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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 11:09

Lieu : Morlaix

Dates : Du 5 au 8 avril 2012

 

La 15e édition de Panoramas étonnait par sa programmation. S'invitaient au festival un paquet d'artistes connus dans le milieu Electro-Hip-hop. Il était donc possible de s'informer de l'état de la scène grand public, mais il ne faut pas se cacher que seule la venue de Dj Shadow alléchait réellement. Le festival se déroulait sur un site assez restreint qui comptait un grand hall où jouaient les principales têtes d'affiches, une petite salle pour les concerts plus intimes (salle très souvent vide durant le week-end) et un chapiteau dans lequel enchaînaient sans arrêt des Djs sets. Retour sur notre présence lors des nuits du vendredi et samedi.

pano_15.jpg

Je part du camping du festival assez tôt, vers 20h30, pour aller voir ce que pouvait donner Chinese Man en live. Je n'attendais rien d'un groupe sans âme au dernier album insipide, et heureusement, car c'était bien le live le plus ringard du week-end. Sur le coup, un petit remix Drum'n Bass d'un de leur morceau mièvre ne me dérangeait pas (même si un maître incontestable aller faire bien mieux dans le genre le lendemain) mais alors le "Mc ragga" était de trop et surchargeait un live qui parlait déjà de lui même, comme si vous rajoutez une voix off à une image assez explicite. Des casquettes, des baskets, de la jovialité, des inspirations africaines teintées de bons sentiments, que nous saupoudrons d'un dispositif vidéo crado et nous obtenons le stéréotype du concert Hip-hop-reggae.

J'attends ensuite 1995, dans l'objectif de peut-être racheter mon avis sur un groupe que mes amis ont essayé de me vendre pas mal de fois. En attendant, on se tape Stuck In The Sound, le seul groupe Pop-Rock de la sélection, qui n'a même pas réussit à remplir la petite salle. Ils étaient où les lecteurs de Tsugi ? Je ne veux pas m'exprimer sur la qualité du concert. J'aime vraiment pas du tout le genre que le groupe arbore et c'est difficile de donner en argument sans dire que c'est de la daube (on le fait généralement assez bien dans les habituelles chroniques négatives du blog, tellement redoutées). 1995 débarque avec une intro et sa basse monstrueuse. Bonne entame, mais par la suite, le niveau de basse trop élevé bousille, selon moi, le concert. Les textes devinrent difficilement compréhensible. Déjà qu'à la base, j'ai du mal à me pencher sur leurs textes dépourvus d'intérêt. Je reste toujours dubitatif sur la véritable place du groupe dans l'histoire du rap français. C'est fun, bourré d'insouciance, mais on aimait cela il y a 10 ans avec le Saïan Supa Crew.

J'enchaîne sous le chapiteau avec Tepr (photos ci-dessous), natif de Morlaix et habitué du festival, qui a été l'homme de la soirée pour ma part. Je n'ai pas su l'origine des morceaux qu'il mixait, si c'était ses propres compositions ou non, mais j'ai aimé ce qu'il dégageait dans son attitude avec sa musique club qui pour une fois ne m'a pas paru chiante pour un sous. Un set résolument dynamique avec de l'éléctro punchy. Le type a d'ailleurs un parcours assez atypique, sur lequel il faut parfois fermer les yeux ou bien éclairer. Il évite l'éléctro pouffiasse qu'a balancé Sound Pellegrino plus tard dans la soirée. J'aurai parié l'inverse

 

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Après ça j'ai zappé tout le reste de la soirée, rincé par l'ambiance et les problèmes qui ont balisé ma soirée. Kap Bambino s'est révélé à mes yeux comme une pâle copie de Crystal Castles. The Shoes a endormi la foule et n'était qu'une entracte à Paul Kalkbrenner. Le berlinois a rempli le grand hall mais m'a profondément laissé de marbre. Pourtant il reste pour beaucoup comme la surprise du festoch'. Le live n'a pas su décoller, et quand on pense que la musique va enfin prendre toute son ampleur, Paul plante son set : plus de son, plus de vidéo pendant 1 minute. Une erreur plutôt drôle pour une star de la techno. Il aura eu cependant le mérite d'avoir balancer le kick le plus violent du festival. Modestep finit la soirée sur du Brostep bien ridicule, entre Evanescence et Rusko. Je n'ai pas eu la moindre envie de hochement de tête. Beurk. 

 

Orelsan entame la soirée de samedi. Les trois premiers morceaux restent corrects et sympathiques, mais la musicalité de ses chansons se dégradent au fur et à mesure qu'approche la fin. J'ai vu un concert de pop pour midinettes. Plus rien ne m'étonne avec Orelsan, il s'est vendu depuis fort longtemps. Orelsan a effectivement ce propos artistique que beaucoup de fans de Hip-hop recherchent mais l'utilise maladroitement. Quand est-ce qu'il chantera pour les Restos du Cœur ?

Ensuite j'attends impatiemment le grand homme du festival. Dj Shadow. On installe la Shadowsphère pendant qu'Anoraak et Fortune mixent modestement du bon son. La moyenne d'âge augmente de 15 années dans le public. Les lumières s'éteignent. L'homme débarque alors sur scène et la foule hurle comme s'il se présentait aux élections. L'homme rentre dans son globe. Il sera invisible pendant les 20 premières minutes du show. Visuellement c'est hypnotisant (photo de la Shadowsphère en action ci-dessous). La sphère finit par se retourner, le Dj apparaît et enchaîne remixses Drum'n bass et Dubstep de ses tubes d'antans. Un morceau d'A$AP Rocky se glisse dans son set, étonnant. La sphère se retourne et laisse place aux dernières mémoires d'Endtroducing...... Le Live finit sur Organ Donor tourné à la sauce hardcore. Mortel, mais tellement prévisible. Dj Shadow est-il l'ombre de lui même 20 ans après ? Assurément non pour ma part malgré la déception de certains festivaliers avec qui j'ai discuté. Sur le coup, on en attendait plus. Mais aujourd'hui, ce live balise certainement mes expériences audio-visuelles. J'ai le souvenir d'avoir était un gosse émerveillé pendant 1h20, me trémoussant les yeux bourrés de fascinations. C'est le seul qui a su proposer plus que de la musique dansante et qui a apporté son propre univers, alternant entre mélancolie et fraîcheur, entre technologie et amour de la nature, cheminant toutes les facettes de la vie. Voilà le concert qui m'a blasé pour tout le reste de la soirée.

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C2C continue dans le délire visuel. Leur concept est intéressant, les scratchs des quatre Djs sont synchronisés avec les animations visuelles s'affichant juste en dessous d'eux. On ne s'ennuie pas une seconde, le concert est chorégraphié, dynamique et parfaitement hypnotisant. Paradoxalement, leur musique est quand même bien pourrie. Ils ont voulu prendre le virage électro mais ils se sont pris un arbre. Avoir exploité tant de talents lors des DMC pour finir sur ce genre de daube une fois la notoriété acquise, c'est vraiment dommage.

Digitalism poursuit le délire. La finesse de leurs productions est remarquable. Les basses sont parfaitement calibrées et pas du tout saturées. Visuellement c'est prenant, hypnotique. La structure est minimaliste et en adéquation avec la propreté plastique qui englobe leur musique. J'ai quand même décidé de faire une pause pour aller bouffer, mais franchement, c'est un des groupes à sauver du week-end. Je me suis arrêté à Erol Alkan qui proposa un live sans intérêt, aux structures épurées, dans la quasi obscurité, comme un autiste tripotant ses machines sans en avoir rien à foutre du public.

 

Vous m'excuserez mais je me suis éclipsé à 4h du matin pour aller dormir en vue de mon repas de famille du Dimanche, sans avoir vraiment eu l'impression d'être rassasié par le festival mais n'étant pas déçu par ce que proposa Dj Shadow, principal intérêt de cette édition 2012. Je ne suis finalement pas très Techno, consterné par le Hip-hop français actuel, aigri comme tous les autres membres du blog, mais ce week-end, un homme à façonner quelque chose d'intriguant qui vit maintenant en moi. Certains lives étaient impressionnant visuellement comme celui de C2C ou Digitalism. La soirée de samedi était un niveau au dessus de sa camarade de vendredi. Il y avait vraiment deux générations qui se croisaient et qui n'allaient pas voir les même artistes. Va falloir que je choisisse mon camp, finit l'éclectisme.

 

Photos et texte par Pneu Rouillé

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

leloir29 22/04/2012 05:22

Ben dis donc... en voilà un qui n'a pas tout vu... On attend impatiemment tes sets pour voir ce que celà vaut ! ;)

En attendant, Morlaix était de très bon gout cette année à mon humble avis et je ne suis pas du genre Michel Drucker !!

Koniro 12/04/2012 17:40

Pour ma part pas mal déçu du son et de l'ambiance un poil jeunette !
Par contre je tiens à souligner l'excellent set de Cabos San Lucas, qui a proposé un mix très bien ficelé en oscillant entre space disco, techno et house.
Sinon Paulo, ça sentait le déjà vu et Shadow pas emballant.

drazic 11/04/2012 21:48

:( j'ai l'impression que tu as malheureusement été aux mauvais endroits, je suis d'accord avec toi il m'a été difficile d'avaler la prestation de chinese man, d'ailleurs j'ai quitté la salle pour
aller manger tellement ça m'a blasé! j'ai fait de même le lendemain pour C2C! c'était absolument immonde musicalement parlant! dj shadow a utilisé tonnes de ses vieux samples et à part les moments
ou il balançait un dubstep abrutissant, son live était vraiment bon!! et effectivement j'ai vite remaqué samedi soir que peu de gens connaissaient rone ^^ et c'était tant mieux pour moi j'ai eu
assez de place pour apprécier la grosse claque que j'étais en train de me prendre!!!

TinMar 11/04/2012 20:26

Globalement assez d'accord, mis à part pour Paul K, qui m'a conquis, mais c'est la période qui veut ça.
Je rajoute juste un mot pour dire que Rone, au milieu de toutes ces têtes d'affiche, est pratiquement passé inaperçu (et ne figure d'ailleurs pas dans cet article), mais c'était pour moi LE set qui
m'a fendu la gueule en 3. Une cent-cinquantaine de personnes ont dû voir ça, mais honnêtement le bonhomme a un potentiel à suivre de près.

Chroniques électroniques 11/04/2012 20:34



Oui Rone, j'ai pas vraiment eu le temps de le voir donc j'en parle pas ici. Mais c'est clair que j'ai loupé quelque chose.


Pneu



John t'as la botte ? 11/04/2012 19:49

Désolé pour le commentaire négatif mais c'est bourré de fautes d'orthographe...je me permets de le signaler car c'est plutôt rare ici, et du coup ça pique d'autant plus les yeux.

Bonne continuation.

Chroniques électroniques 11/04/2012 20:28



Désolé pour le fautes, j'ai balancé l'article un peu vite et je me relis sans cesse depuis 20 minutes. Merci de ta compréhension et de ta patience. 


Pneu.