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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 17:13

Sortie : octobre 2011

Label : Columbia

Genre : Jazz Fusion

Note : 8,5/10

 

Adulés par les aventuriers et rejetés par d'aigris puristes, le trompettiste norvégien Nils Petter Molvaer diffuse un jazz sans frontières, qui ravit les fans intégristes de Bitches Brew ou Circle In The Round (la période électrique de Miles quoi). Utilisant l'électronique plus comme un simple moyen de composition que pour s'enfermer dans un sous genre trop exigu pour lui, ses albums Khmer et Solid Ether sont des exemples indispensables de cette fusion quasi-unique. Tout comme son compère tunisien Dhafer Youssef, il souffre parfois d'un incompréhensible étiquetage jazz world. Comme si dès qu'on sortait du sérail élitiste et des sphères anglo-saxonnes, on devait se justifier de faire du jazz déviant. Après les chefs d'oeuvre précédemment cités, il y eut comme une légère période de vache maigre créatrice, même si NP3 pouvait tout de même contenir de petites perles. Rien de bien passionnant jusqu'au très rock Hamada en 2009 (ici). Molvaer revient cette fois-ci amputé de son éternel compagnon : le guitariste génie Eivind Aarset, prisonnier d'acouphènes récurrents. Si cette nouvelle a de quoi décevoir, elle n'enlève en rien la curiosité et l'excitation qui précède la sortie d'un album d'un des dernier héritiers de Miles Davis.

 

Eivind est souffrant. C'est pas pour autant que le Nils va s'associer à un vulgaire manchot scandinave. Il trouve en Stian Westerhus (guitariste émérite) un digne allié pour entamer une percée encore un peu plus dark, expérimentale mais pas trop, avec tout ce qu'il faut de ponctuations noisy pour transmettre ici un album ambivalent à souhait.

Car oui, la trompette ne Nils ne s'est probablement jamais aussi bien intégré à l'ensemble. Par là, j'entends qu'elle sait parfois se mettre en retrait pour mieux servir l'ensemble. Pour être encore plus clair, on pourrait même dire que la trompette intervient un peu comme une partie vocale, au service de l'ambiance.

Il y a comme quelques chose d'oppressant dans cet album, à mi-chemin entre la gestation et la régénération d'un organisme mutant. Baboon Moon renvoie à un long songe obscur et pénétrant, creusant des sillons mentaux tortueux un peu borderline. On peut bien sûr y trouver des plages où le calme et la volupté sont souverains (Mercury Heart, Prince Of Calm ou même Blue Fandango malgré ses hululements) mais la tension, indicible et palpable, n'est jamais véritablement loin. Dans un riff ou un kick lourd (l'immense Recoil), les micros expérimentations au second plan de Bloodline, ou dans l'orchestration quasi post-rock de l'excellent Sleep With Echoes. Et la trompette, comme un substrat mouvant, gémit et plie sous les coups de pressions.

Jusqu'au Baboon Moon de clôture, où l'on comprend mieux toute cette matière contenue jusqu'alors; quand la déferlante progressive quelque peu guerrière s'abat sur l'auditeur déjà conquis depuis bien longtemps.

 

Les quelques notes issues d'instruments exotiques qui parsèment l'opus dans toute sa longueur ne suffiront pas à lui donner une teneur world. N'en déplaisent aux éternels détracteurs du norvégien. Il règne ici un magma à l'énergie live littéralement revitalisant. Le nom de Nils Petter Molvaer cache comme jamais sur cet album un titre de quartet véritable. Baboon Moon se révèle comme l'amant idéal d'une nuit fiévreuse et torturée. Pas sûr néanmoins qu'il aide à trouver le sommeil. Mais est-ce vraiment ce que l'on demande à un (ou une hein) partenaire nocturne ? Hautement recommandé.

 

http://images.music-story.com/img/album_N_400/nils-petter-molvaer-baboon-moon.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Colin 22/01/2012 22:42

Je suis allé l'écouter jeudi au Café de la danse. Et franchement, il faut aller le voir. J'aimais déjà Baboon Moon (et les autres avant), mais en concert, c'est exceptionnel.

(Je le raconte d'ailleurs ici :http://tartinedecontrebasse.wordpress.com/2012/01/22/168/)

ARTY 03/12/2011 12:24

Vraiment une très belle découverte merci beaucoup si vous pouviez chroniquer plus souvent des albums de jazz dans ce genre se serait vraiment bien! Dans le même style je proposerai "Paolo Fresu"
qui fait des éxperimentations électroniques avec sa trompette :)

Rabbit 03/12/2011 09:42

Merci, excellente nouvelle cette sortie. Et aux détracteurs on pourra aussi conseiller d'aller écouter le bonhomme chez Sidsel Endresen ou Jan Bang, parce qu'il se fond très bien dans
l'ambient-jazz également...