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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 16:10

Le 13 mars 2010, je franchissais pour la première fois les portes de la salle Pleyel à Paris pour un concert qui détonnait sur le programme de ce lieu dédié à la musique classique. Le public était aussi inhabituel, avec quelques abonnés de la salle qui se mêlaient aux nombreux fans de la première heure. Après la sortie d'un album éclectique, Laurent Garnier décidait donc d'investir cette scène atypique pour le DJ-producteur qui a déjà visité tous les clubs du monde à de multiples reprises. Pour cette date spéciale, un dispositif particulier était prévu pour 2h45 de musique et de lumières de haute volée… difficile pourtant de bien comprendre tout ce qui c'était passé en sortant. Après l'avoir vu en DJ set plusieurs fois au Rex Club ou à Marseille, en live à Budapest et à Lyon, le Français a fourni une prestation dont il a le secret. Différente. A l'heure où ce concert sort en DVD, Chroniques électroniques revient sur cette date avec un Laurent Garnier déjà bien réveillé à 10 h du matin, qui nous parle des invités qui n'ont pas pu venir, de l'émotion de cette date et d'un futur album… 

 

Comment est venue l'idée de jouer à Pleyel ?

Ce n'est pas moi qui ai eu l'idée. Je travaille depuis des années avec Eric Morand [avec qui il codirigeait le label F Com] et Christian Paulet [ancien directeur du Rex Club]. Ce dernier a souvent des grands rêves un peu fou, c'est déjà lui avait pensé à l'Olympia en 1998. Il a été contacté par Pleyel qui souhaitait programmer des artistes pour un public plus jeune et Christian a répondu oui tout de suite. Il m'a ensuite dit : "On a l'opportunité de faire une date à Pleyel"… je lui ai répondu que c'était complètement fou et que les abonnés allaient sauter au plafond. Après réflexion, nous avons décidé de faire un concert spécial avec des invités, des vidéos, etc. Quand je revois le concert, je m'aperçois que c'est allé beaucoup plus loin que nous le pensions au départ. Pleyel a été un grand tournant dans ma carrière, mais c'est quelque chose que je ne peux dire qu'un an après. Je ne pensais pas que le résultat serait tel et que cette date aurait autant d'impact sur moi.

 

Comment s'est organisé concrètement le concert ?

Christian et Eric me laissent toujours faire ce que je veux d'un point de vue artistique. Nous avions plein de très belles idées qui n'ont pas pu toujours se concrétiser. Pour les invités, nous avons contacté PJ Harvey. Son management a été super sympa, ils adoraient l'idée, mais elle était en studio à ce moment là, cela a donc été remis à une autre fois. Cela a été un peu plus compliqué, et n'a pas pu se faire non plus, avec Johnny Greenwood le guitariste de Radiohead. Quand on n'a pas eu PJ, je me suis dit qu'il n'y avait pas besoin d'avoir des artistes super connus. Je suis donc resté sur des personnes dont je suis fan et peu importe s'ils n'étaient pas connus des spectateurs. J'avais rapidement pensé à Anthony Joseph dont je suis archi fan et qui a pu venir. Nico [Crazy B] des Birdy Nam Nam, c'était une évidence car on se connait depuis des années et je voulais un scratcheur. Pour renforcer la section de cuivres, ce sont des potes de Philippe ["Red Face"] Naddaud qui sont venus.

 

Il y a également eu un travail particulier sur la vidéo, comment a-t-il été préparé ?

Sur ce sujet, j'ai pris la tête de tout le monde pendant un an et demi et nous avons retourné ciel et terre pour le faire. Il faut savoir que nous avions eu une expérience douloureuse pour la tournée Tales Of A Kleptomaniac, car l'équipe qui devait assurer les visuels nous a plantés au dernier moment. Pour éviter ce genre de problème, nous avons donc fait le choix pour Pleyel de demander à cinq personnes différentes de s'en occuper. La structure sur laquelle était diffusée les vidéos a été un casse tête chinois à monter… nous avons eu quelques journées de sueurs froides lors de la préparation.

 

Garnier-Pleyel.jpg

 

Comment a été bâtie la setlist ?

Je déteste me répéter, donc toute la musique a été repensée. Comme j'aime partager les décisions, nous avons fait plein de réunions avec les musiciens pour choisir la setlist à partir d'un premier choix de 30 morceaux. Puis tout a été réécrit et adapté pour l'occasion. Même les classiques comme Crispy Bacon ou The Man With The Red Face ont été joués dans une version unique. Les titres ont d'ailleurs depuis encore évolué, notamment Acid Eiffel.

 

Comment s'est passée la journée avant, puis le début du concert ?

Ca n'a pas été facile, notamment car un des saxophonistes s'est fait voler son instrument. Il était inconsolable car il y tenait beaucoup. Concernant le concert, j'avais déjà fait des concerts assis, je n'étais donc pas trop inquiet sur le fait que le public allait se lever et danser, il y avait eu tellement de travail en amont. Nous avons commencé avec Downfall, un titre assez lourd, pas facile d'écoute et que je n'avais jamais joué en concert. Cela a permis de faire comprendre que ça n'allait pas être comme d'habitude, les abonnés de Pleyel ont compris que nous n'allions pas jouer de la techno débile.

La setlist était construite pour faire monter l'ambiance au fur et à mesure et conduire les gens à danser. Après les applaudissements du deuxième morceau, j'étais lancé et je n'ai fait qu'en profiter. Sur les images du concert, on voit l'émotion, la connivence, nous étions tous sur un nuage. Nous nous sommes tous un peu étonnés sur scène, il y avait eu tellement de travail et de conditionnement qu'il fallait que l'on abandonne tout. Il y a eu des moments très forts, super émouvants, notamment sur Dealing With A Man où j'ai failli pleurer.

 

Comment se place ce concert dans tes souvenirs, l'Olympia que tu évoquais tout à l'heure était aussi un moment important ?

L'Olympia ne me laisse pas un souvenir aussi fort que Pleyel. C'était loin d'être un de mes meilleurs concerts, c'était plus un signe sur l'évolution de la techno en France, mais musicalement c'était moins fort. L'Elysée Montmartre était bien mieux. Nous avons fait beaucoup de bons concerts dans beaucoup d'endroits, au Canada, au Japon où à Split par exemple. Sur 300 ou 400 concerts en dix ans, il doit y en avoir 100 de très forts.

 

Pourquoi avoir décidé de sortir un DVD du concert de Pleyel ?

C'était tellement unique que j'ai forcé les choses pour que cela se fasse. C'est moi qui le finance. C'est une sortie à perte mais je veux qu'il existe ! C'est une des choses dans ma carrière que je veux pouvoir donner à mon fils. Dieu sait que ça a été compliqué de le sortir, quelques personnes ne nous ont vraiment pas aidés - pas les gens de Pleyel. Je suis très content du DVD étant donné que nous n'étions pas sensés le faire et que nous n'avions donc pas de dispositif vidéo particulier en place. Pleyel, c'est un tournant. Pendant des années j'ai essayé d'incorporer du jazz dans ma musique. J'estime avoir réussi avec ce concert et je peux passer à autre chose sans rougir de ce que j'ai essayé de faire. J'ai été au bout d'un truc.

 

Comment as-tu vécu le fait de reprendre ensuite la route avec la tournée LBS ?

LBS, c'est génial. Nous partons sur l'idée de jouer longtemps, avec 3 h de live sur des sets de 4 h par exemple. C'est un live freestyle avec des versions des titres plus longues chaque soir. C'est aussi un laboratoire de travail qui nous permet d'essayer des morceaux pendant deux ou trois mois avant de les enregistrer. Nous savons ainsi ce qui marche avant d'entrer en studio, à l'inverse de ce que je faisais avant. Il y aura un nouvel album et un nouveau live en mai-juin 2012, qui sera plus techno.

 

Autre actualité, est sorti il y a quelques mois la musique que tu as composée pour le ballet d'Angelin Preljocaj au théâtre du Bolchoï… que trouve-t-on sur ce disque intitulé Survivront Mille Ans De Calme ?

C'est un travail de commande. Preljocaj m'a demandé de faire de la musique pour un ballet inspiré de l'Apocalypse selon Saint Jean. Je lui ai proposé des ambiances, il a fait des remarques et nous avons ainsi travaillé par aller-retours pendant neuf mois. Cela s'est construit au fur et à mesure. Je me suis beaucoup impliqué dans cette musique qui me ressemble. Le disque n'est pas tout à fait la même chose que la musique du spectacle, c'est ce que j'ai voulu faire. Ce n'est pas un disque facile. Il fait en quelque sorte suite à The Cloud Making Machine, c'est très cinématique.

 

propos recueillis par Tahiti Raph

photo concert : Dominique Boisson

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Published by Chroniques électroniques - dans Interview
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commentaires

maxime 11/07/2011 15:11


Merci pour cet interview.
Petite question : j'ai commandé le dvd sur le shop officiel mais aucune date de sortie n'est mentionnée. Une idée ?


Chroniques électroniques 11/07/2011 17:05



Il n'y a pas vraiment de sortie officielle car c'est géré de manière assez indépendante. Selon mes informations, les DVD seront expédiés à partir d'aujourd'hui d'Angleterre.


Raph


 


PS : en fait si, on peut l'acheter ici : http://laurentgarnier.spinshop.com/



Mr BOF 10/07/2011 16:10


Très bonne interview...Je me suis permis de la citer dans les commentaires de la chronique que j'avais faite sur ce concert incroyable à Pleyel.

http://rawpowermagazine.blogspot.com/2010/03/concert-laurent-garnier-salle-pleyel.html


Chroniques électroniques 10/07/2011 19:51



Merci !


Raph