Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 10:46

Date : 2 & 3 décembre 2011

Lieu : Rennes

 

C’est la fleur au fusil que nous nous rendons au Parc Expo de Rennes dans un bus sage comme une image. En même temps, les puristes le savent, c’est toujours dans les premières heures d’une longue soirée que les concerts sont les plus intéressants… et qu’ensuite tout se délite. 33ème Rencontres des Transmusicales, nous voilà.

 

http://media.paperblog.fr/i/485/4853183/transmusicales-2011-L-VQietM.jpeg

 

Vendredi 2 décembre

 

A peine le temps de prendre nos marques qu’au détour du Hall 4, des sonorités math-rock nous interpellent. Voici les catalans Za!, jeune duo de poly-instrumentistes. Les deux compères sont survoltés ce soir, malgré un public encore très peu nombreux. Leur math-rock est de bonne qualité, les couleurs mélodiques et rythmiques s’enchaînent à vitesse grand V. Curiosité : un solo du batteur qui tape sur tout sauf sur son instrument, transformant la totalité de l’espace scénique en batterie géante. Une des meilleures découvertes de cette première soirée.

S’ensuit un passage plus que rapide à Kakkmaddafakka dans un hall 3 acquis à la cause pop, un hall qu’on fera en sorte de fuir pendant ces deux jours, tant la prog ne nous intéresse pas. Le Hall 9 voit Souleance partir dans du turntablism pas dégueulasse mais un brin austère avant l’arrivée d’Hollie Cook, sorte de tête d’affiche de la soirée. Si je vous dis que c’est la Lily Allen du reggae, ça vous suffit pour comprendre l’étendue du carnage ? Non parce que sincèrement, des bouses comme ça, on n’a pas l’occasion d’en entendre tous les jours ! On reprend nos esprits sur Robin Foster. L’indie pop-rock du groupe n’est pas désagréable, les morceaux fonctionnent bien avec leurs structures progressives même si dans le genre, c’est du vu et revu. Heureusement que le meilleur est à venir.

Protégé scandinave de Lindström et Prins Thomas, jeune espoir de la scène nu-disco, Todd Terje n’a pas démérité ce soir. Parti sur les chapeaux de roues, son set a déroulé une nu-disco de qualité, aux basses chaleureuses et aux nappes de synthés planantes et futuristes. Refusant de trancher entre le old et le new pour mieux les entrelacer, le norvégien a représenté haut la main les couleurs d’une scène musicale trop représentée.

Mais on commence à avoir envie d’en découdre plus sérieusement avec de la musique d’adulte. Heureusement, pour ça, il y a la Green Room d’Heineken, toute petite scène qui vient à point nommée pour satisfaire nos désirs, avec ce soir un plateau 100% français. Arrivés sur la fin du set des deux minettes de Nekochan, Childrum prend immédiatement le relais en balançant des beats lourds comme du plomb pour un DJ set efficace sans être couillon. Les deux rennais semblent se faire plaisir et le public est réceptif. Passé une demi-heure de défouloir salvateur, s’ensuit un inévitable moment d’errance. Comme tout le monde, parce que paraît-il que « c’est trop bien, tu vois », on file écouter SBTRKT. Et bien entendu, comme on pouvait s’y attendre, c’est très mauvais. Décidément, quand les dubsteppeurs décident de sortir les instruments (batterie électronique), et les voix (chanteur insupportable), leur musique passée à la moulinette electro devient une bouillie indigeste.

On passe donc écouter Alexander Tucker, dont le nom circulait beaucoup, et son ambient-drone-folk aux contours relativement insaisissables. Difficile d’en dire du mal, mais l’horaire tardif n’est pas propice à une écoute lascive. On préfère donc partir à la découverte de Silverio. Le mexicain est déchaîné, il balance des disques comme un bourrin, saute en slip, le cul à l’air, dans tous les sens. C’est rigolo mais rapidement épuisant pour les nerfs, tant les rythmiques sont concassées. On se dit que ce n’est pas grave, qu’il y a Motor City Drum Ensemble qui nous promet un DJ set de qualité. Et bien non, on s’est fourré le doigt dans l’œil, dupé par l’excellent DJ Kicks livré par l’allemand en milieu d’année. Le mec nous livre un set faiblard, un peu chiant, enchaînant sans grande conviction des titres house sans génie.

Il est 4h du mat’, c’est le moment de se finir en beauté sur Niveau Zero et son dubstep de guerrier. Le son de la Green Room est fort, trop fort, mais ça a l’avantage de sérieusement bastonner la foule de teufeurs bretons venue en découdre avec tout le monde, y compris le public. C’est bourrin dans tous les sens du terme. Même si le français assure très correctement son job, on tient une demi-heure et on décide de se barrer, grâce une navette de retour surréaliste, à la faune gentiment bigarrée, et roulant tous phares éteints à travers la nuit rennaise.

 

Agoria - Hall 9 - Samedi 3 décembre

 

Samedi 3 décembre

 

Premier concert, première déception. On attendait de pied ferme le set de Zomby, jeune espoir de la scène dubstep. Mais passées dix petites minutes sympathiques, tout déraille : le gars appuie sur play plus qu’il ne mixe, et enchaîne sans coup férir électro sans intérêt, mauvais hip-hop et Rn‘B hyper vulgaire. Tant pis ! On enchaîne avec Rivoli, sympathique duo de DJ au look vintage, qui distille perles et raretés  tropicales bien groovy. S’ensuit le trio du Mexican Institute of Sound, qui mélange une cumbia énergique et chaleureuse à des sons et rythmiques hip-hop plus traditionnels. L’ensemble passe très bien pour euphoriser ce début de soirée.

Le parc expo se remplit rapidement, le jeune public rennais est présent en masse ce samedi (permission de minuit) et le festival affiche sold-out avec 12500 personnes présentes. Et c’est là que les 33 ans d’expérience des Trans portent leurs fruits puisque malgré la foule, la circulation est toujours fluide, les concerts à l’heure, le site praticable.

On a à peine le temps de retrouver le Hall 9 que débarque l’épiphénomène du festival, les minots de Carbon Airways. A 14 et 15 ans, le frangin et la frangine dynamitent le public avec leur electro-punk à la Atari Teenage Riot. C’est d’une redoutable efficacité, même si on devine l’énorme management derrière le duo. Tout est calibré, la mise en scène millimétrée, et quoiqu’éphémère, difficile de ne pas accrocher face à cette décharge d’énergie primaire.

Une galette-saucisse plus tard, et on file assister au live de Shabazz Palaces. Le duo abstract hip-hop de Seattle est attendu par un public visiblement connaisseur. Débute alors un concert aux basses particulièrement massives. Malgré cela, le flow est noyé dans des effets inutiles, l’ambiance se fait pesante et le groupe semble prendre un malin plaisir à saborder ses propres morceaux. On ne tient pas longtemps pour s’éclipser, déçus. C’est con, car en plein ventre mou du festival, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. On erre donc quelques instants, tentant d’éviter la foule de p’tits jeunes titubants, avant de découvrir une énième scène planquée, investie par l’équipe du Mouv’. On aurait mieux fait de l’éviter puisque le temps d’un mini-battle, Don Rimini et Baadman se sont associés pour nous faire du mal. L’électro typiquement parisienne des 2 DJ est une horreur. A part faire sauter comme des crétins des ados éméchés, ça ne sert à rien, vraiment à rien.

Heureusement, Agoria va sauver notre soirée. Le lyonnais a préparé un set totalement old-school, puisant ses racines dans la tech-house des 90’s. Le résultat est à tomber. Agoria nous claque un best-of retournant tout sur son passage et ponctué par des moments épiques, comme ce remix dément du Spastik de Plastikman. Le public est connaisseur, réagit à quart de tour quand retenti le Crispy Bacon de Laurent Garnier. Agoria ne nous laisse pas respirer, les bras sont levés. Il dépasse d’ailleurs allègrement l’horaire prévu, mais aurait pu encore mixer des heures sans jamais nous lasser.

Que faire après un tel set quand on constate que sur le papier, il ne reste plus rien de transcendant ? Il est près de 3h et désormais, c’est aux jeunes de s’amuser. Pour nous, impossible d’aller voir Huoratron, Don Rimini ou Fukkk Offf, parce que bordel, on a des principes chez Chroniques Electroniques ! On préfère se retirer tranquillement.

 

Agoria - Hall 9 - Samedi 3 décembre

 

Malgré une absence de réelle tête d’affiche, le public rennais est toujours fidèle au rendez-vous, confiant dans la programmation de ce festival qui n’a rien perdu de son esprit défricheur. Même si nous n’avons pas vécu de véritable révélation scénique (notamment en électro où la prog' était finalement plutôt consensuelle), il y a avait largement de quoi s’occuper durant ces deux nuits !

 

par Pingouin Anonyme & B2B

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
commenter cet article

commentaires

Isa 18/03/2012 18:01

Le set de Colin Stetson était aussi vraiment chouette et impressionnant, même si certains ont trouve ça trop expérimental... Complètement d accord pour agoria !

drazic 05/12/2011 19:23

je plussoie, je n'y suis allé que samedi et à part le set monstrueux de agoria j'avoue qu'aucun live ne m'a réellement plu, le pire dans tout ça c'est que le dj qui est passé avant agoria a bien
failli me faire quitter la salle!!
et en ce qui concerne cardopusher quelqu'un m'avais dit qu'il faisait du breakcore (j'aurais jamais du aller voir! quand je suis arrivé il mixait du shakira!!)