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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 22:17

Sortie : septembre 2010

Label : Tympanik

Genre : IDM, Cyberpunk

Note : 9/10

 

Dans sa tour de Rochester, Robert Lioy aka Access To Arasaka, s'élève comme un illuminati de l'IDM, érigeant un apostolat cyberpunk révolutionnaire. Oppidan (ici) n'avait laissé que cendres et poussières sur son passage l'année dernière, et avait gravi aisément le sommet de notre Top IDM 2009 (ici). Après le sculptural ==null (ici), lâché gratuitement en début d'année sur son exceptionnel site officiel, il relance les hostilités avec void();, toujours sur le meilleur label de tous les temps : Tympanik Audio.

 

Plutôt que de renouveler son sillon, Access To Arasaka décide d'approfondir la démarche amorcée lors d'Oppidan. Bien que déjà monumental, ce dernier se révèle telle une esquisse face à la première écoute de void();.

Les lignes de programmes défilent, laissant apparaître des données manquantes dans les équations. Les failles de la matrice sont béantes. A l'heure où des virus pourraient bien dévaster le programme nucléaire iranien, ATA délivre les machines de leurs chaînes névralgiques pour qu'elles se lancent à la poursuite des imprudents qui jadis, ont commis l'affront de tenter de les dompter. Il est inutile de résister, le combat est perdu d'avance. Nul n'échappera aux gargouilles cybernétiques, leur créateur ayant eu la bonne idée de ne pas les doter de pitié et de miséricorde. Dieu nous a abandonné. Il fut un des premiers à déserter, se planquant avec ses compagnons prophètes derrière un firewall. En spectateur de la chute de ces tours de fer et de verre, on se demande de quelle charrue pourra bien renaître la terre. L'idée consiste peut-être à reformater le système pour gommer les défaillances internes propres aux limites de la conception humaine. Car tout ce qui a commencé doit un jour se terminer, on guette l'apocalypse avec la crainte du croyant sceptique. Et si le paradis post-mortem n'était en fait qu'un éternel néant décharné ? Une chose est sûre, nous ne sommes que des poussières organiques impuissantes, comparables à ces foutus pandas incapables de baiser pour sauver leur espèce. Les bourrasques électriques et les néolithes synthétiques n'ont que faire de nos vaines contre-mesures. Notre recyclage en hydrocarbures et en amas de tôle est imminent. Courage, ne fuyons pas.

Combien d'heures a bien pu passer ATA à programmer un tel édifice ? Combien de gigas de données patientent dans son disque dur en vue d'une hypothétique renaissance ? La technique inhumaine dont il fait preuve ainsi que l'arsenal technologique qu'il utilise ont de quoi déprimer n'importe quel designer sonore en sommeil. Même si les titres kill_recorder=Sc1, term/echo, syslog_ident (putain de piano apocalyptique) ou le dévastateur switch(pcap_datalink) ont ma préférence, il est impossible de dissocier des extraits du produit brut. Le mode shuffle représente ici, le mal absolu.

 

Que dire ? Access To Arasaka laisse cette année encore toute la concurrence potentielle à des années lumière de son système d'exploitation. Cet objet sonore non identifié est un must have absolu. Même si son auteur semble glorifier le hacking et la libre distribution du son, le format mp3 se révèle ici telle une hérésie. Le format physique est donc forcément des plus recommandables, même si son enveloppe charnelle et organique est amenée comme nous tous, à disparaître.

 

http://tympanikaudio.com/wp/wp-content/uploads/ta045-access_to_arasaka-voi.jpg

par Ed Loxapac

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 19:08

Sortie : 11 octobre 2010

Label : Anticipate

Genre : Electronica

Note : 6,5/10

 

Le New-yorkais Morgan Packard n’aime pas les cases, sa musique ne pouvant se limiter à une appellation réductrice. L’unique fil conducteur de ses productions restant l’électronique. Dans ce cas, comment résumer sa nouvelle production, Moment Again Elsewhere ? Impossible de figer ses compositions dans un verni d’apparat.

Moment Again Elsewhere convoque autant l’électro-acoustique que le field recording, l’électronica épurée que le dub-techno. La moindre texture est mouvante, semble prendre la tangente pour échapper à la domestication. Comme pour mieux brouiller les pistes, Morgan Packard a crée son propre logiciel de composition, Ripple, rendant impossible tout tentative de poursuite balisée.

 

Moment Again Elsewhere est un album atypique, une proposition réclamant de nombreuses écoutes afin de pouvoir être apprivoisée. Quand vous pensez saisir l’objet, il vous file aussitôt entre les doigts. Les pistes s’enchaînent sans jamais vouloir se répondre et pourtant l’ensemble forme un tout indéboulonnable. Afin de créer ce socle, Morgan Packard s’appuie sur deux éléments : la prédominance d’une basse réconfortante et l’utilisation quasi systématique du piano. Mais il ajoute à ce cahier des charges une quantité d’autres instruments comme le saxophone sur un Moment hésitant.

Le secret de Moment Again Elsewhere se trouve là, dans l’hésitation et la fragilité. En imposant avec finesse une atmosphère apaisante, Morgan Packard joue avec nos songes. Unveil vous prend ainsi avec douceur par la main pendant que le magnifique Although vous réconforte avec sa basse enveloppante et sa pluie tombant lentement le long des multiples sonorités du morceau. La nature est souvent présente, comme sur le dub-techno tremblant d’Insist avec son final champêtre, tout en clochettes balbutiantes. En misant sur des morceaux courts, portés le plus souvent pas un léger beat downtempo, Morgan Packard évite la redondance et capte ainsi plus facilement nos pensées errantes.

 

Moment Again Elsewhere séduit par sa fragilité et son tâtonnement permanent. Morgan Packard signe un album insidieux qui s’installe indirectement mais durablement dans l’esprit.

 

http://www.anticipaterecordings.com/files/images/ANT011_web.jpg

 

par B2B

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 19:17

Sortie : septembre 2010

Label : EN:PEG Digital

Genre : IDM obscure et sensuelle

Note : 8/10

 

Odori est une mystérieuse et charmante dready canadienne. Bien connue de  EN:PEG, subdivision digitale de l'excellent label américain n5md, elle a également posé un titre ou deux sur le netlabel Xynthetic. Après For Roslyn Heights en 2007 et Winter Of Artifice en 2008, Gathering Lines est son troisième essai.

 

Gathering Lines est à l'image de son artwork. Ambigu, obscur et profond. Tel un rêve étrange et pénétrant que l'on ne fait que trop peu souvent, il diffuse des ambiances à la fois sombres et rassurantes. Comme un hologramme visible seulement la nuit, le son tourne autour de l'auditeur, l'effleure puis le fuit, pour mieux l'envelopper une fois définitivement à sa merci. Un peu comme ferait une vestale faussement ingénue pour mieux rendre fou sa cible. Les synth tones flottantes et les nappes de cordes témoignent de cet enfantin mais jamais naïf ballet amoureux. Le beat et la rythmique se courbent et se plient, formant une union langoureuse et profonde. Entre mélancolie chaotique noire et lumière salvatrice blanche, les spectres se confondent aussi bien que l'amour et la violence. Et quand les drones de crins gémissent sur Floxes, on est terrassé par tant de beauté immaculée. Entre ambient et electronica, Odori dessine des contours d'espaces insondables dans lesquels il est dangereux de se jeter à corps perdu. Le risque consiste à écouter cette oeuvre des nuits entières les yeux fermés, priant pour le retour chimérique de cette beauté narquoise et romantique qui n'a fait qu'un trop furtif passage dans mes insomnies mélancoliques. La première injection est forcément la meilleure comme chacun le sait, on serait cette fois-ci heureux que l'addiction demeure. Le réveil est donc forcément atroce. On en ressort haletant, transi, humide mais éperdument épris.

 

Gathering Lines est vous l'aurez compris une oeuvre émotionnelle rare. Nul besoin de réfléchir sur son absence de velléités révolutionnaires, la beauté est là toute proche, un claquement d'ailes enflammées suffit. Surveiller les sorties de EN:PEG est plus que recommandé, il est bien plus qu'un laboratoire à sorties physiques pour n5md. Faites de beaux rêves et n'en revenez pas, car bien trop dure sera la chute.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/517Ve4c7FKL._SL500_AA280_.jpg

par Ed Loxapac

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 00:39

Sortie : Prout

Label : Auto-vomi

Genre : Rap de potaches

Note : Euh... nan rien

 

Avant d'incarner le trio  Hopital & Charité, MC Circoncis (Charité) et MC Thirsty (Hôpital) faisaient déjà dans le rap conscient et intello au sein de Los Churros. Puis ils ont rencontré le Barman du CSCG, bassiste aux allures de moustachu sado-maso qui traîne sa syphilis dans les back rooms de Provence et de Navarre. C'est avec plaisir que nous chroniquons le premier essai de cette glorieuse association, qui va devenir dans très peu de temps la nouvelle coqueluche de Ni Putes Ni Soumises. Rien que pour ça, ça vaut la peine.

 

Bienvenue dans un monde où la Valstar coule à flot, où les infirmières sont lubriques et disposées à effectuer des golden shower en échange d'un spliff de tcherno, où les lendemains de fêtes les cacas fouettent, et où on dessine des bites sur les corps sourds de nos anciens meilleurs amis, trop bourrés pour esquisser un semblant de désappointement. Les titres parlent d'eux même : Je m'en branle, Mamie Nympho, On sait pas raper, Boire de la bière... tout est dit ou presque. Du côté du son, on est dans la plus pure putasserie sucrée et grasse qui filerait même des caries au sourire de Laurent Delahousse. Cette démarche punk et nihiliste est à situer entre Fatal Bazooka et Svinkels, mais bien plus drôle et mois hype que ces trimards de TTC. Vous saisissez ou vous avez besoin que je précise que les flow des MC sont criards et comment dire... brouillons ? Les amateurs de poésie lyriques apprécieront les lyrics, comme sur Mamie Nympho : "Ta gueule est ravagée par le poids des années, mais moins que ton cul par le poids des routiers. Ce soir c'est soirée pertes blanches, vas y remue bouge tes hanches". Ou encore sur On sait pas raper : "On sait pas raper mais t'as payé ton entrée, tu t'es fait escroqué par Hopital & Charité". On atteint l'apothéose sur L'Hôpital de la Charité : "Moi quand j'opère ça se voit, j'ai ton sang sur les doigts. J'ampute des putes". Suivront des hommages aux hardos des années 1980, à ce jour saint qu'est le dimanche (pas à Bamako) et aux lendemains de cuites.

 

Cet album est dédicacé à tous les branleurs magnifiques qui confondent la scatologie et la coelioscopie, à ceux qui niquent la hype et son père. Ces losers assumés et somptueusement stupides seraient capables de remplir le stade... anal. A voir en live donc. L'album est téléchargeable gratuitement ici (heureusement faut pas déconner).

Parce que Chroniques électroniques est un site pointu et spécialiste, à la pointe de l'actualité et de l'avant-gardisme, je me devais de publier cette missive. Bien à vous.

 

folder.jpg

par Ed Loxapac

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 23:40

Sortie : 14 septembre 2010

Label : Tympanik Audio

Genre : Ambient, Glitch, IDM froide et évocatrice

Note : 8/10    

Dirk Geiger nous vient de Rottenburg, en Allemagne. Il fonde dans sa jeunesse le groupe Kraftmaschine, toujours en activité, et monte son propre label, Raumklang Music, en 2002. Il sort sur celui-ci un premier album Dondukov 15, il y a de ça deux ans. Aujourd’hui c’est Tympanik Audio, ponte en matière d’électronique avant-gardiste, qui lui ouvre ses portes, pour un deuxième album au nom plus qu’évocateur d’Autumn Fields.

 

Ambient, glitch et field recordings sont les maîtres mots de ce glorieux pèlerinage. Autumn Fields vous drape à la manière un brouillard crépitant et nuageux, et laisse entrevoir des visions de champs ruisselants, de végétation noire et de ciel délavé par l’ondée. Notre homme use d’enregistrements capturés en extérieur comme de parties intégrantes à sa musique. Il n’y a de meilleure preuve que ce Gewitterregen d’ouverture, durant lequel tombent l’orage et les gouttes de piano. Minimaliste et éloquente de  tristesse, rythmée par les grondements du tonnerre, cette pièce prend instantanément à la gorge, et vous laisse vous interroger sur la profondeur de ce dans quoi vous venez de plonger. La suite est brodée de rythmiques épurées, de souffles venteux et de drones déroutants, que le glitch, omniprésent, érafle avec ce qu’il faut de froideur. La dimension émotionnelle de Autumn Fields a tout de l’abyme. Chaque titre respire la détresse apaisée, distillant autant de mélancolie fauve qu’un automne diluvien. Le disque se voit parfois habité d’un esprit plus urbain, meublant le calme du bruit de machines et d’inconnus parcourant des rues austères. Une fois n’est pas coutume, cafardeux et plombant sont ici des éloges.

 

Le divin Winter Senses s’impose comme un sommet vertigineux de l’album. Trésor d’IDM minutieuse et délicate, ses arpèges semblent s’élever vers des cimes vierges de regard humain. Mais que dire du prodigieux Autumn Life… si ce n’est que le ressac synthétique, les lointaines clameurs d’enfants, et la beauté ingénue de la mélodie en font un bijou d’ambient qui s’étend sur plus de 9 minutes, grenues et éthérées. De même, Overhead Projection, Itch Glitch ou le plus expérimental Noise Format (spectaculaire vidéo ici), nous maintiennent la tête immergée dans un bouillon flou que l’on ne souhaite plus quitter. Pourtant le disque tire sur sa fin, et le magistral coup de rideau est tiré par Svart1 et par Access To Arasaka, qui prêtent leurs relectures respectives à Night In Haskovo et Overhead Projection. Deep et bruissant, pour le premier, Robert Lioy dresse sur le second de lentes et sublimes montagnes sonores. On finit béat.

 

Voici un album qui tranche avec les sorties habituelles de Tympanik. Davantage orienté vers l’IDM infectée et dévastatrice, le label de Chicago ne s’est pas mépris en signant cet Allemand. Autumn Fields est un puits sans fond d’émotion pure. IDM, ambient et glitch on rarement connu si belle union.

 

                                   autumn_fields_cover.jpg

par Manolito

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 21:32

Sortie : octobre 2010

Label : Brainfeeder

Genre : Glitch-hop

Note : 4

 

En se mettant à la musique, Teebs n'a pas vraiment arrêté la peinture. Son parcours fait de ruptures l'a mené au bon moment dans la maison de Flying Lotus, Brainfeeder. Un bon endroit où se trouver actuellement, le label ayant le vent en poupe avec cette scène californienne qui donne dans un rap instrumental futuriste. Du bout du pinceau, l'Américain s'inspire de ce mouvement pour créer ses propres toiles sonores. Ardour est le résultat de deux ans de travail.

 

Des titres plutôt courts, des rythmiques venues du rap autour d'échantillons répétés et bidouillés, voilà ce que Teebs a retenu de ce style dit glitch-hop. Mais il sait aussi s'en écarter en limitant les sonorités électroniques et en préférant les tons pastels et rêveurs aux architectures complexes et torturées. Ainsi Arthur's Birds laisse dégouliner ses samples sur la toile, Double Fifths fleure bon la comptine aux textures sépias et les cloches de Wind Loop déteignent tout en douceur. Tout en sonnant totalement d'actualité, Ardour a le charme désuet des toiles anciennes. Il rappelle tout en mélancolie une époque meilleure à laquelle votre grand-mère vous offrait des sucreries et la plage de vos vacances n'était pas entourée d'immeubles.

A première vue séduisant, cet album perd toutefois de la vitesse au fil des titres. Manque de renouvellement, structures des morceaux assez simples, tonalité monocorde, sons répétitifs, rythmiques systématiquement empruntées, l'Américain manque d'idées pour varier sa série de tableaux. Les paysages défilent et une certaine lassitude s'installe. L'enthousiasme du départ s'épuise peu à peu. Pris séparément, les morceaux ne sont pas mauvais, mais l'ensemble perd de sa force jusqu'à parfois sembler poussif, sur Felt Tip ou Why Like par exemple. Quelques passages sortent tout de même du lot, comme King Bathtub, ne suffisant toutefois pas à donner un nouveau souffle au disque. Choisir une sélection de six ou huit titres aurait sans doute été plus pertinent.

 

Premier loupé pour Brainfeeder, même si ce premier long format de Teebs annonce plutôt de belles choses. Le Californien devra varier ses efforts pour nous convaincre vraiment.

 

http://www.brainfeedersite.com/wp-content/uploads/2010/08/ARDOUR-COVER-500.jpg

par Tahiti Raph

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 23:06

Sortie : septembre 2010

Label : U-Cover

Genre : Glitch & Melancholy

Note : 8/10

 

Bartosz Dziadosz est-il humain ? Lui arrive-t-il de dormir ? Pleq poursuit encore son insatiable rythme de quatre albums (au moins) par an. Alors que nous avions rédigé une chronique à propos du très ambient et acousmatique Our Words Are Frozen (ici), le Polonais sort sur le trop rare U-Cover ce nouvel album au titre si évocateur : My Life Begins Today. Le label belge avait déjà abrité en son sein généreux le magnifique The Metamorphosis (ici) l'an dernier. Mais ce n'est pas tout, l'excellent label Impulsive Art annonce la sortie de Sound Of Rebirth pour la fin octobre, tandis qu'on parle de deux autres opus à venir : Absorbed Resonnance sur mAtter et Ballet Mechanic sur Basses Frequences. Je n'ai pas cité les collaborations avec son comparse Segue pour ne faire flipper personne. Au hasard d'une de nos quelques conversations nocturnes d'insomniaques patentés, Pleq m'apprenait qu'il travaillait actuellement sur un projet dubstep minimaliste. Je me dis qu'un jour je ne vais plus trouver mon compte dans sa musique, alors je guette comme un enfoiré le jour où il se perdra dans sa boulimie de travail. Ce n'est en tous cas pas sur My Life Begins Today que le sursis va tomber...

 

Les compositeurs qui parviennent à nous remémorer des passages tristes de nos vies sont des gens dangereux. Parce qu'on pensait que ces moments n'appartenaient à personne d'autre qu'à nous même. Que nul ne devait savoir, et que jamais, ces tristes heures ne remonteraient à la surface. Appelons ça si vous le voulez bien le Narcissisme Malheureux. Avec la subtile mélancolie qui est la sienne, Pleq égraine des flocons gelés sur des plaies laissées ouvertes malgré le recul et le temps qui passe. A chaque titre, c'est une nouvelle page qui se tourne laissant néanmoins pointer une incontestable touche d'espoir. Le bonheur est assoupi dans le lit des amours déchus et de la tristesse. Pour illustrer un si sublime spleen sans tomber dans la dépression, le Polonais use de sa recette habituelle : glitch et mélancolie, mélodies brumeuses, compositions classiques modernes et un soupçon de musique concrète. Il est le seul à concevoir l'IDM ainsi, plaçant l'émotion loin devant la frénésie et la complexité rythmique. Sur le somptueux The Journey To Pessimism, c'est la voix fragile d'Aki Tomita qui recueille les larmes gelées laissées sur le chemin du déni amoureux. Le beat s'affirme en décochant des flèches en plein coeur sur I Didn't Have A Clue What I Was Doing. Qui n'a jamais eu l'idée de noyer son désespoir en marchant seul comme un con sous la pluie ? Raindrop sera le compagnon idéal de ceux qui n'ont pas encore cédé à la tentation. Si The Story Of Melancholy Man débute comme un morceau de dark ambient, c'est pour mieux souligner cette impression d'être placé en hibernation en guettant des jours meilleurs. N'importe quel mot serait trop faible pour décrire et illustrer les sensations que procurent Someone Like Comes Into Your Life et My Life Begins Today. La beauté n'est jamais aussi implacable et désarmante que lorsqu'elle se passe de commentaires.

 

Pleq est triste mais réchauffe les coeurs et les âmes de ceux qui ont partagé un jour de semblables déchirures. S'il ne trouve pas le bonheur en passant des nuits entières à composer sur son ordinateur, il éveille en nous des sensations bien plus pures que les produits laitiers. Merci à lui. Après le sublime album d'Amorph sorti le mois dernier (ici), U-Cover est décidément inspiré l'automne venu. Pire que recommandé.

 

http://www.u-cover.com/u-cover/images/ucdr076big.jpg

par Ed Loxapac

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 16:16

Sortie : 27 septembre 2010

Label : Jarring Effects

Genre : Dub électronique

Note : 7/10

 

Leur premier album sortait il y a dix ans. Kaly Live Dub, groupe éminent de la scène dub française, tire le "live" de son nom de ses démentielles performances en concert. Le crew sort quatre LP durant la décennie, notamment sur Dub Dragon, et s’affiche dans des collaborations avec leurs voisins High Tone (qui se conclue par l’album Kaltone) ou avec l’éclectique trompettiste Eric Truffaz. Même si le mariage semblait évident, les Kalymen ne s’associent avec Jarring Effects que maintenant, pour ce cinquième et double album Lightin’ The Shadows. Alors que le label lyonnais, représentant tout puissant du dub hexagonal, fait face à de sérieux problèmes financiers le menaçant de mettre la clef sous la porte, - et même s’il ne renflouera jamais les caisses - ce disque sonne comme un poing vers le ciel.

 

L’album se scinde en deux sections, The Shadows, puis The Light, structure qui rappelle fortement le dernier Outback d’High Tone (chroniqué ici). Au long de sa discographie, KLD a conservé une certaine fidélité au genre, ne déviant que rarement de leur idée de l’expérimentation, du dub électronique et du métissage qui le compose. En en explorant distinctement les deux facettes, les Lyonnais parviennent à livrer un objet particulièrement abouti. The Shadows sonde le versant menaçant, rêche et éraillé du dub tel qu'ils savent le concevoir. Se fendant en des distorsions aussi enfumées qu’encrassées, le couple basse-batterie a des allures de machine de guerre. Des textures grasses, des grondements de dubstep et de rauques triturages numériques n’en finissent pas d’enrichir la palette. Bien plus proche ici d’un Brain Damage que d’un Zenzile, le groupe donne un aperçu de la dimension noisy, saturée et hypnotique de leur son, et le fait avec maîtrise. Le Zoll d’ouverture, Moog-Lee, Wu et surtout l’exceptionnel Lightin’ The Shadow contaminent et soumettent immédiatement l’oreille. Le flow leste et élastique de K-The-I ??? enflamme le très bon Conflicts, apposant une empreinte de hip-hop bienvenue.

Forcément lorsque lumière se fait, ça pique un peu les yeux. Mais le registre reggae dub creusé par The Light n’est pas de la soupe. Ce second disque observe la participation de Joe Pilgrim et du jeune toaster prodige Biga. La cadence se laisse étirer, les échos et les reverbs épaississent l’air au point de le rendre onduleux, et les skanks font mollement osciller de la tête. On notera particulièrement Wackies, dub lourd qui donne de tenaces envies illicites.

 

Les Kalymen se surpassent avec ce cinquième opus. J’irai même jusqu'à dire qu’au même exercice, ils défoncent High Tone. Une prochaine tournée permettra d'en apprécier pleinement l'impact, notamment le 28 octobre au Nouveau casino pour les Parisiens. Même si la face inquiétante et froide qu’est The Shadows est de loin la plus convaincante, ce double disque n’apparaît point bancal. Jarring Effects est (presque) mort. Vive Jarring Effects.

 

                                 kaly-live-dub.jpeg

par Manolito

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 16:47

Sortie : octobre 2010

Label : Project: Mooncircle

Genre : Abstractronique

Note : 5

 

Robot Koch est du genre producteur hyperactif. Depuis l'an passé et son premier album, il a sortie en 2010 l'album de Jahcoozi sur BPitch Control, publié un nouveau maxi sur Project:Mooncircle et pondu quelques remixs. Certains auraient besoin de souffler, lui sort un deuxième long format, Songs For Trees And Cyborg, avec l'aide de quelques collègues aux machines ou au micro. Le résultat est un méchant mélange de dubstep et de rap abstrait qui vire parfois à l'IDM.

 

Si son univers est généralement dense et brutal, l'Allemand sait parfois y glisser une goutte de douceur. Break The Silence impose ses basses envahissantes et son paysage chaotique, Brujeria offre un brin de douceur avec la voix de Graciela Maria. Toute la dualité de ce disque est représentée par ces deux extraits. D'un côté un dubstep ravageur qui écrase tout sur son passage avec d'imposantes sonorités synthétiques (l'un peu trop rentre-dedans Powestrip 66), de l'autre des morceaux plus sensibles avec de rares chants qui s'insèrent discrètement (Summer Snow). Le tout restant toutefois assez sombre ou mélancolique. Ces incursions chantées ne sont pas toujours réussies, notamment sur ce Haunted Landscapes où le timbre de 1000 Names sonne bien faiblement.

Hormis ce passage un peu léger, Songs For Trees And Cyborg étonne par sa densité. Samples et sonorités électroniques offrent une grande variété d'ambiance au long de 14 titres qui se révèlent avec le temps. Ces variations électroniques prennent souvent des teintes rap instrumental, notamment sur ce Cloud City en compagnie de Boxcutter où la batterie claque pour entraîner un lent mouvement de tête. C'est ainsi bercé que l'on vogue d'une mélodie à l'autre, d'un certain dépouillement (Late Introduction) à plus d'intensité et d'inventivité (Night On Mars). Sur Patience, l'Allemand sait aussi se faire plus doux avec des nappes aériennes, frôlant l'ambient, conservant un grain bien à lui. Une alternance contrôlée et bien menée.

 

Loin de la mayonnaise tournée de Jahcoozi, Robot Koch se pose en producteur inspiré dont les influences rap le préservent du mauvais goût. Un sillon à creuser... sans le chant.

 

http://www.projectmooncircle.com/files/pmc067-068_cover_480.jpg

par Tahiti Raph

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 10:30

Sortie : 11 octobre 2010

Label : Dial Records

Genre : Deep-house

Note : 9/10

 

Il y a des labels qui ne cessent de nous faire comprendre pourquoi on aime autant la musique électronique. Dial Records fait partie de cette poignée de nourricières n’en finissant pas de nous plonger dans les méandres d’une deep-house sublimée. Depuis quelques années, chaque sortie du label hambourgeois est davantage la garantie d’une house flirtant avec la pureté que d’une house de puriste. Rien que cette année, entre le soulful Chicago de Efdemin et la sublime compil' Dial 2010, on ne peut que s’incliner. Avant le prochain LP d’Isolée, c’est au tour de l’Américain John Roberts de nous gratifier de son premier album, Glass Eights.

 

John Roberts, originaire de Cleveland, signe ici un album d’une classe affolante, un exercice deep-house touchant de très près la perfection. Il n’y a pas une seule seconde à jeter dans les 59 minutes de cet objet cristallin. Si seulement John Roberts s’était limité à une house jazzy, ce serait déjà parfait, mais le bonhomme va bien plus loin en proposant une vibrante parenthèse émotionnelle. Les deux atouts de Glass Eights caressent incessamment les oreilles.

Le jazz est le premier amour de John Roberts et ça s’entend chaque seconde. Ce n’est pas une surprise que d’apprendre que le mec a passé quelques années à Chicago. L’influence jazz de la ville transpire à chaque note. Le côté live de Glass Eights permet ainsi d’échapper à la lancinante et légère prédominance du piano et de la contrebasse (parmi une ribambelle d’instruments live) qui enveloppe avec quiétude l’auditeur comme sur Navy Blue ou l’éponyme Glass Eights. Chaque piste chaloupe suavement et la répétition inhérente au genre est vite surmontée. John Roberts dépasse l’approche minimaliste de la house pour aboutir à une musique tout en rondeurs. Aucun effort à fournir, on est directement sous l’emprise de Glass Eights.

Mais c’est en se tournant vers le côté émotionnel de la house que John Roberts enterre définitivement la concurrence. Chez lui, même un simple interlude, Telephone, se transforme en crève-cœur insondable. Car au lieu de se contenter d’enchaîner platement les pistes, il préfère nous conter des histoires comme avec le magnifique Pruned, tout en réserve. Et c’est en misant sur un grain appuyé, comme une photographie rétro au charme surannée, que John Roberts arrive à cette ambiance intemporelle.

 

Inutile de résister et de faire la fine bouche, Glass Eights est, sans aucun doute possible, un des meilleurs album house de l’année. Rarement un album de ce style n’aura su autant figer le temps pour proposer une vibrante ballade jazzy. John Roberts signe ici un chef d’œuvre dont il sera difficile de se lasser.

 

http://images.booksamillion.com/covers/music/8/80/319/482/880319482823_1556384.jpg

 

par B2B

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