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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 11:40

Date : 21 Juin 2012

Lieu : Grand Palais (Paris)

 

C’est avec une appréhension certaine que je me dirige vers l’entrée principale de la nef du Grand Palais. Il faut dire qu’à défaut d’être audacieux, le pari est risqué de confronter musique électronique, art contemporain, immensité du lieu et public parisien. Résultat : ce Bal Blanc est la soirée la plus courue de la capitale en ce jour de Fête de la Musique.

La foule, dense, joue le jeu en étant entièrement vêtue de blanc, dress code obligatoire. Un semblant d’explication s’impose. Depuis l’an dernier, We Love s'est entouré de l’agence artistique The Creators Project (et aussi, plus accessoirement de Vice) dans l'optique d'investir l’évènement Monumenta afin d’y organiser la soirée de clôture. Ainsi, en 2011, Richie Hawtin s’était retrouvé face au Leviathan d’Anish Kapoor pour un naufrage imprévisible, la faute revenant à un public tellement con que ça en devenait fascinant (article ici). Cette année, c’est Daniel Buren qui s’est chargé de jouer avec le lieu. Le line-up de la soirée est des plus réjouissant : Four Tet, Caribou et Jamie XX pour un B2B2B de 6h. Le choix de ces artistes est judicieux au regard de l’œuvre de Buren. Ces trois-là aiment à jouer avec les couleurs et misent principalement sur une musique aux formes arrondies. Pour parachever le processus en route, il a été demandé au public de venir vêtu entièrement en blanc. Et là encore, malgré ma récalcitrance primaire, le résultat est astucieux. En uniformisant le public parisien, ce Bal Blanc a réussi à le neutraliser. Les inextricables têtes à claques ont du se noyer dans une masse compact, où chacun n’était que le reflet de son voisin. Difficile à vivre pour un public qui aime tant se démarquer de ses congénères.

Une fois à l’intérieur du monstre ferrugineux, le son se dilate. Les bars annoncent la couleur en affichant la bière à 7 euros, un scandale absolu. Je m’approche du nœud central tenant lieu de refuge totémique pour les danseurs. Les 3 DJ sont postés sur un podium à peine surélevé, encourageant une proximité nécessaire. Le cercle central sera donc le nerf de la guerre, immense piste à danser pouvant accueillir 1000 personnes. On pourra toujours argumenter sur le fait que l’œuvre est ici relégué au second plan, il n’en demeure pas moins qu’en procédant ainsi, The Creators Project a eu l’ouïe fine. En effet, les enceintes jouent la carte du cénacle. Une fois au milieu, vous êtes comme emprisonné par des murs sonores omniscients.

Four Tet, Caribou et Jamie XX s’échauffent sur des morceaux d’électronica planants. Le warm-up n’est pas désagréable et la qualité sonore est au rendez-vous, pour peu que l’on reste scotché dans les limites territoriales du dance-floor. La basse lourde commence à lentement faire son petit effet sur le public avant que de multiples coupures son ne viennent parasiter la montée en puissance. Il faudra faire avec, soit. La nuit commence à tomber, les lumières, tout en sobriété, peuvent se réveiller. Le moment est venu de provoquer le public. Caribou introduit la bombe deep-house So Will Be Now de John Talabot, les bras se lèvent, les corps chaloupent. L’obscurité prend alors le dessus et le Grand Palais revêt de nouvelles couleurs. Four Tet digère la transformation physique du lieu et lâche une techno plus frontale. Observer la verrière s’allumer furtivement sous les coups de butoirs des stroboscopes donne l’impression de danser au cœur d’une usine désaffectée.

Les DJ sont au cœur d’un ping-pong ludique. Les enchaînements sont poussifs, on sent bien que chacun veut passer le meilleur morceau possible, quitte à fragiliser une construction cohérente. Au petit-jeu de la set-list, Four Tet surclasse la concurrence en misant sur une house ronde et remuante pendant que Jamie XX se révèle trop audacieux avec ses tracks de UK-bass répétitives et que Caribou est plus effacé avec ses plages d'électronica-techno aériennes.

A minuit, alors que l'antre se couvre progressivement de fumigènes, je quitte les lieux, avec l’impression que le pari fut fièrement tenu. En évitant une confrontation directe entre la musique et l’art, ce Bal Blanc aura réussi à rendre honneur à tous les partis en place. Franche réussite.

 

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par B2B

Photos : B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

Nicolas 24/06/2012 14:27

L'un des meilleurs morceaux passés, si vous le reconnaissez je me jette dessus :)

http://www.youtube.com/watch?v=91unxztFba8

Merci,
Nicolas

Grsmto 23/06/2012 02:46

Agréable de lire une review moi qui n'ai pas pu rentrer (malgrès avoir gagné une place avec Creators Project…). Assez d'accord avec votre analyse même si je n'ai pas pu assister à la soirée, avec
le thème et la line-up proposée il ne fallait clairement pas s'attendre à une foule qui headbang. Pour l'acoustique effectivement dans un lieu pareil j'imagine que ça doit être très très difficile
à sonoriser corectement :)

Dodochampion 22/06/2012 16:21

Assez d'accord avec mon comparse du haut : un versus poussif, ennuyeux, et incohérent. Avec n'importe quel autre DJ random, j'aurais pas eu la patience de rester aussi longtemps - presque trois
heures - mais je n'ai rien à retenir sinon l'installation lumineuse assez hors normes de cette soirée.

ARTY 22/06/2012 14:15

Et bien moi j'ai fait 21H 23H30, pour fuir cette soirée assez rapidement malgré mon pass Super VIP ou j'ai pus rejoindre la jet set parisienne sur ce balcon magnifique et regarder ces gens du
peuple se mélanger dans la sueur humaine. C'était beau et vite ennuyeux alors j'ai rejoins rapidement le dancefloor et la bahh sa ne bougeait pas beaucoup voir pas du tout c'était mou du gland,
vraiment!! Avec les copains on décide d'aller se faire notre soirée a nous de notre coté parce que franchement mon petit frère a plus de culture musicale (électronique) que ces trois gars réunis!!
Après visuellement c'était fort agréable je n'ai rien à dire dessus je pense que dans 5, 10 ans on aura les capacités à associer musique et lieu spectaculaire comme l'est le grand palais
aujourd'hui je dis non pas encore!!!

Chroniques électroniques 22/06/2012 18:12



Je suis plus indulgent que toi car ce genre d'évènement ne doit pas s'appréhender comme un concert ou un set en club (erreur que j'ai commise l'an dernier d'ailleurs). Four Tet, Caribou et Jamie
XX ne pouvaient pas se permettre d'être trop "élitiste". En même temps, cela aurait été difficile car ce ne sont pas des monstres dans le genre et surtout, ce sont des producteurs avant d'être
des DJ.


Le battle était donc davantage une playlist poussivement enchaînée, avec de grossières erreurs. On sentait bien que les 3 n'étaient pas des pointures (combien d'erreurs dans la façon de lacher la
basse au mauvais moment ? dans les superpositions étranges ?).


Mais à côté de cela, les morceaux choisis étaient plutôt bien vu. Il est difficile de réussir à satisfaire le plus grand nombre dans ce genre d'évènement, surtout quand on voit à quel point la
faune était bigarrée (du bourgeois venu s'encanailler, de l'étudiant venu sautiller, de la presse venue en touriste... en tout cas, il y avait sans doute plus de community manager que de vrai
public hier soir).


Et si j'en tire une aussi positive conclusion c'est parce que l'an dernier, cela m'avait paru être un fiasco. Certaines erreurs ont été corrigé (le son qui ne sera jamais parfait cependant,
l'organisation, la mise en scène).


 


B2B.