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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 19:29

Date : 21 juin 2011

Lieu : Grand Palais (Paris)

 

Les accointances entre l’art contemporain et la techno relèvent d’une logique implacable tant les deux mondes se chevauchent s’en jamais se télescoper, tant chaque domaine se complait à redéfinir les normes pour mieux jongler avec nos sens. Quand l’un invite l’autre, c’est uniquement dans l’optique de créer une synergie parfaite. C’est ainsi que deux figures incontournables se retrouvent dans l’imposante nef du Grand Palais afin de confronter leurs créations.

Anish Kapoor a investi le cadre de la verrière, dans le cadre de l’exposition Monumenta, via une installation aux dimensions étourdissantes. L’Indien, comme à son habitude, mise uniquement sur une réception sensorielle et les réactions et critiques sont pour le moins dithyrambiques (à tort ou à raison, la question n’est pas là). Mais que vient donc faire le minimaliste Richie Hawtin face à une telle démesure ? Il avoue s’être inspiré de l’œuvre de Kapoor lors de la conception de Consumed (sous l’entité Plastikman) en 1998 et on le sait adepte des nouveaux courants artistiques. Tout cela n’est donc pas une surprise.

Kapoor a donc invité le Canadien afin que ce dernier puisse proposer un set-live de 3h en s’inspirant des formes arrondies de ce Leviathan. Sous l’impulsion de The Creators Project et We Love, c’est un moment particulièrement fascinant qui était attendu (et vu le bordel pour se procurer une place, je vous laisse imaginer l’impact d’une telle soirée).

 

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Lorsque je pénètre dans l’ossature du Grand Palais, ma première crainte se confirme : le trop plein d’espace dilue le son. Le frangin Matthew Hawtin impose un mix ambient aussi abscons pour le lieu que pour le public. L’impression de se retrouver face à une masse sonore indéchiffrable est rapidement désagréable mais le public prend son mal en patience.

Petit à petit, la foule se presse au pied du Leviathan pour attendre le messie. A 22h, Richie Hawtin apparaît enfin et prend place en haut de l’imposant escalier pour s’installer face aux milliers de danseurs potentiels. La mise en (s)cène est quasi christique, d’autant que la nuit tombe et que les jeux de lumières, sobrement inspirés, déforment les volumes de l’installation d’Anish Kapoor.

 

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Comme toujours avec Richie, l’intro est du petit lait. Il maintient le public sous pression pendant 20 minutes avec de lâcher une première rythmique électronica imparable. J’y crois comme jamais mais l’improbable se produit, un problème technique/une erreur du DJ vient couper le son. Richie doit réitérer sa mise en préparation. Le public, soutenu par de belles têtes à claques, semble ne pas être habitué à ce conditionnement nécessaire et commet alors l’irréparable en sifflant Hawtin. Il n’en faut pas plus pour que ce dernier balance immédiatement un beat techno afin de contenter les crevards. Lorsque le premier kick massif résonne, je ressens une légère euphorie… qui sera de courte durée. Richie s’adapte. Le public veut du vulgaire, il aura du vulgaire. Commence alors un DJ set indigne du niveau du Canadien. Lui qui construit habituellement ses sets avec une rare cohérence (cf Time Warp 2011 ici), il est ici tombé dans l’écueil de l’enchaînement banal de tracks percussives en se permettant d’impardonnables erreurs rythmiques. Ajoutons à cela un son de plus en plus inaudible, couvert par des basses trop présentes.

Je décide de reculer, file au bar (toujours ce racket désolant avec la bière à 7 euros) et constate dépité que rien, plus rien, ne pourra sauver ce naufrage. Je préfère m’éclipser à minuit en me persuadant que cela était bien tenté mais malheureusement inévitable. Comment voulez-vous concilier un lieu imposant, un DJ exigeant et un public épuisant ? Les intentions étaient louables, le résultat est oubliable.

 

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par B2B

Crédit photos : Lana D.

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

Choco 01/07/2011 01:41


C'est marrant le décalage qu'il peut y avoir.
Pour Chroniques c'était trop "putassier" pour les Inrocks c'était trop intello.
Faut dire qu'ils ont trouvé le Sebastian innovant, lol.


Chroniques électroniques 01/07/2011 17:18



J'ai lu l'article sur Sebastian dans les Inrocks, c'est du grand art et ça relève d'une totale méconnaissance de la musique électronique. Ce papier est une honte surtout cette phrase "A rebours
d'une électro trop formatée, Sebastian sort un album qui malmène le genre". Sincèrement, à ce niveau ce n'est même plus ridicule, c'est affligeant.


 


B2B.



Sly 27/06/2011 10:51


R hawtin est largement surestimé! Ok dans les 90's il y avait de quoi l'applaudir mais là ça fait plus de 10ans que, excusez l'expression, ça pète plus haut que son cul! Vu au Mutek pour la
dernière fois, face au show de Amon Tobin, simplement une vaste blague.


Boubli 23/06/2011 16:54


Bravo pour cet article de qualité qui change très largement de ce torchon sur Brain écrit par quelqu'un qui certes connaît la musique mais certainement pas ni Hawtin, ni Kapoor. Vos propos sont
justes et bien vus. Merci à vous !!!
Stéphanie


Chroniques électroniques 24/06/2011 00:22



Merci.



rick 22/06/2011 21:11


Je suis en grande partie d'accord avec ce billet, mais je sais pas s'il faut rejeter la faute sur le lieu ou le public... Même le début de son set ou ses quelques envolées n'étaient pas à la
hauteur d'un set type Timewarp, il s'est pas tellement foulé et on lui en voudra pas, je pense que l'amibiton neuneu de marier art contemporain et minimale était vouée à l'échec


Chroniques électroniques 22/06/2011 21:18



L'ambition n'était pas voué à l'échec. C'est surtout que le lieu n'était pas adapté pour la musique. Après, le tout début de set d'Hawtin était relativement intéressant (même si on était à des
années lumières d'un Time Warp assurémment), mais la coupure son et les sifflets ont tout foutu en l'air.



2SHEEP 22/06/2011 20:16


100% d'accord. En même temps passer d'un set gratuit dans le marché de la boqueria en plein sonar, au milieu des producteurs de fruits et légumes et des clubbeurs in love, à de la touche et de la
hate... En voilà une rude transition !


Chroniques électroniques 22/06/2011 20:30



C'est pour ça que je n'incombe pas la faute à Richie Hawtin. A mon avis, il a parfaitement saisi le potentiel hautement détestable du public, il y ai allé à fond dans le rentre-dedans primaire.
Les kids étaient content, les fans se sont barrés.


 


B2B