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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 11:00

Date : 10 Mai 2012

Lieu : Olympia (Paris)

 

Isam Live, cette tournée mondiale d’Amon Tobin, n’en finit plus de fasciner les foules venues admirer la prouesse visuelle d’un show dépassant les limites de l’imagination. D’ailleurs, vient-on plus pour en prendre plein les yeux que plein les oreilles ?

L’Olympia affiche complet depuis des lustres, le public sait parfaitement où il met les pieds lorsqu’il pénètre dans la respectée salle parisienne. Bonne surprise, la première partie est assurée par Lorn, valeur montante de l’écurie Ninja Tune. L’américain est seul sur son labtop, dans une mise en scène minimaliste. L’ouverture caverneuse annonce un concert rugueux. Lorn triture son électronica, l’amplifiant par une basse surhumaine, limite malsaine lorsque la mutation vers un hip-hop vicelard s'amorce. Lorn donne de son corps, de sa voix, il vit littéralement son live. Malheureusement, les nouveaux titres annonçant son prochain album ne sont pas des plus rassurants (on y reviendra bientôt car Ask The Dust tourne déjà sur nos platines). Le mec quitte la scène au bout de 30 minutes. S’en suit alors un conditionnement de haute volée se signalant par 20 minutes d’électroacoustique de plus en plus immersive. Le rideau laisse parfois entrevoir quelques lumières, mettant le public dans un état d’attente absolu.

Plongé dans le noir, l’Olympia vrombit lorsque le gigantesque totem en trois dimensions d’Amon Tobin étale ses lumières. C’est parti pour 1h d’un show visuel époustouflant. Impossible de regarder ailleurs, la foule est hypnotisée par le monstre, mélange d’une structure de Sol Lewitt et du trésor pixellisé Marble Madness. L’utilisation magistrale du support vidéo donne vie à la bête, laissant parfois l’impression que la scène est mouvante. L’esthétique résolument cybernétique de l’habillage sied parfaitement aux créations sonores d’Amon Tobin. Mais c’est là aussi que l’on atteint les limites du projet. En effet, le public semble davantage impressionné par la prouesse visuelle que par l’esthétique sonore. Et cela se comprend. A l’époque de la sortie d’Isam, on avait démontré notre scepticisme (chronique ici) face à un album purement technique, affirmant les talents d’Amon Tobin dans le domaine de la spatialisation sonore ou encore dans le traitement du field-recording, au détriment d’une construction cohérente et d’une humanisation pourtant primordiale. Cela se ressent fortement ce soir tant la démonstration prend le pas sur l’émotion. Point d’âme ici, seulement une dimension futuriste imposant la distance. Résultat : on regarde plus qu’on écoute. Mais cela n’empêche pas de prendre une claque folle notamment sur un musclé Surge ou sur le troublant et chancelant Kitty Cat.

Finalement, il faudra attendre le rappel pour voir Amon Tobin revenir à ses premiers amours en proposant 15 minutes d’une IDM/jungle nerveuse. Le public explose alors, se focalisant désormais sur ses jambes. Les rythmiques flirtent avec Cujo, prennent un malin plaisir à tout déstructurer en masse. Un deuxième rappel plus introverti, mais exploitant le module à son point de paroxysme, vient clore le concert. La standing-ovation est longue, très longue. En rejoignant le bitume, j’ai l’impression que tout est terne et plat. Il va falloir réhabituer mon regard à la normalité.

 

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par B2B

(Photos : B2B)

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

La petite 16/05/2012 15:28

Je suis complètement d'accord sur le manque d'âme et d'émotion du live jeudi dernier à l'Olympia. Je suis par contre moins sûre que ce soit seulement l'image qui prenne le pas sur le son.
J'ai eu l'occasion de voir une première fois ISAM au STRP Festival au Pays Bas. Le live se déroulait dans un hangar et je dois dire qu'il y avait beaucoup plus d'espace ce qui permettait de vivre
l'expérience pleinement. L'Olympia ne m'a pas du tout apporté les mêmes sensations que pour le premier live. Dommage.

Vincent 14/05/2012 20:37

Vous avez eu bien de la chance d'avoir droit à des rappels. Il y a moins d'un an, au Bataclan, le sir Tobin a joué 45 min, suivis des 15 minutes d'IDM/jungle dont vous parlez en guise de rappel et
pof! terminé, on remballe. De toute façon, "n'a pu de visuel" donc, cher public, vous pouvez rentrer chez vous. Certains ont un peu hué, et je les comprenais vu le prix de la place pour une courte
heure.
C'est effectivement du pur visuel et du coup ça manque de spontanéité — même si, pour suivre Tobin depuis des années dans ses concerts, c'est toujours un peu travaillé à l'avance à chaque
tournée.
Mais pour le coup, au Bataclan, j'avais eu, pour ma part, l'impression d'un léger pousse-disque, genre : "je vous passe mon album tel quel, donc concentrez-vous surtout sur les visuels" (à
l'exception des 15 dernières minutes).
En grand fan de son style (certes, un brin moins sur ce dernier Isam, même si je n'ai pas tout à fait partagé votre énorme déception à la sortie de l'album), la tournée Isam m'a pour ma part déçue.
J'espère que le bonhomme reviendra dans quelques temps avec des shows plus entre-deux comme ce concert incroyable en 2005 à l'occasion de la sortie de la B.O qu'il avait composée pour Splinter Cell
(où il n'avait pas fait que passer son dernier disque). Pour le coup, visuellement comme musicalement, on était scotché.

Chroniques électroniques 14/05/2012 21:12



D'ailleurs, c'est le rappel que je trouve le plus intéressant car là, le visuel ne prend pas le pas sur la musique, il devient seulement un compagnon. Et justement, à ce moment, la structure
devient bien plus intéressante car moins "cadrée".


Je te rejoins aussi sur la qualité parfois exceptionnelle de concerts passés.


 


B2B.



ygjk 13/05/2012 20:28

Pareil, j'étais à Rennes, niveau visuel c'est vrai que c'était vraiment impressionnant (bien que tout ne soit pas au même niveau). Bon bin ouai je suis pas fan des derniers albums du monsieur mais
ça reste super bien fichu. Par contre le son c'était juste n'importe quoi... les basses recouvrait le moindre détail sonore (et sans les détails sonore, le dernier Amon Tobin n'a plus franchement
d’intérêts).

drazic 13/05/2012 13:13

j'ai assisté au même concert la veille à rennes, ce n'est pas le son de la salle pendant le live de lorn mais son propre matériel. le son était un peu trop chargé en basses, ce qui a eu en
conséquences de faire fuir pas mal de public.
pour le live d'amon tobin j'ai vraiment apprécié la performance, et j'ai aussi apprécié le fait qu'il ne se soit pas cantonné à faire que des morceaux du dernier album. et contrairement à d'autres
j'en ai pris plein les oreilles j'ai vraiment apprécié ce live tant visuellement que musicalement!

Rick 12/05/2012 20:31

Ma modeste chronique sur le sujet :

http://rawpowermagazine.blogspot.fr/2012/05/amon-tobin-olympia-10052012.html