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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 19:55

Sortie : 10 août 2011

Label : Echomania Netlabel

Genre : Industriel, Dark Ambient, IDM, Drone, Trip-hop, Rhythmic Noise

Note : 9/10

 

Se renseigner sur l'identité de celui qui se fait appeler Klaus Kinski relève de l'investigation, imposant la traduction de rares pages internet russes. Tovarisch Klaus vit à Kemerovo, Russie. Il est l'auteur d'un premier et ô combien excellent format court, In Isolation (chroniqué ici), sorti en mai dernier sur Echomania. Ce netlabel dont les activités n'ont débuté qu'il y a quelques mois, a tendance à toucher juste à chacune de ses sorties. Sorties qui, il faut le préciser, sont systématiquement gratuites. Entre la compilation Roll The Dice, le précédent Kinski et le nébuleux album de Medkit (chroniqué ici), les choix d'Eugene Mitskevitch ont prouvé leur pertinence. Ce nouvel EP aux couleurs de mini-album et au titre engageant de Scape Destructive Putrescent ne fait pas exception. Au contraire, il bat tous les records. Ce condensé d'indus, de dark ambient et de rhythmic noise est une bombe atomique, ni plus ni moins.

 

On savait Echomania porté sur les oeuvres torturées et complexes, crachant leur bile à la face de l'auditeur imprudent. En terme d'énergie malsaine, le Klaus n'est certainement pas le dernier des arrivistes. In Isolation avait démontré des capacités surprenantes à infecter et à.. putréfier le beat. Les coupures brutales, les injections d'ambient létal et cette forme de trip-hop industriel dégageaient quelque chose d'addictif et de foncièrement original. Vous aurez peut-être compris à cette heure-ci, que Scape Destructive Putrescent, non content de se distinguer de son prédécesseur, s'avère encore meilleur. C'est simple, cet album ne ferait pas tâche dans les catalogues d'Ad Noiseam ou d'Ant-Zen. Le temps de neuf courtes pistes, l'homme construit des édifices aux ambiances glaçantes. Terreur baroque et saccage rythmique décrivent des danses funestes d'une rare superbe. Se livrer à l'écoute de ce disque seul, la nuit, dans un petit village isolé, est un coup à croire à des silhouettes de mercenaires encagoulés tapies derrière le moindre bosquet. Les drones crissent et serpentent, à la manière de courants d'air porteurs de bruits anormaux, et certaines introductions faites de notes aigrelettes (Baby, Artificial Life) évoquent les films d'épouvantes du milieu du siècle. Mais le coup de maître de Klaus Kinski reste la mixture de genres qu'il opère, ainsi que cette amicale obsession de vous décaper le cerveau. Je n'ai beau être que peu friande de rhythmic noise, c'est pourtant l'injection irrégulière de ces phases violemment débridées qui sublime l'album. Alors que les fumigènes ont noyé l'espace et que des bêtes inconnues se font les griffes sur des plaques de métal, l'apparition de tonnerres rythmiques provoque des états oscillant entre la paralysie et l'extase. Mais le Russe sait de même rendre terrassants de puissance des beats downtempo, proches du hip-hop ou, usant de dark ambient, filer autour de vous les plus effrayantes chrysalides. Peut-être la confidentialité du personnage le rend-elle encore plus fascinant. Les titres de ses tracks ont en tout cas, un effet similaire. Les bribes de chanson audibles à la fin de Charles Manson Mein Bester Freund appartiennent-elles à une des oeuvres mégalos du gourou de La Famille ? Pourquoi Destructive, clôture dédié à la poète russe Anna Achmatova est-elle la seule pièce lumineuse et.. humaine de l'album ? Existe-t-il un lien avec le fait que l'artiste habite la petite ville dans laquelle celle que l'on appelait l'Âme de l'Âge d'Argent est enterrée ?

 

Scape Destructive Putrescent se classera probablement dans les meilleurs albums d'IDM/indus de 2011. Mais pour l'instant, que des oeuvres telles que celle-ci restent dans l'ombre apparait comme une calamité. L'insaisissable Klaus Kinski a décidément quelque chose contre le monde pour faire preuve d'autant de rage magnifique. S'en abreuver nécessite simplement de faire un tour par le site d'Echomania, où l'oeuvre est livrée gratuitement. Le retour indemne n'étant pas garanti.  

 

scape destructive putrescent art 400x400

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

PaaD 15/08/2011 16:37


C'est gratuit et très bon, que demander de plus !


funky5 15/08/2011 14:27


meilleur que le précèdent quelque chose dans le son que je trouvais moyen les boîtes à rhythme,sur celui là rien à dire...très bon

merci de nous tenir au courant


Chroniques électroniques 15/08/2011 16:58



c'est tout naturel.