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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 11:52

Sortie : 19 juillet 2010

Label : Hotflush Recordings

Genre : Dubstep organique

Note : 8,5/10

 

Dominic Maker et Kai Campos constituent Mount Kimbie. Sortis l’année dernière, les deux EP des Anglais, Maybes et Sketch On Glass prédisaient déjà un futur alléchant. Résonnances organiques, rythmiques percussives et climat cotonneux, le post-dubstep de Mount Kimbie dégage à l’oreille quelque chose d’éminemment doux et intimiste. Émergent alors deux EP de remixs, par Falty DL, James Blake, avec lequel ils collaborent souvent, ou SCB (avatar techno de Scuba). Et en effet, qui d’autre que Paul Rose aka Scuba pour sortir le séduisant duo, sur son label Hotflush Recordings. Des remixs de leur part pour Foals ou The XX ne manquent pas de faire mijoter le buzz. Laisser reposer et servir glacé : Crooks & Lovers est un superbe premier album.

 

Entre UK garage, électronica, ambient, et doté d’effluves de hip-hop, de jazz ou de post-rock, ce disque convoque maintes influences, mais demeure inétiquetable. Dans la famille des pionniers du dubstep expérimental et ralenti, tels que l’on en trouve chez Hotflush, chez Hyperdub ou Hessle Audio, Mount Kimbie se distingue par l’esprit lumineux, clair et gai qui habite leurs productions. Nulle noirceur plombante ni ténèbres torturés ne s’observent sur Crooks & Lovers. Mais cela n’affecte en rien la profondeur des titres, ni la façon dont ils s’immiscent en vous, submergeant votre coquille d’un mélange de mélancolie et de joie apaisée. Rarement en dubstep, à part peut-être chez Burial, les samples de voix n’ont été plus subtilement utilisés, notamment sur Carbonated, à qui un chaud timbre féminin donne des tons exotiques. Le duo manipule les machines avec une sorte de délicatesse élégante, associant des instruments acoustiques, des fields recordings et des clappements en tout genre, à des rythmiques gentiment bancales. L’album entier semble frotté au papier de verre (mais tout doucement hein), conférant une texture grenue à de nombreux morceaux. Un peu comme si le grain de la photographie de l’artwork s’appliquait à la musique enfermée dans le disque. Sauf que la pochette, elle, on se contentera de la regarder de très loin.

 

Rien n’est à jeter sur ce sublime album. L’aspect solaire et même… pop est davantage présent que sur leurs précédents EP, mais la cohérence et la qualité sont telles que même un nombre d’écoutes s’approchant du bon milliard ne suffit pas à lasser. Dans un état proche de la béatitude, on ondule mentalement sur le génialissime Would Know. Avec son intro tirant sur la folk expérimentale, Before I Move Off a tout de la perle immédiate et jouissive. Quant à Ode To Bear, cette pièce paisible et bouleversante vous berce avec une douceur infinie dans des milieux aquatiques, eux-mêmes traversés de lueurs changeantes.

 

Percussif, complexe, ludique, rêveur, atmosphérique, les adjectifs ne manquent pas pour décrire ce bijou. Et justement parce que, pour la plupart des auditeurs, cela ne s'apparentera en rien à du dubstep, Crooks & Lovers est avidement recommandé à toutes et tous. Un grand disque.

 

                                             Mount-Kimbie---Crooks---Lovers.jpg

                                                                                                                                        par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

l'Astre 13/07/2010 20:40


Trop flatteuse même... Mais je travail a mon perfectionnement sans relâche, si bien qu'un jour peut être j'aurais le Niveau dont je rêve... En attendant, c'est avec YyrkoOn que je dois "discuter" !
et c'est avec bonne humeur que j'accepte ce triste destin qui est le mien ! :)

Ils n'avaient aucune référence musicale mais ils avaient un passé, une histoire commune etc., ce qui reviens au même : le postulat de départ "est" l'axiome de fin. Ce n'est pas une analyse a
proprement parler, mais un syllogisme fou, grandeur Nietzschéenne, qu'il nous propose là : une pirouette, un exercice de style mi badin mi sérieux... Sinon j'ai jamais dit le contraire : pour
danser, pas besoin de cerveau, en théorie. Mais pourquoi jouaient ils du tambour si ce n'est pour atteindre cet état de transe*, si ce n'est pour palier leur manque de culture, de réponses,
d'explications, à l'instar des derviches tourneurs par exemple. Des références musicales ainsi que des réponses nous avons désormais...

Je n'ai pas aimé ce disque sinon (comme le mathew dear et encore moins le !!!) : disons que pour caricaturer un peu bcp, je dirais que pour du dub step c'est pas mal, mais que même pour du hip hop
c'est mauvais. Je trouve également que ça ressemble terriblement au travail de monsieur Mondrian - en moins intéressant -dans l'absolu. Donc même critiques - en gros.

ps : je chipote pas, je précise : quand tu affirmes que "la musique c'est des vibrations" rendant ainsi par CQFD superfétatoire l'usage du cerveau, tu exagères pour servir ton développement, donc
je précise pour te "rappeler à l'ordre" : une sorte de carton jaune...

ps2 : c'est vrai que c'est un casque de bien bonne facture - allemande ça va de soit - que j'ai là:)

* La transe est un "état second" "ayant à la fois une dimension psychologique et une dimension sociale" (Georges Lapassade, La transe, PUF, 1990, p. 3). "La transe (transport spirituel) est un état
modifié de conscience impliquant d'abord un dédoublement, le vécu d'une division ou multiplication de personnalité (corps/âme, esprit propre/esprit étranger...), ensuite un automatisme
psychologique, l'impression de subir certains phénomènes psychiques (autonomie de l'âme, incorporation d'un esprit...) (Pierre A. Riffard, Nouveau dictionnaire de l'ésotérisme, Payot, 2008, p.
288). Wikipedia.

+

l'Astre


Chroniques électroniques 14/07/2010 14:25



Je veux bien disserter/analyser/classer/critiquer/considérer/comparer/ausculter/enquêter/divaguer avec toi l’Astre, mais je crains que l’exercice ne constitue en lui-même un blog obscur et
ésotérique, à l’encontre de l’esprit de CE.


 


+


 


Manolito



YyrkoOn 13/07/2010 17:21


Au temps pour moi, je connais tres mal Nietzche (on va dire que ma méprise est plutot flatteuse pour toi ^^) et je comprends mieux pourquoi je trouvais cette analyse retrograde (a l'epoque
j'imagine qu'il devait pas etre au courant des travaux de son compatriote Freud et il a dut zapper Rousseau et sa mémoire affective). Je pense pas qu'il parlais de "cerveau" dans son analyse mais
de "culture" et c'est la que je suis pas d'accord. La culture est necessaire pour aprécier une oeuvre dans sa globalité mais pour un acte aussi primitif que la danse je pense pas que se soit utile,
les premiers hommes qui se sont éclaté avec un tambour n'avaient aucune reference musicale.

Mais en fait sinons, tu l'as aimé ce disque ou tu le trouve trop "facilement" nostalgique ? (ou gentiment regressif car c'est ce que ta longue citation pouvais laisser croire)

PS: ne chipotons pas, la vibration est a la fois la resultante de l'onde sonore, mais aussi sa source. Je prefere employer ce terme car je le trouve plus "global" (et plus classe aussi ^^).

PS2: Joli casque je suis (presque) jaloux.


l'Astre 13/07/2010 04:27


Ce texte plein d'à propos, d'ironie et de vice n'est pas de moi, mais de Nietzsche (dire que je me vois obligé de le préciser...).
Mais puisque tu veux tout savoir, le jour de la "rédaction" de ce com, je me suis refait Le Voyageur et son ombre en effritant mes dernières têtes, en écoutant EarthShine - album dévastateur s'il
en est - de Solar Field au casque (ultrason pro 900) ; le tout, en ayant pris soin de m'acheter une belle mangue "par avion", quelques pèches de vignes, d'autres blanches et quelques abricots pour
calmer ma faim à venir... autrement qu'avec des putain de kit kat ! Apres j'ai fait l'erreur de rappeler mon ex, mais c'est une autre histoire !




Ps : La musique, c'est des ondes, des ONDES, des ONDES ; t'emploie le mot vibration parce que ça t'arrange, mais tout peux ressentir les vibrations... Une tables peut ; une chaise aussi... Mais
encore un vase, une plante, un sourd, un bifteck, des palmes, une bouteille d'ajax, un foetus... : par contre ils ne peuvent comprendre ce qu'ils écoutent : "Ceux qui aiment danser en rythme sur
une musique, ce ne peut être que par erreur qu'ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement" (libre adaptation d'Einstein par l'Astre / Smoke Them All Production 2o1o Tous
droit réservés). Qu'ils réagissent aux même stimulus une fois nés, quoi de plus normale, explicable, de plus bêtement logique ? Un chien ou une blatte de race pavlovienne en font autant...
Je ne préfère pas parler de la musicothérapie



Ps : C'est "tout ce joue avant 6 ans", le livre de merde en question, pas neuf

Ps : C'est Archon orchestra, mais vous aurez rectifié de vous même...


+

l'Astre (pas satisfait de mon com mais j'ai plus le temps présentement)


YyrkoOn 12/07/2010 20:32


La musique c'est des vibrations, toutes les parties de ton corps y sont soumise et pas uniquement tes oreilles. Un foetus dont le systeme auditif n'est pas encore concu réagit a la musique et même
mieu, il la reconnait une fois né (source: Troisième Conférence Internationale pour la Perception et la Cognition Musicales à l’université de Liège), un sourd danse en rythme comme toi et moi quand
il va a un concert et gros kick bien gras continuerais a faire vibrer ta cage thoracique même si tu etais mort. La musique peut onduler l'eau, brisé du verre ou même exploser ta rate sans même que
tu l'entendes (de memoire la frequence de resonnance de la rate est 5hz, bien trop bas pour l'oreille humaine).

La musique a donc bien un effet immediat, et si les philosophe ne t'ont pas convaincu, peut etre que la science le pourra ...

Tu es trop plein de certitude pour que j'en débatte avec toi, mais je te conseille quand même de te documenter un peu sur la musicothérapie pendant la grossesse et chez le nourisson car comme pour
beaucoup de chose qui touchent a l'affectif, a 9 ans, tout est deja (presque) plié avant qu'on est pu l'intellectualiser ...

Mais de toute facon j'ais pas trouvé que ce disque si simple, enfantin et nostalgique que ca et je partage l'enthousiasme de la chronique. Je l'attendais depuis le "aidy's girl's computer" de
darkstar ce disque de dubstep qui soit plus poetico-onirique que intello-depressif et il m'a donné la même impression de fraicheur que le morceau sus-cité. Il y a bien une troisieme voie pour le
dubstep entre la wobble destructrice et la minimale soporifique, on me glisse dans l'oreillette que ca s'appelle la wonky mais bon je suis pas vendeur a la fnac alors je vais m'en tenir au terme
"générique". Pour une fois le format album ne m'a même pas gené (faut dire qu'il est court aussi, mais rappellons nous qu'a son apogée, le format album tenait sur un vynile, donc jamais plus de 45
min, au moins on evite le remplissage...)

PS: une petite chronique de Grems se serait top, c'est tellement rare par les temps qui courent de pouvoir écouter un mec qui rappe en francais ...


l'Astre 10/07/2010 21:20


Quel que soit le penchant que l'on ait pour la musique sérieuse et grande, à certaines heures on sera toujours subjugué, charmé et attendri par l'opposé de celle-ci. Je veux parler de ces
mélismes d'opéra italiens, les plus simples de tous, qui, malgré leur uniformité rythmique et l'enfantillage de leurs harmonies, nous émeuvent parfois comme si nous entendions chanter l'âme
même de la musique. Que vous en conveniez oui non, pharisiens du bon goût, il en est ainsi, et pour moi il importe maintenant avant tout de donner à deviner cette énigme et d'aider moi-même un
peu à la résoudre. – Lorsque nous étions encore enfants, nous avons goûté pour la première fois le miel de bien des choses ; jamais plus dans la suite, il ne nous parut aussi bon qu'alors ;
il induisait à la vie, à la vie la plus longue, sous la forme du premier printemps, des premières fleurs, des premiers papillons, de la première amitié. – Alors – ce fut peut-être vers la
neuvième année de notre vie – nous entendîmes la première musique : et ce fut celle que nous comprîmes d'abord, par conséquent la plus simple et la plus enfantine, celle qui ne fut guère
plus que le développement d'une chanson de nourrice ou d'un air de musicien ambulant. (Car il faut que l'on soit préparé et exercé pour les moindres révélations de l'art : il n'existe
nullement d'effet « immédiat » de l'art, quelles que soient les belles inventions que les philosophes aient à ce sujet.) C'est à ces premiers ravissements musicaux – les plus violents de notre
vie – que se rattache notre sentiment, lorsque nous entendons ces mélismes italiens : la béatitude d'enfant et la fuite du jeune âge, le sentiment de l'irréparable comme notre bien le plus
précieux, – tout cela touche les cordes de notre âme d'une façon plus violente que la présence la plus abondante et la plus sérieuse de l'art ne saurait le faire. – Ce mélange de joie
esthétique avec un chagrin moral que l'on a maintenant l'habitude d'appeler communément « sentimentalité », un peu trop orgueilleusement comme il me semble – c'est l'état d'âme de Faust à la
fin de la première scène – cette « sentimentalité » des auditeurs profite à la musique italienne que, généralement, les gourmets expérimentés de l'art, les « esthéticiens » purs, aiment à
ignorer. – D'ailleurs toute musique ne commence à avoir un effet magique qu'à partir du moment où nous entendons parler en elle le langage de notre propre passé : et en ce sens, pour le
profane, toute musique ancienne semble devenir toujours meilleure, et toute musique récente n'avoir que peu de valeur : car elle n'éveille pas encore de « sentimentalité », cette sentimentalité
qui, comme je l'ai indiqué, est le principal élément de bonheur dans la musique, pour tout homme qui ne prend pas plaisir à cet art purement en artiste.

Sinon y'a ça aussi en ce moment...


36 - Hollow

Orchon Orchestra - Pong


Sonmi451 - Ruis

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