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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 01:24

Sortie : octobre 2011

Label : Hibernate

Genre : Drone, Ambient, Abstract

Note : 8/10

 

Les observateurs de la scène drone/ambient commencent à savoir qui est Spheruleus. De son vrai nom Harry Towell, il participe à l'exposition de cette scène en dirigeant l'excellent netlabel Audiogourmet. Il a sorti ces deux dernières années un nombre conséquent de travaux, dont certains avec un artiste bien représenté dans nos lignes : Pleq. Il fallait bien qu'un label exigeant et pointu décide un jour de publier un de ces albums. Hibernate est une référence britannique, touchant aussi bien au drone qu'au post-rock en passant par les compositions électro-acoustiques. Citons parmi les pensionnaires de cet excellente maison : Field Rotation, Offthesky, Wil Bolton ou Talvihorros. Le label ne néglige jamais la qualité de ses packagings. Ses séries de postcards et de 3" sont aussi tout à fait remarquables. Voyage est déjà sorti il y a quelques mois, mais mérite bien qu'on s'y attarde.

 

Ce Voyage illustre en musique le dernier périple d'un bateau. Ni paquebot ni coque de noix, on ne connaît pas ce qui a provoqué l'avarie ce navire anonyme. Pas de sémaphore, pas de radio pour implorer une quelconque assistance. Le vaisseau des mers connaît l'issue de son funeste destin. Le capitaine s'est jeté à la mer, juste après que le gouvernail n'éclate, ne souhaitant pas assister à la progressive désintégration de son embarcation.

C'est sur une mer d'huile que ce dernier voyage se déroule. Avec l'infinie immensité pour seul compagne. Aucune tempête ni même une hypothétique corne de brume ne viendra bouleverser cette ultime épopée. Il y a bien comme une sensation lente de roulis. La lanterne muette tangue de bord en bords en attendant la salvatrice ultime embardée. La coque, percée en son coeur, laissera s'engouffrer l'invincible liquide. Le mat a partiellement rompu, et flirte désormais avec l'écume. On croirait même entendre, lors de Liquid Rust, des spectres envahir les abords des voiles déchirées pour mieux tracer la trajectoire vers un idyllique cimetière maritime. Car le navire ne connaîtra jamais le repos des profondeurs éternelles. Il viendra s'échouer sur les côtes d'une péninsule déserte, où son bois poreux tentera de fertiliser les récifs.

Les amateurs de ce glorieux genre de musiques trouveront peut-être en Voyage un certain classicisme et une évolution plus que lente. Mais c'est définitivement toute la force du concept. Ce voyage dont on devine la triste fin à la vue du splendide artwork, se vie plus qu'il ne s'écoute. Ses échos et les ondes qu'il dégage envahissent plus qu'agréablement. Allongé, les yeux fermés et accompagné d'une tasse de thé. C'est ainsi que l'oeuvre offrira ses trésors et s'impliquera plus fortement sur l'émotion et le ressenti. Ponctué à deux reprises (Clouds Swarm et le sublime She Sinks) par le piano du russe Alex Tiuniaev, Voyage est bien l'oeuvre d'un musicien (multi-instrumentiste) de talent, bien loin des travaux drone froids qui pullulent dans les ornières de la redondance.

 

Il est sans doute question ici de l'oeuvre la plus aboutie de Spheruleus. Un matériel d'écoute digne de ce nom ainsi qu'un "imaginaire" bien développé sont indispensables pour en saisir toute la substance. Même si il est réservé à un public ouvert et averti, cet album est bel et bien un des efforts les plus remarquables de cette année passée. Nous pouvons d'ores et déjà vous annoncer que nous allons suivre cette année avec la plus grande attention les sorties venues de chez Hibernate. Pour ce qui est de Spheruleus, nous vous invitons à a parcourir le catalogue d'Audio Gourmet. Notre cher Pingouin Anonyme, livrera très bientôt la chronique de la collaboration entre Pleq et lui : A Silent Swaying Breath.

 

http://www.fluid-radio.co.uk/wp-content/uploads/2011/09/15021_large.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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l'Astre 21/01/2012 03:47

Oui, c ça, génial et certainement.


+

Rabbit 20/01/2012 08:58

Assez génial le concept de A Silent Swaying Breath d'ailleurs... on n'aura certainement jamais vu autant de talents réunis sur un même disque.