui aussi les sentiments ressentis par Pugsley et Mercredi Addams quand les résidents du camp Chippewa les enfermèrent dans la chaumière Disney.

 

Pourtant, outre sa prod et ses basses enveloppantes comme des bras d'obèses, Dive a une utilité évidente. Permettre à ceux qui l'aime de s'intéresser à des choses bien plus abouties en matière de musique électronique de ce type. Ceux qui aiment ce disque chériront forcément les deux albums de Melorman. Alors pourquoi s'en privent-ils ? Probablement parce la génération émergente préfère souvent les sandwichs au salami aux mets délicats et subtils. L'espoir est permis. Consolons nous donc, face à probablement l'album le plus sur-côté de cette année.

 

http://www.israbox.com/uploads/posts/2011-09/1317361359_tycho-dive-2011.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Techno Online Radio 19/12/2011 13:56

Un peu surcoté c'est vrai mais ça reste quand même du bon boulot je trouve. +1 pour bob, la pochette est peut etre le plus réussi de l'album :)

fhist. 11/12/2011 12:13

jolie pochette.

bob 10/12/2011 12:34

Légèrement déçu pour ma part mais je trouve le 4/10 un peu méchant. Enfin bon ça reste subjectif. Past is prologue était beaucoup mieux

Marc 10/12/2011 01:10

C'est toujours délicat d'ériger les barrières de son bon goût sans être caricatural... Et citer dans le même article le dernier Jon Hopkins (on parle bien de Diamond Mine, hein?)- qui m'a fait fuir
aussi fort que le dernier Apparat, ca me fait tiquer.

Après Dive, c'est de l'ambient easy-listening pur jus, avec son optimisme béat et un manque certain de profondeur. Mais mettre un tel gap avec un Melorman me parait plus comme une prise de position
artificielle; (je vais même pas en rajouter sur le fait que Tycho est coqueluche indie, et Melorman un sombre inconnu - c'est toujours plus sexy, n'est-ce pas ;). Au final les deux sont des ersatz
de Boards of Canada, peut-être plus qualitatifs que la moyenne. Dans le domaine mon conseil est : Milieu - Colortone. (sorti en 2009)

Parmi tes arguments, un surtout m'a parut nettement moins convaincant, le fait que Tycho mette l'emphase sur des sentiments adolescents ou enfantins(comme des milliers d'autres artistes) me parait
difficilement critiquable; me-dis quand même pas que tu bases ton appréciation d'une œuvre sur le fait qu'elle reflète des sentiments "adultes" ?... tu te couperais d'une plâtrée d’œuvres
artistiques majeures.


note : Sunrise Projector n'est pas une réédition de Past Is Prologue.

Chroniques électroniques 10/12/2011 12:06



Déjà non, je ne parle pas de Diamond Mine (réalisé avec King Creosote) vis à vis duquel la critique est unanime, mais que je n'ai pas écouté. je parlais de Insides qui date déjà de 2009 et qui
est pour moi un excellent album. Je reste sur ma position en ce qui concerne la comparaison avec Melorman. C'est la même école, sauf que le grec n'est pas chiant sur le plan rythmique. Là ou je
te trouve assez malhonnête (presque autant que moi), c'est sur la citation de Boards Of Canada ici. Ca me paraît un brin facile de citer ça là, et surtout complètement hors de propos. Y a une
richesse de composition chez BOC dont on ne trouve pas le centième sur l'album de Tycho. Et l'adolescence, c'est pas obligatoirement naïf. Y a qu'à se plonger dans la discographie entière de
Benbecula (RIP) pour le comprendre. mais cela rentre-t-il dans le champ de perception d'un mec qui se surnomme lui-même Panda Bear ? :)



shadowbox 09/12/2011 23:09

haha! merci pour ta chro espèce d'homophobe :)
clairement overrated, au moins autant que le dernier Apparat, mais en moins bien.. enfin en pire
me souviens de Adrift et encore, ça sonnait cheap à souhait
bref aussitôt écouté, aussitôt oublié