Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 12:03

Sortie : mars 2010

Label : Rec72

Genre : Electronica puissant

Note : 7


A voir le nombre croissant d'albums chroniqués dans nos pages et disponibles gratuitement sur Internet, via des netlabels ou les artistes eux-mêmes, il est devenu évident que le mode de distribution n'est plus un critère permettant d'anticiper de la qualité d'une oeuvre. Un nouveau modèle est né, auquel il ne manque qu'un volet financier... Une rapide analyse pour en arriver à parler de la nouvelle production d'un artiste français publié par un netlabel allemand. Old Bear produit depuis 2000 de l'IDM et sa dernière livraison, If You Canf Find Me, est en accès libre sur le site de Rec72. Avec bien d'autres artistes cités sur Chroniques électroniques, notamment Autopilot, aAirial ou Thallus pour les plus récents, il vient prouver, si c'était encore nécessaire, que l'on peut trouver de très bonnes choses dans le téléchargement gratuit et légal.

Avec cet album, le Parisien offre dix titres tout d'abord énergiques et denses dans une veine électronica un peu sombre. Ainsi les samples de voix, la rythmique et la
mélodie hypnotisante du premier titre, My School. Quelques morceaux IDM, comme le plus introspectif Situation.Escape.Pressure, apparaissent par la suite. Au milieu de cela plane un esprit rock, comme un moteur au déchaînement de certains sons. C'est notamment le cas sur A Cold Subway où la batterie tire le reste des instruments dans un défouloir explosif. Dans un autre genre, ce sont des claviers radioheadiens - influence avouée d'Old Bear - qui amorcent Another Evening, Like The Others. Les voix intervenant régulièrement donnent un côté cinématique mystérieux et attirant.
Puis vient l'apaisement avec l'ambient de Not Sure... et d'autres passages ensoleillés où l'humeur plus légère n'est pas synonyme de baisse de niveau. Le veil ours, après avoir démontré toute sa puissance, montre alors un côté plus posé, parfois proche du rap instrumental, sur On The Wing par exemple où la fièvre monte peu à peu. Son sens de la construction est irréprochable avec des récits qui nous tiennent en haleine à chaque fois jusqu'au bout, seul le titre Stapes étant un peu en dessous du reste.

Le producteur propose une belle diversité d'ambiances avec des variations de tempo importantes, tout en tenant son fil conducteur grâce à une bonne occupation de l'espace et un travail minutieux de remplissage des paysages suggérés.

http://rec72.net/media/releases/oldbear/old_bear_if_you_can_find_me_cover.jpg

par Tahiti Raph
Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 12:37

Sortie : mars 2010
Label : Dead Broke Records


A ne pas confondre avec divers groupes de pop psyché du même nom, ce Uhoh verse dans le hip-hop, et plus précisément du côté instrumental de la force. Jimmy Halton, de Canton Ohio, travaille ainsi le beat depuis quelques années et... difficile d’en savoir beaucoup plus. En mars, le bougre a tout de même produit pas moins de quatre disques, tous disponibles gratuitement sur sa page Bandcamp. Rain est le premier de ces opus, qui suit la réalisation de plusieurs mixtapes.

Sans être brillants d’originalité, les beats de Uhoh possèdent une redoutable efficacité, et trahissent une solide maîtrise. Les influences du jazz sont très fortes, allant de la présence quasi constante du piano et des cuivres, aux phases mélodiques un brin désuètes qui fleurent bon le vieux cuir des piano-bars. S’il n’est jamais rappé, le hip-hop de Uhoh se mêle souvent de samples de chant soul, qui accentuent encore une atmosphère doucement surannée. Constitué de 17 morceaux, Rain ne souffre pourtant pas de linéarité. Les titres se suivent de façon agréablement variée et c’est surtout la force des beats, la fermeté des boucles de batterie qui captivent l’oreille, déjà conquise par la musicalité des instrus. On alterne entre mélancolie au goût de soul des 7O’s (Heaven Is Only), beats secs et engagés à la Cunninlynguists (Avenged) ou ballade downtempo désanchantée (Chilled Out). Ce disque où la pluie est à l’évidence à l’honneur (Drizzlin Rain, Acid Rain) pose donc une ambiance généralement calme et souvent un peu chagrine. Si l’ensemble est de qualité honnête, Nerver In This World, Learned Lesson, Avenged et Drizzlin Rain s'imposent comme d’excellents tracks. 

Rain est en somme un très bon disque, qui se bonifie de façon étonnante avec les écoutes, la première ne laissant présager qu’un son gentiment plaisant. Et comme le plaisir n’a parfois pas de prix, il suffit de cliquer ici pour regarder passer l’ondée, les oreilles grandes ouvertes.  

par Manolito
Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 12:07

Sortie : avril 2010

Label : Amp Bit<if//go Recordings

Genre : IDM

Note : 7



Dooq est un inconnu. Le site de son label (qui propose trois titres de l'album en téléchargement), pas plus que sa page Myspace ne nous apprennent quoi que ce soit sur lui, mis à part sa nationalité, Anglaise. Une bonne manière de ne pas avoir d'a priori avant de commencer une chronique... Avec son premier album, Fingertip Springs, peut-être accédera-t-il à un poil plus de notoriété.

Dooq fait de l'IDM fragile. Chacune de ses pistes est un habile assemblage de sonorités discrètes qui forment des comptines électroniques plus ou moins torturées. De la pochette déjà se dégage un univers industriel et synthétique dont les ressorts semblent articuler les sons entre eux. Le producteur alterne les moments de tendresse musicale, Around The Giant Seeds et ses cordes cristallines, avec des passages plus sombres et complexes, Wollydoodle notamment. Les éléments rythmiques renforcent cette diversité d'ambiances entre le calme de Chocula Slide et la surexcitation qui règne sur Whimmydiddle.
Outre cette variété de ton, l'auditeur appréciera aussi la qualité des sons de l'Anglais. Les nombreuses cordes, dont celle de Ekaarian, sont d'une grande pureté organique dans un monde très électronique où chaque intervention trouve sa juste place sans déranger le voisin. DooQ évite d'abuser des nappes pour ne pas diluer son propos et remplir facilement l'espace. Comme souvent avec l'IDM, la qualité d'écoute est fondamentale pour apprécier toutes les nuances.
Fingertip Springs perd toutefois un peu en densité sur la fin avec des morceaux plus abstract, Junk Jibe, ou ambient, Wasnt What It Was, un peu faciles, avant de s'achever sur l'excellent Syfon, dans l'esprit de la première partie.

Avec ce premier album tout de même assez réussi, l'artiste s'offre une bonne carte de visite.

http://c1.ac-images.myspacecdn.com/images02/114/l_109e1db22f964cfb8a58ec3470cd04c8.jpg

par Tahiti Raph
Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 18:51

Sortie : mars 2010
Label : Brownswood
Genre : Soul d'hier et d'aujourd'hui
Note : 5 


Si l'on devait définir le DJ qui représente le mieux la sono mondiale, la globalisation du son dans sa diversité, toujours à la recherche de titres pointus qui peuvent être appréciés partout sur la planète, on trouverait Gilles Peterson. L'Anglais aux multiples émissions, compilations et DJ set a développé son concept "Worldwide" en mixant tout ce qui peut attirer sa curiosité, se foutant des époques, avec toujours un petit faible pour le jazz et le funk. Une idée qui ne donne pas toujours des résultats très heureux. Ses sets peuvent ainsi tout à la fois être passionnants et riches, tout autant que fade et longuet...

Son label Brownswood est à son image, comme cette compilation Bubblers Five, mélange de soul venue des 70's et de production sorties de machines d'aujourd'hui. Ainsi les voix nombreuses et variées sur ce disque sont un brin datée alors que les instrumentaux sur lesquelles elles se posent sonnent plus électronique, parfois drum'n'bass voire dubstep. Ce mélange des genres fait tout l'intérêt de ce disque qui alterne toutefois le bon et le moins bon. Car comme dans les bacs de Peterson, on y trouve des titres étranges et séduisants et d'autres qui passent sans même que l'on s'en rende compte. Parmi les premiers, à noter Happy de Daru, sorte d'électronica bancal sur lequel pose la voix R'n'B de Rena, qui subit quelques maltraitances bienvenues. Elle évite ainsi l'étiquette de Norah Jones en herbe qui se colle sur pas mal de participantes à cette galette. Il faut d'ailleurs parfois être patient pour comprendre l'intérêt de certains titres, dont le Nxt Msg (Deletion mix) d'Analogue Monsta qui gagne en profondeur et perd en clinquant douteux au fil des minutes. Ses basses et sa rythmique se rapprochent de l'IDM tandis que le chant sans relief passe au second plan.
Toute la compil' est dans cet esprit là. Pour un Dam Funk un peu ronflant, vous avez le droit à un Ron Basejam bien jazz avec une mélodie hypnotique qui ne vous lâche pas. Pour un Calypso Blues de Calypso Rose qui apporte une touche reggae sympathique mais pas vraiment utile, vous avez un morceau de The Raah Project dans lequel Sinatra semble avoir pris de l'exta. Il vous faudra donc piocher, éviter les niaiseries type Nailah, et rester attentif pour ne pas louper les passages plus recherchées, comme ce Rising Up (Slow mix) signé Samuel & The Dragon.

Une chance, cette compilation ne sort qu'en numérique... merci iTunes de permettre de n'acheter que les titres qui interpellent l'auditeur. Et merci à Gilles Peterson qui nous permet de découvrir quelques artistes à suivre, et ceux à éviter !

http://brownswoodrecordings.s3.amazonaws.com/wp-content/uploads/bubblers-sleeves-e1265308073383.jpg

par Tahiti Raph
Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 09:56

Sortie : 11 mars 2010
Label : Monaberry

Genre : House

Note : 5/10


C'est le printemps, un peu de légereté ne vous fera pas de mal, d'autant plus si vous êtes à la recherche d'un album de house taillé pour transformer votre appart' en club surchauffé. Heureusement, Super Flu va vous aider dans votre quête. Le duo Allemand formé par Felix Thielemann et Mathias Schwarz sort son premier disque, Heimatmelodien, après avoir gonflé de maxis les bacs des disquaires pendant près de 5 ans.

Super Flu signe un album directement taillé pour les clubs, une parenthèse house évitant la prise de tête. C'est sûr que si vous ne jurez que par la deep-house racée de labels pointus comme Dial ou Smallville ou alors que vous vénérez les sets limpides et groovy d'un Villalobos, vous allez être déçus. Mais parfois, une absence d'intellectualisation peut se révéler d'une efficacité contagieuse. Heimatmelodien ne brille pas par sa complexité et sa profondeur, on sent que le duo a ici effectué un boulot de branleur. C'est le moins qu'on puisse dire, tant les morceaux se révèlent rapidement assimilable à l'image du techno-pop Poppycock d'une affolante simplicité. La house de Super Flu se consomme d'une traite mais pour être aussitôt digérée et oubliée.
Les morceaux dépassent allègrement les 7 minutes et deviennent, par la force du beat, hypnotiques. Que ce soit avec la tech-house de Didschn se transformant en marche bourrée ou avec la house de Bukkake Beyonce porté un sample vocal entêtant, on se retrouve fondamentalement à danser. Alors oui, c'est fichtrement linéaire et prévisible, mais ça procure pourtant son petit effet. Même quand Super Flu se fait plus rèche, avec
Poelsewoggn, on ne peut s'empécher de garder le sourire.

Heimatmelodien est l'exemple type de la production house au kilomètre, le genre d'album qui ne franchira pas le printemps, mais dans le style, il se révèlera un parfait outil pour dynamiter vos soirées.


http://2.bp.blogspot.com/_mW44167wbtQ/S6JhSMbNohI/AAAAAAAAD-Q/ZnnvuzXrynM/s320/superflu.jpg

par B2B
Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 22:27

Sortie : mars 2010

Label : Ici D'ailleurs

Genre : Abstract hip hop

Note : 7



Est-ce une coïncidence ? A une semaine d'écart sort le Alice aux Pays des merveilles de Tim Burton et le nouvel album du Chapelier Fou, 613. Si le producteur français (que nous avions interviewé ici) fait référence avec son pseudo à l'univers de Lewis Carroll, sa musique rappelle quant à elle l'atmosphère du réalisateur. Après une poignée de maxis, voilà donc l'album, qui a tout de la confirmation.

Il y a quelque chose de l'ordre du fantastique chez le Chapelier Fou. Il nous propose un conte, une histoire merveilleuse dans laquelle des lapins s'échappent de son chapeau. Il y a une Alice qui court pour échapper à la reine de coeur, des décors improbables et des personnages farfelus. Et ce violon omniprésent que le musicien manie aussi habilement en studio que sur scène. Ces cordes qui donnent tant d'émotions différentes. Tantôt joyeuses et énergiques, tantôt mélancoliques et douces. Alice s'y raccroche pour ne pas perdre le fil de la mélodie et se réonrienter quand son imaginaire le perd dans les méandres du pays des merveilles. Elle semble heureuse notre héroïne au milieu des notes de glockenspiel, de clavecin ou d'orgue... l'auteur de 613 maîtrisant aussi les touches de son clavier avec habileté.

Mais comme chez Burton et Carroll, il y a un autre côté au miroir. S'il se dégage de cet album une joie enfantine et une certaine candeur dans les sonorités, il offre également une facette plus sombre, plus mature. Le Chapelier Fou change ainsi de visage et bouscule ses schémas, fait appel à des rythmiques plus dures et démontre que même dans les contes pour les petits peut se cacher une part obscure. Son électronica peut alors frôler une IDM plus dense. Des passages qui permettent de montrer qu'en plus du piano et du violon, le Français fait ce qu'il veut de ses machines. Et c'est un étrange Noël que ce Monsieur Jack nous concocte alors. Une fête d'Halloween un 24 décembre bien sûr.

Entre tierseneries habiles, électronica organique inspiré et quelques virages subtils et plus noirs, ce disque ne manque pas de parfums pour appâter les enfants, mais surtout pour attendrir les adultes avec cette note plus réaliste qui fait de ce disque une réussite.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/3/4/1/3700426912143.jpg

par Tahiti Raph
Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 18:11

Sortie : mars 2010
Label : Hessle Audio / Brainmath



Il n’y a pas si longtemps James Blake était parfaitement inconnu au bataillon. Après un simple maxi de deux titres en 2009 et quelques remixs pour Untold ou Mount Kimbie, le voilà playlisté par Soul Jazz dans sa compil’ Steppa’s Delight (ici) et par Scuba sur Sub:stance (ici), et rapidement estimé comme un poulain très prometteur de la sphère dubstep.

L’individu se distingue de ses confrères dans sa manière d’imprégner sa musique de sonorités électro-acoustiques, ainsi que de pointes de jazz ou de soul. Gorgé de crépitements et de légers échos métalliques, son dubstep semble être constamment mouvant et habité d’une torpeur tranquille. Blake sort ce mois-ci deux maxis, The Bells Sketch et Pembroke avec Airhead.
Bien éloigné de toute forme de noirceur, le son de Blake se révèle idéal pour apprécier le retour des beaux jours. Languide et paisible, The Bells Sketch apparaît comme une jolie réussite. Le titre introductif du même nom est tout à fait propice à la flânerie, à une promenade mentale, appuyée de basses fermes qui renforcent l’allure dubby et chaloupée du morceau. Aux lueurs des synthétiseurs et d’une batterie psyché, des cordes fines se font entendre en arrière plan, donnant des accents de jazz malicieux au très bon Buzzard & Kestrel. Quant au dernier et excellent titre Give A Man A Rod, il déploie sur un beat cadencé de légères notes candides et des souffles venteux, pour une ballade aux couleurs chaudes et lascives.

Accompagné de Airhead, Blake a sorti dans la foulée Pembroke, un maxi de deux pistes qui creusent cette veine de dubstep aérien sans être ambient, mélodique et sablonneux, parfois proche de l’IDM. Auréolé de quelques voix et de rythmiques calmes mais puissantes, le disque est étreint de nappes suaves et froissées, qui gonflent puis refluent à la manière du ressac. L’exquis Lock In The Lion commence et s’achève sur un air cinématographique, lorsque des dialogues se posent sur un beat qui a tout du hip-hop instrumental, puis c’est un souffle sec et à contretemps qui s’empare du cœur du morceau.

Les travaux de James Blake sont ainsi dignes d’un solide intérêt. Et sous un ciel qui semble à nouveau content d’être bleu, un peu de dubstep printanier est encore le meilleur des cocktails. 
 

   jyf.jpg 
par Manolito 
Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 19:01

Sortie : 8 mars 2010

Label : Southern Fried Records

Genre : Turbine italienne

Note : 1/10

 

Le duo Italien Crookers, formé par Phra et Bot, n’a jamais été reconnu pour la finesse de ses mélodies et sa maîtrise du beat. Crookers est surtout une machine à faire sauter les teenagers dans tous les sens et principalement contre les murs. Pourtant, les Italiens ont parfois su parler directement à nos jambes avec des tracks rentre-dedans efficaces (le remix du Bad Runner de Brodinski). Depuis deux ans, tout le monde s’arrache leurs "talents" de producteurs ce qui fait qu’ils ont sorti peu de morceaux persos hormis un Day’N’Nite potache avec Kid Cudi.

 

Ce serait mentir que d’affirmer que la sortie de Tons Of Friends était attendue chez Chroniques électroniques et pourtant, nous lui avons octroyé une chance de se défendre.

Tons Of Friends débarque avec une liste de featurings impressionnante et c’est au final déstabilisant car aucun morceau ne permet de prendre vraiment le pouls du duo. Il aurait été de bon ton que les Italiens puissent nous offrir quelques titres sans voix, histoire de voir ce qu’ils ont vraiment dans le bide. Tous ces featurings semblent seulement là pour cacher la faiblesse de l’ensemble car soyons clair, Tons Of Friends est un cataclysme pour les oreilles. S’écouter les 20 titres d’une traite relève de la torture.

Crookers se complait dans une électro vulgaire et épuisante suintant le tuning du pauvre. Ca se veut ghetto mais ça s’enlise dans un bling-bling en plastique. Hormis l’efficace We Love Animals avec Soulwax, l’anxiogène Park The Truck avec Spank Rock et la folk-électro minimaliste de Lone White Wolf avec Tim Burgess le reste est affligeant de médiocrité. Crookers se perd trop souvent dans des gimmicks 90’s (sirène,…) déjà insupportable à l’époque. Nous avons ainsi les aventures de Crookers découvrant le dubstep sur Hip Hop Changed et le souk sur Birthday Bash. On pensait avoir connu le pire avec le hip-hop TF1 des Black Eyed Peas mais Put Your Hands On Me dépasse allègrement les bornes. Ok, c’est décomplexé, mais à ce niveau là, c’est tout simplement flippant. La palme du néant revenant au Cooler Couleur avec Yelle faisant passer les génériques du Club Dorothée pour de la musique de chambre.

 

Crookers livre un album détestable, une sorte de "musique" de fête foraine. Qu’on puisse s’éclater dessus à 15 ans lors d’une boum, soit. Passé cet âge, il va être difficile de tenir tant la turbine fait mal aux oreilles. C’est sans doute une question de fréquences, passé l’âge adulte, on ne peut plus entendre certains sons et Crookers semblent prendre un malin plaisir à nous faire du mal.

 

http://1.bp.blogspot.com/_PuGbRHOIW2E/Sp8LXbCaLOI/AAAAAAAAB38/OjBKYDn07B4/s400/crookers__-_put_your_hands_me.jpg

par B2B
Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 20:21

Sortie : mars 2010
Label : Static Caravan



Stefan Panczak est un Australien exilé à Londres. Sous le nom d’Inch-Time, entre 2005 et 2006, il sort deux albums d’électronica aux douces couleurs d’ambient. Fidèle au label Static Caravan, il y publie quelques maxis et participe à diverses compilations (dont une inspirée de la culture du thé…). Aurora, ce nouvel EP, est doté d’un charme indubitable, aux contours obscurs et entêtants.

Au confins des musiques électro-acoustiques et de la dub-techno la plus caressante, le son d’Inch-Time ouvre à un espace tapissé de nappes douillettes où fleurissent de divines mélodies, rythmées par des kicks invisibles. Si le style est assez minimaliste, le grain des textures est perpétuellement changeant, tantôt poussiéreux et faiblement parasité, tantôt sillonné de craquements et de cliquetis. Des beats duveteux et des airs délicats se dissolvent dans des volutes de musique ambient, avec parfois des échos organiques de dub et de jazz. La grâce des pistes est ravageuse, et le ressenti immédiat.

Mais Aurora dépasse la sphère gentiment aérienne. Chaque morceau est teinté d’ombres troubles, d’une tristesse grise, qui transcendent les mélodies et qui retournent l’âme trop sensible qui se perdrait dans son écoute. Le très beau A Handful Of Dust est ainsi marqué par des cordes ténues, déchirantes de mélancolie, qui courent au milieu de froissements électroniques mouvants. L’éponyme Aurora dépeint un climat nocturne et tourmenté, celui de quelqu’un seul au volant à une heure avancée de la nuit, et dont le tempo régulier du morceau rythme la succession de la lumière orange des lampadaires, bordant une autoroute déserte. Il ne s'agit toutefois que de ma propre interprétation. La version dub du même morceau, Aurora In Dust, voit ses nappes étendues d’échos infinis, qui tourbillonnent dans un souffle de poussière. Le splendide Crystal Vision lorgne davantage vers la deep-house, claire et lumineuse, au-dessus de laquelle résonnent d’étranges instruments à vent.

Les cinq titres qui composent cet EP brillent chacun d’une réconfortante lumière. Entre douce tiédeur et pénombre glacée, Aurora est le genre de disque dans lequel on souhaiterait à jamais rester calfeutré.
                                                  
                                                

par Manolito 

 

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article
18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 10:29

Sortie : 29 mars 2010

Label : Dial Records

Genre : Deep-house

Note : 8,5/10

 

Dial Records est le parfait exemple de label ayant réussi la difficile conciliation sonore entre exigence et danse. Depuis 2000, cette maison hambourgeoise nourrit les oreilles des amateurs avertis de deep-house et de tech-minimal. La réussite tient au management sans faille de David Lieske (aka Carsten Jost), Peter Kersten (aka Lawrence et Sten) et Paul Kominek (aka Pawel et Turner). Les trois gaziers ont toujours eu une ouïe supérieurement développée à la notre et ont ainsi pu signer des artistes hautement respectés sur ce blog comme Efdemin, Pantha Du Prince ou encore Pigon. Et quoi de mieux pour fêter les 10 ans du label qu’une compilation d’inédits avec toute la fine fleure de la maison mère ?

 

Ce n’est donc pas une surprise d’affirmer que cette compil’ est un divin objet sonore, un condensé judicieux qui permettra aux néophytes de découvrir le label pendant que les spécialistes se délecteront d’une deep-house racée.

Les têtes de files du label sont au rendez-vous avec un Efdemin très minimaliste et lancinant sur Time, il est totalement concentré sur l’occupation de l’espace par la basse pour se révéler au final captivant. Lawrence préfère nous servir avec Treacle Time une étrange mais enivrante deep-house portée par un piano ivre. Seul Pantha Du Prince déçoit légèrement avec une faible face B de son récent chef d’œuvre.

A côté de ce trio, on peut souligner Lines, remarquable morceau house jazzy de John Roberts, nous emportant dans une ambiance désincarnée. Isolée tire aussi son épingle du jeu avec Black Lodge, house feutrée trébuchante pendant que Carsten Jost irradie l’ensemble avec Days Gone By, deep-house prompt à provoquer l’errance nocturne.

 

Dial 2010 est une compilation en tout point remarquable. Ce qui reste le plus frappant, à l’écoute de ces 12 titres, c’est cette ambiance d’after trébuchante ou l’alcool triste et la mélancolie se disputent avec des restes épars d’espérance. Cette vision qu’offre Dial de la deep-house est un polaroïd saisissant de lucidité.

 

cd_20.jpg

par B2B

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article