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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 20:17

Sortie : 30 novembre 2010

Label : autoproduit

Genre : IDM, Ambient

Note : 8,5/10

 

Profitons d'un calme mois de janvier pour se pencher sur des beautés injustement passées inaperçues en 2010. Sorti de nulle part, et se revendiquant comme tel, No Sun In September a peut-être publié l'un des disques les plus intrigants de ces derniers temps. Les informations sur le personnage sont maigres. Il semble établi en Antarctique, et aspirer à l'artifice. Et artifice il y a, car en réalité Pete K. est d'origine sloveno-finlandaise, et habite Zurich. Connu ailleurs sous le nom de A Silky Surface, Soundtravelling In The Area Of Lake Karachay est son premier disque sous cet avatar, qu'il a lui-même produit. Un album au concept à la fois dérangeant, tordu et fascinant.

 

Située dans les montagnes du Sud de l'Oural, en Russie de l'Est, la zone du lac Karachay est l'endroit le plus pollué et radioactif de la planète. Rester, ne serait-ce que cinq minutes, sur ses berges suffit à absorber des doses mortelles de radiations. Une demi-heure, et vous êtes sûr d'y passer. Dans les années 1950, le lac a servi de décharge aux déchets nucléaires de l'Union soviétique, provenant du complexe militaire de Mayak. En 1957, une explosion, tenue secrète à l'époque par l'armée russe, provoqua en terme de radiations le double de l'accident de Tchernobyl. Tel est l'endroit dans lequel No Sun In September se propose de nous faire musicalement voyager. Cela n'a rien à voir avec une promenade de santé.

Sans paraître surannée, son IDM rend discrètement hommage aux années 1990. Autechre, en premier lieu (Mayak), ou Boards Of Canada, derrière les phases mélodiques de Chelyabinsk-40, les influences warpiennes de l'époque ne semblent jamais loin. Baigné d'ambient et d'électronica, Soundtravelling.. dégage pourtant (ou nécessairement) une profonde noirceur. Les interludes immobiles et grésillantes glacent le sang, le glitch y est chimique, et même les passages plus doux et poétiques semblent empreint d'un désespoir désabusé, illustrant ce territoire à demi-mort. Depuis asséché et coulé de béton, le lac Karachay continue d'émettre des nuées de poussières toxiques, que retranscrivent les nappes morbides et électriques du malade No Sun In September. On ère dans les rues grises de Chelyabinsk (Chelyabinsk-40 à 70), dans les zones industrielles d'Ozyorsk (Good Morning Ozyorsk), le long de la rivière Techa (le sublime et unique morceau heureux, Techa), ou sur les rives même du Karachay (Lake Karachay). A l'occasion, des voix radiophoniques nous rappellent, entre autre, que « 7 000 people still live in the area ». Précisons, car cela n'a toujours pas été dit, que cet album est prodigieusement excellent. Outre le contexte sombrement évocateur, les rythmiques martiales, les nuages de mélodies empoisonnées et la progression écorchée en font une oeuvre magistrale, dans laquelle absolument aucun titre n'est à regretter (à part un interlude de 30 secondes un peu trop kitch, et encore). Il n'empêche qu'un nombre d'écoutes honnête est nécessaire à la plus profonde immersion. Si on voulait vraiment prétendre à l'analyse, on suggérerait que le caractère atemporel de Soundtravelling, et la façon qu'a son auteur de sembler suspendu 15 ans plus tôt, pourraient traduire le marasme social dans lequel sont engluées les régions dont il fait le tableau. Des beats abrupts et glitchés du final Good Morning Ozyorsk, ne perce aucun optimisme.

 

Soundtravelling In The Area Of Lake Karachay est une expérience qui se doit d'être vécue. Scandaleusement ignoré, No Sun In September a lâché une bombe, aussi géniale que dangereuse, sur laquelle trop peu s'arrêteront.

 

zzz.jpg

par Manolito

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 19:29

Sortie : février 2011

Label : DFragment Music

Genre : Expérimentations

Note : 6

 

Redrails est né de la rencontre du violoniste Baltazar Montanaro-Nagy et de l'expert en musique assistée par ordinateur Tadahiro Yokogawa. A ce duo vient s'ajouter Serge Ortega, ses effets et ses samples, qui travaille aussi la spatialisation de l'ensemble. Enfin, Dominique Poutet alias Otisto 23 (associé notamment à Laurent de Wilde sur l'album Fly! chroniqué ici) a donné un coup de main pour donner sa patine à l'objet final, illustration cinématographique d'un conte abstrait. Il sera d'ailleurs intéressant de voir le groupe en concert où une création multimédia de Renaud Vercey apporte un support visuel.

 

Il est d'abord question de violon. Seul, aigu, avec un air des Balkans. Puis l'espace s'agrandit et d'autres sonorités viennent accompagner l'instrument. L'archet de Baltazar Montanaro-Nagy n'est plus l'unique source musicale. Rythmique sobre ou autres bidouillages viennent se poser à ses côtés. Comme sur Fly!, le violon est réutilisé pour l'alimenter en avatars déformés. Rien n'est précipité, toute la place est laissée pour apprécier les expérimentations des protagonistes. Sur Maman, la complainte est sensible. Les cordes meurtries attendent un tempo rugueux et minimaliste qui médite son apparition sans partage. L'instrument est souvent prédominant et il faut écouter avec attention pour percevoir les boucles du Japonais. Ainsi avec Avant La Guerre, le violoniste virevolte sur un faible battement et de discrets grésillements, bien que le final soit bien plus dense.

Il n'est pas toujours aisé d'apprécier la cohabitation entre les mélodies organiques et chargées de sentiment et les touches numériques versant dans un ambient plus froid. Tea Time ou Le Chat Sur La Fenêtre - et ses influences méditerranéennes - marient par exemple des contraires qui se cherchent par touches timides. Des opposés qui s'accommodent tout en semblant entretenir une certaine distance entre eux. La rencontre prend son envol sur Scotch où un kick énergique donne le signal au violon, parfois largement modifié, pour se disperser. Les presque huit minutes de Strike qui vient ensuite sont nettement plus méditatives...

 

Cet album surprenant intéressera les curieux de l'expérimentation sonore, ceux à la recherche de musique autrement, loin de repères habituels. Il déstabilisera en revanche fortement les autres.

 

http://www.internexterne.org/IEX/IMG/jpg/RedRailsVisuweb.jpg

par Tahiti Raph

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 16:18

Sortie : novembre 2010

Label : Ici d'Ailleurs

Genre : D&B hybride et sombre

Note : 8,5/10

 

Dix ans après Little Lost Soul, The Third Eye Foundation reprend du service. Side project du génial et torturé guitariste/chanteur/compositeur Matt Elliott (This Immortal Coil) dont la temporaire mais longue mise en sommeil avait laissé tout un auditoire orphelin. Certains le connaissent mieux pour ses travaux en solo ou  pour ses collaborations, plus particulièrement en tant que remixeur, avec Yann Tiersen, Tarwater, Mogwai ou Thurston Moore. On le dit installé à Paris depuis quelques années. Volontairement, dans la chronique qui va suivre, ne seront pas abordées ses précédentes réalisations.

 

S'immerger dans The Dark se mérite. Face à cet artwork terrifiant, on guette l'objet avec méfiance et inquiétude. Pour ne serait-ce qu'effleurer tous ses trésors, il faut un nombre incalculables d'écoutes préparées. Car comme pour tout album qui se mérite, une mise en condition s'avère plus que nécessaire. Commençons déjà par accepter qu'un jour ou l'autre, nous allons pourrir et fertiliser les chrysanthèmes. Rares sont les artistes capables de retranscrire (avec succès) le diktat du bonheur qu'impose une société violente et à la dérive. The Dark est un cri primal. Un défouloir plein de colère et de larmes nonchalamment jeté à la face du monde. Certains diront que Matt va mal, mais comment pourrait-il en être autrement ? Pour exprimer sa vision, il prend le parti de la collision. Entre folk lo-fi des pays de l'est, voix d'opéra fantomatiques, cuivres rebelles qui firent trembler Jericho, drum'n bass hybride, s'élève une charge émotionnelle et dramatique renversante. Encore faut-il être en état de se laisser submerger ; ça aussi ça se mérite. Dépouillés de nos habits de lumière, embrassons la mort et le dark pour ne plus les craindre. C'est à force de nous faire traiter de terroristes que nous le deviendrons. The Dark est un album de martyr. Béni soit-il, car il est l'anti-Cosmogramma.

 

Bloc indivisible, The Dark est réservé à ceux qui ont un vécu et qui savent que plus rien ne sera plus jamais beau. Pourtant sans parole, il diffuse un message dont chacun s'emparera comme il le veut, parce que l'imaginaire... c'est tout ce qu'il nous reste. Embrasons nous, laissons nous déborder par la beauté sombre de cette offrande. A écouter seul. Et si quelqu'un a une corde à mailer...

 

http://media.paperblog.fr/i/380/3802105/the-third-eye-foundation-the-dark-L-1.jpeg

par Ed Loxapac

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 14:16

Sortie : novembre 2010

Label : Hibernate Recordings

Genre : Ambient, Drone

Note : 8/10

 

Nos plus fidèles lecteurs et les mélomanes de bon goût en général, auront peut-être reconnu derrière ce nom véritable, Wil Bolton, le side project du génial Cheju. Oui Cheju. Celui qui dirige d'une main de maître avec son comparse Mint la maison britannique Boltfish. Celui qui a pondu de splendides albums d'IDM ou d'électronica organique comme Broken Waves ou Waiting For Tomorrow. Sans délaisser la maison Boltfish, il a choisi de sortir ce très ambient et très drone Time Lapse sur le label trop rare mais référent en la matière : Hibernate Recordings. Cet album s'annonçant forcément comme son oeuvre la plus personnelle, nous nous devions de vous en livrer notre humble témoignage.

 

Time Lapse est un album magnifique. Derrière son artwork à la fois austère et bucolique se cache un potentiel émotionnel rare. Le terme introspectif, bien trop souvent fourvoyé et placé un peu partout, trouve ici toute sa signification. Même si jamais rien n'est dérangeant dans cet album, force est de constater que Wil Bolton livre ici sa part la plus sombre et la plus mélancolique. Le sublime Falling Away d'ouverture illustre la percée du soleil aux premières heures de l'aube. Rassurant et chaud, il évoque des dégradés que seules les aurores boréales recèlent. A l'opposé de ça, l'exceptionnel Collapsed Chimes fait figure de miroir givré et déformant, mettant dos à dos les doutes et les certitudes de celui qui pensait contempler sa propre noblesse. Simplement bouleversant. Les textures s'électrisent sur Corrosion, avec ses cordes et ses drones enveloppant. Puis vient Slate, fresque qui représente le mieux l'ambivalence du disque. Entre ombre et lumière, on est plongé dans un coma végétatif vers une forêt mystérieuse et inquiétante où le moindre sursaut fait office de stigmate sur le ressenti. Qu'on fasse taire ce corbeau, son croassement est inquisiteur. Si Substation, Nylon et Mureung sont fait du même bois et de semblables field recordings, ils n'atteignent pas les sommets des titres précédemment cités. Et encore moins du spectral et brumeux Closures & Delays de fermeture, chef d'oeuvre du genre que peu de mots sont aptes à décrire.

 

Au creux d'un cristal carillonnant ou observant le flux et le reflux sur une plage déserte, le spleen est partout. De même qu'une permanente ambivalence dans les émotions transmises. Le sieur Bolton a probablement été puiser au plus profond de lui même et de son inconscient pour retranscrire une oeuvre comme celle-ci : fiévreuse et ô combien personnelle. On imagine bien, comme l'acteur peinant à sortir d'un rôle difficile, Wil Boton encore transi et imprégné par cette troublante composition. A écouter seul et dans le noir.

 

http://www.staticsound.net/content/pictures/Time%20Lapse.jpg

par Ed Loxapac

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 09:23

Sortie : janvier 2011

Label : Error Broadcast

Genre : Rap instrumental 8-bit

Note : 3


Le netlabel Error Broadcast a largement participé l'an dernier à faire émerger un certain nombre de producteurs russes donnant dans le glitch-hop cher à Flying Lotus. Parmi ceux-ci, Pixelord avait publié il y a un an un premier maxi, puis figuré sur des compilations. Revoici le moscovite avec un nouvel EP qui confirme son goût des sons 8-bit... pas toujours très innovants.


Sous influence rap, Pixelord aime les univers synthétiques et doit sans doute regretter les BO des jeux vidéo de son enfance. Cybernator, ou sa version revue par l'Anglais Om Unit qui n'apporte pas grand chose de plus, sont notamment complètement dans cette veine joyeuse pleine de bleep et de click mais à l'évolution limitée. Le titre qui donne son nom au maxi, Fish Touch, plonge lui dans un dub poisseux, le Russe semblant autant s'amuser à balancer des sonorités électroniques au milieu du skank paresseux que Lee Perry aimait jouer avec ses effets. Là encore, le remix de l'Américain heRobust respecte de trop près l'original pour constituer un véritable intérêt. Deux autres relectures de ce morceau sont présentes sur le disque, une de Kidkanevil qui se démarque avec la voix massive d'un MC qui interpelle l'auditeur et une de Leonard Dstroy qui s'écarte du dub de départ mais reste trop proche du style de Pixelord.
Le EP regroupe encore autres titres du moscovite : Flower Cannon, ses basses massives et son ambiance plus reposante et émerveillée, et Kiss Your TV, qui creuse encore plus dans les basses et dans l'expérimentation. Les samples se croisent, des voix surgissent d'un beat destructuré, sans vraiment choisir de direction.

Il faut bien avouer que sans être mauvais, ce maxi n'est pas vraiment mon style. Trop de 8-bit et des morceaux qui tournent un peu en rond malgré une volonté de diversification. Petite déception de la part d'Erroor Broadcast qui reste toutefois dans sa ligne...

 

http://www.error-broadcast.com/img/releases/600_ebc012_front.jpg

par Tahiti Raph

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 17:22

Sortie : 10 janvier 2011

Label : Non Projects

Genre : Electronica, Drone, Neo-classical

Note : 8/10

 

Sous division d'Alpha Pup, Non Projects nous avais gratifié l'année dernière du splendide album d'Asura (chroniqué ici), oeuvre aussi exceptionnelle qu'inétiquetable. Le petit label de L.A. poursuit sa lancée avec le premier long format de Nicholas Morena, dit a.d.l.r. Originaire de Laguna Beach, cet autodidacte prodige a commencé à toucher aux machines à l'âge de 11 ans. Il en a maintenant 22, le même age qu'un certain James Blake (dont le dernier album est chroniqué ici). Preuve que le talent (ou le manque de) n'a que faire du nombre de printemps.

 

La sensibilité novatrice de Foam on the Way of Space-Time... a de puissants effets revigorants. Impossible d'accoler un genre à la musique de Morena. Foam on the Way.. conjugue électronica spatiale, musique radiophonique, ambient, drones modernistes, avec une solide part de jazz et quelques délicates touches de techno. La dimension expérimentale et fougueuse s'exprime de façon tantôt retenue, tantôt explosive. Les différentes sonorités, au timbre souvent organique, explorent un panel infini de variations, et naviguent de façon si aléatoire qu'elles semblent affranchies de tout contrôle. Les éclats d'un saxophone volage sur Tactility of Time respirent le free jazz, et lorsque qu'une basse puissante se dévoile et que l'espace s'emplit de bourdonnements, on nage en plein délire cosmique. Des roulement de batterie, des ballades de piano, des percussions improbables, et de multiples sonorités concrètes se joignent aux fresques électroniques d'a.d.l.r. Alors que ses premières influences sont à aller chercher du côté de Beat Junkies, Morena s'est par la suite nourri des grands de chez Warp, Aphex Twin et Tom Jenkinson en tête, comme de Stockhausen et d'autres compositeurs de musique électroacoustique moderne.

Pièce centrale, The Softest Shade of Purple of a Powdery Hue s'apparente un lit de nappes mélodiques, qu'un beat mat vient compulsivement marteler. L'aura que dégage ce morceau est ahurissante. Aucune piste ne se ressemble de toute façon, au sein de ce féérique album. Si les technoïdes Wisp ou Euclid n'emportent pas forcement ma préférence, la lente redescente de la fin touche au sublime. La basse dubby de Bright Wave s'entoure de pépiements d'oiseaux et de cliquetis cristallins, et The Systems appose un glorieux point final. Un drone continu, de douces notes de guitare, et de longues éraflure synthétiques en font l'un des plus beau morceau du disque.

 

a.d.l.r mérite d'être salué bien bas. Si ses compositions ne feront sans doute pas l'unanimité, pour moi, Non Projects vient de sortir un des meilleurs disques de ce début d'année. Foam on the Way of Space-Time... n'est pas sans points communs avec l'album d'Asura. Ce troisième LP de leur catalogue confirme une ligne directrice de qualité supérieure.  

 

                                                         adlr_foam.jpg

par Manolito

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 13:13

Sortie : 31 janvier 2011

Label : Kompakt

Genre : Ambient

Note : 7/10

 

Attendues chaque année, les compilations Pop Ambient permettent de passer l’hiver en douceur, de se lover dans des nappes infinies, de s’anesthésier l’esprit dans un monde éthéré. Depuis plus de 10 ans, Wolfgang Voigt et la maison Kompakt sortent ainsi la compil' d’ambient parfaite. La conclusion est toujours la même : sélection irréprochable pour une ambient immersive et porteuse d’images. Seulement voilà, 2011 annonce un léger changement. Non, non, ne flippez pas, il n’est aucunement question d’une remise en cause de la qualité générale de cette version, Pop Ambient 2011 est exempt de défauts. C’est seulement toute une idée évanescente de l’ambient qui prend la tangente pour s’orienter vers une lecture plus sombre de la musique.

Tout débute par un diamant noire avec Bernsteinzimmer d’ANBB, aka Alva Noto et Blixa Bargeld (voix d’Einstürzende Neubauten). Le trip cinématographique est porté par des cordes flirtant avec l’angoisse, avant un sublime final s’appuyant sur la voix de Blixa. Le ton est donné, le voyage se tiendra sous un ciel menaçant. Pourtant, par tâches sporadiques, Pop Ambient trouve parfois la lumière comme sur Beginner’s Waltz de Bhutan Tiger Rescue (duo formé par October et Ewan Pearson) dont les trois notes lancinantes accompagnent une errance expiatoire.

Mais le fil conducteur ne se brise pas pour autant. L’ensemble demeure grave notamment par le biais du dark ambient incantatoire de 30.6.1981 de Crato. Pop Ambient s’écoute les yeux fermés, dans un oubli total, pour mieux prévenir l’immersion. Une fois en place, la magie noire opère. Alors même si la référence bvdub livre ici un morceau en mode mineur, on reste impressionné par la maîtrise des ténors, Wolfgang Voigt, Jürgen Paape et Triola en tête.

Le final revient logiquement au maître du genre, Thomas Fehlmann, avec une relecture magistrale du Titan de Gustav Mahler, interprété avec le Montreal Symphony Orchestra. Ces 9 minutes live clôturent cette sélection de la plus impressionnante des manières en stoppant définitivement le temps.

La nouvelle fournée de Kompakt est encore une fois irréprochable. Rien n’est à jeter dans cette sélection introspective des plus déchirante. 2011 se dirige vers la grisaille et Pop Ambient 2011 en sera le sombre guide.

 

http://cdn.pitchfork.com/media/Pop-Ambient.jpg

par B2B

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 21:52

Sortie : février 2011

Label : Alpha Pup Records

Genre : Saga masquée

Note : 2

 

Présenté par le label comme le buzz underground du moment, le duo Virtual Boy, composé de Preston Walker et Henry Allen, sort un maxi de quatre titres qui rappelle étrangement Daft Punk période Discovery en mode contemplatif. Pas si étonnant quand on tente de produire "une saga musicale majestueuse dans un cosmos vivant de synthés cristallins, à l'orchestration flamboyante et aux lignes de basses sans retenues"... Tout un programme, pas forcément convaincant.

 

Daf Punk n'est donc pas mort, puisque le duo Français semble avoir changé de nom et déménagé en Californie. C'est l'impression qui ressort, surtout à l'écoute de Breach Of The Descendants et son vocoder trop marqué. Ce titre fait penser à une intro du concert des deux robots. Une manière de faire monter l'ambiance tranquillement avant d'envoyer la sauce. Mais cette plage est curieusement placée en seconde position et fait donc surtout retomber le soufflé après un Thrust massif mais sans consistance, trop autocentré sur d'impressionnantes volutes de clavier très répétitives.

La suite n'est pas plus enthousiasmante, The Future Holds A Beat est un mélange de mélodies ludiques et de nappes faciles qui ne mènent pas bien loin. Le final, avec Mass, après de premières minutes plutôt intrigantes et pleine de tension, part sur un beat langoureux et fortement numérique, d'où surgissent les fameux synthés cristalins charment enfin un peu. Le morceau, un peu plus personnel, se développe lentement et suggère enfin les explorations cosmiques promises... c'est un peu tard, surtout que cet extrait se prolonge un peu inutilement pendant plus de sept minutes décourageantes.

 

C'est pompeux, entendu, presque prétentieux, à l'exception de Mass qui ne suffit pas à sauver l'affaire. Bref, à oublier.

 

http://pics.livejournal.com/wearevirtualboy/pic/00006gf0/s640x480

par Tahiti Raph

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:28

Label : Atlas / A&M

Sortie : 7 février 2011

Genre : Dubstep de chambre

Note : 3/10

 

On a vite catalogué James Blake dans la catégorie "génie en devenir". Trop vite peut-être… Le jeune londonien, tirant à peine sur ses 22 ans, s’est retrouvé propulsé sur le devant de la scène dubstep en un temps record par la force de quelques EP remarqués et remarquables tel le bijou CMYK (ici) ou encore l’aérien Pembroke (chronique ici). A ce moment là, on pensait vraiment tenir le mec qui allait dynamiter le dubstep, lui permettre de sortir des clichés en l’amenant vers des territoires encore vierges. Ce fut bel et bien le cas avec Limit To Your Love (clip) mais l’orientation pop en laissa plus d’un sur le bas-côté (nous en tête, ne le cachons pas). Mais après tout, seuls les cons restent bloqués sur leurs acquis et la sortie du premier album éponyme de James Blake reste un évènement majeur de ce début 2011.

 

Ce LP se révèle profondément agaçant parce que tristement statique. Ne tergiversons pas : James Blake est chiant malgré quelques rares moments de grâce. Et cela tient à peu de choses.

L’album a beau être court, à peine 38 minutes, il arrive pourtant à provoquer la frustration et l’irritation. En effet, James Blake opte pour un dubstep de chambre, une musique profondément minimaliste où les voix prennent malheureusement l’ascendant sur les arrangements. Le souci venant d’une sur-utilisation de l’auto-tune donnant à la voix un côté R’n’B imbuvable. C’est vraiment dommage car en en faisant un peu moins, il aurait pu se révéler plus attachant. Fatalement, l’ensemble se pare d’un enrobage pop-folk plus mélodramatique que mélancolique. Que le petit James ait des peines de cœur, on veut bien le comprendre, qu’il les mette en musique aussi, mais la façon dont il agence l’ensemble confère à ses compositions un aspect dépressif manquant singulièrement de maturité.

Pourtant, il arrive, lors de quelques fulgurances, à taper dans le mille. Les deux morceaux d’ouverture se révèlent poignant. L’aspect progressif d’Unluck est habile et la voix et les arrangements cohabitent harmonieusement, de même, la fin touchante de Wilhelm's Scream donne l’impression de "tomber" avec Blake lorsque les sons s’étalent pour former un trou noir. Lorsqu’il se focalise un peu plus sur la rythmique, I Mind, on se surprend même à dodeliner suavement de la tête.

Mais cela ne suffit pas à sauver l’album de l’ennui. Un trop long passage à vide parcourt l’ossature de l'album. Pléthore de morceaux anecdotiques finissent pas prendre l’ascendant. Lindisframe I est affreusement vide, totalement gâché par un auto-tune insupportable. Même lorsque James Blake se focalise sur des instrumentations acoustiques, c’est dans une démarche plus paresseuse que minimaliste. Les douces notes de guitare de Lindisframe II n’apportent rien pendant que le piano de Give Me My Mouth et Why Don’t You Call Me nous statufie définitivement dans la lassitude.

 

Ce premier album de James Blake est bien trop lisse pour être une franche réussite mais cela n'empêchera pas l'album de faire un carton. James Blake semble avoir voulu livrer un album résolument sincère et on ne peut rejeter cela en bloc. Parlons seulement d’erreur de jeunesse mais restons lucide, il a encore tout l’avenir devant lui.

 

http://www.addictmusic.co.uk/wp-content/uploads/James-Blake-Album-Cover-300x300.jpg

par B2B

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 15:11

Sortie : 25 novembre 2010

Label : 3six Recordings

Genre : Ambient

Note : 8,5/10

 

36 (prononcez three-six) est le pseudonyme derrière lequel Dennis Huddleston produit ses travaux d'ambient. Après Hypersona en 2009, l'Anglais a sorti Hollow en juin dernier. Alors qu'un lecteur avisé nous le conseillait pourtant, ce second volet nous a inexplicablement échappé. La présence de diverses réalisations de 36 dans d'estimables best-of 2010 fut le déclic, d'emblée suivit par un coup de massue. Hollow, comme Hypersona d'ailleurs, sont de purs chefs-d'oeuvre, dont le potentiel introspectif et la beauté fantomatique terrassent implacablement l'auditeur. Memories In Widescreen constitue le troisième volet de ce triptyque d'albums, qui sort, comme le reste, sur le label personnel et exclusif de Huddleston, 3six Recordings.

 

Ces trois actes évoluent de façon toujours plus dense, brouillée et opaque. Le chemin qu'a tracé 36 va de la lumière vers l'ombre, s'enfonçant progressivement au creux de ravines ténébreuses. Parsemé de notes graciles et tendres, Hypersona dépeignait une ingénue et poignante mélancolie. Hollow était l'union parfaite de courants de nappes à la limite du drone, et d'une substance mélodique renversante. L'univers s'était assombri, mais des rayons translucides palpitaient encore au travers de la brume. Memories In Widescreen fait l'effet d'un voile sombre et crépitant qui aurait recouvert la musique de 36, et éteint, comme on souffle une bougie, ses restes d'innocence. Plus avant-gardiste peut-être que ses prédécesseurs, cet opus est sans doute le moins accessible. Les drones mouvants et la distorsion synthétique des nappes absorbent les mélodies, et vous pénètrent par tous les pores. On est face à des déserts de dunes, en proie à une tempête sablonneuse qu'une mystérieuse déformation du temps ferait se déplacer avec lenteur. Le résultat pourrait s'avérer chiant ou excessivement bruitiste, si l'extraordinaire maîtrise de 36 ne sublimait pas ces montées craquelées et ces bourrasques de fin du monde. Ses compositions ne cachent pas des inspirations de Fennesz ou de Tim Hecker. Si Hollow dévoilait déjà des influences de Burial, de la période de son album éponyme, et notamment sur le somptueux Equassa, le présence ici de lointaines résonances de voix ou d'arpèges carillonants et flous (After Time, Drowning) scelle le lien entre les deux compatriotes.

Le brouillard magnifique que constitue Memories.. agit comme un écran à la fois ténu et infranchissable, qui vous sape de la réalité. Une sérénité inexplicable, presque mystique monte à la gorge, tandis que les volutes ouatés et les ombres spectrales vous grillent méticuleusement les connexions neuronales. S'il est très dur d'isoler des morceaux, l'enchainement de Drowning, Disappear et The Mirror coupe littéralement le souffle. Alors que le triste et aérien Disappear s'achève sur un brusque chaos de son distordus, The Mirror, hélàs si court, illustre toute la grâce tragique, prégnante à ses travaux, une fois dépassés les murs de vapeur sonore.

 

Crépuscule de la trilogie entamée par 36, Memories In Widescreen pose la dernière pierre de cet édifice profondément évolutif. Oeuvre dense, sombre et admirable, un nombre conséquent d'écoute, ainsi qu'un matériel de qualité, sont nécessaires à la perception de ces riches nuances. L'aspect prolifique et énigmatique de Dennis Huddleston a quelque chose de fascinant. L'Anglais a sorti en 2010, en plus de ses deux albums, deux séries de cassettes, les Tapes Series : Blue et Red, et l'artwork de Memories est sa propre réalisation. Préférant personnellement Hollow, je ne saurais que vous conseiller de vous penchez sur l'intégralité de son oeuvre. Immense révélation.

 

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par Manolito

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