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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 16:56

Sortie : septembre 2011

Label : Project: Mooncircle

Genre : abstract-dubstep-ambient

Note : 6/10

 

Après avoir sorti l'an passé une mixtape de remixs de classiques du rap américain, le New-yorkais sort un maxi difficile à classer avec ses nappes atmosphériques, ses rythmiques distantes et ses voix aériennes. Avec des influences jazz, funk, blues et rock expérimental, Krts concocte avec ses machines cinq titres - auxquels est ajouté un remix - qui intriguent et apaisent, dans une voie plus calme que son album A Posing Flower de 2006.

 

Dans le genre mélodies aérées, Hold On se pose là. Les claviers virevoltent au milieu de légers cliquetis et de discrets craquements. Le tempo emprunté ne veut pas brusquer les ambiances planantes et reposantes qui prédominent. L'ensemble flotte agréablement et donne toute sa place à l'imagination de Krts. Le morceau éponyme laisse échapper une voix répétitive qui survole la mousse synthétique se déployant dans un large espace. Les paysages qui défilent sont épurés et s'étendent dans le lointain à perte de vue. Le producteur travaille sur le glitch avec mesure et construit avec patience. Son apprentissage du piano apparaît sur Whatever sur lequel il glisse quelques notes dans la torpeur de ce titre qui s'étire en longueur avec délicatesse. 

Alors que le maxi hésite entre ambient et abstract hip hop hétéré, des touches de jazz et de dubstep s'insinuent subtilement. Un saxophone lointain, quelques syncopes trouvent leur place au milieu de sonorités tout en retenue.

 

Le remix, très proche dans l'esprit, de Glenn Astro ajouté à ces cinq titres n'apporte pas grand chose à cet EP inspiré et évocateur. Le New-yorkais nous laisse dans une apesanteur agréable.

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc087_cover_1200.jpg

par Tahiti Raph

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 10:05

Sortie : 29 août 2011

Label : Triangle Records

Genre : Electronica immersive

Note : 5,5/10

 

Derrière Balam Acab se cache Alec Koone, Américain de 20 ans instigateur d’un son pour le moins singulier, sorte d’électronica possédée au pouvoir envotant. Rapidement signé par l’entité new-yorkaise TRI▼ANGLE Records, notre jeune homme se devait de proposer une suite à See Birds, premier EP fortement remarqué. Sort donc Wander/Wonder, premier exercice longue durée.

 

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Balam Acab c’est de ne pas posséder une réelle identité sonore. Alec Koone a réellement créé une entité musicale à la marge, une électronica-lo-fi puisant sa force dans un wall of sound grésillant. Wander/Wonder refuse l’ossature rythmique et préfère se concentrer sur des motifs cycliques. Le beat et la basse se font aléatoire pendant qu’une voix sous hélium accompagne le disque d’un bout à l’autre. Objet non conformiste, Wander/Wonder se révèle de prime abord fascinant grâce à Welcome, ouverture progressive qui lentement vous enveloppe ou bien par le jeu d’un Expect préférant la simplicité aux constructions labyrinthiques.

Mais rapidement, cette identité singulière s’efface et ce qui devait être un album audacieux devient une proposition vaine. La profondeur sonore n’est qu’un subterfuge et Wander/Wonder se transforme en grand bluff. Les sonorités aquatiques font miroiter le grand plongeon alors que l’on reste à la surface. Les sonorités organiques se répètent inlassablement sans vraiment parvenir à nous émouvoir.

On saisit alors rapidement que nous sommes en train de nous faire berner. Balam Acab c’est du Clams Casino intelligible, du Salem apaisé. Cette foutu esthétique east-coast actuelle semble répondre indirectement à la vague électro-lo-fi-psyché de Los Angeles (Matthewdavid, Jeremiah Jae, le label Leaving Records, etc.), le pouvoir de fascination en moins. Se voulant une musique aux relents élégiaques, l’univers de Balam Acab ne peut réussir à faire pénétrer durablement le soleil dans son voyage. New-York n’est pas Los Angeles et toutes les bonnes intentions n’y changeront rien. Tout cela finit pas sonner faux.

 

Balam Acab risque pourtant d’être copieusement encensé par les médias alors qu’une fois n’est pas coutume, il s’agit uniquement de l’arbre cachant la forêt. Wander/Wonder n’en reste pas moins un objet musical intrigant, c’est seulement que le trip est bien trop fourbe pour laisser une empreinte durable dans notre cerveau.

 

http://crocnique.files.wordpress.com/2011/08/balam-acab-wander-_-wonder.jpg

par B2B

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 20:35

Sortie : août 2011

Label : Brainfeeder

Genre : jazz électrique

Note : 3/10

 

Avoir un CV long comme le manche de sa basse et être produit par Flying Lotus ne suffit pas à faire un bon disque. Exemple avec Stephen Bruner, alias Thundercat, qui a joué avec Leon Ware, Suicidal Tendencies, Stanley Carke ou Snoop Dog et qui sort son premier album sur Brainfeeder. Malgré un travail de longue haleine et de multiples invités, le résultat est un jazz électrique mutant et surtout ronflant qui ne décolle jamais vraiment.

 

La pochette, le label, le passé de l'artiste, le titre pompeux, rien ne semble vraiment coller. La batterie clinquante, le clavier gonflé aux hormones ou la voix suave de George Duke, le mélange est étrange. Si le son est confortable et l'ambiance chaleureuse, le côté lounge pépère prend trop souvent le pas sur les harmonies et les discrètes touches électroniques insufflées à ce jazz fusion qui se veut modeste et arrive bien à son but. Ce traitement du son, avec divers filtres, aurait pu faire la réussite de ce disque mais ne fait que le sauver du naufrage en lui donnant un soupçon d'originalité. Par bonheur les voix doucereuses (horripilantes sur Walkin' et Daylight) ne sont pas présentes sur tous les titres, ce qui permet aux extraits instrumentaux de prendre un peu de hauteur même si cela ne va jamais bien loin.

Il faut toutefois relever une certaine homogénéité tout au long de l'album qui peut s'avérer plaisant en fond sonore d'un bar de luxe où l'on sirote des cocktails trop chers dans des fauteuils clubs au cuir usé. Le plus curieux est cette grande discrétion de la basse qui ne surgit que par moment pour rappeler que Stephen Bruner manie l'instrument avec une grande dextérité. Il nous sort alors (sur Goldenboy ou Fleer Ultra) un peu de notre atonie pour nous montrer de quoi il est capable. Le temps d'un seul morceau, Mystery Machine (The Golden Age Of Apocalypse), il montre un visage plus expérimental qui interpelle mais disparaît bien vite. Dommage.

 

Brainfeeder confirme avec cet album sa fibre jazz, mais ce n'est pas vraiment ce que nous attendons de ce label... surtout quand c'est aussi dénué d'intérêt.

 

http://www.brainfeedersite.com/wp-content/uploads/2011/08/the-golden-age-of-apocalypse.jpg

par Tahiti Raph

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 11:17

Sortie : août 2011

Label : Self-released

Genre : Detroit tech-house

Note : 7/10

 

Avouons-le, lorsque nous avons appris que le Hollandais Legowelt  (aka Dany Wolfers) autoproduisait son dernier album, The Teac Life, et le rendait officiellement disponible gratuitement sur Internet (ici, en 320kbps), nous avons craint une catastrophe. Qu’un type aussi référencé que lui (six LP à son nom depuis 1996, une vingtaine de pseudos différents, et des projets à n’en plus finir) s’autoproduise dans la plus stricte gratuité, cela pourrait augurer qu’il n’ait su trouver label à son pied, et que partant, son nouveau disque est complètement pourri, d’autant que la qualité des sorties de Legowelt demeure assez aléatoire. Erreur : The Teac Life légitime parfaitement les quatre clics nécessaires à le télécharger !

 

Quatre clics, mais 111 min au compteur ! C’est donc un double LP que le Hollandais nous présente, quatorze morceaux au long cours déroulant une techno dont l’unique visée semble être un hommage aux vétérans de Detroit. Legowelt n’a d’ailleurs jamais caché son admiration pour ces acteurs, citant volontiers Blake Baxter (pourquoi pas !...) comme un moment important dans ses découvertes musicales de jeunesse. Et de fait, ce The Teac Life présente aux oreilles de l’auditeur une sorte de catalogue des sons techno inventés et joués dans le Detroit des 90’s. Prédominance de synthés vintage aux mélodies froides, planantes et colorées, culte rendu à la 909, long développement de structures musicales aériennes… on baigne bel et bien en pleine nostalgie des origines !

Tout irait bien si l’ensemble n’était pas déjà si entendu, ou si Legowelt n’échouait pas si souvent à insuffler un souffle nouveau à ses compos ; car si c’est avec les vieux chaudrons qu’on cuisine les meilleures soupes, encore faut-il avoir de bonnes recettes de soupes. Or l’objet est tellement balisé que l’on pourrait dire, morceau après morceau, à quel acteur de la scène Detroit il rend hommage. Ce sont des "à-la-manière-de" que ces quatorze tracks : on y croise Model 500 (Beyond Ur Self), May & Saunderson (The Soul of the City), Carl Craig (première période), Blake Baxster (Wherever we go), mais aussi Drexciya, Eddie ‘Flashin’ Fowlkes ou Kenny Larkin. Certes, ces hommages sonnent bien, on s’y sent chez soi, y compris à l’aide d’un rendu sonore identique à ces vieux sons vinyles, quoique la production inévitablement déficiente du mp3 desserve l’ensemble du mix studio. Néanmoins, certains morceaux témoignent de vraies qualités de composition, parmi lesquels ce Forest Conditioner, sur lequel une dub-tech semblable aux premiers travaux de Rod Modell intègre des samples new-age de bruits de la forêt, pour mieux les distordre jusqu’à les fondre entièrement dans l’ensemble techno de départ, dans une admirable fusion de la nature et de la machine. Des consonances acid plus Britanniques colorent certaines compos, quand d’autres lorgnent vers une house elle aussi solidement ancrée dans les 90’s, tendance Chicago’s fever… un véritable voyage dans le temps !

 

Nous voici donc face à un disque le long duquel on ne sombre pas dans l’ennui redouté, ce qui est en soi une réussite pour un album d’hommage aussi appuyé à la techno de Detroit, autoproduit et gratuit de surcroît (toujours ici). Si certes, ce LP s’adresse avant tout aux fans de l’époque ancienne, il a pourtant de quoi convaincre au-delà de ce seul pré carré. Laissez-vous tenter !

 

http://oedipepurple.files.wordpress.com/2011/08/legowelt-the-teac-life-back.jpg

par Pingouin Anonyme

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 09:46

Sortie : 29 août 2011

Label : Ostgut Ton

Genre : Techno

Note : 8/10

 

Cela fait désormais 8 ans que le Berghain domine mondialement le clubbing, 8 ans que l’usine berlinoise toise de haut ses insipides concurrents. Chaque époque connaît son club emblématique, définissant un état d’esprit purement contextuel. Le Studio 54 new-yorkais des 70’s promettait un amour libre autour d’une disco décomplexée pendant que l’Hacienda mancunienne des 80’s synthétisait la communion d’une foule extasiée sur fond d’acid-house. L’optimisme a vécu son heure de gloire. Au Berghain, désormais, on lutte face à un mur de basses omnipotent. Et comme un contresens à notre époque d’éclatement des tendances, la musique du Berghain (et de son label Ostgut Ton) voit opérer un resserrement des styles et des mâchoires.

 

Marcel Fengler est un des piliers du Berghain, le type même du mec qui reste attaché, ad vitam aeternam, à son club. Il puise son inspiration dans les murs bétonnés de cette imposante antre fuligineuse et ses DJ sets deviennent alors des épopées hypnotiques. C'est ainsi à lui de proposer un mix faisant suite aux précédentes propositions de Ben Klock, Len Faki ou Marcel Dettmann. L’exercice reste toujours difficile car les résidents du Berghain ont davantage l’habitude de puiser leurs ressources dans des sets de plus de 4 h. La problématique de ce Berghain 05 étant ainsi de réussir à synthétiser un impénétrable univers en 80 min chrono.

Mais Fengler n’est pas dupe et sait comment rendre un mix magnétique. L’ouverture, d’une intelligence folle, tout en tension, en spatialisation gargantuesque, vous engloutit dans un puits sans fond. Fengler devient alors chimiste. Et quand le beat moite devient définitivement répétitif au bout de 20 min, vous n’êtes plus qu’un pantin désarticulé. Il est absolument inutile de revenir sur la tracklist tant l’ensemble fait bloc, tant les sons se chevauchent pour mieux copuler. Réussir à retranscrire la perfection du sound-system du Berghain est un tour de force que cette compil' réussit à maintenir. La basse vous enveloppe avant de vous plaquer au sol sans jamais non plus devenir cette force occulte privilégiant la violence. En effet, on aurait tort de voir dans ce mix une tentative de redéfinition de la noirceur. On sait que le Berghain n’est pas un terrain de jeu pour enfants, qu’il faut apprendre à lutter contre ses propres démons pour en faire surgir la lumière. Malgré une volonté d’en imposer, ce Berghain 05 n’en oubli jamais la sensibilité.

Le plus impressionnant restant ce pouvoir de persuasion émanant d’une telle régularité. Pendant 80 min, on reste complètement happé par cette force implacable qui refuse le compromis. Devenant alors otage, vous ne pouvez rejeter ce syndrome de Stockholm qui lentement vous envahit.

 

Ce Berghain 05 ne peut que confirmer, une fois de plus, la domination du club berlinois sur la concurrence mondiale. Marcel Fengler ne joue plus seulement avec nos sens, tel le plasticien Sol LeWitt, il devient un architecte de l’espace, redéfinissant notre vision par la force d’un seul volume, étalant notre perception par le spectre du minimalisme. Ce Berghain 05 n’est alors qu’une porte d’entrée vers une nouvelle "structure" sensorielle.

 

http://stilroutine.de/wp-content/uploads/2011/07/berghain_05_marcel_fengler.jpg

par B2B

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 17:10

Sortie : 28 mars 2011

Label : OHM Resistance

Genre : Post drum & bass

Note : 8/10

 

On l’avait raté, on a eu tort, on y revient ! Le label OHM Resistance (Method of Defiance, Scorn, Blood of Heroes, Enduser, Gator Bait Ten, etc.), fondé par le New-yorkais Kurt Gluck, côtoie en termes d’underground pointu les Hymen, Tympanik et autres Ad Noiseam dont Chroniques électroniques relate régulièrement les pérégrinations musicales. D’autant qu’ici, c’est le boss en personne qui fait parler la poudre, avec cet énorme troisième LP de son entité Submerged, intitulé Before Fire I Was Against Other People.

 

Le joli artwork de ce disque définit mieux la musique de Submerged que n’importe quelle étiquette, musicale, avec son paysage brumeux de terres brûlées. Kurt Gluck n’est pas homme à se contenter d’un style musical par disque, même si son terrain de prédilection demeure la drum & bass qu’il joua initialement avec l’infatigable vétéran du style, Bill Laswell (avec lequel il a enregistré son premier LP, Brutal Calling, édité sur Avant, le label de John Zorn). Et si certains tracks nous balancent ici une d&b simple mais explosive (Transport, Before Fire), ce n’est que pour mieux armer les autres morceaux d’influences extérieures. Ainsi de l’ouverture Space Arabs, sorte de montée dubstep sur fond de mélodies orientales, ou du Death Sentence, sur lequel à nouveau un dubstep malade se fait bastonner la gueule par des kicks de déments et des basses à en fêler des parpaings de béton armé.

Entre drum & bass et breakcore, Borderguard génère des tornades de bass-wobbles aux bourrasques toxiques saupoudrées d’arpèges au yukulélé (si !), tandis que Rorshach fait sonner ses patterns de caisse claire comme une exécution en rafale au pistolet automatique. La décharge obtenue justifierait à elle seule la parution du LP. Mais Kurt Gluck n’est pas homme à travailler seul, et s’entoure ici de lieutenants prestigieux à l’esprit tout aussi fracassé. Ainsi Mick Harris (Napalm Death, Scorn) et Dr. Israël s’allient pour faire sonner sur Nowhere to hide un dub membré comme un hippopotame en rut, quand ce n’est pas le guitariste de Pale_Project, Jason Selden, qui vient poser sur No One ses riffs postcore lourds comme du plomb, et survolés par des hurlements proches du gargarisme au verre pilé.

Mais c’est sur l’ultime morceau et sommet incontestable du disque, Dead, que Submerged déploie tout son artillerie, accompagné par les hurlements et guitares de Justin Broadrick (Godflesh, Jesu), et par la batterie de Ted Parsons (entendue avec les Swans, Prong, Fœtus, Killing Joke, et… une bonne dizaine d’autres groupes de cette acabit). On s’y prend en pleine face un metal frondeur à la fois indus et postcore, bientôt amplifiée d’une drum & bass traversée de spasmes breakcore, le tout adossé à une construction épique faites de montées en tension permanentes, et scandées par un Broadrick hurlant comme un damné que "you’re dead". On l’avait compris !

 

Par la bite de Jupiter, impossible de rater cette dégelée musicale, où Submerged nous prouve que si, la drum & bass a encore bien des choses à dire, des oreilles à calciner, et des pans musicaux entiers à travailler, incorporer, revitaliser. A classer parmi les grands disques du genre. OHM.

 

http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/229815/gd/131213809578/Submerged-before-fire-I-was-against-other-people-2011.jpg

par Pingouin Anonyme

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 11:44

Sortie : août 2011

Label : Alpha Pup

Genre : rap abstrait / DJ beats

Note : 8/10

 

Quand Alpha Pup ne distribue pas Brainfeeder, c'est pour sortir des disques plutôt dans la lignée du label de Flying Lotus. Nouvel exemple avec cet album de Kone, premier de ce résident de Los Angeles, qui joue toutefois plus avec les samples qu'avec les bleeps, un style qui rappelle RJD2 ou le très bon LP de Pablo (chroniqué ici). A noter que le titre The Tractatus est inspiré des travaux philosophiques du Viennois Ludwig Wittgenstein sur le langage et la logique, dont les idées ont inspiré la musique de l'Américain... et quelques interludes.

 

Grosse basse, voix samplée et bidouillage de boucles, le disque fait tout de suite penser à un album de DJ avec des collages originaux et un sens efficace de la ligne qui percute. Ce n'est toutefois qu'avec New Los Angeles, troisième extrait, qu'il nous fait véritablement entrer dans son univers aux reflux synthétiques, rythmes downtempo, guitare rythmique blues-rock et cette voix qui nous fait la visite. Les sons un peu crades donnent une impression de bricolage de fond de garage. Happenings définit parfaitement cet univers fait de bout de matières assemblées les unes avec les autres pour former un attelage atypique mais qui fonctionne, notamment grâce à ces cordes passées à la ponceuse. Le sens du groove de Kone se dégage rapidement avec ses claviers funky démantibulés qui nagent sur Chunky Dust dans les craquements poussiéreux. L'album a la patine des vieux 33 tours, la malice d'un as de la MPC et quelques secrets de fabrication. Alors quand sur Cheese Grater l'Américain fait claquer sa batterie de tous les côtés, il fait penser à un DJ Shadow qui se remettrait mal de sa méchante cuite de la veille.

Le reste n'est que poésie (Wax & Wane), vieilles rengaines folkloriques frappées au shaker (Destiny Manifest), barouderies dans une boîte vietcong (Laws Of Nature) ou découverte de nouvelles substances efficaces (New Definition). Kone ne s'embarrasse pas de subtilité pour donner vie à ses visions trippées aussi brutales que spontanées et c'est ainsi qu'il emballe notre imagination et nous entraîne dans ses virées nocturnes improvisées. Les nuits se finissent alors toujours, bouteille à la main, à réécouter de vieux vinyles sur la platine d'un inconnu bienveillant tout juste rencontré. Le guide nous rattrape toutefois régulièrement, marquant les blancs de ses pensées sur la vie. Les heures semblent des jours, le soleil ne se lève plus vraiment et tout sombre dans une apesanteur fluide. Light On The Kid fait figure de remontant, celui nécessaire pour reprendre la voiture et affronter les interminables avenues de LA et repartir pour d'autres pérégrinations où les claviers bluesy d'anciens clubs de jazz retentent de trouver leur entrain d'antan.

 

Kone maîtrise son errance urbaine à coup de caisse claire précise et de samples dénichés au fond de vieux cartons oubliés. Un mélange qui sent le vécu et la gnôle, le bruit et la fureur assagie, mais révèle surtout un sens du beat ébréché qui ne vous lâche pas !

 

http://www.alphapuprecords.com/art/669158523177-300x300.jpg

par Tahiti Raph

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 11:15

Sortie : août 2011

Label : Anticon

Genre : électronica

Note : 7/10

 

Sixième album pour l'un des fondateurs d'Anticon après Resurgam (chroniqué ici) en 2008 et la production du Fallen House Sunken City de B. Dolan (ici) en 2010. Toujours aussi solide, l'électronica d'Alias se pare de touches sombres et de nappes aériennes.

 

Le son de l'Américain est dense et entraînant. Il peut être rêveur (Goinswimmin) ou guerrier (Revl Is Divad). Il sait délaisser ses habits de producteur rap pour avancer dans des constructions plus riches et plus subtiles, sans en faire non plus trop. C'est d'ailleurs ce qui manque parfois à Alias, quelques passages plus forts pour booster le tout. Il reste donc très homogène en mariant les sons avec soin, en avançant avec tact et mesure. Claviers, samples de voix et instruments sont conviés pour fournir la matière à des morceaux équilibrés et prenants. Dahorses - en compagnie de DJ Mayonnaise au synthé - laisse ainsi une batterie clinquante qui se renouvelle régulièrement ordonner des paysages scintillants, fruits de vapeurs de produits toxiques qui se répandent dans l'espace. Jamais trop abstrait, le disque garde toujours les pieds sur terre pour déployer des mélodies douces à l'oreille... avec un petit raté sur Talk In Technicolor où la voix R'n'B de Dax Pierson de Subtle est assez mièvre.

Face au côté charmeur, une vision plus introspective se développe aussi. Le très sobre Lady Lambin' donne de la profondeur et invite par exemple à prendre du recul tandis que Boom Boom Boom envoûte par ses puissantes percussions et ses voix opposées qui se répondent sans se comprendre. L'Américain s'y connaît en terme d'efficacité et le prouve par quelques extraits rentre-dedans, au bon sens du terme, qui dynamisent l'écoute. Il force notamment les nuques à remuer avec son Tagine qui rassasie les enceintes amatrices de gros beat. Ce morceau fait partie du trio final qui termine de convaincre que cet album vaut le détour. Le lumineux Sugarpeeeee aux harpèges enchanteresses et le tendu Wrap concluent en effet cet album avec passion.

 

Alias reste toujours une valeur sûre même s'il se renouvelle peu et ne hausse pas vraiment son niveau. Fever Dream ne doit donc pas être négligé.

 

http://www.albumoftheyear.org/album/covers/fever-dream.jpg

par Tahiti Raph

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 11:38

Sortie : 22 août 2011

Label : Kompakt

Genre : Techno, house, electro-pop

Note : 7/10

 

Prétendre que l’on attend de pied ferme la nouvelle fournée annuelle de la compil’ synthétisant l’essence de la maison Kompakt serait mentir. Le label de Cologne ne fait plus figure de tête chercheuse depuis belle lurette. On serait même tenter de dire que Kompakt, aujourd’hui, n’arrive pas à suivre la cadence imposée par les ténors. Cependant, il arrive à garder cette aura lui permettant de fidéliser un public jamais démenti. Kompakt a tout de même marqué la sphère techno du début des années 2000 via une ouverture musicale rarement critiquable et rien que pour ça, on ne peut rejeter en bloc les sorties actuelles. Il ne nous reste plus qu’à prendre le pouls de l’écurie teutonne avec ce Total 12.

 

Et ça commence très fort avec la superbe électro-pop aérienne de Waiting For de Kolombo. Tellement fort qu’on se doute bien qu’il va être difficile, sinon impossible de maintenir une telle cadence d’autant plus quand on a l’habitude des compils Total et de leur structure progressive. Pourtant, le Every Minute Alone lentement ascensionnel de WhoMadeWho remixé par Michael Mayer ne déçoit pas. Le conditionnement étant parfait, il n’y a plus qu’à se laissé porter. Au petit jeu des tracks imparables,le même Michael Mayer se révèle redoutable avec son vicieux That’s What I Told Sanchez pendant que Gui Boratto livre un The Drill tout en saturation et tout en gardant son éternel côté trancey. On regrettera seulement le fatigant morceau de l’habituellement irréprochable Matias Aguayo. Son I Don’t Smoke se révélant épuisant en moins d’une minute.

Mais gardons le meilleur pour la fin avec un Playground Altona de Coma aux relents trance et prompt à vous coller le sourire pour la journée. Le type même de morceau taillé pour un DJ set à 6h du mat’ sur la plage. Jusque là, on naviguait cependant en terrain connu et c’est bien là le reproche que l’on peut formuler à Kompakt depuis quelques années : l’absence de prises de risques, de propositions un tant soit peu plus audacieuse. Pour cela, il y a heureusement Wolfgang Voigt qui démontre avec Frieden que l’ambient-techno peut être ce court moment d’apesanteur conjuguant envol poétique et parabole hypnotique.

 

Ce qu’il y a d’agréable avec les compils Total, c’est que l’on n’est jamais déçu. Tout au plus peut on rester légèrement sur notre faim. Total 12 reste fidèle à l’esprit de la série. En 12 morceaux, Kompakt démontre sa volonté de rester une référence. En cela, le label s’en sort plutôt bien. Mais une bonne compil' par an (ne soyons pas non plus ingrat, ajoutons y aussi les Pop Ambient) ne suffira pas à nous faire oublier que Kompakt n’est plus le label qu’il était.

 

http://linetechno.net/wp-content/uploads/2011/07/VA-Kompakt-Total-12-300x300.jpg

par B2B

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 14:27

Sortie : juillet 2011

Label : Halbsicht Records

Genre : IDM blanche et mélancolique

Note : 8/10

 

Danny Prusseit forme avec Toni Polkowski le duo Atmogat, auteur d'un premier album, Trigger Event (ici), sorti sur Impulsive Art. En 2007, le Berlinois éprouve l'envie de développer l'aspect émotionnel de ses sons et ainsi de composer seul. De son projet solo, DNN, aboutit un premier et très bon album, Try To Fell, que produit Halbsicht Records. A ce label allemand, nous devons entre autres certains travaux des excellents Mnemonic (aujourd'hui séparés et dont le dernier album est chroniqué ici). Outre un EP réalisé ensemble, notre homme et le duo ont certains traits communs. Ethéré et introspectif, le deuxième essai de DNN, When Things Stop To Move, porte sur le sentiment de perte.

 

Plus âpre qu'un Winterlight (ici), plus désespéré que Known Rebel (ici) et plus sombre que Mnemonic, DNN pourrait pourtant être rapproché des trois, excellant dans ce type d'électronica downtempo où le glitch est roi et l'essence, mélancolique. Danny Prusseit traite de souvenirs qui se dissolvent, des sourires indélébiles et du peu qu'il reste. Les limbes d'ambient flottent entre une torpeur inguérissable et la clarté foudroyante de joies passées. Un piano fugace, des cordes caverneuses accordent aux manipulations minimalistes de DNN une profonde dimension intimiste. Les échos grandissent, le ressac charrie la brulure d'éraflures encore vives, et l'on fini par s'abandonner à la brume épaisse d'un état comateux. Voilà le type d'émotions que dispense When Things Stop To Move. Mais DNN ne décrit pas une fade sinistrose. Sa mise en musique de la ruine personnelle est superbement orchestrée, et l'ambivalence divinement mise en exergue. Le travail rythmique, proche du click'n'cut, s'auréole de bruits blancs. Si DNN ne surcharge point ses morceaux, ne gardant que l'essentiel, le beat, pulsé ou atomisé, a été pensé et sculpté d'une main experte. Sur fond de nappes cryptées, Prusseit trace des ombres noires et blanches dont la substance et la forme dépendront de la sensibilité du récepteur. La dimension graphique et allusive est immense. Des basses lourdes, enveloppantes s'entremêlent à des airs tristes et beaux (Blue Smoke). Des mélodies contemplatives embrassent des flux rythmiques glitchés (Things Which Stay) et le piano, jamais naïf, prend des accents bouleversants. Fading Memories, The Very Thought et With Each Step sont parmi les titres les plus brillants. When Things Stop To Move s'achève sur trois remixes, et non des moindres. La relecture de A Silent Close par Bitcrush donne dans le post-rock. Elle ne me fera pas aimer la voix de Laska, même distillée avec parcimonie, mais cet entrelac de cordes et cette montée vers les sommets sont d'une ardeur époustouflante. Les interventions de Huron puis de SE, spatiale pour l'un, progressive et plus ambient pour l'autre, complètent joliment le disque.

 

DNN signe un très bel album - et quel artwork. When Things Stop To Move prendra toute sa signification lors de froids et solitaires après-midi d'hiver. A recommander (plus particulièrement) aux fans de n5md et d'Abstrakt Reflections.  

 

1568023565-1

par Manolito

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