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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 00:21

Sortie : août 2011

Label : Tympanik

Genre : IDM, Industrial

Note : 8,5/10

 

Oui je sais, je le dis souvent, Tympanik est un glorieux refuge pour ceux qui n'ont jamais abandonné l'idée que l'IDM était une musique éternelle en mouvement perpétuel. Cette maison basée à Chicago et dirigée par Paul Nielsen s'est taillée une solide réputation en moins de quatre ans. Certaines langues avisées et crédibles déclarent que ce label se mord déjà la queue par manque de renouvellement. Possible, mais là n'est pas la question. Comme une fois par an depuis sa naissance, Tympanik publie sa compilation Emerging Organisms. Elle présente les artistes "valeurs sûres" de la famille, comme Access To Arasaka, Tapage ou Stendeck, mais aussi ceux qui rejoindront les rangs dans le futur. Elle s'est cette fois-ci adjointe les services de pointures officiant généralement sur d'autres maisons phares comme Hymen, n5md ou Ad Noiseam (Keef Baker, Subheim, Frank Riggio, Nebulo, Architect, Dryft...). C'est donc un line-up comparable à une "Dream Team" qui nous est proposé. Le fait que la plupart des tracks soient des inédits a de quoi faire saliver encore un peu plus.

 

Si vous ne devez posséder qu'une seule compilation du genre, autant que ce soit celle-là. Pourquoi ? Bah, je vais tenter de l'expliquer. Avant tout parce que Mobthrow a fait un travail de mastering et de post-production exceptionnel. Il est rare qu'une compilation résonne tel un album. C'est ici le cas, il y a une intelligence dans le boulot de tracklist qui frise l'insolence. Chaque titre se dévoile comme le complément idéal de son prochain, renforçant ainsi la dimension cohérente et "familiale" probablement souhaitée par Paul Nielsen. On pourrait malgré tout croire que certains allaient se contenter de faire le job, mais non, il y a ici une implication mutuelle qui force le respect. Alors oui, le deuxième disque est certes moins puissant. Il n'en demeure pas moins que cette quatrième livraison est à envisager comme un exemple et un tour d'horizon de musiques électroniques intelligentes, spatiales, souterraines, ambivalentes et émotionnelles. Voilà autant d'adjectifs qui résonnent comme autant de clichés me direz vous. Les vrais savent que Tympanik ne verse pas dans le compromis (sauf peut-être pour le EP d'Haujobb) ni dans le surfait. Inutile de faire ici un retour titre par titre. Je vais donc me contenter d'énumérer les réussites, les surprises et les déceptions.

Sans surprises, Access To Arasaka offre ici un titre à la hauteur de sa réputation et annonciateur de ce qui fera son prochain Geosynchron. Plus émotionnel, peut-être moins axé sur la technique mais tout aussi puissant. Son Razorgirl, vrillé et écorché (certains y verront même un côté hardcore vintage) narre un nouveau chapitre de ses visions cyberpunk apocalyptiques et guerrières. Architect s'élève avec son Episode 7 (Tympanik Edit) à un niveau qu'il n'avait pas connu depuis quelques années. Toutes les influences (dubstep, d'um'n bass, indus) de Daniel Myer entrent ici en collision pour donner le meilleur d'elles-même sans que ça devienne le bordel. Signalons également l'excellent 0459 de l'allemand SE, qui avec ses guitares liquides et ses annonces de matins mornes souffle un vent presque post-rock et atmosphérique sur la compilation. Il est sans aucun doute l'un des artistes les plus prometteurs (avec le polonais Undermathic) de la maison de Chicago, après ses deux superbes albums L36 et Epiphora.

Trois français s'illustrent aussi de la plus belle des manières en allant là où on les attendait pas forcément. Diaphane tout d'abord, avec un Insight rampant, véloce et littéralement addictif, donnant envie de faire souffrir lentement de petits animaux innocents. Voilà qui se révèle probablement comme le morceau le plus efficace de la compilation. Frank Riggio également qui grâce à Tryk Alima, fait évoluer son son vers quelques chose de plus mental et de plus intuitif. De bonne augure avant la sortie du premier volet de sa trilogie. Puis, évoquons aussi l'éternel Nebulo (Abslog) qui joue à cache-cache avec l'auditeur derrière des murs de glitchs et des blasts effervescents.

Je ne surprendrais personne en avouant que les prestations des artistes de chez n5md (Dryft, Port-Royal, Boy is Friction) m'ont moins convaincu. Le miel le meilleur n'est pas forcément le plus sirupeux... Les participations de Tapage et de Stendeck sont à mon humble avis très en dessous de ce qu'on peut attendre d'eux. .Tout d'abord de par le côté geek technoïde du premier (Last) et le caractère facile et inabouti du deuxième cité (The Secret Behind The Third Door).

Les introductions ont été bien soignées. Hecq introduisant le premier disque (Ritual Study) avec une approche ambient qu'on ne lui connaissait plus depuis longtemps. Subheim sur le deuxiéme (Mir 50), mériterait encore ici d'obtenir le titre de l'artiste de l'année (pour l'ensemble de son oeuvre et de ses remixes toujours somptueux), en mêlant le côté anarchique et romantique qu'on lui connaît pour obtenir une pièce orchestrale presque jazzy, nous transportant vers les lumières d'un Orient fantasmagorique. Merveilleux. Précisons que c'est à lui que l'on doit le superbe artwork de la compil'. Merci à toi Kostas d'exister. L'autre grec, en plus de son boulot de prod', Mobthrow s'illustre avec grand talent sur son onirique, saturé et inquiétant Birds Fly High.

Au rayon des beatmakers que je connaissais moins et qui vont désormais mériter la plus grande attention, je me permets de citer Ocoeur, Flaque, Miroslav et To Travel Without Any Certain Destination (remixe de Libido Formandi).N'y a-t-il que moi qui se réjouit de l'absence d'Autoclav 1.1. Ne faites pas attention, cette phrase est placée n'importe où et n'a qu'une subliminale vocation.

Je laisserais poindre un autre tout petit regret. Quand j'ai vu sur la liste des artistes présents que le légendaire Bola était crédité, j'ai eu l'espoir que Paul Nielsen soit parvenu à le faire sortir de son hibernation. Le progressif et excellent Szeaafar de clôture est en réalité une capture live.

 

L'acquisition de cet objet indispensable a un prix. Le temps. Emerging Organisms Vol.4 est en effet pressée à un nombre limité d'exemplaire. Vu la qualité, inutile de dire qu'il n'y en aura pas pour tout le monde. Le futur de Tympanik est peut-être incertain si il ne contient que trop peu de prises de risques (à l'image de l'excellent album de Normotone ici). Il arrivera un temps où les références absolues du label (ATA, Tapage, Stendeck) et les plus que prometteurs (SE, Undermathic) ne suffiront peut-être plus à maintenir un intérêt aussi constant. Laissons leur du temps, car une compilation comme celle-ci laisse forcément augurer de l'émergence d'albums d'exception. Longue vie à Tympanik.

 

EO4-cover-web.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

shift. 06/10/2011 11:08


pas encore écouté.
Hâte.
merci pour tes ptis conseils de grand mère.